sept 132013
 

Michel Onfray : "On jongle avec des idées, mais pas avec la misère des gens. Et la misère des gens elle va où, aujourd’hui ? Elle va au Front National. Elle va au Front national qui est à peu près le seul parti qui parle à ces gens-là, en disant : "bon, ben nous on vous a pas oubliés". Est-ce qu’aujourd’hui le silence du Parti Communiste sur la question de l’islam est défendable ? On dit rien sur l’islam. Y’a pas de problème ! Il n’y a pas plus antiféministe que l’islam, et est-ce qu’on continue, là dessus, en disant : "non non, c’est très bien, et cetera", alors qu’on nous dit effectivement que les femmes sont inférieures, qu’ils faut les voiler, et cetera ? Est-ce qu’on va continuer à laisser avancer ce sexisme, en nous disant : "non non, mais faut pas toucher à ce sexisme là, parce que c’est un bon sexisme" ? Non ! Y’a pas de bon sexisme, y’en a pas de bon ! Il faut simplement quelqu’un de courageux, il faut quelqu’un qui a des idées, il faut quelqu’un qui a envie de changer les choses…"

Il y a quelque chose de magnifique à ce que des gens qui n'en ont rien à foutre du féminisme, rien à foutre des droits des femmes en viennent à s'en emparer pour mieux taper sur l'islam. Et c'est ainsi qu'on se retrouve avec un Eric Raoult, qui après avoir expliqué que les filles violées l'ont bien cherché, et avant de taper sur sa femme, dirige la commission burqa pour donner des leçons d'égalité à ces barbares.

Il faut comprendre que ces gens-là, ont tout de même bien conscience qu'il y a un problème avec les femmes. C'est pas que cela les empêche de se raser le matin mais, tout de même cela tire un peu aux encoignures quand on te rappelle les 50 000 viols par an, la violence conjugale ou l'inégalité salariale. On ne va pas pour autant entamer des réformes sociales d'importance, ou réfléchir à quoi que ce soit qui pourrait nous ôter une once de privilège donc coller le sexisme sur le dos des musulmans tout en payant des amendes sur la parité s'avère, au final, une technique assez confortable. Et quand cela ne marche plus, on explique aux femmes qu'elles l'ont bien cherché et le problème est réglé.
L'extrême-droite l'a d'ailleurs assez bien compris et l'on voit surgir, ça et là des articles nous expliquaient doctement que le viol est commis en Suède à 85% par des étrangers. Marine Le Pen n'a pas encore enfourché le destrier féministe - ses militants ne se sont pas encore remis du fait qu'ils sont dirigés par une femme, ils sont occupés à ramasser leurs couilles un peu partout - cela ne saurait tarder, rassurons-nous et on imagine très bien d'ici deux à trois ans, des chouettes affichettes défendant nos filles et nos compagnes contre les coups de boutoir vigoureux du sarrasin. C'est que le militant nationaliste a ses petites faiblesses et il n'aime rien tant que l'idée virtuelle de défendre ses fragiles femmes contre d'imaginaires agresseurs basanés.

Se servir du féminisme pour taper sur l'islam a un énorme avantage ; diviser les luttes. On part déjà du principe qu'islam et féminisme sont antinomiques. Un-e musulman-e ne peut pas être féministe et un-e féministe ne peut pas être musulman-e. On introduit doucement l'idée que l'islam est donc forcément contre la démocratie puisque l'égalité hommes/femmes serait garantie par ce régime (on y reviendra). Musulmans et féministes sont donc présentés comme deux groupes forcément antagonistes. Je vais ici présenter les deux groupes de manière séparée pour les besoins de ma démonstration mais qu'il soit entendu que je ne les oppose pas.

A chaque fois que le féminisme est instrumentalisé à des fins islamophobes et racistes, des féministes prennent la parole pour s'y opposer.  Pendant ce temps, elles ne se préoccupent pas des droits des femmes et ne combattent pas les discriminations qu'elles subissent. Je prétends d'ailleurs que cette technique utilisée par le dominant est totalement consciente et sert à affaiblir les luttes. Face à l'instrumentalisation du féminisme, deux actions étaient possibles :
- tomber à pieds joints dedans et devenir à notre tour islamophobes ; certaines ne s'en sont pas privées au fil des années, ont perdu un temps fou à s'opposer à une autre minorité (minorité au sens de "qui ne bénéficie pas des privilèges du groupe dominant") et n'ont plus combattu pour leurs droits.
- combattre cette instrumentalisation comme je le fais avec ce texte. Vous verrez d'ailleurs dans 2 ou 3 ans qu'on passera notre temps à devoir démontrer que  le viol n'est pas le fait des étrangers. Pendant ce temps, on ne luttera absolument plus du tout contre le viol en lui même ce qui arrangera bien le groupe dominant.

Les musulmans, eux forcément, sont occupés à expliquer qu'ils sont pour l'égalité hommes/femmes. Ils sont habitués au phénomène. Dés qu'un musulman fait une saloperie dans le monde, l'opinion publique se jette sur le moindre musulman qui passe pour lui demander son avis.
"Monsieur Machin, un musulman hier à Ryad a découpé une enfant de 6 ans en 18 morceaux après l'avoir violée en groupe, pouvez-vous
1. nous dire à titre individuel et en tant que musulman que vous êtes opposé à cet acte
2. à titre collectif en tant que représentant de tous les musulmans du monde que vous condamnez le viol des enfants de 6 ans et leur découpage en morceaux"
3. nous sortir le passage  du Coran qui dit explicitement que le viol des enfants de 6 ans et leur découpage en morceaux est interdit.

Et pendant qu'ils sont en train de se défendre sur ce point, on se doute bien qu'ils ne sont plus en train de parler des discriminations qu'ils subissent,plus en train de parler des agressions ou de l'islamophobie qui monte. Mieux : parler de l'islam forcément sexiste, permet d'évacuer une partie du problème islamophobe ; qu'y-a-t-il au fond de si grave à s'attaquer à l'islam par le truchement des femmes voilées par exemple, si on part du principe que cette religion est sexiste ? Hop la boucle est bouclée; rangez tout.

Je prétends que tous ces mythes - et ils sont légions et communs à tous les groupes dominés (dans le cas du féminisme, je ne compte plus les FAQ sur le féminisme, sur les mythes sur le viol) - permettent d'empêcher les minorités de parler des discriminations subies. Quand nous sommes occupées à déconstruire des mythes ("non toutes les féministes ne veulent pas tuer les hommes" "non les musulmans ne veulent pas interdire le porc en France", "non les féministes ne pensent pas que tous les hommes sont des violeurs" etc etc) nous ne sommes pas en train de lutter contre les discriminations. Nous passons notre temps à rassurer les dominants sur le fait qu'on ne leur veut pas de mal - curieuse inversion des rôles - et qu'on ne va pas trop le secouer dans ses certitudes. Ainsi je passe plus de temps à expliquer aux hommes que je ne les considère pas tous comme des violeurs plutôt qu'à lutter contre le viol. Ai-je le choix ? Pas vraiment c'est toute la magie de la chose ; l'égalité hommes/femmes (ou l'égalité musulmans/non musulmans en France) ne passera QUE par le terrain choisi par le dominant.

Alors je vous vois venir - pourquoi sens-je que c'est juste cette partie qui va susciter des commentaires - l'islam est sexiste allez-vous me dire car les religions sont sexistes. Scoop : oui. Re-scoop ; tous les systèmes politiques (je considère la religion comme un système politique au sens de la gestion de la cité) sont sexistes. Nous français vivons dans un si merveilleux système démocratique qui a instauré le "suffrage universel merde on a oublié les femmes" et qui arrive à produire 50 000 viols par an. Rien n'échappe au sexisme. Il n'y a pas un sexisme musulman qui serait par "nature" différent du sexisme tout court qui lui, serait un peu moins terrible, un peu moins sexiste. Un sexisme pas trop sexiste quoi. Re-scoop oui il existe des musulmans sexistes  (mais c'est qu'on va inventer l'eau chaude dans trois minutes), qui, tous farauds, viennent nous dire que ne pas être voilée c'est bon pour les putes. Est-ce fondamentalement différent des dizaines de crétins qui sont venus ici même nous expliquer qu'une femme violée l'a bien cherché ? Qu'à se balader en jupe et faire les malignes, on récolte un peu ce que l'on sème ? Je lutte contre le sexisme. Le sexisme est universel et ne prend pas une gravité différente selon que c'est truc ou machin qui s'en empare. L'idée qu'une femme doit agir de telle ou telle façon pour ne pas "tenter l'homme" et "provoquer le troussage" est présente partout jusque dans la bouche d'un ministre.

L'instrumentalisation du féminisme permet donc de diviser deux groupes minoritaires et d'affaiblir leurs luttes. Occupés que nous sommes à nous assurer de notre solidarité mutuelle, nous ne nous préoccupons plus des actions discriminatoires menées contre nous. A nous de montrer que nous ne sommes pas dupes de ce jeu.

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  110 réponses sur “Quand le féminisme est instrumentalisé à des fins islamophobes”

  1. [...] Le marteau féministe et l’enclume musulmane » Crêpe Georgette [...]

  2. Très vrai.
    Non seulement on divise deux groupes discriminés les "féministes" et les "musulmans" mais on divise au sein de ces groupes : ça devient difficile pour une féministe non islamophobe de discuter avec une féministe islamophobe. Et on se retrouve à ne plus pouvoir lutter ensemble contre le sexisme.
    Malin...

    • une féministe ne peut pas être islamophobe, si elle l'était alors elle ne serait pas féministe.

      • Une féministe ne peut pas ne pas être islamophobe sinon elle n'est pas féministe.

        Avoir peur, rejeter une religion sexiste, misogyne , raciste , infériorisant la femme et j'en passe est le devoir N. de la ou du féministe !!!

  3. Pas le temps de commenter plus longtemps, mais dejà un mec, soit disant au courant de ce qui se dit par exemple dans les medias et qui ose dire "On dit rien sur l’islam."

    Il a raté touts les covers de l'express, du point et de marianne ?

    Quelle mauvaise foi.

    Et dire que quand lui et ses acolytes pérorent dans la presse sur ces vérités que 'on ne peut pas dire, leur parole qui serait muselée (genre Finkielkraut et Zemmour qui ont tous deux plusieurs créneaux médias), aucun journaliste ne leur rappelle que non, ils s'expriment aprtout et leurs craintes font la une des médias a grand tirage.

    Que je sache c'est pas Pierre Tévanian, Slvie Tissot, Christine Delphy, Sébastien Fontenelle.... qui font la une des medias et sont chroniqueurs réguliers

  4. Très juste encore une fois. J'avais trouvé un article (chez Mona Chollet ?) parlant de féministo-nationalisme, quelque chose comme ça, une idée proche du pink washing soit une légitimation de la guerre / de la violence envers une minorité pour en défendre une autre.

  5. Alors par contre ce qui me gave c'est quand vous prenez les 50000 viols comme un exemple du sexisme de la société. Merci pour tous les hommes ou autres victimes de viol que vous balayez du revers de la main.
    Le viol n'a rien à voir avec un sexisme, il touche l'objet du désir sexuel sans se soucier de son sexe. Merci de ne pas instrumentaliser ces tragédies pour votre combat personnel, c'est révoltant.

    • Ça ne peut être qu'ironique votre commentaire non, rassurez-moi ?

    • amusant que quand je dis "50 000 viols" vous entendiez viol de femme. Contente sinon d'apprendre que le viol d'homme n'est pas un acte sexiste.

    • Heuuuuuuu c'est pour rire ?

      Quand à Valérie, parler de son "combat personnel" comment vous dire : c'est le terme "personnel" qui me laisse perplexe... ou alors c'était pour rire aussi

      • Je voulais dire par là "le combat en particulier dans lequel elle s'engage personnellement", non pas "le combat qui ne concerne qu'elle". Si l'ambiguïté était sur ce point, mes excuses.

      • Je voulais dire par là "le combat en particulier dans lequel elle s'engage personnellement", non pas "le combat qui ne concerne qu'elle". Si l'ambiguïté était sur ce point, mes excuses.

    • Rien à voir avec un sexisme, c'est un peu fort ! Il y a aussi des femmes qui violent d'autres femmes, ou des hommes, ou des hommes qui violent des hommes, n'en demeure pas moins que le viol est en grande majorité perpétré par des hommes sur des femmes. Les viols perpétrés par les femmes sont des crimes rares (ce qui ne veut pas dire qu'il faut les prendre à la légère), et les hommes qui violent des hommes le font pour les humilier. Le viol a toujours un lien avec la domination et/ou l'humiliation, je ne peux pas croire que vous ne faites pas le lien avec une société patriarcale et sexiste !

      • Non mais n'importe quoi, "les hommes qui violent des hommes le font pour les humilier". Les homosexuels aussi violent d'autres homosexuels pour assouvir leur envie de sexe. Mais quelle est cette manie dégueulasse de stéréotyper cette catégorie de viols ? Juste parce que si vous le faites, ça vous permet de conclure que c'est une histoire d'humiliation ?

        La proportion majoritaire de viols homme sur femme est au moins en partie dûe à la majorité d'attirance sexuelle pour la femme de l'homme. Si vous voulez démontrer que le sexisme a une part là-dedans, il vous faut montrer que le viol vise le sexe opposé, et non pas le sexe pour lequel une attirance sexuelle existe. Sans ça, c'est un trouble sexuel qui ne se résoudra pas en combattant le sexisme.

        • Cher Dominique,

          Bravo, vous êtes en plein dans les mythes sur le viol. Je vous recommande de lire cette excellente série d'articles DOCUMENTÉS : http://antisexisme.net/2011/12/04/mythes-sur-les-viols-partie-1-quels-sont-ces-mythes-qui-y-adhere/

          Après avoir lu l'ensemble des articles et si vous n'êtes toujours pas d'accord avec cette analyse du viol qui fait consensus sur les sites féministes, pourriez-vous étayer votre argumentation de références SÉRIEUSES (i.e. arguments du café du commerce exclus) selon lesquelles les viols résulteraient d'une simple attraction sexuelle irrépressible ?

          Je vous souhaite une très belle soirée de lecture et d'étude.

          • Je ne vois pas à quel mythe vous faites référence en particulier... ?

          • @Dominique, vous avez dit que le viol sert à assouvir une envie de sexe. Ne le niez pas, vous l'avez écrit, tel quel "Les homosexuels aussi violent d’autres homosexuels pour assouvir leur envie de sexe.". Ben ça c'est un mythe. Voilà.

    • Le viol de qui que ce soit (homme, femme, trans* non-binaire, enfant de n'importe quel genre,...) n'a rien à voir avec le désir, mais tout à voir avec le pouvoir.

  6. [...] Le marteau féministe et l’enclume musulmane » Crêpe Georgette [...]

  7. Beaucoup de remarques pertinents, cependant, un point non négligeable me dérange.
    Savez-vous que le terme "islamophobie" a été inventé, non pas par la communauté musulmane, mais par un intégriste iranien et cela dans le but de faire de l'islam un objet intouchable, afin d'accuser de raciste toute personne qui contredit cette religion ?
    Or jusqu'à preuve du contraire, en démocratie le blasphème n'existe pas. Chacun est libre de critiquer la religion. En employant ce terme êtes vous consciente de renier le principe même de la liberté de critiquer les religions dans une démocratie et de légitimer que l'islam (et par extension les autres religions, qui n'attendent que ça) est intouchable ? Ce qui revient à valider les lois intégristes... Employer ce terme quand on défend l'égalité des citoyens est donc particulièrement dangereux, surtout quand on est conscient du pouvoir de persuasion et de manipulation des religions afin de réduire les droits et liberté des citoyens (cf manif pour tous).
    Par ailleurs, puisque vous reconnaissez que la religion n'y est pas pour rien dans la place réduite qu'est accordée à la femme dans la société actuelle (christianisme au niveau historique), pourquoi condamner celles qui ne veulent pas d'une religion de plus à combattre, alors qu'elles se battent déjà depuis des années contre celle qui a si profondément ancré l'infériorité de la femme, à tous les niveaux ?
    La féministe islamophobe n'est pas un courant féministe au sens où vous l'entendez, car l'islamophobie (ou la christianophobie) ne signifie pas "discriminer quelqu'un en raison de sa religion", mais "critiquer la religion". Or, par définition, la féministe athée ou agnostique critiquera la religion, car elle a conscience de l'oppression que celle-ci a instauré depuis des siècles et qui n'est pas du tout étrangère à l'état d'inégalité actuel des hommes et des femmes.

      • Partir du simple constat que le mot n'existe pas en arabe est une bien maigre piste... Tout le monde sait parfaitement que les intégristes ne pensent pas leurs théories en arabe, mais en anglais. C'est une de leur qualité, réfléchir durable et exportable... !
        (Si on fait une bataille de lien, je peux aussi jouer : http://www.liberation.fr/societe/2010/11/23/-_695512)

        Cependant, dans les faits, vous ne pouvez pas nier que ce terme "islamophobie" est utilisé aujourd'hui dans la grande majorité des cas pour qualifier les personnes qui osent critiquer la religion.
        D'ailleurs c'est justement dans ce sens que vous l'utilisez... mettant dans le même panier les féministes qui critiquent la religion et celles qui discriminent réellement les musulmans (si tant est qu'il en existe un grand nombre qui se revendique comme tel, Marine Le Pen ne se revendique pas féministe il me semble...).
        D'une part vous associiez des personnes potentiellement condamnables pénalement de discrimination, à des personnes qui pointent du doigt les dangers que représente la religion pour les droits de l'Homme. Mettre tout ce monde là dans le même panier est un jeu extrêmement dangereux...
        D'autre part, par cette banale utilisation du terme "islamophobie" dans le sens où vous le faites, vous légitimez l'interdiction de critiquer cette religion, et toutes les autres.
        Vous vous tirez donc une balle dans le pied, et dans celui de toutes les femmes... et faites le pain béni (pardonnez l'expression particulièrement appropriée) de toutes les religions qui n'attendent que ça : le retour de la pénalisation du blasphème !

        Souhaitez-vous - réellement - que la France condamne pénalement la critique des religions ? voulez-vous que, comme en Russie avec l'emprisonnement des Pussy Riot, on puisse en France être condamné pour blasphème ?
        Par votre discours, vous vous jetez dans la gueule du loup. Le piège était parfaitement tendu et vous n'avez rien vu.

        Connaissez-vous, Alain Escada, cet homme, secrétaire général de Civitas qui rôde quotidiennement auprès des parlementaires européens afin de prêcher innocemment la bonne parole, sur la moindre petite loi ?

        Avez-vous entendu parlez de la vague de re-pénalisation de l'IVG qui touche actuellement plusieurs pays occidentaux ? depuis que l'IVG a été légalisé en France, chaque jour qui passe rend ce droit plus fragile. Aujourd'hui, les médecins font tout pour vous le refuser, à chacun sa méthode (mauvaise information, refus, prise en charge trop longue, etc.)

        Les extrémistes religieux sont à l'affut de la moindre brèche où s'engouffrer pour regagner un peu de terrain, ils sont plus virulents que jamais (peut-être la crise, ou le contre coup de 68, ou juste un combat de coq entre religions). Et vous, vous légitimez leur combat ? ce qui est gagné pour une religion, l'est aussi pour une autre. Et elles sont toutes aussi oppressantes les unes que les autres pour ce qui est des droits de la femme.

        Alors réfléchissez bien, le jour où vous serez prise à votre propre jeu, il sera trop tard. Pour vous, et pour toutes les femmes françaises.
        A Kaboul, il y a 40 ans, les femmes avaient les cheveux au vent et des jupes au dessus du genou : https://twitter.com/josimon84/status/371623867858817024/photo/1/large.
        Rien n'est jamais acquis, jamais.

        • J'ai l'impression que vous n'avez pas lu le même post de blog que moi, et que vous débattez avec vous-même.

          • si pour vous aussi l'islamophobie englobe à la fois les personnes discriminant les musulmans ET les personnes critiquant la religion musulmane en tant que religion et donc oppressive des femmes, alors c'est que les intégristes ont gagné et que la re-pénalisation du blasphème n'est vraiment plus très loin...
            Inquiétant que des féministes défendent cela !

        • Si si on peut faire une battle de liens. En disant que la personne que vous citez, Pascal Bruckner, n'est qu'un guignol médiatique pondant tous les deux ans un livre dans la mouvant néoconservatrice. Dans le droit fil de cette pensée, il s'attaque régulièrement au féminisme: voir ses délires sur DSK et Polanski (http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/24/l-affaire-dsk-aura-revele-une-bien-triste-image-de-l-amerique_1562650_3232.html); pour relativiser des affaires de pédophilie et d'accusations de viol comme il le fait, il faut qu'il en est bien peu à f... des violences faites aux femmes — tout comme vous, d'ailleurs, qui citez à la légère cet affreux personnage. "Crêpe Georgette" cite Onfray en ouverture de son post, elle pourrait tout aussi bien citer Bruckner.
          Quant aux personnes auteurs de l'article vers lequel renvoie "Crêpe Georgette", leur expertise est bien supérieure: Marwan Mohammed est sociologue à l'EHESS, Abdellali Hajjat à la fac de Nanterre. Ils publient d'ailleurs dans quelques semaines un livre que je me promets d'acheter (je vous invite à faire de même): "Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le problème musulman".
          Bref, en gros, entre Bruckner et eux, c'est la même différence qu'entre le jogger du dimanche qui change chaque semaine de lieu de course pour ses 45 mn de défoulement (tout en restant bien à droite de l'échiquier politique, hein), et le coureur de fond qui sillonne chaque jour depuis des années le même champ de recherches, pour une notoriété naturellement bien moindre.
          et sinon merci Crêpe Georgette pour ce très bon post, et pour votre blog en général.

          • Vous ne répondez aucunement sur le point central que je soulève, c'est bien dommage ! en effet c'est ce point qui rend dangereux de l'article de Crêpe Georgette...
            Utiliser et légitimer un terme destiné à interdire le blasphème, rien de plus dangereux pour la démocratie !

    • @greeneuz : vous dites que "l’islamophobie (ou la christianophobie) ne signifie pas « discriminer quelqu’un en raison de sa religion », mais « critiquer la religion »."

      Mais alors, risquons un parallèle, l'antisémitisme, c'est quoi ? Une critique de la religion juive, ou une discrimination envers les Juifs parce qu'ils sont Juifs ?

      Vous ne pensez pas quil existe une critique de la religion musulmane, mais qu'il existe aussi des actes discriminants envers les musulmants parce que musulmans ? Et qu'il est important d'avoir des mots pour nommer les choses ? Proposez un autre mot qu"islamophobie" si vous voulez, mais arrêtez de nier le phénomène !

      • @Pascale K : Attention à vos propos, relisez la définition de l'antisémiste. Il ne s'agit pas de condamner la critique de la religion juive et heureusement ! mais bien de condamner la discrimination d'une personne en raison de sa religion.

        Par ailleurs, je ne nie pas du tout le fait que certaines personnes discriminent les musulmans en raison de leur religion. Personne ne nie le phénomène, je ne sais pas où vous avez cru lire cela...

        Le terme "islamophobie" est utilisé globalement pour désigner tout ceux qui émettent un jugement négatif envers l'islam.
        Que ce soit dans le cadre d'agressions, de discriminations, d'injures, mais AUSSI de discours sur les droits de l'Homme et plus particulièrement des femmes ou homosexuels.

        Je pointe justement du doigt le fait que Valérie mette dans le même sac, ceux qui discriminent les musulmans parce que musulmans et ceux qui critiquent la religion musulmane.
        C'est une attitude très dangereuse qui mène tout droit vers la re-pénalisation du blasphème. De la bouche d'une féministe, c'est encore plus inquiétant...

        • Vous vous rendez compte à quel point il est ridicule de critiquer le discours de Valérie sur un simple problème sémantique ?

          Les mots ont leur importance, je suis le premier à le dire. Mais je vais vous apprendre un truc : la langue évolue. Alors peut-être que le terme est une invention d'un quelconque fanatique ; c'est grotesque, mais pourquoi pas.

          Maintenant, on s'en tape de qui a inventé cette expression, non ? Islamophobie, si on le décompose, cela signifie littéralement "peur de l'Islam", tout le monde sera d'accord là-dessus, je pense. Et à partir du moment où on reste sur cette définition, sans parler de prétendues origines "anti-blasphème", on ne nourrit justement pas ce discours que vous attribuez au terme !

          Concrètement, si vous êtes tellement rigoureux envers l’étymologie, vous êtes vous déjà interrogé sur l'origine de termes comme "xénophobie" ou "antisémitisme" ? Qui vous dit qu'ils n'ont pas été conçus comme des instruments d'oppression ?

          La question n'est même pas de savoir si l'origine du terme "islamophobie" est douteuse (ce qu'elle n'est de toute façon probablement pas). La question, c'est de savoir si on accepte l'évolution de la langue, si on accepte qu'un mot à l'origine mélioratif devienne péjoratif ou autre. Et on ne pourra jamais empêcher des individus aux intentions plus que contestables d'instrumentaliser une expression ou un concept.

          Par exemple, parlons de termes comme "laïcité" ou "antisémitisme". Le premier est notamment utilisé par le FN pour discriminer la religion musulmane. Et le second sert entre autre aux plus fervents partisans de la politique coloniale israélienne à décrédibiliser leurs détracteurs. Doit-on pour autant arrêter d'utiliser ces expressions ? A vous de voir. Soyez cohérent, pour changer.

          Et finissons-en avec ce débat stérile, vous vous accrochez de toute façon tellement à votre ridicule idée que vous êtes sourd à tout argumentaire sensé.

          • Il ne s'agit pas d'un "simple problème sémantique," mais bien d'une question centrale. A croire que vous n'avez rien compris à ce que vous avez lu...
            Lorsque le sens d'un mot n'est pas le même pour tous, il est très dangereux d'utiliser ce mot sans en définir clairement la définition qu'on lui prête. Or c'est exactement ce qu'à fait Valérie ici. Sans compter qu'elle a sciemment mis tout le monde dans le même panier comme je le dis plus haut.
            Or, le mot "islamophobie" a plusieurs sens, Wikipédia est le 1er à le dire (rubriques "des sens multiples" où on xplique clairement les deux sens).
            Quant à la sémantique, cela n'a jamais défini le sens des mots. Le dictionnaire déborde de contres exemples à votre théorie.

          • "Sans compter qu'elle a sciemment mis tout le monde dans le même panier comme je le dis plus haut."

            Citez-moi un passage, parce qu'on a pas dû lire la même chose.

          • "Face à l'instrumentalisation du féminisme, deux actions étaient possibles : - tomber à pieds joints dedans et devenir à notre tour islamophobes ; certaines ne s'en sont pas privées au fil des années, ont perdu un temps fou à s'opposer à une autre minorité (minorité au sens de "qui ne bénéficie pas des privilèges du groupe dominant") et n'ont plus combattu pour leurs droits. [...]"
            Qui sont ces "féministes islamophobes" dont elle parle, si ce ne sont pas celles qui dénoncent le rôle et le pouvoir des religions dans la domination masculine ?
            Elle met donc dans le même panier les féministes qui critiquent la religion et ceux qui discriminent et agressent réellement les musulmans. Elle mélange donc les 2 sens du mot "islamophobe", sciemment.
            C'est la critique que je faisais déjà dans mon 1er commentaire, si vous l'aviez lu...

          • Je reste pantois devant votre raisonnement... Valérie utilise justement le terme "islamophobe", dans le sens "hostile à la religion musulmane". Vous pouvez contester l'usage de ce terme selon je ne sais quel prétexte fallacieux, mais je ne vois vraiment pas où il y a confusion dans son raisonnement.

            Quand elle parle de "féministes islamophobes", elle parle de "féministes" qui critiquent non pas la religion en générale, mais spécifiquement la religion musulmane. Or, il ne s'agit là nullement d'un quelconque "blasphème" qui tiendrait de la sacro-sainte liberté d'expression, mais bien d'un discours discriminatoire.

            Parce que oui, le "féminisme" est un outil bien pratique pour taper sur les méchants obscurantistes barbus à peu de frais.

          • C'est justement LE problème que Valérie utilise le terme "islamophobe" dans le sens "hostile à la religion musulmane".
            Etre hostile aux religions est un DROIT. Au même titre qu'être hostile aux athé(e)s et agnostiques est un DROIT.
            Ce qui est condamnable c'est la discrimination ou l'agression d'une personne en raison de sa religion ou absence de religion.

            Vous feriez mieux de lire la définition que fait Le Petit Robert du "islamophobe". Il parle bien de "discrimination" et "d'actes de malveillance" envers les musulmans. Aucunement de "critique de l'Islam", bien heureusement !

            Vous aussi mettez donc dans le même sac les gens qui agressent des musulmans et les gens qui critiquent l'Islam.
            Votre discours est la preuve que ce mot "islamophobe" est dangereux, puisque vous même ne faites même plus la différence entre critiquer une religion et agresser/discriminer des personnes en raison de leur religion.
            Le 1er est une liberté fondamentale, le 2e est interdit par la loi et condamnable.
            Votre discours est très inquiétant. Votre absence de discernement, encore plus.

          • Et il ne vous est jamais venu à l'idée (ce qui aurai évité ce débat stérile) que nous sous-entendions par "hostile à l'islam", "hostile aux musulmans" ? C'est peut-être un raccourci, une facilité de langage, je vous le concède, mais toute personne de bonne volonté aurait, je pense, compris notre pensée.

            D'autant que la critique de l'Islam peut se révéler discriminatoire, à partir du moment (et c'est souvent le cas) où cette critique ne s'exerce pas sur les autres religions.

            Et puis d'ailleurs, il n'y a manifestement que vous pour craindre l'amalgame entre critique féministe de l'Islam (en tant que religion) et critique islamophobe.

  8. Oh eh bien, je veux bien que vous m'expliquiez en quoi un homme qui viole un homme relève de la situation sexiste ?

    • résumons. vous débarquez en m'insultant parce que je me sers du viol pour mes convictions personnelles et j'oublie les hommes violés. (alors que nulle part je n'ai sexué le viol). je vous dis que non.
      vous n'imaginez pas 5 minutes vous excuser des propos inqualifiables que vous avez tenus et m'intimez de vous éduquer.
      ca va 5 minutes de se servir de moi comme paillasson oui ?

      • Je maintiens, vous avez sexué le viol en le qualifiant de sexiste. Vous balayez toute une catégorie de viols pour pouvoir caler le sexisme dessus.

        Je ne vous demande pas de m'éduquer, je vous donne le bénéfice du doute en vous demandant de me montrer que j'avais tort. Mais comme vous n'avez rien à répondre à ma question, j'imagine que vous n'avez en fait aucun argument.

        • le bénéfice du doute. bref. voilà je n'ai rien à répondre. j'instrumentalise le viol à mes fins personnelles et je suis une horrible personne.

          • C'est comme ça que ça marche, un débat on essaie de progresser. On argumente et on essaie de faire argumenter l'autre. Vous m'offensez en niant une horreur, mais j'essaie de clarifier votre propos. Vous préférez quand les gens restent butés sur leurs positions ? Vous appliquez cela à merveille jusqu'ici en tout cas.

          • Si vous lisiez quelques articles de ce blog, vous auriez très bien compris pourquoi le viol est sexiste. Valérie a des arguments, vous n'avez juste pas pris la peine de les chercher et attendez qu'elle vous les serve sur un plateau, comme au moins une personne à chaque fois qu'elle publie un article. Un conseil, comme vous êtes intelligent, vous pourriez taper "mythes sur le viol" dans la barre Google et vous comprendriez le concept. Bonne journée. (et courage Valérie)

        • Je ne sais pas.

          Mais il me semble que ici c'est un blog.

          Sur un blog on écrit des billets d'opinion : ce que fait brillamment Valérie C-G (j'aimerais savoir faire comme elle). Souvent, Il y a des liens qui complètent la pensée de l'auteur-e, il y a des références biblio... bref y'a de quoi se nourrir.

          Vous manifestez votre opinion ; moi aussi quoique rarement parce que ce qui m'intéresse sur un blog ce sont les idées de la rédactrice ou du rédacteur. Les lire, les partager, y adhérer ou non... OK.

          Mais débattre...

          J'ai le sentiment que pour les débats il existe d'autres supports plus adaptés que les blogs. Des forums par exemple à défaut de pouvoir le faire de vive voix.

          En outre les sujets abordés ici sont propices aux dérapages et au "coup de poing dans la gueule". Même involontaires, forcément. Donc là aussi le débat...

          Depuis le temps que je lis ce blog je 'ai jamais eu l'impression que Valérie C-G refusait les commentaires "urbains" (ou "courtois") même lorsqu'ils vont à l'encontre de ce qu'elle écrit.

          Lui reprocher de ne pas répondre à la question ou de clore le débat : ça m'énerve.
          Vous n'êtes pas d'accord : OK !
          Pourquoi diable ne créeriez-vous pas un forum de discussion que vous animeriez afin de proposer des débats.
          Votre solution est peut-être là.

    • Dans un pays comme la Lybie, de tradition tribale et patriarcale bien plus sévère que les pays voisins (malgré les efforts de Kadhafi qui bien que suspect en tant que personne, a imposé l'éducation des jeunes filles dans son pays), on viole rituellement les hommes que l'on veut humilier et torturer dans le cadre des guerres. C'est ce qui est arrivé à un malheureux ambassadeur américain l'an dernier, mais aussi, justement, au colonel Kadhafi. On voit ici que la pénétration n'est plus du tout un vecteur de plaisir partagé, mais un moyen de torture, de domination et d'humiliation, qui est évidemment à caractère sexiste : s'il n'existe pas pire humiliation que d'être pénétré par un homme (vraiment ou sous forme de simulacre avec des objets), alors de quelle considération jouissent les femmes ? On trouve la même idée avec les hommes iraniens condamnés par la justice à être déguisés en femmes : si être habillé comme une femme est méprisable, alors les femmes sont méprisées.

      • Certes; mais dans le contexte de l'article on parlait des viols en France. Je m'avance, mais je pense qu'au moins une partie considérable des viols d'homme sur homme a un caractère de désir sexuel et non pas un caractère d'humiliation.

        • Le rapport entre le viol est le désir, homosexuel ou hétérosexuel, n'est pas une évidence, ici comme ailleurs. Les questions de la domination, de la prédation, de la possession, sont très importantes, et une preuve est que les viols d'un homme sur un homme sont souvent commis par des gens qui ne se considèrent pas comme homosexuels ou qui méprisent l'homosexualité.

          • Le fait qu'il haïssent ou n'assument pas leur sexualité ne change pas la nature sexuelle de leur désir... . Quant à votre "souvent", est-il justifié ? Je vois en tout cas systématiquement les mêmes types de viols, par administration d'alcool par exemple, résultats d'un désir sexuel, d'un homme sur un homme ou d'un homme sur une femme, pour prendre deux catégories qui me font donc penser que le viol n'a pas fondamentalement à voir avec une discrimination de sexe ou de genre.

      • A Jean NO:
        Vous posez je crois une question pertinente et complexe : y aurait-il « humiliation à être pénétré(e) » ? On peut effectivement penser que dans le cœur de beaucoup de femmes, la pénétration est ressentie comme une humiliation parce qu’elle sous tend l’animalité par laquelle nous nous reproduisons et qu’en plus elle sous tend l’idée que l’on est passif face à quelque chose qui s’impose quand même à nous et pénètre notre intimité la plus secrète (souvent sans ménagement, ce qui ne veut pas dire avec brutalité mais c’est la loi du désir).

        Mais en même temps quand même, on peut imaginer qu’il doit y avoir des femmes qui aiment ça, non ? Il me parait indiscutable, sauf à les traiter toutes de frigides, qu’il y a précisément des femmes qui jouissent de cela, que pour elle la pénétration est bien « le but de leur vie érotique » (même s’il n’y a pas que ça), le sommet de leur plaisir de vivre. Je crois comprendre que la femme doit être coincée entre ces deux extrêmes. Pour apprécier la pénétration il faut en avoir une haute idée, non ? Du moins une idée qui est plutôt l’apanage des femmes ou… des tantes ! Qui alors ne se sentent pas du tout humilié(e)s.

        • le mot tante est homophobe. merci de degager de mon blog.

        • La "loi du désir" serait "sans ménagement" voire "brutale" ? Qui dit ça ?
          Quand à la pénétration sexuelle, c'est comme manger : on ne peut aimer ça que si on l'a choisi, personne ne supporterait de se faire nourrir de force, sans avoir faim, fût-ce dans le meilleur restaurant du monde.
          Quand à l'utilisation du mot "tantes", je pense que vous savez qu'il est insultant et méprisant, ce qui ne fait que confirmer l'impression de connarditude que dégage le reste de votre post.

    • Je ne pense pas trop m'avancer en disant qu'une part importante, sinon prépondérante des hommes qui violent des hommes sont hétérosexuels.

      Le viol est un instrument d'humiliation, de domination. Reprenez-moi si j'ai tort, je ne maitrise pas forcément tous les concepts liés à la culture du viol (sur laquelle vous devriez d'ailleurs vous documenter), mais le violeur peut sans doute éprouver un plaisir d'ordre sexuel lorsqu'il viole. Mais le viol n'est pas motivé par une quelconque "pulsion" sexuelle, car celle-ci n'existe tout simplement pas. Les hommes (ou les femmes, d'ailleurs) n'ont aucun "besoin" physiologique, impérieux et vital, d'accomplir l'acte sexuel. Le viol n'est donc pas un acte "naturel" dicté par ce prétendu besoin : c'est l'expression de la prise de pouvoir d'un individu sur un autre, ou plutôt, et ne vous en déplaise, d'un groupe (les hommes dominants, même si on est à la limite du pléonasme) sur un autre (les femmes et les hommes dominés).

      En espérant ne pas avoir commis de contresens dans cette explication, je ne suis pas forcément le plus apte à la formuler.

  9. Ce qui inquiète dans l'Islam, notamment sur ces questions qui font partie des conquêtes de la modernité comme le féminisme (même si cela relève parfois du fantasme de la modernité puisque, effectivement, les chiffres restent accablants dans les pays qui se prétendent plus civilisés que d'autres), c'est le sentiment (justifie ou non, en fait ça dépend des moments, des lieux et des milieux) que l'Islam est en régression, n'est pas seulement dans l'inertie mais dans le recul. Et parfois, cette opinion est fondée. Il y a même des raisons, notamment la vexation vis à vis d'un monde occidental post/crypto-colonialiste qui est parvenu à faire croire - quelle admirable propagande - qu'il avait inventé le progrès et qu'il était propriétaire de l'idée et de ses modalités d'application. Or sur ce point, on sait que les conquêtes en matière de droits des individus sont récentes, fragiles, pas toujours bien digérées, et parfois très suspectes : l'humanisme de la Renaissance va avec la traite des noirs, la modernité du XIXe siècle s'est faite sur la colonisation, et ne parlons pas du nazisme, qui est bel et bien une invention typiquement européenne et moderne. Par ailleurs, le public connaît mieux la composition des équipes de football que le contenu des grands écrits des philosophes des Lumières dont on se targue.
    Ce qui est intéressant et affreux, c'est que cette vision médiatique d'un Islam en régression influence de nombreux chrétiens qui semblent se dire (on l'a vu dernièrement) qu'il n'y a pas de raison et qu'eux aussi peuvent retourner à l'obscurantisme dans lequel, à en croire le JT, vivent les musulmans du monde : la régression (avérée ou non) des uns sert de prétexte à la régression des autres, trop contents de revenir sur l'héritage de la fin des années 1960 sous prétexte qu'il y aurait pire ailleurs.
    La principale erreur de raisonnement, dans tout ça, c'est de croire que le milliard de musulmans (ou autant de chrétiens) sont, comme des fourmis, les membres d'un seul organisme, qui pensent tous de manière identique. Ce qui facilite ce genre d'erreur, c'est que ceux qui se font enfermer dans des boites (sexe, religion, nation, "race") sont souvent les premiers à y entrer, à les revendiquer et à se vautrer dans l'ignorance et la bêtise, qui restent les plus surs moyens pour avoir des certitudes.
    Une seconde erreur de raisonnement, c'est de ne pas combattre un truc horrible (une fillette de huit ans qui n'a pas survécu à sa nuit de noces au Yémen) mais d'utiliser le truc horrible pour combattre le groupe dont on a peur, au mépris de la plus élémentaire honnêteté intellectuelle (qui défend les mariages pédophiles, parmi les musulmans de France ? Du monde ?).
    Bon, bref, je suppose qu'on est assez d'accord (et y compris sur la manière d'utiliser une lutte pour en empêcher une autre).

    Juste une chose sur l'universalité du sexisme : j'imagine qu'il existe effectivement à un niveau ou à un autre partout dans le monde. Mais dire qu'il est universel, ça revient aussi à dire qu'il n'y a rien à y faire, qu'il est inscrit dans l'ADN humain. Et ce n'est pas vrai : être une femme ou un homme en Norvège est très différent d'être une femme ou un homme dans un pays catholique du sud de l'Europe, ou dans un émirat quelconque (et la Jordanie n'est pas la Syrie, etc.), ou dans un archipel de l'Océan pacifique. Vivre en ville ou dans les campagnes, en centre-ville ou en périphérie, donnent aussi une manière bien différente de vivre les questions de genre. Et ces comparaisons doivent être faites, ce n'est pas du racisme, ce n'est pas je-ne-sais-quoi-centré, c'est l'unique moyen pour progresser : admettre que certains problèmes existent plus à certains endroits qu'à d'autres, et étudier avec sérieux et bienveillance les raisons qui l'expliquent.

    • Oulala, il est interminable, ce pavé, je m'en rends compte une fois publié.
      En résumé : il ne faut pas se croire propriétaire du progrès, il ne faut pas se dire que le progrès c'est de ne pas être celui qu'on considère comme anti-progrès, de l'épouvantail que nous désignent les médias, mais il faut malgré tout continuer à croire au progrès, à la modernité.

    • "Bon, bref, je suppose qu’on est assez d’accord (et y compris sur la manière d’utiliser une lutte pour en empêcher une autre)."
      non. je ne vois pas en quoi l'islam est en regression (par rapport à quoi ?)

      "Mais dire qu’il est universel, ça revient aussi à dire qu’il n’y a rien à y faire, qu’il est inscrit dans l’ADN humain."
      je ne vois pas le rapport.

      "Une seconde erreur de raisonnement, c’est de ne pas combattre un truc horrible (une fillette de huit ans qui n’a pas survécu à sa nuit de noces au Yémen) mais d’utiliser le truc horrible pour combattre le groupe dont on a peur, au mépris de la plus élémentaire honnêteté intellectuelle (qui défend les mariages pédophiles, parmi les musulmans de France ? Du monde ?)."
      sauf que la pédocriminalité n'est pas spécifique à l'islam. au passage ce n'est pas à sa nuit de noces qu'elle n'a pas survécu mais à un viol. je ne vois pas pourquoi les musulmans de France auraient à se justifier sur qq chose qui s'est passé loin d'eux et n'a rien à voir avec eux. tu as en commub d'être un homme avec ce pédocriminel ; dois je te demander si tu es contre le viol d'une gamine de 8 ans ? alors pourquoi les musulmans devraient ils le faire. ce type est un pédocriminel et i l se trouve qu'il est musulman.

  10. Très très bon article, je trouve toujours la lecture de tes billets réjouissante (la situation de fond est déprimante, mais te voir mettre si bien ces mots dessus est libérateur pour moi).

    J'ai été assez longtemps islamophobe et de façon générale "religionophobe". Je n'ai modéré ma position que très récemment concernant l'islam. Alors je reste peu convaincue et très méfiante vis à vis des les religions (je trouve qu'on me dit suffisamment par ailleurs comment je dois gérer ma vie :p), mais j'ai réalisé que l'argument du sexisme contre l'islam ne représente qu'un petit pourcentage de ce qui me dérange dans le fait de pratiquer un culte quel qu'il soit.
    De plus, au même titre qu'on doit pouvoir se balader en mini-jupe sans conséquences, on doit pouvoir se balader complètement couverte sans conséquences. Notre corps n'est pas un dû.

    Et tu viens d'apporter une brique supplémentaire à mon édifice de tolérance, l'idée que le sexisme existe dans la religion de la même façon qu'il existe partout ailleurs vient de me "hit like a ton of bricks" :)

    Sinon, (ressenti personnel) je trouve que les personnes croyantes de mon entourage sont très discrètes dans leur pratique. Je ne me sens pas "envahie" personnellement.
    Ce qui me gêne c'est quand la religion sert de levier pour combattre des causes défendues par des non-croyants (par exemple quand l'église catholique décide de fournir des hébergements gratuits aux militants homophobes, je grince des dents).

  11. Bonjour,
    Pourriez-vous me dire d'où vient le chiffre de 50.000 viols/an? Peut-être serait-il utile de préciser, dans le texte, le territoire envisagé, sinon il me semble que le chiffre perd toute signification.
    Merci.

      • Merci beaucoup, très intéressant. Je me permets de vous faire remarquer une double imprécision dans votre formulation:
        Le compte est celui de 77.000 personnes déclarant des viols et tentatives de viol. Peut-être vous êtes-vous basée sur des chiffres plus précis distinguant les uns des autres, si pas, cela me semble un problème.
        Ensuite, l'unité de compte semble bien être les déclarants, à savoir le nombre de personnes victimes et non le nombre de (tentatives de) viols. Or, une même personne peut avoir été violée plusieurs fois. Quand on sait que la majorité des agressions sexuelles se produit dans le milieu familial, on comprend qu'il y a plus qu'une nuance entre victimes et viols. En clair, le chiffre des victimes est plus bas que celui des viols.
        Merci pour ce très intéressant article. Je rejoins largement votre analyse.

        • Les viols sont notoirement sous-déclarés. Évaluer le nombre réel de viols est compliqué, mais faisable en gros.

  12. "Diviser pour mieux régner", c'est une stratégie vieille comme la domination.

    Dans le genre, Sarkozy était un maître dans le domaine, avec son soucis permanent de "cliver" les groupes s'opposant à lui.

  13. Nous passons notre temps à rassurer les dominants sur le fait qu’on ne leur veut pas de mal – curieuse inversion des rôles – et qu’on ne va pas trop le secouer dans ses certitudes. Ainsi je passe plus de temps à expliquer aux hommes que je ne les considère pas tous comme des violeurs plutôt qu’à lutter contre le viol. "
    Doit y avoir un probleme informatique avec cette phrase, elle doit pas se publier chez certains parce qu'il y a deux abrutis qui viennent chouiner en n'en ayant strictement rien à foutre des victimes

  14. "Se servir du féminisme pour taper sur l’islam a un énorme avantage ; diviser les luttes.". Bien dit, et je pense même que pour certains c'est un objectif. Malheureusement (provisoirement?) atteint.

    Quant à ces messieurs, on retrouve toujours les mêmes: quand ils ont fini (ou pas) de nos dire comment nos devons nous habiller et nous déshabiller et que nous les avons envoyés paître, ils se mettent à nous donner des leçons de féminisme et à nous décerner des brevets (plus souvent à nous les refuser d'ailleurs).

    Mon credo basique, c'est "je fais ce que je veux de mon corps, je montre mes seins ou voile mon visage, je cours "pied nus dans la rosée" ou exhibe "ma guêpière et mes longs jupons" voire des talons de 15 centimètres, je fais frou-frou à bicyclette ou je me la joue Jeannie Longo, je me rase le crâne ou je laisse tomber mes longs cheveux tout en bas de la tour. Et c'est pas toi qui va me dire comment être féministe et si je le suis vraiment.
    Ah, dernier détail: un pays où, à la Chambre des Députés, on a fait une minute de silence à la mémoire d'un suicidé qui venait de tuer sa compagne... ne devrait pas donner de leçons de féminisme.

  15. Oui euh... tu crois vraiment qu'il y a un quarteron de gros porcs blancs qui se frottent les mains dans une salle obscure en se disant "ouiii maintenant on va diviser les musulmans et les féministes gnerk gnerk".... Une alliance tacite entre opprimés ?? Musulmans/féministes même combat ? Je ne nie pas les amalgames et la stigmatisation, m'enfin dire tout le temps que tout se vaut ou toutes les oppressions se vaudraient, c'est contribuer selon moi aux caricatures et aux simplismes. Peut être que le discours dominant tend à enfermer mais les militants tombent dedans la tête la première. Les traits culturels de la domination ne sont pas les mêmes, les phénomènes sociaux qui les sous tendent non plus. J'ai discuté avec des féministes tunisiennes et algériennes au FSM en mars dernier, elles se projettent pourtant en terme de droits sur les normes occidentales. C'est bien ou c'est pas bien j'en sais rien, ce que je sais pour l'avoir vu entendu et vécu en tant qu'homme, la vie au quotidien n'est pas du tout la même, même si je ne nie rien du diagnostic. Fatema Mernissi parle d'enfermement spatial en orient, et d'enfermement dans une image en occident. Ce sont des enfermements oui, mais pas les même non plus...

    • Non, pas des gros porcs blancs: des politiques rusés. Ce qui est, d'ailleurs, un pléonasme.

      • Je pense que l'analyse y gagnerait en prenant en compte la complexité du champ. Foucault parle d'effet stratégique: personne ne tire les ficelles dans l'ombre, mais la conjonction d'actions mues par une même représentation du monde induit des effets identiques à une stratégie. Les politiques rusés, quelque soit leur puissance, seraient bien en peine de provoquer les effets massifs que vous décrivez.
        Cette idée de la stratégie pure - fondée sur une planification et volonté consciente - déforce finalement le propos: faute de pouvoir la prouver, le doute est jeté sur l'analyse. Que certains le fassent consciemment, sûrement, mais que ce soit ce quarteron de fachos et de machos qui parvienne à diriger la manière dont, socialement, islam, féminisme, voile, etc. sont perçus et représentés, franchement, j'en doute.

  16. Franchement dominique...prenez vous en main et lez faire des recherches au lieu de pondre autant de conneries et donnez des lecons à ceux qui y ont vraiment reflechi depuis des annees. Ayez juste la decence de la fermer

    • Votre argument d'autorité tombe un peu à l'eau. Je sais de quoi je parle. En passant, on peut y réfléchir pendant des années et avoir toujours autant tort au fil des années. Ou alors vous considérez que les sexistes conservateurs endurcis ont plus raison parce qu'ils ont affirmé leurs positions sexistes depuis des dizaines d'années ?
      Ayez donc la décence de parler pour apporter quelque chose à la question.

      • Dominique, vous pensez peut-être savoir de quoi vous parlez, mais me viol existe car les rapports entre les sexes sont inégalitaires et qu'ils sont dictés par la loi du plus fort. Or, le plus fort, c'est toujours l'homme. Pas tous les hommes, mais le plus fort est toujours un homme. Ce n'est quand même pas bien compliqué de comprendre que l'injonction de domination faite aux hommes, qui implique de fait une dissymétrie entre hommes et femmes, lesquelles font partie du groupe dominé, donne lieu à des situations de domination des hommes par les hommes. Quand on s'imagine qu'on est le dominant et qu'on a le droit de violer, on peut violer une femme comme on peut violer un homme, parce qu'on pense qu'on est en droit de faire valoir ses désirs en niant totalement le consentement de l'autre.
        En outre, ne pas faire le lien entre le viol et les inégalités sexuelles, sachant que la très grande majorité des viols sont perpétrés par des hommes sur des femmes, en temps de paix comme en tant de guerre, c'est tout de même fort...

        • "Injonction de domination" ? C'est censé vouloir dire quoi au juste ? On ordonne expressément aux hommes de dominer ?
          Et non, encore une fois, le viol d'hommes par d'autres hommes (et notamment homosexuels) n'intervient pas dans le cadre d'un rapport avec le groupe des femmes.
          Les violeurs n'ont pas besoin d'un rapport de force entre deux catégories de gens pour vouloir violer. Il s'agit d'un rapport un-à-un, entre le violeur et sa victime.

          Quant à votre remarque sur la majorité des viols perpétrés par des hommes sur des femmes, est-il besoin de dire que c'est le résultat d'une majorité d'hommes hétérosexuels ? Je vous ferai remarquer, grâce à l'article grâcieusement fourni par une co-commentatrice, que la proportion d'hommes victimes est de 10%, dont au minimum 6% originant d'hommes ? Ce qui est passablement proche de l'équilibre estimé entre les orientations sexuelles, voire favorable à l'hypothèse d'une plus grande proportion relative de viols entre personnes de même sexe ?http://antisexisme.net/2011/12/04/mythes-sur-les-viols-partie-1-quels-sont-ces-mythes-qui-y-adhere/

          • « Injonction de domination » ? C’est censé vouloir dire quoi au juste ? On ordonne expressément aux hommes de dominer ?
            = Je ne vais pas vous expliquer comment fonctionne une société patriarcale.

            "Je vous ferai remarquer, grâce à l’article grâcieusement fourni par une co-commentatrice, que la proportion d’hommes victimes est de 10%, dont au minimum 6% originant d’hommes ?"
            Je ne comprends absolument pas cette phrase. 90% des victimes sont des femmes, donc logiquement, les 10% restant sont des hommes, on est d'accord. Je ne vois pas d'où sortent ces "6% originant d'hommes" et ne comprends pas non plus ce que vous voulez dire par là. L'article mentionné affirme que 96% des violeurs sont des hommes. Et donc?

            Evidemment que les viols perpétrés sur les femmes sont le fait d'hommes hétérosexuels, puisque le dominant, c'est par définition l'homme hétérosexuel. Les homosexuels, dans la logique patriarcale, ne sont pas des mâles alpha, m'voyez. Et je ne vois pas pourquoi ils violeraient des femmes, puisque le rapport de domination sexuelle entre femmes et homme homosexuel n'existe pas.

            http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/1092-viol-masculin-vs-viol-feminin.html
            "Daniel Welzer-Lang, seul chercheur français à s’être intéressé au sujet, rapporte dans nombre de ses travaux que le violeur qui agresse un homme se définit comme hétérosexuel. Poussant plus loin la recherche, il apparaît que c’est la question des rôles, et donc de la pénétration active, qui définirait l’hétérosexualité et, dans la tête des agresseurs, il ne fait aucun doute qu’ils sont hétérosexuels puisqu’ils sont actifs. "

            A part ça, à quel type de viol faites vous référence? Des viols commis par des homosexuels sur d'autres homosexuels, ou des viols commis par des hétérosexuels sur des homosexuels?

  17. Bravo pour cet article!

    D'ailleurs,cette INSTRUMENTALISATION du féminisme par des hommes pas du tout féministes n'est pas nouvelle:elle date de l'époque de la colonisation.

    En effet,pour justifier la colonisation avec des arguments "pseudo-humanistes", il y a eu des hommes haut placés(et des femmes malheureusement) qui ont utilisé le féminisme et la condition des femmes dans les colonies pour opprimer et voler!

    Ni la cause des femmes occidentales,ni celle des femmes "indigènes",ne sont sorties améliorées de cette insturmentalisation.

    A noter qu'à l'époque aussi,il y avait aussi des types comme Raoult qui justifiaient la colonisation pour "améliorer la situation des femmes arabes opprimées par l'islam" tout en s'opposant aux revendications féministes en Métropole!

    PS:à noter aussi l'instrumentalisation de la cause des femmes par sales types comme Bush et Sarkozy pour justifier des guerres impériales(Afghanistan,Irak,etc).

  18. J'applaudis des deux mains, et, aller, même des pieds à cet article! je me sens moins seule.

    Je voudrais rebondir sur ces deux bouts d'articles
    "A chaque fois que le féminisme est instrumentalisé à des fins islamophobes et racistes, des féministes prennent la parole pour s’y opposer. Pendant ce temps, elles ne se préoccupent pas des droits des femmes et ne combattent pas les discriminations qu’elles subissent"

    "Quand nous sommes occupées à déconstruire des mythes (« non toutes les féministes ne veulent pas tuer les hommes » « non les musulmans ne veulent pas interdire le porc en France », « non les féministes ne pensent pas que tous les hommes sont des violeurs » etc etc) nous ne sommes pas en train de lutter contre les discriminations"

    C'est vrai que c'est usant, mais je crois que ces interminables discussion "pédagogiques" font aussi partie de la lutte contre les discriminations, parce qu'elles font réfléchir les interlocuteurs, et contribuent, par petits bouts à changer les mentalités. J'ai longtemps penser que quand je me lançait dans ce genre de débat, c'était assez inutile, et au fond, plus destiné à soulagement mon exaspération face aux idioties entendues. J'ai ainsi laisser quelques commentaires plein de liens expliquant la "théorie du genre"( enfin, son inexistence) et autres, en pensant après coup que j'avais bien perdue mon temps. J'ai eu la surprise de voir sur deux d'entre eux quelque mois plus tard, des articles montrant une vrai réfléxions sur ces sujets....

  19. Je suis tombé sur cet article par le biais de rezo.net et j'ai été ravi de ma découverte. C'est un texte très intelligent, j'ai hâte de découvrir le reste de ce site. Certains de ces passages m'ont vraiment touché car ils expriment une exaspération que je ressens souvent en tant que musulman.
    Bravo et bonne continuation.

  20. Je pense comprendre les arguments déployés dans cette article, et je partage l'essentiel du ressenti exprimé.
    Je ne crois pas par contre qu'il y ait une stratégie construite de "division de deux groupes", mais je peux me tromper.
    Par ailleurs, je ne pense pas que l'on puisse non plus occulter qu'un certains nombre de problèmes sociaux sont assez corrélés avec une vision rigoriste de l'islam, ce qui peut expliquer parfois un certain émoi (mariages forcés, excision, exclusion des femmes dans l'espace public, voire polygamie).
    Il me semble important, comme Valérie le fait souvent ici, de mettre en perspective ces aspects, en les documentant, en montrant leur impact réel (plutôt limité au final), en décryptant les ressorts sociaux plus que religieux, en montrant la façon dont ces anecdotes/faits divers sont instrumentalisés par certains médias et politiques (malheureusement plutôt dominants, dans les deux sens du terme), etc.
    C'est ce travail didactique qui a de la valeur, d'autant plus lorsque des commentateurs éclairés viennent compléter le propos.

  21. [...] Le marteau féministe et l’enclume musulmane » Crêpe Georgette [...]

  22. [...] Le marteau féministe et l’enclume musulmane » Crêpe Georgette [...]

  23. Onfray est pro-athéisme, il est normal qu'il soit sensible aux défauts des religions. Dans certaines de ses conf' il tape aussi sur les autres (et pas uniquement sur l'islam). Vous devriez lui écrire pour lui dire qu'à votre sens le sexisme existe indépendamment des religions (et y compris donc chez des athées).

    Pour ma part, la lecture de G.Tillion sur l'Algérie me conduirait à dire qu'il y a un mouvement islamiste récent, une sorte de renouveau islamique, post modernisation de ces pays, qui, de façon presqu'annexe, renvoie la femme dans son foyer. La description de la société algérienne de 1935 par GT montre en effet que le voile n'y était pas pratiqué :c'est une innovation moderne, post-1980 -( donc indépendante de la décolonisation d'ailleurs). Pour ce qui le voudraient, vous pouvez également lire W. Tamzali sur le sujet.

    Le moyen d'y réagir? A mon sens, mettre en avant des féministes de culture musulmane. Cela permet un coup double: éviter de confondre culture musulmane et islamisme (qui est un peu à l'islam ce que LMPT est au catholicisme), et donner des modèles pour les enfants en qui s'identifier et se reconnaitre.

    • note:ma suggestion de lui écrire n'est là que pour permettre d'initier un dialogue: après tout, le gaillard prône l'échange d'idées, et vous aussi. Ses prises de positions au moment où certain politique parlait de pédophilie héréditaire et génétiquement programmée me laissent penser que la discussion est possible, pas vous?

  24. [...] Quelques extraits choisis, mais allez lire en entier, c’est du bon : http://www.crepegeorgette.com/2013/09/13/le-marteau-feministe-et-lenclume-musulmane/ [...]

  25. Pardonnez-moi si quelqu'un a déjà soulevé ce point ( je n'ai pas lu tous les commentaires ) :

    Ce qui se passe au Québec en ce moment est fort intéressant. Le gouvernement minoritaire du Parti québécois ( séparatiste ) voudrait faire adopter sa Charte des valeurs québécoises. Entre autres, on veut interdire le port du foulard islamique ( et bien sûr le port du voile intégral ) par les fonctionnaires d'état, c'est-à-dire les professeures, les femmes médecins, les infirmières et même les éducatrices de la petite-enfance. Le port de la kippa juive, le turban et les gros crucifix serait également interdit. Par contre, on permet que l'énorme crucifix à l'Assemblée nationale de rester en place, sous prétexte qu'il fait partie du patrimoine québécois et n'a plus aucune signification religieuse ( oui, vraiment ! ).

    En tout cas, tout cela pour dire qu'il y a un problème ici pour moi en tant que féministe. Je déteste le foulard ( et encore davantage le niqab ou la burqa ). Pour moi, ce sont carrément des symbôles de l'oppression de la femme. Si une femme dit qu'elle veut porter ce genre de vêtement, je considère qu'elle a subi un lavage de cerveau. Par contre, le fait d'interdire le foulard, même si je le déteste, va trop loin, à mon avis. Les musulmanes pratiquantes seront toutes systématiquement écartées de la fonction publique au Québec--plus de profs, d'infirmières, de médecins de confession musulmane.

    Des commentaires là-dessus ?

    • " Si une femme dit qu'elle veut porter ce genre de vêtement, je considère qu'elle a subi un lavage de cerveau."
      ah ? elle est trop bête pour choisir par elle même ? et qui lui fait subir un tel lavage ? Fatima Mernissi parle du harem de la taille 38 qui répnd bien en Occident au voile oriental.

      "Je déteste le foulard ( et encore davantage le niqab ou la burqa )."
      Détestes tu aussi les talons hauts qui causent d'importants dommages de santé, les jupes étroites et autres vêtements sexués et sexistes qui définissent les femmes comme femmes et sont également parfaitement oppressifs ?

      "Par contre, le fait d'interdire le foulard, même si je le déteste, va trop loin, à mon avis."
      il n'y a aucune différence entre obliger à porter le foulard et l'interdire ; c'est encore une fois forcer les femmes à adopter un vêtement en considérant qu'elles sont trop bêtes pour choisir par elles mêmes.
      Que tu détestes le foulard n'a pas à rentrer en ligne de compte.... des féministes jugeraient que s'épiler est symbole d'un lavage de cerveau et de l'oppression des femmes.. beaucoup prendraient assez mal qu'on dise qu'on leur a lavé le cerveau... il me semble complexe de juger du voile comme d'un vêtement qui serait par essence différent alors que la majorité des vêtements féminins sont oppressifs..

      • Je trouve que c'est un argument trop simpliste (ou disons simplificateur) de comparer le voile aux tenues féminines "oppressives". Pour ma part, je connais en France des féministes qui portent des talons, qui se maquillent, qui se forcent pour entrer dans du 38, etc. Leur attitude sur ce point est peut-être contradictoire, mais ne remet pas en cause leur conviction d'une égalité nécessaire des droits entre hommes et femmes. Je n'ai par contre jamais rencontré ou lu de féministe portant un foulard islamique et revendiquant cette même égalité. Je veux bien être contredit sur ce point si je me trompe.
        Deuxièmement, si l'on fait la comparaison, faisons-là jusqu'au bout : y-a-t'il plus de femmes aujourd'hui qui se plient à ces codes vestimentaires "occidentaux" (sic) qu'il y a 30 ou 50 ans. Et même question pour le voile (en France comme dans des pays proches comme le Maghreb). Je pense mais je me trompe peut-être aussi, que c'est l'augmentation des pratiques du port du voile qui inquiètent (comme inquiétait dans une moindre mesure par son ampleur la mode du string par exemple).
        Enfin, même si je ne remet pas en cause le caractère patriarcal et normatif de la mini-jupe, du maquillage ou des talons aiguilles, je constate que ne pas s'y plier revient rarement à s'exclure d'un groupe social ou politique. Je ne suis pas certain qu'un constat identique puisse être fait pour le voile.
        Ceci étant, on est d'accord sur le fond de l'analyse : le port du voile ou l'appartenance à l'Islam (ou a une autre religion) ne doit absolument pas être un outil supplémentaire d'oppression sur les femmes.

        • Je me permets de faire remarquer que, dans les pays musulmans, bien des femmes voilées mènent un combat féministe. Pour le reste, moi j'en connais, des femmes voilées qui se considèrent comme féministes. En Belgique, Mahinur Ozdemir, parlementaire voilée, se reconnaîtrait certainement dans cette appellation…

          • Oui, je parlais de la France, je connais effectivement beaucoup de féministes voilées ailleurs (dans des pays "musulmans" pour faire simple).
            Plus que "se revendiquant féministes", je dis "réclamant l'égalité des droits entre hommes et femmes", ce qui ne semble pas par exemple être le cas de Mme Ozdemir.
            Après, je respecte sincèrement tous les engagements visant à plus d'émancipation, mais je me permets de les différencier dans mon analyse.

    • Wendyrg, je pensais comme toi il y a peu. Puis je suis tombée sur le récit d'une femme reconvertie à l'Islam, qui expliquait le soulagement qu'elle avait ressenti à l'idée de ne plus avoir à exposer son corps en public. J'ai alors réalisé que les tenues féminines modernes étaient aussi oppressives, car elles nous obligent à faire étalage de notre corps tel qu'il est, à la merci du soupesage, reluquage, évaluation détaillée du regard masculin. Sans parler des talons...
      Je n'aime pas plus les religions qu'avant mais je mets le voile au même niveau que les tenues cintrées et les talons de 10 :)

      Sinon, je suis d'accord avec toi sur le fait que libérer les femmes de ces symboles d'oppression ne doit pas passer par une démarche coercitive mais éducative. Interdire le voile ici et là ne peut servir qu'à éloigner les musulmanes d'un accès à cette éducation.

  26. " je constate que ne pas s'y plier revient rarement à s'exclure d'un groupe social ou politique"
    lire Mona Chollet beauté fatale.
    Fatima Mernissi Le harem et l'occident

  27. Sinon, je suis en train de lire "Les féministes blanches et l'empire" qui traite justement de l'instrumentalisation du féministe à des fin racistes ; ils dégagent un point de vue intéressant à savoir que certains féminismes ont, au fil de l'histoire, trouvé un intérêt commun avec les idéologies racistes. Ça ne veut pas dire que ces groupes féministes se sont servi du racisme pour appuyer leur combat, mais qu'à certains moments il y a eu corrélation entre les agendas et certains points des deux mouvements, qui ont servi à faire progresser l'un et l'autre. Je ne sais pas si je suis très claire, c'est très bien expliqué dans le livre en revanche.

    Donc plutôt que de refuser l'instrumentalisation du féminisme par les idéologies racistes, il faudrait peut-être se désolidariser des groupes féministes qui acceptent de jouer sur ce partenariat. (les auteurs parlent en autres de Ni Putes Ni Soumises, Antoinette Fouque, Yvette Roudy).

    Je n'ai pas fini le livre mais je voulais en parler tant que le sujet est chaud ici !

  28. Merci pour les liens, je n'ai pas eu le courage de lire le bouquin de Mona Chollet en entier, je réparerai cette erreur ! J'avais déjà remarqué qu'elle s'affranchissait plutôt bien des "diktats" de la mode (et que par ailleurs, ni elle ni Fatima Mernissi ne semblent porter le voile ;-) .
    Promis, j'arrête de polluer les commentaires après celui-là, mais je reste sur ma faim. Pour vous il n'y a vraiment pas de différence de sens et d'intensité - en France - entre le port du voile et le port - par exemple de talons hauts ? Et d'autre part, je repose ma question : a-t-on des exemples, toujours en France, de féministes portant le voile ET revendiquant une égalité complète des droits hommes-femmes ?

    • je vois mal le rapport entre le look de Chollet ; tu observes souvent le look des auteurs masculins. et son bouquin... par ailleurs elle n'est pas musulmane.
      et donc dés qu'on te parle d'auteures femmes tu vas voir leur photo. intéressant. c'est pas tout à fait mon propos hein.

      "Pour vous il n'y a vraiment pas de différence de sens et d'intensité - en France - entre le port du voile et le port - par exemple de talons hauts ?"
      non.

      " a-t-on des exemples, toujours en France, de féministes portant le voile ET revendiquant une égalité complète des droits hommes-femmes ?"
      tu fais exactement ce que je dénonce ds mon article. les musulmans doivent montrer patte blanche et revendiquer l'égalité homme/femme. la majeure partie des gens non voilés crachent sur le féminisme 24/24 mais non c'est aux musulmanes voilées qu'on demande des preuves de leur féminisme.

      • 1. Non, "je ne suis pas allé voir la photo" de l'auteur (et encore moins parce que c'est une femme, cette accusation est méchante et ridicule). Je l'ai vue en interview, et, comme j'avais entendu parler de "beauté fatale", j'avais été favorablement interpellé par son "look". Surtout que j'étais un lecteur régulier du diplo et que je connaissais déjà certains de ses écrits.
        2. OK, je le note.
        3. Tu retournes mon propos, je ne demande en aucun cas aux "musulmans" de montrer patte blanche, surtout que je ne considère pas que porter le voile est de près ou de loin une obligation pour une musulmane (mais je ne suis pas théologien, je le concède). Je trouve qu'une bonne manière d'interroger un comportement social (ici le port du voile) est de voir en quoi il est corrélé a des idées revendiquées et des actions réelles (ici la revendication de l'égalité des droits). C'est notamment pour ça que je ne suis pas d'accord sur le point 2.
        Mais comme à ce rythme je vais finir par me faire traiter de raciste ou d'Islamophobe, j'arrête de commenter. Bonne continuation.

  29. Il me semble que Chollet et Mernissi mettent en lumière des analogies dans les systèmes patriarcaux, cela dit les contextes culturels et les conséquences de ces analogies ne sont pas les mêmes. Il ne me semble pas non plus que leur argumentaire vise à dire que tout se vaut et tout est toujours pareil. Il n'y a quand même pas que le port du voile ou pas dans la problématique ! Ma voisine - d'une famille qui vient d'arriver en France - n'a pas le droit de sortir et ne répond pas quand je frappe à la porte si son mari n'est pas là... Elle n'est pas en burqa et son mari n'est pas un barbu.
    D'un point de vue plus général, ce n'est pas selon moi qu'une problématique franco française de "récupération" ou pas. le débat est bien plus large. J'en ai déjà parlé sur un autre fil je crois mais les forums awid montrent bien la difficulté de construire un discours féministe commun entre occident et orient. Le biais reste toujours l' ethnocentrisme, d'un côté comme de l'autre. On le voit aussi en Amérique du sud autours des populations indigènes.

  30. [...] Le marteau féministe et l’enclume musulmane » Crêpe Georgette [...]

  31. [...] Le marteau féministe et l’enclume musulmane » Crêpe Georgette [...]

  32. [...] vous parlais dernièrement de l'instrumentalisation du féminisme par l'extrême-droite à des fins racistes ; ce weekend en a fait la parfaite démonstration et je crois important d'en parler. Samedi il [...]

  33. Je dis ne pas vouloir blasphémer envers le nutella. Je suis donc pour le retour de la condamnation au blasphème. Puis en relisant, je me rends compte que le billet n'utilise même pas le mot blasphème dans quelque sens qu'il soit, mon ironie est dans le vide.
    Remplacez islamophobie par antisémitisme, vous verrez à quel point cela fait peu sens de dire que ce terme sert à "interdire le blasphème". On peut critiquer les religions sans discriminer les personnes.

    • Je suis aussi incapable de poster un commentaire correctement et répondais à greeneuz.

    • Remplacer "islamophobie" par "antisémtisme" n'est pas possible dans ce texte. En effet le terme "islamophobe" n'y est tout simplement pas utilisé pour qualifier les personnes discriminant les musulmans, mais bien pour qualifier les personnes critiquant cette religion.

      Vous pouvez le constatez par vous-même en le relisant, l'article de Valérie qualifie d'islamophobe toutes les personnes qui critiquent l'Islam en tant que religion : ici les féministes, puisqu'elle parle de "féministes islamophobes".
      Quelles féministes qualifie t-elle ainsi, si elle ne parle pas des féministes qui ne font que critiquer la religion ? je vous pose la question... avez-vous déjà lu un article de presse sur une féministe qui aurait discriminé un(e) muslman(e) ? ou une personne mulsumane qui rapporterait de tels faits ?

      En utilisant le terme "islamophobe" pour qualifier les féministes, Valérie milite donc POUR l'interdiction du blasphème, puisqu'elle considère qu'une personne critiquant la religion musulmane est islamophobe et que ce n'est pas tolérable.

  34. Puisqu'on fait appel, à propos des musulmans, des pays les plus en difficultés du point de vue des droits des femmes, il n'est pas inutile de lire ce qui suit, et le caractère prosaïque de l’enlèvement du voile couvrant le visage, et la nécessité que ce geste soit l’œuvre des femmes elles-mêmes, de leurs combats :

    http://randaachmawi.blog.fr/2011/10/07/tawakol-karman-l-heroine-du-yemen-11978778/

    On a affaire là à une dirigeante du plus gros parti islamiste yéménite, par ailleurs prix nobel de la paix, Tawakol Karman, dans un pays où le traditionalisme pèse fort. Par ailleurs présidente de l'association des femmes journalistes sans chaînes : http://womenpress.org/

    https://www.google.fr/search?q=Tawakkol+Karman&client=firefox-a&hs=O3d&rls=org.mozilla:fr:official&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=Ak49UoSLJ46o0wWKwoDQCw&ved=0CAkQ_AUoAQ&biw=1193&bih=720&dpr=1

    Le vent de l'histoire est complexe, les couches sociales discriminées, les sexes discriminés, les personnes que l'on discrimine pour leurs croyances ou simplement parce qu'on a besoin de boucs émissaires, de diviser, attendent surtout du soutien à leurs combats, suivant leurs cheminements à eux et leurs cheminements sont leurs propriétés.

    Nous avons eu affaire là à un très bel article, exposant de façon crue ce qui se passe en ce moment du côté des faussaires et des manipulateurs pour que les gens se jettent à la gorge les uns contre les autres.

    • Et dans l'article ci-dessous, au delà de l'extension du combat pour la liberté des médias, des femmes journalistes au Yemen, comment cela se déploya dans la conscience de groupes de jeunes au Yemen, à tous les droits fondamentaux c'est surtout la dernière partie qui est passionnante et éclaire que personne ne peut faire un chemin à la place des autres.

      "En tant que membre du principal parti Islamique d’opposition, l’Islah, Tawakol Karman a toujours utilisé le voile qui couvre son visage, le niqab. En cela est courant au Yémen ou la grande majorité des femmes, indépendamment de leurs positions dans la société ou de la profession qu’elles exercent se couvrent entièrement, ne laissant voir parfois que leurs yeux.

      Mais a cause de son activisme politique, elle a décidé avec le temps, que le niqab, ne l’aidait pas à avoir une communication efficace avec les gens, comme elle souhaitait d’en avoir.

      Mais un jour, lorsqu’elle était en train de participer d’une conférence, en 2004, pour faire une présentation sur le Droit de l’Homme, avant de monter au podium, elle a simplement décidé de découvrir son visage. Un moment où, pour la première fois, depuis qu’elle était devenue adulte, son visage était montré en public.

      « J’ai découvert que le fait de se couvrir le visage, n’était pas approprié pour une femme que veut travailler dans l’activisme et le domaine publique. Les gens ont besoin de voir mon visage lorsque je parle, autrement le contact réel n’est pas possible. De plus le fait de se couvrir le visage, n’est pas prescrit par l’Islam. Le port du niqab est uniquement une tradition, alors j’ai décidé de l’enlever » Expliquait Tawakol.
      En ajoutant que même si elle a admit que celle-là fut une décision difficile, elle ne la regrette pas. Et depuis, elle va même jusqu'à encourager d’autres femmes activistes de l’imiter.

      On découvre qu’il il y a, dans la société Yemenite des nombreuses femmes actives dans les sphères politiques et publiques, et selon Tawakol, elles sont plus sincères que les hommes car elles doivent être deux fois meilleures, plus efficaces, productives, etc.., car elles vivent dans une société patriarcale. « Le problème chez nous c’est que, les femmes activistes sont deux fois plus sous pression, en tant que femme et en tant qu’activistes, car notre société n’accepte pas une femme qui est visible ou qui mène une vie publique » dit en ajoutant « faire partie du processus démocratique est extrêmement difficile aussi bien pour les hommes que pour les femmes, spécialement si la position de ces activistes se trouvent en lutte contre des Etats, ou il y a des groupe d’intérêts puissants. Alors essayons d’imaginer ce que c’est cela lorsqu’on est femme et qu’est déjà né opprimée… »"

      http://randaachmawi.blog.fr/2011/10/07/tawakol-karman-l-heroine-du-yemen-11978778/

  35. Tout votre argumentaire est basé sur l'idée que "ces gens là" (rien que ce vocable ^_^, ), les dominants sont animés de mauvaise intention et armé de mauvaise fois. Ce n'est pas argumenté, c'est acquis à la base.

    Qui sont ils exactement ? On ne sait pas en fait, et je pense que vous même l'ignorez. C'est épouvantail. C'est qui vous voulez dès lors que vous voudrez casser son discours. Vous ne proposez pas une analyse, une description du réel, mais un mode d'attaque.

    L'idée que des gens sincères soient réellement heurtés par le discours sur "La Femme" de l'islam ? J'ignore si pour vous cela se conçoit, mais en tout cas c'est hors de votre sujet.

    "Il faut comprendre que ces gens-là, ont tout de même bien conscience qu'il y a un problème avec les femmes. C'est pas que cela les empêche de se raser le matin mais, tout de même cela tire un peu aux encoignures quand on te rappelle les 50 000 viols par an, la violence conjugale ou l'inégalité salariale. On ne va pas pour autant entamer des réformes sociales d'importance, ou réfléchir à quoi que ce soit qui pourrait nous ôter une once de privilège donc coller le sexisme sur le dos des musulmans tout en payant des amendes sur la parité s'avère, au final, une technique assez confortable. "

    Encore une fois, QUI pense comme ça ? Mystère. Allez vous en prenez un, Raoult, et vous allez dire que c'est tout le monde. Enfin, tous "ces gens là". Les dominants.

    Et après ce magnifique amalgame bien attrape-tout, l'axe du discours se consacrer à démontrer que l'amalgame, c'est vraiment pas bien.

    Que demander à un musulman de se prononcer sur un crime sur les femmes en l'Arabie Saoudite c'st juste un mode d'attaque de mauvaise foi, destiné à casser moralement le musulman d'ici. Parce que c'est le but de "ces gens là". Les dominants.

    Je suis le premier à penser que réclamer aux musulmans d'ici de se justifier sur les crimes commis ailleurs est gonflant, parfois odieux.

    Mais, car il y a un mais, l'exemple choisi délibérément outrancier (Monsieur Machin, un musulman hier à Ryad a découpé une enfant de 6 ans en 18 morceaux après l'avoir violée en groupe) est totalement hors sujet. Pas juste exagéré : à côté de la plaque. Il est évident que le meurtre de nourrisson est un crime, punit de mort en AS. Par conséquent, jamais on ne demandera à un musulman de "se justifier" pour cela, vu que c'est puni.

    le musulman d'ici est interpellé quand un acte commis, moralement repoussant, l'est au nom de la loi, et parce que cette loi est censée être plus qu'inspiré par des textes de références que le musulman d'ici à en commun avec le musulman de là bas (je dis le musulman car c'est en tant que croyant réputé partager une même morale). On n'interroge pas les musulmans d'ici sur un bébé découpé en morceau, mais sur le mariage légal d'une enfant de 8 ans avec un octogénaire, sur une condamnation de la victime après un viol, sur l'interdiction de sortir du pays sans autorisation du mari, etc. Sur des actes qui ont force légale. Et ça change complètement la perspective de l'analyse.

    Et encore une fois, perso, je trouve cela fastidieux, et assez vain, d'aller tendre les micro à la sortie des mosquées chaque fois que quelques chose ne tourne pas rond en terre d'Islam. Mais il s'agit bien de cela : si vous vous référez aux mêmes sources, en tirez vous les mêmes conclusions ? C'est une interpellation dont le principe est légitime, et vous n'évacuerez pas le problème en passant à côté.

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