Juin 262014
 

"L'homme, dépressif, aurait agi car il ne supportait pas que sa femme veuille le quitter."

J'aurais pu trouver des dizaines de cas de ce type puisqu'en effet le profil type de celui qui tue sa femme, voire ses enfants est la non-acceptation de la séparation.

Les crimes contre les femmes - ce ne sont pas les seuls mais c'est le sujet ici -  sont toujours traités de manière individuelle et jamais systémique c'est à dire comme faisant partie d'un système social organisé, d'une construction sociale et culturelle.  On nous parle de la dépression de l'homme, de son état alcoolisé, de son chômage, du fait qu'elle l'a quitté ; on retrouve sans cesse les mêmes éléments et pourtant l'on persiste à en faire des cas individuels. (sauf evidemment dans le cas de violences exercées par des racisés là évidemment c'est tout autre chose). Les violeurs, les violents, les assassins sont tous vus comme autant de cas individuels, de fous, de dépressifs alors que quelques traits globaux sautent pourtant aux yeux ; ne serait-ce que le premier ce sont tous pour leur immense majorité des hommes.

(.......................) ==> ceci est le moment où l'on doit beaucoup plaindre les hommes hétérosexuels que je suis en train de traiter, en bloc, d'assassins. (on pensera un autre jour à leurs victimes).

Dans le rapport "Etude nationale sur les violences au sein du couple" de 2008, on peut lire "Par contre, en cours ou passée, la séparation apparaît toujours comme une cause principale du passage à l’acte pour les agresseurs masculins : 54 cas. Cette période apparaît donc comme particulièrement à risque."
Dans l'enquête menée Mercader, Houel et Sobota, "Le crime dit « passionnel » : des hommes malades de l’appropriation des femmes", on obtient les résultats suivants "Plus de la moitié des hommes (55 %) tuent une femme qui les quitte ou menace de le faire, et une proportion presque équivalente (53 %) une femme qui les trompe, ou qu’ils soupçonnent de le faire ; quand on réunit ces deux mobiles, qui peuvent coexister, on obtient une proportion de 75 %. "

Si l'on arrive à établir qu'il y a des grandes caractéristiques au sein de l'homicide conjugal, alors pourquoi ne se préoccupe-t-on pas de connaître les raisons collectives, globales, structurelles de cette violence ?
Si la séparation en tant que telle était le même problème pour tout le monde, car on sera bien sûr tous d'accord pour admettre qu'une séparation n'a rien d'agréable, alors l'on tuerait autant, femmes comme hommes, hétéros comme homos. Or on constate très bien que ceux qui supportent le moins bien la séparation sont les hommes hétérosexuels.

Dans son livre Refuser d’être un homme : Pour en finir avec la virilité, John Stoltenberg écrit ""D'une certaine façon, tout homme apprend au cours de sa vie à ajuster son entière sensibilité érotique et émotionnelle - et, partant, sa volonté - à un projet appropriation, par opposition aux femmes, qui, elles, doivent être appropriées."" Il veut dire par là que la construction de la virilité implique que les hommes n'apprennent pas à supporter le refus, la frustration ou quoi que ce soit allant contre leurs désirs les plus élémentaires.  Nous avons déjà vu à de nombreuses reprises que notre société fonctionne sur l'idée que les hommes ont des besoins sexuels à assouvir à tout prix sinon le prix sera terrible à payer pour nous les femmes. C'est la justification patriarcale de la prostitution ; il faut des prostituées sinon on violera les "honnêtes femmes". Il faut marier les prêtres sinon ils violeront des enfants. Une femme ne doit pas envoyer des signes à un homme (signes qu'on ne nous explique évidemment jamais mais que je résumerais à "exister") sinon il viole. C'est plus fort que lui c'est ainsi. Et,strictement de la même façon, il ne faut pas quitter un homme. Sinon c'est"un risque" comme nous dit le rapport.

S'il a du "tempérament" (fameux euphémisme pour dire que c'est un brute), un homme ne supportera pas ni qu'on se refuse à lui, ni qu'on le quitte. Christophe Dejours définit la virilité comme se mesurant à l’aune de la violence qu’on est capable de commettre contre autrui, les dominés et singulièrement les femmes, au nom de l’exercice, de la démonstration ou du rétablissement de la domination.

Alors je vous vois bien venir vous n'êtes pas tout comme cela. NO KIDDING.

(.....) ==> moment où les femmes applaudissent les hommes qui ne les ont ni tuées ni violées.

Comme toujours, on parle d'un système. Il existe des patrons sympas, des hétéros qui ne défoncent pas la gueule des homos et des hommes qui ne tuent pas. On sait. Et ?

A quel moment pourra-t-on s'interroger sur ce qui, dans la construction du masculin pose problème pour enfin faire diminuer la violence conjugale ?

Sociologiquement on sait donc que les hommes hétérosexuels ont plus tendance à frapper leur compagne et à les tuer. On sait également que le plus grand risque est lors de la séparation. Que faire avec cela ? Comment poser - sans avoir les hauts cris des mâles touchés dans leur ego - qu'il y a sans doute quelque chose dans la construction du masculin, dans le genre qui pousse à cela ?
Je le répète ; une séparation est douloureuse pour n'importe qui alors pourquoi seul le groupe homme la supporte-t-il aussi mal pour aller au point de tuer "SA FEMME". (oui il y a ici un embryon d'explication).

L'explication est bien évidemment, dans un système patriarcal, l'appropriation de la classe femmes parla classe hommes ce qui Guillaumin appela "sexage". La classe homme s'approprie le travail (gratuit) des femmes, s'approprie leur sexualité, les éduque à s'occuper (gratuitement toujours) des plus faibles, enfants et vieillards. Evidemment lorsque certaines ont le mauvais goût de ne plus vouloir marcher droit, elles sont traitées de putes, frappées, violées ou tuées. Il ne s'agit evidemment pas de mettre tous ces actes sur le même plan mais de comprendre qu'ils découlent tous du même processus ; remettre en place celles qui sortiraient de leur condition de femme, montrer au groupe "femme" ce qui pourrait leur arriver si elles se comportaient "mal".
L'homicide conjugal doit être vu comme une violence sexo-spécifique  : les hommes tuent, non pas parce qu’ils perdent le contrôle, mais parce qu’ils cherchent à exercer un contrôle sur leur femme.

On nous fera toujours croire à nous les femmes, que ces cas là sont rares. On nous expliquera qu'il s'agit de dépressifs, de sauvages, d'immigrés, de banlieusards, de musulmans, de débiles mentaux, de fous, de schizophrènes. MAIS PAS TOUS LES HOMMES. On ne nous dira jamais que ceux qui nous frappent, nous violent, nous tuent, sont tous des hommes. Et celle qui s'amuserait à le dire sera traitée de folle, de misandre, d'hystérique, de personne qui fait des amalgames, de mal baisée,de "personne haineuse qui gagnerait les hommes à sa cause si elle était moins agressive" (mon préféré) . (je devance les commentaires cela vous évitera d'user votre clavier).

On nous fera aussi croire que tout de même on l'a un peu cherché. En voulant quitter par exemple. On nous répète depuis quelques années à l'envi que celles qui initient le divorce sont les femmes comme s'il fallait sérieusement s'en étonner ou s'en inquiéter, quoique je comprends l'inquiétude du mâle occidental à ne plus avoir de bonniche à disposition, il est vrai (mais comme elle a le merveilleux cadeau de la garde des enfants qu'il en soit rassuré, elle restera indirectement à son service).

On ne cessera de le répéter : si on veut comprendre et faire diminuer - ce dont je doute fortement - le nombre de viols et de violences sexo-spécifiques - il faut comprendre les raisons structurelles qui poussent les hommes à violer, frapper et tuer. Il faut comprendre ce qui, dans la construction du genre masculin, crée cela. Indice cela ne s'appelle ni chromosome Y ni testostérone, ni gros biscottos.
A partir du moment où les hommes rangeront leur ego dans leur poche et accepteront globalement de travailler sur la virilité, alors nous pourrons sérieusement espérer que les violences envers les femmes diminueront.

A lire : Les femmes tendent à rester avec 1 conjoint violent par peur d'être socialement stigmatisées

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  134 réponses sur “Il ne supportait pas qu’elle le quitte”

  1. Parfait comme d'hab.

    J'ajouterai que j'ai vue dans mon entourage, des hommes "policés", détruire leurs ex-femmes, pas physiquement mais psychologiquement ou matériellement (en détruisant au max possibilité d'avoir des revenues).
    Ca marche très bien aussi. 🙁

    Et même des femmes qu'ils quittent eux, dans un étrange besoin de détruire ce qui leur appartient plus.

  2. Natasha Henry nomme cette requalification d'actes terroristes en actes amoureux dans la presse "l'immunité amoureuse". Les écoles de journalisme ne sont pas formees a ce genre de question. Personne n'utilise jamais l'expression culture du viol. Et en consequence les criminels sont "excuses"

  3. enfin une réflexion juste, pas forcément optimiste, MAIS RAS LA MOUILLE de ces discours visant à justifier voire "excuser" de tels comportements, ramenant le problème au "genre" masculin et leur sacro-saint besoin sexuel régulier afin de calmer leur agressivité "naturelle". Flûte.

  4. Très bon article comme toujours !
    En effet, tu mets le doigt sur quelque chose de particulièrement dérangeant. Dans la presse, ces faits (pourtant très nombreux comme tu le dis) sont souvent présentés au cas par cas, comme s'il s'agissait de petit événement isolés, ou pire ce sont les coupables qui sont victimisés ("Sa femme l'avait quittée -cette mégère- alors qu'il venait de perdre son travail et de sombrer dans l'alcool, pauvre homme !").
    En bref, un article à partager en masse !

    (Ah au fait : Je pense sincèrement que tu as très bien fait de devancer les commentaires ^^)

  5. Juste une question sur la phrase :"Plus de la moitié des hommes (55 %) tuent une femme qui les quitte ou menace de le faire, et une proportion presque équivalente (53 %) une femme qui les trompe, ou qu’ils soupçonnent de le faire ; quand on réunit ces deux mobiles, qui peuvent coexister, on obtient une proportion de 75 %. "

    Cette phrase doit être mal tournée ou alors elle est particulièrement flippante : ne serait-ce pas plutôt que dans le cas d'homicide d'un homme envers sa femme, dans 55% des cas la cause est le fait qu'elle le quitte ? Ca me parait énorme de dire que 55% des hommes tuent la femme qui les quitte...je dois mal comprendre le sens de la phrase !

    • Oui c'est ce que cela signifie. dans les cas d'homicide d'une femme par son mari, dans 55% des cas, il pensait qu'elle allait le quitter ou elle allait effectivement le faire.

      • J'avais lu quelque chose sur les femmes qui tuent leur conjoint, le plus souvent parce qu'il ne leur semble pas possible d'échapper autrement à leur emprise. On est dans le même modèle d'appropriation, sans symétrie aucune.

  6. Au-delà des situations d'homicide conjugal, je relèverais que les éléments que les médias se permettent de retenir comme "explications" en disent long sur les sous-entendus culturels de notre époque. Et renforcent l'apparente légitimité desdites explications (cf. les "explications" dans les cas de viol, parmi maints autres exemples).

  7. La raison structurelle est clairement identifiée par le féminisme, tu la donnes ici (dans un article excellent comme d'hab), d'autres l'ont fait aussi, dans la construction sociale, l'homme est central, tout tourne autour de lui et de la satisfaction de ses besoins.

    Reste donc alors à le faire "comprendre" (ou plutôt admettre) aux hommes (et peut-être aussi aux femmes non féministes qui trouvent normal de se prendre un coup par leur compagnon "parce que ça prouve qu'il m'aime" et/ou qui éduqueront leurs gamins et gamines dans les canons du machisme ambiant).

    Et là je ne vois pas vraiment de réponse quant au "comment" arriver à cette prise de conscience.

    La prise de conscience individuelle, le fait (de tenter) individuellement de ranger son ego ne me semble pas être susceptible d'avoir tellement d'impact sur la diminution des violences féminines, parce que cela resterait statistiquement insuffisant, isolé (inexistant?) et donc peu susceptible d'avoir un effet autre que "très local"

    Pour passer de "initiatives isolées et ponctuelles de quelques rares individus mâles hétéros tentant (sans y arriver en plus) de remettre en cause leur statut histoire d'obtenir leur sucre féministe" à "déconstruction culturelle et sociale générale du machisme", il faut d'abord une volonté collective (le boeuf avant la charrue)

    Et je ne vois pas (de manière désespérante) ce qui pourrait déclencher cette volonté collective ...

  8. [...] Il ne supportait pas qu'elle le quitte [...]

  9. Le plus effrayant, c'est qu'on retrouve parfaitement les idées nauséabondes que véhicule l'article dans la façon même dont il est rédigé :

    Première phrase de l'article (hors titre et chapeau) : "Un drame familial."

    (Soit dit en passant, gageons que si le meurtrier avait été racisé, il se serait agi d'un "crime d'honneur").

    Ensuite, on nous dit que les victimes "ont été retrouvées mortes". Par cette formulation, on évacue à la fois le caractère violent et volontaire de ces morts (des meurtres) et la responsabilité de leur auteur, qui n'est pas directement mentionné. Il faut attendre la fin du paragraphe pour que celui-ci soit finalement identifié.

    Après quoi, en plus d'une effraction voyeuriste dans l'organisation spatiale ordinaire de la maison ("la salle à manger", "la chambre à coucher", "la salle de bain"...), l'article insiste particulièrement sur le ressenti émotionnel du meurtrier, décrit comme "enserrant ses deux fillettes mortes", en un attendrissement malsain. Cet homme a assassiné sa famille, mais ce n'est pas un monstre, c'est un "père", voyez comme il souffre... En plus, il est "dépressif".

    Cette proximité émotionnelle est encore renforcé par l'exploration de sa situation familiale (le "père" est aussi un "fils") et professionnelle (il est "agent technique"). C'est donc un homme responsable. Son épouse et victime ne bénéficiera quand à elle aucunement du même traitement.

    Après, on retrouve les clichés habituels réservés aux "faits divers" (même si, en l’occurrence, cette affaire n'en est justement pas vraiment un) : la police scientifique, "l'enquête de voisinage"... Les sempiternels "C'étaient des gens très discrets, vous savez, ils disaient bonjour/bonsoir" et les "Oh, je n'aurais jamais cru ça de lui".

    La fin de l'article est en revanche beaucoup plus intéressante, puisque celui-ci, après avoir répété le "mobile" (le "aurait agit car il ne supportait pas que sa femme veuille le quitter" devient "a semble-t-il agi car il ne supportait pas que sa femme s'apprête à le quitter"), se clôt par l'évocation des blessures de l'homme, qui doit, le pauvre, "subir une opération chirurgicale".

    Ce papier commence et se termine donc par le seul ressenti du meurtrier, qui souffre mentalement (le "drame" en est manifestement surtout un pour lui) et physiquement ("il a trois tendons de la main sectionnés et des plaies à l'abdomen").

    Il est d'ailleurs intéressant de noter que ce dernier est uniquement nommé comme un "père", un "homme" et un "fils". Les mots "criminel", "meurtrier", "coupable" ou "assassin" ne sont jamais prononcés.

    Faut croire que les écoles de "journalisme" ne sont pas des ateliers d'écriture, et encore moins de réflexion...

  10. Je vous félicite pour votre article, ainsi que pour les autres.

    Je vous remercie également de l'ensemble de votre travail, puisqu'il contribue à mieux cerner mon comportement (je suis né du bon côté du pouvoir patriarcal) afin qu'il se conforme autant qu'il le faudrait à ma révolte envers toute forme ou tentative d'exercice de pouvoir arbitraire. Je vous remercie d'autant plus que vos textes (entre autres sources), me permettent de me rappeler que je me suis parfois conduit en deçà de mes prétentions et m'aident à mieux faire. Je précise quand même que mes excès n'ont jamais atteint les sommets que vous décrivez dans ce texte en particulier.

    Etant pauvre (mais productif), me considérant par là comme vivant moi aussi une forme d'oppression à laquelle il faut résister, je vous exprime ma solidarité à votre résistance, bien conscient que cette injustice spécifique aux femmes démultiplie les autres (sociales, raciales, etc), et qu'elle a ces proportions que vous savez mieux que moi.

    Je vous fais part de tous mes encouragements pour la poursuite de votre fort utile besogne, que je continuerai de lire : si je déteste être opprimé, le costume d'oppresseur n'est pas non plus de ceux que je préfère. Sans compter qu'il y a des femmes que j'aime, à qui je souhaite le meilleur (je ne suis pas plus vertueux qu'un autre)...

    PS : J'ai un autre motif de remerciements à vous adresser. Je vous avais écrit un texte énorme, au départ. Puis je me suis demandé quels propos étaient légitimes, quelle dose d'auto-justification j'employais, si je faisais le papa, etc. Ces quelques lignes que je vous adresse m'ont pris un temps fou à écrire en fait. Elles m'ont beaucoup fait réfléchir. Grâce au contenu de votre blog. Donc, merci encore.

  11. (.......................) ==> ceci est le moment où l'on doit beaucoup plaindre les hommes hétérosexuels que je suis en train de traiter, en bloc, d'assassins. (on pensera un autre jour à leurs victimes).

    Je suis un homme hétéro et non, je n'ai pas de victimes. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas (et ne serai jamais) coupable de telles atrocités. Même si vous prétendrez alors que si, un jour, j'en suis capable. Je sais que NON. Il y a une prédisposition, au moins au niveau de l'éducation et de l'environnement social.

    Ce genre de raccourci dont vous êtes une accro, montre en fait vos faiblesses : il n'y a que quelques personnes ici pour croire en vos "bonnes paroles"; les vraies gens rigolent.

    Sur ce, ayez l'audace de laisser mon commentaire, ça vous évitera de sombrer dans la réplique d'un célèbre pacifiste (je vous laisse chercher) : La censure est l'apanage des dictateurs.

    Ce pacifiste était un grand homme, et il a fait bien plus pour sa cause et la cause des femmes que vous ne ferez jamais.

    • et donc moi je prétends qu'un jour vous serez coupable de viol ou de meurtre. ah ok.
      et donc on serait prédisposé à violer et tuer ? intéressant. je serais curieuse que vous développiez.

      Valerie Vissarionovitch Djougachvili.

    • Ouah, je vous imagine, les cheveux aux vent, le zboub en bandoulière, prêt à pourfendre la dictature d'un blog qui menace les violences sexistes ! Hourra \o/

    • Ah, la violence c'est les autres, les prédisposés par... l'éducation ?
      Vous devriez lire "Des Hommes Ordinaires" de Christopher Browning, qui vous montrera comment des centaines de pères de famille de la petite bourgeoisie et de la classe moyenne basse (lower-mids), ont réussi à exterminer des dizaines de milliers de personnes, non pas parce qu'ils étaient des monstres, mais plutôt grâce à un climat social et politique savamment construit.

      Ce qui est pratique lorsqu'on est un oppresseur, c'est justement qu'on ne se rend pas toujours compte du mal que l'on cause; parce que le monde est sensé être à nous, on ne réalise pas systématiquement que nos actions genrées (et autres) sont blessantes. On peut ne pas savoir (par inconscience ou oubli volontaire) que nos paroles, nos actions heurtent, ici, les femmes.

      Et aussi... il ne faut jamais se dire qu'on serait incapable de faire quelque chose: l'opportunité s'est elle déjà posé à vous que vous l'ayez refusé ? Sinon, ne dites pas que vous savez déjà comment vous réagiriez à une situation que vous n'avez pas vécue... c'est juste de la prudence intellectuelle.

      PS: la censure n'est certainement pas l'apanage des dictateurs (c'est vraiment de l'angélisme retourné que de le penser). Démocratie, république, oligarchie, tout le monde l'aime lorsqu'il s'agit de se protéger des dangereux subvertisseur-euses.

    • Je sais que NON. Il y a une prédisposition, au moins au niveau de l'éducation et de l'environnement social

      Oui y a bien une prédisposition issue de l'éducation et de l'environnement social

      Ca consiste juste à être né de sexe masculin et à avoir été par conséquent élevé ensuite "pour être un homme" ...

      et paf on est alors à la fois prédisposé à être agressif avec les femmes, à trouver ça globalement plutôt normal, à tel point qu'on est généralement bien incapable de seulement s'en rendre compte ou l'admettre ...

      un peu de sentiment de caste par dessus et on obtient un bon petit mec standard qui vient expliquer du haut de son ignorance que les mecs violents c'est les autres, les pauvres, les étrangers, ceux qui n'ont pas été ""bien éduqués"" et qui ont une ""prédisposition sociale à"""

      Bref rien de neuf sous le soleil du raisonnement du petit bourgeois mâle content de lui ...

      Ce genre de raccourci dont vous êtes une accro, montre en fait vos faiblesses : il n'y a que quelques personnes ici pour croire en vos "bonnes paroles"; les vraies gens rigolent.

      Les vrais gens? Intéressant concept, tellement révélateur de l'arrogance absolue qu'elle sous tend.

      C'est quoi les vrais gens exactement? Les hommes ""bien élevés"", dans le bon environnement social, et qui pensent comme vous ? Sacrément content de pas faire un "vrai gens" tiens ça m'aurait fait de la peine ...

  12. "les hommes n'apprennent pas à supporter le refus, la frustration ou quoi que ce soit allant contre leurs désirs les plus élémentaires"
    Le placement de la négation m'interpelle.
    Ne serait-il pas plus juste de dire : "les hommes apprennent à ne pas supporter le refus" ?
    La différence me semble sémantiquement importante - il est plus facile de définir un objet (l'éducation) par l'existence de ses propriétés que par leur absence.

  13. Naturellement que non nous ne sommes pas prédisposés à être méchant. Mais c'est l'environnement et l'éducation qui sont importants. Il suffit de voir les enfants de criminels ou de racistes : les monstres font rarement des anges.

    Mais faire le raccourci homme = naturellement dangereux, c'est stupide. Pourtant vous le faites tout le temps. C'est bête.

    • Ben peut-être parce que le féminisme définit le terme d'homme non pas comme la somme de plusieurs individus, mais comme une classe ou un groupe social oppresseur par rapport au groupe femme. C'est bête, hein ?

      Donc non, il ne s'agit pas de dire que les hommes sont naturellement tous des gros machos, mais que leur appartenance au groupe homme leur garantit par défaut des privilèges qu'ils exercent (y compris à leur corps défendant) au détriment des membres du groupe femme.

  14. En réalité, la généralisation porte ici sur ceux qui commettent un homicide sur leurs conjoints. Malgré tout, il en est déduit ce système patriarcal chimérique et métaphysique, applicable globalement et universellement.
    Or pour faire une généralisation sur toute une population (de la terre tant qu'on y est, ou au moins d'un pays), l'honnêteté statistique, minimale, de base, consisterait à prendre en compte tous les cas de séparations et pas seulement celles qui conduisent à des homicides. Or, ces chiffres ne sont pas donnés. On peut soupçonner qu'en réalité, dans tous les cas de séparation, seule une minorité conduit à des homicides.
    Cela pose deux problèmes pour soutenir l'existence du système patriarcal global : d'abord, il faut avoir une sérieuse explication pour la plupart des hommes qui sont quittés/trompés et qui ne tuent pas leurs compagnes alors qu'ils sont pourtant éduqués dans ce sens. Ensuite, il faut réussir à expliquer le nombre quand même très important de femmes qui tuent leurs compagnons alors qu'elles ne sont pas éduquées dans ce sens. 22%, ce n'est en effet pas marginal.
    Certes, il y a davantage d'hommes qui tuent leurs compagnes et on peut même très facilement supposer que cette différence est constante et statistiquement significative, mais cela ne signifie pas qu'il existe une culture uxoricide globale. La causalité est à chercher ailleurs. Et si une partie de celle-ci implique la notion d'appartenance, d'objectivation du compagnon/de la compagne, elle concerne très probablement aussi bien les hommes que les femmes.
    Or, c'est pourtant bien ce que ce texte essaye de transmettre assez grossièrement il faut le dire en mobilisant des chiffres au service d'une vision préétablie.

    • Euh, déjà, je rappellerais que le taux d'homicides répertoriés en France s'élève en moyenne à 700 par an. Les cas d'homicides conjugaux représentent donc une part non négligeable de ces homicides, au minimum quelque chose comme 15%. Après, on peut aussi considérer, en suivant votre logique, que les situations aboutissant à un homicide ne représentent qu'une fraction infinitésimale des interactions sociales entre les individus et donc ne pas s'en préoccuper.

      Mais surtout, il ne faut pas perdre de vue que le meurtre n'est que la forme la plus extrême de la violence conjugale, qui se manifeste souvent de manière beaucoup moins visible, sous la forme de coups, injures, brimades ou humiliations. Or, cette violence beaucoup plus "ordinaire" affecte quand à elle la vie de centaine de milliers, voir de millions de femmes rien qu'en France.

      Et sinon, je confirme que près de 80% d'homicides conjugaux commis par des hommes sur des femmes, c'est un chiffre significatif. L'argument du type "oui, mes les hommes aussi sont victimes" est un classique du répertoire anti-féministe. D'autant qu'une part importante (au moins 1/4, si je ne m'abuse) des hommes tués par leurs conjointes exerçaient eux-mêmes des violences à l'encontre de celles-ci.

      • Sans faire de jugement moral.
        Le meutre passionnel, soit l'un des deux conjoints qui tue l'autre pour des raisons de séparation/de tromperie, est l'homicide le plus répandu. C'est enfoncer une porte ouverte que d'établir ceci.
        Parmi les meutres passionnels, davantage d'hommes tuent leur conjointes que l'inverse. Encore une fois, c'est une porte ouverte.
        L'arnaque, ici, la manipulation, consiste à dire : "c'est la société patriarcale qui poussent des hommes à tuer des femmes".
        Tenons que le sentiment d'appartenance, l'objectivation de l'autre, motive souvent ce type de meurtre. On peut facilement le penser dans la mesure où c'est celui qui est trompé/quitté qui tue et non l'inverse. Celui qui quitte, se délaisse de l'autre, et donc ne le possède pas/plus par définition.
        Or, si l'idéologie patriarcale pousse à l'objectivation de la femme et non de l'homme, dans les cas des femmes qui tuent leur mari, elle devrait être quasiment absente. Or, je ne crois pas que ce soit le cas. Dans ces 22%, beaucoup, l'immense majorité sans doute, ont objectivé leur compagnon également.
        Cela invalide l'idée d'une idéologie patriarcale globale poussant au crime mais montre en revanche que l'objectivation des individus pousse au crime passionnel.
        Pourquoi plus d'hommes meutriers que de femmes dans les crimes passionnels, alors ?
        Déjà, d'une manière générale, on sait que les hommes commettent plus de crimes violents que les femmes. On peut s'en convaincre en observant la population carcérale par exemple. Il n'y a pas 5% de femmes dedans. Dès lors que les hommes commettent plus de crimes violents que les femmes, ce n'est plus une surprise de voir les premiers surreprésentés dans la catégorie "crimes passionnels".
        Ensuite, les statistiques montrent que ce sont davantage les femmes qui quittent les hommes que l'inverse. Pourquoi, peu importe, mais c'est quelque chose de généralement admis. Si, on revient à l'objectivation poussant au crime passionnel, encore une fois, il n'est pas surprenant statistiquement de voir davantage d'hommes en commettre, si ces derniers se retrouvent plus souvent dans la catégorie du "quitté objectivateur" que l'inverse.
        Bref, les faits ne sous-tendent pas l'existence d'une idéologie anti-femmes globale. QED

        • "c'est la société patriarcale qui poussent des hommes à tuer des femmes".

          Non : la société pousse les hommes a avoir un contrôle sur leurs femmes, ce contrôle s'exerçant par la violence (physique ou moral).

          Le patriarcat n'est pas anti femme au sens strict du terme (il ne recherche pas leur disparition) au contraire, il leur donne une place et une certaine considération... sauf que ce n'est pas parce que la cage est joli qu'on est pas enfermé. Le patriarcat attend des femmes un comportement de soumission, et les hommes sont éduqué pour obtenir ce comportement. La violence physique étant un facteur d'accomplissement chez l'homme (y'a qu'a voir les compétition sportives...) mais c'est à un degré subtil bien entendu.

          La femme vu par l'homme comme sa possession n'a pas le droit de le quitter et il utilisera la violence pour imposer cette condition, et c'est CA qui cause ces crimes. Ces hommes violents voulaient "juste" qu'elle comprenne, mais ça a mal tourné et voila une victime de plus qui tombe. Les crimes "passionels" sont des actes de violence qui ont finalement aboutit à une fin tragique.

          Sauf que la violence est banalisée, amoindrie, voir même excusée, et donc par effet de bord, ces crimes aussi.

        • "Dans ces 22%, beaucoup, l'immense majorité sans doute, ont objectivé leur compagnon également." OH quelqu'un qui n'a pas ouvert les liens ! Etonnant !
          et donc l'immense majorité des femmes qui tuent leur conjoint le font car il était violent.
          autre chose ?

          "Ensuite, les statistiques montrent que ce sont davantage les femmes qui quittent les hommes que l'inverse. Pourquoi, peu importe, mais c'est quelque chose de généralement admis"
          depuis 30 ans oui. mais peu importe hein. n'allons surtout pas analyser cela.

          et n'allons surtout pas analyser pourquoi les hommes sont beaucoup plus violents que les femmes. on se dira aussi "peu importe, mais c'est quelque chose de généralement admis".

          un thé ?

        • @flashou
          Cela revient au même. Le patriarcat, immanent, non généré, si ce n'est par lui-même, explique tout...
          En ce sens, patriarcat → mort des femmes revient au même que patriarcat → violence des hommes → mort des femmes.
          C'est un discours qui relève de la foi, de la doctrine, mais certainement pas de la raison.
          Poser que l'homme voit la femme comme sa possession à cause du patriarcat est un discours universaliste qui ne repose sur rien si ce n'est quelques cas particuliers et qui, en outre, nie la possibilité inverse pourtant largement documentée aussi (i.e. la jalousie féminine).

          @Valérie
          Précisément, ces 22%, je n'ai pas pu les sortir de nulle part. J'avais ouvert et lu le compte-rendu de l'enquête sur le crime passionnel. Or, selon cette enquête justement (qui prend une optique féministe), le meurtre passionnel naît essentiellement dans les couples qui partagent une idée possessive et fusionnelle de la relation, c-à-d là où femmes et hommes s'accordent sur l'objectivisation de la compagne ou du compagnon. Au point de pouvoir tuer...
          Les restes du débat - les femmes qui quittent majoritairement, les hommes qui sont plus violents - est en fait fondamentalement intéressant, mais nous quittons ici le cadre du meutre passionnel. Et c'est bien plus d'un thé qu'il faudrait pour s'y lancer.
          Je me plairais bien à tordre le cou à certaines idées simplistes comme les femmes qui quittent les hommes parce qu'ils sont méchants avec elles, alors que les hommes violents, souvent, plaisent et qu'ils maintiennent une très forte dépendance dans leur couple. Et, non, ce n'est pas la peur qui maintient tout ça...
          Bref, il est vraiment temps de réviser ce schéma monocausal...

          • cette constance à vouloir conclure que l'homicide conjugal est juste constitué de cas particuliers qui objectivent sans aucun rapport avec le patriarcat (d'ailleurs quel patriarcat ?) est fascinante.
            es tu en train de nous dire qu'un homme violent n'éclate pas la tête de sa future compagne au premier rendez-vous et a plutôt tendance à être charmeur et manipulateur ? incroyable. c'est qu'on en apprend des choses.

          • Juste pour dire que le simple terme de "crime passionnel" fait partie du problème. C'est un qualificatif qui suppose que l'homme (parce que oui, dans près de 80% des cas, c'est un homme) est par nature incapable de résister à ses "pulsions" de violence (la "passion") et qui exclue donc toute idée de préméditation ou de lucidité, alors que de nombreux meurtres conjugaux sont préparés et exécutés de sang froid.

          • "Poser que l'homme voit la femme comme sa possession à cause du patriarcat est un discours universaliste qui ne repose sur rien si ce n'est quelques cas particuliers et qui, en outre, nie la possibilité inverse pourtant largement documentée aussi (i.e. la jalousie féminine)."

            Jusqu’à quel point faut il être naif ou de mauvaise foi pour dire que le patriarcat ne repose que sur des cas particuliers ??

            2 millions de personnes par ans sont soumis à la prostitution : 80% sont des femmes
            70% des femmes victimes de meurtre le sont par un conjoint
            1 femme sur 5 sera victime de violence sexuelle dans sa vie
            (source : OMS)

            Des cas particuliers ? mais bordel ces cas sont si courant qu'on peut en faire des STATISTIQUES !

            Et puis si vous pouviez arrêter avec le "déni de situation inverse"... Ce qui est étudié ici ce n'est pas la jalousie, c'est la tendance HOMICIDE ! ça vous dit qu'on compare le nombre de femme qui tuent leur mari par rapport au chiffre inverse ? Vous ne comprenez pas qu'il n'y à pas de symétrie dans le rapport homme femme ??

            Depuis quelques temps aux USA, il y'a de plus en plus de fusillade : a chaque fois ce sont des hommes

            En France, la population carcérale masculine représente 96% des détenus. A quasi 50% les motifs d'incarcération sont des agressions (17,6% de viol)

            Mais à part ça la violence n'est pas un problème spécifique aux hommes ??

            Notre culture tout entière valorise l'homme capable de violence : il n'y a qu'a voir les films, les séries, les livres... le héros "Badass" qui sait se battre, défend la femme et les faibles, c'est une émanation de cette culture qui sous entend qu'un homme qui n'est pas capable de domination n'en est pas un.

          • Sans trop faire dans la dentelle parce que je n'ai pas vraiment le temps, en réalité, il faudra bien admettre un jour que la biologie détermine aussi pas mal de nos comportements et qu'hommes et femmes ne sont pas strictement égaux sur ce plan parce qu'il y a un devoir moral ou un droit naturel qui le stipule quelque part.
            Les labradors sont sociables et gentils, les pitbulls sont des teigneux et le ratel, n'en parlons même pas. Alors, bien sûr, on trouvera toujours une crème de pitbull ou un labrador enragé, mais si on me met en garde (à tort) contre le relativisme, c'est valable pour tout le monde. Et nous les primates, nous aussi, au-delà de l'acquis, de l'éducation et de la morale, nous avons une certaine part de déterminisme génétique. Je subodore donc que celui-ci ne soit pas étranger à ces 95% de types en tol', à ces Joey Starr qui séduisent par leur violence et à ces femmes qui restent avec même après le premier fracassage de crâne non létal.
            Ce qui compte, au fond, c'est de ne pas éliminer/inclure a priori l'éducation, le contexte culturel, la génétique, le milieu social, ou que sais-je parce que ça a un sens ou pas, c'est d'être disposé à tout mettre dans le modèle, l'apporter au test et pouvoir en tirer les conclusions qui s'imposent sans recours à une idée préconçue, une idéologie ou une foi parce que l'on a déjà dessiné dans sa petite tête l'ordre universel du monde.

          • le 2eme chien qui mord le plus en France (par rapport au nombre de chiens possédés évidemment) : le labrador. Au passage pit bull n'est pas une race en France cela décrit une morphologie.
            Bien évidemment il ne s'agirait pas d'en conclure que le labrador est "naturellement méchant" ; simplement comme l'on le suppose gentil - comme tu le fais- beaucoup ont tendance à mal l'éduquer.

            Et donc tu associes des comportements hautement complexes comme la violence à un fait naturel et inné.

            Une autre connerie à dire ?

          • Nan, c'est tout.
            Je dois bosser un peu.

          • Un jour il va falloir être conscient d'un truc : la Nature, ça fait longtemps qu'on lui tourner le dos. Nous vivons en société, et ça n'a rien de "naturel" ou de "biologique". Nous nous sommes développer au-delà de toutes les limites biologiques.

            Les comportements découlent de l'éducation et de nos choix de vies : ils n'ont RIEN A VOIR avec la biologie. Les interactions sociale et l'estime que nous avons des autres et des nous même est possible uniquement parce que l'être humain modélise des concepts : là encore ce n'est pas biologique !

            Si je dois faire une analogie, l'être humain est comme une machine informatique : quel que soient les composants de l'ordinateur, ce qui décide de son comportement c'est avant tout le programme ! et lorsque le programme est bien fait, il contourne les limitations hardware.

            Pas besoin d'être un bad boy à la Joey Starr pour dérouiller tranquillement sa chère et tendre en rentrant du boulot : dans ce genre d'individus vous trouverez aussi des médecins, des capitaines d'industries, mais aussi des prolos... toutes les catégories peuvent se retrouver dans cette situation, parce que c'est un comportement GLOBAL

            Pour conclure, je tenais à dire que votre condescendance envers les femmes victime " qui restent avec [leur conjoint violent] même après le premier fracassage de crâne non létal." est à gerber : vous les présentez comme des sottes incapables de comprendre que ce qu'elles subissent est anormal, mais c'est à cause de gens comme vous que cette situation perdure ! c'est parce que sans cesse ont leur rappel que "ce n'est pas de sa faute : les hommes sont comme ça" qu'elles se disent qu'elles ne devraient pas le quitter.

            J'ai récemment vu dans mon voisinage une situation de ce genre ou le mari était violent verbalement et physiquement avec son épouse. Elle s'était laissé convaincre que c'était son comportement à elle qui était en tord et que la réaction de son mari était "logique" et qu'elle n'avait que ce qu'elle méritait. Un tel effacement de soi est horrible et il est encore plus choquant de voir que ceux qui sont victimes s'infligent une double peine en prenant parti pour leur bourreau. Et tout ça est dut à des propos comme ceux que vous tenez, qui simplifient tout à l'extrême et comparent les hommes à des chiens !

            Donc non : je ne suis pas un Labrador ou un Teckel, je suis un individu maitre et responsable de mes actions et des mes idées. Comme chacun ici, homme ou femme.

          • Bien oui, je n'avais pas introduit l'image de la tête fracassée, juste tenté de résister à la digression mais il est trop tard apparemment...
            Tu vois, ce schéma qui tourne à la victimisation, donc à la passivité, donc à la femme chétive et fragile, donc à une contradiction énorme avec les préceptes qu'on est prêt à rejeter l'instant d'avant - par féminisme - c'est exactement ce que je dénonce (pas par féminisme).
            Une femme battue, ce n'est pas une pauvre petite femme fragile, victime, complètement aliénée, plus maîtresse d'elle-même, etc... Il faudra aussi un jour revisiter ses grilles de lectures. C'est une femme libre qui fait des choix, et qui surtout aime profondément, lucidement, envers et contre tout, cet homme parce qu'il est violent (et non sa violence et ses coups). Elle y trouve son compte sexuellement et affectivement probablement plus que dans la plupart des couples lambda. La raison la plus sincère du maintien de la situation, ce n'est pas la peur du tyran, la bêtise de cette femme, son immaturité ou sa classe sociale (comme tu le rappelles d'ailleurs), comme on l'entend souvent, mais ce non-dit fondamental qui est une forme d'amour la plus aboutie qui soit. Après, il faut encore se poser la question de ce puits d'amour sans fond sans s'arrêter à des considérations du genre "rien de peut expliquer la beauté de l'amour". Mais là-dessus, je suis suffisamment confiant dans le ressentiment de la plupart des féministes pour ne pas sombrer dans la fleur bleue tout d'un coup. Alors, dans le meilleur des cas, on a des explications psycho-sociales, environnementales, etc... Moi, je dis, à nouveau : considérons l'évolution, la génétique, n'éliminons pas d'un revers de la main cette possibilité et nous serons sans doute surpris.
            Alors, je sais que me heurte à un mur et qu'il y a plein de sujets sur lesquels il faudrait développer, des femmes battues au labradors, mais bon peut-être plus tard dans d'autres topics.

          • non je crois qu'on va en rester là et à tes histoires de labradors.
            la bise.

          • Alors ça, le coup de la femme qui aime l'homme violent en raison de sa violence, j'y crois pas trop.

        • C'est toujours impressionnant, les réponses qui se plaignent d'une pensée à la truelle, d'un manque de données, d'un manque de précision... et ne nous offrent ensuite rien que ça. Et puis, au-dessus des tas de fumier, cette arrogance : quod erat demonstrandum, un gérondif pour les non-latinistes, alors qu'avec une telle indigence on se ferait virer du cours !

          Celui qui explique que lui non, parce qu'il n'est pas réductible à une approche socio mais en effet d'autres peut-être parce que sociologiquement... C'est l'approche anti-socio de base : je ne connais personne qui se vive comme un chiffre dans une base de données, on se croit touTEs uniques et libres. Rappeler ça pour ensuite accepter que les autres, illes, sont des chiffres dans des bases de données c'est donner son accord sur l'essentiel (il y a dans la société des comportements que l'on peut quantifier, étudier et pourquoi pas comprendre avec les outils des sciences humaines) mais ne rien lâcher sur l'ego. Merci de nous parler de toi, c'était passionnant.

          Et puis celui qui est forcé d'admettre les faits mais refuse de connecter les points parce que ça l'obligerait à admettre qu'on vit dans une société sexiste ou il jouit de privilèges.

          Allons... encore une fois, ce n'est pas d'attaques perso qu'il s'agit, on ne parle pas de toi, là, mais ça finit par être le cas parce que c'est toujours les mêmes arguments qui sont utilisés par toi et tes clones ici contre les propos de Valérie. On n'a plus le temps d'argumenter sur des détails, de partager des précisions ou des références, non, on se tourne vers le type qui croit que ses arguments ont la moindre valeur au regard de ceux que nous avons développé à la lecture de livre ou d'articles savants, ou lors de discussions formelles entre féministes.

          Ceci pour dire la répugnance que j'ai à répondre, sachant que finalement je me mets à votre service, mais j'aimerais tant qu'on en finisse avec ça pour approfondir le sujet avec nos outils à nous.

          "Parmi les meutres passionnels, davantage d'hommes tuent leur conjointes que l'inverse. Encore une fois, c'est une porte ouverte."

          Pour toi c'est une évidence (un ordre des choses ?) mais c'est le sujet, alors il faut bien rappeler d'où on part, non ? Les hommes tuent plus que les femmes et c'est en soi un dysfonctionnement sur lequel on tente des explications. Toi, j'ai beau relire, tu n'en tentes aucune, merci pour ta démonstration digne d'une médaille Fields. Et tu expliques que la prochaine fois il faudra arrêter de dire que les femmes gagnent moins et font dix heures de travail domestiques hebdo en plus, simplement parce que ça te lasse.

          Pourquoi est-ce que ce sont très majoritairement des hommes qui tuent des femmes, et non des suites de hasards ?

          Est-ce qu'on se serait trompé et est-ce qu'on aurait pris la partie pour le tout, la classe des hommes qui font du basket et se teignent les cheveux en bleu, qui à eux seuls sont capables de renverser la tendance pour toute la classe des hommes ? Devant une telle asymétrie, on doit abandonner l'explication psycho individualisante. Et parce que les explications socio-économiques, régionales ou ethnicisantes ne marchent pas, c'est la notion de genre (la dimension sexuée du social) qui marchera le mieux : le meurtre n'est pas une réaction non-genrée à la douleur que c'est d'être trompéE. C'est une réaction dont on doit trouver le sens dans le cadre social (du droit aux représentations) qui réserve aux femmes et aux hommes des statuts différents dans les couples, au-delà de l'égalité de droit (très récente).

          Ces violences ne seraient-elles pas liées au fonctionnement qui se met en place dans les couples, à cette idée qu'aimer s'est s'approprier ? Mais alors pourquoi est-ce que "mon bichou" "mon lapin" et l'appropriation, la jalousie qui sont aussi ressenties par les femmes ne donnent pas lieu à une symétrie des comportements violents ? Serait-ce que l'appropriation des hommes sur les femmes et les enfants a quelque chose de particulier ? Non, rien ? Jusqu'en 1965 il fallait demander à son mari le droit de travailler et d'avoir un compte en banque, les hommes avaient seuls le droit de transmettre leur nom jusqu'en 2000, on part d'une situation d'appropriation *en droit* des femmes aux hommes et il n'en resterait plus rien aujourd'hui dans les ethos ? Les féministes disent le contraire, et avec la violence conjugale elles ont de sacrés arguments.

          Les femmes aussi sont jalouses, les femmes aussi sont trompées, et pourtant elles ne tuent pas ou pas dans la mesure de leurs désillusions amoureuses (j'en profite pour rappeler ma question sur les motifs des meurtres conjugaux au féminin : avez-vous des données sur la prévalence du motif "je voudrais te quitter, tu ne me laisses pas le faire, je ne vois pas d'autre solution pour être débarrassée de toi" ?).

          J'en profite pour raconter une anecdote trouvée dans Perpétuités. Le Temps infini des longues peines d'AM Marchetti, qui surreprésente dans son bouquin les femmes condamnées à de longues peines, puisqu'elle a voulu savoir comment, femme ou hommes, socialisé ou en rupture, bourge ou pauvre, on vivait en prison. Elle raconte l'histoire d'une femme dénigrée par son mari au motif qu'elle est trop grosse. Elle demande conseil à un médecin qui lui donne des amphétamines qui ont sur elle des effets psychologiques assez problématiques. Le jour où elle apprend que son mari ne veut pas d'elle en moins grosse, en fait, il a depuis longtemps une amante et c'est sa meilleure amie à elle, elle tue qui ? Elle tue la meilleure amie. Ça m'interroge, qu'elle ait moins supporté la trahison amicale qu'amoureuse, qu'elle n'ait pas envisagé que c'était le mari qui avait fait de sa vie un enfer. Ça m'interroge, qu'on prenne pour acquis que c'est les femmes qui doivent être tuées, et moins souvent la partie masculine du triangle.

          En fait, toute asymétrie m'interroge, et j'appelle ça le féminisme.
          Tout déni de la symétrie, en revanche, m'apparaît bancal, motivé par des mécanismes de protection psy et mal documenté. Il y a des fois ici des critiques féministes sans complaisance et c'est intéressant d'échanger. Mais là, le déversoir masculiniste...

          PS : Ma critique pour cette fois, ce texte est écrit un peu à la va-vite, malgré les trois semaines de silence ;-), il reste des coquilles et des imprécisions de langue qui m'ont gâché le plaisir d'un raisonnement qui est pourtant clair et accessible (c'est pour ça que ça m'énerve tant, de voir des critiques aussi bouchés - au point que je me dis que je devrais arrêter de venir).