jan 162017
 

Voici le résumé de Pax neoliberalia, Perspectives féministes sur (la réorganisation de) la violence de Jules Falquet qui m'a été gentiment envoyé par les éditions iXe. Dans ce recueil de textes, écrits sur une vingtaine d'années, l'auteure travaille sur les enjeux matériels des différentes formes de violences contre les femmes et sur la réorganisation néolibérale de la coercition.

Il est difficile de prétendre en tout début d'année que ce livre sera un des livres les plus marquants de mon année 2017 mais j'ai pourtant bien ce sentiment. L'auteure arrive magistralement à montrer, par exemple, combien la violence patriarcale et celle née du néo-libéralisme touchent en tout premier lieu les femmes (et encore davantage si elles sont racisées).

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fév 042016
 

La préface du livre de bell hooks Ne suis-je pas une femme? est de Amandine Gay qui retrace le parcours de femmes noires activistes comme Sojourner Truth, une militante noire américaine, qui, en 1851, prononça le discours Ain't I a woman à une Convention des femmes à Akron en Ohio.

Elle évoque aussi Paulette Nardal, une martiniquaise, qui, en 1920 à Paris fut la première femme noire à étudier à la Sorbonne. Elle fonda des salons littéraires pour mettre en relation les diasporas noires. En 1930 elle co-fonda la Revue du Monde Noir avec Léo Sajoux. En 1945, elle crée le Rassemblement Féminin afin d'aider les femmes martiniquaises à exercer leur droit de vote.
Est également présentée, la journaliste Claudia Jones. secrétaire de la Commission des femmes du parti communiste des USA et secrétaire exécutive de la Commission nationale des femmes. Elle publie en 1949 "An end to the neglect of the problems of the negro woman". En 1952, elle est secrétaire du Conseil National de la Paix. En 1953 elle dirige le journal Negro affairs quarterly. A Londres où elle dut s'exiler, elle lance différents journaux ainsi que le Carribean festival qui existe encore aujourd'hui.
En 1976 en France se lance la Coordination des Femmes Noires dont les sujets d'intérêt sont les luttes des femmes, la luttes des classes, les luttes anti-impérialistes, la lutte contre l'apartheid et les questions des femmes immigrées. Cette coordination existera jusqu'en 1982. De 1982 à 1994, existe le Mouvement pour la Défense des Droits de la Femme Noire.
Aux Etats-Unis les noirs ont pu investir les universités ; c'est beaucoup plus difficile en France où cela est vu comme du communautarisme  et allant à l'inverse de l'universalisme français.
Amandine Gay souligne employer le terme"afro-descendante" pour se qualifier.
Le mot intersectionnalité naît en 1989 de Kimberlé Crenshaw. les champs d'études spécifiques aux noirs sont peu étudiés comme par exemple la femme potomitan.
Depuis 2013, l'afro féminisme réapparait avec une grande vigueur en France avec des blogs, des manifestations, des collectifs, des émissions de radio, une revue, des conférences.

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sept 192015
 

Beaucoup ont tendance à voir les féministes comme un groupe monolithique, dont les membres seraient interchangeables. Le féminisme est, plus que jamais, riche de personnalités très diverses.
J'ai donc décidé d'interviewer des femmes féministes ; j'en connais certaines, beaucoup me sont inconnues. Je suis parfois d'accord avec elles, parfois non. Mon féminisme ressemble parfois au leur, parfois non.
Toutes sont féministes et toutes connaissent des parcours féministes très différents. Ces interviews sont simplement là pour montrer la richesse et la variété des féminismes.

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déc 012014
 

Les associations féministes, souvent essentiellement composées de femmes, sont assez peu soumises à l'accusation de communautarisme.
Il faut dire que nous sommes perçues comme assez peu dangereuses, entre les accusations folkloriques d'hystérie et une perception fantasmée de nos activités, à mi chemin entre le macramé et l'écriture de magazines féminins.
Les féministes seraient au fond, pour le pouvoir dominant, d'aimables pétroleuses qui auraient quelques petites activités qui les occupent ce qui évite qu'elles ne s'ennuient.
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sept 182013
 

Je vous parlais dernièrement de l'instrumentalisation du féminisme par l'extrême-droite à des fins racistes ; ce weekend en a fait la parfaite démonstration et je crois important d'en parler. Samedi il était révélé dans la presse que Karine Lemarchand avait porté plainte pour coups et blessures contre son ex compagnon Lilian Thuram. Très rapidement, se créa sur twitter un topic de soutien à Thuram qui dégueulait de propos sexistes : on était en plein slut-shaming, le fait de blâmer la victime. Non moins rapidement l'extrême-droite se jeta sur l'affaire ; l'occasion était trop belle avec un militant noir de gauche accusé de violences sexistes.
Karine Lemarchand a depuis retiré sa plainte ; Thuram aura tout de même un rappel à la loi puisque dans ce genre d'affaires, on peut poursuivre sans plainte de la victime.

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sept 162013
 

Toutes les femmes politiques subissent du sexisme c'est à dire qu'elles sont critiquées sur ce qu'elles sont mais pas sur ce qu'elles font. Elles sont ainsi renvoyées à leur genre lorsque leurs idées politiques, leurs propositions de loi ne conviennent pas à leurs opposants. On va ainsi renvoyer une femme à "garder les enfants" ou "à ses casseroles". Lors de la proposition de loi sur les 35 heures, un chef d'entreprise proposa d'envoyer à Martine Aubry un bataillon de parachutistes ; pour lui, il était évident qu'une telle proposition ne pouvait avoir été dictée par la raison, mais par la frustration sexuelle. Lors de l'élection à la députation de Marion Maréchal-Le Pen, beaucoup ne se privèrent pas de créer des photo-montages pornographiques au lieu de l'attaquer sur le terrain des idées. Les femmes sont ainsi renvoyées au sexe et à leur sexe. Rachida Dati fut attaquée pour sa futilité et son goût pour la mode, alors que Sarkozy, au même moment, hésitait entre Rolex et yacht de Bolloré. Inutile de préciser que pendant que l'une était dite futile et donc incompétente pour le poste auquel elle avait été nommée, y compris au sein de son propre camp, l'autre était simplement bling bling.  Cécile Duflot dut affronter des sifflets en pleine assemblée nationale pour une simple robe ; et Roselyne Bachelot, alors qu'elle entamait une carrière de chroniqueuse, dut affronter des critiques sur son physique du mince, superbe et éternellement jeune Balkany. Il ne s'agit évidemment pas de considérer qu'une femme ne doit pas être critiquée, mais de considérer la nature des critiques qui touche le genre et pas l'action menée.
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