juil 232013
 

L'arrivée organisée et massive de différents groupuscules d'extrême-droite sur le net français se situe vraisemblablement autour du tout début des années 2000 avec la naissance de deux sites : sos-racaille et radical-web.

Ces sites sont uniquement fréquentés par les membres les plus radicaux de l'extrême-droite qui discutent de thèmes habituels à leur idéologie en des termes extrêmement explicites et condamnables. Ils ont d'ailleurs tenu peu de temps et ont rapidement fermé.


Leur présence sur les forums des grand média français est à l'époque encore peu importante et ils sont mis à l'écart par les autres membres. Leur vocabulaire est encore le même que sur dans leurs lieux consacrés et ils n'ont pas encore appris à policer leurs discours.

Peu à peu, ils ont appris à le faire (je situe cela vers 2004 de manière empirique) et ont très rapidement compris ce que pouvait leur apporter Internet. Ils pouvaient à la fois, aux yeux de tous, via des hébergements étrangers par exemple, dire à peu près ce qu'ils voulaient et fédérer un public qu'ils n'auraient jamais espérer atteindre sur les sites des grand media français.

Leur méthode, d'ailleurs en partie décrite par un ancien militant, est éprouvée.
En premier lieu, ils envoient leur avant-garde, les plus radicaux d'entre eux, les plus racistes, les plus violents. Ceux-ci arrivent avec des discours extrêmement violents et racistes faits à la fois pour choquer mais aussi pour préparer aux discours qui vont suivre. Arrive ensuite l'arrière-garde au discours en apparence plus modéré. Je vous en avais parlé ici. Ces groupes là arrivent avec un discours soigneusement élaboré qui commence par l'idée qu'on "ne peut plus rien dire" et qu'il "faut s'exprimer à mots couverts" car le "politiquement correct est partout". (même discours chez la fachosphère de type Dieudonné et Soral). Ce discours de type "toujours les mêmes" parait beaucoup plus mesuré que le premier discours (qui n'a servi qu'à faire passer celui-là) ; il est sémantiquement pourtant exactement le même ; seuls les mots changent. Et cela fonctionne ; il passe.  (et si cela ne fonctionne pas, création d'un pseudo de type Mohamed qui insulte les autres membres à base de "on va violer vos femmes, nous les arabes").
Bien evidemment, ces gens-là ont été formés. Il serait faux de croire que les gens d'extrême-droite se baladent en groupe dispersé sur le net ; tout ceci est pensé en amont comme le dit le lien d'ailleurs.
Ces gens-là vont quasi exclusivement s'exprimer sur les faits-divers. (il aurait été intéressant de faire le même sondage sur la presse en ligne) La presse de son côté en publie de plus en plus car cela n'est pas cher à produire et génère un nombre de pages vues intéressant. La méthodes de l'extrême-droite est toujours la même quand ils s'expriment sur le média ; donner l'impression que le nombre de fait-divers augmente donc l'insécurité. Donner l'impression que les seuls à commettre des crimes sont des gens d'origine immigrée ou immigrée. Donner l'impression que le gouvernement Sarkozy, puis Hollande les excuse voir les absout. Leurs phrases préférées étant "donnez les noms", "toujours les mêmes" "pauvre fRance" "merdia au service de la gauche".

En 5 à 6 ans de présence intensive dans les média (et de blogs assez malins, où ils ont, des années, compilé des faits-divers choquants), la contagion s'est faite. Des gens se sont mis à croire et penser qu'ils avaient peut-être raison. Désormais la quasi totalité des faits-divers dans les média sont commentés via des propos comme ceux que je cite en exemple. Prenons un fait-divers lambda récent où deux mineurs ont frappé une femme de 82 ans. Tout un chacun est bien evidemment choqué mais on n'a au fond pas grand-chose à dire. La culture de "mon opinion est importante" à laquelle se rajoute dix ans de bourrage de crâne d'extrême droite fait que vous aurez en réaction "les mineurs arabes et noirs tapent des blanches de 82 ans et ca sera notre tour, on nous le cache, Taubira les absout".

On pourrait se dire que tout ceci n'est pas bien grave dans la mesure où nous n'avons pas de répercussion directe dans les urnes. Je m'attendais, je l'avoue à un second tour Sarkozy/Le Pen au vu de ce que je lis chaque jour. Je n'avais pas perçu et compris qu'il faut du temps pour convaincre une population de façon massive et que cela se fait de manière diluée et graduelle. Peu à peu les politiques ont posé leurs conseilleurs en com' devant un écran à lire ce qui se passe sur le web. La droite (et la gauche) ont compris qu'il faut parler avec les éléments lus ça et là et que rien n'est plus intéressant électoralement parlant que de donner l'impression d'insécurité pour mieux dire qu'on a les solutions. (en clair dire "qu'on est contre le tabassage des mamies dans la rue" fait recette). Rajoutons à cela l'idée que faire parler de soi à tout prix, en bien ou en mal, est une garantie de longévité politique.

Vous avez ainsi des politiques ; citons en vrac Ciotti, Morano, Boutin (il y en a d'autres) qui reprennent en cœur le discours et les mots exacts de l'extrême-droite en mode "on nous cache tout, on nous dit rien". Quand Vialatte parle de Valls en le nommant "le chimique", il ne fait rien d'autre que reprendre les mots utilisés sur les média en mode "on vous lit on vous comprend"'.  Quand il dit que "les casseurs sont surement des descendants d'esclave, ils ont des excuses Taubira va leur donner compensation". Il reprend des thèmes lus tout au long de la journée sur des média français. (il y aurait aussi sans doute à parler de la culture de l'instantanéité et de la quasi obligation à réagir dan s la demie seconde à tout mais j'y reviendrai sur un autre billet).

La gauche et la droite ont continuellement utilisé l'extrême-droite pour arriver à leurs fins et dans le plus parfait cynisme. Nous en sommes désormais au stade où leurs éléments de langage sont repris tant par des gens ne votant pas FN que par des politiques n'appartenant pas à ce camp politique (je lis ainsi régulièrement des termes type fRance ou meRdia chez des gens pourtant très à gauche.. les mots ont un sens ET une histoire...).

Il devient difficile (et nous allons sans doute le constater dans les commentaires) de poser fermement qu'un débat à base d'"islamisation", de "politiquement correct" ou de "on nous cache tout",  "les juifs gouvernent le monde" n'a pas lieu d'être et ne nous intéresse pas.  Les termes du débat nous sont imposés et ne pas vouloir y répondre fera de nous des "gens qui se leurrent" qui sont "dans la culture de l'excuse" (terme employé par Valls hier). Nous nous retrouvons donc - même pour nous y opposer - à discuter non stop des thèmes de l'extrême-droite.

Les idées et les éléments de langage de l'extrême-droite ont conquis tout l'échiquier politique et ce n'est à mon sens qu'une question d'une dizaine d'années avant qu'elle gagne les urnes.

 

Sans-titre-1

 

Je rajoute ici le sondage du jour sur le Point qui assoit ma démonstration. Lorsque j'entends qu'on "ne peut plus rien dire" et que "c'était mieux avant" , je pense à ce type de paroles qui auraient été impossibles il y a 20 ans et qui sont admis. Pourquoi admis ? Parce que la possibilité de les prononcer et d'en parler est possible alors que cela ne serait venu à l'idée que de trois types au crâne rasé il y a 20 ans. Et oui j'affirme que la France est plus raciste qu'il y a 20 ans.

Constatez d'ailleurs que 3 propositions sur 4 considèrent que la parole prononcée peut avoir une quelconque valeur.
Faire paraître ce sondage c'est
- donner de la visibilité à des paroles qui ne devraient pas en avoir. Je suis de celles qui pensent qu'on ne doit jamais faire la moindre publicité aux paroles haineuses même pour les dénoncer. Leur dénonciation oblige à ce qu'on les répète (et vous voyez que je me fais prendre à mon propre piège puisque je participe ici à leur diffusion).
- de la page vue et un bon gros buzz (et avouons que c'est ici le nerf de la guerre et tout le problème du modèle économique des média).

Si Bourdouleix peut se permettre ce genre de phrases (avec un procès à la clé mais peu importe l'idée a diffusé) c'est parce qu'il sait qu'une bonne partie de l'opinion publique est de son côté en se disant que "certes il exagère un peu mais tout de même les roms ils font chier".

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  43 réponses sur “Quand les éléments de langage de l’extrême droite se diffusent sur tout l’échiquier politique”

  1. Je suis moi-même assez désolé de constater la porosité des éléments de langage entre les différentes sphères politiques.

    Le FN a compris que le discours sur la pseudo laïcité pouvait servir de paravent à toutes les horreurs de la terre tout en faisant mouche chez des électeurs de l’extrême gauche anticléricale.
    De sorte que j'entends des amis du front de gauche ou du NPA commencer à se plaindre de la soi-disant "islamisation de la France" et du supposé "laxisme" de la justice...

    De même, je commence à entendre le discours sur la "bien-pensance" chère aux éditorialistes d’extrême droite chez des quinquas de gauche et de droite.
    Là encore, ce discours a l'avantage de se prêter à la critique du moindre changement.
    - Interdire quelque chose (le cigarette dans les lieux publics par ex.) c'est de la "bien-pensance".
    - Mais autoriser quelque chose (le mariage pour tous, allons-y) c'est encore de la bien-pensance.

    Ce qui me fait penser qu'en réalité ce type de critique masque un discours purement réactionnaire, dont l’extrême droite n'a pas le monopole, mais qui est son terrain prédilection.

  2. feufol > long time no see ! ça fait plaisir ^^

    L'arnaque rhétorique de l'ED a éclot avec l'explosion du net au début des années 2000. Mais ce n'est qu'un effet de bord d'un phénomène plus large : le net a "encapsuler" la vie, le monde etc...

    Les tags qui à la base servent à classer et a structurer les données conditionnent notre façon de rédiger ("bon alors cet article, je le tag "actu" ou bien "politique" ?)

    Le net a formaté notre pensée de façon binaire, avec pour effet pervers de facilité les pensées radicale... comme celle de l ED.

    L'opportunisme a joué et les militants extreme de tous bord (gauche, droite, catho, islamistes, j'en passe et des meilleurs) ont joué de ce "pret à pensé".

    Et puis le Net est aussi un déversoir devenu si grand qu'il est impossible pour un être humain de ne pas être submergé par le flot s'il n'est pas préparé à penser, a douter et à s'interroger.

    Les médias traditionnels ne font qu'amplifier la formidable caisse de résonance qu'est le web.

    Il n'y à rien de plus extrémiste que le mode de fonctionnement d'une machine, il est donc "normal" que la stratégie rhétorique des extrémistes se soit si bien adapté a ce média. Car tout sur le net DOIT rentrer dans une case.

  3. @Flashou : moi aussi ça fait plaisir :)

  4. Je suis consternée de voir à quel point les idées d'exrême-droite et le racisme se sont diffusées sur tout l'échiquier politique.
    Les échanges autour des incidents de Trappes (et là, déjà, je vais me faire taper sur les doigts par les "réalistes de gauche" rien qu'en disant "incidents" : je minimise bien sûr) m'ont glacée le sang : pour simplement interroger le lien possible entre ces violences, la montée du racisme et la loi contre la burqa, je me suis faite insultée par des gens de gauche : pour certains, j'étais une intégriste islamiste; pour d'autres, une conne hors de la "vraie vie" qui n'a rien compris au réalisme électoral (lequel consiste à aller dans le sens de la connerie raciste "parce qu'on ne peut pas interdire aux français d'être cons").

    J'en viens à me demander s'il faudra l'électrochoc d'un lynchage de femme voilée pour que les tolérants de gauche se réveillent enfin et réalisent où ce racisme institutionnalisé nous mène...

  5. malheureusement je crois que la mise en ligne de ce sondage confirme ton analyse :
    http://www.lepoint.fr/sondages/

    @thaliane : dans les conversations j'essuie aussi ce genre de remarque et me fais traite de bobo déconnectée du réel bien planquée dans son quartier privilégié. Manque de bol pour eux j'habite à Saint-Denis, donc je suis bien mieux placée que mes contradicteurs pour constater les graves problème que pose une ville envahie par les non blancs.

  6. Zut pour clarifie la fin de mon com, j'aurais du mettre entre guillemets la fin sur les graves problèmes.
    parce qu'il n'y en a pas tant que ça, mais bon je sais bien que pour certains le simple fait de prendre un RER ou + de 70 % des passagers sont non-blancs c'est dramatique.

  7. Idem, je suis dans un immeuble social du 19ème pas bobo (d'où sans doute la phase 2 de l'insulte: "intégriste islamique". Etant anti-cléricale féministe, ça m'a laissée bouché bée j'avoue).

  8. "Etant anti-cléricale féministe, ça m'a laissée bouché bée j'avoue)."
    Itou. C'est fou, en tant qu'anti-cléricale de devoir se retrouver à défendre des pratiquants dans leur pratique religieuse. De devoir réaffirmer qu'une démocratie n'est pas censée légiférer sur le nombre de CM de peau que l'on DOIT monter, que l'expression publique d'une opinion publique, fusse-t-elle de nature religieuse est un des piliers de la liberté d'expression...

  9. « Et oui j'affirme que la France est plus raciste qu'il y a 20 ans » Je pense pas qu'elle soit réellement plus raciste.

    Quand j'entendais mon grand-père qui a fait la guerre d'Algérie parler des "crouillats" là y'avait du vrai bon racisme. Avec des vrais morceaux de haine dedans.

    Maintenant, on a toute cette génération qui disparaît progressivement au profit de jeunes que je crois (j'espère...) sensiblement peu plus tolérants que mon grand-père vis-à-vis des immigrés.

    Par contre ce que je me dis, c'est que les gens sont beaucoup plus décomplexés vis-à-vis de leur racisme et du coup s'en cachent moins. Rien de réjouissant malgré tout.

  10. @Tsad : Je partage ton analyse.
    J'ai l'impression qu'un verrou est en train de sauter du point de vue de la parole raciste.
    J'ai l'impression que nos parents (mon père était né en 1937, ma mère en 47) avaient une culture post seconde guerre mondiale qui servait de barrage à la prise de parole raciste en public.
    Aujourd'hui les gens confessent volontiers ce genre d'opinions, comme si elle relevaient du "bon sens".

  11. Tsad ; je n'ai pas dit qu'il n'y avait pas de racisme auparavant. Je dis qu'il y en a plus aujourd'hui car nous avons permis (entre autres car nous avons été infoutus de savoir quoi faire avec Internet) que la parole raciste se diffuse et contamine.
    Ce qu'on a tenté de déconstruire pendant 30 ans (en échouant je ne le nie pas) soit le racisme colonial ressurgit à toutes forces depuis 10 ans.

  12. Mon grand-père, pied-noir, était "pas raciste mais n'aimant pas les bicots". MAIS il avait compris que c'était une opinion inadmissible. Dans le sens, elle lui restait chevillée aux tripes mais il savait qu'il ne pouvait rien en faire, pas la défendre, ni même voter en fonction. Si une phrase malheureuse lui échappait, il rectifiait de lui-même "oui oui je sais, je ne devrais pas dire ça" bien ennuyé que ses petits-enfants puissent penser qu'il était un vieux con (insulte qu'il s'administrait facilement à lui-même mais qui est toujours désagréable à lire dans les yeux de ses enfants).
    La différence aujourd'hui, c'est, comme le dit feufol, que cette opinion est devenue celle du "bon sens populaire", elle est devenue défendable. Et, pire, si tu la remets en cause, c'est toi qui te fait traiter de sale con.

  13. Quand tu entends des SOCIALISTES t'expliquer que s'ils rament électoralement parlant aujourd'hui, c'est à cause de SOS Racisme qui avait "confisqué" la parole...
    Quand on t'explique que t'as rien compris parce que la France éternelle, elle sera toujours contre les communautarismes, c'est pas de l'islamophobie du tout, c'est de l'anti-communautarisme (ah ouais, les ghettos de riches, l'entre-soi des élites, une seule et même promotion de l'ENA à la tête du pouvoir, les cathos qui mettent leurs mômes dans le collège privé Sainte-Bidule, c'est PAS du communautarisme ?...)
    J'avoue, je suis démunie devant tant de mauvaise foi.

  14. voilà c'est exactement cela. Il ne s'agit pas de faire des 40 dernières années un eden d'anti racisme.
    Prenons au passage l'expression de Chirac "le bruit et l'odeur". Quand il l'a prononcée à des fins électoraliste, cela a suscité un scandale total avec chanson de Zebda à la clé et on s'en souvient tous encore.
    Aujourd'hui on serait déjà bien en peine de citer toutes les phrases innommables citées au cours des 5 dernières années qui passent comme lettre à la poste.

    au passages des verrous sautent. Je ne suis pas très étonnée de lire une telle phrase sur Hitler ; je lis déjà depuis 3 ou 4 ans une banalisation totale du nazisme avec impression que les gens ne réalisent pas vraiment de quoi on parle.

    sur les discours que tu cites Thaliane ; c'est pour cela que je parle de débats d'extrême droite. On nous emmène sur des terrains absurdes (ex au niveau du féminisme la féminisation ou la fameuse "theorie du genre" ; le débat est d'office sans intérêt puisqu'il parle de termes qui ne veulent rien dire (feminisation WTF ?) mais auquel nous sommes presque obligés de participer car on n'a pas le choix.

  15. Je fréquente beaucoup de gens du voyage pour des raisons personnelles.
    Et lorsque j'en parle je remarque que les détester est devenu normal, banal.
    Le nomadisme est un truc suspect. On me demande toujours de quoi ils vivent, pourquoi ils ne font pas comme tout le monde.
    J'ai l'impression que mettre en accusation un groupe entier de la population (dont les contours sont plus ou moins définis) est devenu quelque chose d'acceptable socialement.

    Et lorsqu'on voit des intellectuels, des journalistes, des politiques de premier plan répéter ces opinions ça crée évidemment un effet d'entrainement.

    Au passage, tout le monde se focalise sur la polémique et les propos racistes, mais il y a très peu de voix pour rappeler que si les maires étaient contraints de respecter la loi qui leur impose de construire des aires de grands passage l'histoire qui nous occupe ne se serait pas déroulée.

  16. "J’ai l’impression que mettre en accusation un groupe entier de la population (dont les contours sont plus ou moins définis) est devenu quelque chose d’acceptable socialement."
    voilà pourquoi je prétends qu'au lieu de se focaliser sur la poutre balancée par Bourdouleix il faut comprendre comment on en est arrivé à ce qu'il puisse dire cela. Au lieu de se dire que c'est un homme isolé et coller ca sous le tapis, il va bien falloir envisager notre responsabilité là dedans. C'est tout ce que nous dit le sondage du Point. Sur les roms tout est à peu près licite et on peut tout dire.

  17. je renvoie à ceci : http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/01/14/debat-sur-l-identite-nationale-vincent-peillon-demande-la-demission-d-arlette-chabot_1291916_823448.html
    cela avait été une position courageuse (dieu sait que je n'aime pas Peillon) que de refuser un débat d'emblée biaisé. cela serait-il encore possible aujourd'hui ? je pense que non.

  18. @Valérie : je te rejoins complétement.
    Bourdouleix est sanctionné parce qu'il a évoqué l'extermination. Et majoritairement, le nazisme reste un Tabou.
    Mais lorsqu'Estrosi propose un guide pour expulser les Gens du voyage qui sont français dans leur immense majorité (et les Roms, généralement sédentaires et mis au passage dans le même panier) je ne vois personne pour proposer son éviction de l'UMP.
    Ce qui signifie que proposer une mesure à l'encontre de toute une partie de la population française est devenu un axe programmatique acceptable pour un parti de gouvernement.

    En d'autres termes, un parti comme l'ump, qui a les moyens de sonder l'opinion publique à grande échelle, pense qu'il y a une demande pour ce genre de mesures...

  19. non bien sûr, on dirait que Peillon fait de l'angélisme.
    Je crois que c'est ce qui m'est le plus insupportable : que défendre des principes de tolérance soit devenu "de l'angélisme", de la "bien-pensance", comme si les tolérants étaient des crétins qui n'ont rien compris.

    Je pense que, si Internet et l'entrisme que l'extrême-droite y a fait habilement en est grandement responsable, il y a aussi une grande part de responsabilités des médias : on a trouvé "amusant" de laisser parler Zemmour & co pour, au début, les traiter de réacs et, finalement, on les a laissés diffuser leurs idées nauséabondes exprimées à grand coup "m'enfin, c'est du bon sens et je ne dis que ce que tout le monde pense tout bas".
    Je ne dis pas qu'il fallait interdire de parole les réacs bien sûr, mais leur laisser des places de "chroniqueurs", c'est à dire de diffuseurs d'opinions sans réponse, c'est comme si on avait laissé Tarik Ramadan chroniquer (et ça, bien sûr, c'est impensable). De l'autre côté, l'opinion de tolérance, elle n'a plus eu de place que chez les humoristes (ou portée par des bobos si caricaturaux qu'ils offrent sur un plateau des arguments aux reacs)

  20. C'est bien ça le problème : quand vos collègues de boulot vous disent que oui, ces manouches, ce sont tous des voleurs, que cette opinion est si communément admise que vous vous retrouvez seule à argumenter contre ces idées reçues, et que finalement, vous finissez par baisser les bras parce que le lieu de travail, est- ce l'endroit pour avoir ces discussions politiques? ( c'est bien sûr du même acabit pour les stéréotypes de genre, cela n étonnera personne...)
    Je suis si ravie de lire l'article et les commentaires, que j'en suis à me demander si les opinions minoritaires aujourd'hui ne sont pas celles qui sont défendues ici...

  21. Une dizaine d'années, une dizaine d'années… moi je dis 5 ans. Après le mandat Hollande, on va assister à une bonne guerre des familles entre la droite et l'extrême-droite, je le vois venir gros comme une maison.
    Ce pays m'inquiète de plus en plus. Je suis régulièrement traumatisée par les conneries que je peux lire dans les commentaires d'articles en ligne, et encore plus de constater que le vote FN se répand parmi les jeunes, très naturellement. Une de mes cousines (22 ans) et tous ses amis pensent très sincèrement que si la France va mal, c'est à cause des "immigrés". (Il faudrait déjà qu'on m'explique ce qu'est un immigré exactement, d'ailleurs, car m'est avis que Mohamed, né ici, dont les parents vivent en France depuis 20 ans, n'est pas un immigré, enfin je dis ça, je dis rien). On va traduire par "basané", ce sera beaucoup plus proche de l'état d'esprit de ces gens là, et c'est bien le problème. Ce n'est pas de la xénophobie, mais bien du racisme primaire. Chez les jeunes, j'ai constaté en plus une certaine naïveté vis-à-vis des extrêmes. Quand j'ai tenté de leur parler du fascisme et de faire le lien entre extrême-droite et certains événements historiques m'voyez, ils étaient mort de rire, ils ne voyaient absolument pas le rapport : "Ah ah ah, le FN c'est quand même pas des nazis ou des fachos, n'importe quoi, c'est pas du tout la même chose" et la meilleure : "Non mais faut arrêter de penser que Marine c'est le mal, ce n'est pas comme du temps de son père". Cette inculture crasse est juste navrante, mais il y a des raisons à ça, et tu mets le doigt exactement où ça fait mal : la pensée ouvertement raciste, sous couvert, parfois, de "préférence nationale", est bel et bien en train de s'ériger comme l'opinion qui est étouffée par les bien pensants, la vérité qui se doit de faire surface. Et ce qui me fait gerber, c'est que mes mecs type Zemmour ou Soral, qui se font les hérauts de cette pensée là en enrobant au passage leur prêchi prêcha dans des jérémiades comme quoi la gauche/ les bobos/ou assimilé les empêchent de se faire entendre, ont en vérité une audience monstrueuses. Cette légitimation m'effraie au plus haut point.

  22. [...] Quand les éléments de langage de l’extrême droite se diffusent sur tout l’échiquier politiqu... [...]

  23. "C'est bien ça le problème : quand vos collègues de boulot vous disent que oui, ces manouches, ce sont tous des voleurs [..] est- ce l'endroit pour avoir ces discussions politiques?"

    C'est bien ces échanges qui me font le plus peur et qui ne me donne pas une vue optimiste du futur (dans 5 ans)... entre le débat sur le mariage pour tous qui a été instrumentalisé dans tous les sens (gauche droite), la préférence nationale juste avant et les sorties scandaleuses des Estrosi, Morano, Boutin ou d'autres ELUS... la parole s'est clairement libérée ces dernières années, et je suis souvent le seul a m'élever contre ce genre de discours. Ce qui me vaut souvent le surnom de "bobo" qui ne veut rien dire... Alors non le travail n'est pas l'endroit ou parler politique, mais que ce soit sur Facebook (ou j'ai perdu un certains nombres d'amis suite au mariage pour tous et mon anti cléricalisme affiché) ou sur le lieu de mon boulot et celui de ma femme, je serai toujours l'emmerdeur qui fera une réflexion bien sentie aux gens se permettant des discours racistes. Je ne vais pas me faire que des amis, mais ma conscience sera tranquille. Surtout en tant que petit fils d'immigré russe.

    Merci pour ce bel article (encore) Valérie

  24. Très intéressant tout ça, je viens de partager ton article. J'ai lu aussi "à propos", on se ressemble, sauf que moi je suis presque bientôt végé. ;)
    Je reviendrais par ici ça a l'air bien.

  25. merci de ta visite :)

  26. En ce moment je me pose ces questions. Est-ce que avec les mouvements anti mariage gay, la récupération de l'accident de Bretigny (même scénario qu'AZF pour le figaro) sont des tentatives de renverser la démocratie ? Quand on lit les commentaires sur le fig.net, et qu'on tente d'y répondre, on à vraiment l'impression que tout est fait pour encourager le discours le plus nauséabond...impensable il y a quelques années. Par exemple on peut dire tranquillement que le maire de (trou de mémoire...) au discours néo-nazi anti gens du voyage à raison sans être jamais "censuré", alors que la moindre petite idée de gauche est presque automatiquement retirée.

  27. Effectivement, l'extrême droite à su faire son beurre sur le net, et ça pèse sur les médias et in fine sur l'opinion. Mais il doit bien exister un moyen de lutter non ? je veux dire, les réponses argumenté, sur facebook elle valent une suspension de compte pour "incitation à la haine". Vous avez surement d'autres idées non? On va pas laisser internet à l'extrême droite? J'en ai marre aussi de me faire suggérer des vidéos d'Alain Soral ou Dieudonné quand je vais sur youtube.

  28. Je me permets de relever un point. La France plus raciste de nos jours qu'il y a vingt ans? Oui et non.

    En premier lieu, je pense le terme "racisme" est un fourre-tout qui se transforme en piège. Il concentre un peu tout et n'importe quoi sans être vraiment clairement défini par ses divers utilisateurs. Ceux-ci se retrouvent ainsi à parler un langage différentiel même au sein d'une même faction. Par exemple, certains (les bons gros fachos on va dire) y incluent ce qui serait du ressort de l'éventuelle nature intrinsèque d'une culture ou d'une ethnie. D'autres (les beaufs tranquillement racistes) se contentent d'y projeter, de manière naïve et probablement en partie inconsciente, le visage des conséquences de facteurs économiques et sociaux. Entre les deux, cinquante nuances de bleu-blanc-rouge.

    Ensuite (en partie par extension), ce terme a acquis une telle charge sémantique négative qu'il est devenu un instrument idéal. "Raciste" est désormais la fois une insulte et un jugement sans appel se suffisant à lui-même. Une ligne tracée sur le sol. A gauche de la ligne on est un gros con gaucho et à droite un gros con nazi. Je sais pas vous mais moi je trouve que c'est rigolo d'utiliser comme étalon une ligne flottante quantique aux contours en perpétuel mouvement que personne ne voit au même endroit.

    En plus ça a le mérite d'occuper la langue entre les repas, et de remplir des journaux et des blogs pour pas cher en argent et en neurones, et après on a plus le temps pour réfléchir à autre chose. Oh merde, je crois que je viens de comprendre...

    En conséquence, on se retrouve avec un joyeux sac de nouilles au milieu duquel on est complètement paralysé, qu'on soit à gauche ou à droite. Coluche envoyait sec sur les noirs, les arabes, les flics, les gonzesses, les vieux, les juifs, les handicapés, les gros, les moches, les belges, et les autres. Est-ce que c'était moins malsain que le silence aseptisé (derrière lequel on entend un brouhaha croissant) des années 2010 ? Oui et non. On pourrait en causer 10 ans sans trouver de réponse. Tout ce que je constate, c'est que plus personne pourrait balancer le dixième de ce qu'il balançait sans finir avec trois procès au cul.

    Selon moi, cette zone nébuleuse est une impasse. Je vais dire une énorme banalité : on sait tous que les réponses et les éventuelles solutions aux mécanismes du racisme sont en amont. Je pense que tout ce qui pouvait être fait "facilement", la grosse base, le coup de faux initial (les 20/80 en somme), a grosso modo été conclu par Luther King. Je simplifie à fond mais bon vous voyez l'idée.

    Maintenant on est dans l'affinage, le travail de fond, la théorisation, la recherche des fondamentaux. Je parlais de racisme quantique un peu plus haut. Eh ben pour moi les sciences sociales ça devrait être pareil que la physique. Quand les sciences dites "dures" se trouvent face à un problème qui l'empêche d'avancer, elles essaient de trouver des issues de secours pour continuer d'avancer, sans pour autant perdre leur vocation de recherche de "vérité". C'est là qu'intervient le principe d'incertitude : quand on peut voir au delà, on ne perd pas de temps avec ce qui n'est qu'un symptôme. On peut éventuellement y revenir plus tard, mais il n'y a rien de pire que s'embourber (je vais en énerver un ou deux là) sur ce qui n'est finalement qu'un détail. Et on s'embourbe dans les derniers 20 % du racisme depuis 50 ans sans avancer d'un iota. Enfin, on avance d'un côté, mais on recule autant de l'autre. Impasse.

    Bref, pour ces choses là, ma conviction c'est qu'accorder du temps à un symptôme qu'on fait prendre conscience d'un problème. C'est même l'inverse, puisque dans notre environnement social et médiatique (où "faire le buzz" est une poule aux œufs d'or), on déclenche la cristallisation d'une problématique dans son symptôme, ce qui est le phénomène opposé à celui qui serait souhaité. La poule dans l’œuf, alors que tout le monde sait que l’œuf était là des millions d'années avant. Euh, je commence à me mélanger dans mes poules, j'en déduis qu'il est temps pour moi de conclure.

    Le vrai problème, le véritable ennemi pour moi, c'est pas le racisme. C'est la combinaison d'une visibilité médiatique, d'une société gouvernée par l'image, la "culture du sentiment d'appartenance" ainsi que le "prêt-à-consommer". Toutes ces choses dont le racisme (ainsi que, pour rebondir sur le thème principal de ce blog, les éléments déclencheurs du féminisme) ne sont que des avatars. Et franchement, les avatars, j'en ai rien à péter (allusion au scénario de Pocahontas, même si je sais que c'est vraiment pas raisonnable).

  29. Ça fait du bien de venir ici pour y lire des choses intelligentes.
    Perso, j'ai une copine qui m'a carrément avoué avoir pris la carte fn ces jours-ci. Mais cela faisait un moment que je l'entendais tenir des propos hallucinants (pour moi). Du genre "si on n'y fait pas attention, la France va devenir musulmane. Et puis les arabes sont tous des délinquants. c'est pas du racisme, c'est vrai. Mon voisin qui est arabe blablabla"
    Elle n'est pas une jeune car elle a 49 ans. Elle est une de mes amies sur facebook. Mais je pense à la virer car à présent elle se distingue par une main bleue blanc rouge disant : touche pas à mon drapeau. Je me sens aussi de plus en plus seule à contredire les propos racistes (car oui c'est du racisme primaire) et cela commence vraiment à me faire flipper.

  30. Moi je déprime un peu parce que sur une page Facebook FEMINISTE, j'ai lu "le hijab est l'étoile jaune de la musulmane" (faut-il que j'explique pourquoi je ne *supporte pas* de lire ça ?). Et sur cette même page on a sommé une féministe de s'excuser pour "racisme anti-blanc" et "sexisme anti-homme" (elle avait employé l'expression "blanc colonialiste", et a dû répéter plusieurs fois que NON, elle ne parlait pas de toutes les personnes blanches). Et par ailleurs un commentaire xénophobe sur les pays musulmans est passé sans problème. Mais merde quoi.

  31. Lilith, mon premier réflexe aurait été de dire de virer cette copine de tes ami-e-s facebook. Et puis à y réfléchir, j'ai aussi une autre vision de ce sujet. Je trouve qu'on est malhonnêtes intellectuellement parlant de présenter cela comme du "racisme primaire". S'insurger contre l'islamisme n'est pas du racisme, et dire qu'un bon pourcentage des délinquants en France sont d'origine d'Afrique du Nord ne devrait pas être considéré comme du racisme primaire, si on était dans un monde où il ne faut pas raisonner de façon binaire.
    Les politicards de droite font depuis toujours de la xénophobie un bon instrument de manipulation des esprits. Ce qui est malhonnête dans leur démarche d'aujourd'hui, c'est que, selon moi, défendre la colonisation et se plaindre des effets secondaires dont nous subissons encore tous les conséquences est plus que malhonnête. A mon avis, la délinquance des banlieues et le refuge de l'islamisme vient beaucoup de la rancoeur de la colonisation, et surtout du fait que cet esprit à continué en "métropole" en parquant les immigrés (et pauvres en général), dans des lieux inhumains et qui sont une insulte quotidienne quand on est obligé d'y vivre. Parquer les gens dans des grandes barres en béton, au milieu de nulle part ...et surtout à l'écart de là où se tient la vie, est d'une grande violence.
    Pour moi c'est cela qu'il faut dénoncer, et le mensonge de ceux qui ont mis les immigrés, (et les pauvres en général) dans cette situation et aujourd'hui exploitent le sentiment xénophobe.
    Je trouve que d'accuser le prolo moyen de xénophobie parce qu'il se plaint de l'islamisme et de la délinquance des banlieues, fait partie d'un système de raisonnements binaires. La droite profite au maximum d'une sorte de silence de ceux qu'ils appellent les "bien pensants", et qui prennent la fuite, à mon avis.

  32. ali, certes je cautionne ce que tu as écrit. Mais je ne peux pas accepter que tous ce qu'elle met sur le mur soit bleu blanc rouge (la tour effel avec une marianne en haut aux couleurs bbr, un visage avec les lèvres pentes bbr, le slogan "la France aux français", des messages du style "il faut tous les renvoyer chez eux"...)Elle va jusqu'à prétendre que les assistantes sociales disent aux françaises qui viennent demander de l'aide, qu'elles ont des ordres pour aider les étrangers et pas les français.
    Tous les mensonges sont bons pour se retourner contre les "étrangers qui viennent manger le pain des français". Et c'est plus qu'une idée fixe car à présent c'est son seul sujet de conversation.

  33. Lilith, je vois le genre de délire dans laquelle est cette fille. Je lis régulièrement les commentaires du fig.net, et je me rend compte dans quel état d'endoctrinement est une partie de la population... c'est bien plus que le "on sait bien qui sont les voyous" d'il y a quelques année, et auquel je pensais dans mon précédent commentaire (et je ne suis pas toujours d'accord avec moi quand je me relis). Là c'est vraiment de l'endoctrinement qui fait bien penser aux années 30. C'est sur qu'on ne peut pas accepter ça....

  34. Effectivement ça me fait penser aussi à l'endoctrinement des années 30. C'est pour ça que ça fait flipper car je constate que sur le net cette parole-là est totalement libérée.

  35. [...] et sur la libération de la parole extrémiste et xénophobe sur le net. Les derniers en date ici (plutôt pas mal) ou la (blablabla). La diffusion de la vulgate mariniste, donc, fait peur, elle [...]

  36. Pour les gens du voyage : au lieu de la politique du bâton (sanctions pour les communes), a-t-on essayé une politique de la carotte en montrant aux communes des avantages (en termes économiques et/ou de qualité de vie) dont la présence de gens du voyage les feraient bénéficier ?

    @Lilith:

    ""Et puis les arabes sont tous des délinquants. c'est pas du racisme, c'est vrai.""

    Avez-vous tenté de lui fournir des exemples d'Arabes non délinquants ?

    "Elle va jusqu'à prétendre que les assistantes sociales disent aux françaises qui viennent demander de l'aide, qu'elles ont des ordres pour aider les étrangers et pas les français."

    A-t-elle fourni une source de cette allégation ?

  37. L'élément de langage "si vous n'êtes pas d'accord c'est parce que vous êtes un bobo déconnecté des réalités / qui ne vit pas là où sont les problèmes" a un succès considérable.

    L'automne dernier j'émis sur mon blog quelques doutes quant au bien-fondé d'une pétition de commerçants qui dénonçait la présence de prostituées des pays de l'Est (d'autres parlent de "Roms") qui, selon eux, exerceraient leur activité dans des logements payés par le Conseil général, et iraient tapiner jusque dans les commerces.

    Évidemment, apparut assez vite un commentaire qui dit qu'il est clair que je n'habite pas le quartier. Si, justement...

    Mais c'est toujours la même astuce : prétendre que ceux qui ne hurlent pas à la délinquance sont des bourgeois déconnectés, ou des idéologues.

  38. Très exact et il est difficile à contourner car fondé sur de l'irrationnel, du subjectif et de l'attaque ad hominem.

  39. @Apokrif

    Oui j'ai tenté de lui donné des exemples d'"arabes" non délinquants. Mais pour elle ce ne sont que des exceptions.
    Quant aux assistantes sociales qui auraient reçu des ordres pour privilégier les étrangers, aucune preuve, aucun nom. Je pense qu'elle en arrive à inventer des choses pour justifier ses propos.
    il y a peu elle est allé jusqu'à me dire qu'il y a plein de choses qu'on ignore, mais que depuis qu'elle a pris sa carte au fn, maintenant elle sait tout ce qu'on veut nous cacher.
    Franchement j'ai cessé de la voir et supprimé de mes amis sur Facebook, car elle est beaucoup trop bornée. Et le comble c'est qu'elle dit ne pas être raciste. Ce qui est vraiment triste c'est qu'il y en a de plus en plus. Pour preuve le fn récolte de plus en plus de fidèles

  40. ""Je pense qu'elle en arrive à inventer des choses pour justifier ses propos.""

    A mon avis on les invente pour elle. Il n'y a qu'a lire par exemple les commentaires du fig.net pour voir que tous les sympathisants FN racontent les mêmes absurdités.

    ""L'élément de langage "si vous n'êtes pas d'accord c'est parce que vous êtes un bobo déconnecté des réalités / qui ne vit pas là où sont les problèmes" a un succès considérable.""

    Oh non, le mot "bobo" me sort par les yeux. Aujourd'hui il est employé par tout le monde, même par des gens de gauche, et pour moi c'est un signe de la pénétration des idées d'extrème droite partout.

  41. @DM : je pense que tu parles de ce billet: http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2012/10/03/O%C3%B9-sont-ces-hordes-de-prostitu%C3%A9es-des-pays-de-l-est-dont-on-nous-parle-tant%C2%A0 et notamment du commentaire de Nael.

    Ton interlocut-eur-rice ne disait pas qu'il était "clair" (évident, établi) que tu n'habitais pas le quartier, mais simplement qu'elle *pensait* (conjecturait) que tu n'y habitais pas. Et ille n'a pas écrit (ou le commentaire a été supprimé ?) que tu étais un "bourgeois déconnect[é], ou [un] idéologu[e]" ; el s'est contenté-e de faire ce qui est un raisonnement logique si (je dis bien "si) les faits rapportés sont exacts, à savoir: si la présence de ces prostituées est manifeste, et que tu ne le vois pas, eh bien il est probable que tu fréquentes peu l'endroit.

    Sur ce coup, j'ai l'impression que c'est toi qui projettes un préjugé sur ton interlocut-eur-rice: tu lui prêtes des propos ou des pensées dont la lecture de l'échange ne fournit aucune preuve.

  42. [...] L'arrivée organisée et massive de différents groupuscules d'extrême-droite sur le net français se situe vraisemblablement autour du tout début des années 2000 avec la naissance de deux sites : sos-racaille et radical-web. Ces sites sont uniquement fréquentés par les membres les plus radicaux de l'extrême-droite qui discutent de thèmes habituels à leur idéologie en des [...]  [...]

  43. [...] une complète méconnaissances des codes des extrêmes-droites. J'avais ici, sur un ton humoristique, décrypté quelques uns des éléments de langage des extrêmes-droit.... La plupart utilise des références, des images (je me souviens encore de cet internaute qui avait [...]

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