août 032016
 

Les féministes sont très souvent accusées de dire que tout homme est un violeur.
Je suis toujours surprise de l'énergie à véhiculer des rumeurs autour des féministes, rumeurs que nous passons un temps assez considérable à démentir. Ce temps ne peut être consacré à une lutte active et c'est assez ironique lorsqu'on se rappelle que beaucoup de gens nous disent qu'on ne s'occupe pas "des vrais problèmes". Si vous cessiez peut-être d'inventer des rumeurs et des ragots, on perdrait un peu moins de temps. Mais bref. Comme j'ai constaté que cette idée se répand de plus en plus, essayons  une bonne fois pour toutes d'y répondre pour enfin passer à autre chose.

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juin 072016
 

Hier, Buzzfeed US a publié la lettre qu'une victime de viol a souhaité lire au violeur qui l'a agressée pendant le procès. Une twitta Queer becca m'a gentiment proposé de la traduire.
Elle a également été traduite par Buzzfeed France.

Je souhaitais voir cette lettre traduite car elle est importante ; non pas parce qu'elle représente l'ensemble des victimes de viols, non pas parce qu'elle permet de comprendre les traumatisme après un viol. Toutes les victimes sont différentes ; il serait absurde de penser qu'elles réagissent toutes de la même façon. Cette lettre est importante parce qu'elle illustre ce que nous appelons la culture du viol. Elle illustre ce que quasi toute victime - homme comme femme - a pu entendre à un moment de sa vie ; le déni, la minimisation et la culpabilisation. Ici c'est le violeur qui est essentiellement porteur des propos culpabilisants, parfois ca sera la police, la famille, le petit ami, les amis, les collègues.
Il serait dangereux de penser que le violeur tient ce genre de propos parce qu'il est un violeur ; avant de l'être, il est aussi un homme lambda, qui tient des propos d'homme lambda comme on peut en entendre chaque jour à propos de chaque affaire de viol.

Voilà je vous laisse avec ce texte. Merci encore à la traductrice qui a travaillé seule, vite et beaucoup.
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mai 092016
 

Ce matin une femme politique qualifiait un homme, accusé d'agressions et de harcèlements sexuels, de "dragueur réputé lourd".

Nous avons énormément de mal à bien nommer les choses en matière d'agressions sexuelles parce que nos définitions ne prennent jamais en compte une chose ; le fait de ne pas tenir compte du consentement de la victime.
Pour beaucoup d'entre nous, dépasser ses limites, insister, pousser un peu fait partie du "jeu de la séduction" et de l'attitude de certains hommes. Nous avons intégré que certains hommes insistent, c'est comme ça. Et certains hommes ont intégré qu'à force d'insister, ils obtiendront parfois ce qu'ils veulent. On perd toujours à ce "jeu" là ; prenez à la rigolade l'agression pensant ainsi apaiser les choses, vous serez une salope. Repoussez vivement l'agresseur, vous savez une mal baisée qui ne  connait pas la rigolade. L'agression sexuelle est, dans l'esprit de beaucoup, ce qu'est une agression physique, un acte forcément violent, impliquant des poings ou un couteau, qui se passe davantage sur un parvis de cathédrale allemande que dans le salon feutré d'un parti politique. L'agression sexuelle du racisé pauvre contre la drague lourde du chefaillon de parti politique.
Les hommes sont un peu lourds, nous apprend-on ; comme si l'insistance en matière sexuelle venait avec la socialisation masculine. "Si on ne peut plus rigoler" entend-on souvent.
Rigoler, drague lourde, les mots sont légions pour qualifier les agressions sexuelles. Le consentement féminin ne compte pas. Il suffisait de dire non, va-t-on entendre, sans penser qu'on n'a déjà pas à entendre ce genre de phrases dites, répétées et insistantes qui non, n'ont pas à faire partie d'une relation entre hommes et femmes. On me répondra que je veux interdire la drague, ce qui fera une énième fois, l'amalgame entre drague et agressions sexuelle. Insister pour obtenir ce qu'on veut d'une femme est une plaisanterie  connue de tous, un jeu masculin qui se joue seul.

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avr 262016
 

Métro parisien, heure de pointe. Ce moment où le graal à atteindre est cette fameuse place contre la porte devant un strapontin levé. Les écouteurs dans les oreilles.
Le regard entre, il se bloque à 30 cm de moi. Je connais bien le regard, je l'ai rencontré à l'âge de 13 ans dans les yeux de mon prof de maths et depuis il ne m'a jamais lâché. Il est grand ou petit, gros ou mince, riche ou pauvre. Il est toujours il.
Il passe sur mon visage, descend. Les seins. Il estime, il soupèse, il fantasme, il suppose, il rêve, il imagine. Le regard a ce drôle de sourire, ce sale demi sourire. Il sait ce que je ressens, il aime ce que je ressens. Il aime l'idée d'humilier, de mettre mal à l'aise, nous voir remonter le sac, croiser les bras, baisser les yeux, fermer le manteau, tourner la tête. Notre gêne l'excite.
Le regard laisse sur la peau une trace de limace, ces grosses limaces rouges qui sortent après la pluie, écœurantes lorsqu'on les écrase. Partout où il passe, le regard laisse cette trace, infime, mais présente de salissure, de meurtrissure infime mais réelle.
J'ai envie de m'engloutir sur place, j'ai envie de raboter mes seins au cutter, tout couper comme si cela changerait quelque chose. Je donne mon féminisme tout entier pour que le regard se pose ailleurs, sur d'autres seins et d'autres fesses.
Le regard jouit, il a percé le masque d'impassibilité. Il sait que je suis mal à l'aise. Il sait que je feins, que je simule.
C'est compliqué de décrire ce qu'on ressent face au regard. C'est compliqué de décrire l'impression de salissure et d'humiliation mélangées à une totale impuissance. Que faire ? Se mettre à lui hurler dessus d'arrêter de nous regarder ? Voilà qu'après avoir voulu les castrer, les féministes se mettent en tête de vouloir aveugler les hommes. "Mais enfin je ne faisais rien de mal, je l'ai juste regardée, elle est folle". Ai-je envie de mener un combat pour un regard, pour ce regard ? Combat perdu d'avance, rentrer dans le combat lui montrerait que je l'ai remarqué, ce qu'il souhaite.
Comment décrire le regard. Ce regard qui veut te faire sentir morceau de viande, détritus bon à percer, à trouer, à pénétrer, à humilier, à transpercer.

Il faudrait que j'affronte le regard. Je l'ai fait, parfois. Parfois je n'ai juste eu pas le courage. Pas l'envie. Pas la force. On nous éduque à craindre le regard, on nous éduque à le subir, à se taire, à le minimiser, à se dire qu'on exagère. Cela n'est qu'un regard, pense un peu aux femmes violées.

Je regarde le regard. Je fais en sorte qu'il croie que je le regarde mais je regarde, loin derrière lui, je transperce sa tête, je suis bien loin derrière lui. Les minutes sont des heures. Un simple regard à affronter et je suis épuisée. Chaque jour, le metro. Le regard part. Le regard a laissé sa vilaine petite trace sur moi et je suis fatiguée, le regard me coule dessus comme un crachat.

Fait-elle du cinéma pour un simple regard. Si on n'a plus le droit de regarder les filles à présent. Elle s'imagine des choses. Elle fantasme. Laide comme elle est en plus. Un oedipe mal réglé encore un. Elle est vraiment fragile. Elle veut quoi, qu'on ne drague plus c'est ça ? La saleté est dans son oeil , c'est ce qu'elle veut au fond qu'elle décrit. Voilà qu'elle s'attaque au regard à présent. Elle a des problèmes quand même.

Je me demande combien de femmes connaissent ce regard, combien sauront de quoi je parle ou elles se rappelleront de ces moments insupportables, anormaux mais normaux, atroces mais banals où un simple regard devient une salissure, une blessure, une attaque.
Je n'ai rien à faire contre le regard ; on m'a vendu que c'est un hommage, un impondérable du désir masculin, ce que veulent toutes les femmes.

mar 162016
 

Voici le résumé du livre Le viol un crime presque ordinaire de Audrey Guiller et Nolwenn Weiler. (j'ai surtout relevé des chiffres pouvant être utiles dans le livre).

La définition du viol varie selon les pays. Ainsi en Angleterre et au pays de Galles, le viol ne peut être commis que par un homme. En Australie, il y a deux définitions selon que le viol est commis en temps de guerre ou de paix.

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fév 032016
 

Beaucoup ont tendance à voir les féministes comme un groupe monolithique, dont les membres seraient interchangeables. Le féminisme est, plus que jamais, riche de personnalités très diverses.
J'ai donc décidé d'interviewer des femmes féministes ; j'en connais certaines, beaucoup me sont inconnues. Je suis parfois d'accord avec elles, parfois non. Mon féminisme ressemble parfois au leur, parfois non.
Toutes sont féministes et toutes connaissent des parcours féministes très différents. Ces interviews sont simplement là pour montrer la richesse et la variété des féminismes.

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jan 122016
 

Pendant la nuit du nouvel an, de nombreuses agressions sexuelles et parfois des viols ont eu lieu dans des villes allemandes et en Finlande.

Les féministes ont toujours étudié, travaillé, analysé et dénoncé les violences sexuelles. C'est grâce à deux victimes de viol et à leur avocate, Gisèle Halimi, qu'on a pu en 1978, lors du procès d'Aix en Provence comprendre les répercussions psychiques possibles du viol sur les victimes. Les féministes auront également permis de faire reconnaître et condamner le viol conjugal qui sera finalement pris en compte légalement en 1990. Leurs nombreux travaux et études auront permis de connaître le nombre de viols et de tentatives de viols par an (75 000 en France) des agressions sexuelles (13% des femmes allemandes en auraient subi une), le peu de plaintes déposées par les victimes de viol (10% en France). Elles ont également travaillé sur ce qu'est le viol, ce qu'il constitue au niveau sociologique alors qu'il est encore souvent vu par l'ensemble de la société comme l'acte isolé d'un "fou" ou d'un "monstre". Ces dernières années, ont été analysés le concept de culture du viol et celui de harcèlement dans l'espace public.
Les féministes n'ont donc jamais eu besoin d'attendre quiconque pour condamner TOUTES les agressions sexuelles et TOUS les viols, quels qu'en soient les auteurs. Elles ont plutôt l'habitude de prêcher dans le désert au milieu de personnes qui ne les croient pas et minimisent les chiffres des violences sexuelles. Les agressions sexuelles et les viols commis le 31 décembre en Allemagne et en Finlande sont donc évidemment condamnables, comme toutes les autres violences sexuelles.

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nov 122015
 

Beaucoup ont tendance à voir les féministes comme un groupe monolithique, dont les membres seraient interchangeables. Le féminisme est, plus que jamais, riche de personnalités très diverses.
J'ai donc décidé d'interviewer des femmes féministes ; j'en connais certaines, beaucoup me sont inconnues. Je suis parfois d'accord avec elles, parfois non. Mon féminisme ressemble parfois au leur, parfois non.
Toutes sont féministes et toutes connaissent des parcours féministes très différents. Ces interviews sont simplement là pour montrer la richesse et la variété des féminismes.

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nov 042015
 

Beaucoup ont tendance à voir les féministes comme un groupe monolithique, dont les membres seraient interchangeables. Le féminisme est, plus que jamais, riche de personnalités très diverses.
J'ai donc décidé d'interviewer des femmes féministes ; j'en connais certaines, beaucoup me sont inconnues. Je suis parfois d'accord avec elles, parfois non. Mon féminisme ressemble parfois au leur, parfois non.
Toutes sont féministes et toutes connaissent des parcours féministes très différents. Ces interviews sont simplement là pour montrer la richesse et la variété des féminismes.

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nov 022015
 

Beaucoup ont tendance à voir les féministes comme un groupe monolithique, dont les membres seraient interchangeables. Le féminisme est, plus que jamais, riche de personnalités très diverses.
J'ai donc décidé d'interviewer des femmes féministes ; j'en connais certaines, beaucoup me sont inconnues. Je suis parfois d'accord avec elles, parfois non. Mon féminisme ressemble parfois au leur, parfois non.
Toutes sont féministes et toutes connaissent des parcours féministes très différents. Ces interviews sont simplement là pour montrer la richesse et la variété des féminismes.

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