fév 102014
 

Avant d'attaquer mon article proprement dit, je vais essayer de résumer ce qu'il s'est passé mardi. Suite donc, à des tensions avec un groupe d'hommes féministes, j'ai posté sur twitter une suite d'une vingtaine de conseils aux hommes qui voudraient aider les féministes. Ces conseils ont été énormément retwités et surtout l'un d'entre eux, qui conseillait aux hommes de changer de trottoir et d'accélérer le pas s'ils se trouvaient derrière une femme dans la rue la nuit.
Je ne m'attendais pas au buzz autour de ces conseils, même s'il ne m'a pas étonné que celui dit "du trottoir" fasse beaucoup réagir. J'ai en effet remarqué que si tout le monde est à peu prêt d'accord pour parler des discriminations faites aux femmes, peu d'hommes ont envie de penser qu'ils sont concernés, que s'il y a discriminations envers les femmes, il y a privilèges pour eux, et que surtout on pourrait éventuellement arranger les choses s'ils condescendaient à faire quelque efforts minimes. Non ils préfèrent soit nier les problèmes, soit s'en foutre, soit penser que les discriminations s'arrangeront toutes seules face à la pensée magique.

Je voudrais revenir aux réactions féministes et antiracistes qui ont eu lieu face à ce conseil (je tiens au passage à remercier toutes les personnes par mail, twitter ou IRL qui m'ont exprimé leur point de vue sur ce conseil et ont apporté leur expérience). Précisons tout de même que ce conseil avait surtout pour but de faire réfléchir sur deux choses (la peur que les femmes éprouvent dans la rue, peur qui a été exprimée via le hashtag #safedanslarue) et les éventuelles solutions qu'on pourrait mettre en place pour faciliter la vie des femmes. Ce conseil n'a pas pour vocation d'être appliqué à la lettre et est un conseil à court terme, une sorte de rustine sur un escarre. Il est parfois bon, à mon sens, d'appliquer des solutions de court termes, qui ont certes des désavantages certains, quand on n'a pas d'autres choix.

1. Les oppositions féministes :
Il y a eu des oppositions claires à cette idée de la part de féministes en particulier car ce conseil risque d'être rapidement d'aboutir à quelque chose de l'ordre de la galanterie, ou du sexisme bienveillant (et quand on connait le goût de beaucoup d'hommes à défendre les demoiselles en détresse, et le gout de certaines femmes pour se prendre pour de petites choses fragiles, on comprend que le danger est réel). C'est à dire qu'on risque de protéger du sexisme en insufflant du sexisme ; on risque donc d'avoir, certes, peut-être, certaines femmes qui auront moins peur dans la rue, mais d'autres devront subir en contrepartie, le sexisme bienveillant et lourdingue des hommes qui se prendront pour des gentlemen d'avoir traversé une rue.
D'autres ont souligné que cette peur inculquée aux femmes, provient, comme on l'a déjà dit, d'une éducation genrée et sexiste ; la société toute entière est responsable de la peur insufflée aux femmes et non pas uniquement les hommes qui marchent dans la rue le soir.
On aura aussi le problème d'un effet pervers ; à savoir qu'il y a le risque que les hommes les plus virils (aka les plus machos) soient les seuls à appliquer ce conseil.. parce qu'ils ont intériorisé qu'il faut protéger les plus faibles (c'est à dire les femmes donc ici).
Certains ont souligné que je prônais une attitude indifférenciée face aux hommes et aux femmes et que j'étais donc en train de me contredire. Précision, je prône  A TERME une attitude indifférenciée ; je ne peux pas pour l'instant, ne pas voir le genre, ne pas voir la race, ne pas voir la CSP alors que ces critères sont discriminants. Je fais donc avec eux et je prône des solutions qui sont des pis aller (ex la parité ex la discrimination positive ex le trottoir) car je ne vois pas d'autres solutions même si j'ai plein d'objections à leur opposer.

2. Les oppositions antiracistes :
La première opposition est venue d'une amie qui m'a souligné que, lorsque les gens traversaient la rue devant elle, c'était pour éviter de la croiser, par pur racisme. De là d'autres femmes noires ont témoigné de leur rapport à l'espace public dans une société raciste, qui les oblige à contrôler leurs mouvements pour ne pas faire peur aux blancs.
Notons qu'il commençait déjà à avoir des petits malins qui jugeaient bon de faire des blagues de type "moi en tant que mec blanc je demande aussi aux arabes de changer de trottoir" (sans jamais voir bien sûr que dans la société française, le rapport de force n'est pas vraiment du côté du mec arabe mais bref.).
De là deux twittos m'ont mailée pour m'expliquer, en tant que mec noir, leur rapport à l'espace public. L'un m'a signalé qu'il changeait déjà de trottoir.. mais pas par féminisme, simplement car il sait que sa couleur de peau fait peur aux blanc-hes. Il me soulignait que si beaucoup de ses potes blancs sont choqués qu'on change de trottoir devant lui,  choqués de simplement supposer devoir changer de trottoir pour rassurer une femme, ils trouvent assez normal que lui change de trottoir pour rassurer les blancs. Il concluait en disant : "C'est peut-être là le grand point commun de toutes ces réactions : les fameux clichés de l'étranger agresseur, de la femme agressée, et du mec blanc protecteur. Quelques soient les chiffres qui les contredisent, ce sont eux qui dictent toutes ces injonctions : les femmes doivent avoir peur, les colorés doivent se faire discrets, et les mecs blancs… bah non eux c'est bon."
Un autre twitto m'a également expliqué son rapport à l'espace public ; les places de métro vides autour de lui, le fait de s'assoir à côté d'un autre noir pour éviter d'avoir des regards de peur de la part des blancs, le fait d'avoir appris très vite à changer de trottoir derrière une femme sans jamais savoir si elle avait peur car il était un homme ou un noir. Il soulignait n'avoir pas vu cela chez ses amis blanc alors que lui devait toujours prouver qu'il était normal et pas un agresseur en puissance.
Une femme noire m'a alors mailée pour m'expliquer  ce qu'elle vivait en tant que femme noire habitant en banlieue. Cela commence par la négation de la possibilité qu'elle puisse être victime d'agression puisqu'il est supposé que les agressions sont forcément dus à des immigrés et que ceux ci ne s'agressent pas entre eux. La peur qu'elle inspire aux blanches est une deuxième négation de la peur qu'elle pourrait éprouver elle même ; on ne la voit plus comme une femme qui pourrait éventuellement avoir peur la nuit, mais comme une noire qui fait peur aux blancs. Elle a ensuite souligné qu'on lui avait déjà dit qu'il était normal qu'elle se fasse agresser par un noir et un arabe car ils sont hyper machos et qu'elle les a provoqués en étant dehors le soir. On a ici un combo de tout ce qui peut se faire en matière de sexisme et de racisme et qui explique qu'aux USA les femmes noires sous déclarent encore plus que les blanches leur viol car elles savent que leur plainte sera exploitée à des fins racistes. En clair, on la rend responsable de son agression (tu provoques), on essentialise les noirs et les arabes en les prétendant tous machos, on pousse forcément et logiquement les femmes noires et arabes à ne pas porter plainte car si elles ont été agressées par un blanc, on leur dire que c'est faux, seuls les noirs et arabes agressent, et si elles ont été agressées par un noir et un arabe, on s'en servira pour expliquer que tous les noirs et arabes sont machistes.
Je tiens tout de même à rappeler une chose avant de continuer. Nous ne sommes pas, en tant que blancs, dans une société où les noirs et les arabes détiennent le pouvoir et nous vivons dans une société et raciste et sexiste. Il est donc absurde de mettre sur le même plan un homme blanc qui aurait peur des noirs et une femme qui aurait peur des hommes car je le répète, toute la société est  à l'avantage des blancs et des hommes. Il est habile de faire croire qu'une classe dominée détiendrait des armes permettant de faire peur à la classe dominante mais n'inversons pas les choses ; les gens discriminés dans notre pays sont les personnes racisées (désolée je sais que ce terme énerve certaines ;) mais je n'avoue rien trouver de mieux là).
Et il est bien clair qu'il convient de souligner  qu'en tant que blanc-hes, on peut voir le réflexe raciste d'avoir peur face à un noir/un arabe etc et que ce reflexe là n'est pas du tout du même ordre que la peur d'une femme face à un homme ; on ne peut absolument pas mettre les choses sur le même point sauf à croire que toutes les choses sont égales et que les classes n'existent pas.
(inutile de discutailler 25 minutes sur ce point, si vous n'êtes pas d'accord vous filez ailleurs votre opinion ne m'intéresse pas).
On se retrouve donc face aux points suivants :
- les femmes en général ont peur dans l'espace public
- les femmes noires font face à des réactions racistes et se voient nier un statut de victimes quand elles le sont
- les hommes racisés appliquent déjà le conseil du trottoir car ils savent qu'ils font peur aux blancs.
- beaucoup d'hommes blancs chouinent qu'ils sont très malheureux, sont tapés par les noirs et les arabes et sont vues comme des violeurs par les femmes blanches alors qu'ils sont très gentils.
En clair tout le monde est conditionné à déjà agir en fonction de règles sexistes et patriarcales sauf, quelle surprise les hommes blancs.
Quelle conclusion tirer de tout cela. Malheureusement je n'en ai pas vraiment.
Beaucoup de femmes m'ont témoigné vouloir de ces conseils aux hommes afin de se sentir plus en sécurité. Je persiste donc à penser qu'on peut mener une réflexion autour de conseils aux hommes, en prenant en compte et les réticences féministes et le contexte raciste de nos sociétés.
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  64 réponses sur “Peur des femmes dans l’espace public, féminisme et antiracisme”

  1. Bjr,
    "que surtout on pourrait éventuellement arranger les choses s'ils condescendaient à faire quelque efforts minimes. Non ils préfèrent soit nier les problèmes, soit s'en foutre, soit penser que les discriminations s'arrangeront toutes seules face à la pensée magique."
    On peut penser aussi que ce conseil, dans la pratique, était mauvais, inapplicable à la lettre ou pas, voire très contreproductif ?
    Enfin, s'il a fait réfléchir, c'est déjà ça de pris...

    • je sens que tu as énormément envie de nous donner les conseils que tu as en tête ; je n'oserais croire que tu dis que celui là est nul sans avoir d'autres propositions.

      • Tu sens mal et tu trouveras quelqu'un d'autre pour te défouler, ça ne manquera pas. Et effectivement, puisque je ne suis pas d'accord avec ça, c'est que je pense que les discriminations disparaitront par magie. Dont acte.

  2. Hum bon tout ça c'est bien mais à la fin on n'a pas plus avancé dans la lutte contre la peur des femmes dans l'espace public! :/

    Pour le point n°1 je dois dire que je préfère que les "hommes les plus virils" se la pètent d'avoir traversé la rue pour laisser une femme tranquille plutôt qu'ils aillent la harceler

    Pour le point n°2 il y avait déjà eu une discussion sur twitter à ce sujet qui a abouti à la même conclusion que toi : à partir du moment où on refuse de hiérarchiser les oppressions, on est dans l'impasse, donc on ne fait rien, et les femmes racisées en sont les 1ères victimes...

  3. Je ne sais pas trop comment exprimer cela, mais cet article tout comme cette série de conseils me laissent dans la plus totale perplexité.
    Je crois que finalement ça va à l'encontre de trop de trucs en lesquels je crois.
    Au delà même des pb de racisme latent.

    Je comprends l'objectif (rassurer les femmes qui ont peur en attendant que les choses bougent)
    Je sais que les hommes sont la classe privilégiée et dominante dans l'histoire (même s'ils sont féministes, même s'ils n'ont rien fait, même simplement quand ils marchent dans la rue) et j'entends aussi l'argument comme quoi leur demander un ptit effort c'est au final pas si terrible.

    Mais je n'arrive pas à comprendre par quelle logique leur imposer (ou même simplement leur demander) ce qu'on nous impose (une restriction dans l'usage de l'espace public) peut nous mener à une quelconque égalité.
    Je crois qu'à vouloir "soulager" immédiatement une peur irrationnelle, on en perd de vue l'objectif à atteindre.

    En fait, je serais blanche ce conseil me gênerait tout autant.
    Si je dois prendre sur moi pour que ma fille puisse sortir habillée comme elle veut et aller où elle veut.
    Il ne m'est idéologiquement pas possible de dire l'inverse à mon fils.
    J'ai là un vrai point de blocage, depuis le début de cette histoire.

    C'est un peu pareil avec les quotas finalement des "rustines" en attendant qui ont des effets pervers et ne "corrigent" rien.

    Je sais que c'est difficile à accepter, mais je crois que sur ce sujet il va nous falloir accepter d'attendre.

    • je pense que les quotas ont le seul mérite d'habituer l'oeil blanc, masculin à voir des non blancs et des non masculins. C'est à mon sens aussi bête que cela.
      si on n'imposait pas de quotas, je pense que l'egalité serait encore plus lente à atteindre.
      "Il ne m'est idéologiquement pas possible de dire l'inverse à mon fils." ==> et si on dit qu'on n'a pas parlé du trottoir (car j'ai pris cet exemple mais ca n'etait qu'un exemple) et qu'il est juste censé envoyer des signaux d'apaisement ? est ce que cela te gêne aussi ?
      le problème si tu veux est pour moi le suivant ; on demande beaucoup aux femmes d'agir pour ne plus être discriminées. et on ne demande que très peu aux hommes comme s'ils etaient complètement extérieurs aux problèmes.

      bref on en a déjà discuté tu sais que je ne suis pas super à l'aise sur ce conseil que je ne défends pas mordicus (du moins face aux féministes).

      • @Valérie, en effet, sans quotas l'égalité serait peut être plus longue à atteindre. Mais on ne la devrait à la condescendance de personne. Jamais on te jetterait à la face que t'es là pour "remplir un quota et pas parce que tu y as droit".
        Jamais un mec ne devrait nous dire qu'il nous tient la porte parce qu'on est une nana mais bien parce que c'est un geste normal de tenir la porte à quelqu'un.

        Mais je pense aussi que l'égalité se "gagne" même si elle devrait nous revenir naturellement. On n'a jamais vu quelqu'un de privilégié renoncer spontanément et par gentillesse à son privilège (hélas). Quand il le fait c'est toujours en dénigrant celui qu'il fait monter à coté de lui.

        Et personnellement je ne veux pas me sentir safe dans la rue parce qu'un mec aurait eu la "gentillesse" de s'écarter sur mon passage.
        Je veux me sentir safe dans la rue parce que j'y ait droit tout simplement et sans que ça ne demande d'effort particulier à personne.
        Pareil pour toutes les situations de la vie en somme. Notamment en matière de recrutement, de carrière, de parentalité.
        Je ne veux pas qu'on soit gentil avec moi parce que j'suis une femme. Je veux juste qu'on ne me traite pas différemment à cause de ça.
        A partir du moment où on demande une "faveur" à un camp dominant j'ai l'impression que l'on se replace soi-même dans la position de faiblesse dont on veut sortir.
        Et comme je le disais malheureusement pour sortir de ce cercle il faut que les mentalités (y compris chez les "dominés") changent.

        • "Jamais on te jetterait à la face que t'es là pour "remplir un quota et pas parce que tu y as droit"."

          Sauf que tout le monde oublie qu'il en va de même aujourd'hui pour les hommes. Si 90 % des hommes sont à des postes de direction (je dis un chiffre au hasard) c'est bien parce qu'ils ont été favorisés en tant qu'hommes, donc eux aussi ont droit à des passe-droits, sauf qu'on ne les voit pas tellement ils sont habituels et intégrés, voire inconscients.

          • "Si 90 % des hommes sont à des postes de direction"

            Euh, sérieusement ?

          • Désolée, je me relis et j'ai écrit de travers ce serait "si 90 % des postes de direction sont tenus par des hommes" avec le 90 % à pendre bien sur avec des pincettes, c'est une façon de parler.

        • N'avez-vous pas le sentiment qu'il pourrait s'agir d'une forme d'ingérence idéologique ?

    • "Mais je n'arrive pas à comprendre par quelle logique leur imposer (ou même simplement leur demander) ce qu'on nous impose (une restriction dans l'usage de l'espace public) peut nous mener à une quelconque égalité." --> Prenons les choses autrement : la vie en communauté, ça demande un peu d'efforts à tout le monde. Et des efforts, tout le monde en fait, sauf les hommes blancs qui jouissent de leur bon droit (càd de leur position dominante) en toute innocence, et en refusant la plupart du temps de voir le problème, de faire preuve d'un minimum d'empathie.

      Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à expliquer aux petits garçons à l'école que non, ils ne peuvent pas squatter 90% de la surface de la cour de récré pour jouer au foot parce que les autres ont aussi droit à leur espace vital (ce qui est rarement fait, en plus), et je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à expliquer aux hommes qu'ils doivent tenir compte des autres dans la rue aussi.
      Parce que y'a un moment où ils devront "prendre conscience".

      C'est comme pour la parité, autant c'est ennuyeux de considérer les femmes comme une minorité à protéger, autant il fallait créer des modèles de femmes au pouvoir pour que cette idée se normalise (banalise), parce qu'au ryhtme ou ça allait au seuil de l'an 2000 on aurait mis plus de 150 ans à l'obtenir, cette fameuse parité. (je cite le chiffre de mémoire).

      Alors moi je veux bien attendre, mais pas au point que mes arrières arrières petites filles ne puissent toujours pas jouir du simple droit de se sentir en sécurité dans l'espace public.

      • Malicia, je suis d'accord que vivre en communauté demande des efforts de chacun.

        Ceci étant pour moi on devrait tous faire les mêmes. Et demander aux gens des deux sexes de faire les mêmes.

        Une grosse partie de la pensée féministe consiste à dire qu'il faut traiter toute le monde de la même façon et ce dans tous les domaines. Particulièrement dans l'éducation (car elle fonde beaucoup des attitudes et comportement sexistes inconscients ou conscients des adultes).

        On a l'impression "d'aider à la solution" en compensant l'angoisse des femmes par ce type de conseils, et je n'en suis pas persuadée.
        Une femme qui a peur continuera à avoir peur et à guetter "le mec qui va lui sauter dessus parce qu'on lui a dit que c'est fatalement ce qui finirait par lui arriver" quand bien même tous les hommes qu'elle croiserait changeraient de trottoir.

        Si on dit que les hommes peuvent marcher comme ils veulent alors les femmes doivent pouvoir faire pareil et vice versa.
        Il faut corriger ce pourquoi les femmes ne peuvent pas marcher tranquille dans la rue. Et ça n'a rien à voir avec le fait que les hommes changent ou pas de trottoir ni avec les efforts à faire pour vivre en société.

      • L'exemple du foot me fait réagir. Le foot n'induit pas que les autres ont peur, que cela induit un risque d'attraper un ballon (quoique), etc. mais d'espace vital. Dans le harcèlement, ce n'est pas une question d'espace vital.
        La question de départ semble bien une injonction des femmes à avoir peur. Sur base de clichés : "les fameux clichés de l'étranger agresseur, de la femme agressée, et du mec blanc protecteur. Quelques soient les chiffres qui les contredisent, ce sont eux qui dictent toutes ces injonctions : les femmes doivent avoir peur, les colorés doivent se faire discrets, et les mecs blancs… bah non eux c'est bon."
        (En cela le tweet de Valérie est super-utile, et super-fructueux. Et l'article prolonge bien l'interpellation).
        Que doivent faire les dominés devant ces clichés ? Et que doivent faire les dominateurs qui sont privilégiés par ces clichés et qui (parfois) en tirent un profit concret et qui ne peuvent en être conscients par eux-mêmes ?
        Un mouvement de "stop" doit être mis, et avec un consensus de pionniers au départ, qui s'impose à beaucoup d'autres assez rapidement... Regardez tous ces fumeurs qui sont aujourd'hui à fumer à l'extérieur, même devant leur domicile : il y a moins de cinq ans, ils disaient encore (en écoutant les cigarettiers) : restons courtois...
        Comme homme, je ressens que ce 'stop' devrait porter à la fois sur plusieurs situations où les hommes blancs peuvent 'ouvrir les yeux' et participer au recul du (des) cliché(s). Par des marques de discrétion dont ils perçoivent la valeur. (Pris isolément et sans mouvement, chaque marque parait effectivement un mauvais compromis, comme dit Joëlle plus bas).

  4. et je précise (parce que j'ai cliqué sur envoyer trop vite) qu'attendre ne veux pas dire "attendre sans rien faire".

    Non, je veux dire attendre que le discours féministe fasse son oeuvre, que les mentalités changent. Que les femmes comprennent que cette peur est irrationnelle, que les hommes comprennent qu'ils courent autant de risques que nous.
    Qu'on éduque nos enfants de façons plus égalitaire, qu'on lutte sur tous les fronts pour réclamer et avoir chacun les mêmes droits.

    Diffuser cette parole là, sans relâche, le plus possible. Travailler à la façon dont le féminisme est perçu, y compris par les femmes.
    Ne plus la fermer quand le dimanche au repas de famille tonton fait une blague sexiste.

    Et trouver des façons plus pédagogiques de nous exprimer, nous unifier entre mouvements féministes (au lieu de se taper dessus).
    Je crois beaucoup plus en tout ça (même si les résultats sont bien moins "marquants" de prime abord.

  5. Quelle conclusion tirer de tout cela.

    Rien pour l'instant, non? Ce sont des témoignages intéressants, mais pas assez nombreux et divers ici. Néanmoins, les difficultés rencontrées par les (mal) dites «minorités» au sein de l'espace public sont de plus en plus mises à jour par la recherche (sociologie, géographie sociale…).
    Merci d'avoir fait écho à ces témoignages, et votre travail en général.

  6. En tant qu'homme blanc, j'ai été confronté à la situation "inverse" à l'occasion de quelques trajet dans les transports en commun. J'habite la banlieue nord de Paris et je dois parfois voyager pour le boulot ce qui fait que parfois je rentre "à pas d'heure". Or il s'est avéré à plusieurs reprises que des femmes se sont assise dans ma proximité voir carrement à coté de moi alors qu'il y'avait de la place, et plusieurs fois elles m'ont fait comprendre (ou dit explicitement) que c'était parce qu'elle ne se sentait pas très à l'aise toute seule.

    Que doit on en conclure ? que votre Flashou d'amour, bon et juste, exalte sous ses airs de bouddha jovial un sentiment rassurant qui est sans doute le même que celui que ressentent les héroïnes des films de cape et d'épée lorsque survient leur preux chevalier au sourire ultra bright ?

    Je sais que je vais en décevoir plus d'une (et plus d'un) mais ce n'est pas le cas. Je vous dirais même qu'en cas de situation agitée / violente, je risque fort de me tétaniser et de ne pas être très secourable. Certes, je bénéficie d'un rapport hauteur / largeur un peu au dessus de mes contemporains, ce qui fait que je ne suis pas craintif pour ma personne même aux heures les plus sombres de la nuit. De la peu éventuellement se dégager une assurance qui pourra être rassurante auprès de quelqu'un qui angoisse.

    Mais de même que certains sont faussement effrayant, d'autres sont faussement rassurant. Pour ma part je pense que c'est d'une part ma couleur et mon status social (qui se reflète un petit peu dans ma tenue vestimentaire) qui me fait gagner un maximum de point. D'ailleurs je devrais à l'occasion voir ce que ça donne si je me retrouve dans la même situation, mais en pantalon de survet et avec un tshirt "Truand2LaGalere" (nan je déconne, j'en ai pas).

    Toujours est il que visiblement, un homme blanc en chemise et veste de costume est considéré comme "rassurant". J'insiste sur le double effet : non seulement il ne fait pas peur, mais en plus il agit en repoussoir à boulet.

    Si on remet tout ça dans notre histoire ("faut il que les hommes s'écartent pour éviter de mettre les femmes mal à l'aise ?") je dirais que ça vient à ce demander ce qu'on "dégage". Est ce que ma présence fait peur ? est ce qu'elle rassure ? est ce liée à ce que je suis ou bien à mon attitude ? (En ce qui me concerne, je penses que c'est 50/50, et que coup de bol dans les 2 cas j'ai tiré les bons numéros.)

    Désolé si c'est un peu fouillis, j'ai repris cette réflexion d'un échange par mail fait avec Valérie et que j'ai développé au fil de mes pensées : hésitez pas à me relancer si ça vous parait pas clair (ça ne doit surement pas l'être)

  7. En dehors du cas particulier de flashou, changer de trottoir pour moi la nuit est une convention sociale. Quand il y a un seul voyageur dans un wagon, si un nouveau voyageur s'assoit à cote cela sera mal perçu. Et de la meme facon que beaucoup trop de mecs s'etalent les jambes ouvertes dans les transports ou que certaines personnes serrent trop dans une queue ou dans le metro, c'est un manque aux concentions sociales. Et comme on a eduque les hommes blancs à ne faire aucunement attention à leurs environnements, forcément ils sont choques. Au dela de la peur, un mec qui n'adapte pas son pas et qui reste très proche de moi longtemps dans la rue quand il y a très peu de monde, il empiete sur mon espace vital et il me hurle son manque d'empathie son jem´enfoutiste. Et c'est tellement bizarre que oui je peux penser qu'il le fait expres vouloir me faire peur. Serieusement de tous les mecs qui s'insurgent lequel ne seraient pas genes si un autre voyageur s'installait juste à cote de vous alors qu'il y a tout le wagon de libre? Qui n'est pas quelque part choque que la personne qui ecoute sa musique sans ecouteur en ait strictement rien à faire de votre ressenti? Qu'un groupe reste au milieu du trottoir alirs que vous voulez passer?
    Et le mal être de la rue la nuit est aussi lié à une réaction cognitive normale. Inconsciemment quand vous marchez à cote de quelqu'un vous adaptez vos rythmes ensemble. Donc quand la nuit votre cerveau entend un autre pas qui resonne et que vous lui signifiez (a votre cerveau) que vous ne voulez pas le suivre, le fait d'etre longtemps à cote de cet autre pas resonnant vous oblige pour une personne normale empathique à toujours y penser pour readapater votre rythme.
    Le fait donc de faire attention aux autres dans la rue la nuit est donc une question d'empathie et convention sociale, et si le conseil est adresse en priorite aux hommes blancs, c'est que dans notre societe, on leur a moins appris qu'aux autres les usages et le fait de faire attention aux autres.

    • Dans le fond tout cela c'est bel et bien un problème d'éducation et ou d'empathie, comme Lyly l'explique très bien ici.

    • "Et comme on a eduque les hommes blancs à ne faire aucunement attention à leurs environnements"

      Mais vous sortez ça d'où??????

  8. Bon texte :) , mais Valérie, je persiste et je signe : je trouve ce conseil du changement de trottoir par les hommes foncièrement mauvais, tant dans son inefficacité générale (inutile, voire contre-productif, dans bon nombre de cas) que par les effets pervers indirects qu'il générerait (par exemple, le sexisme dit "bienveillant", mais pas que…). Et ce, même en l'énonçant "envoyer des signaux d'apaisement" plutôt que "changer de trottoir".
    Je trouve que quand une solution semble générer davantage de nouveaux problèmes que de résolution du souci initial, comme c'est le cas ici, c'est le signe qu'il vaut mieux s'en passer et oui, même si on n'a pas trouvé autre chose en remplacement ! (et ce n'est pas non plus comme s'il n'y avait rien que nous puissions faire d'ailleurs)

    Voici donc quelques objections supplémentaires, par rapport à ceux que tu évoques dans ton billet.
    (Pardon par avance pour les quelques redites : dans ce qui suit - et mon 2e comm' à venir -, il y a des choses que tu mentionnes très brièvement dans ton billet, mais qui méritent développement je trouve.)

    A – Sur l'inefficacité générale :
    (N.B. Laissons de côté les cas *particuliers*, nous parlons de *généraliser* un conseil à l'ensemble des hommes souhaitant soutenir le féminisme et dans le but de soulager l'ensemble des femmes, dont une majorité ressentiraient de la peur la nuit dans l'espace public)

    A1–changer de trottoir peut bien souvent se révéler plus anxiogène qu'autre chose pour toutes les parties présentes / créer confusion et tension là où il n'y en avait souvent même pas du tout au départ (à part peut-être dans sa tête) quel que soit celui ou celle qui change de trottoir (que ce soit les hommes ou les femmes). (exemple : le cas du groupe (de gens bourrés) qui squatte dans la rue et assiste à la scène, j'y reviens ci-après en "A3") On pourrait se retrouver aussi avec le scénario cocasse du type qui change de trottoir, tandis que la nana change également de trottoir en même temps… ils se retrouvent donc tous deux à nouveau sur le même trottoir ^^ !

    On court le risque d'alimenter de la méfiance entre individus ; on n'aurait pas assez de trottoirs pour séparer les gens les uns des autres. Toute personne ou groupe de gens ne prenant pas immédiatement ses distances par rapport à moi qui marche seule, m’apparaîtra illico hautement suspect-e sachant que c'est désormais la politesse de s'écarter / de faire des efforts afin de me montrer qu'il n'y a pas de danger.

    En plus, il y aura toujours des gens pour être distraits, fatigués, bourrés, … surtout la nuit… pour qu'il y ait en somme plein d'exceptions à la règle tout le temps, autant d'exceptions que de moments de panique donc pour celle qui aura appris que de base les gens bien s'écartent/font tout leur possible pour lui indiquer qu'ils ne représentent pas de danger. Franchement, qui trouverait ça agréable de sortir la nuit dans une telle ambiance de stress / tension ?! Et en quoi le conseil donné aux hommes serait-il utile et efficace ?

    A2–idem pour le conseil "manifester le non-danger que l'on représente" : perso, ça me fait flipper le gars qui la nuit se met à gueuler dans son tel. de façon maladroite "Oui chérie, j'arrive ! Ça a été avec les gamins ce soir ; ils se sont couchés gentiment ?" (exemple de ce qu'un homme croit parfois devoir faire pour que je me sente en sécurité dans la rue la nuit… on nage en plein délire, non ?!) J'ai déjà été témoin de trucs semblables et j'en ai pensé 2 choses : 1/ wow, mais mec ça fait pas naturel du tout ton truc déjà là et 2/ si ça se trouve, tu racontes ça derrière moi bien fort de façon à ce que j'entende, mais pour mieux me faire baisser la garde et m'attaquer le moment opportun (n'oublions pas que la peur la nuit ayant une forte composante irrationnelle, ce que je dis là est tout à fait plausible dans l'esprit d'une femme dans cette situation)

    A3–ça deviendrait vraiment n'importe quoi de devoir se préparer mentalement de la sorte, prendre de tels précautions/anticipations de tous les instants, afin juste d'aborder l'espace public la nuit et ne vexer personne ! Je veux dire qu'on aggraverait la situation plutôt qu'autre chose :

    - du côté des hommes : ils se sentiraient obligés (pour être un mec bien / féministe / respectueux) de faire des trucs qui ne leur viennent pas du tout naturellement et le feraient de façon assez gauche la plupart du temps (tout le monde n'est pas bon acteur… loin de là) donc inefficace.

    Ce comportement est d'ailleurs susceptible d'être contre-productif, en attirant l'attention de groupes qui squatteraient dans la rue, tard, un peu beaucoup bourrés et qui chercheraient des proies à intimider… ex. pensées du connard bourré : "ah tiens on s'écarte de cette femme, ça veut dire qu'elle a peur, hey si on l'emmerdait, allez on s'fait chier là les gars y'en a encore pour 2h avant le premier métro, faut bien qu'on s'amuse un peu !"…

    Et puis en plus, je digresse là (ce point appartenant plutôt aux effets indésirables : cf. "B" ci-après, mon 2e comm' à venir), mais c'est bien ça de demander aux gens de ne pas être eux-mêmes ? De jouer un rôle, un de plus (ce grand théâtre qu'est la vie…) C'est vraiment ça qu'on veut dans nos rues ? o_O

    - et du côté des femmes, on conforterait ainsi l'irrationnel de la peur (c'est bien, grande peur exacerbée, tu vas pouvoir tranquillement continuer à être développée dans la tête des femmes ; on va même te renforcer puisque tu vas pouvoir te dire que le fait qu'on ait besoin de dire aux hommes de modifier leur comportement dans la rue justifie en lui-même ton existence… ou comment l'irrationnel renforcé devient paranoïa…).

    A4 – Le parallèle avec la "discrimination positive" n'est pas pertinent à mon avis.
    -> En effet, la discrimination positive est *efficace* en ce qu'elle corrige par des actions concrètes (si imparfaites soient-elles) le comportement malveillant du dominant. Et ce, qu'il s'agisse du dominant qui ne se rend sincèrement pas compte de ses privilèges lui permettant de dominer (et donc de l'existence même de cette réelle injustice – domination des hommes en général sur les femmes en général, notamment dans le monde professionnel) ou bien qu'il s'agisse de celui qui se plait à dominer en pleine connaissance de cause.
    -> En revanche, ce conseil du changement de trottoir (ou manifestation de non-danger), que permet-il de corriger ?! Corrige-t-il les comportements sexistes dans la rue, le harcèlement réellement subi par les femmes dans l'espace public ? Réponse : Non, absolument pas. OK, alors corrige-t-il la peur exacerbée ressentie par les femmes ? Pas plus, non ! (rappelons encore que c'est de cela dont on parle, de la *peur* et non du *sexisme* et rappelons encore à toutes fins utiles que cette peur ne disparaîtrait pas juste parce qu'un certain nombre d'hommes se mettraient à suivre ledit conseil en question, dans la mesure où cette peur est à la fois irrationnelle et profondément ancrée, intériorisée par l'éducation genrée et stéréotypée mise en avant dans la société).

    • Pffffff....mais pourquoi est ce que :
      - au moment où on s'accorde qu'"envoyer des signaux d'apaisement" est ce qui est retenu comme la formule la plus pertinente, l'idée étant que chaque homme fasse preuve de bon sens et s'adapte comme il le juge OK en fonction de la situation (dépasser la dame en changeant de trottoir si elle marche lentement, ralentir si elle marche vite etc etc),
      - alors que tu prends soin de préciser "Laissons de côté les cas *particuliers*, nous parlons de *généraliser* un conseil à l'ensemble des hommes souhaitant soutenir le féminisme et dans le but de soulager l'ensemble des femmes, dont une majorité ressentiraient de la peur la nuit dans l'espace public",

      tu sors des conneries du genre :
      - "le scénario cocasse du type qui change de trottoir, tandis que la nana change également de trottoir en même temps" + "on n'aurait pas assez de trottoirs pour séparer les gens les uns des autres." => réflexions du même niveau que "et si y a un seul trottoir dans la ruuuuue heeeein??? Ah comme il est moisi ce conseil hé!". Les mecs s'adaptent, le changement de trottoir n'est pas à prendre au pied de la lettre on l'a répété 101 fois.
      - "ah tiens on s'écarte de cette femme, ça veut dire qu'elle a peur, hey si on l'emmerdait, allez on s'fait chier là les gars y'en a encore pour 2h avant le premier métro, faut bien qu'on s'amuse un peu !" => Si ça arrive, on est en droit d'attendre que le mec vienne filer un coup de main à la personne agressée, pas qu'il s'éloigne en philosophant "aaah je savais bien que Valérie donne des mauvais conseils..".

      ??

      • ---------- À propos du 1er point de ton 1er commentaire (cas particuliers / généralités) :

        Je ne me suis pas bien exprimée. Le but de cette section de mon commentaire était de lister (et ma liste ne se prétend pas exhaustive) tout un tas de scénarios, afin d'illustrer que ledit conseil, en plus de ne pas être pratique serait bien souvent parfaitement inefficace. Ce qu'untel considère comme un signe d'apaisement peut, dans bien des cas, ne pas être in fine ressenti comme tel, voire être perçu de façon négative, et ce alors que cela partait bien d'un bon sentiment.

        Ce que j'ai voulu dire, bien au-delà d'une liste non significative de cas particuliers, c'est que:

        - D'une part, on a le caractère *inefficace* du conseil : Que "les mecs s'adaptent" ou non, pense-t-on vraiment que ce type de conseil, si appliqué par davantage d'hommes, permettrait de réduire la peur de nuit chez la plupart ? Je n'y crois pas. J'ai plutôt l'impression que cela rendrait la plupart des femmes… indifférentes (par rapport à ce qui existe déjà). Voilà, c'est mon avis. Et, je vais te dire, la nature de la peur dont il est question (son caractère irrationnel, le fait qu'elle provient de stéréotypes profondément ancrés à déconstruire) me fait d'autant plus penser que l'application plus systématique de ce type de conseil par les hommes, n'aurait au mieux qu'un effet marginal. En effet, si j'ai très peur dans l'espace urbain de nuit, ce n'est pas parce que quelques hommes de plus s'écarteraient de mon chemin, ou enverraient en ma direction des signaux qui se veulent rassurants, que je cesserais d'avoir très peur pour autant. Nous parlons d'une peur irrationnelle, et si elle est irrationnelle et profondément ancrée, cela veut dire que tout et n'importe quoi est susceptible de me faire peur et que j'ai davantage peur de ce que je ne vois pas – même s'il n'existe pas (le fameux violeur sauvage du parking) – que de ce qui existe et est directement visible autour de moi (les passants).

        - Et d'autre part, le côté *aggravant* du conseil : Même si l'on se dit que ça n'en aidera que quelques-unes et que c'est déjà bien, est-ce qu'on se contrefiche de heurter les autres femmes (dans leur volonté de se réapproprier la rue et tout de suite et sans paternalisme) et/ou d’accroître le sentiment d'insécurité/méfiance la nuit des autres (celles qui n'y auront perçu aucun apaisement, mais le contraire) ? Et non, je ne trouve pas imbécile de prendre en considération le fait que certaines femmes (et là encore, qui sait s'il s'agit d'une grande minorité de femmes ou pas ?) puissent être heurtées pour les unes, voire effrayées pour les autres, par des changements de trottoir intempestifs et autres signaux de bienveillance affichée.

        ---------- Quant à ton 2nd point de ton 1er commentaire ("s'éloigne en philosophant…") :

        Ton 2nd point n'en est pas un. C'est hors sujet. Je n'ai jamais dit que si cela arrivait (mon scénario), nous étions "en droit d'attendre que le mec s'éloigne" et n'aide pas ! Pour moi, bien au contraire, cela fait partie des solutions justement pour diminuer la peur des femmes (= intervenir, mais attention, uniquement si et quand il se passe quelque chose, et pas comme ça juste au cas où = par sexisme bienveillant).

        Autrement dit, au contraire des idées que tu me prêtes, je pense qu'un homme dans cette situation (témoin) se doit d'avoir le courage d'intervenir ; même s'il a peur, parce que la femme dans l'histoire, elle, est toute seule là face au danger.

        Contrairement au fameux conseil qui nous occupe, si le type lambda doit bien intervenir, je trouve que ce n'est pas juste parce qu'il a repéré que je disposais sûrement d'un vagin vu mon apparence et que par conséquent il est vraisemblable que j'aie peur parce que je rentre seule dans la nuit, et ce, alors même que personne, ni lui, ni moi, n'ayons vu quelque chose de suspect… mais en revanche, c'est parce qu'il vient m'apporter assistance suite à un comportement effectivement malveillant s'étant réellement produit sous ses yeux. Monsieur Lambda devrait être un citoyen responsable et justement, pour moi, il est là le conseil à donner : ne plus jamais détourner le regard en tant que témoin de faits suspects et tout faire pour aider. En tant que femme aussi d'ailleurs ; c'est donc un conseil uni-sexe/genre :) même si en pratique il est pour l'instant sans doute plus aisé pour un homme de prêter assistance, encore que. Et si on a trop peur soi-même pour intervenir : courir, aller chercher quelqu'un d'autre, rester dans les parages pour s'assurer que les types n'importunent pas si on a un doute, appeler la police si c'est plus grave, etc. selon le cas.

    • Concernant tes remarques :
      - "ça deviendrait vraiment n'importe quoi de devoir se préparer mentalement de la sorte, prendre de tels précautions/anticipations de tous les instants, afin juste d'aborder l'espace public la nuit" + "Franchement, qui trouverait ça agréable de sortir la nuit dans une telle ambiance de stress / tension ?" => c'est pas ce que vivent les femmes dans la rue H24 ça???

      - "On court le risque d'alimenter de la méfiance entre individus" => les femmes se méfient DEJA des hommes dans la rue...

      - "Toute personne ou groupe de gens ne prenant pas immédiatement ses distances par rapport à moi qui marche seule, m’apparaîtra illico hautement suspect-e sachant que c'est désormais la politesse de s'écarter / de faire des efforts afin de me montrer qu'il n'y a pas de danger. " => là aussi c'est DEJA LE CAS...et tu disais pas que le conseil à un homme de s'écarter d'une femme était inefficace??

      "mais c'est bien ça de demander aux gens de ne pas être eux-mêmes ? De jouer un rôle, un de plus (ce grand théâtre qu'est la vie…) C'est vraiment ça qu'on veut dans nos rues ?"

      • "=> c'est pas ce que vivent les femmes dans la rue H24 ça???"
        "=> …DÉJÀ"
        "=> …DÉJÀ"

        So what?! On est au courant que les femmes le vivent DÉJÀ, merci. Et alors, ça justifie quoi ? Qu'on fasse souffrir davantage de personnes inutilement, parce que c'est vraiment trop injuste que certaines soient seules à souffrir la nuit dans l'espace public ? Donc, on devrait créer la possibilité de nouvelles tensions (cf. dans le billet, dans mes comm' précédents, pour les hommes et pour celles parmi les femmes qui auraient réussi à échapper au stéréotype concerné), sous prétexte de chercher à éliminer la première (peur irrationnelle ressentie la nuit par les femmes dans l'espace public) ? Sorry hein, mais ça me semble illogique, en effet.

        " =>...et tu disais pas que le conseil à un homme de s'écarter d'une femme était inefficace??"

        Je ne vois pas de contradiction dans ce passage. Je dis *à la fois* :
        a) ledit conseil aux hommes est me semble-t-il inefficace en ce qu'il ne lutte pas réellement contre la peur irrationnelle des femmes (cf. "effet marginal" dans mon comm' précédent)
        ET
        b) une fois qu'on aurait bien intériorisé tout ça (dans l'hypothèse où les hommes se sont mis plus massivement donc à suivre ledit conseil)… eh bien, ce comportement "bienveillant" devient attendu... et il s'ensuit que celui qui ne s'y plierait pas (par inattention due à la fatigue ou autre, parce qu'il trouve ça naze, peu importe en somme pourquoi) serait perçu par tout le monde comme un impoli / mal éduqué / irrespectueux, etc., quelqu'un dont on aurait peut-être en fait à se méfier, qui sait ? (parano)… alors qu'avant, le même passant n'aurait pas forcément tant éveillé de soupçons ou suscité d'agacement.
        (parce que sans la généralisation de ce conseil, on trouve plutôt banal / normal - et pour cause, il n'y a rien d'alarmant ! - un type qui ne change pas de trottoir, qui ne lance pas de "signal d'apaisement"... on n'en pense rien de spécial, on ne s'offusque en rien… )

        (=donc ET c'est inefficace ET ça crée de nouvelles tensions qu'il n'y aurait pas eu sinon, sans l'application par les hommes dudit conseil).

  9. - SUITE -

    B – Sur les effets indésirables, qui ne manqueraient pas d'accompagner le conseil dont il est question :

    B1– À travers ce conseil, on va donc inculquer aux garçons en grandissant que mêmes une fois adultes, les filles, devenues femmes donc, restent fragiles au point que l'on ait à composer avec leur peur, si irrationnelle soit-elle et faire plaisir à ces êtres fragiles en les accommodant. Je suis d'accord avec Joëlle qui a commenté plus haut [NB Je souscris à 1000% à tous ses commentaires sur ce billet jusqu'à maintenant d'ailleurs :) ] : ça pose un problème évident dans l'éducation des enfants, alors même que l'on tente d'en finir avec les stéréotypes de genre !! Bonjour la crédibilité en tant que parent d'ados (ou même d'enfants plus jeunes, futurs ados), avec de telles incohérences et contradictions ! À ce rythme-là, c'est pas 80-100 ans qu'il nous faudra, mais bien davantage hein.

    B2–Par ailleurs (et s'ensuit), ne faudrait-il pas avoir la rigueur de s'imposer ce que l'on impose aux autres ? A raison, on impose, afin de mettre à mal la culture du viol, de se focaliser sur l'agent responsable qu'est le violeur et uniquement lui ; comment pourrions-nous, dans le même temps, dire qu'il faut tourner notre attention sur les hommes et leur comportement dans l'espace public pour mettre à mal le phénomène de cette peur irrationnelle qu'éprouvent les femmes la nuit ? Alors que nous savons pertinemment que l'explication ne provient pas des hommes dans l'espace public, mais de l'éducation genrée ! Ne serait-ce pas hypocrite ?

    = = > Pour l'acte sexiste : on insiste que l'élément déclencheur/responsable est la personne ayant commis l'acte sexiste/agression/… dont il est question et point barre. Or, pour la peur irrationnelle : l'élément déclencheur/responsable = tous ceux et toutes celles qui ont véhiculé / alimenté les stéréotypes de genre de type féminin.

    Je trouve illogique de faire porter la responsabilité aux gens *au moment de simplement occuper l'espace public*. Ce n'est pas la présence de gens dans la rue sur le même trottoir que Madame Lambda, ou à sa hauteur, ou qui marchent aussi vite/plus vite/moins vite… qui fait que Madame Lambda a peur (peu importe leurs comportements aux uns et aux autres en fait, à moins évidemment qu'ils ne fassent exprès de lui faire peur). Ils n'ont donc pas à rentrer là dans notre équation.

    La seule chose qui fait que Madame Lambda a peur à ce point, c'est un système de pensées, dont les responsables sont :

    1/ Tous ceux qui ont contribué au bourrage de crâne sur la peur la nuit pour une femme dans la rue et,

    2/ Madame Lambda elle-même, de par le fait qu'elle n'ait pas exercé suffisamment d'esprit critique et ce, quelle qu'en soit la raison (éducation beaucoup trop stricte avec entourage surprotecteur, environnement religieux pratiquant lors des années formatrices de l'éducation, déficience mentale ou très faible Q.I., accidents de la vie tels que la dépression, …).

    Ainsi, ne serait-ce pas hypocrite de dire :

    - d'un côté, "hey la culture du viol qui sévit dans notre société ça pue, j'ai identifié le coupable et arrêtez de vous tromper en vous focalisant sur la victime, c'est le violeur qui viole merde",

    - et puis de l'autre, "bon, là, les gars, c'est pas pareil ; on sait que le coupable identifié de la peur irrationnelle des femmes la nuit n'est ni les violeurs, ni les hommes en général, mais bon faudrait se focaliser sur les hommes pour qu'ils nous aident avec ce problème, hein. Merci d'aider et de faire le travail ici aussi".

    On passe nos journées à dire aux hommes de travailler sur la déconstruction de la virilité et là, alors qu'on tenait une belle raison de dire cette fois-ci plutôt aux femmes, donc, qu'elles doivent travailler sur la déconstruction de la féminité (vu que leur peur provient de ces stéréotypes et l'éducation genrée), …non là on choisirait encore de s'adresser aux hommes ! Or, le boulot de déconstruction des stéréotypes de genre n'appartient pas qu'aux hommes. À chaque genre, son lot de stéréotypes à dégommer ! Faire partie de la population dominée, et non dominante, ne doit pas nous dispenser de ce travail essentiel qui ne sera pas fait à notre place ! Je sais que pour beaucoup de femmes, nous sommes habituées à dire, qu'en tant que victimes (du sexisme ambiant), nous en bavons déjà assez, et qu'il est dur de s'entendre dire qu'il va falloir en baver en plus dans la déconstruction (par-dessus le marché) de ses stéréotypes propres !

    Mais ne pas le reconnaître / ne pas accepter de dire en tant que féministe, que c'est aux femmes d'effectuer ce difficile travail là en particulier, qui va par définition contre ce qui nous est familier/réconfortant (donc oui pas évident)… représenterait, je trouve, un danger non négligeable pour sa crédibilité auprès des hommes, que l'on n'hésite pas à bousculer pour qu'ils effectuent, eux, ce même effort de leur côté sur leurs stéréotypes de virilité…

    • D'après toi ce sont les femmes qui doivent faire tous les efforts? A la base, la série de tweets était à destination des hommes féministes qui souhaiteraient aider et donc prêts à faire des efforts. Je comprends mal en quoi le fait de faire un geste visant à soulager le stress que subissent les femmes dans la rue les empêcheraient d'analyser la rationalité de ce stress, moi je trouve au contraire qu'on réfléchit bien mieux, et on prends beaucoup plus confiance en soi en n'ayant pas la frousse.

      • Oui, je sais bien à qui s'adressaient les tweets-conseils de Valérie ! :) Et justement, je trouve que c'est le seul conseil (ce fameux n°3), parmi sa bonne vingtaine de tweets, par ailleurs très bons, dont on aurait pu se passer.

        1] Oui, je considère que c'est principalement aux femmes qu'il revient de s'occuper de leur propre peur irrationnelle exacerbée dans l'espace public de nuit ; à elles, qu'il revient de s'atteler à déconstruire les stéréotypes de genre de type "tu seras violée, ma fille" enseignés aux femmes depuis des générations. (N.B. oui, donc ces stéréotypes ont été transmis par à la fois des femmes ET des hommes, mais donc aussi par les femmes et les femmes sont en position idéale pour aider d'autres femmes à déconstruire ce qu'elles ressentent en elles de par cet "enseignement" nauséabond).

        Comme je le disais plus haut, à chaque genre ses stéréotypes à dégommer, d'un côté la féminité et de l'autre la virilité. En l'occurrence, s'agissant de la peur irrationnelle des femmes de tomber nez à nez avec le violeur sanguinaire du parking, c'est bien contre les stéréotypes "féminité" que les femmes luttent.

        S'agissant de la dernière partie de ton commentaire à partir de "faire un geste visant à soulager le stress que subissent les femmes…" :

        --->> Comme précisé précédemment, je n'y crois pas une seconde que parce que j'ai perçu quelques pseudos-signaux d'apaisement, ça m'aide beaucoup à déconstruire les stéréotypes. Comme je le disais, on a affaire à une peur *irrationnelle*. Ce que tu dis serait sans doute vrai si nous parlions d'une peur plus rationnelle, de quelque chose qui est visible et statistiquement significatif. Or, cette peur irrationnelle est la peur de ce qui n'est pas vraiment là, de ce que je ne vois pas dans mon environnement actuel. Je ne vois pas bien du coup comment le fait de voir quelques types lambda sur mon chemin m'envoyer quelques signaux d'apaisement (et même si ça devenait une pratique plus généralisée) va réellement avoir une action concrète et significative sur ma peur du Grand Méchant Loup, alias le violeur fou des parkings et souterrains glauques…

        (Et rappelons, au sujet de la frousse, que si ce conseil était pratiqué mainstream par les hommes, bah le gars que tu croises et qui fait pas gaffe, tu vas maintenant être bien plus susceptible de le remarquer et donc le considérer potentiellement dangereux puisqu'il ne suit pas la convention sociale établie = conclusion, t'as bien toujours la frousse … alors qu'avant la généralisation de ce conseil, tu l'aurais peut-être même pas calculé si ça se trouve… Or, on sait de façon certaine que même si ce conseil était généralisé, il y aurait plein de mecs tous les jours pour être les exceptions pas si exceptionnels: untel distrait par son tel il t'avait pas vu, désol… un autre idem parce que bourré, fatigué, … pas sûre que ces exceptions soient si exceptionnels au final et le mainstream pourrait donc = du pas-vraiment-mainstream).)

        --->> En revanche, je vois des raisons pour dire que ces gestes, si bien intentionnés soient-ils, puissent être contre-productifs et me faire en fin de compte perdre du temps dans la déconstruction des stéréotypes de genre féminin… En effet, est-il vraiment souhaitable finalement de demander à généraliser ce conseil (que davantage d'hommes dans l'espace public endossent la responsabilité d'envoyer des signaux d'apaisement de leur choix), alors que cela participerait de l'infériorisation manifeste des femmes dans l'espace public ? Infériorisation intériorisée, déjà par le simple fait de savoir que la gent masculine est censée me protéger de moi-même (ma peur est irrationnelle) via rustine. Rappelons en effet que si le conseil devenait la norme du comportement masculin dans la rue, cela deviendrait vite un dû ! Ainsi, je serais une femme à qui l'on "apprendrait" (nouvelle convention sociale acceptée par tous, c'est l’hypothèse) une nouvelle forme de passivité, en demandant de l'aide en gros (oh stp grand homme fort protège-moi de moi-même, moi faible femme Argghhh).
        Eh bien, je dis zut, stop, on n'a pas eu tant d'années de luttes féministes pour en arriver à se dire qu'il n'y a guère d'autre solution que de créer une nouvelle forme de sexisme ! Insuffler du sexisme, le comble du féminisme (même à court terme hein) ! C'est quand même très problématique quand on y pense, ça me maintient dans un sentiment de faiblesse relative, bien loin de la confiance en soi justement dont tu parles hein. Cette fragilisation me freinera dans ma lutte contre ma peur, confortant l'idée erronée que je suis faible, que les femmes ne sont pas foutues de s'aider elles-mêmes. Et en plus, en tant que "faible femme" ayant "besoin de cette rustine à court terme", je serais désormais responsable de l'apparition de nouvelles tensions au sein de la société pour d'autres personnes qui n'avaient rien demandé, qui n'y sont pour rien ("racisé-e-s", femmes n'ayant pas peur, hommes : cf. précédents comm' et billet de Valérie).

        (Enfin, petite digression sur l'empathie : je pense qu'avoir de l'empathie pour les femmes qui en souffrent de ce type de peur, c'est : reconnaître cette souffrance ; les aider à comprendre d’où elle vient ; leur dire qu'il est possible de travailler dessus et s'en débarrasser, ou du moins de la faire diminuer considérablement ; reconnaître que le chemin pour y arriver est parfois bien long et frustrant, mais rassurer encore et toujours sur le fait qu'il n'y ait aucune fatalité, qu'il y ait bien moyen de ne pas rester enfermée là-dedans toute sa vie.)

        2] Non, je n'ai jamais dit que les femmes devaient faire "tous les efforts". Seulement, sur un sujet tel que la peur des femmes dans l'espace public, qui touche aux stéréotypes de féminité, la part de responsabilité des femmes va de soi. Du côté des hommes, je trouve que leurs "efforts" en la matière devraient se limiter à leur responsabilité propre, à savoir :
        - en amont : apprendre à ne pas alimenter les stéréotypes de genre de type "tu seras violée, ma fille" en tant que père, oncle, cousin, grand-père, petit ami, mari, collègue, … des filles et femmes de leur entourage ;
        - agir de toutes les manières possibles pour "éduquer" les hommes de leur entourage sur lesquels ils ont une quelconque influence, force de persuasion à propos du sexisme et la violence qu'il représente / à propos de la déconstruction des stéréotypes de virilité, etc. ;
        - lors de la survenance de violences/harcèlement de rue/… , agir de manière responsable en portant, d'une manière ou d'une autre, secours/assistance à la victime + ne pas minimiser son témoignage après coup.
        (= Donc, pour moi, dans l'espace public à proprement parler, l'action des hommes se limite au 3e élément, les 2 autres appartenant à la sphère intime.)

  10. Valérie, c'est un ami qui m'a parlé de ton article et surtout de tes tweets sur l'affaire du trottoir. Je n'ai rien à redire sur ce que tu as écrit, je voulais juste te remercier pour tout ce que tu fais depuis des années. Je suis souvent en colère après t'avoir lue, parce que ton indignation ne connaît pas de bornes.
    Je pense que cette colère est salutaire, même si je suis consciente de toute la violence qu'elle génère, ne serait-ce que dans les commentaires de ce blog.
    Je sors juste de la lecture d'un article sur le féminisme sur le blog d'Antigone XXI et je me dis qu'il y a encore du boulot.
    Donc voilà; en somme, merci pour cette voix que tu fais porter.

  11. [...] Avant d'attaquer mon article proprement dit, je vais essayer de résumer ce qu'il s'est passé mardi. Suite donc, à des tensions avec un groupe d'hommes féministes, j'ai posté sur twitter une suite d'une vingtaine de conseils aux hommes qui voudraient aider les féministes. Ces conseils ont été énormément retwités et surtout l'un d'entre eux, qui conseillait aux hommes de changer de trottoir et d'accélérer le pas s'ils se trouvaient derrière une femme dans la rue la nuit. ...>>>> Le trottoirgate ou comment la peur vint aux femmes - Crêpe Georgette : http://sco.lt/6kpgA5  [...]

  12. Je suis d'accord avec les conseils que tu donnes Valérie. Mais l'influence du féminisme des internets étant très limitée (une minorité de femmes + quelques amateurs de cookies), il faudrait surtout encourager les femmes à se rendre dans des ateliers d'autodéfense féministes et à en parler autour d'elle. Parce que oui, on est dans du bricolage à court terme, plus dans l'accomodation que la révolution... je pense que dans la vie de tes lectrices, travailler des outils pour se protéger des agressions est plus réaliste, dans l'immédiat, que de prier que l'homme qui nous insécurise là ait lu #safedanslarue.

    Autre chose, tu écris:
    "En clair, on la rend responsable de son agression (tu provoques), on essentialise les noirs et les arabes en les prétendant tous machos, on pousse forcément et logiquement les femmes noires et arabes à ne pas porter plainte car si elles ont été agressées par un blanc, on leur dire que c’est faux, seuls les noirs et arabes agressent, et si elles ont été agressées par un noir et un arabe, on s’en servira pour expliquer que tous les noirs et arabes sont machistes."

    Que les femmes noires et arabes se rassurent (ou se désolent, au choix) : l'accueil est le même lorsque l'on est une femme blanche et que l'on porte plainte contre un blanc. Peu importe la couleur de la victime, le flic ne supportera pas de ne pas pouvoir appliquer ses schémas racistes.

    • Donc si je résume : les hommes qui soutiennent le féminisme veulent tous un cookie (merci pour eux), contre la peur rien ne vaux un peu de Krav Maga, et tout aussi radicalement tous les flics sont racistes ?

  13. Tu résumes ou tu déformes?

    J'ai souvent l'impression que les hommes qui se disent pro-féministes font ça pour l'image, mais lorsqu'il s'agit de changer concrètement ses comportements, renoncer à un certain confort... y'a plus grand-monde.

    Ensuite, je n'ai pas parlé de krav maga, mais d'autodéfense féministe, ce qui n'est pas du tout la même chose. Il faut mettre les pieds dans un atelier pour vraiment comprendre la différence (d'autant que la plupart des cours de krav maga pour femme proposent "d'apprendre à se défendre tout en se galbant le fessier", on a vu plus féministe...)
    Puis on met toutes en place des stratégies plus ou moins chiantes, on a toutes intériorisé certaines stéréotypes (sur les agressions, sur notre prétendue incapacité à nous défendre). Structurer tout ça et se sentir pro-active pour notre sécurité fait vraiment une différence en terme de qualité de vie, de confiance et d'estime de soi.
    Dans une certaine mesure, on peut comparer ça à la contraception. Je préfère apprendre à connaître mon corps et m'informer sur toutes les techniques disponibles plutôt que laisser mon partenaire décider pour moi/nous... puisque j'ai beaucoup plus à y perdre que lui.

    Quand aux flics racistes... c'est à eux/elles d'agir contre cette réputation, pas aux victimes (qui en plus se souffrent un interrogatoire misogyne quand elles ont l'audace d'aller porter plainte).

    • Il faut aussi comprendre que ce n'est ni facile ni légitime pour un homme de se dire pro féministe. Facile a cause du carcan social (mais ça à la limite c'est peut etre le plus simple a dépasser) et légitime a cause du mansplanning. Pour ma part si j'agis dans le sens du féminisme, ce n'est pas par interêt (sur le papier je n'aurais rien à en retirer) mais parce que c'est quelque chose que j'estime juste. Dès lors, je n'ai pas a prendre la parole pour les femmes, mais simplement à les écouter et agir à ma petite echelle pour que ça aille dans le bon sens. Je sais que pleins d'hommes agissent de la sorte, et c'est faire le jeu de ceux qui les critiquent que d'y voir des gars qui veulent se faire mousser.

      L'autodéfense va dans le sens de l'empowerment et de la reconstruction culturel en faveur des femmes, sauf qu'elle n'est faite ici que dans le sens des femmes façon "vous avez peur : apprenez à gérer !"

      (je suis bien conscient que je radicalise beaucoup, mais je ne force le trait que pour servir ma démonstration).

      Cela rejoint ce que je disais tout à l'heure : comment un homme peut se positionner dans le féminisme s'il n'envisage pas être une partie de la solution ? Je parlais pour ma part de petites actions dans la vie de tous les jours, et bien ceci peut être un début de réflexion. Après je ne vais pas forcement changer de trottoir systématiquement en voyant une femme la nuit, mais en tout cas je vais me poser la question du ressenti qui peut se dégager de moi, et agir de façon à limiter le sentiment de peur que je suis susceptible de susciter.

      Concernant les flics, je ne veux pas renier ou minimiser le fait qu'il y'en ait qui soient raciste et / ou misogyne. Oui le phénomène existe, oui il l'est de façon conséquente, mais le radicalisme avec lequel tu le sous entend me gène car je n'aime pas brocarder une corporation. Etre flic n'implique pas une idéologie : c'est un métier, pas un modèle de pensé. Autant je suis prêt a faire ce genre de "paquet" lorsqu'on parle de personne partageant une idéologie (les communistes sont ceci, les mecs de l'UMP sont cela) parce que c'est justement l'idéologie qui les unis que je critique, autant le critère du métier me semble un angle trop casse gueule pour mettre tout le monde à la même enseigne (les profs sont ceci ou les taxis sont cela... ça sa me dérange).

  14. -" c’est faire le jeu de ceux qui les critiquent que d’y voir des gars qui veulent se faire mousser"

    Quand tu vois un proféministe pédophile ou un universitaire qui a fait son beurre sur le féminisme tout en accumuilant des accusations de viol dont les comportements sont tolérés, tu peux avoir un minimum de bon sens et... relire Delphy (par exemple), non?

    - "sauf qu’elle n’est faite ici que dans le sens des femmes façon « vous avez peur : apprenez à gérer !"

    Non. Tu vois les chiffres, ton vécu et celui de tes amies, des femmes de ta famille et tu te dis que ta peur n'est pas un fantasme. Pour te donner un exemmple, quand j'étais gosse, je pensais que mon père était génial. Je ne m'attendais pas à ce qu'il tabasse ma mère. Qu'il le fasse encore. Et encore, et encore... Puis qu'il tabasse ma soeur. Et qu'enfin il me tabasse moi. J'aurais pu rester accrochée à mon image du papa idéal, mais je serais peut-être morte à l'heure qu'il est. Je me dis que j'ai bien fait de trouver des stratégies pour faire face au lieu de m'en remettre complètement à sa volonté de me péter les dents ou de ne pas le faire.

    Désolée de jouer sur la corde émotionnelle, mais ta formule était grossière. Oui, il faut gérer la peur (quel fabuleux poison!) mais aussi (et surtout) des situations aberrantes. Ce qui ne veut pas dire que les hommes ne doivent pas se remettre en question. Mais en attendant de trouver des pro-féministes qui vont spontanément faire la morale aux frotteurs ou à mr "hey-salope-tu-suces" dans la rue, je vais pas rester les bras croisés.

    Si tu trouves un diamant dans la fange, tu me fais signe. Je vais me mettre en quête d'un prof d'histoire-géo de droite.

    • Je me désole de voir que tu considère que les hommes ne peuvent rien apporter à l'histoire (ou si peu), mais c'est ton point de vu et tu as donner les éléments qui t'amènent à penser ainsi. Je comprend notamment qu'une posture ou tu agis sans attendre que les autres se bougent le cul est bien plus concrète... mais si les autres agissent c'est pas AUSSI une bonne chose ? l'un exclut il forcément l'autre ? Je persiste à croire que les solutions sont des ensembles, et pas seulement une décision qui vient d'un seul coté.

  15. Bonjour

    Je lis en début d'article " j'ai posté sur twitter une suite d'une vingtaine de conseils aux hommes qui voudraient aider les féministes. Ces conseils ont été énormément retwités et surtout l'un d'entre eux, qui conseillait aux hommes de changer de trottoir ..."

    Ces 20 conseils ont-ils été publiés sur ce blog ? (désolé si je n'ai pas trouvé l'article..., sinon, pourrait-on les avoir ici SVP ?)

    Pourquoi publier ces 20 conseils sur Twitter ? Nombre de personnes ne s'en servent pas..

    Merci de vos réponses

    PS : comme d'habitude avec vos articles, j'ai été très surpris, perturbé et finalement la réflexion m'a permis de faire évoluer ma position.

    Mais le plus important est surtout d'enseigner et d'expliquer cela aux jeunes garçons, car ce sont eux qui auront la tâche de faire disparaitre les comportements agressifs et nuisibles (pour eux mêmes et en réagissant vis à vis de leurs copains également).

  16. [...] le note @valeriecg dans son dernier article, un homme noir est peut-être déjà en train d’appliquer ce conseil, non pas par féminisme, [...]

  17. @Flashou: avec le bel exemple de mansplanning que tu m'a donné, tu n'auras pas ton cookie. Pourquoi tu tiens tant à avoir TA place dans le féminisme? Pourquoi chercher à te valoriser en tant que pro-féministe?

    Je suis athée, il ne me viendrait pas à l'idée de me pointer dans une mosquée, d'être condescendante et d'expliquer aux croyants ce qu'ils doivent ressentir (du type "vas-y, l'islamophobie c'est dans ta tête."). Et je ne m'attend pas non plus à ce que l'on me félicite d'être une blanche non-raciste, puisque ça devrait être normal. Tu comprends le parallèle?

    Relis Delphy, vraiment.

    • Je me suis visiblement pas bien exprimé ce qui m'embête d'autant plus que ça fini apparemment par donner le sens contraire à ce que je voulais dire. Aussi si tu permet je vais reprendre du début. Je me permettrai de te citer comme je t'ai compris, ne voit donc pas là une tentative de te faire dire ce que tu n'as pas dit, mais simplement de resituer l'échange tel que je l'ai compris.

      J'ai commencé par réagir à ton message ou tu disais que bien que les propositions de Valérie soient pertinentes, elles n'étaient pas assez efficace étant donné que sur Internet le propos féministe ne rencontre pas un écho suffisant. Tu recommandais plutôt d'encourager les femmes à prendre part à des ateliers d'autodéfense afin d'agir immédiatement. Tu as reconnu que ce n'était pas une solution en soit mais qu'au moins cela apportait une réponse concrète. Tu as ensuite sous entendu que la considération des policiers pour les victimes était de toute façon négative ces derniers étant raciste / misogyne.

      Ma réaction à été d'exagérer tes propos sarcastiquement car j'ai notamment été interpelé par la fin de ton message. Je reconnais cependant avoir loupé mon coup concernant l'auto défense puisque je connais ce genre d'atelier et je sais très bien qu'on y apprend pas à neutraliser une sentinelle mais qu'on y évoque aussi bien des gestes "utile" que des comportements pour se sécuriser (la première et meilleure option étant de prendre la fuite si possible).

      Crois le ou non, mais ma réaction concernant les hommes féministes ne me prenait pas en compte : je ne m'estime pas pro féministe, je ne suis pas assez impliqué, je n'ai pas la "culture" nécessaire sur le sujet, et je suis encore trop conditionné par mon éducation pour me considéré comme tel. Pire encore, je considère que ce n'est pas ma place parce que sur la plupart des points c'est le combat des femmes et que ma parole n'a rien à y foutre vu que je ne ferai que polluer le débat. Cependant, je connais des gens qui ont un parcours plus poussé et aboutit que le mien, qui font ça avec sincérité, et qui n'essayent pas de se faire bien voir. Ils sont contributeur et ne cherchent pas à parler à la place des femmes. Ils profitent du fait qu'ils soient du "bon" coté de la barrière pour relayer le message. Je reconnais que parfois cela entraine des situations contre productives, mais pour autant j'ai trouvé ça réducteur que de les considérer comme ça.

      J'ai eut un peu la même réaction sur les flics. Je n'en suis pas un, et je n'ai pas de sympathie particulière pour cette profession, cependant je me méfie des généralités (bien que paradoxalement ça m'arrive d'en faire aussi :p) notamment parce qu'un groupe professionnelle n'est PAS un groupe d'idée. Si le métier et sa pratique vont forcement donner une pensée commune à tous les flics, je ne crois pas qu'elle soit exempte des valeurs individuels de chacun.

      Donc voila tout ce sur quoi je voulais réagir à la base : désolé si les digression ont rendu mon propos confus. Même si ça ne nous met pas d'accord j'espère qu'au moins ça te convaincra du fait que je n'essayais pas de te faire la leçon.

  18. Je te remercie d'avoir clarifié tes idées. En plus tu l'as fait sans agressivité alors que le ton peut monter très vite dans les débats sur internet (et la mauvaise foi aussi).

  19. Dites, le mec qui vous suit dans la rue et un violeur en puissance, celui qui change de trottoir est un " sexiste bienveillant et lourdingue", celui qui réagit à une agression est un macho cherchant à "défendre les demoiselles en détresse", et celui qui cherche à discuter de tout ça avec vous est au mieux un bouffeur de cookie (voir commentaire plus haut) au pire fait du mansplainning,....
    Etes-vous sur que vous cherchez réellement à associé les hommes à votre démarche??

    Signé: un homme blanc privilégié, dominateur, chouineur, raciste (et j'en oublie surement)

    • oui tu as oublié "mauvais en orthographe".
      bonne journée.

    • @Jo :

      1. Un mec qui se trouve derrière moi dans la rue et souhaite tout simplement rentrer chez lui n'est en rien un violeur en puissance. En revanche, il est possible d'avoir un peu d'empathie en reconnaissant que les stéréotypes de genre ont depuis des générations et des générations amené les femmes en général à développer une peur irrationnelle la nuit dans l'espace public, ce que Valérie a décrit avec brio dans le billet suivant : http://www.crepegeorgette.com/2013/07/24/tu-seras-violee-ma-fille-2/ (par exemple). Le fait qu'un certain nombre de femmes éprouvent une peur irrationnelle – et je dis bien *irrationnelle* - ne signifie en rien que cela reflète la réalité. Sinon, on ne dirait pas que cette peur est *irrationnelle*. C.Q.F.D.

      2. Celui qui change de trottoir est bien un "sexiste bienveillant", mais le plus souvent il s'agit d'un "sexiste bienveillant qui s'ignore". :) Autrement dit, cela part d'une bonne intention et donc il ne sert à rien de lui tomber dessus et de l'insulter. Lui expliquer simplement et de manière diplomatique que son action est parfaitement inutile, mais merci quand même pour l'intention derrière.

      3. Celui qui réagit à une agression n'est en rien, par là-même, un "macho" et j'ose espérer qu'il fera tout ce qui est en son pouvoir pour aider *n'importe qui*, homme comme femme, qui se trouverait en difficulté suite à/ou pendant une agression ! Ça s'appelle de l'assistance à personne en danger, de la sollicitude, de la politesse, de la responsabilité, … et cela n'a rien à voir avec le genre ni du témoin d'une agression dans la rue, ni de la victime de l'agression en question.

      4. Celui qui cherche à discuter de tout ça est le bienvenu !! Une lectrice de ce billet a eu un phrasé malheureux dans un bout de commentaire, ce qui lui a été expliqué très rapidement et avec justesse. Les hommes féministes ne sont en effet pas des "quémandeurs de cookies" ou "mansplainers". Certains "wannabe féministes" peut-être, mais *pas* les hommes véritablement féministes, plus expérimentés, qui auront appris à ne surtout pas se comporter ainsi !

      OUI, IL EST RÉELLEMENT TRÈS UTILE D'ASSOCIER LES HOMMES AU FÉMINISME. :)

      • Merci pour ta réponse et pour être franc je suis d'accord avec une bonne partie de l'article sur le fond seulement ce que je tentais de suggérer dans mon commentaire c'est que l'on ne pourra pas associer les hommes au féminisme tant que le féminisme ne s'intéressera pas... aux hommes (autrement qu'en tant qu'adepte d’une grande société secrète visant à maintenir les femmes en esclavage).

        Sérieusement, après avoir lu cet article, si je me demande si raccompagner une fille chez elle en sortant de soirée c'est sympa ou c'est du "sexisme bienveillant", je n’en sais rien. Et je suis à peu près persuadé qu'on pourrait organiser un grand pugilat interféministe pour pouvoir avoir une réponse à cette question.

        Croyez bien que les mecs (de bonne volonté) sont aussi pommés que bien des filles face à ce qu'une société postpaternaliste attendrait d'eux.

        Qu'on le veuille ou non le virilisme si joyeusement pourfendu par toutes les féministes reste une injonction extrêmement forte adressée aux hommes par la société et, oserai-je le dire, par une bonne partie des filles elles-mêmes nourries depuis le biberon par des images de conquérants glorieux et autres aventuriers shootés à la testostérone.

        A coté de ça on doit incorporer les recommandations parfois contradictoires des 367 courant du féminisme (et le reste) pour traiter les femmes de manière indifférenciée,... sachant que si on le fait vraiment on est un mufle (le comportement qu'un homme a avec ses potes est celui d'un mufle s’il est reproduit envers une femme).

        Tout ça pour dire que le féminisme n'a que quelques décennies ce qui n'est pas grand-chose, que ni les hommes ni les femmes ni même les féministes n'on encore détricoté l'ensemble des composantes des inégalités d'aujourd'hui ni encore moins tirées toutes les conséquences d'une société égalitaire sur les rapports homme-femme de demain. Et que donc bien des hommes (qu’ils se définissent féministes ou pas) ne méritent pas les tombereaux d'insulte et de dénigrement que l'on peut lire dès qu'ils questionnent les injonctions de telle ou telle féministe.

        Enfin, quand bien même ils le mériteraient, avez-vous déjà réussi à convaincre quelqu'un de quoi que ce soit en l'attaquant ??? Moi jamais.

        PS: j'en aurai bien discuté avec l'hôtesse de ces lieux, mais je n'ai pas un niveau d'étude suffisant pour qu'elle daigne me répondre.

        • non. non, non et non.
          quand on arrive en alignant qu'on est malheureux, que les féministes ici présentes sont misandres on est au choix un troll, au choix un môme qui fait une connerie pour que maman s'occupe de lui.
          donc je te traite comme un troll ou un môme ce qui revient au même.
          quand, sous un article traitant de la peur des femmes, on arrive à chialer sous son propre sort, on repart déconstruire sa virilité en se disant qu'on a merdé et que l'hotesse des lieux a encore été bien bonne de pas nous foutre dehors à coups de pied au cul.
          Inutile de reposter, tu perdrais ton temps.

          • D'abord, ton poste ne traite pas de la peur des femmes mais est une analyse des réactions que tu as reçus suite à ce que tu as posté sur twitter sur la peur des femmes.
            La différence, c'est que sur la peur des femmes je n'ai rien à dire, je ne la connais pas, sur l'analyse froide des réactions (ce que ton post prétend être) si.

            Si j'ai bien lu la presse beaucoup de ces réactions était celle d'homme qui ne comprenaient pas, d'une manière ou d'une autre, ce dont les filles étaient en train de parler (entrainant la floppée de réaction plus ou moins intelligentes qui va avec). J'essai de donner des éléments du pourquoi.

            Je ne te dis pas que je suis malheureux je te dis que la transformation de la société qu'implique l'égalité des sexes ne se fera pas en faisant l'économie de l'analyse de ce qui se passe dans la tête des hommes.

            Quant tu vois les cohorte de réac qui défilent dans la rue contre le gender, quant tu vois les hommen, quant tu vois les masculiniste qui font de plus en plus parler d'eux (ceux qui prétendent en façade se battre pour la garde de leurs enfants pour cacher un agenda largement au delà de la misogynie, j'imagine que tu connais) ça te met pas la puce à l'oreille?

            Tout ceux-là sont des extrémistes et de loin, mais quand des mouvements extrémistes commencent à se structurer autour d'un sujet ça veut dire que c'est un sujet qui pose problème à bien plus de monde que ça.

            La place de l'homme dans une société égalitaire est un trou noir de la pensé féministe, philosophique, sociologique et tant que ce trou noir ne sera pas comblé, les hommes seront un frein au féminisme.

            Les femmes ont tout un tas de modèle féminin et féministe à qui s'identifier pour se construire.

            Pose toi la question sincèrement, est tu capable de citer trois hommes dont tu ferais des modèles auxquels tes gamins puissent s'identifier pour se construire (personnage réel ou fictif) et qui correspondent à ce que tu attend d'un homme dans une société égalitaire???

            Tant que la société aura pas répondu à cette question le féminisme trouvera la moitié de la population mondiale en face d'elle, parce que pour abandonner un modèle, il faut qu'on nous en présente un autre.

            Si tout ça c'est chounier, chialer, geindre, très bien modères donc ce post, si t'arrives pas à trouver trois noms (encore un fois réel ou de fiction) lance donc un appel à tes lecteurs, fait donc un billet pour les demander ces trois noms et là j'aurai pas complètement perdu mon temps à reposter.

            Trois noms??

            Bonne soirée, et si ce post doit être modéré, bonne continuation.

        • Les féministes ne considèrent pas les hommes comme des "adeptes d'une grande société secrète visant à maintenir les femmes en esclavage". Quelle sottise à tout point de vue ! Sorry hein, mais ce n'est pas très malin. Déjà, le sexisme sévit très *ouvertement* et n'est certainement pas secret. Ensuite, si tu perçois le féminisme ainsi, c'est que tu n'as pas dû lire encore beaucoup sur le sujet…

          De nombreux hommes sont féministes et leur nombre ne fait que croître. Un beau jour nous serons tous féministes (on ne le verra probablement pas de notre vivant Argh!!) et nous n'aurons donc plus besoin du féminisme. Mais nous sommes déjà loin de la première vague de féminisme et ton "on ne pourra pas associer les hommes au féminisme tant que…" est risible tant il y a déjà nombre d'hommes qui se déclarent féministes ou pro-féministes. Wake up!! (en plus, c'est mondial le féminisme hein ; y'a pas que la France dans le monde)

          "Sérieusement", par rapport à tes interrogations, lorsqu'on a un doute, il y a une manière très simple de trancher : se renseigner auprès de la personne (homme ou femme d'ailleurs) pour savoir si elle a besoin d'aide, si elle a peur ou non. Le sexisme bienveillant intervient lorsqu'on cherche systématiquement à aider toutes les femmes (juste parce qu'elles sont femmes), au lieu d'aider en particulier uniquement celles (ou ceux) qui afficheraient de la peur, un quelconque besoin d'être rassuré-e, raccompagné-e le soir. Si tu as un doute, tu t'abstiens. C'est assez facile en fait :
          a) celles et ceux que je ne connais pas, je ne leur propose pas mon aide, à moins qu'ils/elles ne m'approchent en ce sens et,
          b) celles et ceux que je connais personnellement, je suis capable de les interroger/de me rendre compte si mon aide est sollicitée ou non.

          Quant à la suite de tes remarques :

          - Comme déjà expliqué dans les commentaires plus haut, il y a du travail à faire *pour chaque genre* (hommes ET femmes) au niveau de la déconstruction des stéréotypes de genre. Il y a des stéréotypes portant sur ce qu'on appelle le "féminin" et des stéréotypes portant sur ce qu'on appelle le "masculin" ; tous sont pourris et chacun d'entre nous, que l'on soit/se considère un homme ou une femme, devrait travailler à identifier, puis déconstruire, tous les stéréotypes (au "masculin" comme au "féminin") qui leur ont été inculqués.

          - Ensuite, Il y a tellement mais *tellement* qui a déjà été détricoté comme tu dis, pour que je t'invite déjà à potasser tout ce qui l'a déjà été, avant que de t'inquiéter de ce qui n'aurait pas encore été repéré. Et tu verras, il y a déjà de quoi faire !

          - Enfin sur la fin et le PS, arrête ton char please ; je vais verser une larme si tu continues :D !

          Ne t'offusque pas, mais lis, apprends, et deviens à ton tour pédagogue pour tous ceux et celles qui dans ton entourage seraient encore dans le brouillard par rapport à la nécessité de l'égalité et de la déconstruction des stéréotypes de genre ! Bon courage ! Que la force soit avec toi ! :)

    • @Jo

      Comment vous dire.

      Si vous voulez vraiment lutter contre le masculinisme, si vraiment vous voulez être un jour aux côtés de femmes féministes, il va vous falloir admettre de lire chez elles des choses qui vont froisser un peu votre ego, et devoir modifier profondément l'image que vous avez forgé sans elles de cette société, comme de l'homme que vous y êtes, aussi critique pensez vous avoir été en le faisant.

      Il va falloir entendre des êtres humains vous parler de l'infériorité qui leur y est faite. Il va falloir entendre que le sexisme est un système, et que tous les êtres humains - vous et moi y compris - se trouvent pris dans ce système: et que nos bonnes intentions ni notre "bonne volonté" ne nous y dispenseront jamais de devoir prendre conscience de la place d'hommes que nous nous trouvons y occuper, et que nous continuerons d'y occuper malgré nous tant qu'il existera; des privilèges que cette place nous confère.
      Que nous, hommes, ne pouvons décider que nous "luttons contre le sexisme" sans avoir longuement écouté celles qui le subissent, sans devoir très vite et longuement questionner nos propre comportements, et notre propre regard d'homme.
      Et sans accepter de devoir rendre des comptes aux premières concernées.

      Si nous ne sommes pas prêt à cette remise en question, si nous nous plaignons de nous sentir insulté ou dénigré parce que les féministes, conséquentes, n'oublient pas que le simple fait d'être un homme a fait de nous ces privilégiés qui dès leur plus jeune âge se sont construits comme tels, qui ont intégré leur masculinité et peineront à seulement commencer de la déconstruire, sans même parler d'essayer de s'en défaire, qui parlent depuis leurs confortables illusions de privilégiés, soyez certain qu'aucune féministe ne regrettera un seul instant de ne pas s'infliger notre "soutien".

      Pour commencer, souffrez donc que l'homme que je me trouve être vous inflige quelques "injonctions" supplémentaires: ne croyez pas que vous pouvez travestir en un problème de "niveau d'étude" ce qui est plus sûrement une ignorance - qui n'a rien d'irrémédiable - des combats et des critiques féministes. Ne vous dissimulez pas l'ampleur de votre ignorance comme votre inconscience de vos privilèges en dénigrant ces combats et ces critiques (je vous assure que vous êtes, au mieux, risible, lorsque vous affirmez "le féminisme n'a que quelques décennies ce qui n'est pas grand-chose").
      Lisez, écoutez les femmes féministes.
      Vous n'admettrez pas en un jour faire partie d'un groupe de privilégiés, ni ne prendrez facilement la pleine mesure de ce que cela signifie. Pour ma part, je ne prétends pas l'avoir fait.
      Faites votre chemin. Donnez vous du temps, parce qu'il en requiert.
      Ces "quelques décennies", que vous dénigrez avec une aussi grossière désinvolture, ce sont des vies entières de lutte dans, et contre, un monde masculiniste: des vies de ténacité, d'intelligence, de sensibilité, de souffrances, de critique, d'analyse, de confrontations, de partage, d'efforts inlassables, d''espoirs et de désillusions, de discussions. Ce sont des dizaines de mètres de rayons de revues féministes, de livres, de publications, des jours de films, des semaines d'enregistrements. Des dizaines de milliers de pages, des millions de mots, des centaines de kilos de papier. Vous n'êtes pas tenu de tout lire, de tout regarder.
      Mais vous ne semblez à ce jour pas avoir la moindre conscience de ce dont vous parlez - et dans le même temps, vous prétendez vouloir vous tenir aux côtés de ces féministes dont vous ignorez tout? Étrange attitude - ou plutôt, banale attitude masculine.

      Enfin, revenez lire sur les blogs. Et posez des questions aux féministes, comme aux hommes qui s'efforcent de déconstruire leur masculinité. Si vous les posez avec respect, vous recevrez des réponses. Pas toujours, parce que vous n'êtes pas le centre du monde, parce que les féministes ne sont pas à votre disposition, parce qu'il vous faudra aussi, et surtout, faire une partie du chemin vous-même.
      Les réponses seront souvent inconfortables et dérangeantes. Parce que vous êtes un homme, dans un système qui fait de vous un privilégié, et que les femmes le subissent, et que les féministes le combattent. Il faut faire avec. Elles n'ont pas plus choisi que vous d'y naître.
      Nous nous construisons tous dans un contexte social très critiquable, sur quantités de points, qui donnent autant de motifs de déstabilisantes remises en question.
      Mais ne revenez pas étaler un très, très banal mépris masculin, en prétendant expliquer à une féministe, ce que, selon vous, elle devrait faire pour "intéresser les hommes" à son combat.
      Ni sur ce site, ni sur aucun autre.
      Pour l'égalité, les féministes font leur part depuis des décennies, et il leur appartient de juger de ce qu'elles font pour combattre le système qui les infériorise, et ses agents. A nous, hommes, il faudra faire la nôtre: comprendre et renoncer à nos privilèges, prendre conscience de, et trahir, notre rôle d'agents du masculinisme - hormis quelques remarquables exceptions, comme John Stoltenberg ou Léo Thiers-Vidal, il est manifeste que nous avons à peine commencé, et que cette part ne consiste certainement pas à prétendre donner des leçons aux féministes.

      • @Kriss et @Martin Scriblerus

        D'abord pour dissiper un malentendu, sur le "niveau d'étude" cela ne visait que la remarque de Valérie sur mon orthographe (je crois que Kriss l'avait vu).

        Par ailleurs en tant qu'ignorant (j'aime mieux touriste ça sonne plus sympathique mais bon je ferais avec "ignorant") conscient de son statut (parfois), il ne me semble pas avoir donné de leçon de féminisme, mais plutôt des conseils de communication.

        Vous me semblez tous être des professionnels du féminisme et représentaient donc un pourcentage infime de la population que je ne me risquerai pas à tenter d'évaluer (j'ai du aller sur Google pour voir ce qu'était le mansplainning et le replacer dans mon premier post, êtes-vous sur que 1 français sur 10 sait ce que ça veut dire?).

        Le problème quant on devient trop expert sur un sujet c'est qu'on perd la notion de la perception grand public de ce sujet (pour caricaturer, pensez un peut moins littérature et un peut plus télévision).

        De ces milliers de pages et d'heures de production féministe, combien sont descendu dans le domaine du grand public??
        Eh bien j'ai une (très) mauvaise nouvelle pour vous: le féminisme c'est Simone de Beauvoir, Simone Veil et Isabelle Alonso (j'exagère un peu, mais moins que vous le pensez), parce que c'est tout ce qui est arrivé aux oreilles de 90% de la population.

        Je ne pense pas avoir besoin d'expliquer que pour faire entreprendre la déconstruction de leur masculinité à 32 millions d'hommes par des interventions de 5 min en plateau entre une pub pour Paco Rabanne et un pet de Jean-Marie Bigard ça ne va pas être facile.

        Or si ces 5 min sont occupées comme c'est souvent le cas aujourd'hui à cogner sur des hommes responsables de tout les maux de la terre (que ce soit effectivement le cas ne change rien à l'affaire) vous perdez déjà la moitié de votre audience.

        Quand vous dites aux fonctionnaires qu'ils vont perdre leurs avantages, ils font la grève, quand vous dites aux hommes qu’ils vont perdre leurs privilèges ils font la même chose, la grève du temps de cerveau disponible.
        Un discourt féministe médiatique (que se soit à la télé ou dans les postes des médias en ligne main Stream) c'est toujours la même chose, 5 min à dénoncer les atteintes faite aux femmes par les hommes et en conclusion: "si ça changeait tout le monde y serait gagnant hommes et femmes" Point final. Pourquoi? En quoi les hommes y seraient gagnants? La réponse à cette question là ne traverse jamais la barrière du grand public.

        Comme je le répondais plus haut a Valérie, quels sont les modèles, les figures les images d'homme tel qu’ils seraient dans une société égalitaire auxquels les hommes, les gamins comme les adultes peuvent s'identifier en référence et vis a vis desquels se construire en comparaison. Même des personnages de fiction. Moi je sèche (et ne me répondez pas John Stoltenberg ou Léo Thiers-Vidal, je parle de figure accessible au grand public). C'est a l'art, au cinéma, aux séries télé de produire des figures d'homme "féministe" qui soit positive, valorisantes.

        Bref, il faut vendre le féminisme aux hommes et si le féminisme a surement de grand penseur, il a pour cela de très mauvais VRP.

        Dans tout les cas merci pour vos réponses et comme j'imagine que vous ne lirez pas la mienne avant demain, bonne journée

        PS: Si quand même je ne peut pas laisser passer :
        @Martin Scriblerus "(je vous assure que vous êtes, au mieux, risible, lorsque vous affirmez "le féminisme n'a que quelques décennies ce qui n'est pas grand-chose")."

        "Ces "quelques décennies", que vous dénigrez avec une aussi grossière désinvolture"

        Le patriarcat a structuré l'ensemble de nos repères, références et valeurs sociale et religieuse depuis quelque millénaire, alors non, quelque décennies ce n'est pas grand chose, ça fait quoi, entre 3 et 4 générations.
        Je suis assurément un ignorant en féminisme mais il ne faut pas avoir une grande perceptions des mécanismes d'évolution sociologique pour croire que quelque décennies et une demi poigné de générations sont beaucoup pour déconstruire la différenciation la plus structurante de toute l'histoire des sociétés humaines.

        • Ce que j'ai surtout vu, c'est que tu es lourd. Très lourd. Pardon hein, mais nous avons tous autre chose à faire que de te prendre la main dans ta découverte du féminisme. Tu n'y connais rien, tu le reconnais et pourtant tu viens ici disserter (et mal) et en rajouter 3 couches. Que c'est lourd !!!

          Déjà, au lieu de faire profil bas après cette énormité des "quelques décennies", voilà que tu insistes sans même avoir fait la démarche de vérifier à aucun moment si tes affirmations étaient exactes… or, une simple et basique petite consultation de Wikipédia par exemple aurait suffi pour que tu te rendes compte par toi-même à quel point tu étais à côté de la plaque ! Exemple : http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Féminisme (Astuce : cliquer sur la rubrique "Histoire"…"des décennies" !! On se marre encore hein…)

          Oui, Google est ton ami ! (tu l'évoquais toi-même pourtant !!) J'sais pas moi, tu aurais pu rechercher des mots-clés tels que "féminisme", "hommes féministes célèbres", "hommes féministes dans l'histoire", … et hop, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tu trouves pléthore d'informations. Mais encore faut-il se donner la peine… (cf. liste fin de commentaire).

          Je n'ai pas le temps de reprendre point par point chacun des éléments erronés de tes commentaires alors j'essaie à chaque fois d'aller à l'essentiel (et encore j'avais bien répondu point par point sur ton commentaire initial, qui ne comportait QUE des erreurs), mais plutôt que de te remettre en question, de prendre du recul, de te retirer quelques temps lire, te renseigner, apprendre…pour mieux revenir et poser des questions pour y voir plus clair, tu reviens directement disserter comme si tu avais l'expérience et les connaissances nécessaires pour le faire.

          Aussi, relis-toi et rends-toi compte que venir ici donner "des conseils de communication" pour un féminisme selon toi plus efficace c' EST donner des leçons de féminisme. Je t'assure que vu ton ignorance affichée du féminisme, tu n'as pas le début d'une once de connaissance sur les tenants et aboutissants d'un sujet comme la communication dans le féminisme. Tu as en revanche depuis le début un malheureux ton donneur de leçons justement et ce paternalisme est particulièrement mal venu de la part de quelqu'un qui avoue pourtant être ignorant ou "touriste". Le comble ! Quelle blague ! ;((

          Sinon, bravo ! Félicitations ! Tu viens de comprendre l'ampleur de la tâche qu'il reste à effectuer ! Tu ne te rends visiblement pas compte de l'avancée déjà accomplie, y compris dans les médias. Il n'y a vraiment pas si longtemps, on ne parlait vraiment pas beaucoup du féminisme du tout, alors qu'aujourd'hui il y a vraiment l'embarras du choix sur le net (blogs, presse, podcasts, documentaires, films, parodies de publicités…) pour celui qui s'y intéresse vraiment. Et dis-toi bien que le jour où l'on aura énormément de personnages de fiction masculins pour servir de modèles pour le féminisme, le féminisme sera vraiment devenu bien mainstream et on sera d'autant plus proche de la fin du féminisme ! Mais nous en sommes très très loin. Contente que tu t'en aperçoives et que tu réalises du coup l'urgence d'être féministe !

          En attendant, il y a déjà énormément d'hommes féministes de qualité. Quelques exemples parmi les liens ci-dessous.

          Espérons que ce coup-ci tu seras capable de lire ces lignes et te retirer quelques temps afin de LIRE.
          (Astuce : lire d'abord beaucoup beaucoup énormément PUIS parler – et davantage pour poser des questions dans un premier temps que pour donner des conseils hein !).

          Ci-dessous, des liens en rapport avec tes interrogations, mêlant histoire du féminisme, listes d'hommes féministes, célèbres et moins célèbres, ainsi que quelques blogs sympas tenus par des hommes féministes. Bonne lecture !

          http://en.m.wikipedia.org/wiki/Men_and_feminism
          http://m.nzherald.co.nz/lifestyle/news/article.cfm?c_id=6&objectid=10890535

          http://en.m.wikipedia.org/wiki/Category:Male_feminists
          http://en.m.wikipedia.org/wiki/List_of_feminists

          http://m.huffpost.com/us/entry/2852382
          http://m.wewomen.com/him/album935218/famous-feminist-men-we-love-22965907.html
          http://m.boldsky.com/insync/life/2013/famous-feminist-guys-celebrities-035501.html
          http://m.elle.fr/Societe/News/10-hommes-celebres-s-engagent-avec-Paroles-de-Femmes-1807510
          http://m.huffpost.com/us/slideshow/284594?entry_id=2852382
          http://m.huffpost.com/us/slideshow/289024?entry_id=2974736
          http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/politiques-citoyens/article/feministes-et-hommes-engages-98821

          http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/60/88/96/PDF/THESE_Alban_Jacquemart_2011.pdf

          http://iris.ehess.fr/index.php?/membres/430
          http://goodmenproject.com/about/
          http://www.jacksonkatz.com/bio2.html
          http://www.xyonline.net/about-us
          http://www.i-editions.com/catalogue/livres/?id=127

        • je vois que tu ne savais pas ce qu’était le mansplaining mais que tu le maîtrises désormais très bien et que tu n'es visiblement pas apte à comprendre que quand je dis à quelqu'un de partir ca n'est pas en l'air. dehors donc bis.
          aka monsieur "je vais aller expliquer à ces connes que le chemin sera long dés fois qu'elles ne le savaient pas vu que ca fait que 20 ans qu'elles sont féministes, halala il faut tout leur dire".

        • Je vais vous apprendre un truc: en tant qu'homme, nous avons des privilèges à perdre. C'est une chose qu'il vaut mieux admettre assez vite.
          Si vous voulez donc vendre du "gagnant" aux hommes, il vaudrait probablement mieux de vous lancer dans autre chose. Heureusement, ce ne sont pas les domaines masculins qui manquent où les gagnants, battants, winners et autres vainqueurs sont bien vus.
          Si par contre vous voulez traiter vos semblables avec égalité, vous risquez de devoir perdre quelques mauvaises habitudes de communiquant en route, et de commencer de prendre la mesure de l'échelle de temps qu'implique le fait de chercher à prendre conscience de ce que l'on fait, comme de ce que l'on se plaît à penser être.
          Une chose me semble à peu près assurée, et elle n'est pas vraie pour ce seul combat, mais pour toutes les remises en question profondes: la déconstruction du masculinisme ne se fera pas médiatiquement, à coups de spots vidéo de 5 minutes. Par de tels moyens, on obtient assurément quelque chose, mais quelque chose de radicalement autre.

          Le choix sera vôtre, et il vous emmènera très probablement plus loin que vous ne l'imaginez.

  20. >Il est donc absurde de mettre sur le même plan un homme blanc qui aurait peur des noirs et une femme qui aurait peur des hommes car je le répète, toute la société est à l'avantage des blancs et des hommes.

    > Ainsi en 2011, 360 000 hommes ont été victimes de violences physiques hors ménage contre 300 000 femmes.
    >En moyenne, les garçons nés en 2012 peuvent compter vivre 78,4 ans et les filles 84,8 ans, compte tenu des conditions de mortalité du moment (voir encadré), soit presque sept années d’écart.
    http://www.inegalites.fr/spip.php?article1436&id_groupe=15&id_mot=102&id_rubrique=114
    >les victimes du suicide sont pour près des trois quarts des hommes
    http://www.sante.gouv.fr/etat-des-lieux-du-suicide-en-france.html
    >Qui sont les décrocheurs ?
    Unité : Milliers et %
    Nombre total (milliers) 200 000
    Dont diplômés CAP ou BEP (milliers) 40 000
    Part dans l ensemble des élèves 23 %
    Part de garçons 60 %
    http://www.inegalites.fr/spip.php?article1878&id_groupe=10&id_mot=84&id_rubrique=6

    >La population carcérale féminine est très largement minoritaire. Au 1er novembre 2009, selon les chiffres de l'administration pénitentiaire, 2 135 femmes étaient détenues dans l'ensemble des établissements pénitentiaires en France, sur une population totale de 62 073 détenus, soit 3,5 % de la population sous écrou.
    http://www.senat.fr/rap/r09-156/r09-15610.html

    Qu'est-ce que ça serait si la société n'était pas à l'avantage des hommes.
    J'imagine que les hommes n'ont pas ces peurs irrationnelles parce qu'on leur apprend à faire face à leur problèmes plutôt qu'à se référer à une autorité extérieure -qui a dit paternaliste- pour régler tous leur problèmes. C'est bien beau de déconstruire la famille patriarcale mais si c'est pour la remplacer par un état fasciste qui donne valeur de loi au sexisme, je ne suis pas sûr qu'il y ait une véritable amélioration.

    Heureusement qu'on s'inquiète de ces pauvres femmes terrorisées par la rue de nuit. Et des terribles inégalités dans les ministères et autres positions en vue. Les quotas dans les prisons, les égouts ou sur les chantiers attendront par contre.
    A quand la cause nationale contre les violences faites aux hommes ? Ou encore mieux, contre les violences faites aux personnes ?
    Sans oublier le ministère des droits des hommes...
    Enfin j'ai hâte que toutes ces femmes appointées grâce à leur qualité fort politique acquise de naissance fassent finalement mentir les sexistes, en prouvant que les femmes dirigeantes ne sont pas moins menteuses, corrompues et arrivistes que leur collègues masculins.
    Il me semble que le bilan d'Anne Lauvergeon puisse déjà faire figure de contre-exemple. Pour les autres, tant mieux pour elles et dommage que leur réussite ait due être entachée du doute sur leur compétences qui accompagne nécessairement toute politique discriminatoire.

    • bob : formidable ! vu que tu t'intéresses aux dégâts causés sur les hommes via la construction de la virilité (je n'ose croire que tu viennes me reprocher quoi que ce soit sans avoir épluché mon blog et constaté que j'en ai beaucoup parlé), il se trouve que j'ai aidé à monter un groupe d'hommes parlent de la virilité et donc de ce que tu mentionnes.
      petit indice ; les femmes violées le sont par ? des hommes.
      les hommes victimes de violences physique le sont par ? des hommes.
      petit indice dont tu viendras je n'en doute pas, nous parler lors de la prochaine réunion ; je n'oserais croire que tu aies écrit un si long post juste pour prouver que les femmes gouvernent le monde sans avoir l'intention de rien changer à cela.

  21. Je me permet d'ajouter au débat ce texte de moi même que j'avais écrit il y'a quelques temps déjà afin de donner un autre angle de vu sur la question

    http://topfive.fr/je-naurai-jamais-peur/

  22. [...] Avant d'attaquer mon article proprement dit, je vais essayer de résumer ce qu'il s'est passé mardi. Suite donc, à des tensions avec un groupe d'hommes féministes, j'ai posté sur twitter une suite d'une vingtaine de conseils aux hommes qui voudraient aider les féministes. Ces conseils ont été énormément retwités et surtout l'un d'entre eux, qui [...]  [...]

  23. S'il ne devait y avoir qu'un principe universel, ce serait celui-là : "chacun agit et argumente en fonction de son propre intérêt".
    Habituellement, dans des sphères plutôt progressiste, plutôt féministe, plutôt de gauche, il n'est pas de bon ton de mettre l'accent sur les questions afférentes à la sécurité : pas de dénigrement, pas de caméras-surveillance, pas plus de prison. Chacune de ces thématiques porte en elle un débat âpre et complexe. Dans les mêmes sphères, il n'est pas de bon ton non plus d'établir une inégalité des genres.
    Indépendamment de savoir ce qui est juste ou pas, le réel problème de la "sécurité des femmes dans la rue" confronte ces deux postures. Il les pose en situation de dilemme l'une par rapport à l'autre. Ce qui est intéressant, c'est que cette confrontation révèle très vite les intérêts des uns et des autres : soit l'argumentation fait triompher la sécurité sur l'égalité des genres, soit l'inverse. Le raccommodage entre les deux prend très vite un aspect grossier.
    Ou l'intégrité physique et sexuelle l'emporte. Après tout, les femmes sont des êtres plus fragiles, qui portent en elles la gravité de leurs organes génitaux, ce sont des victimes statistiques, désavantagées par la nature qui doivent faire attention à où elles mettent les pieds. Charge donc aux autres, aux hommes, d'intercéder en leur faveur en contractant leurs biceps et en bloquant les bras de leurs agresseurs, en prenant les risques de coup, en servant de bouclier. C'est leur devoir, leur obligation morale.
    Ou alors, l'égalité des genres prime sur la sécurité. Après tout, l'homme moyen seul dans une station de métro, le soir, n'a pas de raison de se sentir plus à l'aise qu'une femme, peut aussi se faire défoncer la tronche gratuitement et a foncièrement la trouille. La société doit agir de manière globale pour le bien commun sans discrimination de genre. Les femmes ont le droit inaliénable de s'aventurer où elles en émettent le vœu et de fréquenter qui leur désir leur aura indiqué. Nous sommes tous responsables de la sécurité collective et c'est la responsabilité de tous d'agir en cas d'agression. On a le droit de marcher le pas pressant derrière une femme dans une ruelle sombre sans être suspecté de violeur.
    Mais au fond, tout cela, ce n'est que manipulation dont l'objectif est avant tout de convaincre les uns et les autres d'agir, d'adopter telle ou telle position qui sera conforme à notre intérêt le moment venu selon que l'on voudra être défendu ou que l'on voudra être traité d'égal à égal.
    ;-)

  24. L'intérêt personnel comme principe universel hein ? Et sinon l'altruisme ça vous dit quelque chose ? Que faites vous des pelletées d'exemples où une personne s'est mis en danger, voir même est morte, pour essayer d'en protéger une autre ?

    Aussi, j'ai pas envie de faire mon gauchiste de base, mais les caméras-surveillance, la prison, etc. constituent un arsenal sécuritaire qui est sensé protéger l'intégrité de l’État, pas des individus, donc oui c'est pas étonnant que c'est pas de ça dont on discute. Quand les caméras empêcheront les gens de harceler des femmes dans la rue, on en rediscutera...
    J'ai l'impression que dans votre laïus, vous partez du principe qu'il n'y a pas d'insécurité sexuée, qu'au final, tout le monde est autant agressé, que tout ce vaut tout bien considéré. Sauf que de fait, les femmes sont agressées de manières spécifiques et nombre de travaux montre que la rue, en particulier pendant la nuit, est un espace pensé pour les hommes et pratiqué par eux. Nier que les femmes sont victimes de crimes spécifiques, c'est être aveugle aux problèmes de genre qui organisent la vie nocturne. Et encore une fois, dire que les femmes sont des victimes spécifiques n'enlève pas le fait que oui, les hommes sont aussi agressés dans la rue, juste pas de la même manière et ainsi le poids social n'est pas du tout le même. On ne dispense pas les hommes de sortir quand bien même ils ont une chance de se faire casser la figure, par contre on conseille aux filles de restreindre leurs déplacements par peur du viol.

    J'ai l'impression que votre diatribe consiste à dire que "haha, en fait les féministes elles pensent qu'aux femmes et qu'à leur propre intérêt". Et ma foi vu que les femmes subissent des oppressions et des peurs systémiques, que ne subissent pas les hommes dans la rue, oui je serais content si les femmes pouvaient se déplacer la nuit sans avoir à penser aux agressions sexuelles par exemple (chose qui ne concerne pas les hommes). Oui je serais "content" quand la seule peur des femmes sera de se faire casser la figure et qu'on les laissera sortir (puisque de toute manière l'écrasante majorité des agressions sexuelles à lieu en intérieur et dans un espace connu). Quoi vous seriez en train de dire que c'est malhonnête de penser aux femmes spécifiquement quand elles subissent des violences spécifiques ? Cela vous surprend que les féministes s'attachent prioritairement aux soucis des femmes et veulent les combattre ? Gosh !

    Votre phrase de fin termine sur le "choix" qui est fait d'être "défendu ou traiter d'égal à égal". Mais si les femmes étaient les égales des hommes, y aurait-il besoin qu'elles soient spécifiquement défendues ? (et soi dit en passant, les femmes se défendent elles-mêmes, ne vous en déplaise)

  25. Aucune des deux postures que j'ai évoquées n'est correcte. Fatalement, en en épousant une, on commettra un impaire et les vertus morales des uns ou des autres seront froissées. Ce que je dis, l'unique chose que je pose, c'est que plutôt que de se demander quelle est la bonne posture - le débat en cours à l'origine de ce billet - il faut prendre conscience de l'intérêt de ceux qui aimeraient nous pousser à agir dans un sens ou dans l'autre. Ce qui est révélé grâce à la contradiction.
    Pour caricaturer, celle qui vient d'échapper à un viol aimerait bien qu'un incognito gentleman s'occupe d'elle la prochaine fois lorsqu'elle se promènera tard dans des lieux nocturnes emprunts de fête et de violence, alors que pour celle qui se remet encore de n'avoir pas été le fils de son père, c'est simplement hors de question, elle saura veiller sur elle-même.
    En prenant conscience des attentes que l'on a sur nous, on récupère son libre arbitre et un peu de liberté. C'est une démarche sceptique, certes, qui peut pousser de prime abord à l'inaction. Mais ensuite, on peut choisir pour soi, dans son intérêt à soi, ce qui est le mieux. :)

  26. [...] se retrouve en tant que femmes, à vivre dans un climat où les suspects sont partout. (voir #safedanslarue). C’est encore un point qui avait été expliqué à AK, notamment sur Twitter, mais il [...]

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