oct 132014
 

Dans l'enquête de victimation Enquête "Cadre de vie et sécurité" 2011 réalisée conjointement par l'INSEE et l’ONDRP (Observatoire National de Délinquance et des Réponses Pénales), on mesure qu'en 2009-2010,  1% des femmes de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes de violences sexuelles soit un peu moins de 220 000 femmes. Ce taux est de 0,3% pour les hommes de 18 à 75 ans : un peu plus de 60 000 hommes seraient victimes de violences sexuelles chaque année .

En 2011, d'après les statistiques centralisées par la Direction centrale de la Police Judiciaire, 4983 personnes majeures ont porté plainte pour viol en commissariat de police et de gendarmerie.

Selon le Rapport 2012 de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, le nombre de victimes déclarées de violences sexuelles hors ménage est de  286 000 personnes de 18 à 75 ans en 2010-2011 c'est-à-dire que 286 000 personnes ont déclaré avoir été victimes de violences sexuelles,ce qui ne veut pas dire qu'elles ont porté plainte. Quand on précise la nature de l'agression sexuelle, on arrive au chiffre suivant : 193 000 personnes de 18 à 75 ans, en 2010-2011, sont des victimes déclarées de viols et tentatives de viol.
Le rapport a donc calculé que, pour la période 2010-2011, environ  12 % des femmes de 18 à 75 ans ayant déclaré avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles, ont dit avoir porté plainte à la suite de l’un au moins des actes subis sur deux ans. Le chiffre est inférieur pour les hommes ; moins de 4%.

On constate donc un écart extrêmement important entre le nombre de déclarations d'agressions et le nombre de plaintes enregistrées. Les viols et les agressions sexuelles sont les crimes et délits pour lesquels on porte le moins plainte en France. Il en est de même aux Etats-Unis : selon le Département de  Justice Américain, 62.5% des crimes et des agressions sexuelles ne sont pas rapportés à la police.

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déc 182011
 

Je vous ai souvent parlé de Juarez et je vous avais parlé ici de jeunes filles qui avaient disparu.

Périodiquement, je fais quelques recherches voir si on en a des nouvelles. Deux ont été retrouvées, mortes. Hilda Gabriela Rivas Campos et Adriana Sarmiento Enriquez.
La police avait les corps des jeunes filles depuis deux ans et a mis autant de temps pour avertir les familles et leur rendre les corps.
Nul ne sait évidemment pourquoi. Des sources anonymes témoignent qu'il y aurait encore des corps féminins dans la morgue de Juarez qui auraient été trouvés dans un charnier ; nulle enquête n'est menée, les parents des victimes n'ont pas le droit de voir les effets des victimes pour éventuellement reconnaître quelque chose.

Le 07 novembre, a été inauguré un chouette memorial en l'honneur de 8 femmes assassinées en 2001 (Cotton field). Pour l'anecdote on avait arrêté deux conducteurs de bus. L'un s'est plaint d'avoir été torturé et sa famille d'avoir reçu des menaces de mort. On l'a bien condamné à 50 ans de prison puis finalement on l'a libéréSon avocat a été tué par des inconnus. L'autre suspect est mort en prison dans des circonstances non encore élucidées ; son avocat a été tué par la police qui était "en état de légitime défense".
Les parents des jeunes femmes assassinées ont porté l'affaire devant la cour inter-américaine des droits de l'homme, qui a conclu, ô surprise, en 2009, que l'affaire n'avait pas été menée convenablement.
Nul doute que le monument leur fera bien plaisir ; il aurait coûté un million de dollars.

Alors je n'avais pas envie de polémiquer sur le texte idiot d'un crétin qui appelle la décapitation d'une femme un "coup de folie".

Quand il comprendra le monument d'indifférence absolue qui entoure la mort de femmes dans quasi toute l'Amérique latine, alors il comprendra le pourquoi de cette loi.

Il ne s'agit pas de dire que la mort d'une femme est plus grave que celle d'un homme ; pensez que jusqu'en 2008, l'on ne recensait même pas les meurtres de femmes tuées par leur conjoint. Il convient de comprendre l'état de certains pays d'Amérique latine en matière de machisme pour comprendre pourquoi il a fallu cette loi.

Il y a un an, était assassinée Marisela Escobedo Ortiz qui cherchait à ce que soit condamné le meurtrier de sa fille. Son fils dit aujourd'hui que la police n'a pas fait son travail ; il est réfugié aux Etats-Unis pour sa propre sécurité.

Début décembre 2011, un militant des DH Nepomuceno Moreno Núñez a été assassiné. On a également tiré sur Norma Andrade, dont la fille a été assassinée et qui préside une association de familles de victimes.

Le 16 décembre, le Mexique a officiellement reconnu sa responsabilité face à deux femmes indigènes qui ont été violées par des soldats. Les populations "indigènes" souffrent, plus que les autres, d'un manque de droits, d'accès aux soins, à la justice. Les femmes victimes de Juarez étaient d'ailleurs, souvent, au début, des indigènes.

Pensées pour Hilda Gabriela Rivas Campos et Adriana Sarmiento Enriquez.