avr 212014
 

Il est assez souvent coutume, face aux luttes contre les discriminations, quelles qu'elles soient, de les dépolitiser.
Des viols ? L'oeuvre de quelques désaxés.
Des discriminations à l'embauche ? l'oeuvre de vieux barbons sexistes non représentatifs de quoi que ce soit.
Des inégalités salariales ? Le manque de confiance en soi des femmes.
(et cela marche évidemment avec tout :
- du racisme ? Oeuvre de quelques extrémistes mais notre belle France n'est pas comme cela.
- de l'homophobie ? Oeuvre de quelques extrémistes  mais notre belle France n'est pas comme cela.
on décline cela à l'infini).

Cette pensée a de nombreux avantages. Elle permet de faire d'un système politique - ce que sont le sexisme et le racisme par exemple - une affaire d'individus où le groupe dominé est presque autant responsable de son sort que celui qui le discrimine.  Elle sert aussi à éviter à nos politiques d'engager une quelconque action collective puisqu'il suffit aux individus de se prendre en main.

Le Ministère des droits des femmes nous rappelle cette évidence ; quand même les femmes y sont un peu pour quelque chose dans cette histoire de discrimination. Je cite "Savez-vous en effet que les différences de confiance en soi entre femmes et hommes peuvent expliquer jusqu’à 4,5 des 25 points de l’écart salarial ? Toutes les études sont concordantes. L’une d’elles montre que les hommes sont 9 fois plus enclins à demander une augmentation de salaire que les femmes." On imagine un coquinou de chef de cabinet, tout fier de ses "études concordantes" débouler l'air enthousiaste "les gars j'ai enfin résolu le problème de la discrimination ; il faut enseigner la confiance en soi".

Banco, est mise en branle une agence spécialisé dans le jeu en ligne et le pari sportif (cela ne s'invente pas) pour pondre une application. L'avantage de ce genre de choses est que cela ne coûte pas cher (beaucoup moins que de s'attaquer aux entreprises), cela permet une jolie conférence de presse et surtout cela fait d'un problème social majeur, une affaire de comportements individuels facile à régler.
En plus cela tombe bien. Comme  beaucoup de femmes sont déjà totalement persuadées que ce qu'elles peuvent subir en matière des sexisme est de leur faute, le MDDF enfonce le clou en leur envoyant ce message très positif "si tu avais eu confiance en toi, cela ne serait pas arrivé". (connasse).

Alors au fond me direz-vous quel est le problème ? Parce que oui en effet les femmes sont souvent élevées à moins demander, avoir moins confiance en elles, à sous-estimer leur valeur. Oui. Simplement depuis que cette évidence a été sortie (scoop je pense qu'il en est de même pour tous les groupes dominés ; étonnamment à force qu'on te prenne pour une merde, tu peux te voir comme telle. Incroyable), elle est devenue la solution à tout.
Plus besoin de s'emmerder à coller des amendes aux entreprises, plus besoin de faire des lois contre la discrimination, plus besoin de la Halde, plus besoin de conventions avec des entreprises, plus besoin de mises en demeure, plus besoin de sanctions, il suffisait de dire qu'en insufflant aux femmes (mais vous pouvez tout à fait remplacer femmes par noirs, musulmans, transsexuels, ouvriers, handicapés ; magique cela marche pour tout !) un peu de confiance en soi et les choses iraient beaucoup mieux.
On est en plein dans la pensée magique du "quand on veut, on peut" "tu ne l"aurais pas un peu cherché quand même".

On fait donc de la discrimination à l'embauche, de l'inégalité salariale, un problème individuel qui serait, comme par hasard c'est tout de même un manque de pot, l'apanage des femmes. Nul part n'est même évoqué le genre ; il faut dire que le gouvernement tente de faire oublier ce mot par tous les moyens. cela aurait été un moyen de faire comprendre qu'on n'est pas dans une affaire individuelle mais dans un système social.
Ainsi on met soigneusement sous le tapis - car on ne va tout de même pas emmerder les entreprises, on est socialiste oui ou merde - le patronat en faisant porter au salarié la responsabilité de sa propre discrimination.
Epoque de l'individualisme à tout crin, on crée des solutions individuelles - chacune consulte son application sur son smartphone - au lieu de créer des solutions globales.
Evidemment on s'attaque à la paille au lieu de la poutre au lieu d'évoquer le temps partiel, au lieu d'évoquer les préjugés communs qui font qu'on considère une femme comme moins méritante qu'un homme, au lieu de durement sanctionner les entreprises qui discriminent à l'embauche. Vous remarquerez que le ministère a très peu communiqué sur les sanctions à l'égard des entreprises tant il est compliqué d'expliquer qu'on en a sanctionné DIX (sachant que 700 ont eu des mises en demeure qui ont du leur faire très très peur). N'allons pas nous plus nous intéresser aux femmes qui occupent beaucoup plus que les hommes des temps partiels (5 fois plus) ou font beaucoup moins d'heures supplémentaires ("mais qui va s'occuper des enfants ?").
J'ai téléchargé la dite application.
Telle une malade, j'ai eu à pratiquer un "autodiagnostic". J'ai ainsi appris grâce à cette application que je ne devais pas "physiquement me laisser chosifier". Ainsi tout tranquillement j'apprends que je dois revêtir une certaine tenue (être modérée me dit-on) et arborer un certain langage corporel. "il faut sourire un peu, être avenante, mais pas trop, pour ne pas envoyer le signal qu'on peut être une proie facile".

Essayons de décortiquer cette phrase et pourquoi elle pose un problème. Oui dans un cadre où on a admis et considéré que le sexisme est un impondérable avec lequel il faut composer, alors cette phrase doit s'appliquer. Mais le ministère des droits des femmes ne peut pas et ne doit pas renvoyer ce message là. On ne peut dire aux femmes - même si dans les faits c'est souvent vrai -  qu'il faut composer avec le sexisme et dans certaines entreprises, si tu souris trop tu passeras pour une salope qui veut de la bite.  On ne peut pas envoyer ce message là sans dire qu'il n'est pas normal de devoir en permanence être dans le contrôle. Tout le problème de cette section "savoir faire face au sexisme" c'est qu'elle aurait sa place dans un bouquin de développement personnel à 5 euros écrit en 3 minutes par un DRH qui se prend pour le sel de la terre, pas par un ministère censé défendre les intérêts des femmes et lutter contre le sexisme.

Examinons le conseil suivant "le plus sûr, est, sans raideur excessive ni froideur exagérée en d'arborer un sourire aimable, nécessaire pour créer un bon climat de dialogue, tout en posant ses limites".
Je défie quiconque de trouver ce sourire. Je me demande combien de femmes vont, en utilisant cette application, s'angoisser et se rendre responsables de situations sexistes qu'elles ont vécues. Je me demande combien  vont encore se dire qu'elles ont échoué.

Suit ensuite une page pour "répondre aux agressions sexistes". Je cite "restez subtile et mesurée. Essayez de recadrer sans blesser. Ne cherchez pas à humilier la personne au risque de la transformer en ennemi déclaré et de devenir un monstre soi même".
(là j'ai refermé l'application pour vérifier si je n'étais pas dans un manuel du savoir-vivre de Nadine de Rothschild ; on n'est jamais à l'abri d'un erreur de téléchargement).
Quand je vous parlais de dépolitisation. Le sexisme n'est pas une affaire individuelle où celles et ceux qui le sont, sont des "monstres". Cette application passe à côté d'une chose essentielle ; que les femmes prennent confiance en elles (ah merde c'était son but ? oups). Beaucoup de femmes qui vivent une situation sexiste auront tendance à la minorer, ou à s'en rendre coupables ; il aurait donc été important de leur expliquer qu'elles sont légitimes, qu'elles subissent sans doute du sexisme et que cela n'est pas normal. Cette application semble dire - et quand c'est fait par le ministère des droits des femmes c'est couillon -  qu'il faut faire avec le sexisme. Ainsi je cite "Un comportement trop vindicatif sera beaucoup moins accepté chez une femme que chez un homme" ainsi l'application en conclut que "en cas de désaccord, soyez amicale, chaleureuse, à l'écoute et surtout pas agressive". Il ne faudrait en effet surtout pas changer les règle du jeu, les questionner, les trouver injustes et chercher à les changer ; voilà le message que nous renvoie le ministère des droits des femmes ! ce serait une entreprise lambda qui nous renverrait ce message, encore une fois pourquoi pas. mais le MDDF ?

J'ai ensuite abordé (je rappelle toujours que nous sommes sur une application faite par le ministère des droits des femmes) intitulée "trouver la leader qui est en vous". Je cite "que vous dit votre voix intérieure ? Ecrivez les pensées que vous entretenez à propos de vous même. Sont-elles plutôt positives ou négatives".  (là j'ai fermé à nouveau l'application pour vérifier si je ne lisais pas John Gray Mars et Vénus).
Toute la section est agrémentée de conseils débilitants au possible sur le "leadership", "la pensée positive" et autres scléroses mentales.

Je ne résiste pas au plaisir de vous citer le passage sur les hommes dans "Savoir faire face au sexisme".
"Rappeler aux hommes qu'ils sont des pionniers, depuis toujours".
Les femmes en sont là aujourd'hui, en partie grâce aux partenaires masculins - à la maison et au travail - qui les ont accompagnées pendant et pour les révolutions des cinquante dernières années. Il est encore rare que derrière une femme à succès ne se cache pas un homme  éclairé, progressiste".
(là j'ai refermé l'application car je me suis demandée s'ils n'avaient pas inventé un nouvel émétique).
il serait quand même étonnant de se dire qu'on a réussi seules (gourdasses qui avions confiance en nous) ; réussir sans un homme ? Allons donc !

S'en suit un conseil où on nous explique que les blagues sexistes c'est ringard et dépassé (je vous ai déjà parlé de la dépolitisation ?).

En bref que dire.
Le MDDF envoie aux femmes et au féministes qu'on doit  faire avec le sexisme, que le monde de l'entreprise est un monde masculin (et blanc et hétéro etc) et qu'il convient de jouer selon ses règles et de ne surtout pas en changer. Jouer selon les règles patriarcales permet juste de subir du sexisme bienveillant mais pas de ne plus subir de sexisme.
Cette application place les femmes en tant que responsables au premier chef des discriminations qu'elles peuvent subir. L'indigence des conseils prodigués, au lieu de les aider, va simplement les faire se sentir davantage coupables.

Une idée ? Lisons ce lien :  La mission de contrôle des accords sur l’égalité femmes-hommes exercée par la DIRECCTE ; des pénalités et la publication des noms des entreprises ne respectant pas l'égalité professionnelle (tip ; la mise en demeure ne fait pas très peur). (en revanche c'est sûr que le MEDEF risque de quelque peu protester).

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  56 réponses sur “Quand le ministère des droits des femmes dépolitise les discriminations salariales”

  1. "Rappeler aux hommes qu'ils sont des pionniers depuis toujours".
    Une injonction du Ministère du Mâle Tout Puissant.
    Pour vous servir.

  2. "Rappeler aux hommes qu'ils sont des pionniers, depuis toujours".
    Alors que la France a accordé le droit de vote aux femmes bien plus tard que d'autres pays tels que la Grande-Bretagne…

  3. "Les femmes en sont là aujourd'hui, en partie grâce aux partenaires masculins - à la maison et au travail - qui les ont accompagnées pendant et pour les révolutions des cinquante dernières années. Il est encore rare que derrière une femme à succès ne se cache pas un homme éclairé, progressiste."

    Les autres phrases sont pas mal non plus, mais là, les bras m'en sont tombés... Le féminisme ? Une histoire d'homme, tout simplement.

  4. L'hallu... ôO

    Sinin juste une petite coquille à signaler : "étonnamment à force qu'on te >>>prendre<<< pour une merde, tu peux te voir comme tel. Incroyable)"

  5. Cette affaire politiquement c'est beau comme de l'antique.

    J'y vois l'opposition entre les progressiste très à gauche comme Valerie, qui dénoncent les problèmes sociaux en incitant à la lutte du même geste et les progressiste réformistes qui se limitent à des petites mesures de prévention peu polémiques dès qu'ils estiment que le rapport de force est en faveur de la réaction.

    On n'en pense ce que l'on veut (pour pas avancer masqué je suis un Radical), par contre il est frappant que le rapport de force est vraiment du coté de la réaction en ce moment.

    La moindre expression de colère populaire est vampirisée par les classes moyennes majoritairement blanches hétéro (certes guère plus heureuses) au profit de ses intérêts propres.
    Cela me semble valoir aussi pour les luttes féministes.

    Bref je ne voit pas ça comme de la « dépolitisation », mais l’application extrêmement maladroite (une appli sans rire?) d'une politique qui aurait plus sa place au centre progressiste qu'à gauche.
    Le PS c'est vraiment n'importe quoi en ce moment.

    En espérant ne pas avoir enfoncé trop de portes ouvertes.

  6. J'ai téléchargé ledit truc aussi... déjà c'est laid et mal fait, mais ensuite j'ai eu un peu l'impression d'être prise pour une dindasse, une chose, un sexe. merci le MDDF!!....

  7. tout ça c'est un peu comme les formations pour lutter contre le stress. Il y a deux façons d'aborder le pb. Soit l'entreprise se remet en question et élimine les causes du stress. Soit elle forme ses victimes pour qu'elles "gèrent" mieux leur stress...

  8. Merci d'avoir testé pour nous :) Les hommes pionniers mais je rêve !
    Ça me rappelle une réunion organisée par ma boîte sur le thème "women connect" pour nous encourager à prendre des postes de leadership. La nana nous a fait un speech à la "yes you can" suivi de conseils : travaille plus dur, paie plus cher tes études, si ton boss est un con fais avec... Et toutes les femmes de la boîte sont passées en mode yaaaaaay y a que moi qui suis tombée de ma chaise. J'ai essayé d'expliquer mais nan tu comprends pas c'est pour son prenne confiance en nous tu vois.
    Bref super article et j'ai bien ri, qui a dit que les féministes n'avaient pas d'humour ?

  9. L'hallucination totale. Ce truc a été approuvé par le ministère des droits des femmes ? C'est une mauvaise blague pour le premier avril, très en retard ?
    Et est-ce que j'ai bien lu ça correctement ? Est-ce qu'ils ont écrit qu'insulter un mec qui te traite de salope, c'est littéralement égal à traiter une femme de salope ? Ils ne réalisent absolument pas que le harcèlement de rue et les insultes ne dépendent pas de la politesse de la réponse des femmes, mais du mec, et du mec uniquement. Si un connard décide de me faire chier, je n'ai aucune putain de responsabilité dans son comportement, et ce n'est pas parce que je dis "non merci" avec un grand sourire qu'il ne va pas m'insulter, ou dans certains cas, vouloir me péter la gueule.
    Je suis choquée de voir qu'en 2014 on peut pondre de la merde pareille, à plus forte raison quand on est censés travailler pour les droits des femmes...mention spéciale pour le "si vous avez des droits, si vous avez une carrière, c'est grâce aux hommes".

  10. Je vais faire une remarque très certainement franchement niaise : est-ce qu'à accuser le ministère de dépolitiser l'affaire et de ne sortir qu'une petite application individuelle, on ne tombe pas dans le même travers que celles et ceux qui nous demandent de nous occuper de problèmes plus importants quand on pointe le sexisme d'un stabilo pour femmes, comme si c'est l'unique chose que nous faisions de notre journée ?

    Je veux dire que ce n'est pas parce qu'ils ont sorti cette application-là (quel que soit son contenu), qu'ils ne font rien d'autre pour travailler sur le problème. Bon, si c'est le cas, c'est fort triste et effectivement c'est à dénoncer, j'avoue que je n'ai pas du tout suivi cette affaire. Mais ça pourrait aussi être un petit plus vite fait là tout de suite, pendant qu'on s'occupe du fond du problème, ce qui prendra du temps ?
    (oui, je vis chez les bisounours)

    Après, le contenu de l'appli est clairement indéfendable -___-"
    Les hommes pionniers c'est le pompon d'une belle brochette. J'ai l'impression que c'est le genre de trucs conçus par des gens qui ne sortent pas de leurs études ou leurs statistiques et qui s'appuient sur de la psychologie de comptoir au lieu de faire appel à des personnes engagées, qui connaissent les mécanismes et les systèmes de discrimination. Et ça, c'est vraiment, vraiment triste.

    • ils ont choisi d'abondamment communiquer sur cette application et très peu sur leur plan contre le sexisme. Forcément comme je le disais, vu l'échec de ce plan...
      Le gouvernement n'a pas un rond pour lutter contre l'inégalité salariale et aucune envie d'emmerder le patronat alors qu'il leur fait des cadeaux à la paie.
      cette application est donc politiquement intéressante ; elle fait du bruit (donc donne l'impression qu'on fait quelque chose), ne coûte rien et surtout n'embête pas les entreprises.
      Tant qu'on ne tapera pas les entreprises au porte-monnaie, en communiquant là dessus et en donnant le nom des entreprises condamnées, il n'y aura aucun changement.

  11. Bichette,

    Merci pour ce billet. Ça dit tout ce qu'il faut. Juste un point: la province elle vous emmerde. Merci bien XD!

  12. Ne pouvant croire comment l'équipe ministérielle a pu couvrir cela sans rien voir, j'ai cherché et accru mon incrédulité :
    "Oui, la place des femmes dans l’économie est un levier de croissance évident." a déclaré la Ministre (dernière actualité). Je vous laisse apprécier.
    Son cabinet comporte 10 hommes et six femmes (site du Ministère), sans compter les petites mains... En charge de la compétence 'femmes', on trouve... un homme.
    La boîte qui a produit le 'logiciel' est dirigée par une femme, associée à un homme issu du monde du jeu virtuel. Cette boîte n'a aucune qualification en éducation (sauf numérique). Elle a créé le logiciel "où sont les toilettes ?" (http://www.sudouest.fr/2012/02/16/) précieux avant tout au genre... qui ne sait pas se retenir (dont moi).
    Un homme éclairé-progressiste, c'est quoi ? Un héros de jeu vidéo sous les spots ? Un intellectuel médiatique à lunettes de soleil ? Un candidat à la présidence qui a su renoncer à temps ? En tous cas c'est nouveau ! Frais pondu ! Faudra que je m'y essaie un jour.
    Ma compagne va donc me rappeler tous les jours que je suis un pionnier, outre que c'est mon tour de faire le café. Obligation ministérielle. Déjà ma mère disait : l'avenir est à ceux qui se lèvent tôt. Ben oui, quoi, que seraient les hommes sans injonctions féminines positivantes ? Des moutons ? Des requins ? Des hommes, bêtement, des salauds ordinaires ?

    • Merci Chabian pour ton commentaire, j'en pleure de rire!

      • C'est bien de rire, pour ne pas pleurer. J'ai vraiment été estomaqué. D'abord pour ce message quasi esclavagiste adressé aux femmes, du Ministère des droits des femmes. Mais aussi pour cette construction sexiste neuve à propos des hommes. Le genre homme, c'est 'beau, grand et fort", c'est convenu ainsi, (jusqu'à déconstruction). Fallait-il en rajouter ? L'homme 'pionnier' (chercheur d'or, explorateur-colonialiste, ingénieur du transsibérien, croisé, etc...), c'est bien moins courant. L'homme "éclairé-progressiste", ça hallucine ! Fallait-il inventer cela ? Et qui est (sauf rareté de suffragette) "caché derrière la femme à succès" : "Pygmalion" réinventé ! Je suis choqué ! Puis-je demander au Ministère des droits des femmes de ne pas rendre la déconstruction de la domination masculine ENCORE PLUS compliquée et lointaine ?

  13. "Plus besoin de s'emmerder à coller des amendes aux entreprises, plus besoin de faire des lois contre la discrimination, plus besoin de la Halde, plus besoin de conventions avec des entreprise, plus besoin de mise en demeure, plus besoin de sanction, il suffisait de dire qu'en insufflant aux femmes (mais vous pouvez tout à fait remplacer femmes par noirs, musulmans, transsexuels, ouvriers, handicapés ; magique ca marche pour tout !) un peu de confiance en soi et les choses iraient beaucoup mieux."

    En fait, l'un n'empêche pas l'autre.

    • Sauf que dans le premier cas, il s'agit d'agir sur les causes, et dans le second, seulement sur les conséquences.

  14. Une précision, la HALDE n'existe plus, elle a été avalée par le Défenseur des droits en 2011.

  15. ""Rappeler aux hommes qu'ils sont des pionniers, depuis toujours".
    Les femmes en sont là aujourd'hui, en partie grâce aux partenaires masculins - à la maison et au travail - qui les ont accompagnées pendant et pour les révolutions des cinquante dernières années. Il est encore rare que derrière une femme à succès ne se cache pas un homme éclairé, progressiste"

    heu, je passe en coup de vent, j'ai pas le temps de vérifier. cette phrase ci-dessus est vraiment écrite dans le truc ???? Non parce que c'est ce que je comprend des commentaires et du texte de Valérie, mais ça me semble tellement hallucinant, grave, inoui que les bras m'en tombent et que je suis incapable de dire quoi que ce soit de plus constructif.

  16. Je suis estomaqué. Non pas que je découvre que le sexisme existe, mais que le MDDF se permette de demander aux femmes de faire profil bas à ce point (et rappelle que derrière chaque grande femme, il y a des hommes, non mais merde, quoi, encore la pensée magique de la "valence différentielle" dont parle Héritier), ça me sidère.
    Et n'oubliez pas de baisser la tête quand vous traversez l'espace public ? Non ? (parce qu'après le travail, y'a tout le reste, on peut s'amuser, à ce jeu-là).
    Et si on se plaint assez fort, je suis certain qu'ils feront un effort... ils créeront une appli pour hommes ! (et là, si le problème du sexisme n'est pas réglé, c'est qu'on est vraiment de mauvaise volonté)

    Cette psychologisation des problèmes sociaux (qui est partout) est utile pour faire disparaître tout ce qui est collectif ou structurel. Grosso merdo, ils font dans le néo-stoïcisme managérial : agis sur ce qui dépend de toi directement et serre les dents car tu n'as pas le choix. Belle morale, dans la continuité du vote utile, quoi...

    Merci pour le coup de gueule.

  17. "Rappeler aux hommes qu'ils sont des pionniers, depuis toujours".
    Les femmes en sont là aujourd'hui, en partie grâce aux partenaires masculins - à la maison et au travail - qui les ont accompagnées pendant et pour les révolutions des cinquante dernières années. Il est encore rare que derrière une femme à succès ne se cache pas un homme éclairé, progressiste"

    Sérieusement ??? Mais quelle horreur... comment le MDDF peut dire ça.. ça me révolte.

  18. Ce n'est pas comme si pour la première fois en 20 ans, le ministère des Droits des femmes avait sanctionner des entreprises avec des amendes à la clé et que les mises en demeure, inexistante avant sont en croissance continue pour faire appliquer la loi :
    http://femmes.gouv.fr/egalite-professionnelle-la-loi-enfin-appliquee/

    • et si tu avais lu mon texte tu aurais vu que j'en parle. (mais on va dire que tu es super neutre et pas du tout juge et partie ok ?)
      dix entreprises sanctionnées. dix.
      et c'est bien le souci d'avoir misé toute la com sur cette niaiserie d'application plutôt que sur la sanction. sanction dont on a parlé l'an dernier, beaucoup moins cette année ; au vu du virage économique abordé par le gouvernement rien de très étonnant.

      enfin : http://www.leparisien.fr/economie/la-peur-du-gendarme-ca-fonctionne-25-04-2013-2757335.php
      justement si il s'agit de faire du "name and shame". payer, les entreprises s'en balancent un peu (comme les partis politiques et la parité soit dit en passant). En revanche une mauvaise réputation est beaucoup plus difficile à gérer.

      mais si tu veux me faire dire que les gouvernements de droite précédents étaient encore moins féministe que celui ci ; tu as gagné, c'est vrai.

  19. "Rappeler aux hommes qu'ils sont des pionniers, depuis toujours".
    Les femmes en sont là aujourd'hui, en partie grâce aux partenaires masculins - à la maison et au travail - qui les ont accompagnées pendant et pour les révolutions des cinquante dernières années. Il est encore rare que derrière une femme à succès ne se cache pas un homme éclairé, progressiste".

    Non sans déconner y a ça dans ce machin ?????????

  20. Trop fort, les gars : une fois de plus on n'hésite pas une seconde à dicter leur conduite aux femmes, y compris lorsqu'elles se retrouvent face à un recruteur qui se conduit comme un salaud. Lui, le salaud, personne ne juge bon de lui dicter sa conduite : d'abord il est assez grand (i.e. c'est un homme), et de toute façon il ne gobera jamais votre bullshit. Mais la femme, elle, no problem ! Vas-y, tu peux y aller, elles adoooorent qu'on les abreuve de bons conseils ! Dites-lui surtout de pas s'énerver si on les agresse : d'abord ça fait mégère donc ça les rend moins désirables, et puis si ensuite ça dégènère eh ben elles pourront s'en prendre qu'à elles-mêmes ! Bande de connes !

  21. Sinon j'ai plutot l'impression que c'est justement hyper politisé, si on part du principe que la droite légitime plus les comportements individuels que collectifs. enfin, je rentre pas trop dans les détails, mais c'est supposé etre le principal clivage philosophique entre "la gauche" et "la droite". Et pour le coup, je trouve que c'est une réelle politique de droite qui ne dit pas son nom. Laisser faire, laisser passer, on est clairement dans du libéralisme

    Et donc avec un brin d'esprit conservateur avec les deux passages totalement hallucinants cités ici. C'est un réel changement de cap et un aveu d'échec d'une gauche qui s'en remet donc au bon vouloir des uns et des autres. (Et qui ne vont surtout rien changé puisqu'ils ont les commandes).

  22. C'est vraiment désolant. Rien d'autre à dire.

    Juste un truc, par contre : les parisiens militants pour l'égalité pourraient-ils enfin se rendre compte qu'utiliser "de province" comme un terme péjoratif est effectivement... une insulte ? :) Non, parce qu'on représente quand même les 5/6 de la France, alors ça nous arrangerait de ne pas nous faire systématiquement traiter de péquenots en plus de devoir subir la domination politique et culturelle de Paris.

    Bref, c'était juste un petit rappel pour dire que tant qu'à militer contre les discriminations, autant ne pas en considérer certaines comme normales. Parce que oui, la discrimination contre la "province" n'a beau pas être aussi problématique que d'autres, c'en est une quand même (et ça nous gonfle de voir à quel point elle paraît normale, sérieux) :)

    Je suis entièrement d'accord avec tout le reste de l'article :)

    • Je plussoie, et je rajouterais que le terme "province" sous entend qu'il y aurait Paris et une sorte de gros blob homogène tout autour, ce qui est quand même très *légèrement* éloigné de la réalité. C'est un peu comme parler de l'Afrique comme si tous les pays d'Afrique se ressemblaient tous.

      Sinon d'accord avec le reste également, et très déçue par le ministère des droits des femmes sur ce coup là.

      • Je signale que la boîte de logiciel qui a pondu cela est de Bordeaux. D'autres boites très up to date et très sexistes étaient à Carcassonne ou par là, pour les pubs sexistes pour une autoécole et pour une archerie... Bref nous sommes capables de faire en province aussi con que à Paris. Et l'inverse est vrai.
        Valérie a écrit :"... sa place dans un bouquin de développement personnel à 5 euros écrit en 3 minutes par un DRH de province qui se prend pour le sel de la terre, pas par un ministère censé défendre...". Il fallait écrire : déjà pas à sa place dans un bouquin à 2 balles écrit par un homme, alors noblement vociféré par un ministère qui "...

    • le propos sur la province est une private joke. effectivement malvenue sur un blog public. je supprime :)

  23. Bon, c'est pas constructif comme commentaire, mais bon, ça me permet aussi de faire un coucou à l'auteure et la féliciter pour son excellente note de blog... donc, la seule chose qui me vient à l'esprit, c'est : "Sans déconner ?"

    Est-ce qu'il fallait vraiment faire tout ce foin pour simplement actualiser : sois belle et tais-toi ?

  24. L'égalité ne se trouve surement pas dans une application smatphone. C'est presque comique de vouloir nous dresser comme ça. L'émancipation est tout sauf canaliser les femmes dans un ministère qui n'est là que pour contenir la colère. Les luttes pour nos droits, c'est à nous de les mener ensemble. Surement pas seules devant une tablette.
    Excellent billet partagé sur mon blog. Merci :)

  25. J'étais assez troublée par la communication autour de la chose, mais je n'ai pas pris le temps d'aller y voir de plus près, merci d'avoir accepté de dépenser ton temps là-dessus...
    Et en fin de compte, on croirait lire un numéro d'un magazine de presse féminine. Venant d'un organe censé défendre les droits des femmes, ça fait quand même un peu mal.

    Parce qu'en fait, on est en plein dans le même principe que la culture du viol, là : c'est bien un peu notre faute si on n'est pas traitées à égalité, et puis on sera gentilles, on évitera de se défendre contre les agressions. On ne voudrait pas "humilier" un pauvre homme qui n'a fait que relever que notre tenue et notre sourire lui faisaient beaucoup d'effet, comme il en a parfaitement le droit (on n'a qu'à être moins jolies, aussi, c'est un peu notre faute aussi ça)... le pire c'est que cette appli a raison : si on se défend on passe pour une hystérique (la fameuse hystérique...). Simplement, j'aurais attendu du MDDF qu'il n'entérine pas ce principe, mais au contraire explique aux femmes qu'elles ont parfaitement le droit et la légitimité de se défendre et que même on va les aider ! (en sanctionnant les entreprises, en pointant du doigt les entreprises en infraction...)

    Ou comment être complètement à l'inverse de son rôle de ministère...

  26. Clairement, dire que c'est responsable de 4,5 points sur 25, c'est dire qu'on a résolu le problème. Vision tout à fait honnête.

    • Bien vu Dominique, moi c'est un truc encore plus basique que je trouve difficile à avaler, et qui est pourtant présenté comme une évidence: il existe une échelle de confiance en soi? La confiance en soi est réductible à une valeur numérique à une dimension, selon un modèle psychologique applicable à tout individu, et significatif sur une population? Et, une fois cette mise en chiffre de la confiance en soi effectuée, reste à fignoler une corrélation statistique entre ça et la différence salariale. Bon, on se doute que c'est des maths très compliquées mais que ça se vérifie, quoi. Toutes les études sont concordantes on vous dit.

      Là aussi belle dépolitisation au profit d'une quantification du problème qui peut donc être traité comme une donnée économique, un curseur sur lequel jouer indépendamment du reste. C'est vrai que c'est emmerdant ces inégalités entre les sexes qui seraient dûes à des trucs aussi "qualitatifs" qu'une domination culturelle! Non c'est pas la peine on va faire comme dans les Sims: allez hop +1 de confiance en soi, et ding! vous avez reçu une augmentation.

  27. C'est complétement dingue. Il y a eu une époque où la création d'un ministère au droit des femmes était (sensément) un signe de progrès, et là on en arrive à un point où niveau communication sa disparition serait une bonne chose.
    Enfin bon, je vous laisse, je retourne être un pionnier du féminisme. Non, pas la peine de me remercier, c'est pour ainsi dire dans mon genre.
    (Au passage, les chômeuses, femmes au foyer, précaires, etc. je crains que ça ne leur fasse une belle jambe.)

    PS - Vous nous présenterez l'homme éclairé et progressiste qui écrit vos articles ? Il est vachement doué.

  28. Et on fait quoi quand la remarque sexiste vient d'une collègue ? Mon tailleur pantalon n'était semble-t-il pas convenable pour le collège où je travaillais, car le veston montrait mes fesses (cette grosse vache m'a dit "Tu as découpé ta veste pour qu'on voit tes fesses ?"), mais alors, comment doit-on s'habiller quand on est prof ?
    Une jeune collègue a reçu une lettre menaçante et injurieuse de la part de ses élèves, ils la trouvaient trop sexy, ils l'ont traitée de pouffiasse, d’aguicheuse... Son look ordinaire au collège : Bree Van de Kamp. Pas la scène où elle rejoint son mari à l’hôtel en ne portant que des sous-vêtements sexy sous son manteau de fourrure, bien sûr, mais le look BCBG twin-set, collier de perles, pantalon chic. Alors, quel est le look idéal qu'une prof doit avoir ?
    Pendant une sortie, j'ai entendu des élèves se ficher de moi, dans mon dos, de mon pantalon taille haute, que la mode est au taille basse, bla bla. Je me suis retournée et leur ai dit qu'au moins, on ne voit pas mes sous-vêtements, comme pour elles, que ça fait vulgaire, et que pour une prof, il faut respecter une certaine image de sérieux. Le string apparent sous le pantalon taille basse, ça aide pas les élèves à se concentrer sur le cours.
    Bref, les autres ne seront jamais contents, quoi qu'on fasse, donc, je m’habille comme je veux et crotte aux critiques.

    • Euh, c'est un peu dommage quand même, d'avoir rétorqué à des élèves qui critiquaient tes vêtements, une autre critique sexiste de leurs vêtements, non ?

    • Le problème du sexisme, c'est qu'il existe autant dans le cerveau des femmes que des hommes (et des enfants). Et que si on est honnête, souvent aussi dans le cerveau des féministes (dont le mien à mon corps défendant).
      C'est pour cela qu'une appli aussi stupide peut être faite et diffusée avec la meilleure volonté du monde par un ministère (franchement ça fait froid dans le dos).
      Une conclusion s'impose : il reste du pain sur la planche. Et pas qu'un peu.

  29. :-o
    En fait le MDDF aurait mieux fait de suivre l'idée du Gorafi, à tout prendre ça aurait été plus propice à la prise de conscience -_- http://www.legorafi.fr/2014/04/08/une-application-permet-aux-femmes-de-connaitre-les-postes-a-haute-responsabilite-quelles-nobtiendront-jamais/

  30. Il petit quizz sur l'égalité professionnelle hommes-femmes destiné aux PME, pour la bonne humeur :

    http://www.ega-pro.fr/?page_id=21

    Merci pour ces articles, vraiment.

  31. [...] Nous réagissons avec fureur à l'application initiée par le Ministère des droits des femmes, nous nous énervons en lisant " "il faut sourire un peu, être avenante, mais pas trop, pour ne pas envoyer le signal qu'on peut êtr...". [...]

  32. Comme les autres commentateurs/trices, je suis abasourdie à la lecture de l'article. C'est désespérant... A croire qu'ELLE a pris le contrôle du ministère (bientôt une appli du ministère "comment perdre 3 kilos avant l'été" ??)
    J'ajouterai simplement que l'Etat pourrait commencer par balayer devant sa porte : pour le voir de l'intérieur, la fonction publique a de gros gros progrès à faire, à tous les niveaux (des femmes coincées dans les temps partiels et les bas niveaux de rémunération jusqu'aux postes de direction encore largement trustés par les vieux mâles blancs).

  33. Ah la vache, je découvre en même temps ton blog et cette appli du tonnerre (c'est peut-être parce que je n'ai pas de smartphone, remarque) ! Ben dis donc, j'en reste comme deux ronds de flans !
    La deuxième remarque qui me vient à l'esprit, c'est que MDDF ça ressemble un peu trop à MEDEF pour moi ...
    Et la troisième, c'est qu'on a le droit d'être femme au foyer, d'élever ses gosses et d'être quand même féministe ... et provinciale !
    Merci pour cet article, je vais me dépêcher de trouver où on signe pour ne plus manquer aucun scoop ...

  34. [...] Il est assez souvent coutume, face aux luttes contre les discriminations, quelles qu'elles soient, de les dépolitiser. Des viols ? L'oeuvre de quelques désaxés. Des discriminations à l'embauche ? l'oeuvre de vieux barbons sexistes non représentatifs de quoi que ce soit. Des inégalités salariales ? Le manque de confiance en soi des femmes. (et cela [...]  [...]

  35. ça fait un moment que je suis pour la suppression du ministère des droits des femmes qui sert d'alibi (ben puisqu'on vous dit qu'il y a un ministère qui s'occupe de vous!) à tous les gouvernements
    Je n'ai pas encore vu à quoi ça servait . Je vois par contre trés bien quelles bouses ça produit pour justifier son existence.

    ET faut se frotter les yeux pour ne pas croire à la lourde blague.

  36. Il est en effet choquant qu’on prenne le refus du présentéisme et du surtravail, qui sont des réactions assez saines, qui plus est par une classe sociale fortement pourvoyeuse de soin et de bien-être, pour des handicaps et qu’on accepte comme ça les difficultés qu’entraîne un comportement socialement vertueux. Comment se complaire dans la merde.

    http://blog.ecologie-politique.eu/post/%C3%89cologie-et-f%C3%A9minisme%2C-retour-sur-une-pol%C3%A9mique

    "A l’heure du développement des très longs horaires de travail, le modèle que l’on propose aux femmes est celui d’hommes cadres suractifs qui travaillent 50 à 70 heures par semaine. Mais la réalité du travail féminin, c’est surtout un temps partiel subi et un revenu qui ne leur permet pas d’émancipation économique. 70 % des travailleurs pauvres sont des femmes, et elles sont aussi plus durement touchées par le chômage. La question posée par les écologistes est donc celle du partage du travail et de la diminution de la durée légale du travail pour tou-te-s, hommes et femmes. L’enjeu n’est pas uniquement de manger des fruits et légumes bio achetés au marché et cuisinés à la maison, il est surtout de ne pas passer sa vie à la gagner et de ne pas consacrer son salaire à un mode de vie peu soutenable. S’il existe avec le réinvestissement de la sphère domestique un risque de fragilisation des acquis des femmes, il est incomparable avec celui que fait courir le mythe du « travailler plus ». Le projet écologiste est bien celui d’une société où chacun-e aura la possibilité de travailler moins tout en percevant sa part des richesses produites, avec le loisir de s’investir dans d’autres activités que le travail rémunéré, telles l’auto-consommation, la culture, la transmission de certaines valeurs à travers l’éducation, ou la vie civique."

    http://seenthis.net/messages/252886

    Marché du travail : L’écart salarial entre hommes et femmes se creuse
    http://www.swissinfo.ch/fre/economie/L_ecart_salarial_entre_hommes_et_femmes_se_creuse.html?cid=38484574

    "Président de l’Union patronale suisse (UPS), Roland Müller estime quant à lui que l’écart salarial entre hommes et #femmes peut être imputé à un « état d’esprit » différent, comme il l’a expliqué au Bund de Berne : « Pour certains postes bien rémunérés, il faut être prêt à fournir davantage d’efforts. Ce sont surtout les hommes qui sont prêts à accepter des heures supplémentaires », a-t-il indiqué. A ses yeux, les femmes souhaitent au contraire plutôt « des horaires de travail réguliers et des conditions de travail qui laissent moins de place à l’imprévu ».

    Du côté des syndicats, ces arguments sont balayés d’un revers de la main. « Il est choquant de culpabiliser les femmes pour la #discrimination dont elles sont victimes comme il est inacceptable de dire que le deuxième revenu dans un ménage a moins de valeur », répond Vania Alleva. « Pourquoi les femmes, qui sont performantes tout au long de leur formation, dans les associations, à la maison, ne le seraient-elles pas sur leur lieu de #travail ? », questionne quant à elle Sylvie Durrer. "

  37. [...] hommes qu’ils sont des pionniers, depuis toujours”. Lisez-en la critique au vitriol de Crêpe Georgette, elle vaut le détour.Je vous laisse méditer sur une citation bien pourrie tirée de [...]

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