juin 252013
 

J'ai récemment demandé sur twitter qui avait déjà été "peloté" (je n'aime pas cette expression qui minore la réalité mais elle est bien comprise par tous et toutes) par un-e inconnu-e dans un espace public. J'ai eu énormément de réponses, par twits, DM et emails et nous allons tenter de les analyser. J'emploierai le terme "peloter" dans le texte car c'est avec ce terme que la question a été posée et certain-e-s peuvent souhaiter en conserver la symbolique pour des raisons qui leur appartiennent.
Il ne s'agit évidemment pas de culpabiliser ou d'établir qu'il y a de bonnes réactions face à ce type de comportements.

21 hommes ont témoigné avoir été pelotés. Trois l'ont été par des femmes. Dans 10 des cas, ils n'ont pas réagi car ils ont été "surpris". C'est le mot qui revient le plus dans les témoignages masculins ; ils n'auraient pas pu penser que cela pouvait leur arriver. Les autres ont réagi soit verbalement soit physiquement. la plupart des réactions ont été verbales ; la réaction la plus physique a été un coup de boule. Un seul homme a confié avoir eu "peur". Je ne sais pas si d'autres ont éprouvé cette sensation mais n'ont pas osé me la confier.

123 femmes ont témoignées avoir été pelotées dans l'espace public. 33 ont réagi, 90 n'ont pas réagi et ont eu "peur", ont été "surprises", ont été "sidérées". Le motif de surprise chez les femmes s'exprime de manière différente que chez les hommes ; les femmes mettent plus en avant qu'elles ont douté de ce qu'elles ressentaient. Étaient-elles bien touchées ? Allait-on les croire si elles s'énervaient ? Allaient-elles viser la bonne personne ? N'était ce pas accidentel ?
Celles qui ont réagi l'ont fait de trois manières différentes :
- en changeant de place
- en criant contre l'agresseur
- en frappant l'agresseur (la réponse la plus physique a été de lui saisir les parties génitales).
Plusieurs de celles qui ont réagit ont dit qu'elles ne réagissaient pas il y a quelques années. Il est à noter que si, de manière générale, les hommes n'ont subi qu'une seule agression, les femmes en ont connu en général plusieurs.

Dans certains cas, la réaction des gens autour a été favorable ; ils ont sorti l'agresseur du métro. Dans d'autres cas, plus nombreux, l'agression a été minorée ("vous exagérez"), niée (cas d'un vieil homme qui a été jugé inoffensif par les témoins) (autre cas où l'agressée a été jugée aguicheuse) (autres cas où les réactions ont été jugées disproportionnées et hystériques).

Une twitta a souhaité m'envoyer par mail l'expérience théâtrale menée dans un tram. La voici.

Une comédienne, en mini jupe, se fait toucher les fesses par un comédien dans un tram. Elle le dit de façon haute et intelligible, il nie puis lui dit qu'elle la bien cherché. Elle lui dit de descendre du tram. Comme personne ne réagit, 3 autres personnes complices sont chargées de tenter de faire intervenir les gens. Aucune réaction jusqu'au moment où elle le gifle où on signale à la personne agressée qu'elle n'aurait pas du le gifler. Quand une complice demande à l'"agresseur" de sortir du tram, quelqu'un intervient pour leur dire de baisser le ton, qu'ils dérangent tout le monde. L'"agresseur" finit par descendre de lui même. L'"agressée" se met alors à pleurer et des femmes se moquent d'elle en disant qu'elle est hystérique. Un homme vient alors lui expliquer qu'elle doit tout oublier et que cela n'est pas si grave.

Il me semble extrêmement important de noter plusieurs choses : je m'appuierai ici sur des réflexions de kriss_dek qui m'a énormément aidée à réfléchir sur certaines situations.
- il existe extrêmement peu de femmes  qui n'ont pas vécu une telle situation
- la majorité des femmes ne réagit pas à cause d'une peur paralysante (nous sommes éduquées à peu réagir et dans la peur panique face au viol) ou parce qu'elle n'a pas confiance dans ce qu'elle ressent.
- Les regards extérieurs ont, également, peu confiance dans ce que peuvent dire les femmes. On le voit dans certains cas d'agression racontés au dessus, les femmes ont vu nier leur agression, ce qui entraîne une réaction somme toute logique où l'on se dit qu'on a exagéré, que peut-être même on débloque un peu. Est ce si grave, n'est-on pas en train de se comporter comme une hystérique. Comme le dit Kriss "La crainte du déni par autrui se transforme en déni tout court et pour soi-même ! "

Se posent lors d'une agression, pour beaucoup de femmes les questions suivantes :
"- a-t-on la certitude de ce qui s'est passé exactement ?
- est-on sûre de savoir qui est le fautif ?
- a-t-on la *preuve* (puisque malgré les témoins, on pourrait me traiter de menteuse !) irréfutable d'un "cas grave" et qui sera bien perçu comme tel par tout le monde en général et notre entourage en particulier.

Si cela n'est pas le cas, beaucoup de femmes ne diront rien.
La situation, injuste au départ, le devient encore davantage ; l'agresseur ne sera jamais puni, il a un sentiment d'impunité totale et il est probable qu'il recommencera. La personne agressée  n'aura aucune réparation et il est probable que, si elle en parle, cela sera vu comme un impondérable de la vie en société. Cela sera parfois même minoré, moqué ou nié.

Des ressources (toujours fournies par Kriss)
I Was Groped on the Subway (des policiers chargés d'enquêter sur des pickpockets dans le metro ont fini par s'intéresser aux peloteurs).
Différents liens expliquant les mécanismes qui se mettent en place.
Une video de Violence & Silence: Jackson Katz (en appuyant sur cc vous avez les sous-titres en anglais). Nous en parlerons dans un prochain article, elle mérite, je pense, un article entier.

 

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  35 réponses sur “L’agression sexuelle dans les lieux publics : vos réactions”

  1. Ca me rappelle une interview de Marjane Satrapi, l'auteure de Persepolis qui racontait son étonnement face à la réaction des passagers du metro lorsqu'elle avait agrippé les mains d'un peloteur du metro qu'elle lui avait crié dessus : c'est elle qui fut regardée comme une hystero. Alors qu'en Iran le peloteur se serait virer manu militari d métro par les autres passagers.

    Sinon, je me suis fais mettre des mains aux fesses en vélo par des scooters qui passaient, et pas qu'une fois... Et la quand tu gueules pareil, c'est toi la tarée.

  2. Je n'ai pas vu passer ta question.
    Mais il m'est arrivé d’être peloté par une fille un soir.
    J'étais en train de faire de la magie dans une boite de nuit lorsque l'une des filles assises à la table face à moi m'a mis ostensiblement la main entre les jambes.
    L’expérience n'a pas beaucoup plu à ma compagne qui assistait à la scène.
    J'avoue que j'étais trop surpris pour vraiment réagir.
    D'autant que j'étais occupé à finir le tour de magie assez technique au milieu duquel je me trouvais...
    J'ai donc simplement fini avant de passer à une autre table. (voilà donc mes cinq centimes ajoutées à la discussion)

  3. http://diglee.com/interlude-gerbant/

    Une version dessinée...
    Mince, je pensais pas que les mecs pouvaient l'expérimenter aussi. Moins souvent, certes, mais bon.

    La réaction des gens c'est moche :(

  4. 'tin, c'est dommage... tu as râté une occasion de parler du bouquin d'Irène Zeillinger ("Non, c'est non") et des cours d'autodéfense féministe.
    Peut-être parce que tu es une féministe en carton, pas vraiment là pour proposer des solutions... juste là pour étaler sa confiture...

  5. Pour raconter toute l'histoire je devais avoir 22-23 ans.J'etait debout dans le metro bondé et la je sent un truc sur ma fesse droite. Au départ je me disais que c’était pas ce que je croyais, vu le monde dans la ligne 13. Au bout d'une bonne minute, je me dit qu'il n'y a plus d’ambiguïté possible : On me pelote!!!
    Je me retourne et je décoche une droite dans la tête d'un vieux , le monde s'écarte, il tombe. Il a la soixantaine. Et la une mégère commence a m'engueuler en me disant "mais ya vraiment plus de respect des anciens!!!!".
    Je lui répond que je ne me ferai pas violer par respect des anciens....

    Par contre j'ai toujours cru qu'elle avait gueulé parce qu'elle n'avait rien vu..

  6. Je regrette de n'avoir pas vu passer ton appel à témoignage, parce que j'aurais pu en raconter des kilomètres... :/
    A chaque fois ce fut soit en plein jour, soit dans une rue très passante et éclairée s'il faisait nuit, à chaque fois le mec / le groupe de mecs (parce qu'il font ça à plusieurs ouais) s'est senti drôle/sexy/légitime dans son acte non consenti, à chaque fois les gens autour ont fait mine qu'il ne se passait absolument rien.

    Et à chaque fois, il m'a fallu des mois pour oublier la sensation sur mon corps, même si la vie continue, même si je ne me suis pas laissée faire, même si j'ai crié, même si je leur ai tapé dessus. J'ai toujours l'impression que leurs mains, cuisses ou bouches quand ils vont plus loin laissent une trace collante sur mon corps.

    PS : pour les idiots qui croient encore que c'est la faute de la fille qui est trop sexy ou si ou ça : je suis masculine/androgyne dans mon look et je ne porte jamais de décolleté. Oui je sais me défendre. Et non, le consentement, ce n'est pas surfait. è_é

  7. Je regrette aussi de ne pas avoir vu cet appel plus tôt.. Surtout que j'ai encore une aventure récente qui me reste en travers..

    Je me souviens avoir été pelotée en étant soulevée par la foule pendant un concert récemment. Je ne voulais pas, j'ai supplié l'ami à qui je me raccrochais de me reposer au sol. J'ai senti deux mains m'empoigner la poitrine. A force de me débattre, on m'a lâchée et on m'a reposée au sol. J'étais abasourdie, vraiment. Quelques instants plus tard, un homme est passé derrière moi, et a laissé sa main parcourir mes hanches.
    Quand j'en ai parlé aux garçons qui m'accompagnaient, l'un d'eux m'a dit "c'est bon fait pas ta traumatisée, fallait t'y attendre c'est des choses qui arrivent".
    J'avais rien demandé. Vraiment rien.
    Et j'ai pas pu m'empêcher de me demander pourquoi cet événement, qui semblait si "normal et bête" pour d'autre, pouvait me révolter et me répugner comme ça.
    Rien que d'y penser j'en ai la nausée.

  8. [...] L’agression sexuelle dans les lieux publics : vos réactions Je suis à Montparnasse, mon gros sac sur le dos, avec ma farde remplie de gravures. [...]

  9. Je regrette aussi de ne pas l'avoir vu, j'en ai un joli paquet - et je suis désolée si cet étalage n'apporte pas grand-chose, mais voilà mes histoires :
    à mon premier concert, je dansais (bon je sautais) dans la foule au milieu de la fosse, et je sens un truc contre ma fesse... il me faut trois pleines secondes pour me rendre compte que le type derrière moi (qui doit avoir comme moi 16 ans) a mis son bras entier dans mon jean, dans mon sous vêtement, et a essayé de me pénétrer avec son doigt. Je me suis écartée rapidement, trop sonnée pour réagir, mais je me souviendrai toujours de sa tête (il regardait en direction de la scène, le regard vide). Quand je l'ai raconté aux copains qui m'accompagnaient, je n'ai eu presque aucune réaction. Je pense qu'ils n'ont pas bien saisi la chose ou qu'ils ont cru que j'exagérais parce que ce n'était pas possible.
    Ma soeur s'est retrouvée seule dans une rame de métro avec un mec qui a sorti son pénis et s'est mis à se toucher devant elle. Elle était tétanisée. Il ne s'est "rien passé" d'autre mais elle n'en a pas dormi plusieurs jours. (une amie à qui c'est arrivé a éclaté de rire. le mec est parti, vexé.)
    Dans le métro :
    - j'étais assise, un vieux a frotté son pénis contre mon épaule suffisamment de fois pour que je comprenne que c'était intentionnel. Je n'ai rien dit.
    - assis à côté de moi, un homme d'une quarantaine d'années a fait glisser sa main sous ma cuisse jusqu'à (encore une fois) ce que je sois certaine que c'était intentionnel, j'ai donc dit très fort "non mais ça va pas la tête?" et il est sorti du wagon. Les gens nous regardaient mais personne n'a rien dit.
    - J'étais sur un escalator dans une station, trois mecs d'une vingtaine d'années de tenaient sur l'escalator d'à côté, je ne les avais même pas remarqués. Au moment où l'on s'est croisés, l'un d'eux s'est jeté en travers pour essayer de m'attraper la tête et m'embrasser. Il a raté, ils se sont marrés.
    - Un type d'une cinquantaine d'années face à moi dans le métro, se met à discuter, puis il met son genou entre les miens et n'arrêtait pas de les faire se toucher. Comme nous avions jusque là une discussion "normale" (pluie et beau temps) je n'osais pas l'interrompre pour lui dire d'arrêter. J'avais peur qu'il me fasse passer pour folle. Puis il se met à me poser des questions intimes, je lui signale clairement que je refuse de continuer la discussion, je sors un livre. Je n'ose pas changer de place car j'ai peur que ça le rendre agressif. Il insiste puis me dit qu'il a "un flingue". Je suis sonnée, je ne sais pas s'il me menace. Je continue de dire que je suis désolée mais je refuse de discuter ("désolée" !). Il y a des gens autour qui entendent tout mais ne disent rien depuis le début. Il finit par se lever et va parler à une autre fille, plus loin. Là, le couple près de moi me demande si "ça va". Je suis énervée qu'ils n'aient rien dit avant, je suis chamboulée, et très perturbée parce que je ne veux pas qu'il effraie aussi l'autre jeune fille, alors je le surveille de loin mais je n'ose pas aller voir l'autre fille. Elle descend, il reste. Je descends, il me suit jusque dans la rue. J'appelle mon copain en disant très fort que je ne serai pas seule dans une minute. Au bout de qqs rues il change de direction. Je ne sais pas s'il me suivait ou si c'était un hasard, mais j'ai rarement eu aussi peur.
    - Et une dizaine de fois j'ai senti une main sur mes fesses quand on est serrés à 80 dans une rame à l'heure de pointe. Attention : je ne compte que les fois où j'ai fini par être quasi certaine que c'était intentionnel (car répété, appuyé), sans pour autant oser réagir - car encore une fois j'ai peur que cela se retourne contre moi, ce qui me semble inévitable vu la situation. Au max, je pousse un immense soupir. Ça attire l'attention des autres, et le "coupable" n'ose plus recommencer car ce ne sera plus discret.

    Je note que ce qui ressort de ce que j'écris, c'est d'une la peur de réagir tant que je ne suis pas absolument certaine de ce qui se passe (alors que je devrais pouvoir réagir parce que, fait exprès ou non, il devrait faire gaffe où il met ses mains, merde) et de deux la certitude que c'est moi qui vais me prendre la désapprobation publique - selon l'humeur du jour, je peux m'en foutre, mais il m'a fallu du temps.
    Et comme pour les agressions ou drague sauvage en pleine rue, je note qu'on n'ose pas se déplacer (c'est souvent le conseil facile post-événement : "t'avais qu'à bouger") parce qu'on se dit que ÇA, ça va les énerver.
    J'ai une amie dont la réaction est de sortir son portable et prendre le type en photo, qu'elle soit sûre ou non, elle s'en fout. Ça les fait flipper.

  10. Ca m'est arrivé à la faveur de grèves de métro, il y avait une foule hyper compacte. J'étais dos à la porte, et un mec est rentré en poussant un peu au moment où le signal retentissait.
    Au bout d'à peine quelques dizaines de secondes, j'ai senti une main qui passait par-devant moi pour me caresser l'entrejambe. Et je savais que c'était un gars, la quarantaine, chauve, qui était rentré derrière moi.
    J'ai eu un sentiment de honte parce que oui, mécaniquement, ça me faisait bander... et que je n'ai rien dit de suite. Il faut dire que personne ne pouvait bouger et que je portais une sacoche, j'avais les bras le long du corps et il était impossible de les remonter tellement on était serrés. Et je crois qui ça l'a presque encouragé.
    Dès la station suivante, quand les portes se sont ouverte, j'ai poussé du cul si fort qu'il s'est étalé au milieu des gens sur le quai qui attendaient de monter.
    Je crois que je lui ai hurlé un truc genre : "Dégage pervers, je choisis qui me tripote. La prochaine fois que je vois ta sale gueule, je te fais la peau".
    Il a fait genre le mec outré "mais qu'est-ce que c'est que ces menaces". Je lui ai dit que c'était pas des menaces mais "une promesse", et j'ai pris une photo de sa tronche avec mon smartphone dans la foulée (elle était floue mais il avait pas besoin de le savoir). Il s'est barré en mode penaud. Et les gens sont rentrés à nouveau dans le métro. J'ai dû continuer parce que je voulais pas être à la bourre et c'était déjà bien compliqué comme ça.
    Mais... j'ai senti sur moi des regards. Sur le coup j'avais le palpitant à fond les ballons, je ne sais pas si j'y ai fait attention. Je venais de menacer publiquement quelqu'un de mort et ça, ça pouvait me valoir des ennuis. Et les témoins, toute cette foule... m'ont regardé comme une poule tombant sur une tronçonneuse, pour ce que je m'en souviens.

  11. Je n'ai pas vu passer ton tweet non plus... C'est normal si ça ne m'étonne pas tout ça? Je crois que ça devrait.
    J'ai déjà eu ce genre de problèmes quelques fois, heureusement pour moi rien de plus agressifs. J'aime beaucoup quand tu cite Kriss: « La crainte du déni par autrui se transforme en déni tout court et pour soi-même ! ».
    Il y a des fois où je n'ai pas réagi à cause de ça...

  12. Y'a six ans je prenais le rer pour quelques arrêts, il est 20h30 je suis toute seule à l'étage de la rame.
    Quand un mec d'une cinquantaine d'années monte et s'installe dans le carré de siège juste à côté de moi, je sens son regard insistant mais fait mine d'être très concentrée à bouquiner, jusqu'au moment où je jette un petit coup d’œil et le vois pénis à l'air en train de se caresser.
    J'étais tellement choquée que je suis juste partie à la hâte.
    Je n'ai pu en parler qu'à une de mes amies qui s'est quant à elle retrouvée toute seule dans le métro à côté d'un mec qui a commencé à s'astiquer.

  13. Très bon billet ! ;) Oui, je m'envoie des fleurs aussi au passage ^_^ (Ravie, en tout cas, d'avoir pu y contribuer quelque peu.)

    Je pense que ces réflexions sont d'utilité publique.

    À chaque fois que l'on pose ce genre de question, même de façon informelle par le biais d'une micro-enquête, c'est par centaine(s) que les commentaires affluent. Rien que ce petit phénomène en dit long à propos du malaise actuel dans nos sociétés sur le sujet.

    Écrire ce type de billet, c'est déjà permettre à cette parole - celle de la victime d'agressions sexuelles dans les lieux publics - d'être libérée. Si, à chaque sondage, autant de personnes éprouvent le souhait / le devoir / le besoin de s'épancher, c'est que la possibilité de le faire auprès de ses proches est sans doute restreinte et/ou décevante. Et qu'il y a urgence devant la multiplicité des cas, la banalisation de la chose. Enfin, l'envie de voir enfin naître une mobilisation de masse.

    À travers tous ces témoignages émouvants, force est de constater (et déplorer) l'absence de compassion des témoins. Il en va malheureusement encore de même, et bien trop souvent, des proches auprès desquels les victimes viennent pourtant chercher un peu de réconfort. Je trouve consternant le nombre de jugements inutiles et nauséabonds de l'entourage. Je parle de toutes ces réactions qui commencent par "Moi, à ta place, j'aurais mieux géré…".

    Sachant pertinemment – au passage – que ces critiques non sollicitées masquent, dans la majorité des cas, une belle hypocrisie bien puante, tant nous pouvons être certain-e-s de retrouver, parmi les énonciateurs et énonciatrices de tels jugements, nos "bien gentils" témoins anonymes et apathiques du métro et autres lieux publics. Ils/elles en font forcément partie, puisque l'apathie est encore la norme dans l'espace public face à une agression sexuelle ! Sans oublier, bien sûr (comment les oublier ?!), tou-te-s ceux/celles qui n'osent prendre la parole que pour dire que la victime "dérange tout le monde" ! Mais, qui est capable de leur répondre que s'il fallait être dérangé par quelque chose, ne serait-ce pas plutôt par une société qui ne condamne pas ouvertement l'agresseur ? Et ce message serait-il même audible dans une société où l'on baigne encore dans la Culture du Viol ?!! Ah, le courage est une valeur que l'on n'encense plus assez apparemment !

    En parlant de courage, j'aime beaucoup cette initiative de "l’expérience théâtrale menée dans un tram". Un pas en direction de la reconnaissance par la société du préjudice subi ! Si seulement il y avait davantage d'initiatives de ce genre.

    Ce serait bien aussi qu'il y ait accessoirement (!!), une forme quelconque de réparation de ce préjudice. Et donc, afin d'atteindre ce but, que la sphère politique s'intéresse de plus près aux actions possibles, à l'instar de l'action des flics "en civil" dans les transports new-yorkais, où l'on semble avoir davantage intégré la notion que oui, peloter un-e inconnu-e c'est *grave*. Pourquoi pas en France ?! (N.B. Création d'emplois à temps plein assurée et pour le bien de tous !)

    Il y a également urgence dans le domaine de l'encadrement médical / psy en amont, comme en aval, des agressions. Quand deviendra-t-il prioritaire de se doter des moyens pour guérir durablement les peloteurs en tous genres de leurs maux, dont la faible estime de soi, et enfin porter atteinte à ce fléau ?

    Ce billet pousse à la réflexion. Pourquoi tant de victimes d'agressions sexuelles ne parlent pas, ne se rebellent pas contre leur agresseur ? Il me parait évident que cette absence de réaction de la victime se fait l'écho de l'absence de réactions des témoins de l'agression. Comment faire pour que les victimes osent se défendre ? Réfléchir, oser la remise en question de nos comportements à tous, lorsqu'il nous arrive malheureusement d'être témoins d'actes sexistes et se défaire du réflexe apathique ! Décider, en notre âme et conscience, de l'action positive, des efforts que nous déploierions la prochaine fois, en pareille circonstance.

    Kriss (@kriss_dek)

  14. Bonjour,
    Je viens mettre un petit mot ici, parce que twitter est quand meme un peu limite et ne fait pas forcement passer tout le message que l'on aimerait faire passer.

    Je ne temoigne pas en tant que victime, mais en tant qu'homme temoin d'agressions ( le pelotage etant pour moi une agression )

    J'ai deux fois ete temoin de telles agressions ou les victimes,(femmes les deux fois) etaient tetanisees pas la peur.

    Ayant vu le pervers agir je les ai a chaque fois engueule tres fort et les ai fait sortir a la station suivante.

    Il me semble que ce types ne peuvent se sentir "forts" qu'en aggressant des personnes qu'ils jugent plus faibles. Ils savent qu'ils vont provoquer deux reactions possibles de la part de leurs victimes : Soit l'immobilisation totale due a l'etonnement et surtout la peur, soit une reaction de la victime, et dans ce cas, apres avoir humilie physiquement, ils vont humilier la victime encore plus en l'insultant, essayant de lui faire perdre toute confiance. Et dans notre systeme patriarcal, ils savent qu'il y a peu de chance que les gens autours reagissent.

    Ceux qui agissent ainsi sont donc, au mieux des beta-males. Ce qui veut dire que si un autre mec arrive qui, lui, joue l'alpha-male, l'agresseur se soumet.

    Malheureusement le mal est fait. Dans les deux cas j'ai demande si les victimes voulaient porter plainte et ont dit que non.

    Maintenant, lorsque les victimes se defendent elles-meme, ce dont j'ai ete plus souvent temoin, je me suis toujours arranger pour faire comprendre que j'etais la en support, soit en demandant si ca allait, soit en me levant ou m'approchant assez pour faire comprendre que j'etais pret a agir.

    Il faut dire que les deux cas ou j'ai du agir se sont passes il y longtemps, lorsque j'etais dans ma periode Goth dure, tout en noir, bijoux, bagues de partout et maquille de maniere a cote de la quelle Marilyn Manson a l'air d'un enfant de coeur : L'apparence a certainement joue a calmer les agresseurs.

    Par contre, j'ai toujours de la peine a comprendre pourquoi personne ne reagis.

    J'essaye de comprendre qu'ils ont tous peur et que cette peur ( instrument de l'oppresseur ) les empeche de reagir. Mais moins on reagit, plus ces agressions vont augmenter.

    J'ai surtout encore plus de peine a comprendre qui sont ces gens : Dans les cas que j'ai vu, ils ont tous l'apparence de mecs normaux, qu'on pourrait croiser n'importe ou dans la rue, au magasin, au boulot ...

    La seule chose que je peut faire c'est de parler aux mecs de mon entourage, selon mon point de vue et leur faire comprendre pourquoi ce genre d'aggressions est innaceptable et pourquoi il faut reagir.

    Et il y a du boulot ...

  15. Sur la non réaction des témoins en cas de pelotage, il faut aussi prendre en compte la psychologie des foules et le fait qu'en général, quelque soit la situation d'urgence, il y a une dilution de la responsabilité chez les témoins qui fait qu'au final personne ne réagit.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_du_t%C3%A9moin

    Je pense qu'il s'agit plus de ce phénomène-là qu'une acceptation générale des agressions sexuelles.

    Lors des cours d'auto-défense, une des choses qu'on apprend, c'est précisément les techniques pour inciter les témoins à réagir. Le truc consiste à interpeller individuellement certains témoins. Ex: "Vous, monsieur avec le pantalon rouge, appelez les secours; vous, madame avec la veste verte, aidez-vous à me dégager des mains de cet importun."

  16. @Valérie : la grande révélation de ces commentaires c'est que personne ne voit passer test tweets ;-)

  17. @Mwana Muke :

    Oui, il est évident que le phénomène de "diffusion de la responsabilité" existe et que nous sommes souvent confronté-e-s à ce malheureux "effet du témoin ou du spectateur". Néanmoins, il ne faudrait pas pour autant occulter un autre phénomène en présence, plus important encore : la "culture du viol" ambiante dans nos sociétés.

    Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette phrase : "Je pense qu'il s'agit plus de ce phénomène-là qu'une acceptation générale des agressions sexuelles.". Ou du moins, je pense qu'elle gagnerait à être nuancée.

    En effet :

    - si "l'effet du témoin" est si important dans le cas d'agressions sexuelles, même parfois lorsqu'il y a danger pour l'intégrité physique de la victime, c'est précisément parce que chez beaucoup on est encore dans le "ce n'est pas si grave", à savoir le déni. Ce n'est par exemple pas comparable au cas d'une tentative de meurtre parce que là, la question ne se pose pas, à moins d'être soi-même psychopathe ! *Tout le monde* sait, s'agissant du meurtre, que "c'est grave"... On ne peut vraiment pas mettre ça, à mon avis, sur le même plan que les agressions sexuelles, parce qu'il s'avère que, sur ce sujet-là en revanche, il y a encore des gens pour se demander si c'est grave, jusqu'au point d'inhiber la réaction de la victime (comme Valérie le souligne d'ailleurs très bien dans son billet) !

    - dans le contexte du "pelotage" et autres formes de sexisme dans les lieux publics, il y a une absence effarante d'implication perso ! Or, on nous dit ceci, que je copie/colle du lien Wiki sur l'effet du témoin : "« si l'effet spectateur apparaît bien dans le cadre du contrôle social lorsque les individus ne sont pas impliqués dans ce qui arrive, dès lors qu'ils se sentent impliqués plus fortement dans la situation, la prise de décision d'intervenir n'est plus inhibée par les autres témoins ». De plus, l'implication personnelle des individus dans la situation est plus forte lorsque le sujet déviant est seul que lorsqu'il est accompagné d'une personne."... et on sait que dans la grande majorité des cas, le peloteur agit seul...; pourtant, en dépit de ce fait, pas grand monde pour réagir ! C'est dire si nous sommes face à un phénomène allant beaucoup plus loin qu'un simple "effet du témoin" classique...

    Il y a tant de témoignages qui illustrent le contexte social tout particulier des agressions sexuelles, dont d'ailleurs celui, ici-même, de Cherrycoke, qui évoque en tant que victime la crainte de "la désapprobation publique"… ça va donc bien plus loin que l' "effet du témoin" ! Le malaise est palpable !

    Je pense qu'il n'a pas été dit qu'il y aurait une "acceptation générale des agressions sexuelles". Ce n'est pas en ces termes que j'appréhenderais la complexité du phénomène. En revanche, je dirais plutôt que les témoins *cautionnent* (bien souvent malgré eux) : il est certain que le fait que les gens ne ressentent pas plus que ça d'implication personnelle est alarmant et emporte immanquablement absence d'empathie patente face à la souffrance de la victime de sexisme … et du coup, inaction et réelle apathie. Que de symptômes justement de la maladie qu'on nomme "Culture du Viol" est qui est encore si prégnante dans nos vies quotidiennes ! La si forte manifestation de l'effet du témoin dans le cas précis du sexisme, ainsi que les (bien trop) nombreuses réactions négatives et de stigmatisation de la victime, sont alarmants et disent quelque chose de nos sociétés.

    Le lien Wiki sur l'effet du témoin mentionne en conclusion "le fait d'informer et de sensibiliser le public sur le phénomène permet de promouvoir des réponses d'aides plus responsables"... C'est précisément ce que tente Valérie, je trouve, avec son billet ! Le sujet c'est la *responsabilisation* de tous. Pas d'excuse !

    Au passage, c'est également le propos de J. Katz dans la vidéo "Violence & Silence" (en lien dans le billet de Valérie). Sachant que l' "effet du témoin" se dit "BYSTANDER effect" en anglais, nous sommes en plein dans sa thèse principale = de l'importance du "bystander approach", extrêmement bien explicitée par Katz je trouve dans ce TED talk ! Enjoy! :)

  18. @kriss,
    Loin de moi l'idée de nier la culture du viol que Valérie a d'ailleurs très bien décrite dans ses articles précédants. Mais de mon point de vue, dans le cas du pelotage dans l'espace public, la culture du viol se manifeste par:
    - le droit que s'octroient les hommes qui pelotent des femmes, en sachant qu'ils ne risquent rien
    - le silence et la paralysie des femmes victimes de ces hommes. J'y ajoute la honte, similaire aux viol, qui explique aussi le fait que les femmes restent silencieuses sur ce type d'agression, exactement comme elles taisent leur viol.

    Par contre, j'ai du mal à considérer que la non réaction des témoins relève de la culture du viol. Dans la psychologie des foules, il y a des cas de meurtre, des cas de jeunes enfants en danger de mort, et d'autres situations similaires où les témoins n'ont pas réagit. Ce sont d'ailleurs ces exemples qui ont poussé les chercheurs en science sociale à étudier ces phénomènes. De ces cas, les dénis et la dissolution des responsabilités sont exactement les mêmes que pour les cas d'agression sexuelle.

    Quand tu dis "« « si l’effet spectateur apparaît bien dans le cadre du contrôle social lorsque les individus ne sont pas impliqués dans ce qui arrive, dès lors qu’ils se sentent impliqués plus fortement dans la situation, la prise de décision d’intervenir n’est plus inhibée par les autres témoins ». De plus, l’implication personnelle des individus dans la situation est plus forte lorsque le sujet déviant est seul que lorsqu’il est accompagné d’une personne. »… et on sait que dans la grande majorité des cas, le peloteur agit seul…; pourtant, en dépit de ce fait, pas grand monde pour réagir ! C’est dire si nous sommes face à un phénomène allant beaucoup plus loin qu’un simple « effet du témoin » classique… "

    Si justement, on est en plein de l'effet du témoin classique. L'agresseur n'est par définition pas témoin mais acteur, donc la théorie ne s'applique pas à lui. Plus la foule est importante (et c'est généralement le cas dans les transports en commun bondés où ont lieu les pelotages), plus les témoins seront inhibés et ne réagiront pas. Après les chercheurs ont découvert des variantes où par exemple les gens réagissaient plus facilement lorsqu'ils connaissaient d'autres témoins, lorsqu'ils connaissaient la théorie de l'effet témoin etc.

    Quant à la vidéo de Katz, je ne suis pas convaincue du fait qu'il parle explicitement de l'effet du témoin dans une foule anonyme. Il me semble qu'il parle plus de situation où les hommes peuvent être témoin de sexisme dans leur entourage (au boulot, dasn un club de sport, etc).

  19. SIDERATION

    Ado, 16 ans. Je sors de réunion et je vais à mon entraînement de boxe française. Je suis un jeune militant gauchiste, il y a 3 ans j’étais dans la rue, sur les barricades. La veille encore, combats de rue contre le meeting d’Ordre nouveau. Comme beaucoup de ma génération, l’usage de la violence pour se défendre, pour combattre, ne nous est pas inconnu. Elle est légitime… Toujours et immédiatement riposter est un peu notre credo.

    Métro bondé, je me case au fond, le dos contre la porte donnant sur la voie.

    Imperceptible au départ, inconcevable, incompréhensible, il me faut quelques instants pour prendre conscience de ce qui m’arrive, de ce que l’on me fait, de ce qu’IL me fait. Une main s’est insérée entre mes cuisses, me caresse l’entrejambe, des doigts ouvrent ma braguette, s’insinuent, se glissent sous mon slip et me saisissent presque tranquillement mais avec fermeté, en toute impunité.

    Et je suis là comme figé, encore sous le coup de ce qui m’arrive, essayant de comprendre la situation, de comprendre l’incroyable, l’incompréhensible, l’inconcevable, l’inacceptable. Cette intrusion m’est insupportable, douloureuse, humiliante; et moi, le militant actif, celui qui rend coup pour coup aux fachos, qui n’est jamais le dernier à se jeter dans la mêlée contre nos ennemis, moi je suis comme vidé, sans force, sans voix, sans vie, incapable de réagir.

    L’individu n’est pas spécialement imposant, il me suffirait de le pousser d’un coup avec les mains, de le bousculer, simplement de le contourner pour m’engager vers la sortie… et rien. Les stations défilent, la mienne passe et je ne bronche pas, je ne dis rien pour me dégager et descendre. Je suis comme désarmé, incapable de rassembler mes idées, pire je ne pense qu’à une seule chose, "pourvu que personne ne s’en aperçoive et que tout ça finisse vite." IL finit pas arrêter et descendre. Je reste le dos à la porte et laisse passer 2-3 stations avant d’en faire autant.

    Vidé, éreinté. cassé. Rentrer vite, retrouver mes repères, me doucher, n’en parler jamais… Et la honte, le dégoût pourquoi moi, qu’ai-je en moi qui a permis cette chose, pourquoi n’ai-je pas réagi, moi ???! Pourquoi et comment cette passivité ? Comment ai-je pu renoncer à mon statut d’être libre, autonome, maître de son destin, de sa vie, de son corps ? Je ne me reconnais plus, je suis en colère contre moi, je me méprise même.

    Il y a 40 ans, et pourtant, parfois je le ressens encore comme hier. Toutes ces sensations, cette violence, cet auto dénigrement je les ai maintes fois rencontrés dans mes activités militantes et professionnelles contre les violences faites aux femmes. Car ce que j’ai vécu, subi, est le quotidien de milliers de femmes, hier comme aujourd’hui.

    Alors quand j’entends des réflexions indécentes et stupides "mais pourquoi elle a pas crié", "pourquoi elle s’est pas débattue", "ah moi je me laisserais pas faire" (hé oui des femmes aussi), je bondis : mais tais-toi donc, tu ne sais pas ce dont tu parles, tu ne sais pas ce qu’est la sidération, il faut l’avoir vécue dans sa chair et je ne te le souhaite pas…

    Bertrand

  20. @Mwana Muke :

    Oui, ce que tu décris à propos de la culture du viol dans ton 1er paragraphe est exact.

    Cette énumération est néanmoins loin d'être exhaustive.

    Par exemple, s'il est absolument exact que les peloteurs ne sont que trop conscients du faible risque d'avoir à répondre de leurs actes d'une manière ou d'une autre (et encore plus faible encore d'avoir à réparer le préjudice infligé à la victime), il y a souvent – et chez l'agresseur même – d'autres symptômes de la culture du viol. En effet, un peloteur ou tout-e auteur-e d'actes de sexisme a intégré les codes du système patriarcal dans lequel il ou elle aura baigné toute sa vie et a intériorisé un certain nombre de références misogynes, de références de la culture du viol. Ce qui fait que, déjà dans l'esprit de l'agresseur, la nature même de "préjudice" est minorée, voire niée dans le pire des cas. Ainsi, pour reprendre ton expression : "les hommes qui pelotent des femmes s'octroient ce droit", sachant (oui !) qu'ils ne risquent pas grand-chose, mais il y a en présence bien d'autres éléments que le facteur risque (et en l'occurrence la faiblesse de ce dernier).

    Comme le dit très justement Valérie dans son billet intitulé "Comprendre la culture du viol" : "Nous vivons dans des sociétés qui excusent, banalisent, normalisent, tolèrent le viol." Ayant lieu même pour un viol, ces réflexes de banalisation & co. se produisent d'autant plus facilement pour une "simple" (!) agression sexuelle. Le peloteur a internalisé ce discours au point de justifier pour lui-même le fait de passer à l'acte, dans une tentative de rationalisation (erronée s'entend) de son comportement. Pour résumer, non seulement le peloteur sait que le risque d'être vraiment "inquiété" est faible, mais il ne perçoit même pas, le plus souvent, le degré de gravité de son acte ! C'est aussi cela la culture du viol.

    Et cela ne s'arrête pas à l'agresseur. Ni même à l'ensemble formé par les agresseurs et leurs victimes. Cela touche toute la société, y compris donc les témoins des actes sexistes quotidiens, devenus hélas banals. De la même façon que l'auteur-e d'actes sexistes a intériorisé toute cette banalisation / normalisation ambiante et tutti quanti, les témoins de ces actes aussi ! Combien parmi les usagers du métro, témoins d'un pelotage, ne vont-ils pas, encore de nos jours (!), se formuler pour eux-mêmes une pensée du type "oh bah, ce n'est pas si grave…" et refouler la petite gêne ressentie sans prendre le temps de l'analyser ? Combien ne vont-ils pas reprocher à la victime – ne serait-ce que mentalement (lorsque ce n'est pas carrément exprimé à voix haute) –de "faire tout un cirque pour pas grand-chose finalement" ?! Malheureusement, on le sait, cette attitude est le lot de très nombreux témoins. Beaucoup trop nombreux. À l'image de la prégnance dans nos sociétés – toujours actuelle – de cette odieuse culture du viol.

    Lorsque la passivité du témoin est liée à ce type de pensées avant tout, ce n'est pas l' "effet du témoin" qui est à déplorer, mais bien la culture du viol. Tu confonds, me semble-t-il :

    1/ le fait de ne pas réagir lorsque l'on est témoin d'un acte que l'on reconnait soi-même comme étant grave (oui, comme je l'ai écrit dans mon commentaire précédent, cet "effet du témoin" existe bien aussi dans le cas d'agressions sexuelles, et paralyse tous ces témoins qui ne réagissent pas alors même qu'ils savent et ont parfaitement intégré que le pelotage est grave)

    et

    2/ le fait de ne pas réagir lorsque l'on est témoin d'un acte que l'on ne considère *pas* comme étant grave. (si un témoin ne considère pas le pelotage comme un acte grave, pourquoi et au nom de quoi réagirait-il ?)

    Or, ces impacts coexistent. Ainsi, lors d'une agression sexuelle, il y aura le plus souvent ces 3 différents types de facteurs majeurs en présence, menant tous 3 à l'inaction : a) culture du viol (on ne voit pas vraiment le problème) b) effet du témoin (diffusion de la responsabilité, appréhension de l'évaluation par autrui, influence sociale) et/ou c) peur de représailles de l'agresseur, si l'on a l'impression de venir défier ce dernier en apportant son aide à la victime. Chez de nombreux témoins, une combinaison de plusieurs de ces phénomènes est possible.

    Oui, les victimes d'agressions sexuelles en ont de la chance, elles(ils) ont droit au combo mix : [culture du viol] + [effet du témoin] + [peur des représailles] ! "Super !", pourrait se dire la victime, "tandis que celui-ci ne bouge pas parce qu'il ne voit pas trop le problème, celui-là ne bouge pas non plus parce qu'il a peur de représailles ; ah et celle-là, assise dans son coin, elle ne bouge pas parce que personne ne moufte et qu'elle ne voit pas pourquoi ce serait à elle de se bouger !" VDM, bonjour !

    Comme je le disais dans mon précédent commentaire, ce genre de pensée ("oh bah, ce n'est pas si grave…"), de déni concernant la gravité de l'acte n'existe pas pour le meurtre, ou d'ailleurs pour tout un tas d'autres crimes que chacun considère d'emblée comme étant grave. Pour l'agression sexuelle, en revanche, ce n'est hélas pas encore une évidence pour tout le monde. Énormément de personnes ignorent le retentissement psychologique d'un pelotage chez la victime.
    Oui, l' "effet du témoin" existe tant dans des cas de meurtres que dans des cas de viols ou d'agressions sexuelles. En revanche, le "a)" de mon paragraphe ci-avant (= "on ne voit pas vraiment le problème") n'existe tout simplement pas pour le meurtre, par exemple. S'agissant du meurtre, on voit bien sûr toujours le problème !

    Par ailleurs, je le répète, lorsque non contents de simplement détourner le regard ou "faire comme si de rien n'était", certains et oui certaines aussi, prennent la décision de réagir dans le sens d'une stigmatisation de la victime plutôt qu'une perte de statut pour l'agresseur (le comble !), il ne s'agit plus de l'effet du témoin et sa "diffusion de la responsabilité". Il n'y a même plus de notion de responsabilité chez ces témoins qui ne perçoivent pas adéquatement la gravité de l'acte sexiste, n'en conçoivent ni la portée du point de vue sociétal, ni les ravages chez les victimes. Je vais me répéter encore, mais la culture du viol fait que, pour beaucoup, l'agression sexuelle n'est pas vraiment reconnue en tant qu'agression, avec la pleine force du caractère répréhensible en découlant. Et dans ce cas de figure du témoin qui stigmatise la victime (qui, la plupart du temps, ne lui avait pourtant rien demandé au passage !), il n'y a pas non plus ni appréhension de l'évaluation des autres témoins, ni phénomène de l'influence sociale, tous deux constitutifs de l'effet du témoin. En effet, les témoins qui stigmatisent la victime osent réagir et donner leur point de vue nocif, même s'il n'avait pas été sollicité et se montrent fermes et confiants en leur conviction, ne semblent en aucune façon se préoccuper de ce que les autres personnes présentes peuvent penser de leur prise de position ! Ces comportements-là, n'ont aucun rapport avec l' "effet du témoin".

    Ensuite, s'agissant de la citation que tu reprends de mon commentaire, tu confonds ces 2 notions-ci je pense :

    - "plus le nombre de personnes qui assistent à une situation exigeant un secours est important, plus les chances que l’un d’entre eux décide d’apporter son aide sont faibles"
    (il est question ici, dans cette définition de l' "effet du témoin", du nombre de *témoins*)

    et

    - "l'implication personnelle des individus dans la situation est plus forte lorsque le sujet déviant est seul que lorsqu'il est accompagné d'une personne"
    (il est plutôt question ici du nombre d' *auteur(s)* de l'acte répréhensible, le "sujet déviant" étant l'agresseur ou peloteur hein! On analyse là le comportement des témoins face à 1 agresseur vs. face à des agresseurs)

    Le second point, celui que j'évoquais donc dans ce passage que tu cites à nouveau, fait partie de la section des "limites" à l'effet du témoin. En effet, comme expliqué sur Wikipédia, "cela confirme « l'influence modulatrice de l'implication personnelle sur l'effet spectateur dans le domaine du contrôle social ». Et, oh surprise ! (Oh Wait!)… on n'a pas ce phénomène de l' "implication personnelle" face au pelotage notamment, qui devrait normalement permettre, selon les chercheurs l'ayant étudié, de "réduire ou même inverser ce phénomène d'inhibition" dans l'effet du témoin. Pourquoi les gens ne se sentent-ils pas davantage *impliqués* ?? La culture du viol, te dis-je ! Il y a effet du témoin oui, mais il y a aussi culture du viol, laquelle entrave le phénomène d'implication personnelle qui, elle, aurait pu modérer ce fichu effet du témoin. C.Q.F.D. Le fait est que le peloteur (notre "sujet déviant" dans le cas qui nous occupe) agit le plus souvent *seul* dans les transports en commun. Plus rares sont les cas où le peloteur est accompagné d'une personne. Ainsi, nous dit-on dans ce cas, le phénomène d'implication personnelle devrait se manifester et venir modérer la paralysie induite par l'effet du témoin (d'autant que, tout seul face à des témoins – même s'ils n'étaient que 2 ou 3 témoins –, le peloteur ne devrait pas en mener large comme on dit, niveau représailles possibles). Or, il n'en est rien.

    Sinon, oui, tu as évidemment raison de souligner les bienfaits d'une information au sujet de l'existence de l'effet du témoin. Et sa vertu pédagogique indéniable. Il est prouvé, en effet, que les personnes ayant pris conscience de cet "effet du témoin" sont davantage capables que les autres de lutter contre ces réflexes nuisibles qui peuvent guetter chacun d'entre nous à un moment ou un autre.

    Enfin, le parallèle que je faisais avec la vidéo de J. Katz était expliqué dans la fin de mon paragraphe précédant son évocation, par ma phrase " Le sujet c'est la *responsabilisation* de tous". Comme le précise Valérie, ce sujet mérite un billet à part entière ! Je ne développerai donc que ce point : je souscris entièrement à cette approche, "bystander approach", que développe J. Katz (et qui peut s'appliquer à n'importe quel cas d'acte sexiste, du harcèlement de rue au viol en passant par les "blagues" sexistes ou les pelotages dans les transports en commun). Cela consiste à dire en gros que : si la culture du viol nous fait nous occuper – à tort – davantage de la victime (a-t-elle fait quelque chose pour provoquer le comportement de son agresseur ? etc. etc.) que de l'agresseur (qui est-il ? comment en est-il arrivé là ? quelle peine ou soins mérite-t-il ? comment éviter la récidive ?), c'est au niveau des témoins, qui sont beaucoup plus nombreux d'ailleurs, que l'on devrait s'attarder. Provoquer des prises de conscience au sujet de :

    1/ la culture du viol et son caractère néfaste pour tout le monde,

    puis 2/ la violence du silence du témoin, telle que ressentie par la victime, lorsqu'il n'y a eu aucune réaction pour lui venir en aide…

    … permet 1/l'éducation de ceux qui jusqu'alors n'avaient pas tout à fait compris et encore moins intériorisé la gravité des actes sexistes et 2/ chez ceux qui en ont déjà conscience, une forte hausse du phénomène évoqué ci-avant de l' "implication personnelle", qui – on l'a vu – agira en modératrice du fameux "effet du témoin". Jusqu'à ce qu'un beau jour, il y ait *toujours* quelqu'un pour réagir positivement parmi les témoins, dans chaque rame de métro où se produirait un malencontreux acte sexiste, et orienter la honte depuis les épaules de la victime vers celles de l'agresseur plutôt. Bien sûr, informer / éduquer à propos de l'existence même de l'effet du témoin serait évidemment aussi un facteur contributif important et efficace pour atteindre ce but. :)

  21. Salut,

    Je viens de me faire tripoter il y a 30 minutes par un mec dans la rue: j'étais à vélo, ils étaient 3 en voiture, se sont volontairement rapproché de moi, le mec coté passager à sorti sa main et m'a touché les fesses. Je n'ai pas réalisé les 3 premières secondes et ce choc passé, j'ai décidé de ne pas me laisser faire. Je les ai chopé au feu rouge, j'ai toqué à la vitre, je les ai incendié et le mec m'a dis un truc du genre "j'ai pas fait exprès"! La blague! Il assume même pas!!!!! Je ne sais plus ce que je lui ai dis tellement j'étais énervé, je n'ai pas été tendre avec lui et ses potes.

    Je suis fière de moi car je n'ai pas eu peur d'intervenir. Je voulais défendre "mon honneur". Même si cela m'a fait du bien, j'en suis encore toute tremblante. De quel droit peut on faire ça, comme ça, impunément...

    Ce n'est pas la première fois que je suis victime de ce genre de tripotage, mais à chaque fois je ressens une injustice terrible et un sentiment d'impuissance difficile à gérer.

    Je suis vénère! Et merci de nous permettre d'en parler ici.

    Audrey

  22. Bonjour,
    Je découvre tardivement cet appel.
    Comme tout le monde (c'est triste à écrire), plusieurs épisodes, dans le métro bondé, où l'on sent une main s'attarder de telle façon que ce ne peut pas être volontaire. Je me souviens notamment d'une fois où j'ai senti très nettement un homme se frotter à mes fesses, et où j'ai mis en doute ce que je ressentais, me disant que je me trompais, que cela ne pouvait pas être ça. Je me suis éloignée autant qu'un métro bondé le permet.
    Et un autre épisode. Etoile, à 19h30, après mon premier jour de stage comme élève-avocate. Un type, au détour d'un couloir, comme à me parler dans un mauvais anglais. C'est vulgaire et agressif. Je cherche pas à comprendre, je l'esquive. Il me suit sur le quai. S'approche de plus en plus, essaie de me toucher. Je flippe. Je me réfugie près d'un homme sur le quai. Le métro arrive: c'est la 6, dont les portes s'ouvrent des deux côtés à cette station. Je monte. L'homme auprès de qui je m'étais réfugiée tend le bras pour empêcher le peloteur de me suivre. L'autre force. Je me retrouve contre les strapontins, coincée, avec ce mec qui pose les mains sur mes seins et commence à descendre. Je suis sidérée, je ne bouge pas, je ne crie pas, rien. C'est tellement irréel, incompréhensible. Et là, un homme arrive et pousse mon agresseur sur le quai, par l'autre porte ouverte. Le type se rebiffe, essaie de remonter dans la rame. mes deux "sauveurs" se battent avec lui, l'un des deux a le poing en sang, l'autre engueule les autres passagers qui ne réagissent pas. Les portes se referment, on part. Je remercie ces deux hommes, une dame me fait m'asseoir, je pleure. Trois stations plus loin, une connaissance, élève avocat monte aussi. Je prends sur moi, pour avoir l'air calme, je lui dis juste qu'un mec vient d'être un peu lourd.
    J'étais hébergée par un ami en attendant de trouver un appart, je suis rentrée, je lui en ai parlé. J'ai pas dormi de la nuit. Puis j'ai regardé tout autour de moi, à Etoile, à chaque passage, terrorisée.
    Avec le recul, je m'en veux de ne pas avoir porté plainte. Je ne l'ai pas fait parce que je n'ai pas réalisé tout de suite que j'étais réellement agressée. Je suis docteur en droit, avocate, j'ai du caractère, mais je me suis juste dit que j'avais été embêtée par un gros lourd, la routine quoi.
    L'autre truc qui tourne encore dans ma tête, c'est mon impuissance, l'effet de cette sidération. Moi, qui m'affirme, qui réagit normalement, qui gueule, qui ne suit pas réputée pour ma passivité, je suis restée sans réagir. En partie je pense, comme le disait Bertrand plus haut, parce que c'était inconcevable, que je ne réalisais pas.

  23. *que ça ne peut pas NE PAS être volontaire.

    Lapsus, Freud, tout ça ^^

  24. [...] L’agression sexuelle dans les lieux publics : vos réactions J’ai récemment demandé sur twitter qui avait déjà été « peloté » (je n’aime pas cette expression qui minore la réalité mais elle est bien comprise par tous et toutes) par un-e inconnu-e dans un espace public. J’ai eu énormément de réponses, par twits, DM et emails et nous allons tenter de les analyser. J’emploierai le terme « peloter » dans le texte car c’est avec ce terme que la question a été posée et certain-e-s peuvent souhaiter en conserver la symbolique pour des raisons qui leur appartiennent. Il ne s’agit évidemment pas de culpabiliser ou d’établir qu’il y a de bonnes réactions face à ce type de comportements. 21 hommes ont témoigné avoir été pelotés. Trois l’ont été par des femmes. On a testé pour vous : le harcèlement J ’ai un truc qui me démange, sur la langue un goût étrange , comme une crampe à la phalange. Hey ! Oui je me plains tout le temps. sexisme ordinaire Viol, violences Genre et féminisme Harcèlement de rue Sexisme ordinaire/Féminisme au quotidien [+] Viol(ences), harcèlement another permis twitter Culture du viol / Rape Culture ordonne rape culture enjeu Trucs de gonzesses ! domination Harcèlement et sexisme ordinaire hollaback Harassment violent payback street Société violemment moitié mariage Brigands salim ancien sexisme sénateurs uterus Rape culture warning parler trigger Rape Culture / Slut-shaming / Harcèlement de rue prend parler A lire victime Féminisme hommes Genre, féminisme théorie towards Rape Culture augmentation sujet abjections Violences physiques (viols, agressions, maltraitances...) mythes embarrassed LGBT ukraine Féminisme femme domination Féminisme femmes féminisme amies culture du viol about genre/sexualite/etc gender hellgirl nathalie Définitions féministe milieu neurosces progressives model Violence et antiféminisme caporale Rape 2 women Rape Culture tired sister Féminisme viols droits Internet sciences Rape culture / viol ladydylan réels Feminisme vidéo Viol et Rape culture supporte coupables Représentations, culture niquée seras Viols seras rehtaeh Articles - feminism little représentations Divers Féminisme / Sexisme (1) parole société sexualité rising harassed culture assainir l'inconscient émotionnel mental humains temps Blog féministe plafond olympe Humanité histoire universelle designing Feminism sexisme rappels finally home • iPhone & iPad app • android app • contact • blog • facebook • twitter to experience pearltrees activate javascript. [...]

  25. Je suis un homme et j'ai été peloté deux fois étant adolescent. Une fois dans un métro bondé : un vieux mec a tenté de me caresser le sexe avec la serviette qu'il avait la main ; j'ai pu me mettre hors de portée et je me suis contenté de le fusiller du regard, sans rien dire.
    La seconde fois, dans une voiture qui me raccompagnait chez moi, par le mec assis à la place du mort. Il m'a gentiment posé la main sur la cuisse, dans un geste "amical", puis est descendu vers mon entrejambe. Je me suis contenté d'enlever fermement sa main et (lui aussi) le fusillant du regard et il se l'est tenu pour dit.

  26. De l'impassibilité des témoins.
    Mon chemin croise régulièrement des frotteurs ou des peloteurs et j'ai du caractère. Quand c'est le cas, je ne suis donc pas prise au dépourvu et je n'hésite pas à réagir. Que ce soit les rames de métro ou les lieux de concerts, quand on est serrés les uns contre les autres, on ne voit pas forcément ce qui se passe vers le bas et l'attention peut être focalisée sur autre chose. Donc si l'agresseur est discret ou qu'on est dans l'impossibilité de voir ce qu'il fait et si l'agressé(e) n'a pas une réaction bien visible ou audible, je ne trouve pas si étonnant que personne n'intervienne.
    Ainsi je n'ai moi-même jamais été témoin d'une agression de ce genre dans ces endroits-là alors que si ça m'est arrivé, ça a dû arriver à d'autres. Après je comprends que certaines personnes soient tétanisées par ce qui leur arrive mais il ne faut pas toujours penser que les gens n'ont pas réagi en leur faveur parce qu'ils font semblant de ne rien voir car ils n'ont peut être réellement rien vu.
    Une fois un type défoncé m'a pelotée et suivie dans la rame à chaque fois que je me déplaçais, personne n'est intervenu mais vu l'attitude du type, je peux comprendre qu'ils aient eu peur de se prendre un coup. Je l'ai signalé au personnel ratp qui l'a signalé à la police qui l'a arrêté. Un ami a défendu sa soeur qui se faisait coller par un type mais ce dernier a sorti une lame, là encore je peux comprendre que les témoins aient eu peur d'agir. Personne n'a été blessé, ça s'est arrêté là. Mais ces deux anecdotes prouvent que les témoins peuvent avoir de bonnes raisons de faire comme s'ils n'avaient rien vu.
    En général quand je croise des frotteurs ou peloteurs, je ne dis rien mais je repousse physiquement et le plus ostensiblement possible, cela suffit en général à les faire arrêter voire à les faire partir. De plus, je ne sais pas pourquoi mais je crois que "montrer" aux éventuels témoins que quelqu'un vous agresse, est plus efficace que de le "dire" et les amènera davantage à compatir voire à intervenir.

  27. Bonjour,
    j'aimerais a l'occasion completer un peu mon commentaire, et dois trouver le temps pour le faire.

    Juste en passant : Les transports publics et la police de Londres viennent finalement de prendre au serieux les aggressions sexuelles et mettent en place un programme special.

    ici en anglais :
    http://www.guardian.co.uk/uk-news/2013/jul/22/sexual-harassment-london-transport?CMP=twt_gu

  28. [...] L’agression sexuelle dans les lieux publics : vos réactions [...]

  29. [...] L’agression sexuelle dans les lieux publics : vos réactions [...]

  30. [...] [1] Harcèlement de rue : La rue, fief des mâles La main au cul Le monde Les questions composent Mademoizelle Le plus du Nouvel Obs Le silence de l’agression Agression sexuelle dans les lieux publics [...]

  31. [...] femmes sont très souvent éduquées à ne pas se faire confiance ; ainsi lorsque j'ai mené une rapide enquête sur twitter à propos des agressions sexuelles dans le métro, beaucoup de femmes m'ont dit avoir été agressées mais avoir immédiatement douté d'elles [...]

  32. [...] pouvant arriver, devant le meurtre, devant la mort, devant tout. Cette peur du viol peut devenir si paralysante, si présente que des femmes, comme Virginie Despentes, disent avoir tout à fait été capables de [...]

  33. [...] pley with me Polyvalence mon pote Traces et trajets Nat Arocas Éphémère et délétère Agression sexuelle dans des lieux publics, par Valérie Interlude [...]

  34. [...] Le monde Les questions composent Mademoizelle Le plus du Nouvel Obs Le silence de l’agression Agression sexuelle dans les lieux publics Je ne suis pas [...]

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