sept 282009
 

La secrétaire d'Etat chargée de la famille, Nadine Morano, souhaite expérimenter un nouveau dispositif envers les conjoints violents. Ceux-ci seraient équipés d’un bracelet électronique relié à un centre de contrôle par GPS, qui permettrait à la victime d'être alertée de l'approche de son ex-conjoint.

Au passage, profitons en pour étudier les statistiques 2008 de la violence dans le couple produites par le ministère de l’intérieur.

184 personnes sont décédées en 2008 du fait du conjoint ou de l’ex conjoint :
- 156 femmes (1 tous les 2.5 jours) : 84.4 % des cas (dans 1 cas la femme était violente)
- 27 hommes (1 tous les 14 jours). Sur ces 27 hommes, 11 étaient coupables de violences antérieures envers leur conjointe. Dans 2 cas, c’est la femme qui était violente.
Il y a un cas de violence dans un couple lesbien ; les autres étant des couples hétéros.
Pourquoi faire une étude par sexe ? Parce que "84.4 %".
Lorsqu’on constate que les victimes dans la sphère familiale sont à 84.4 % des femmes, il convient de comprendre pourquoi ; donc de faire une étude sous l’angle du genre et de comprendre pourquoi des hommes, parce qu’ils sont en instance de divorce, parce qu’ils sont sous l’emprise de l’alcool tuent leur conjointe et non pas le voisin, le patron, le collègue.
Constatons au passage que l’arme la plus utilisée pour tuer est l’arme blanche qui ne nécessite aucune force particulière. Il n’est donc pas question ici de plus grande force physique.

Caractéristiques des homicides :
- non prémédités
- prééminence de couples mariés
- utilisation d’une arme blanche
- les meurtrières tuent davantage après une dispute, les hommes parce qu’il y a séparation.
- dans 70 cas, il y avait des violences antérieures
- dans 10 affaires, il y avait eu des condamnations pour des violences antérieures
- l’alcool présents dans 30% des cas (surtout consommés par les hommes meurtriers).

Professions :
- meurtriers : 59 % étaient inactifs ; 25% à la retraite, 30% sans emploi, 3.7% en maladie invalidité
- victimes : 65 % étaient inactifs ; 26% à la retraite, 37% sans emploi, 1.6% en maladie invalidité
Dans le cas où ils travaillaient, 30 étaient employés, 15 cadres, 12 ouvriers
- l’âge où l’on passe le plus à l’acte se situe entre 41 et 50 ans
- 32% des auteurs se sont suicidés ou ont tenté.(surtout des hommes)

Particularités :
- Dans 13 homicides la victime était victime d’Alzheimer. Dans ces 13 cas 9 auteurs se sont suicidés et 3 ont tenté de le faire.
- dans 8 cas, le rapport parle d’ "euthanasie". Il est précisé que l’on ne peut néanmoins en être sûr devant l’absence de preuve de consentement.
- 32 auteurs et 28 victimes avaient plus de 70 ans ; 10 auteurs et 10 victimes avaient plus de 80 ans.
Ces cas, me semble-t-il, peuvent être étudiés un peu séparément. On peut aussi mettre en avant la difficulté à vivre avec une personne atteinte d’Alzheimer ou en fin de vie. Les femmes seraient plus atteintes par cette pathologie ce qui aurait pu expliquer le plus grand nombre de femmes atteintes de cette maladie et tuées ; mais il n’y a pas corrélation entre le nombre de femmes atteintes d’Alzheimer et le nombre de femmes tuées atteintes d’Alzheimer.
Pour autant, un meilleur accompagnement pour les conjoints partageant la vie d’un "Alzheimer" ou d’une personne en fin de vie, permettrait sans doute d’éviter ces drames, qui, me semblent-ils ne peuvent être mis au même plan que le autres décès.
Extrait de l’étude.
"L'auteur masculin est marié, de nationalité française, entre 41 et 50 ans, sans
emploi et vivant plutôt en zone urbaine. Il commet son acte plutôt en période
estivale, sans préméditation, avec une arme blanche. Sa principale motivation est la
non-acceptation de la séparation.
L'auteur féminin est marié, de nationalité française, entre 41 et 50 ans, sans
emploi et vivant plutôt en zone urbaine. Elle commet son acte sans préméditation,
avec une arme blanche. Les principales causes de son passage à l'acte sont la dispute et les violences exercées sur elle par sa victime
".

TumblrPartager

  41 réponses sur “Chiffres en 2008 de la violence conjugale”

  1. Je propose le bracelet électronique obligatoire pour touTEs les éluEs, afin que les citoyeNEs puissent les fuir à temps.

    Du reste, le problème de couple qui mène à la violence est souvent l'impossiblité de se séparer. Où serait alors la fonction de ce bracelet ?

  2. non dans ces cas là c'est évidemment inopérant.
    On est ici dans le cas où la victime s'est séparée du conjoint violent et ce dernier continue à la harceler.
    On était à l'heure actuelle dans des cas où la victime était obligée de quitter le domicile conjugal ; donc en plus d'être frappée, elle se retrouvait à la rue parce que sinon le conjoint savait où elle était. avec ce bracelet, elle sait où il est.

    Restent plusieurs points à éclaircir :
    - est ce que la police se déplacera systématiquement si elle les appelle parce que le dispositif vient de la prévenir que le conjoint rode ? Parce que savoir qu'il est là parfait mais si personne ne vient l'aider cela ne sert à rien.
    - ou est ce que tout le système est relié au poste de police ?
    - que risque le conjoint s'il continue à enfreindre les mesures d'éloignement ?

  3. Valerie, je pense qu'il convient de considèrer le bracelet comme un outil judiciaire. La victime n'aura aucune information sur le positionnement du porteur du dit bracelet .

  4. ah voilà j'ai plus de précisions.

    http://www.lepetitjournal.com/content/view/47181/204/

    et donc pour te répondre su4 axw : "Afin de la rassurer, la femme possède également un boîtier qui l'avertit lorsque son conjoint s'approche trop d'elle."
    (enfin je ne vois pas en quoi ca la rassure..) et donc ceci "Equipé d'un GPS, le bracelet émet un signal retransmis à un centre de contrôle qui est alerté dès que l'homme s'approche trop près du périmètre de sécurité autour de la victime. Dans ce cas, deux solutions: soit cette dernière reçoit un appel du centre de contrôle qui l'aide à choisir le meilleur chemin pour l'éviter, soit une patrouille de police est envoyée sur place."

    Constatons une chose d'ailleurs (même s'il n'y a pas le choix histoire de ne pas donner de pistes à l'agresseur) ; c'est la victime qui sera appelée et devra changer d'itinéraire.

  5. Intéressant valerie puisque manifestement les femmes seront aussi actrice de leur sécurité.
    Mais tu as suivis cette affaire de braquage à main-armée ? Ou l'un des gars avait un bracelet .
    C'est ce qui a provoqué mon intervention .

  6. "Intéressant valerie puisque manifestement les femmes seront aussi actrice de leur sécurité."
    Mets toi en situation. une femme a été battue harcelée. elle est donc dans un état de terreur bien compréhensible. On lui file un boitier qui risque de sonner à tout moment (ou qu'elle imaginera sonner à tout moment).
    enfin à voir ce qu'en disent celles qui en bénéficieront.

    "Mais tu as suivis cette affaire de braquage à main-armée ? Ou l’un des gars avait un bracelet"
    ah cela n'empêche evidemment rien.. ca dissuade disons.

  7. Il-y-a tout de même une question qui me taraude en te lisant et lisant les articles, le bracelet ne devrait pas se subtituer a l'emprisonnement .Donc combien de temp ce bracelet sera porté ?
    C'est pas anecdotique de considèrer la durée .
    Conscernant la terreur des femmes, on peut penser qu'elle est variable selon les cas et qu'elle sera atténué par la periode d'emprisonnement de son agresseur.

  8. Parfait, le bracelet ! Il va de soir que tout le monde doit être relié au commissariat le plus proche...

  9. De soiT, of course...

  10. su4 axw, bonne question en effet. On peut supposer la chose suivante.
    il passe en jugement, a une obligation de soins pendant X mois et obligation de porter le bracelet le même temps. s'il s'est bien conduit, a suivi sa thérapie, ne semble plus un danger, on le lui retire ?
    Je ne sais pas si c'est légalement possible d'étendre une peine (ici le port du bracelet) si on estime que l'homme risque de continuer à harceler; ca voudrait dire qu'on juge ce une intention et pas un acte.

    de toutes facons à suivre il y aura rediscussion dans 15 jours sur le sujet entre les assocs et les parlementaires.
    enfin j'aurais aimé qu'on mette aussi l'accent (et l'argent) sur les centres de soins pour maris violents. les empêcher oui, les soigner, surtout.

  11. DG : La prison dans un pays normal devrait suffire à punir des violences (quelle-qu'elle soit) sans quoi un bracelet peut etre un subtitutif à l'emprisonnement . WHY NOT ?
    Sinon il ne faut plus se plaindre de la surpopulation carceral, même si a mon avis c'est un sujet dont vous vous contre-fouter.
    Valerie il ne faut pas sous-estimer le renouveau de la double peine, nos souverain on le don de nous resservir des plats réchauffés .

  12. Et pourquoi que les conjoints violents ?
    Pourquoi pas les parents violents, les enfants violents, les racketteurs, les violeurs, et autres dangereux déséquilibrés de tout bords ?

    Peut-être est-ce un engrenage dans lequel il vaudrais mieux ne pas glisser le doigt

  13. N'y a t'il pas là un souci d'ordre éthique a donner un traceur GPS à quelqu'un ? je suis d'accord sur l'utilité de pouvoir prévenir une récidive dans le cadre de violence conjugale, mais est ce que justement on ne risque pas d'avoir là un outil qui pourrait tourner la tête a certaine victime ayant soif de revanche ? (j'ai peut etre l'esprit pervers mais j'imagine très bien comment je pourrais utiliser cet outil pour pourrir la vie de la personne).

    Parce qu'a ce tarif là pourquoi ne pas faire electrifier le bracelet et fournir une commande qui ne serait utilisable que dans un rayon de 10 mètres (pour limiter les usages non justifiés) ?

    Ceci est une question de justice, et on ne peut pas mettre un outil d'une telle nature dans les mains des victimes. Ne serait il pas plus intelligent de crée des services qui contrôleraient 24/24 les mouvements des criminels et enverraient directement des équipes de terrain si jamais la personne controler rentre dans certains périmètres déterminés. Mieux encore, si la victime le souhaite, elle peut etre équipé d'un positionneur du même type (bon pas en bracelet of course) qui n'enverrait un signal QUE si l'autre positionneur est dans un rayon de X mètres.

    L'information sur la position des uns des autres restera dans les mains des autorités (et au passage cela rendrait la justice véritablement responsable de ce qui se passe).

  14. Euh... je me rend compte que j'ai oublié un détail ( subtitution dans le cadre de la conditionnelle ) c'est mieux comme-ça !

  15. "Pourquoi pas les parents violents, les enfants violents, les racketteurs, les violeurs, et autres dangereux déséquilibrés de tout bords ?"
    on n'est pas sur les mêmes problématiques.
    ce qui caractérise le conjoint violent c'est qu'il harcèle et peut finir par tuer.
    Tu prends le cas du violeur ; il est rare (sauf dans le cas du mari violeur mais cela rejoint nos cas présents) qu'un violeur harcèle sa victime ; il la viole puis s'en va (voire passe à une autre).
    ici c'est surtout pour éviter la récidive car elles sont très présentes ds le cas des violences conjugales (pas ds le cas des viols, taux de recidive faible).
    Cherche une autre solution et je doute que tu en trouves une. la police n'a pas les moyens de mettre des flics derrière chaque femme harcelée par son mari ; elle ne peut pas surveiller qu'il vienne roder devant chez elle, lui taguer sa voiture, casser ses fenetres etc.

    Personnellement, je milite vraiment pour le port du bracelet électronique dans un multitude de cas. déjà parce que, tu l'auras peut être compris, je suis farouchement opposée à la prison (sauf evidemment dans certains cas). j'estime donc que substituer à la prison ce bracelet est une bonne opportunité.

    flashou : "mais est ce que justement on ne risque pas d’avoir là un outil qui pourrait tourner la tête a certaine victime ayant soif de revanche ?"
    oui c'est possible. dans tous les cas je persiste à penser que ce genre de traceur doit être dans les mains de la justice et pas des citoyens lambda. Pour autant, le traceur dire juste "il est trop proche de vous" pas "il est au 45 de la rue machin".

  16. y aurait-il donc une corrélation entre inactivité et violence? chômage et violence?
    mon dieu, l'homme ne serait pas violent par nature? peut-être les circonstances économiques le mettent à cran? si ce lien était vérifié, cela voudrait-il dire, éventuellement, que s'il avait une activité tout rentrerait dans l'ordre? un boulot ou une activité plutôt que la prison?? plutôt que le bracelet?

  17. Qui a dit que l’homme était violent par nature ?

    Sur les 59% de non actifs ayant tué, il y a 25% de retraités. Comptes tu les faire bosser jusqu’à la mort ?

    Tu dis ensuite « s’il avait une activité tout rentrerait dans l’ordre? ». L’étude parle de gens ayant tué. Comment veux tu que « les choses rentrent dans l’ordre » ? En général en France après un meurtre, on met en prison ; je sais c’est fasciste.

    Ensuite tu constateras que ces gens au chômage n’ont pas tué le patron ayant refusé une embauche, ou la conseillère pole emploi, mais leur femme. Peut être cela pose t il question ?

    Enfin il se trouve qu’en France les plus précaires sont les femmes (comme dans tous les pays du monde d’ailleurs) ; comment se fait ce donc qu’elles ne tuent pas davantage leur conjoint ? Pourquoi ne sont elles « pas à cran » ?

    Il ne me semble pas très opportun de laisser entendre que le violent c’est le pauvre, l’Autre. La Violence conjugale est présente dans toutes les classes sociales. Et dans notre étude si 30% des meurtriers sont au chômage, 70% ont une activité ou en ont eu une.

    Bref comme d’habitude, encore une chouette tentative pour écarter la question du genre.

  18. Je n'ai rien dit de tel... je mets d'ailleurs des points d'interrogation pour indiquer l'émission d'une hypothèse et non d'une vérité. Et je ne laisse certainement pas entendre que le violent est le pauvre et encore moins "l'autre" (c'est toi qui l'entend comme ça)... on est tous l'autre de quelqu'un...
    Je voulais juste signifier mon étonnement face aux chiffres de "inoccupés" (et un chômeur aussi a été occupé... donc on pourrait dire que tous l'ont été en réalité).
    Par ailleurs, je voulais émettre l'hypothèse qu'un homme en situation précaire (ou en situation de désoccupation - ce qui ne veut pas dire précarité), peut mal vivre une séparation (puisqu'il semblerait que ce soit une des premières cause de violences), plus qu'une femme dans la même situation ... peut-être parce que notre société, genrée, considère toujours qu'un homme incapable de faire rentrer de la thune est un total moins que rien, alors qu'il est admis qu'une femme ne soit pas responsable de cela.
    Si les femmes sont moins violentes c'est peut-être parce que depuis enfant on leur dit qu'une femme ne se bat pas? qu'elle est faible et sans défense? qu'elle doit jouer aux poupées? qu'on trouve ça marrant qu'un gamin coupe la tête de ses GI Joe mais pas qu'une fille coupe la tête de ses barbies? (je schématise...)
    Elle est peut-être là la question de genre?
    Moi je vois surtout que dans la plupart des cas, il est difficile d'avoir une discussion qui engloberait différents aspects...
    Par ailleurs, je pense que les chômeurs qui tuent leur patron plutôt que leur femme n'apparaissent pas dans "votre" étude...

  19. Mouais. Ce genre de surveillance se pratique en fait depuis pas mal de temps déjà aux États-Unis, sans qu'on n'y note, à ma connaissance, une baisse sensible des délits de ce type. Ça m'a tout l'air d'un gadget "hi-tech" (= cher pour le contribuable et profitable pour le fabricant) de plus, qui se prétend infaillible et juste, mais qui contribue surtout, et pas par hasard, à renforcer le climat de surveillance bigbrotheresque qu'on essaie de nous imposer par tous les moyens. Et ceci en plus des doutes, que je partage, soulevés par valerie.

    Par ailleurs, une chose me frappe : dans cette statistique ne figure pas un seul cas de violence au sein de couples d'hommes, ce qui dans les faits est impossible. Voudrait-on nous suggérer que les femmes sont des victimes nées ? Ou que se trucider entre mecs c'est normal et pas grave ? Ou que les flics n'en ont rien à foutre que des pédés en couple se massacrent mutuellement ?

  20. Bref comme d'hab, une chouette tentative pour écarter la question du genre.

    Pas de mon point de vue valerie, les violences dans le cadre du couple et de la famille c'est sérieux.
    Il y-a des interprétations idéologiques qui me déplaisent (notamment sur le plan des stats) mais se sont bien des hommes qui représentent la quasi-totalité des violents .
    A savoir si un tribunal doit appliquer directement un control du mari violent par le biais d'un bracelet óu si l'incarcération doit précéder l'utilisation du bracelet (libération conditionnelle) c'est là que se situe la question. De toutes façons les violences sont un fait des relations humaines que rien ne peut stopper. Comme tu l'as dis toi-même ça n'empêche rien mais ça peut dissuader.

  21. "De toutes façons les violences sont un fait des relations humaines que rien ne peut stopper." Ah bon. Donc prévention, éducation tout ça c'est de la foutaise et ya qu'à panoptiser, surveiller et punir, que la bête meure ? Que les peines, même de mort, ne dissuadent pas, surtout pas dans le domaine des crimes de sang, et passionnels de surcroît, se sait pourtant depuis très longtemps.

    J'ai l'impression que ces bracelets c'est comme le taser : ce sont des moyens à vocation purement médiatique, qui ne seraient pas employés s'ils ne pouvaient pas servir à nous faire croire à quelque chose de soi-disant "plus humain" dans la répression exercée par le Pouvoir. Ce qu'ils ne sont pas, "plus humains", au contraire.

  22. Je ne pense pas que le bracelet soit relié aux services de police puisque ces derniers ne sont pas chargés de l'application des peines (voir le traitement d'une évasion par porteur d'un bracelet électronique à l'heure actuelle)
    Nous allons assister à des scènes d'anthologie lors de la remise des enfants lors des alternances...
    Pour la prévention et l'éducation, je suis d'accord mais cela va jusqu'à un certain point: celui d'abus d'alcool qui se trouve, parfois, au centre de cette problématique. L'auteur oublie alors son "éducation" pour régler les problèmes qui lui sont attachés par la violence...
    Je pense que le suivi médical est une des pistes les plus pertinentes pour comprendre les motivations qui ont conduits à cet acte et prévenir la réitération...

  23. su4 axw ; tu ne m'a pas compris j'ironisais ;)

    "Je ne pense pas que le bracelet soit relié aux services de police" ==> l'article dit que si.

  24. Pascal : La violence, conjugale ou non, n'est pas un phénomène idividuel, et encore moins médical, mais un phénomène social, et une question politique. Et l'éducation a tout à voir là-dedans.

  25. Je crois que tout les hommes qui battent leur femme savent très bien que c'est mal. A partir de là c'est plus une question d'éducation...

  26. GM c'est tout à la fois. non ?
    exemple :
    l'alcoolisme c'est médical et aussi individuel, une relation qui dégénère c'est pas la société et uniquement la société qui a pourrit le couple qui y-est confronté, non ?
    Quant a la politique (sociologie radical dans ton esprit) tu voudrais qu'elle soit a l'origine de l'élévation de tes enfants ?

  27. "La violence, conjugale ou non, n’est pas un phénomène individuel"
    ce que veut dire GM c'est que lorsqu'il y a autant de cas d'hommes battant leur femme - et ce dans tous les pays du monde - (ou les violant, ou les tuant) , la question ne peut se poser en termes individuels.
    Ou plutôt, nous en tant que féministes, les causes individuelles n'ont que peu d'intérêt dans le cadre d'une étude.
    Qu'est ce qui fait que machin confronté à des difficultés, ou énervé ou en dépression ou que sais je se retourne sur une femme ?

    cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas des causes individuelles ("il buvait") ; mais pourquoi tuer sa feme ? pourquoi pas le voisin, le conducteur qui lui a fait une queue de poisson, le copain ou je ne sais qui ?

    "Je crois que tout les hommes qui battent leur femme savent très bien que c’est mal. A partir de là c’est plus une question d’éducation…"
    en fait cela met en avant qu'il y a une tolérance implicite à frapper, violer, maltraiter les femmes.
    Tu le vois avec les phrases "elle l'a cherché" par exemple. On ne cautionne pas vraiment, mais on ne condamne pas non plus.

    "une relation qui dégénère c’est pas la société et uniquement la société qui a pourrit le couple qui y-est confronté, non ?"
    non mais on constate dans l'étude que les hommes ayant tué vivent mal la séparation comme si il était implicite que LEUR femme n'a pas à les quitter, qu'elle n'a pas le droit de faire ce choix. Tuer suite à une séparation n'est pas anodin, il implique l'idée d'une propriété qui n'a pas à agir en tant que sujet.

    et l'on se tromperait profondément - même si c'est la tendance à l'heure actuelle - à raisonner de manière individuelle alors que le problème est collectif (ce qui n'empêche évidemment pas que ces hommes soient, de manière individuelle, soignés).

  28. Valerie si t'es pas "ironique" (cette fois) j'suis d'accord, mais tout-de-même tu m'étonnes quant tu présentes le meutre d'une femme par son mari comme une chose "décidée", avec d'autre "choix", d'autre "possibilité" qui étrangement attirent moins cet homme.Tu ne pourras jamais régler un problème en détournant ses causes intime. Quant a l'idée de propriété elle est un peu arbitraire, non ? C'est une généralité, non ?

  29. Non cela n'est évidemment pas décidé, ni réfléchi ; peu d'hommes qui tuent ou violent se disent clairement "je fais cela car je considère que les femmes sont des choses dont je fais ce que je veux". c'est ce que révèlent leurs actes, cela ne veut pas dire qu'ils le pensent.

    On peut prendre un exemple. Il y a eu un massacre en Guinée. les militaires ont tué mais ont aussi violé les femmes (en public très souvent). Même si l'on ne peut parler de choix, qu'est ce qui fait qu'on viole une femme dans ces conditions là ? Pourquoi plus la violer que la tuer ? pourquoi en public ?
    c'est ce à quoi les études féministe tentent de répondre en tentant de décrypter les mécanismes sociaux qui mènent à ce genre d'actes.
    nous ne nous intéressons pas aux choix individuels ; ca c'est à la justice, aux psychiatres, aux soignants de le faire.

    "Quant a l’idée de propriété elle est un peu arbitraire, non ? " quand tu en viens à tuer quelqu'un qui te quitte je ne trouve pas cela arbitraire.

    En clair, ce qu'on dit c'est qu'à partir du moment ou il y a une si grande différence entre le nombre de femmes qui tuent, et de maris qui tuent, les causes individuelles ne tiennent pas. Il y a forcément des causes collectives qu'on s'efforce de comprendre.

  30. Valérie > "quand tu en viens à tuer quelqu’un qui te quitte je ne trouve pas cela arbitraire"

    Le couple c'est un minimum d'engagement commun non ? donc le sentiment de trahison, l'humiliation, le tout amplifié par la confiance qu'on avait dans l'autre, ce sont aussi des éléments qui rentrent en compte non ?

    Ceci étant dit, ce que tu (d)énonce, a savoir que c'est une spécificité des hommes de retourner leur mal être envers leurs proches de façon violente, est une réalité incontestable.

    Etant convaincu que de la même manière qu'il n'existe pas de gentillesse innée, la propension à faire souffrir, blessé, humilié etc, résulte toujours de critères concrets, voir précis.

    Si on devait pointer certaines de ses raisons, je choisirai les suivantes : la socialisation (je préféré ce terme a éducation qui sous entend une démarche active la ou la socialisation est plus globale), la neurobiologie (plus de testostérone ce qui fait qu'en générale un homme à sur le papier plus facilement tendance à une attitude agressive)et les mutations sociales actuelles (trouble de l'identité "masculine" : l'homme n'est plus le pilier de l'entité familiales, il estime qu'on le culpabilise vis à vis des femmes, du coup il se venge sur ce qui représente à la fois les femmes ET la cellule familiale)

    Par contre je ne sais pas où situer le critère économique : la pression économique touche aussi les femmes, cependant, malgré l'émancipation des femmes de ce point de vue, les chiffres ne semblent pas évoluer à la hausse. Les femmes réagissent elles différemment ou bien est ce que le critère n'en est pas vraiment un ?

  31. Il y a quelque chose qui joue probablement un rôle important, c'est la compréhension que manifestent les hommes (et aussi, hélas, pas mal de femmes) envers l'homme violent qui brutalise son ex. Les femmes ne bénéficient certes pas, dans l'opinion publique, de la même indulgence.

    Le rôle inhibiteur de la désapprobation sociale est très fort. Vous vous contrôlez mieux si vous savez que vous serez unanimement blâmé. Pour changer nos manières de penser, il faut cesser de minimiser ou de banaliser ou de plaisanter les rapports de violence des hommes avec les femmes, ne plus accepter qu'on le fasse, relever systématiquement les euphémismes si fréquents, genre "crime passionnel", "tournante" "affaire de moeurs". Il faut exiger qu'on appelle les choses par leur nom.

    Pour avoir connu plusieurs femmes harcelées par leur ex, je pense que ça les aurait rassurées, un bracelet avertisseur. A condition, bien sûr, que la police intervienne pour éloigner l'homme menaçant, sinon ça ne sert qu'à les paniquer davantage surtout si la seule option qu'on leur offre c'est de jouer à cache cache avec le mec!

    Je doute un peu de la disponibilité de nos policiers, actuellement occupés à autre chose. Par exemple à faire traverser la France entière à des malheureux qui seront ensuite obligés de la retraverser dans l'autre sens.

  32. "et les mutations sociales actuelles" non parce que cela voudrait dire qu'auparavant les violences conjugales étaient moindres. c'est loin d'être le cas.

    "donc le sentiment de trahison, l’humiliation, le tout amplifié par la confiance qu’on avait dans l’autre, ce sont aussi des éléments qui rentrent en compte non ?"
    oui si on avait du 50/50 et si les femmes tuaient autant suite à une rupture.

    "Les femmes réagissent elles différemment ou bien est ce que le critère n’en est pas vraiment un ?"
    disons que les femmes sont bcq plus touchées par la précarité que les hommes ; et ce dans tous les pays.
    on constate en revanche que là ou il y a pauvreté, guerre etc, il y a augmentation des violences envers les femmes. après la deuxième intifada, il y a eu augmentation des violences conjugales en Palestine.

    "Pour changer nos manières de penser, il faut cesser de minimiser ou de banaliser ou de plaisanter les rapports de violence des hommes avec les femmes"
    j'ecoutais ruquier cet après midi qui parlait d'un mari qui venait de tuer sa femme à coups de marteau. un chroniqueur a dit de facon assez serieuse, tout en condamnant evidemment l'acte qu'il fallait reconnaitre que des femmes étaient chiantes. c'est une opinion que j'ai souvent entendue ; on oppose un meurtre (et ici spécialement atroce) à un comportement "chiant" sans percevoir au fond la disproportion absolue entre le supposé comportement de la femme et ce qu'elle a subi.

    Pensez a tous les films, les livres - qui ont donc plus ou moins marqué notre société - ou les héros distribuent des paires de claques aux femmes à tour de bras.
    rappelons nous que suite au meurtre de sohane benziane, la plaque commémorative a été dégradée come s'il y avait un quelconque probleme a dénoncer ce genre de crime.
    dans l'affaire Trintignant, il s'est trouvé des gens pour nous parler de l'eternel combat du polétaire contre la gauche caviar (...).
    lorsqu'un député a assassiné sa femme puis s'est suicidé, l'AN n'a rien trouvé de mieux que de faire une minute de silence.

    tout ceci montre - ainsi que le langage comme le souligne CTJ - qu'au fond la violence envers les femmes est, sinon admise, du moins tolérée.

    "Les femmes ne bénéficient certes pas, dans l’opinion publique, de la même indulgence. "
    je dirais que cela dépend. Une femme qui est violente sort de la place qu'elle devrait tenir.
    donc soit on va minimiser son comportement, soit au contraire, on va la dépeindre comme un monstre absolu, une "non femme". on se souvient encore des images d'abu ghraib ou le comportement de la soldate a été très mis en avant. il était aussi immonde que celui de ses collègues mais pas pire.

  33. Et dans tout cela, la médicalisation est un moyen fréquent d'individualiser pour dépolitiser. D'ailleurs, on interne moins facilement un époux violent qu'une épouse violente : les critères de la prétendue"pathologie" sont eux aussi genrés.

  34. Je me souviens d'un couple d'ami chez qui la violence (réciproque) était devenue un mode de communication. Réflexion d'un copain: "Elle est complètement hystérique... et comme lui il est un peu nerveux..."

    Le sous entendu est double, non seulement le comportement de l'homme est euphémisé, mais la construction de la phrase affirme sournoisement que... "c'est elle qui a commencé". Lui, le pauvre, comment aurait-il pu résister?

  35. Bonjour,
    Nous sommes trois association de Toulouse (31) qui avons crée une comédie éducative sur les violences conjugales. Je tiens à votre disposition des invitations pour l'avant première.
    Cordialement
    Isabelle Chéron

  36. Chéron : 1000 km ça fait loin... Y aurait un site qui présenre votre spectacle ? Je pourrais en faire parvenir l'adresse à des connaissance toulousaines.

  37. Pareil je suis à Paris :(

    personne du sud ouest pour y aller et nous raconter ?

  38. bonjour! j'ai été victime de violences conjugales pendant une dizaine d'années. Le dernier coup m'a fait partir du domicile avec mes enfants. J'ai déposé plainte pour la première foi. Un médecin a constaté les marques (un certificat avec 8 jours d'ITT). Je suis désemparée, la plainte n'a servi à rien Mr a été convoqué et s'en sort qu'avec un rapel à l'ordre. J'ai besoin pour me reconstruire que la justice reconnaise ces violences. Que puis je faire? Aidez moi je vous en supli.

  39. Bonjour

    vous pouvez appeler le 3919 afin de faire le point avec une conseillère afin de voir si une autre plainte n'est pas envisageable, si votre ex conjoint est bien conscient qu'il doit rester éloigné de vous. A mon sens, vous pouvez demander de la justice une mesure d'éloignement.

    bon courage.

  40. [...] les auteurs des violences sont des hommes, et les victimes sont des femmes. Je vous renvoie à cet article de Crêpe Georgette qui détaille et explique la répartition genrée de la violence conjugale. Rappel: en 2013, en [...]

  41. [...] J'aurais pu trouver des dizaines de cas de ce type puisqu'en effet le profil type de celui qui tue sa femme, voire ses enfants est "la non-acceptation de la séparation. [...]

Désolé, les commentaire sont désactivés pour l'instant.