mar 302016
 

Dans son livre "Le harem et l'occident", la sociologue Fatima Mernissi souligne, que, si pour elle, les femmes orientales subissent un enfermement spatial (image du harem), les femmes occidentales subissent l'enfermement dans une image, "le harem de la taille 38". Mernissi montre ainsi les pressions insidieuses mais fortes, certes non inscrites dans la loi mais bien présentes, qui conduisent les femmes vivant en Occident, à adopter, à grands coups d'injonctions et de souffrances,  un corps conforme aux canons de beauté.

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mar 162016
 

Voici le résumé du livre Le viol un crime presque ordinaire de Audrey Guiller et Nolwenn Weiler. (j'ai surtout relevé des chiffres pouvant être utiles dans le livre).

La définition du viol varie selon les pays. Ainsi en Angleterre et au pays de Galles, le viol ne peut être commis que par un homme. En Australie, il y a deux définitions selon que le viol est commis en temps de guerre ou de paix.

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fév 042016
 

La préface du livre de bell hooks Ne suis-je pas une femme? est de Amandine Gay qui retrace le parcours de femmes noires activistes comme Sojourner Truth, une militante noire américaine, qui, en 1851, prononça le discours Ain't I a woman à une Convention des femmes à Akron en Ohio.

Elle évoque aussi Paulette Nardal, une martiniquaise, qui, en 1920 à Paris fut la première femme noire à étudier à la Sorbonne. Elle fonda des salons littéraires pour mettre en relation les diasporas noires. En 1930 elle co-fonda la Revue du Monde Noir avec Léo Sajoux. En 1945, elle crée le Rassemblement Féminin afin d'aider les femmes martiniquaises à exercer leur droit de vote.
Est également présentée, la journaliste Claudia Jones. secrétaire de la Commission des femmes du parti communiste des USA et secrétaire exécutive de la Commission nationale des femmes. Elle publie en 1949 "An end to the neglect of the problems of the negro woman". En 1952, elle est secrétaire du Conseil National de la Paix. En 1953 elle dirige le journal Negro affairs quarterly. A Londres où elle dut s'exiler, elle lance différents journaux ainsi que le Carribean festival qui existe encore aujourd'hui.
En 1976 en France se lance la Coordination des Femmes Noires dont les sujets d'intérêt sont les luttes des femmes, la luttes des classes, les luttes anti-impérialistes, la lutte contre l'apartheid et les questions des femmes immigrées. Cette coordination existera jusqu'en 1982. De 1982 à 1994, existe le Mouvement pour la Défense des Droits de la Femme Noire.
Aux Etats-Unis les noirs ont pu investir les universités ; c'est beaucoup plus difficile en France où cela est vu comme du communautarisme  et allant à l'inverse de l'universalisme français.
Amandine Gay souligne employer le terme"afro-descendante" pour se qualifier.
Le mot intersectionnalité naît en 1989 de Kimberlé Crenshaw. les champs d'études spécifiques aux noirs sont peu étudiés comme par exemple la femme potomitan.
Depuis 2013, l'afro féminisme réapparait avec une grande vigueur en France avec des blogs, des manifestations, des collectifs, des émissions de radio, une revue, des conférences.

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fév 032016
 

Beaucoup ont tendance à voir les féministes comme un groupe monolithique, dont les membres seraient interchangeables. Le féminisme est, plus que jamais, riche de personnalités très diverses.
J'ai donc décidé d'interviewer des femmes féministes ; j'en connais certaines, beaucoup me sont inconnues. Je suis parfois d'accord avec elles, parfois non. Mon féminisme ressemble parfois au leur, parfois non.
Toutes sont féministes et toutes connaissent des parcours féministes très différents. Ces interviews sont simplement là pour montrer la richesse et la variété des féminismes.

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fév 022016
 

"Equality in the realm of sex is an antisexual idea if sex requires domination in order to register as sensation."
Andre Dworkin, Intercourse.

Elle travaille dans un magasin de bricolage, qui, depuis peu, peut ouvrir le dimanche.   Un accord d'entreprise permet que les salariés seront payés double ce jour-là (et cela n'est pas le cas dans toutes les entreprises). Elle a deux enfants, est mère célibataire et travaille à temps partiel dans cette entreprise.
Son supérieur lui propose de travailler désormais les dimanches ; un rapide calcul lui permet de se rendre compte qu'elle n'a aucun avantage à accepter sa proposition (faire garder ses enfants les dimanches travaillés lui coûterait trop cher) et elle refuse. Son supérieur la menace alors de la pousser à la faute et de la virer pour faute grave.
Elle accepte de travailler le dimanche.
Est-ce qu'elle a consenti à ces heures de travail dominicales ?
Elle était confrontée à deux possibilités :
- travailler le dimanche, ce qu'elle ne souhaite pas faire et garder son travail
- ne pas travailler le dimanche, suivre son souhait et perdre son travail
(Il y a évidemment une 3eme option qui consisterait à faire appel à un syndicat, aller aux prudhommes mais pour la démonstration on ne l'abordera pas ici).
Chacun-e constatera que les deux possibilités ne sont pas équivalentes. Elle est une salariée précaire, avec deux enfants à charge et ne peut prendre le risque d'être renvoyée. Consentir à quelque chose nécessite d'avoir le choix entre plusieurs propositions à peu près équivalentes ce qui permet de faire un choix éclairé. Elle ne consent donc pas à travailler le dimanche, elle cède sous la menace.
Faisons un bref aparté, sur le terme "choix éclairé". Il est bien évident que nous subissons des déterminismes sociaux et qu'un choix apparemment libre est aussi fait en fonction de ces différents déterminismes ; une mère célibataire précaire est justement à cause de ce qu'elle est soumises à des déterminismes qu'il est difficile pour elle de combattre. Pour autant nous ne sommes pas faits que de ces déterminismes - du moins je ne le crois pas - sinon on ne pourrait simplement pas parler de consentement.

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jan 222016
 

Il y a quelques années, il était très à la mode de présenter les Na comme un "paradis sur terre" et un "matriarcat". Il y avait évidemment des préjugés exotisants, racistes et sexistes derrière ces visions d'Epinal. J'avais fait un bref résumé du livre de l'anthropologue Cai Hua il y a quelques années ; en voici une version plus complète.
Ce livre aide également à comprendre qu'il existe d'autres systèmes de parenté que celui que nous connaissons ; sans nul doute les Na seraient étonnés d'entendre parler de "un enfant c'est un papa, une maman".

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jan 202016
 

La respectabilité est un signe de classe et donc un enjeu pour les classes populaires. L'étude porte sur 83 femmes blanches du Nord Ouest de l'Angleterre. La respectabilité joue un rôle essentiel dans l'identité nationale britannique ; certains en ont naturellement , d'autres doivent être contrôlés par de l'état. La famille est vue comme un lieu de stabilité et la femme comme une force civilisatrice. La femme peut être une source de menace pour la société. L'état met donc en place des cours d'éducation domestique afin d'éduquer les femmes des classes populaires. Les femmes qui vont dans ces écoles d'aide à la personnes ont des ressources culturelles féminines à ce sujet puisqu'elles ont déjà des expériences personnelles en termes de soin à la personne au sein de leur famille. Elles se dévaluent et se déprécient lorsque les pratiques institutionnelles enseignées à l'école leur expliquent que ce qui est correct ne correspond pas à ce qu'elles avaient l'habitude de faire. Cela développe leur anxiété qui les prédispose à se responsabiliser.
Quand ces femmes commencent leur stage, elles sont très soumises à l'évaluation et exercent sur elles-mêmes un contrôle permanent. Pour se sentir respectables elles font du bénévolat ce qui les conduit à être exploitées.
Elles cherchent à dissimuler leur appartenance de classe ; cette dissimulation est justement un produit de leur classe.
Il est difficile pour elles de rentabiliser leur appartenance de classe. Elles vont investir dans des vêtements, des pratiques de consommation, des loisirs. Elles aspirent ainsi à une classe supérieure imaginaire et fantasmée.
La féminité :
Les femmes des classes populaires sont ce que la féminité n'est pas. Elles doivent donc désavouer le sexuel et mettre en scène une apparence et une conduite féminines pour avoir l'approbation et la validation culturelles, puisqu'elles sont vues par défaut comme vulgaires.
La féminité devient une ressource culturelle leur permettant d'éviter un déclassement.
Pour ne pas mettre en danger leurs investissements, elles se font complices de la féminité qui est une catégorie inhospitalière et davantage une nécessité qu'une souhait. La féminité reste en effet une catégorie de classe.
L'hétérosexualité :
L'hétérosexualité consolide la respectabilité et en est un marqueur puissant. Il est très difficile pour les femmes des classes populaires d'assumer une identité sexuelle (homosexuelle ou hétérosexuelle) car elles cherchent justement à éviter cette sexualisation dans une quête de la respectabilité. Elles "jouent" parfois les lesbiennes pour avoir la paix ; cela leur permet de créer un espace protégé où elles sont ensembles à jouer à être sexuelles sans risquer une perte de respectabilité.
Le féminisme :
S'identifier au féminisme suppose pour les femme des classes populaires de s'identifier à la catégorie "femme" et donc à la catégorie "femme populaire" ce qu'elles refusent. Elles considèrent que le féminisme ne s'adresse pas à elles et ne leur demande pas leur avis. Même le discours d'indépendance du féminisme leur semble lointain car il est prononcé par des femmes trop différentes d'elles. Elles ne savent pas ce qu'elles ont à gagner avec le féminisme que la féminité ne pourrait leur donner. Elles s'intéressent parfois au féminisme après une expérience négative ce qui rattache toujours le féminisme à quelqu'un chose de négatif. Qui plus est le féminisme est vu comme une autorité morale.

jan 122016
 

Pendant la nuit du nouvel an, de nombreuses agressions sexuelles et parfois des viols ont eu lieu dans des villes allemandes et en Finlande.

Les féministes ont toujours étudié, travaillé, analysé et dénoncé les violences sexuelles. C'est grâce à deux victimes de viol et à leur avocate, Gisèle Halimi, qu'on a pu en 1978, lors du procès d'Aix en Provence comprendre les répercussions psychiques possibles du viol sur les victimes. Les féministes auront également permis de faire reconnaître et condamner le viol conjugal qui sera finalement pris en compte légalement en 1990. Leurs nombreux travaux et études auront permis de connaître le nombre de viols et de tentatives de viols par an (75 000 en France) des agressions sexuelles (13% des femmes allemandes en auraient subi une), le peu de plaintes déposées par les victimes de viol (10% en France). Elles ont également travaillé sur ce qu'est le viol, ce qu'il constitue au niveau sociologique alors qu'il est encore souvent vu par l'ensemble de la société comme l'acte isolé d'un "fou" ou d'un "monstre". Ces dernières années, ont été analysés le concept de culture du viol et celui de harcèlement dans l'espace public.
Les féministes n'ont donc jamais eu besoin d'attendre quiconque pour condamner TOUTES les agressions sexuelles et TOUS les viols, quels qu'en soient les auteurs. Elles ont plutôt l'habitude de prêcher dans le désert au milieu de personnes qui ne les croient pas et minimisent les chiffres des violences sexuelles. Les agressions sexuelles et les viols commis le 31 décembre en Allemagne et en Finlande sont donc évidemment condamnables, comme toutes les autres violences sexuelles.

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jan 022016
 

Ce texte va s'adresser aux utilisatrices et utilisateurs de twitter, désolée pour les autres qui risquent d'être un peu perdu-es.

2 janvier 2016. Une jeune fille est victime de cyber-harcèlement sur Internet. Son nom, son prénom et sa photo sont diffusés sur twitter. Lendemain de réveillon, gens en vacances ou weekend, atmosphère idéale pour placer son nom et son prénom en TT France en première position. Il m'a également été signalé qu'ils étaient aussi en TT monde, je n'ai pas vérifié.
La réaction de twitter a été trop longue et n'est pas acceptable pour un medium de cette ampleur avec des moyens financiers aussi importants.  Twitter s'est engagé à mettre en place des moyens efficaces contre le cyber harcèlement ; la rapidité n'en fait visiblement pas partie.
Il ne me réussit pas d'écrire aussi tard ; on m'a fait remarquer que, contrairement à ce que j'avais affirmé, les hashtags n'aient pas été du tout correctement nettoyés. Il reste encore des photos, des twits, des insultes. Bref twitter a visiblement nettoyé, se contentant de supprimer le hashtag concerné des trending topics et quelques twits par ci, par là. Il conviendrait de savoir quelles procédures sont mises en place par twitter lorsqu'un hashtag est signalé comme problématique.

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déc 212015
 

Un article un petit peu fouillis, aujourd'hui.

- Je voudrais déjà remercier toutes les personnes, qui ces dernières semaines m'ont offert des livres par le biais de ma wish list. Je le fais sur twitter et facebook sans penser que tout le monde ne consulte pas ces deux outils. Merci encore j'ai vraiment apprécié toutes ces attentins :) .

- Sur un tout autre sujet, dans le cadre de mon travail, j'ai été interviewée dans l'émission Les pieds sur terre pour parler du 13 novembre.

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