jan 022016
 

Ce texte va s'adresser aux utilisatrices et utilisateurs de twitter, désolée pour les autres qui risquent d'être un peu perdu-es.

2 janvier 2016. Une jeune fille est victime de cyber-harcèlement sur Internet. Son nom, son prénom et sa photo sont diffusés sur twitter. Lendemain de réveillon, gens en vacances ou weekend, atmosphère idéale pour placer son nom et son prénom en TT France en première position. Il m'a également été signalé qu'ils étaient aussi en TT monde, je n'ai pas vérifié.
La réaction de twitter a été trop longue et n'est pas acceptable pour un medium de cette ampleur avec des moyens financiers aussi importants.  Twitter s'est engagé à mettre en place des moyens efficaces contre le cyber harcèlement ; la rapidité n'en fait visiblement pas partie.
Il ne me réussit pas d'écrire aussi tard ; on m'a fait remarquer que, contrairement à ce que j'avais affirmé, les hashtags n'aient pas été du tout correctement nettoyés. Il reste encore des photos, des twits, des insultes. Bref twitter a visiblement nettoyé, se contentant de supprimer le hashtag concerné des trending topics et quelques twits par ci, par là. Il conviendrait de savoir quelles procédures sont mises en place par twitter lorsqu'un hashtag est signalé comme problématique.

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sept 242013
 

Il y a peu, quelqu'un m'a mailée pour me parler du harcèlement dont elle avait été victime et face auquel elle n'avait pas porté plainte. Elle concluait en disant que "je n'aurais sans doute pas réagi ainsi". Je n'ai plus l'habitude de raconter des choses personnelles sur Internet ; je l'ai beaucoup fait il y a quelques années malheureusement c'est très souvent utilisé contre soi. Mais je pense que cela est nécessaire face à cet email.

En 2000, j'avais 26 ans. J'intégrais en tant que webmaster une entreprise prestigieuse. Mon père était mort depuis deux ans et j'étais en pleine dépression ; 45 kilos, 3 crises d'angoisse par semaine, une phobie paralysante bref la petite forme. Je me tapais en plus un chagrin d'amour. Tout cela pour dire que j'étais encore moins apte à supporter ce qui allait arriver.

Je ne sais plus comment cela a commencé. Lors d'une soirée corporate - endroit typiquement piégeux car les gens boivent et cela peut être problématique - le big boss a dit de la merde misogyne avec l'assemblée qui rigolait. J'étais là depuis un mois. J'étais la seule à ne pas rire et il m'a prise à partie. J'ai répondu que "j'étais féministe". Silence. Enorme silence. Je disais il y a peu que les choses ont changé ; il y a dix ans quand j'ai dit cela j'ai eu l'impression d'avoir chié au milieu de la pièce.

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avr 292013
 

C'est encore une fois une histoire tristement banale. Une étudiante Carolyn Luby écrit une lettre à Susan Herbst, présidente de l'université du Connecticut où elle étudie.

Herbst a décidé de refaire faire le logo des équipes sportives pour le rendre plus "powerful" et "agressive".  Luby rappelle toutes les histoires d'agression (sexuelle ou pas) dans lesquelles sont impliqués des membres des équipes sportives. Elle souligne qu'il aurait peut-être été plus important de signaler que le sentiment d'impunité ne devait pas exister pour les mauvais comportements et de lancer des programmes pour diminuer la violence contre les femmes.
Bref elle ne dit rien de très très violent, me semble-t-il. Et si on n'est pas d'accord, il suffit de contre-argumenter.

Comment est ce traduit dans certains journaux ?
"Une étudiante dit qu'un logo promeut la culture du viol".
Même chose ici.

Jusque là admettons encore, on peut se dire que les journalistes sont tout heureux de faire du buzz à bas prix même si elle n'a jamais dit cela.
On s'attend donc à l'habituel "les féministes n'ont-elles rien d'autre à foutre".

Sauf que non.

Depuis  Luby reçoit des menaces et les propos à son encontre sont éloquents.

"i would love to cum all over her face. fuckin cunt.... in solidarity"'
"would definitly sexually assault her."
"i bet i could fit my cock and both balls in her mouth."
"As a UConn alum I gotta say this girl has something here, and that something is a stick up her ass and I want to remove it with my teeth"
"She should be in the center of a bukkake fest...participants being every college mascot"

Tous extraits de ce site.

Le problème n'est pas ici de juger ou non la pertinence de la lettre de Luby. Le problème est de deux ordres :
- l'impunité dont bénéficie apparemment les sportifs en milieu scolaire et estudiantin. Existe-t-elle ? Visiblement le débat fait rage aux Etats-Unis.
- le fait qu'une femme écrive une lettre de protestation subisse immédiatement des menaces et des prétendues plaisanteries sur son possible viol.

Bien évidemment les menaces ne sont pas restées virtuelles (et même si cela l'était resté, il va falloir admettre et comprendre que menacer quelqu'un - même sous couvert de plaisanterie - n'est pas tolérable) et elle a également été insultée sur le campus. Lorsqu'elle s'est rendue dans les locaux de la police du campus, celle ci lui a dit de rien pouvoir faire, que les menaces virtuelles n'étaient pas du même ordre que des menaces IRL et que l'anonymat compliquait tout. Elle lui a également conseillé de faire profil bas (mais comment donc). La police qui demande à une victime de faire profil bas.

On peut admettre et comprendre que les athlètes se soient sentis attaqués par cette lettre. On peut même comprendre qu'ils se défendent avec vigueur.
Mais comment peut-on admettre des menaces de viol ? Comment peut-on admettre qu'une étudiante ne se sente pas en sécurité sur son campus, soit insultée et ne reçoive aucune aide ?

Demande est faite donc à la présidente d'assurer la sécurité de Luby et de faire un discours public condamnant la violence sexiste.

It just reinforced the rape culture that I knew existed. Those comments that people made that I was attacking athletes, all of that was proven wrong by those comments,” she said. “It was appalling to see people angry enough to actually make those comments to me.”

Si nous sommes tous et toutes contre le viol, comment se fait-il que la première chose qui viennent à l'idée de certains quand il s'agit de faire taire une femme est de la menacer de viol ?