mar 092012
 

Préambule ; la sociologie aide à dessiner à grands traits une société ; ne pas vous reconnaître dans ce portrait ne veut pas dire qu'il n'existe pas. Constater quelque chose ne veut pas dire que je l'approuve.

Très tôt, avant même leur naissance, garçons et filles sont conditionnés à leur futur rôle. Des études montrent que devant un bébé qu'on suppose garçon, on loue sa vivacité et son caractère colérique. L'on exalte chez le petit garçon des valeurs dites viriles comme la compétitivité ou l'agressivité. Une étude menée par Fisher Price révélait que les parents répugnent à ce qu'un petit garçon joue à des "jeux de fille". Même si les modèles parentaux ont beaucoup évolué, et que les pères souhaitent s'occuper de leurs enfants, on voit encore des poupons à destination unique des petites filles.

Si l'agressivité et la compétitivité sont beaucoup encouragées chez les petits garçons, elles sont aussi durement réprimées. l'enfant se retrouve ainsi dans un système de double bind. Aux USA le nombre de garçons traitées avec de la ritaline est bien supérieur à celui des filles. En France on punit beaucoup plus les garçons en invoquant d'ailleurs parfois la naturalitéde leur comportement.

Comme le souligne Daniel Welzer Lang; le garçon doit rentrer dans "la maison des hommes". j'ai ainsi souvenir d'une mère disant à son fils de 4 ans qui était tombé et pleurait "ne pleure pas t'es pas une fille". L'enfant était doublement humilié ; on lui niait le pouvoir des larmes pour se soulager, et on le ramenait à ce qu'il ne faut surtout pas être pour un homme ; une femme, une femelette, une fillette, un homme efféminé. C'est ce qui revient d'ailleurs dans l'enquête de Fisher Price ; les jouets dits de fille auraient le pouvoir magique de transformer de jeunes garçons en êtres efféminés.

Christophe Dejours montre les rituels existant encore dans certains corps de métier pour "être un homme" : "Est un homme véritablement viril celui qui est insensible à la souffrance, ne refuse jamais une tâche par peur, et inflige lui-même la souffrance ou la douleur à autrui. Celui qui déroge à cette loi est un gars qui n'en a pas, un «pédé» : l'insulte est toujours sexualisée. Ces comportements ne sont pas de simples manifestations stupides de virilité. Ce sont des dispositifs mis en place pour combattre la peur, des stratégies collectives de défense."

Si les hommes sont en général instigateurs des violences physiques et sexuelles, ils sont également victimes de ces violences. Laurent Mucchielli montre que les deux tiers de victimes d'homicides sont des hommes (entre 85 et 90% des auteurs identifiés).

Pourtant cette violence est admise, tolérée, comprise comme faisant partie du chemin de vie d'un homme. celui qui s'en plaindrait, qui ne voudrait pas rentrer dans ce "jeu", qui refuserait le rôle social qu'on lui impose, serait vu comme ... un non homme.

S'il me semble - on ne reparlera dans le prochain article - qu'il faut éduquer les filles moins dans la crainte et la peur, je ne crois pas que le modèle viril soit mieux. Exalter des valeurs violentes, de compétition, laisse énormément des gens sur le carreau et pousse les hommes à une compétition de tous les instants, à mon avis difficile à vivre.

PS ; je trouve dommage et révélateur que cet article soit beaucoup moins commenté et relayé que le précédent. Le rôle social des hommes, leur place dans la société n'est qu'encore peu questionnée et c'est très dommage.

 

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  66 réponses sur “Tu seras fort mon fils”

  1. En tant que mère de deux garçons, je trouve difficile d'essayer de concilier une vision antisexiste de l'éducation et d'éviter qu'ils en fassent les frais. Car comme tu le dis, collectivement on est loin d'y être et la société a des attentes vis à vis de chacun. Par exemple imaginons que mon fils veuille s'habiller en princesse au carnaval de l'école. Est-ce que je l'encourage pour mettre en pratique mes convictions et lui permettre d'exprimer sa personnalité ou est-ce que je le décourage pour lui éviter de subir les moqueries des autres ?
    Au delà de cet exemple un peu caricatural, mon fils aîné est ultrasensible et pleure souvent et facilement. D'une part c'est pénible (en particulier pour son père qui supporte mal les pleurs) mais surtout devrions-nous lui apprendre à s'endurcir pour éviter d'être moqué et mis à l'écart par les autres enfants ? Je ne sais pas...

  2. ca sera le sujet de mon article du weekend je pense ; l'éducation.
    Je me souviens d'une femme dont le fils adorait le rose et les paillettes. Elle était confrontée à un problème ; comment le laisser s'exprimer sans qu'il s'en prenne plein la figure ? Elle a opté pour lui parler clairement. Elle lui a expliqué de manière simple les conditionnements et que parfois, les gens étaient bêtes et se moqueraient de lui. il a donc décidé de lui même de cantonner les baskets roses à paillettes à la maison ou chez des amis.

    Je pense donc qu'expliquer à ton fils les choses peut être bien (en même temps je n'ai pas d'enfant donc je suis sans doute mal placée :) ).

    sinon j'aurais envie de dire que là encore il faut lui expliquer ; pleurer n'est pas génant. chez les gens qui gèrent mal leurs émotions, cela permet de les évacuer facilement. Il vaut mieux évacuer son trop plein d'emotion en pleurant qu'en frappant ou en ayant un comportement compulsif quelconque. (j'ai fait un article sur les compulsions il y a qq temps). mais en revanche peut être peux tu travailler avec lui pour qu'il gère mieux ?

  3. @poule: Est-ce que ça dérangerait autant ton mari si c'est ta fille (hypothétique)? Ça peut être intéressant de confronter vos opinions là-dessus (Est-ce que le même comportement serait autant remarqué chez une fille?).

    Pour être dans un cercle de gens avec ce genre de question (et d'éducation), j'ai l'impression que l'enfance et l'adolescence peut être effectivement difficile.

  4. L'enfance et l'adolescence ont toujours été des périodes plus ou moins difficiles. Les enfants (c'est connu) sont méchants entre eux. Mais il ne faut pas non plus penser que parce qu'ils ne font pas comme tout le monde ils seront FORCEMENT mis à l'écart. Même méchants, les enfants sont beaucoup plus tolérants que leurs parents.
    L'éducation est un sujet très complexe car prend tous les aspects humains en compte (je te souhaite par avance bien du courage pour ton article et j'ai hâte de le lire). Mais tant qu'on transposera sur les enfants les shémas psychologiques de l'adulte, peu de choses changeront et finalement le grand oublié sera l'enfant et ce qu'il deviendra adulte.
    Et ce en grande partie parce qu'on applique aux enfants les shémas d'une société adulte. exemple type: la fille on l'inscrit à la danse le mercredi et le garçon au foot. Heureusement c'est en train de changer, mais il y a encore des efforts à faire...

  5. bien vu en effet mais on peut quand même se dire qu'un enfant transporte avec lui les préjugés de ses parents par exemple non ?

  6. Au sujet de la séparation entre les sexes chez les enfants, les Américains ont le concept de "cooties" (en général mentionné par les garçons au sujet des filles), une espèce stigmate invisible qu'on peut attraper.
    "- Don't you want to play with Sally
    - No! Girls have cooties!"

  7. oh tiens http://www.urbandictionary.com/define.php?term=cooties

    merci de l'information, j'ignorai totalement. tu sais d'où ca vient ?

  8. Bien sûre valérie, parce qu'ils sont éduqués par eux.... J'ai des frères et soeurs beaucoup plus jeunes que moi, donc j'ai vu leurs copains de maternelle par exemple, avant que les idéaux de leurs parents leur soient transmis et bien oui ils étaient plus tolérants. C'est en grandissant à force de parler avec leurs parents et d'appréhender le discours, que les problèmes se posent réellement et que la méchanceté prend une dimension plus sociale et donc plus dangereuse.

    Enfin, est-ce qu'on ne peut pas créditer un adolescent d'un minimum de libre arbitre? Peut être qu'enfant et ado il véhiculera les préjugés de ses parents, mais ce n'est pour ça qu'il le fera toute sa vie (dieu merci)!
    Exemple typique: l'enfant d'un couple de racistes ne le sera pas obligatoirement.

    C'est aussi en ça que l'éducation est un sujet si complexe: quelle que soit l'éducation que tu souhaites et penses apporter à tes enfants, tu ne sauras jamais à l'avance les fruits qu'ils en tireront plus tard et quelle personne ils devriendront...

  9. Je garde le souvenir de mon neveu, qui a deux petites sœurs jumelles. Quand ses sœurs sont nées (lui avait 2 ans), il a voulu "faire comme maman" et à demandé à avoir un poupon. Ma maman (sa mamie), lui a offert avec grand plaisir. Ma sœur trouvait que c'était une très bonne idée aussi. Son papa, en revanche, à eu comme réplique lors du cadeau "vous allez faire de mon fils un pédé avec vos trucs". Bon. Ca n'a pas empeché mon neveu de jouer avec. Aujourd'hui, hui, il a 8 ans, il joue au foot, créé des cavernes secrètes dans sa chambre pour des dinosaures imaginaires et imite très bien le pirate. Bref, tout est "rentré dans l'ordre"...

  10. ultimehallu ; oui c'est pou cela que j'étais un peu étonnée dans les coms du précédent article de voir sans cesse revenir le sujet "des parents". un enfant est produit d'une société, de l'école, des parents bien sûr, mais aussi des copains, de la télé, d'internet etc.

  11. J'entends et je lis souvent que c'est plus simple d'élever les garçons dans l'anti-sexisme que les filles. Eh ben, je ne suis pas d'accord du tout. Parce qu'il est très facile (enfin façon de parler) d'élever une fille dans l'idée qu'elle à le droit à tout : aux jupes et aux pantalons, au bleu et au rose, à la poupée et aux mécanos, à regarder les Winx et à lire Astérix, à faire du judo et de la danse.
    C'est beaucoup plus compliqué avec un garçon : mon fils aime le rose mais sa petite sœur lui hurle que ce n'est que pour les filles (je la reprends à chaque fois mais impossible de l'en faire démordre), il a fait de la danse dans un atelier à l'école mais il n'était que 2 garçons pour 12 filles et il était moqué par les copains (la question "Maman c'est quoi une tapette?" par un Loulou de 7 ans à la sortie de l'école, elle donne envie de le retirer du monde à vie. Mais on le fait pas bien sûr). C'est un grand sensible qui, pour la St Valentin, a offert à son amoureuse une lettre et une rose. À l’école. Devant tout le monde. À 9 ans. Je n’ai pas pu m’empêcher de le prévenir qu’il risquait d’être moqué. Il y a réfléchi et a assumé, j’étais super fière de lui mais hyper inquiète de la sortie de l’école. Il s’est fait moquer un peu. Mais avait le menton haut quand même (et l’amoureuse à apprécié ouf !).
    Bref, tout ça pour dire que finalement, aujourd’hui, nos sociétés interdisent beaucoup de choses aux garçons. Et ces interdictions sont frustrantes. Donc génératrices de violence.

  12. Et de sa personnalité propre!
    Un enfant n'est pas un produit mais un être humain. Il se forgera ses opinions, sa personnalité en fonction de tous ces paramètres.
    Finalement est-ce que l'éducation ne devrait pas se baser sur les outils pour appréhender ces informations avec sa propre sensibilité plutôt que ce qu'il doit faire pour s'intégrer? Sur le deuxième point on se gourre toujours:
    - exemple ton précédent article
    - bloque la société dans un schéma bi-partie le rose pour les filles et le bleu pour les garçons
    - on en oublie totalement le principal intéréssé l'enfant

    Bon je vais m'arréter, désolée j'ai l'impression de prendre un peu d'avance sur ton prochain sujet ^^

  13. je suis un peu déçue je l'avoue que ce billet ne soit pas autant relayé et commenté que celui d'hier. tous nos beaux donneurs de leçons (qui en plus m'accusaient d'être misandres) sont étrangement indifférents à ce que subissent les hommes et que nous dénonçons ici.

    il est très difficile de se constrauire en tant qu'homme dans une société patriarcale. sortir du rang c'est - et non je ne caricature pas - la mort ; il suffit de regarder les agressions homophobes et transphobes.

    ton fils a l'air d'avoir un sacré courage : bravo à lui :) ))

  14. Sur l'éducation, j'ai énormément à dire ! Parce que, plus ça va, plus je réalise que l'influence des parents est très loin d'être la seule dans la vie de nos enfants. Et qu'on a beau faire, on a beau être soi-même anti stéréotype (rôles traditionnels quasi-inversés dans mon couple pendant les 5 premières années des enfants par exemple), eh ben les stéréotypes trouvent quand même leurs chemins. Et c'est hyper frustrant.

  15. @Lily je crois que ce qui irrite mon mari c'est 1. le bruit (un pleur par essence est irritant pour l'adulte qui est "programmé" pour avoir envie de le faire cesser -je schématise bien sûr) et 2. la non verbalisation (l'enfant pleure et chouine au lieu d'exposer son problème et donc de permettre une solution...). Donc pas sûre que ce serait différent pour une fille même si purement hypothétique pour nous (2 fils).

    @valerie oui bien sûr il faut en parler, expliquer etc. Mais ça reste un gros travail au quotidien, y compris sur nous-mêmes.

    Et moi je trouve l'influence de la collectivité (garderie, école...) très forte. Depuis qu'il va à l'école mon aîné a des idées beaucoup + arrêtées sur ce qui est pour les filles et ce qui est pour les garçons. Il s'est mis à détester le rose (alors que son père porte des chemises roses) par ex : "j'aime pas le rose c'est pour les filles". Je ne sais pas par contre si c'est 1. la faute des adultes à l'école (instits etc) 2. la faute des autres parents (j'imagine que mon mari et moi sommes plutôt plus sensibilisés à ces problématiques que la moyenne) 3. les enfants par eux-mêmes ou 4. une combinaison des 3...

  16. Oui l'influence de la collectivité est très importante. Et des bouquins (même quand on fait gaffe à ceux qu'on choisit. Mais dur d'échapper systématiquement à Martine Petite Maman qu'une grand-mère finit par offrir). Des catalogues de jouets. Des dessins animés avec lesquels on finit par trouver des arrangements avec sa conscience (ok, les Winx parlent de fringues et de leurs amoureux mais elles sont puissantes et n'ont pas besoin des mecs alors je peux les laisser regarder ?...). Et bien sur des discours des copains dont les parents sont parfaitement satisfaits avec les stéréotypes.

  17. Si nous les filles avons "le droit", justifié par les inégalités flagrantes, de gueuler un coup, il est assez mal vu en général, me semble-t-il, pour un homme de revendiquer à son tour... et pourtant, je revendique le droit pour mon fils de rester ultra-sensible et d'être à ce titre la coqueluche des filles, parce qu'il n'a rien de la caricature "petit garçon = dur à cuire". Est-ce parce qu'il est entouré de deux soeurs? Est-ce parce que nous prônons avant tout la gentillesse, le respect de l'autre? Ou est-ce simplement parce qu'être le Moelleux (cuit autour, fondant dedans), c'est être lui, et puis c'est tout?
    Moi je suis ultra fière de sa douceur, qui à mes yeux n'est nullement sexuée. "Tu seras TOI, mon fils."

  18. Bravo pour ce post! Tout à fait d'accord avec toi, et tout à fait d'accord sur le fait que le rôle social des hommes est moins remis en question que celui des femmes. Sûrement parce que dans l'ensemble "ça les dérange moins", voulant dire par là que leur genre est plutôt confortable comparé au nôtre. Je grossis les choses bien sûr, car comme tu le soulignes, les hommes sont aussi victimes de violences et sont soumis la pression de ne pas se comporter "comme un pédé". Sur le plan professionnel, certain(e)s sociologues parlent de "plancher de verre" comme contrainte imposée aux hommes de devoir privilégier vie professionnelle au d´triment de vie personnelle. A ce propos, voir le billet (tordant) "Père au foyer. C'est pour les gonzesses?" de Till the cat http://www.tillthecat.com/2012/02/pere-au-foyer-cest-pour-les-gonzesses/
    Ah, et tout à fait d'accord sur l'influence de la collectivité. Maman d'une fillett d'1 an et demi passionnée par ses 2 poupons offerts par ses 2 mamies respectives...Je compense comme je peux : pas de barbie; on évite de s'habiller QUE en rose et mauve; pas de vernis sur les ongles même si maman le fait; et chaque fois que le papa s'extasie sur la beauté/mignonnerie de la fillette, maman s'empresse de louer son intelligence et sa sympathie. On essaye aussi de stimuler "prise de risque" physique (une fille aussi peut être casse-cou. Bref, je me suis étendue! Vaste sujet. Hâte de lire ton prochain post!

  19. comme Marion j'aime bien le péambule.

  20. et la suite ? :p

  21. j'ai vu le documentaire miss-representation (pour les anglophones voici le site : http://www.missrepresentation.org/

    A un moment, un homme explique en effet à quel point l'education des garçons est mutilante (en particulier pour ce qui concerne les émotions).
    Hors, couper un homme de ses émotions, c'est briser aussi sa capacité d'empathie.
    Partant de là, il lui est plus "facile" - le mot et mal choisi, mais je ne trouve pas mieux - de devenir un agresseur (ou juste un enfoiré égoïste).

    Bref, améliorer la situation des femmes passe aussi par arrêter de bousiller les capacités émotionnelles des hommes.

  22. @Poule: Ah, d'accord, il va falloir qu'il apprenne à s'expliquer quand il pleure (blague à part, être ultra émotif, c'est un handicap, c'est très gênant de pleurer pour trois fois rien, une fois devenu plus grand).

    @Valérie: oui, j'ai l'impression que ce billet parle moins. Et pourtant, le combat est là aussi: le champ des possibles semble s'ouvrir pour les filles et pour certains hommes, mais l'hétéro de base est encore terriblement contraint. Il n'y a qu'à voir les choix vestimentaires.

  23. Analyse très juste - et qui déclenche effectivement fort peu la polémique, par rapport à l'article sur les femmes - peut-être parce que venir exprimer son ressenti fait parti des comportements non-admis pour "les hommes, les vrais" ?
    j'aurais des tas de choses à dire, mais comme je suis censée me remettre au boulot, je vais juste parler d'un point précis : l'habillement.
    En s'émancipant, les femmes ont gagné le droit de "porter la culotte", jusque là apanage des hommes, sans pour autant perdre celui de porter des jupes. Les hommes ont-ils pour autant gagné le droit de porter des jupes ? Non, à l'évidence (ou alors j'ai loupé un épisode dans les tendances actuelles de la mode...)
    Pourquoi ?
    Mon conjoint travaille cette année en petite section, et il se retrouve confronté à un problème inédit... Comme il passe toutes ses journées accroupi pour être à la hauteur des enfants, tous ses pantalons sont en train de craquer à l'entrejambe ! Il est le premier à dire que ce serait bien plus pratique de porter une jupe ! Mais socialement et professionnellement, ce serait un suicide. Pour un morceau de tissu...
    Voilà, si on veut vraiment créer l'égalité, ça ne peut se jouer qu'en changeant de regard sur l'ensemble des individus, hommes et femmes !
    (Ah si, une deuxième chose : à ce sujet, je conseille "woman on the edge of time" de Marge piercy - une utopie écrite dans les années 70, et qui va très loin dans la réflexion "faire de l'homme l'égal de la femme")
    PS : Merci pour votre blog, que je viens de découvrir !

  24. Pour ce qui est de la jupe, Jean Paul Gauthier avait tenté de lancé la jupe pour homme il y a quelques années...Lors d'un défilé de mode. Il a aussi lancé pas mal d'accessoires de maquillage pour homme au design sobre (genre anti-cernes ressemblant à un stylo)... Autant le maquillage ,n'a pas (trop)mal été accepté, autant la jupe... On a entendu dire dire sur totues les chaînes à quel point c'était ridicule! Sans une fois se dire que si c'est ridicule pour l'homme, pourquoi ça ne l'est pas pour la femme?

    Il est en effet dommage que ce poste sucite moins de réactions que l'autre post. Peut être parce que dans l'imaginaire collectif on a tendance à penser "l'homme a déjà tout, que peut_il avoir de plus? La femme la pauvre... Il y a tant à faire!"

  25. en fait si on ne change pas la place dans la société de l'homme, celle de la femme est vouée à ne pas changer.
    si on continue par exemple à considérer qu'un vrai homme ne s'occupe pas de ses enfants, la femme en sera forcément toujours en charge.
    on pourrait d'ailleurs parler de la place des hommes face aux tous jeunes enfants ; le conjoint de camichka en tant qu'homme a sans doute du faire sa place.

  26. On parle souvent des femmes qui ne peuvant pas accéder à certains postes parce que ce sont des femmes. Mais qu'en est-il des hommes? Je ne suis pas sûre qu'il y est beaucoup d'hommes en école de puériculture...
    Il est tout de même incroyable qu'il y ai encore des "métiers d'homme" et des "métiers de femme". Ce qui est d'autant plus intéressant c'est quand on voit que ces notions changent en fonction des périodes.
    Exemple il y a quelques dizaines d'années le professorat était essentiellement masculin même dans les petites classes. Maintenant c'est l'inverse.

  27. Les individus de sexe masculin sont effectivement, tout autant que les femmes, enfermés par la société dans des rôles et comportements normatifs, auxquels il leur est difficile d'échapper, et il est louable de le rappeler.

  28. Ah oui.

    La culture, ou plutôt les cultures. Bien des cultures, voire toutes (que ce soitles "civilisées" ou les "primitives", et voyez dans ces guillemets l'ironie de ces adjectifs à mes yeux), l'homme se doit d'être fort. C'est probablement un reste des chasseurs cueilleurs où l'homme doit rapporter de la nourriture pendant que la femme s'occupe du foyer (et c'est encore souvent le cas chez les chasseurs cueilleurs). Le chasseur efficace est le fort, le puissant... Du coup, c'est resté. Probablement parce que pendant des millénaires, c'est le plus puissant qui domine. C'est un peu moins le cas actuellement (enfin la puissance n'est ni physique ni millitaires, enfin dans certains pays) mais...

    Pourquoi lier ça au sexe ? Là j'ai deux suppositions, qui valent ce qu'elles valent, et si vous avez de quoi démontrer leurs stupidité, ça me fera ni chaud ni froid.

    D'abord le rôle de la testostérone est établi dans la libido et l'agressivité, donc il est possible que chez certains hommes peu agressifs, la libido soit également moindre (mais non nulle hein, de plus il se s'agit pas d'une règle mathématique), ce qui, si ça se remarque va évoluer en remarque sur le sexe (ce qui est logique quand on parle de libido)

    L'autre étant simplement que n'ayant pas éduqués les filles de la même façon, si quelqu'un n'est pas un "homme", il est, autant que possible, une femme. Du coup...

    Maintenant, est-ce un bon modèle ? Je ne sais pas, il faudrait voir ce que donnent d'autre modèles sur le long terme (200 ans au moins) mais je ne suis pas sûr que nous ayons de tels modèles.
    Simplement, ça rend la vie plus "simple" que pour les femmes je pense... Mais avec un risque de dérapage plus important (ce qui occasionne des drames).

  29. Chez les chasseurs cueilleurs, la femme chasse, ramène le gibier et cueille.
    la seule différence qu'on note est dans l'utilisation d'outils ; les femmes utilisent en général des armes ne perçant pas (voir Alain Testart sur le sujet). par exemple chez les inuits qui chassent, la femme chasse tout comme l'homme mais elle a un gourdin pendant qu'il a un harpon.

    "D’abord le rôle de la testostérone est établi dans la libido et l’agressivité"
    non il n'est pas établi. http://www.gender.org.uk/about/06encrn/63_aggrs.htm

  30. il y a quelques semaines, j'étais en vacances et Arte a diffusé tout un tas de reportages sur des tribus africaines proches des chasseurs cueilleurs.

    elles correspondaient à ce que j'ai dit.

    http://www.lanutrition.fr/les-news/affaire-dsk-testosterone-et-agressivite-du-male-dominant.html
    http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/05/03/01008-20080503ARTFIG00023-tradersquand-la-testosterone-s-en-mele-.php

  31. Olivier : je ne suis pas agressif mais j'ai de la libido, j'ai bon quand même ?
    Je sais que les expériences personnelles des commentateurs ont une importance toute relative, mais quand même, je n'ai pas peur de dire que cette "injonction" à être fort m'a conduit au bord du gouffre… et que c’est l’approche genre, travaillée dans un cadre professionnel en parallèle, qui quelque part m’a « sauvé »… en prenant conscience du conditionnement (pas d’éducation machiste pourtant), en acceptant mes faiblesses, en les travaillant, en me les réappropriant pour les contrôler… Si je ne l’avais pas fait, je pense que je serai tombé dans le gouffre, mais tout raide, avec une illusion de force, comme une pierre lourde, solide, mais qui se serait quand même fracassée tout en bas. Je sens paradoxalement que je suis plus fort aujourd’hui – au sens de plus « stable » - car je me connais mieux et ne me berce pas d’illusions, en tout cas débarrassé des injonctions de la pseudo virilité. Et je vous garantis que c’est vachement agréable de ne plus faire de cinéma avec les filles, au travail, etc… !

  32. Au delà de tout ce qui a été évoqué dans ce fil, on peut aussi ajouter le prix que paient les jeunes hommes pour rentrer dans le moule hyperviriliste en terme de conduites à risques, d'addictions : accidents de voiture/scooter parce qu'il faut faire le kéké ou qu'on ne peut pas ne pas boire... les chiffres d'accidentologie sont clairement genrés.

    @ Olivier :mais quand en finira-t-on avec le mythe de bobonne épussette sa caverne/case pendant que mnosieur va chasser le mamouth. Dans ceraines sociétés de chasseurs/ceuilleurs, la cueillette est à l'origine de plus de 70 % de la nouriture, mais seule la nourriture chassée est valorisée. Il es t plus idiot de penser que dans des sociétés ou la nourriture est peu abondante, on laisse 50 % de la population ne pas participer à son obtention.
    Val, c'est très intéressant, cette hsitoire d'objets contondants/tranchants

  33. Je pense comme Xenomorphe (pseudo intéressant, par ailleurs ;) ), que le modèle tel qu'il existe impose une pression supplémentaire sur les hommes: pression de la performance, prise en charge de la relation de couple, ...
    S'il est déjà néfaste dans les périodes de vaches grasses, dans les périodes plus compliquées économiquement ou autre, il ne peut renvoyer les hommes qu'à leurs échecs (incapable de nourrir sa famille, de maintenir un rôle,...).

  34. @Anneszt: Même si je trouve ça bien de pouvoir avoir le choix, pour les hommes aussi, de passer plus de temps avec les enfants, inverser le schéma n'est pas suffisant. Si la dépendance économique s'inverse, ou le partage des tâches ménagères, ce n'est pas une amélioration, selon moi.

  35. Bien sur qu'on met plein de conneries dans la tête des petits garcons, mais comme toujours, quand on rentre dans le concret et qu'on essaie de faire autrement, ca devient très compliqué
    Désolé mais je vais prendre un exemple personnel, mes parents ont divorcés tôt, ma mère, pas par antisexisme mais plus par manque d'argent et pour me pousser à lire des livres, m'interdisait de regarder regarder le club dorothée, d'avoir des armes en plastique, un vélo, des jouets batman, tortue ninja ou que sais-je. Cool non ? Non. Parce que au final, dans la cour de récré j'étais le seul qui ne jouais ni au foot ni à la guerre, et ne pouvais même pas parler de l'épisode de dbz ou des chevaliers du zodiaque de la veille. Bilan des courses, j'étais condamné à être le plus gros associal marginal de l'école primaire, c'était très difficile à vivre, et j'en ressent encore les stigmates aujourd'hui.
    Alors si un jour j'ai un fils je ne sais pas si je reproduirais la même éducation sur lui. En fait je n'ai pas le moindre début de réponse à ce problème.

  36. @ Valérie : Oui, un homme en petite section, ça a un peu fait tiquer les parents au début... Ils pensaient qu'il allait effrayer les petits du simple fait qu'il était un homme... Et puis comme c'est quelqu'un de très calme, doux et sécurisant, ça s'est très bien passé, et les parents ont changé d'avis en voyant leurs petits aller à l'école avec le sourire et aller d'eux-mêmes faire un bisou au maître... Alors que moi qui suit une femme, je ne tiendrais pas 5 minutes avec une vingtaine de gosses de 2-3 ans, je préfère de loin mes lycéens...

  37. suis, pas suit... sinon ça fait pervers !

  38. @Olivier chez beaucoup d'espèces animales la femelle est plus grosse que le mâle (logique car c'est elle qui investit le plus dans la reproduction) ; les rares espèces où le mâle est plus gros (et chez l'homme ce n'est pas hyper marqué) sont celles où les mâles se battent entre eux pour accéder aux femelles et sont très polygynes (cf http://ethologie.unige.ch/etho1.10/par.date/2011.05.04.htm par exemple). La force n'est donc pas là pour chasser le mammouth mais pour éloigner les compétiteurs potentiels. Cependant chez l'humain cette différence de taille n'est en moyenne pas si marquée (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dimorphisme_sexuel) donc pas de déduction hâtive sur le caractère obligatoirement polygyne de l'humain par pitié... voir d'ailleurs ce billet intéressant d'Olympe http://blog.plafonddeverre.fr/post/Sexe-et-vitesse

  39. "si on continue par exemple à considérer qu’un vrai homme ne s’occupe pas de ses enfants, la femme en sera forcément toujours en charge." (Valérie)
    ça me semble un point fondamental.
    Pour beaucoup de gens, s'occuper des enfants est de l'ordre du maternage, et le paternage on ne sait même plus ce que c'est.
    Le maternage a été l'objet de beaucoup de questionnements et de progrès depuis le modèle patriarcal traditionnel, parallèlement à la redéfinition du rôle de la femme dans le couple et dans la société depuis les années 60 (même si en bien sûr pratique les vieux schémas restent encore extrêmement présents). Par contre pour ce qui est du paternage il n'y a pas l'équivalent de cette évolution, et ça manque.
    Je crois que ce manque joue beaucoup dans le fait que beaucoup de pères "modernes", qui ne souhaitent pas reproduire un schéma autoritaire du rôle de père, ne savent pas vivre leur paternage autrement que comme un "maternage au masculin". Et ceux qui ne s'y retrouvent pas vont tout simplement fuir leur rôle, être des pères absents, qui n'existent en tant qu'hommes qu'en dehors de leur foyer.
    Je crois qu'il est important de renouer avec l'idée qu'être "un vrai homme" suppose aussi d'avoir des qualités qui font potentiellement un bon père, sur des critères renouvelés de la même façon qu'a évolué le maternage.

  40. Il vient de me venir une envie en lisant cet article, c'est celle d'aller faire un gros câlin à ma grande sœur et lui dire "Merci !"

    Ma grande sœur, de sept ans mon ainée, a pas mal joué à la poupée avec moi. Je veux dire avec moi comme poupée. Y compris en me revêtant de vêtements féminins. On a encore les photos. Ce faisant je crois qu'elle a détruit mon Phallus. En tout cas elle y a contribué.

    Je me souviens distinctement, et du visage, et du nom, de la camarade de classe avec laquelle j'ai eu une discussion à propos du statut des filles et des garçons. Nous avions huit ou neuf ans. Elle disait que c'était normal que les garçons soient mieux considérés, vu qu'ils étaient plus forts. (à cet âge-là ?) Je trouvais la différence de statut très dérangeante intellectuellement. Oui, j'étais déjà un nerd à l'époque.

    J'en ai chié pendant des années, toute l'école primaire et le collège. La confrérie des hommes j'en ai été exclu dès le départ. Trop intello. Une de ces fameuses victimes de harcèlement entre élèves dont on a récemment feint de découvrir l'existence. Et d'ailleurs, un des plus grand regrets de ma grande sœur, elle me l'a dit, est de ne pas avoir pu être là pour me défendre, comme elle a défendu notre grand frère, d'un an son aîné, qui aurait pu subir un sort similaire au mien si elle n'avait pas mis des pains bien placés à des moments critiques. Elle sait que c'est irréaliste, mais elle aurait aimé pouvoir m'aider comme ça. Quand elle me l'a dit, je lui ai dit "Ne t'inquiète pas, je sais bien que si tu en avais eu l'occasion, tu leur aurais tous pété la gueule."

  41. Ah ouais, mon post précédent est un peu décousu. En tant qu'homme j'estime que ne pas être embarrassé par cette ânerie qu'est le Phallus est une excellente chose. C'est pour ça que j'ai envie de remercier ma sœur.

  42. Ca me rappelle le film "La domination masculine", notamment cet employé dans un rayon de jouets qui nous explique que "ben oui, pour les filles, on aura essentiellement des poupées, des jouets roses... et pour les garçons (c'est ce qu'ils aiment de toute façon), des action man".

    J'avoue, j'ai pas lu tous les commentaires, ça va peut-être être du redite, mais notre société est basée sur la violence. Partout. Quand on entend aujourd'hui que c'est de pire en pire, je réponds juste que c'est de plus en plus flagrant (surtout quand on essaie de trouver une autre voie).

    La violence appelle la violence. Il faut un agresseur et un agressé. Pour reprendre le billet précédent, un agresseur et une agressée paraît plus socialement admis. Ca commence dès le départ, la violence. Qui ne s'est jamais fait crier dessus, qui n'a jamais été nié dans ses émotions (colère pour les filles, tristesse ou peur pour les garçons) ?

    Aujourd'hui encore, un homme est quelqu'un de fort ! Seulement la force, à mon sens, a besoin d'être dosée. La puissance sans la maîtrise n'est qu'agression, violence.

    Comment faire comprendre qu'on n'est pas "un pédé", même si l'on est respectueux, avenant, sensible, doux ?
    Comment faire comprendre qu'on n'est pas "une femmelette" si on a peur et qu'on n'en a pas honte ?
    Etre un homme aujourd'hui, c'est "toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort", même si malheureusement cet esprit s'empreint de compétition, acharnée et sans concession. Ca rejoint l'esprit de cette société où tu t'élèveras aussi haut que tu forceras à laisser les autres en bas.

    Une autre voie est possible ? Sûrement. A chacun d'entre nous d'accepter que l'homme et la femme ont chacun une part de féminin et de masculin en eux, que nous vivons dans un équilibre (donc toujours soumis à des variations) entre ces deux parts.
    A chacun d'accepter qu'un enfant peut aller chercher ce qu'il y a en lui de féminin ou de masculin, sans pour autant que ça lui colle à la peau toute sa vie (poupées vs. petites voitures). En conditionnant nos enfants dès le départ à cette brutale séparation du féminin et du masculin, on auto-entretient ce phénomène, voire on l'amplifie doucement...

    Chacun de nous a sa part, et c'est encore une chose qu'il nous faut difficilement accepter...

  43. olivier ; est ce que tu peux comprendre qu'un "reportage d'arte" n'est pas équivalent aux travaux d'un anthropologue qui a passé sa vie à travailler le sujet ? peut on aussi souligner que la comparaison entre des ethnies africaines et des groupes préhistoriques est de suite nulle et non avenue ? considérerais tu par hasard qu'il n'y a eu aucune évolution pendant plusieurs milliers d'années pour ces ethnies là ?

    sur le reste. il serait formidable de comprendre qu'un lien du figaro n'est pas une étude mais bref.
    si tu relis le dit article tu liras "un lien de cause à effet ne peut être établi". et oui. parce qu'en fait en matière hormonale on patauge complètement. On ne sait pas si un évènement fait monter un taux ou si c'est le taux qui monte à cause de l'évènement.
    dans l'article qu'est ce qui est important. on leur a pris leur taux la semaine où tombaient d'importantes stats.
    on ne sait donc pas si
    - le taux monte et fait qu'ils produisent de meilleurs résultats
    - il y a une période critique (les stats qui tombent) et cela fait que leur taux monte.

    " Non, s'empressent de dire les deux chercheurs, car le lien de cause à effet n'est pas établi"

    deuxième lien.
    "les mâles de rang social élevé ont tendance à avoir des taux de testostérone plus élevés que les mâles de rang social inférieur."
    aca sort d'où ca ? et quel homme de "rang social élevé" a accepté qu'on calcule son taux hormonal ?

    "Elles sont contraintes par l’environnement de réduire ainsi leur réactivité, explique Jean-Louis Gariépy université de Caroline Du Nord (Chapel Hill), car le dominant ne supporte rien, pas le moindre couinement !"
    c'est un propos pour le moins curieux pour un éthologue. un dominant ne resterait pas dominant très longtemps s'il ne supportait pas le moindre couinement puisque leur communication est fondée entre autres sur ce genre de bruit. supposer que la domination animale se fonde sur la dictature et l'injustice est faire de l'anthropomorphisme.

  44. Salut,
    Pour ceux qui douteraient de l'influence de l'éducation sur nos comportements en tant que filles/femmes ou garçons/hommes, je leur conseille d'arrêter de baver n'importe quoi à propos des "hormones" et de plutôt se mettre à lire. Par exemple cette étude "filles et garçons à l'école maternelle" de leila acherar. Comment on est conditionnés dès la petite-enfance c'est impressionnant; d'ailleurs n'est-ce pas déjà sexiste d'appeler ça une école "maternelle"? Bref.

    En tant que biologiste et spécialiste de la reproduction, je peux affirmer tranquillement que tout ce qu'on raconte sur la nature mâââle et la nature femelle et les hormones qui poussent les hommes à violer et les femmes à être infirmière plutôt que chirurgiennes, c'est de la foutaise et ça n'a absolument rien de scientifique. Aucune étude n'est jamais allée dans ce sens.

    Sinon cet article rejoint assez mon dernier article car j'aborde aussi le sujet des hommes et de leur obligation à incarner toujours le mâle puissant et viril, sous peine d'être écrasés à leur tour, comme le sont les femmes. ( http://lesquestionscomposent.fr/les-hommes-face-a-la-peur-de-lechec-dans-les-relations-de-seduction/ ) Cet article aussi a suscité très peu de commentaires par rapport à ce que j'écris habituellement, on dirait que c'est un sujet qui n'intéresse pas les gens. Pourtant tous les mecs le savent, pas facile d'être un homme un vrai, surtout que c'est une obligation quand on est né avec une paire de couilles.
    Certes, une paire de couille fabrique de la testostérone. Maintenant j'aimerais bien qu'on arrête de dire n'importe quoi sur les hormones. avant c'était dieu et ses anges, maintenant c'est la nature et ses hormones. La biologie est une science, pas une religion.

  45. "Aucune étude n’est jamais allée dans ce sens."
    Vous êtes un chouïa optimiste, ou vous faites un raccourci (démarche vulgarisatrice bien compréhensible). Des études allant dans ce sens, il y en a eu plein, et elles ont toutes été démontées par PLUS de science.

    Mais soit, je comprends que vous vouliez dire "Aucune étude allant dans se sens n'a survécu à l'examen tatillon de la communauté scientifique"

  46. En tout cas pas récemment.

  47. Ce que je voulais dire, c'est que les études qui vont soi-disant dans ce sens ne prouvent pas ce que les gens croient que ça prouve.

    Par exemple on a prouvé que les hommes et les femmes avaient une façon différente de se servir de leur cerveau. On en a conclu hâtivement que c'était des différences innées, génétiques, que les hommes et les femmes sont naturellement différents à cause de la préhistoire et de la chasse au mammouth... En fait ça veut simplement dire que le cerveau ne fonctionne pas de la même façon selon la façon dont on est éduqué et la façon dont on s'en sert. Le cerveau évolue constamment. Une étude a montré que les végétaliens avaient des réactions neuronales différentes des végétariens, eux meme différents des omnivores. Pourtant le végétarisme n'est pas génétique que je sache.

    On peut aussi prouver que tel homme a plus d'hormones que tel autre, ça prouve juste que les hormones c'est quelque chose qui réagit beaucoup à l'environnement.

  48. Ah bah vous voyez, quand vous développez c'est tout de suite plus intéressant. Et en dehors du fait que je suis taquin, je suis d'accord avec vous.

  49. merci de tes précisions l'elfe et bienvenue.

  50. L'éternel problème des sciences humaines : difficile, voire impossible, d'isoler complètement les facteurs que l'on veut examiner.

  51. Une question très naïve : on n'éduque plus les enfants à se penser uniques?

    J'ai été élevée dans les années 70, par des parents plutôt éclairés mais pas vraiment féministes, et on entendait rarement parler "des filles" et "des garçons". Le discours majoritaire tout autour de moi était que chaque individu est unique, avec ses qualités, ses défauts, sa propre personnalité. Je crois que cette manière de voir formait des personnes plus ouvertes qu'aujourd'hui où le marketing ambiant nie l'individu pour le coller dans des "cibles" plus globales.

    Je conseillerais volontiers un truc aux parents d'enfants "originaux", aussi :
    Petite, j'ai très souvent été chambrée parce que mon père tricotait et que j'en étais très fière donc le clamait sur tous les toits.
    Le 1er jour, je suis rentrée en larmes de l'école,"papaaaaa, à l'école les autres ils ont dit que tu étais un pédéééé". Il m'a regardée droit dans les yeux, m'a souri, et m'a dit "si on te redit encore une chose comme ça, tu les regardes de haut et tu leur dis "au moins, mon père, il est intéressant, lui".".

    Ben ça m'a servi toute ma vie.
    Assumer sa singularité, son point de vue original, son statut d'électron libre, sa non-conformité aux normes, c'est un plaisir de gourmet. Et ça attire des gens plus intelligents autour de soi, ce n'est pas à des féministes que je l'apprendrai ;-)

  52. J'ai lu tous les commentaires, mais je ne promets pas de ne pas faire de redites.
    D'abord, je joins ma voix au choeur pour dire que les normes sexistes, si elles pèsent particulièrement sur les femmes, sont aussi mutilantes pour les hommes.

    Ensuite, faire gaffe aux cadeaux qu'on offre, même si ce n'est qu'une petite partie du problème ... Moi-même, bien que féministe, je me suis retrouvée à acheter un costume de princesse à ma nièce et un truc du petit chimiste à mon neveu, parce que c'est ce dont ils avaient demandé. (Maintenant je fais autrement, mais je fais moins plaisir aux gamins).

    Et enfin, oui, "tu seras fort, mon fils" ... Mais aussi, "tu seras violée, ma fille", qu'entend un petit garçon, est-ce que ça ne l'incite pas à se penser comme un potentiel agresseur ? Quand on dit à sa soeur que "s'habiller comme ça ce n'est pas prudent", est-ce qu'on ne lui laisse pas entendre à lui qu'il aurait des pulsions incontrôlables que les femmes doivent ne pas exciter ? Est-ce qu'il ne se vit pas comme l'exception puisque pas agressif ? Beaucoup de mes amis hommes, sensibles, non violents, féministes, portent ce discours de "tu sais je connais les hommes, je sais ce qu'ils ont dans la tête" ... ce qui me laisse à chaque fois perplexe.

  53. Forcément, ayant commenté le post précédent, je suis un peu obligé de commenter celui là.

    J’ai eu la chance immense de naitre dans une famille dans laquelle on n’avait pas forcément besoin d’être le meilleur pour être accepté… Et heureusement, car la compétition m’a de tous temps fortement rebuté. Du plus loin que je me souvienne, être meilleur que les autres n’a jamais été un but pour moi, et n’a jamais été un problème pour mes parents. J’avais juste la volonté l’être « le meilleur possible », ce qui est largement différent.
    Je parle de ma famille, parce qu’effectivement, partout ailleurs, le discours dominant (ultra dominant, voire quasi exclusif) était totalement à l’opposé. Effectivement, un garçon jouant à la poupée ne peut être qu’un PD, un enfant qui pleure lorsqu’il s’arrache la moitié de la figure en tombant de vélo n’est qu’une femmelette, parce que « les hommes, ça pleure pas », un mec qui est capable de ne pas se battre quand on lui met une baffe est une pauvre merde, parce que « quand on est un homme, on ne se laisse pas faire ». Et merde ! quand tu fais du sport, il ne s’agit pas d’être bon, il faut être le meilleur ! Par contre, une fille qui, après s’être pris un gadin de première en patin à roulettes, se relève, part dans un éclat de rire et recommence de plus belle, alors elle, il faut l’envoyer vite chez un psy, parce qu’elle a forcément les hormones et le ciboulot qui déconnent. Et puis une fille qui fait du sport, ben c’est bien si elle arrive à faire deux trois trucs, mais c’est pas la peine de lui faire faire des compets. De toutes façons, les filles, c’est bien connu, comme ça sait pas se battre, ben c’est nul en compet (ben oui, forcément).
    Ben oui, c’est débile, mais c’était comme ça, du temps (lointain) ou j’étais enfant/ado.
    Ca a changé ! Oh, c’est pas flagrant. On habille toujours les garçons en bleu, les filles en rose, on offre toujours des pistolets de cowboys aux garçons, et des poupées Barbie aux filles. Ce qui a changé, c’est surtout le fait d’inculquer actuellement à ses enfants l’esprit de compétition à tout prix, et ce de façon de moins en moins différenciée entre les filles et les garçons. Au lieu de faire une moyenne entre l’éducation des filles et des garçons, et de garder ce qui est intéressant dans les deux cas, il semble qu’on tende de plus en plus à inculquer les valeurs les plus violentes autrefois réservées aux garçons aux enfants de tous les sexes
    Pour tout dire, ce changement ne me parait pas vraiment aller dans le bon sens. J’ai vaguement l’impression que l’on prend ce qu’il y a de pire dans l’éducation des garçons, pour en bourrer le crane des filles, qui, pour le coup, auraient largement pu s’en passer. S.V.P., dites-moi que j’ai tout faux !

    Quelques commentaires sur les commentaires ?

    @ La poule pondeuse| 9/03/12 | 12 h 02 min
    Au delà de cet exemple un peu caricatural, mon fils aîné est ultrasensible et pleure souvent et facilement. D’une part c’est pénible (en particulier pour son père qui supporte mal les pleurs) mais surtout devrions-nous lui apprendre à s’endurcir pour éviter d’être moqué et mis à l’écart par les autres enfants ? Je ne sais pas…
    Tu réponds à la question dans son énoncé même, lorsque tu considères ton fils comme ultrasensible sous prétexte qu’il pleure souvent et facilement. Ben désolé, mais ton fils, il n’est pas ultrasensible. Il est juste normalement sensible, et il exprime ses sentiments. Ça lui évitera de les transformer en névrose plus tard, et c’est peut-être pas plus mal. Et s’il se fait traiter de PD par ses congénères (ce qui ne manquera certainement pas d’arriver), il finira par se rendre compte que les dits congénères ne sont au final rien de plus que des cons moyens, pas plus surs d’eux qu’il ne l’est lui. Au final, le plus « viril » ne sera peut-être pas celui qu’on croit.

    @ valerie| 9/03/12 | 14 h 20 min
    Jusqu’à la préadolescence, il me semble qu’un enfant est surtout le reflet de ses parents, même si les influences extérieures sont loin d’être négligeables. Ce n’est que lorsque les parents cessent d’avoir forcément raison qu’il se construit réellement par « lui-même » (ou qu’il subit plus fortement les influences extérieures à la famille immédiate).

    @ valerie| 9/03/12 | 14 h 32 min
    Sortir du rang, c’est dangereux, c’est vrai. C’est probablement un peu plus dangereux pour les garçons que pour les filles, mais je ne suis pas vraiment sur que la différence soit si énorme. C’est vrai qu’un mec qui joue à la poupée risque fort de devenir l’objet de moqueries de la part de ses pairs masculins, mais d’un autre côté, une fille qui essaie de sortir de son rôle de « mini mère au foyer », et qui va préférer le meccano au poupon va bien souvent se faire jeter (et pas forcément de façon très diplomate) par la plupart des garçons, qui trouveront anormal qu’elle vienne jouer dans leurs plate bandes (parce que quand même, les filles, c’est trop bête pour jouer avec !).

    @ camichka | 9/03/12 | 15 h 47 min
    peut-être parce que venir exprimer son ressenti fait parti des comportements non-admis pour « les hommes, les vrais »
    Bien vu. Quant à la jupe masculine, il suffit de l’appeler kilt, de mettre un couteau dans la chaussette, et tout de suite, ça devient beaucoup plus viril… Bon, cela dit, j’ai pas osé me pointer comme ça au boulot (ce qui ne veut pas dire que je ne me paierai pas ce luxe un de ces jours).Le seule truc, c’est que si on se met à porter des jupes, nous, les hommes, il faudra aussi qu’on s’occupe de rendre nos jambes présentables. Ca, franchement, ca fait ch…

    @ valerie| 9/03/12 | 16 h 45 min
    non il n’est pas établi. http://www.gender.org.uk/about/06encrn/63_aggrs.htm
    Ne prend surtout pas ça pour une agression, mais ça sort d’où, ces pages internet ? Il n’y a aucune signature, et bien que je n’ai pas parcouru l’intégralité des réf. Bibliographiques, je ne peux pas dire que je suis convaincu par leur pertinence.

    @ Schmorgluck | 10/03/12 | 7 h 17 min
    « J’en ai chié pendant des années, toute l’école primaire et le collège. La confrérie des hommes j’en ai été exclu dès le départ. »
    Loool. Bienvenu au club. Le problème, c’est que bien souvent, exclu de la confrérie des hommes, tu l’es aussi du champ de vision des femmes, et ça, quand t’es ado, c’est tout de suite beaucoup moins drôle.

    @ Ben | 10/03/12 | 10 h 30 min
    « Comment faire comprendre qu’on n’est pas « un pédé », même si l’on est respectueux, avenant, sensible, doux ? »
    La bonne question, c’est POURQUOI faire comprendre qu’on est pas un PD ? Une femme qui te suivra (volontairement) dans ton lit finira très probablement par s’en apercevoir sans que tu aies besoin de le crier sur les toits. Et les mecs qui sont persuadés que tu en es un … Franchement, t’as tellement de temps à perdre pour tenter de leur expliquer ?

    @ l'elfe| 11/03/12 | 6 h 54 min
    En fait ça veut simplement dire que le cerveau ne fonctionne pas de la même façon selon la façon dont on est éduqué et la façon dont on s’en sert
    Une étude sérieuse privilégie cette explication par rapport à la précédente ? Etant scientifique, ce serait bien d’avoir une analyse scientifique, donc totalement neutre des connaissances, non ? Pour affirmer une telle hypothèse, il y a une étude qui la prouve, ou une autre étude qui dément catégoriquement toute autre espèce d’explication, nous sommes d’accord ?

    @ zelda| 13/03/12 | 10 h 26 min
    je me suis retrouvée à acheter un costume de princesse à ma nièce et un truc du petit chimiste à mon neveu
    J’ai eu le même type de problème avec mes nièces, alors je leur ai fabriqué des cerf volants, lol.

  54. rigel : l'auteur est Jed Bland. sinon tu peux te procurer le sc et avenir de février, je crois, qui dit peu ou prou la même chose.
    "Une étude sérieuse privilégie cette explication par rapport à la précédente " mêmes sources (j'ai écrit un article dessus si tu veux chercher). tu peux chercher les travaux de Catherine Vidal qui est neurobiologiste.

    zelda ; en effet beaucoup de gens - hommes féministes compris - tendent à voir les hommes comme des bites à pattes pleines de pulsions (et là on se fait une image mentale). ca existe sans doute pourquoi autant d'hommes arrivent ici en disant que je suis anti mecs. sauf qu'ils n'ont pas compris que c'est le patriarcat qui véhicule cette image détestable des hommes. pas moi.

  55. [...] Tu seras fort mon fils | Crêpe Georgette [...]

  56. @Valérie

    Je n'ai trouvé aucune info sur cette personne, aucun CV, rien, à part des contributions au site gender.co.uk, ce qui est un peu léger, question références scientifiques. Tu sais ou je peux trouver quelque chose ?

  57. "
    (j’ai écrit un article dessus si tu veux chercher)
    "

    Euh, je veux bien, mais t'as vu la taille de ton blog ? J'en ai pour des jours entiers à rechercher un article sans avoir le moindre indice sur son titre ou son classement dans ton site.

  58. Après avoir commenté ton billet "Tu seras violée, ma fille", je découvre ce billet là. Je dois dire qu'il va complètement dans le sens du post scriptum à mon premier commentaire et je partage tout à fait ton avis.
    Vraiment, il y a des choses à lire ici qui sont d'une belle valeur intellectuelle.

  59. Je n'ai pas le tps de rebondir sur les propos. Je m'y accorde généralement et j'avoue, honteusement, que l'article précédent a suscité plus de réaction en moi. Je conteste juste la direction implicitement préconisée pour l'éducation : la vie est cool, le monde est cool, soyons tous amis et compréhensifs.

    Je suis là avant tout pour remercier Valérie d'avoir pris la peine de se pencher sur les 2 genres. Son discours ne s'en trouve que plus (mais alors beacoup plus) légitime/fiable.
    Cet effort aurait été impensable d'une blogueuse il y a 2-3 ans. A l'époque où j'étais con par nature et maudit de pulsions sexuelles...

    Bonne continuation et encore merci !

  60. De mon commentaire précédente, il ne faut retenir que les remerciements !
    Eh oui, j'ai parlé trop vite :p

    J'ai parlé sans lire l'article suivant auquel je surhadère. Notamment pck il y est question d'arts martiaux, de pudeur et de tempérence. Et donc, finalement, de responsabilité et de conscience du rôle que l'on joue dans chaque situation : des valeurs auxquelles je crois fortement !

    Double Bravo, alors !!

  61. [...] Tu seras fort mon fils home • contact • blog • fb • twitter to experience pearltrees activate javascript. [...]

  62. [...] Tu seras fort mon fils Détruire la virilité Homophobie, sexisme et délit de féminité Qu’est-ce que le privilège masculin ? Virilité et violence [...]

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