juil 042014
 

Mon association a lancé un questionnaire à destination des victimes de crimes sexuels et de leur accueil dans les commissariats et les gendarmeries lorsqu'elles ont désiré porté plainte.

Il faut avoir été majeur-e au moment des faits (du viol ou de l'agression sexuelle) et il ne faut pas que la plainte ait été déposé il y a plus de 5 ans.

 

Le texte complet se trouve ici ; partagez au maximum.

juin 262014
 

"L'homme, dépressif, aurait agi car il ne supportait pas que sa femme veuille le quitter."

J'aurais pu trouver des dizaines de cas de ce type puisqu'en effet le profil type de celui qui tue sa femme, voire ses enfants est la non-acceptation de la séparation.

Les crimes contre les femmes - ce ne sont pas les seuls mais c'est le sujet ici -  sont toujours traités de manière individuelle et jamais systémique c'est à dire comme faisant partie d'un système social organisé, d'une construction sociale et culturelle.  On nous parle de la dépression de l'homme, de son état alcoolisé, de son chômage, du fait qu'elle l'a quitté ; on retrouve sans cesse les mêmes éléments et pourtant l'on persiste à en faire des cas individuels. (sauf evidemment dans le cas de violences exercées par des racisés là évidemment c'est tout autre chose). Les violeurs, les violents, les assassins sont tous vus comme autant de cas individuels, de fous, de dépressifs alors que quelques traits globaux sautent pourtant aux yeux ; ne serait-ce que le premier ce sont tous pour leur immense majorité des hommes.

Lire la suite »

juin 042014
 

Il était 18 heures ce mardi 06 mai lorsque Sophie T., professeure au collège Balkany and friends de Neilly, commença la préparation de son cours d'éducation civique.

"J'avais à annoter le livre d'Eric Zemmour" nous déclara-telle "et je ne retrouvais plus mon crayon à papier".

Madame T. alla donc dans le bureau de son mari et malgré la tête de mort pourtant présente sur l'un de ses tiroirs n'hésita pas à l'ouvrir. "Je savais que je commettais une erreur grave mais je me suis entêtée" avoua-t-elle, désemparée. Elle s'empara alors du stabilo jaune de son mari, que lui avait remis son père à 18 ans, pour parachever une longue tradition familiale. Chez les hommes de la famille T., comme dans de nombreuses familles de France, on ne va pas plus au bordel à la majorité de l'aîné mais on achète aux garçons des stabilos.

Madame T. retourna donc à son bureau pour achever son travail. "J'ai eu beaucoup de mal à tenir ce stylo qui, je le savais bien, n'est pas adapté à une main féminine. On a prétendu qu'un jour les femmes ont utilisé des stabilos mais je n'y crois pas une seconde ! Ou alors c'étaient de vrais camionneurs" émit-elle dans un rire faible mais perlé.

Sophie T. éprouva rapidement d'intenses douleurs dans la main et dans le bras et dut lâcher le stylo. Après plusieurs heures d'atroces souffrances, elle se décida à appeler le SAMU qui la conduit à l'hôpital le plus proche. Las, il était trop tard. "Nous n'avions jamais eu un pareil cas, les femmes sont plus prudentes d'habitude, déclaré le professeur Paul Robert, Madame T. a porté ce stabilo presque 3 minutes c'est l'équivalent d'une charge de plusieurs tonnes ! Les dégâts faits à sa main, puis son bras ont été irréversibles et nous avons du amputer avant que la gangrène s'installe".

Une enquête a été lancée et différentes marques de papeterie ont mis à l'essai leur matériel afin de voir s'il est bien susceptible d'être porté par des femmes. Le célèbre Bic a d'ores et déjà interdit à la vente aux femmes ces stylos.

A venir notre dossier spécial "mais pourquoi les femmes s'entêtent-elles à utiliser des objets d'évidence masculin ? Inconscience ou vraie bêtise ?"

(J'aurais aimé que tout ceci ne soit qu'une plaisanterie mais en fait non)

juin 032014
 

J'avoue, je vous admire. Il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir écrire une tribune dans le Monde pour incendier un film et traiter son créateur de soutien d'assassins, pour ensuite avouer n'avoir jamais vu le dit film et continuer à avoir une quelconque crédibilité. Exception française où l'on sait reconnaître l'intellectuel, l'expert en toutes choses.

En janvier 2014 vous avez su, avec maestria et le sens de la mesure qui vous régit, pointer un péril grave, lors d'une conférence d'intellectuels au petit déjeuner de l'UMP où vous avez déclaré "Je suis très frappé que maintenant, nombre de beurs et mêmes de gens qui vivent dans les banlieues, quelle que soit leur origine ethnique, ont un accent qui n’est plus français tout à fait. Mais ils sont nés en France ! Et pourquoi ont-ils un accent ? Et pourquoi leurs enfants auraient-ils un accent ? C’est tout à fait sidérant."
Il était courageux de le faire et vous l'avez fait merci. Ces banlieusards vulgaires, qui se pensent autorisés à employer des mots d'une rare violence  ne cessent de nous choquer.  Vous avez d'ailleurs oublié de rappeler leur sexisme récurrent exprimé d'une manière vile, difficilement compréhensible dans un pays comme la France qui prône des valeurs de tolérance et de fraternité ou leur récurrent manque d'honnêteté. Ces banlieusards sont effectivement une honte française et il était nécessaire de le pointer.

Lire la suite »

mai 232014
 

Il était 14.32 ce mardi 06 mai lorsque Guillaume N., 42 ans posta la phrase suivante en commentaire d'un blog féministe : "je n'avais jamais vu les choses ainsi et je vous remercie d'avoir pris la peine de me les expliquer".

L'auteure du blog, une certaine ValerieCG dut être transportée en urgence à l'hôpital pour une crise d'asthme soudaine et inexpliquée. "C'est la première fois que cela m'arrive, nous confie-t-elle en exclusivité, les injures je peux encaisser, les trolls aussi, MAIS CA".

Le monde féministe fut en émoi et se réunit en urgence dans un lieu tenu secret. On vit ainsi des femmes qui ne s'étaient pas parlées depuis 1986 se serrer dans les bras. Que faire, comment réagir ? Quelle stratégie adopter ?

ValérieCG qui s'était depuis reprise, s'exprima en ces termes : "mais admettons qu'il se cache forcément quelque chose sous cette phrase. Nous devons fuir. Londres nous attend".
Le monde féministe affolé, se demandait si on assistait pas à un backlash d'ampleur mondiale.

Le premier ministre, avec la fermeté qu'on lui connait, n'hésita pas une seconde et Guillaume N. fut neutralisé par le RAID le 07 mai au matin alors qu'il prenait son starbucks a 13.25 euros. On vit à ce moment là l'ancien président Nicolas S. porter des féministes évanouies.
"Non mais les gars j'avais juste un peu abusé du Gaillac le midi et je ne savais plus ce que je disais" déclaré Guillaume N. à la sûreté nationale.

La France respirait. L'ONU placée en l'alerte maximale interrompit sa session extraordinaire. Poutine, dont les chars étaient aux portes de Besançon, rebroussa chemin.
L'honneur était sauf ; aucun homme en pleine possession de ses moyens n'avait jamais été d'accord avec une féministe.

 

mai 062014
 

Ils sont nombreux ces petits mecs au cours des 15 dernières années à m'avoir expliqué la vacuité de mes combats féministes.
Les bars interdits aux femmes seules ? Oui mais le viol c'est plus grave.
La féminisation des noms de métier ? Oui mais le viol c'est plus grave.
Les femmes à moitié nues dans des vitrines de grands magasins ? Oui mais le viol c'est plus grave.
Les chanteurs qui massacrent leur compagne ? Oui mais le viol c'est plus grave.
Le Mademoiselle ? Oui mais le viol c'est plus grave.
Les scénaristes de série à succès qui disent des conneries sexistes ? Oui mais le viol c'est plus grave.
Les humoristes qui embrassent de force des filles dans la rue ? Oui mais le viol c'est plus grave.
Les femmes interdites dans les sous-marins ? Oui mais le viol c'est plus grave.
Les stabilos pour femmes ? Oui mais le viol c'est plus grave.
Les photos volées ? Oui mais le viol c'est plus grave.

Lire la suite »

mai 022014
 

 

"Lundi, cela fera trois semaines que le groupe de militants nigérians Boko Haram a kidnappé 191 adolescentes et les retient dans la forêt de Sambisa en toute impunité. On est sans aucune nouvelle des jeunes filles, âgées pour la plupart de 16 à 18 ans, depuis le 14 avril.Ce soir-là, la veille de leur examen final à la Government Girls Secondary School de la ville de Chibok, au nord-est du Nigeria, elles ont été réveillées par le bruit d’hommes armés qui défonçaient les fenêtres et mettaient le feu à leurs salles de classe.

Lire la suite »

avr 282014
 

Nous réagissons avec fureur à l'application initiée par le Ministère des droits des femmes, nous nous énervons en lisant " "il faut sourire un peu, être avenante, mais pas trop, pour ne pas envoyer le signal qu'on peut être une proie facile".

Je réagis avec colère en admettant que j'ai intégré une partie de ces règles, en admettant que si je ne m'y conforme pas, je serais en effet une cible. J'ai cru naïvement au début de ma vie professionnelle, qu'on pouvait se comportement exactement pareil qu'on soit un homme ou une femme. J'ai cru qu'on pouvait rire aux blagues de cul. J'ai cru que c'était pareil un homme et une femme.

Je ne souris jamais aux hommes inconnus dans l'espace public ; du moins pas de sourire franc, joyeux. Je suis parfaitement polie et aimable mais je ne souris pas. Samedi j'étais de merveilleuse humeur et j'ai souri à l'homme chargé de mettre nos sacs en consigne le temps qu'on fasse nos courses. Que m'avait-il pris ? Je le sais pourtant JE LE SAIS. Il m'a évidemment suivi dans les rayons, évidemment draguée parce qu'il était clair pour lui qu'une femme qui sourit est une femme qui drague.  J'ai du lui hurler de me foutre la paix, suis évidemment passée pour une folle et ma journée a été durablement gâchée.

J'en ai parlé à une femme qui m'a dit, d'un air d'évidence "ah mais tu lui as souri". Elle ne justifiait pas qu'il m'ait harcelée non, juste on était dans l'ordre de l'évidence ; sourire à un homme lui laisse entendre que tu es disponible et la disponibilité d'une femme implique qu'un homme cherche à ce qu'elle ne le soit plus . C'est une règle occidentale implicite, non dite, qui va vous faire hurler : ou plutôt plein de femmes vont dire qu'en effet elles contrôlent leurs attitudes dans la rue et leurs expressions faciales et plein d'hommes vont nous traiter de paranoïaques dégénérées qui prennent les hommes pour des violeurs.

Lire la suite »