fév 112015
 

Les femmes, tout au long de leur vie, sont amenées à prendre grand soin de ce qu'il y a entre leurs jambes.  Elles sont éduquées très tôt à apprendre que les hommes veulent du sexe, par à peu près tous les moyens possibles et qu'il faut s'en préserver à tout prix.

Ainsi elles sont éduquées dés leur plus jeune âge à avoir peur du monde extérieur et à faire attention aux fameux prédateurs ; elles apprennent à avoir une peur panique des violences sexuelles et l'on n'hésite pas parfois à leur apprendre qu'il vaudrait mieux mourir que d'être violées, que la mort serait préférable à la souillure.
Ainsi elles sont éduquées à considérer leur virginité comme un trésor à préserver à tout prix. Il ne faudrait pas la donner à n'importe qui, sans qu'on sache bien définir le n'importe qui, ni n'importe quand, ni n'importe où. Les termes ne sont d'ailleurs pas anodins ; on "perd" sa virginité comme s'il y avait quelque chose à regretter ou à vouloir retrouver.
Ainsi les femmes sont éduquées à se laisser désirer car on ne désire que ce qui est rare. Elles ne doivent surtout pas coucher avec trop d'hommes, sans qu'on sache exactement ce que ce "trop d'hommes" signifie, elles en seraient salies et ne vaudraient plus grand chose.
Ainsi les femmes ne doivent pas être violées mais la responsabilité de leur viol leur ait couramment mise entre les mains ; sont-elles sorties ? Sont-elles jolies ? Ont-elles bu ?

Ce qui est assez paradoxal est la réaction sociale face à une femme qui a couché avec "beaucoup" d'hommes et une femme qui a été violée. Dans les deux cas, on peut observer des réactions similaires où les deux femmes seraient comme souillées. Ce qui devient important dans le viol n'est pas que la femme ait été victime d'un crime, mais qu'on puisse l'imaginer ayant eu un rapport sexuel. Le sexe des femmes serait tellement précieux que, lors du viol, cela n'est pas le violeur qui est souillé de son propre acte mais la femme qui en est victime ; elle est donc doublement victime et du crime subi et des regards qui la voient comme salie par cet acte.
Les femmes violées ne sont souvent pas considérées très différemment de celles qui ont eu "beaucoup de partenaires" ; dans ce cas là la femme est salie par les actes commis et rien ne peut, semble-t-il lui rendre la dignité perdue.

On observe donc que globalement le sexe des femmes est un trésor - trésor d'où sortent d'ailleurs les enfants, c'est dire s'il faut qu'il reste propre - dont elles doivent prendre soin. Les femmes peuvent, semble-t-ils, être assez facilement salies, comme des étoffes blanches fragiles.

Et puis au final  on se rend compte que le sexe des femmes n'est pas si précieux.
DSK, en 2011, a eu à répondre des faits suivants :  agression sexuelle, tentative de viol et de séquestration. Il y a eu abandon des poursuites et plus tard un arrangement financier entre Nafissatou et DSK. On ne sait donc pas s'il y a eu tentative de viol ou non dans cette chambre d'hôtel. Voici ce qu'écrivait un journaliste il y a quelques jours : "Le cliché avait été pris le soir même de l’audience qui fit d’elle une femme riche, au Union Square Café, à Manhattan, lors d’un dîner où elle fêtait l’événement. J’espère que ce souvenir va lui arracher un sourire." Cette réaction n'est pas isolée et sans aucun doute totalement sincère. On se souvient d'émissions de radio, de réactions sur les réseaux sociaux où au fond, les gens se moquaient bien qu'il y ait eu viol ou non ; tout ce qui était noté est qu'elle avait gagné de l'argent. certains ont même parlé de "la chance de sa vie". Son sexe n'avait donc plus tant de valeur que cela finalement puisqu'elle aurait du se considérer comme chanceuse d'avoir gagné quelques millions. Il y aurait donc des circonstances où le sexe d'une femme n'a pas beaucoup de valeur, où la possibilité d'un viol soit totalement effacée si elle en tire un profit financier.

Récemment une tribune a dénoncé certaines pratiques médicales où des touchers vaginaux seraient pratiqués par des étudiant-es sans que les patientes en soient informées.  Les pétitionnaires demandaient donc à être préalablement informées de cette possibilité ; les médecins en ont tout logiquement conclu qu'elles souhaitaient les empêcher de se former par "pudibonderie".

Il y aurait donc là aussi un moment où le sexe des femmes cesse d'être précieux, d'avoir une valeur quelconque ; on demanderait aux femmes d'exercer une surveillance de tous les instants sur leur sexe... sauf quand il cesse de leur appartenir au moment où il passe entre les mains d'un médecin. Un sexe ne serait plus un sexe mais un organe à examiner au milieu d'une masse d'autres organes et la formation de nos futurs médecins serait bien supérieure au consentement des femmes à être touchées.

Enfin cet article qui concerne DSK - c'est à se demander s'il n'y aurait pas un problème avec DSK pour qu'il revienne aussi souvent lorsqu'on parle de violences sexuelles - et qui évoque le témoignage d'une prostituée.
La prostituée déclare : "J’ai montré mes réticences par des gestes. Qui faisaient comprendre que je n’acceptais pas cette pratique." et quand on demande à DSK son point de vue : "«Je n’ai pas senti de sa part une dénégation ferme. Elle a sans doute manifesté par des gestes qu’elle ne voulait pas trop. Même dans les relations sexuelles en couple il y a des rapports de domination. "
Arrêtons nous un instant sur DSK, homme qui a été accusé de tentative de viol, qui a reconnu une agression sexuelle pour laquelle il n'avait pas été condamné à cause de la prescription et qui est maintenant accusé de proxénétisme aggravé en réunion. Ces affaires suscitent sur tous les réseaux sociaux des blagues graveleuses alors qu'on parle de violences commises sur des femmes. Au moment même où une femme témoignait des violences subies, les réseaux s'enflammaient pour la plaque minéralogique comportant les lettres "SM" de la voiture emmenant DSK au tribunal. Beaucoup de gens n'ont cessé de me dire au fil des années qu'ils ne voyaient pas du tout pourquoi je parlais autant des violences sexuelles dans l mesure où tout le monde est contre ; qu'il me soit permis de relativiser cette parole au regard des milliers de réactions paillardes face aux violences commises par DSK.
Mais revenons donc au témoignage ; une femme dit avoir signifié son refus et un accusé, en plein tribunal dit qu'il a constaté ce refus. On a presque envie de dire qu'il est rare de voir quelqu'un avouer avec autant de naturel un viol puisque les faits décrits correspondent exactement à la définition légale du viol. Et pourtant alors qu'on a sous les yeux un viol avoué, personne - à part les féministes - ne l'évoque comme tel. Il y aurait donc là aussi des circonstances où le sexe des femmes ne serait plus si précieux et où l'on pourrait tranquillement évoquer des violences qui leur sont faites sans susciter la moindre réaction chez quiconque ; pire certains persistant à voir en DSK un parfait présidentiable.

Ces exemples, en apparence éloignés, témoignent des règles sociales schizophréniques auxquelles sont soumises les femmes ; elles doivent en permanence faire attention à se préserver, à préserver leur sexe et dans le même temps, alors qu'on leur apprend que leur sexe a une immense valeur, les faits démontrent qu'il y a des moments où leur sexe ne vaut rien et ne doit rien valoir.

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