fév 282014
 

J'étais assez méfiante face au livre Pour en finir avec Eddy Bellegueule qui raconte la vie d'un enfant brillant, différent, homosexuel dans un village où tout est misère.
Nous les bobos gauchos aimons bien ce genre de bouquins, cela nous permet de voir qu'on n'est surtout pas comme cela, surtout pas bêtes, surtout pas homophobes.
L'homophobe est toujours l'arabe de banlieue, l'ougandais à moitié fanatique où le nordiste consanguin. Mais pas nous. Jamais.

Lire la suite »

fév 192014
 

Beaucoup d'hommes, lorsqu'ils en viennent à s'intéresser aux féminisme veulent aider dans les combats pré-existants. Ainsi on le voit militer pour que la rue soit à tous et toutes, militer pour l'égalité salariale ou je ne sais quoi. Mais ces combats là sont déjà pris en charge par les femmes qui n'ont donc nul besoin qu'on leur tienne à la main. En revanche, nous avons besoin qu'on détruise déconstruise la virilité. Les femmes ne sont pas discriminées toutes seules, elles le sont car les hommes ont des avantages.
Si les femmes sont payées 20% de moins à compétences et poste égaux, c'est que les hommes sont payés 25% de plus.
Si les femmes n'occupent pas l'espace public, c'est que les hommes l'occupent et trouvent cela tout naturel.
Si les hommes ont le temps de se demander quand et comment ils pourraient aider les femmes, c'est pendant que ces dernières n'ont pas ce choix là.
Je cite Guillaumin (texte écrit dans les années 80) : "Nous sommes toujours «plus» ou «moins». Et jamais nous ne sommes le terme de référence. On ne mesure pas la taille des hommes par rapport à la nôtre alors qu'on mesure la nôtre par rapport à celle des hommes (nous sommes «plus petites») laquelle n'est mesurée que par rapport à elle-même. On dit que notre salaire est un tiers moins élevé que celui des hommes, mais on ne dit pas que celui des hommes est de moitié plus élevé que le nôtre, il ne représente rien que lui-même."

Lire la suite »

fév 172014
 

La première est ici. Comme la question m'a été sérieusement posée, je préfère préciser à celles et ceux qui l'ignoreraient, que je n'ai pas le pouvoir ni l'envie de censurer un journal, je me contente donc de pointer ce que je trouve problématique, entre autres en matière de sexisme, dans Charlie-Hebdo.

La critique porte aujourd'hui sur le n° 1130.

Lire la suite »

fév 112014
 

Cher Charlie hebdo,

Je sais que tu n'es pas raciste car tu me l'as dit. Et je sais que tu n'es pas sexiste non plus car tu me l'as dit. De plus tu es de gauche et je crois qu'il est impossible d'être de gauche et raciste. Tu me le répétais encore il y a peu "Nous avons presque honte de rappeler que l'antiracisme et la passion de l'égalité entre tous les humains sont et resteront le pacte fondateur de Charlie Hebdo." à moi que tu qualifiais comme d'autres d'"esprit faible".

Alors j'ai fait ce que tu m'as dit ; j'ai ouvert ton journal. Mieux, je vais l'ouvrir chaque semaine et je vais y noter ce qui me dérange.

Je t'invite à néanmoins lire ces textes du sociologue Denis Colombi. Je la fais en bref ; l'humour n'est pas exempt des idéologies qui traversent une société ; il est donc forcément empreint de logiques sexistes, homophobes, racistes, tout comme le langage.

Lire la suite »

fév 102014
 

Avant d'attaquer mon article proprement dit, je vais essayer de résumer ce qu'il s'est passé mardi. Suite donc, à des tensions avec un groupe d'hommes féministes, j'ai posté sur twitter une suite d'une vingtaine de conseils aux hommes qui voudraient aider les féministes. Ces conseils ont été énormément retwités et surtout l'un d'entre eux, qui conseillait aux hommes de changer de trottoir et d'accélérer le pas s'ils se trouvaient derrière une femme dans la rue la nuit.
Je ne m'attendais pas au buzz autour de ces conseils, même s'il ne m'a pas étonné que celui dit "du trottoir" fasse beaucoup réagir. J'ai en effet remarqué que si tout le monde est à peu prêt d'accord pour parler des discriminations faites aux femmes, peu d'hommes ont envie de penser qu'ils sont concernés, que s'il y a discriminations envers les femmes, il y a privilèges pour eux, et que surtout on pourrait éventuellement arranger les choses s'ils condescendaient à faire quelque efforts minimes. Non ils préfèrent soit nier les problèmes, soit s'en foutre, soit penser que les discriminations s'arrangeront toutes seules face à la pensée magique.

Lire la suite »

fév 052014
 

J'ai lancé sur twitter quelques conseils aux hommes qui souhaitaient participer au combat féministe. L'un de ces conseils a suscité énormément de réactions, il disait quelque chose comme ; "la nuit, si vous  êtes derrière une femme seule, changez de trottoir et accélérez pour lui montrer que vous n'êtes pas un agresseur".

Je ne vais pas ici revenir sur ce conseil j'en parlerai dans un prochain article, mais plutôt sur les réactions qu'il a suscitées.

Lire la suite »

fév 042014
 

Lors d'un podcast, il était demandé à des féministes pourquoi elles se sentaient obligées de répondre à des "cons" alors qu'il suffirait de les bloquer ou de les ignorer.

Ce point revient souvent dans les discussions et je pense important d'en parler. Déjà je récuse le mot "con" qui veut tout et rien dire. Les protagonistes voulaient ici parler d'une personne qui professe des opinions sexistes que ce soit par troll ou parce qu'il le pense ; le sexisme n'est pas de la connerie ; penser cela c'est dépolitiser un système oppressif en en faisant un défaut individuel sorti de nulle part sinon du cerveau de celui qui parle.

Lire la suite »

jan 292014
 
[descriptions explicites de scènes de viol]

On demande souvent aux féministes comment diminuer le nombre de viols, quelles mesures elles préconisent (sachant que la méthode la plus rapide est l'extinction du genre masculin mais vous allez pinailler).

Si tout le monde s'accorde à être contre le viol, ce même monde devient d'un coup beaucoup moins prolixe quand il s'agit de définir le viol. Pour la majorité d'entre nous, un viol est commis par un type très moche sur une jolie fille qui garait sa voiture dans un parking. Là on est tous d'accord que c'est un viol et qu'il faut le punir.

Lire la suite »

jan 282014
 

Cela faisait longtemps que j'attendais ces manifestations des extrêmes-droites ; je me dis depuis bientôt 5 ans qu'il n'est pas possible que ce que je lis, ce que je vois, n'ait aucune conséquence sinon dans les urnes du moins dans la rue.

J'en vois certains, étonnés qu'on hurle "Juif la France n'est pas à toi" comme je les ai vus étonnés des bananes jetées à Taubira (malaise national ; serions nous racistes ? ah non pas nous c'est eux les tondus là bas dans le coin"). Je note en revanche que nous ne sommes pas plus émus que cela quand une musulmane a perdu son fœtus suite à une agression islamophobe. Lire la suite »