oct 082013
 

Nous ne sommes pas à l'aise avec l'IVG au fond. Tout se passe comme si on avait tous l'idée que c'est nécessaire mais que cela reste un mal ; un mal nécessaire.

Tout se passe comme si on en était réduit à autoriser l'IVG mais qu'on n'était pas bien sûr qu'on est pas en train de tuer des bébés. Je passe sur le fait d'appeler les anti IVG des pro vie comme si nous étions des anti-vie. "Bonjour je me présente Valérie, anti vie, qui adore égorger des foetus au clair de lune".

Il y a deux jours quelqu'un a fait le choix de raconter sur twitter son IVG sur un mode trash, férocement drôle comme c'est visiblement son habitude sur beaucoup de sujets. Cela n'est pas passé ; la pudeur n'était pas en cause puisqu'elle avait déjà raconté des choses bien plus trash sans subir la tornade de conneries moralisantes qu'elle a du endurer.

Tout se passe comme si il fallait avorter dans le silence, la semi culpabilité. J'ai été très surprise d'apprendre et de lire - l'IVG n'est pas un sujet féministe que je connais très bien - qu'on laisse sciemment des femmes souffrir de leur avortement alors qu'il y aurait possibilité de faire autrement. Que les papes de l'IVG nous expliquent qu'il faut faire son deuil ; comme si l'idée qu'on en a strictement rien à foutre du fœtus puisse être intolérable. je pose donc une question simple au cas où des médecins, des sages femmes, des infirmières passent par là ; est il oui ou non possible de réduire la douleur liée à l'IVG ?

Un foetus a la valeur qu'on veut bien lui donner et c'est sans doute ce qui coince. Dans le cas d'un enfant désiré c'est pour certains et certaines quelque chose de très précieux ; dans le cas de celles qui n'en veulent pas cela peut être un amas de cellules indésirable donc on veut se débarrasser rapidement. Et cette idée ne passe absolument pas d'où la sortie du site Je vais bien merci où il paraissait important de répéter que les femmes n'ont pas besoin d'une cellule psychologique après avoir avorté.

Mais apparemment il faut aller bien mais pas trop bien, dites donc. Il faut "aller bien merci" mais pas trop. Laisser entendre 5 minutes que la vie sera drôlement plus cool une fois qu'on sera débarrassé du foetus fait de vous une jeune inconsciente, une salope disons le tout net.
L'IVG est encore fortement liée me semble t il - et c'est sans doute pour cela qu'il faudrait encore s'en cacher - à trois types de comportement :
- l'idée qu'on a été une tête de linotte inconsciente qui n'a pas pris sa contraception, la vilaine. c'est qu'il faut qu'elle en chie pour comprendre
- l'idée qu'on ait face à la sexualité d'une femme. Cela m'assomme de penser cela en 2013 mais j'ai l'impression que beaucoup associent l'IVG à un comportement de salope : si elle a besoin d'un avortement c'est qu'elle est enceinte. si elle est enceinte c'est qu'elle a vu une bite de près. Si elle a vu une bite de près sans en supporter les conséquences (la grossesse) c'est qu'elle couche POUR LE PLAISIR. une salope donc.
- l'idée qu'une femme est forcément une môman avec l'instinct maternel solidement ancré en elle. et que si tout le monde comprend très bien qu'elle puisse avorter, cela doit faire mal à son petit cœur de mère qui s'ignore. Cela doit causer à ses tripes et ses hormones.

On ne le répétera jamais assez l'IVG ne sera jamais banalisée pour une raison simple ; c'est soit tellement douloureux, soit tellement compliqué soit les deux, qu'aucune femme ne va jamais aller s'amuser à utiliser l'avortement comme moyen de contraception (c'est qu'on en a des plaisirs simples nous les femmes, passer notre temps à avorter et le reste du temps déposer de fausses plaintes pour viol ; on a le tempérament blagueur tout de même).
Mais si c'était le cas, quand bien même ?
Pourquoi ne faudrait il pas banaliser l'IVG ?
Est ce que par hasard nous serions proche de penser que quand même on tue un peu des bébés ? Si c'est le cas interdisons l'avortement tout de suite.

Soit vous pensez qu'un foetus n'est rien, sinon un concept très subjectif et en ce cas en avorter une, deux, dix fois, ne vous pose pas de souci, soit vous pensez que, quand même c'est quelque chose et en ce cas on a un réel, gros, problème (et il n'y a plus à s'étonner de ce qui se passe aux USA).
J'entends déjà les "oui mais la contraceptionnnnnnnnn". Les accidents arrivent. Non personne n'oublie sciemment sa contraception pour ensuite, dans la joie et la bonne humeur, s'avaler du cytotec pour se provoquer de chouettes contractions. (la femme cet être basique).

Donc à partir du moment où on est tous d'accord entre pro IVG, alors le soulagement d'avorter ne doit pas, nulle part, être un problème. Et, si vous vous demandez comment il est possible de ne rien ressentir - sinon du soulagement - après une IVG, demandez vous la tristesse que vous avez ressenti après votre appendictomie. Cela n'est pas comparable  ? Vous mettez dans le fœtus avorté des autres des sentiments qui VOUS appartiennent et que vous feriez bien de garder pour vous.

edit : un article de Galle-Marie Zimmermann sur la culture du trauimatisme

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  70 réponses sur “Faut-il avoir honte d’avoir avorté ?”

  1. on laisse sciemment des femmes souffrir de leur avortement alors qu'il y aurait possibilité de faire autrement lire à ce sujet un témoignage édifiant sur le blog de la poule pondeuse :
    http://www.poule-pondeuse.fr/2013/04/08/fausse-couche-le-temoignage-de-vany/
    Ce qui est frappant c'est le changement d'attiture radicale du personnel soignant quand ils comprennent qu'elle n'est pas venue pour un avortement mais pour une fausse-couche, ce qui prouve bien le jugement qui pèsent sur les femmes qui choisissent l'IVG.
    Par ailleurs, j'ai cru lire quelque part (dsl, je n'ai pas la source) que dans 50% des IVG, la grossesse est survenue MALGRE la contraception. D'ailleurs, si on compte que la pillule ou le DIU (stérilet) ne sont efficace qu'à 99%, ça fait quand même une grossesse tous les 8 ans, soit 3 ou 4 potentiellement pendant la péride fertile d'une femme.
    Enfin, le sujet dont on ne parle jamais (car notre génération semble avoir oublié ce que c'est) c'est la détresse qu'une femme peut éprouver à porter une grossesse non désirée à son terme, et à devoir assumer son enfant ensuite :-/

  2. L'IVG, on le vit comme on veut.
    On sait cependant que c'est un sujet super clivant, donc les réactions offusquées ne m'étonnent pas.
    Sur le fond donc de ce que tu dis, je n'ai aucun souci.

    Ceci dit, j'ai pris le temps de remonter la TL abortive, et ce n'est pas le récit qui m'a troublé, mais l'argument selon lequel la description gore de ce moment "en ferait réfléchir quelques unes". Cela a pour moi, nié toute l’expérience". On ne peut pas dire à la fois je vais bien ne t'en fais pas, et réfléchissez bande de dindes. Il y a quelque chose qui ne matche pas. Et puis réfléchir à quoi ? L'échec contraceptif n'est pas le fruit d'une réflexion.

    • J'ai lu sa TL aussi mais pour moi, le "réfléchissez bande de dinde" revient à ses détracteurs qui disent justement que l'IVG doit être un traumatisme (un peu dans le même contexte) et que le fait qu'elle ne le vive pas mal ni les filles du bloc "j'ai avorté,je vais bien merci" prouve que non, ce n'est pas un traumatisme, du moins pour toutes les femmes mais qu'il faut aussi se penche sur le vécu ou les convictions de celles-ci.

  3. Entièrement d'accord avec toi.

    Il y a quelque chose de constant dans notre culture judéo-chrétienne: le culte de la souffrance de la femme.

    La femme est censée souffrir dans toutes les situations qui sont directement liées à son sexe biologique: souffrance lors des menstruations, de la première relation sexuelle, de la fausse-couche, de l'IVG, de la grossesse, de l'accouchement.

    Quand on souffre, on n'a moins de possibilité de réfléchir ou d'avoir une emprise sur le monde. Quand on souffre, on n'a pas de plaisir. Ce culte de la souffrance permet donc de maintenir les femmes dans une situation de domination.

  4. Chouette billet <3

    Pour la partie médicale, nul doute à mon sens que la douleur est réductible. Preuve en est que les pratiques antalgiques diffèrent considérablement d'un médecin / SF / centre d'orthogénie à l'autre. J'avais bondi en lisant certains témoignages, où même le paracétamol n'était donné qu'avec une extrême parcimonie (rien n'interdit, sauf cas particulier, de prendre des antalgiques plus forts, type codéine). L'expiation dans la douleur, tout ça.

    L'IVG, c'est traumatisant. Mais ça ne l'est pas pour les raisons qu'avancent certains moralistes, anti-IVG véritables ou pro-IVG pétris de considérations sexistes.
    C'est traumatisant, parce que, pour toutes les raisons que tu as évoqué, une femme y ayant recours est souvent obligée de le vivre dans le silence ou dans la honte, et presque toujours dans la culpabilité imposée.
    C'est traumatisant, parce que, mine de rien, physiquement, c'est a minima désagréable, et souvent douloureux (+/- selon la méthode, l'anesthésie, etc)
    C'est traumatisant, précisément parce que personne ne tient compte des deux points sus-mentionnés dans la prise en charge de la douleur (physique, et psychologique).

    Cela dit, étant à l'intérieur du système, il y a tout de même un point qui m'interroge: les mauvaises pratiques (ie attitudes blâmables, pratiques déviantes des recommandations) sont-elles réellement plus nombreuses en matière d'IVG, ou sont-elles seulement plus visibles (en partie grâce aux luttes féministes?)
    Je pose la question très naïvement, parce que je n'ai pas forcément le sentiment d'en avoir vu plus du côté des gynéco-obs / SF / praticiens des centres d'orthogénie que chez plein d'autres médecins (qui refusaient des antalgiques à des toxicomanes, qui évitaient les chambres de patients dépressifs pour ne pas avoir à les rassurer...).
    Ceci dit, que la connerie soit ou non équitablement répartie entre services ne rendrait pas plus acceptable les pbs liés aux pratiques de l'IVG.

    Et pour finir, sur le point de l'investissement ou du non investissement émotionnel de l'embryon: le non-désir d'enfant de façon général est tabou. Que ce soit sur l'expression simple de ce non-désir, que ce soit sur les demandes de stérilisation tubaire de nullipare, ou bien, en cas de grossesse imprévue, d'IVG sans larme et sans drame.
    Quand j'ai avorté, je n'ai pas pleuré, rien, ça m'embêtait juste un peu. La psychologue m'a demandé pourquoi j'en arrivais là, j'ai répondu très calmement "Je suis enceinte, je ne veux pas d'enfant. Ca paraît logique, du coup, non?" Pour moi, il n'y avait rien de plus à dire: problème, solution, hop. Elle a passé dix minutes après ça a essayer de comprendre pourquoi je ne voulais pas d'enfant (les études? les pb d'argent?), comme pour trouver une circonstance atténuante, alors que ça ne rentrait même pas en ligne de compte pour moi. Comme s'il fallait au moins une bonne raison.

  5. Ce que j'ai du mal à cerner c'est si les moralisateurs sont plutôt gênés par le refus de maternité ou par la suppression d'une vie potentielle.
    En discutant avec une de ces personnes, j'ai entendu que "l'IVG dans les cas graves ok, mais la personne qui vient au bout de la 5ème fois en disant "j'ai encore attrapé l'bébé", faut lui interdire".
    J'en ai conclu qu'une personne qui souhaite à un enfant de venir au monde dans ce contexte, n'en a rien à foutre de l'enfant, et a très très envie de punir l'inconscience de sa mère.

    Il y a effectivement une question éthique : à quel moment estime-t-on qu'un foetus devient un être humain ? Pour moi, c'est pas avant la naissance mais c'est quasiment un débat philosophique.

    Je me suis posé la question de l'obligation de souffrir pour l'accouchement également. Lors de ma consultation avec l’anesthésiste, il m'a dit qu'on n'avait aucun problème médical à poser la péridurale dès les premières contractions. Pourtant, tout le personnel médical qui a suivi ma grossesse m'a dit d'attendre que les contractions soient très proches pour venir à l'hôpital. J'ai des amies qu'on a renvoyées chez elles tordues de douleur car ce n'était pas "le moment". Pourquoi ?

    J'en ai parlé lors d'une soirée entre potes, il y avait plusieurs primipares, et je me suis pris une volée de bois vert de la part de tout.es sous prétexte que "on a déjà la péridurale c'est déjà pas mal". Je ne comprends pas.

    • Il y a les femmes qu'on renvoie chez elles tordues de douleur, et il y a celles qu'on traite d'inconsciente parce qu'elles envisagent une naissance sans antalgiques, (si je n'avais pas été allongée les 4 fers en l'air, j'aurais pu insulter copieusement le jeune anesthésiste qui me l'a dit).

      D'une façon ou d'une autre, le choix est toujours nié. La douleur de l'accouchement ou la façon de le vire est tellement personnel pour chacune qu'on ne peut pas le résumer à "arrête de souffrir, prend ta péri" ni à "souffre donc, ton corps est fait pour accoucher, des milliers l'ont fait avant toi".

      Accoucher sans douleur et sans péri ça existe, mais ça va tellement à l'encontre du "tu enfantera dans la douleur" que tout est fait pour nous conditionner à juste souffrir (posture, cliché relayé à la TV de la femme qui hurle les pieds dans les étriers...) et remercier le gentil médecin qui nous apporte une injection de médicament censée nous soulager. Dans tout ça on refuse aux femmes tout autre moyen de prendre son accouchement en main. Ce n'est que de la domination, tes amies te l'ont dit "on a déjà la péri faut pas se plaindre".

      La péri c'est génial quand ça fonctionne (pour moi ça n'a jamais marché et ça à été plein d'effets secondaires), mais présentée comme elle l'est, ce n'est qu'une poignée de miette de pain qu'on nous présente pour cacher le fait qu'on nous ôte le pain de la bouche.

      Fin de l'apparté et du pavé, je vais juste répondre à la prise en charge de la douleur de l'IVG : Si on est capable de donner des antalgiques à une femme qui vient d'accoucher pour rendre ses suites de couches plus confortables, on peut donner les mêmes médicaments -ou d'autres plus fort puisqu'en cas d'IVG on allaite pas- à des femmes qui viennent d'avorter. Pas besoin de souffrir si on peut l'éviter.

  6. Nunue, sur la question de la douleur de l'accouchement, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup à dire (c'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'ouvrir un blog pour traiter de cette question). La douleur n'est pas intrinsèque à l'accouchement (j'ai acouché sans péridurale et sans douleur). Mais dans notre culture, tout, absolument tout est fait pour rendre l'accouchement douleureux (culte de la peur, contraintes, positions, ambiance anxiogène, non respect du corps, etc etc). Puis, comme seule réponse à cette douleur, la médecine cloue les femmes au lit avec une péridurale (qui peut elle-même avoir des conséquences douloureuses sur plus long terme).

    L'accouchement est un des rares domaines sur lesquels les féministes ne se sont pas penchées, et est donc encore complètement soumis aux pires injonctions patriarcales. Il est temps de dépoussiérer tout ça.

    • Ta réflexion est intéressante, mais le fait que tu aies accouché sans douleur ne veut pas dire que c'est toujours le cas, ça veut dire que parfois c'est possible, c'est tout.
      Je suis d'accord avec toi que tout est fait pour favoriser le travail du médecin et non le confort de la mère.
      Sur le reste, je suis personnellement grande fan de la péridurale, c'était un peu le meilleur moment de ma vie. Je suis aussi bien plus à l'aise dans un environnement très médicalisé, alors que d'autres préfèrent être dans des conditions plus "intimes". Je pense que c'est très personnel tout ça, il ne faut pas dire aux mères ce qu'elles devraient ou auraient dû faire, juste leur proposer des choix.

      • Oui, exactement. Non seulement proposer des choix, mais fait en sorte qu'elles puissent se réapproprier leur accouchement en leur permettant de choisir librement, et que leur choix soit respecté jusqu'au bout avec tout ce que ça implique.

  7. Quand je lis le nombre de récits de ce genre, je me dis que j'ai eu de la chance de ne jamais avoir eu à avorter. Pas parce que ça me traumatiserait, mais vraiment pour les réactions, pour le refus de donner des soins (refuser de donner de quoi calmer la douleur = refus de soin pour moi).

    C'est "marrant" (pas drôle, hein, c'est une expression) parce que pour plein de blessures et autres trucs qui arriveraient bêtement on donne tout de suite. Il y a vraiment un aspect punition :/

  8. Bonjour,

    Pour la douleur, je ne suis pas sûr que tu puisses donner quelque chose quand tu prends une pilule pour faire partir dans le sang, chez toi un foetus. Souvent les anti-douleurs diluent le sang alors sachant que la pilule tueuse t'en fait perdre plus que de raison :s

    Je connais une fille qui a déjà avorté 3 fois. Pourquoi ? Parce qu'elle s'en bat les reins de la contraception normale. Moi ça me choque et je pense que ce genre de filles n'aident au sujet.

    J'm'en branle qu'elle couche, je ne m'en branle pas qu'elle fasse perdre son temps aux gens parce qu'elle a une cervelle de moineau, qu'elle prenne une place désirée par une fille qui pour elle était un vrai accident alors que merde ! On a des labos qui bossent sur les pilules contraceptives, les sterilent, les implants, etc.. On essaye de rendre la contraception d'une femme possible, la plus simple possible et il y a encore des femmes qui pensent que l'avortement est une contraception.

    Pour moi, ça restera un acte grave, d'urgence car toutes les complications possibles peuvent arriver. Rarement avec la pilule même si toute cette perte me fout les boules mais surtout pour le curetage, l'oubli d'un "morceau" (désolée pour l'instant crade). C'est un acte à faire à l'hôpital, c'est un acte qui pour moi est grave dans ses conséquences sur ton corps. Pas pour le côté sentimental du bébé, rien a fout' de ça. Mais c'est comme si on me disait que l’appendicite c'est banal. Mon copain a failli mourir de son appendicite. Se faire opérer, pour quoi que ce soit, à l'hôpital ne sera jamais pour moi un acte banal et ça ne doit pas l'être. Le jour où on se fera avorter chez le bijoutier comme on se fait piercer les oreilles, ouais je vote pour sa banalisation parce que ce sera plus dangereux pour la santé.

    • On peut toujours trouver des contre-exemples de "mauvaise" utilisation de l'IVG.

      On essaye de rendre la contraception d'une femme possible, la plus simple possible : à la fois, y'a plein de femmes qui supportent mal les contraceptions hormonales (sans parler de son coût, ou de la nécessité de faire renouveller son ordonnance régulièrement quand on est mineure et qu'on le cache à ses parents, par ex), et c'est le parcours du combattant pour se faire poser un DIU quand on est nullipare. Et que dire de la contraception définitive (ligature des trompes, essure...) qui est refusée même à des femmes ayant déjà plusieurs enfants, sous prétexte qu'à 35ans, elles pourraient en vouloir encore un autre et le regretter plus tard (genre elles sont pas capables de choisir toutes seules) ?

      Je partage ce qui a été dit plus haut, à savoir que le refus de la maternité reste encore très mal accepté socialement.

      • La ligature ça c'est sûr que c'est pas demain la veille que ça passera comme une lettre à la poste ! Je me souviens que ma Grand-Mère avait du aller en Angleterre pour avoir la sienne. Pour les stérilet, ma pote qui est RP je reconnais, s'en est fait posé un elle a 23 ans. C'est limite son gynéco qui lui a proposé donc pour la difficulté d'en avoir un j'avoue que je ne connais pas ce problème là :s

        Je ne discute pas le fait que le refus de la maternité est mal accepté. Je suis entièrement d'accord sur le fait qu'il y a encore du travail là dessus mais pour moi, banaliser l'avortement ne doit pas en faire partie. Le rendre plus simple d'accès à toutes les filles, dans tous les hôpitaux oui. Le présenter comme une opération banale nan.

        • pour ma part, je n'ai pu en obtenir un (DIU) qu'après un avortement et 2 grossesses et l'avoir demandé en vain à deux gynéco, alors je pense que les mentalités mettent du temps à changer.

          • Les choses bougent doucement (entre autres parce qu'il y a des recommandations officielles du ministère de la santé comme quoi le DIU est tout à fait adapté aux nullipares). J'ai 20 ans et je m'en suis fait poser un il y a quelques jours, certes dans un centre de santé étudiant.
            Je suis d'accord qu'il ne faut pas "banaliser" l'avortement dans le sens où on doit avoir à l'esprit que l'acte n'est pas anodin, ensuite ça dépend du sens qu'on met derrière le mot "banaliser". Je pense que si je devais avorter je penserai personnellement au fait que j'ai mis un processus en route, processus qui mené à son terme aurait donné naissance à un enfant, et donc ça me ferait beaucoup réfléchir. Pour autant je ne me permettrai jamais de coller mes propres sentiments à d'autres personnes qui ont leur sensibilité personnelles et leurs propres raisons.

    • On pourrait dire la même chose des fumeurs qui ont un cancer, des amputés qui ont roulé trop vite en voiture, des gros qui ont un accident vasculaire .... pourtant personne ne leur reproche leur cervelle de moineau (quoique pour les gros, il y a pas mal de bashing aussi).

      Ce que je veux dire, c'est que les gens font des erreurs, c'est dans notre nature, et sinon on vit pas !
      Et ça ne vient à l'esprit de personne de leur mettre leurs erreur dans la tronche quand il affrontent les conséquences ... sauf quand ça concerne la sexualité féminine, alors là, tout le monde y va de son bon conseil moralisateur.
      On est vraiment pas clairs par rapport à ça.

      • Mmmm, faire une erreur une fois c'est totalement pardonnable, les accidents ça arrive. La faire 3 fois, heu.. Nan, moi ça ne passe pas. Ça vaut pour la femme qui ne fais jamais attention à sa pilule comme pour le mec qui roule mal et cause accidents sur accidents ou je ne sais quoi d'autres ! Il faut responsabiliser les gens et arrêter de dire que "ce n'est pas grave, c'est un accident". Encore une fois, quand c'est la deuxième ou troisième fois c'est chaud. Ce n'est pas une erreur c'est de la bêtise.

        Et, je vais me répéter, quand l'avortement sera simplifié, qu'il sera moins dangereux, douloureux (quoique ça en soi je m'en fiche). Quand il impliquera pas un risque pour la santé là je veux bien qu'on le banalise. Je ne SUIS pas contre la banalisation de l'avortement, je suis contre de le faire tant que cela se passe dans les conditions actuelles. Oui, on pourrait arguer que faut bien que quelqu'un fasse le premier pas mais je ne ferais pas celui-là. J'attends de voir des centres d'IVG dans tous les hôpitaux, avec des médecins non moralisateur et une bonne prise en charge pour les mineurs. Avant ça, niet.

        • Alors déjà, "pilule tueuse" ça en dit long. Secundo, l'avortement EST une pratique sûre. Bien plus sûre que l'accouchement, si tu veux tout savoir. Il n'implique quasiment pas de risque pour la santé. Va te renseigner dessus avant de venir nous sortir tes grandes théories sur "les femmes qui méritent l'avortement" et "ces salopes qui l'utilisent comme contraception".

          • Alors ça, c'est pas très aimable comme ton.

            Bon, je suis pas un spécialiste des commentaires de blog et j'imagine que l'agressivité s'y cultive avec des meilleures performance que dans les jardins peu fertiles de la conversation face à face entre deux humains.

            J'aimerais bien me faire expliquer l'intérêt ou le plaisir (il faut bien l'un des deux, non ?) de participer à un dialogue depuis des chevaux de cette taille.

          • Désolée, je ne connais pas le nom de la pilule que l'on prend quand ce n'est pas du curetage. Je n'ai jamais eu recours à l'avortement et ce n'est pas quelque chose que l'on connait forcément. Je voulais faire la différence entre la pilule contraceptive et l'autre, dont le nom m'est inconnu. Mais, désolée si cela t'as choqué, ce n'était vraiment pas le but.

            (et en soi ça tue quelque chose, que tu aies des sentiments ou non on va pas faire du politiquement correct. Ce n'était en aucun cas un jugement de valeur du genre "aaaahhh t'es trop une tueuse de bébé !!".)

            Et, du peu que j'ai lu + entendu de ma "connaissance", camarade de classe plutôt, qui me racontait cette énorme perte de sang sur plusieurs jours avec à la clef la "perte" d'un truc long, sanguinolant dans les toilettes, le foetus. Des courbatures au ventre, douleur, etc... Heu, nan pour moi ça n'est pas sûre. Je ne fais pas confiance à une médecine qui me propose ce moyen là pour avorter. Pour l'instant il n'y a que ça donc s'il faut go mais clairement ça n'est pas banale. Je continue à défendre mon avis (envers et contre tous ! :p), tant que ça restera comme ça je ne banaliserais pas l'avortement.

            (et pas la peine d'être aussi agressive, je n'ai engueulé personne., que je sache ET je me bats pour la même cause que l'avortement devienne plus simple, plus pratique moins douloureux, etc.. Mais je ne me bats pas de la même manière :) )

        • Mais qu'est ce que ça peut vous foutre que des personnes estiment que le risque / la douleur d'une IVG soit un risque acceptable dans le cadre d'une contraception ? Ce risque ce sont ELLES qui le prennent, la comparaison avec les accidents de la route qui mettent en danger les autres est non avenue.
          Pourquoi est-ce que cette erreur parmi d'autres serait si inacceptable* ? Que j'oublie mes nouilles sur le feux et doive subséquemment manger de la colle une fois, deux fois ou trente huit fois, à partir de quand cela deviendra "inacceptable" pour la brigade du bon goût ? Prévenez moi hein, j'ai peur d'avoir dépassé la limite.

          * j'ai la réponse : PARCE QUE CA TUE DES BEBES OMG.

          • Si ça n'impliquait que les personnes, oui tu as raison, on s'en bat les reins. Si elles s'en foutent, nous aussi. Sauf, qu'encore une fois, actuellement, ce n'est pas le cas. Il y a peu de centres, peu de médecins qui acceptent de le faire et on se retrouve avec une fille qui doit bouger jusque sur Paris alors qu'elle vient de Pau pour se faire avorter à la limite de la limite car tous les centres sont blindés. (une collègue de taff).

            Tu ne peux pas penser qu'à ta personne, tu dois penser aux autres. Si tu peux l'éviter, alors évite le. Pas que ton accident est moins grave que le sien vu que vous êtes toutes les deux dans le même bateau mais vu qu'il y a peu de places, peu de centres tant qu'on peut éviter de les surcharger alors on le fait. C'est ma façon de voir. Et NON, j'en ai rien à foutre que l'on tue des "bébés", d'ailleurs ça n'en est pas pour moi, 'fin bref.

            De plus, à ce que je sache c'est entièrement pris en charge en France, au planning familiale en tout cas. Ce sont donc des frais, qui coutent à la société donc en abuser je trouve ça irresponsable. Ça coute moins chers à l'état de te rembourser une partie de ta pilule contraceptive que de payer un avortement, Et l'état c'est toi, moi, nous qui payons.

            L'erreur n'est pas inacceptable, lis moi, lis attentivement ce que j'écris. Elle est totalement acceptable et pardonnable et c'est pour ça que l'on s'est battue pour avoir ce droit. La recommencer encore et encore et prendre l'avortement tel qu'il est proposé en France actuellement comme un moyen de contraception normal, de tous les jours : non.

            Quand l'avortement sera simplifié, qu'il y aura plus de moyens pourquoi pas. Même si je reste quand même plus fan du "mieux vaut prévenir que guérir" et que mieux vaut ne pas tomber enceinte que d'avorter (encore une fois c'est mon avis, je ne l'impose à personne).

            Je dis ça en imaginant, je sais pas moi, dans quelques années, un avortement hyper simple, pas douloureux, peu cher. On pourrait donc arrêter de prendre la pilule contraceptive et avorter quand on tombe enceinte, si on tombe enceinte. Ça se serait magique et là on pourrait banaliser l'avortement car niveau bouleversement du corps ce serait mieux que de le bourrer d'hormones tous les jours. Mais nous n'en sommes pas encore là donc j'estime qu'il faut faire attention.

          • Mon dieu Fluffy, mais arrête tes conneries.
            Tu as déjà subi une ivg ? Moi non. Bizarrement, vu ce que j'en ai lu, j'ai aucune envie de passer par un avortement. Des contractions, des saignements, le stress de savoir si ça s'est bien passé ou non (et bien pire, pour ma part : me dire que j'ai merdé avec ma pilule), c'est ultra casse-ovaires. Ca fait mal. C'est désagréable, douloureux, et potentiellement stressant. L'avortement ne sera JAMAIS une pratique "anodine" pour ça : c'est pas "oh tiens jvais me faire avorter", c'est "merde, je vais devoir me faire avorter".
            Alors arrête. AUCUNE FEMME AU MONDE N'UTILISE L'AVORTEMENT COMME METHODE CONTRACEPTIVE. Aucune. Les "irresponsables" dont tu parles, tu penses qu'elles se disent "oh chouette, je vais avorter" ? Tu dois être méchamment souple pour avoir la tête aussi profondément enfoncée dans ton fondement. Y'a des trucs, qu'on appelle hyperfertilité, problèmes de capote, problème de pilule, de stérilet, d'implant, etc etc. La contraception n'est pas une science exacte : elle peut ne pas être suffisamment efficace, avoir été oubliée, avoir été atténuée par un autre médoc, ou tout simplement ne pas convenir à la personne, et donc, provoquer une grossesse non désirée. Et y'a aussi beaucoup de gens qui n'ont pas une bonne connaissance de la contraception, PARCE QU'ILS N'ONT PAS ACCES AUX INFORMATIONS. Quand j'étais au collège, beaucoup de mes amies pensaient que "la première fois on peut pas tomber enceinte". Beaucoup de toubibs connaissent mal la contraception (ils ne prescrivent que la pilule et ne connaissent même pas son fonctionnement), et conseillent mal les femmes.
            Si demain tu te pètes une jambe en sautant dans tes escaliers après une nuit alcolisée, excuse moi, mais ce sera ta faute. Ce sera "irresponsable". Et pourtant, devine quoi ? On va pas te dire "écoute, on va pas te soigner gratos parce que c'est un peu ta faute hein, tu savais bien qu'en faisant ça t'allais te faire mal". On va te dire "hey, tiens, on te soigne et c'est remboursé". Pardon : NOS impôts vont te rembourser tes soins. Les tiens, les miens, etc. Est-ce qu'on devrait interdire ça ? Non. Alors avant de faire des reproches aux "irresponsables", assure toi de ne jamais utiliser la sécurité sociale, ou assume tes bêtises en souffrant.
            Avec un peu de chance, nos impôts rembourseront même tes greffes de neurones.

          • Et excuse moi, "je suis pour l'avortement n'empêche que c'est irresponsable et la contraception ça existe et vous tuez des bébés et vous utilisez nos impôts pour tuer des bébés", en ignorant tout ce qui est dit (genre l'avortement est safe, non ce n'est pas une méthode de contraception etc), ce n'est PAS une position acceptable. Tu blâmes juste toutes les femmes qui avortent et tu juges quelle femme est "digne" d'avorter ou non.

        • Les leçons de morale sur le nombre d'avortement "acceptable" sans rien savoir des circonstances, comment rester polie à ton égard ?

          J'ai 44 ans et j'ai avorté 4 fois, et j'assume parfaitement, que sont 4 grossesses non désirées sur plus de 20 ans de vie sexuelle ? ben oui, vu que je ne veux pas d'enfants, toute grossesse est non désirée. Et quand on est hyperfertile, avec des soucis d'observance pilule, enceinte sous stérilet, on fait quoi ?

          Tu n'as engueulé personne, peut-être mais tu permet de juger sans rien savoir.

          Pilule tueuse, mais qu'est-ce que ça tue ? Peut-on parler de tuer un embryon de 5 semaines ?

          Perso avorter ne me fait ni chaud ni froid, hormis bien sur le soulagement de me débarrasser d'un problème. Je n'ai aucun souci éthique ni moral, c'est mon corps, ma vie, mon destin dont j'entends contrôler cet aspect.

          Au fait, pour le curetage, il y a belle lurette que cette méthode a été abandonnée au prodit de l'aspiration sans risque ni conséquences sur la muqueuse utérine.

          En revanche pour l'avoir testée le RU 486 (pilule abortive) est une vraie saloperie, je me demande comment on peut poser présenter ça comme un progrès pour les femmes ? Pour les médecins oui. Par rapport à une aspiration où tu ne sens rien, c'est extrêmement douloureux, pendant au moins 3 jours des crampes à se tordre de douleur, et l'expulsion de l'embryon est assez glauque.

          Avec l'aspiration, sous anesthésie locale, je suis rentrée chez moi 45 minutes après, et la seule fois où on a voulu ne pas prendre en charge ma douleur j'ai pété un tel scandale (possible uniquement car je n'ai aucune honte) que le connard de médecin m'a soulagée fissa.

          • Et bien tu vois, je n'avais jamais entendu parler d'aspiration, les filles que je connais n'ont eu, à part la pilule abortive, que des curetages. Sûrement des hôpitaux pas à la page.

            Pour moi on peut parler de tuer à partir du moment où on hôte la vie à une cellule, comme expliqué en dessous mais ok, pilule abortive ça me va aussi, j'ai compris.

            Sinon :
            -Je n'ai jamais dit qu'il fallait limiter le nombre d'avortement par femme au contraire !! Une femme devrait pouvoir avorter tous les jours si elle veut !
            -Je ne suis pas contre l'avortement
            -Je suis pour que l'on donne des moyens pour soulager la douleur des femmes qui avortent ET même, je dirais que je suis pour que les labos travaillent sur des moyens pour que l'avortement soit sans douleur, rapide et simple.

            Qu'est ce que vous ne comprenez pas là dedans ? Ce n'est pas parce que je ne veux pas banaliser un acte qui pour vous est naturel que je veux faire disparaitre cet acte, que je suis une arriérée rétrograde anti avortement.

            Si je dis à mon fils/ma fille de faire attention à sa première fois, que j'aimerais (noter le conditionnel) que ça se passe bien, qu'il adore ça, qu'il fasse ça avec quelqu'un qu'il l'aimera, avec qui ils pourront apprendre ensemble, etc.. Est ce que ça fait de moi une mère qui veut foutre une ceinture de chasteté à ses gamins ? Nan, ça fait de moi quelqu'un qui ne veut pas banaliser le sexe et c'est mon droit. Je n'attaque personne, je n'empêche personne de s'exprimer, je ne juge pas les gens parce que moi aussi "j'ai couché avec tout le monde" et NAN je ne vais pas enfermer mes enfants dans une cave s'ils sont contre mon avis. Ce n'est même pas un conseil, c'est mon avis. Ils en font ce qu'ils veulent

            Et bien c'est la même chose avec l'avortement. Je ne veux pas le banaliser car pour moi il n'est pas banal ACTUELLEMENT. Pas comme il est. Même avec l'aspiration, parce qu'il se passe à l'hôpital, parce que dans le contexte actuel ce n'est pas simple de se faire avorter, avec les jugements, critiques, etc..

            J'ai l'impression que vous confondez le fait d'avorter qui est banal, c'est un moyen comme un autre de ne pas avoir d'enfant comme la chasteté, la pilule contraceptive, le stérilet etc.. ET la procédure pour avorter. Je trouve que la procédure pour avorter n'est pas banal car la société fait tout pour te compliquer la vie et t'empêcher/te culpabiliser d'avorter.

            Donc, encore une fois, actuellement, avorter n'est pas banal car la procédure pour le faire ne l'est pas. J'espère avoir réussi à faire comprendre mon message.

          • Ok, Fluffy, tu n'as pas l'air de comprendre ce qu'on te reproche. Je vais faire une explication simple :
            - D'un côté, tu viens expliquer que l'avortement, c'est un truc bien, nécessaire, qui devrait être accessible à toutes, sur demande, sans douleur, sans jugement. Là, on est d'accord. C'est ce qu'on veut.
            - De l'autre, tu juges non stop. Tu as affirmé à plusieurs reprises que certaines femmes sont irresponsables, utilisent l'avortement comme une méthode de contraception "banale" (ça nécessite une hospitalisation, des examens, etc, ça ne le sera jamais). Tu as avancé à plusieurs reprises que l'avortement tuait (pilule tueuse, oui ça tue mais on s'en tape etc). Est-ce que tu as l'impression, lorsque tu manges une omelette, de tuer des oeufs ? Non. On ne parle pas de "tuer" un oeuf, tout comme on ne parle pas de "tuer" un embryon de moins de 12 semaines : c'est tout bonnement pas vivant dans le sens où on entend vivant et tuable. Ou alors, tu tues tes ongles régulièrement, tes cheveux se suicident à intervalle régulier, et chaque grattage de ton épiderme est un massacre.
            Ensuite, pourquoi veut-on faire banaliser l'avortement ? Justement parce que des crétins ont décidé que l'avortement, c'était un terrible traumatisme, une peine terrible pour lafâme qui perd sa raison de vivre. Discours adoré des anti-ivg, qui tentent donc de faire passer l'avortement pour un traumatisme terrible. Technique qui blâme toute femme ayant avorté qui ne finit pas dépressive, alcoolique et droguée (et qui blâme aussi ces dernières, "c'est leur faute vu qu'elles ont avorté"). Plus simplement, beaucoup de médecins considèrent que l'avortement ne devrait pas être une chose banale (beaucoup y sont opposés). Et donc, que font-ils concrètement pour les éviter ? Ils transforment l'avortement en un truc ultra chiant. Ils ne donnent pas d'antidouleurs. Ne laissent pas le choix de la procédure (médicamenteuse, chirurgicale...). Font en sorte que la femme souffre, se souvienne de l'avortement comme une procédure douloureuse, la traitent comme une irresponsable méritant de souffrir.
            La banalisation de l'avortement est nécessaire pour faire en sorte que la procédure respecte les femmes. Quand tu as un bras cassé et que tu veux qu'il ne le soit plus, tu te fais plâtrer. Quand tu es enceinte et que tu ne veux plus l'être, tu te fais avorter. Pourquoi dans un cas le personnel médical juge-t-il la patiente, et dans l'autre non ? C'est ça qu'on veut éliminer, on veut détruire la stigmatisation liée à l'avortement.
            Alors, s'il-te-plaît, après avoir lu ça, relis ce que tu as écrit plus haut, et prends conscience que ce que tu as dit n'est pas acceptable quand on se dit pour l'avortement.

          • un truc que je ne comprends pas: la ligature ça existe. sinon je suis ok sur bcp d'interventions et ce scandale qui consiste à vouloir persuader une nana qu'avorter est forcément dramatique; non avorter c'est un choix de vie, pas de mort, un soulagement la plupart du temps, sauf désir d'enfant refoulé, ce qui arrive. et puis mince la sexualité n'est pas le domaine favori du comportement rationnel et heureusement; donc des grossesses non désirées, pour plein de raisons, il y en aura toujours!

          • @Veronique la ligature ça existe, n'empêche que c'est une pratique TRES peu faite (les médecins sont TRES souvent contre, en particulier chez les femmes jeunes, personnellement j'en veux une mais je vais galérer comme c'est pas permis parce que j'ai la vingtaine, malgré le fait qu'une grossesse mettrait ma santé physique et mentale en danger). Si les médecins étaient plus ouverts (tant sur la stérilisation que les autres méthodes de contraception), y'aurait effectivement beaucoup moins de problèmes.

    • ce blog est pro ivg. il n'y a pas 50 façons de le dire. tu parles de pilule tueuse ; tu tiens donc un discours laissant entendre qu'on tue qq chose.
      ce discours n'est donc pas acceptable chez moi.

      • Mais oui tu tues quelque chose. Ce sont des cellules, ça vit. Tout comme tu tues quelque chose en prenant un médicament contre la grippe. Un virus est un être vivant. Et pourtant on s'en bat les reins. Dire que l'avortement tue quelque chose ce n'est pas grave. On s'en fiche de cette chose. Comme une virus, on en veut pas donc on s'en débarrasse et on en a totalement le droit. Vouloir jouer sur les mots et limite nier cela c'est comme de dire : on ne dit pas gros, hein ça ne se fait pas ! Il faut dire personne en surpoids.

        L'avortement tue un "virus" et dans le meilleur des mondes, cela devrait être aussi simple qu de se débarrasser de la grippe. (j'ai pris un exemple à l'arrache vu que des gens meurent de la grippe mais j'espère avoir fait compris mon avis.)

        • Avoir fait comprendre, désolée, je ne me suis pas trop relue ><

        • et il est tout à fait connu que lorsqu'on enlève un appendice, un kyste ou un abcès le médecin s'esclame "bon alors je m'apprête à tuer ce kyste avec mon scalpel tueur de kyste" (qui oui oui est un amas de cellules).
          tu n'en as peut etre pas conscience mais le vocabulaire que tu emploies est extremement problematique et, je le repete, donc à bannir sur mon blog. merci donc d'en tenir compte et je ne vais pas le répéter une nouvelle fois.

          • Mais euh... y a un moment où vous vous rendez compte de vos contradictions quand même? Pourquoi cette réaction quand on utilise le mot "tuer"? Vous auriez eu la même si quelqu'un avait parlé, justement, de tuer une tumeur?

            Un foetus est un bébé: faux.
            Un foetus est comparable à une inflammation de l'appendice: faux.

            Un foetus est un foetus. C'est une réalité indépendante de votre volonté. Sa nature exacte, ni humain, ni non-humain, pose un problème éthique à peu près insoluble.

            La loi résout le problème juridique. A mon avis, dans le seul sens possible. Elle laisse le choix à la seule personne qui puisse vraiment décider: la femme qui porte le foetus.

            La loi ne résout pas, et ne peut pas résoudre, le problème éthique et philosophique.

            Après, le problème éthique, si la femme ne le voit pas, ben tant mieux pour elle. Je ne vois pas l'intérêt d'aller la culpabiliser si de son côté tout va bien. D'un point de vue pragmatique, c'est tout à fait stérile.

            Mais ne vous attendez pas à ce que ce problème éthique cesse d'être perçu parce que vous ne le percevez pas. Ne vous attendez pas à ce que l'avortement devienne un acte perçu comme anodin. Même si vous retirez tous les obstacles matériels, ça ne se produira pas, à mon sens.

            D'ailleurs, je vous soupçonne de percevoir vous-même le problème éthique. Qu'est-ce qui pourrait vous pousser, sinon, à soutenir des propositions dont l'illogisme vous sauterait aux yeux sur tout autre sujet, comme "un foetus, c'est comme une appendicite"? C'est sans doute que l'idée que le foetus puisse avoir quoi que ce soit d'humain vous est insupportable.

            Après, s'il est vrai que des équipes médicales s'abstiennent de soulager la souffrance physique des femmes qui avortent, c'est vraiment minable, je suis bien d'accord. J'ignore l'ampleur du phénomène: la douleur est d'une façon générale très inégalement prise en compte suivant les services.

            Je ne suis pas anti-avortement. Mais je suis anti-aveuglement. Même - surtout? - quand ce qu'il y a à voir n'est pas très clair.

    • La douleur peut et doit être prise en charge.

      Aux femmes qui viennent d'accoucher et qui perdent donc beaucoup de sang, on donne sans problèmes du spafond, de l'ibuprofène et du paracétamol, voire de la morphine. Pourquoi pas aux femmes qui viennent d'avorter ? Physiologiquement il se passe la même chose, l'utérus se rétracte, le sang s'évacue, et tout ça c'est très douloureux.

      On évitera l'aspirine parce qu'il fluidifie le sang. Pas le reste.

  9. Un lueur d'espoir : si tant de gens s'agitent autant à répéter qu'on ne doit pas banaliser l'avortement, c'est peut-être parce que quelque part ils ont conscience qu'en fait c'est possible médicalement, de faire de l'avortement un acte médical sinon banal, du moins pas du tout traumatisant, et raisonnablement peu douloureux. Espérons qu'ils ont raison sur ce point et que ça deviendra bientôt le cas :)

  10. Merci pour cet excellent billet. L'IVG me touche en tant qu'événement possible, dans ma vie d'homme. J'aime penser aux problèmes à venir, c'est mon côté masochiste (pu.. comment on écrit masochiste ?).

    Nous réfléchissions l'autre jour à nos futures aventures parentales. Nous avons deux petites filles et la fabrication d'un-e troisième môme nous titille. Mais nous vieillissons, la probabilité de problèmes durant la grossesse est plus grande et - ce n'est pas la moindre des données - nous vivons au Costa Rica.

    Il se trouve que nous avons bien choisi le lieu pour notre mission de volontariat puisque ce pays INTERDIT l'IVG ! Le Costa Rica, cet éden, interdit également, par une loi, les examens sur le foetus après trois mois de grossesse qui permettent de détecter des malformations ou des maladies, trisomie y compris.

    Bref, le sujet nous occupe. En deux mots : si on fait un troisième môme ici, il faut accepter de ne pas savoir si le bébé souffrira d'une malformation. On peut vivre avec. Mais la difficulté, c'est que si nous étions chez nous, on ferait cet examen. La responsabilité est assez grande, ça nous permet de nous poser VRAIMENT des questions que nous n'avions fait que survoler pour les deux premières grossesses.

    Imaginons que nous trouvions un moyen de faire les quelques examens que nous ferions en Europe. Qu'ils révèlent une malformation, un problème grave, grâce à un toubib compatissant. Et bien, en restant ici, l'IVG est impossible.

    Forcément, ça nous a mené à une conversation passionnante sur l'eugénisme, la sélection, le fait d'être parent potentiel d'un enfant en difficultés, etc. Nous avions déjà eu cette conversation. Mais, comme vous l'expliquez bien, nous n'étions jamais allé si loin parce que nous n'avions jamais eu à nous poser frontalement la question : mettons-nous des sentiments dans l'existence du foetus ? J'aime la façon dont vous poser ça.

    C'était évident pour moi : l'argument du droit à la vie, c'est de la foutaise, je le sais, j'en suis sûr, depuis longtemps. Alors quoi ? Pourquoi ça paraît compliqué ?

    D'un côté, je suis ennuyé de ne pas avoir l'IVG comme solution possible à une grossesse problématique.
    D'un autre côté et c'est plus curieux, je me dis que nous pourrions y aller quand même parce que, de toutes façons, on ne recourrait pas à l'IVG en cas de problèmes.

    Pourquoi, bon sang, pourquoi ? Pourquoi l'IVG me pose problème alors que je me croyais fondamentalement en sa faveur.

    A cause de ce que je comprends dans votre billet. Parce que oui, je mets quelques sentiments pas bien clairs dans l'existence d'un TRUC mi-oeuf mi-bébé dans le ventre de mon amoureuse. Merde alors.

    Je vais bosser la-dessus et recevrai volontiers des commentaires (calmes, hein.. je sais que j'ai peut-être écrit des âneries, c'était une confession..)

    J'écris un blog pour hommes parce que je bosse sur la masculinité ici. Si vous avez envie, je vous invite à y jeter un oeil. Ce n'est pas féministe, ce n'est pas hyper correct. Le but, c'est de bosser sur la question du machisme et des violences domestiques en parlant aux hommes comme moi : simples, pourris par le patriarcat, capables de réfléchir, mais en difficulté avec la révolution complète. Le v'là : http://hommesimple.fr

    Amicalement de San José, Costa Rica.

  11. Ces commentaires partent en sucette.
    Je suis un homme, père de trois enfants dont le 3e qui s'appelle "surprise me voilà".
    Je tiens juste à dire que toutes les positions de principe, tous les raisonnements froids et distants que l'on peut tenir volent en éclat au moment de prendre LA décision.

    Je suis content de la décision qu'on a prise après avoir changé d'avis 100 fois, 2 nuits blanches et des heures de discussion, mais je suis surtout très heureux d'avoir pu choisir.

    Vos avis n'ont pas de valeur. Vos arguments sont inutiles, chaque décision est personnelle, elle doit seulement être éclairée. Ce n'est sans doute pas le plus simple.

    • je constate que deux hommmes viennent - sans avoir jamais posté ici ni être habitués - donner des leçons de police de ton aux contributrices.
      je vous serais EXTREMEMENT reconnaissante de vous mêler de vos affaires, de ne pas donner un avis qu'on ne vous a pas demandé et encore moins de faire la police à ma place.
      si je juge qu'un commentaire est déplace, je m'en occupe et cela n'est pas votre rôle.
      quant à nous dire que "nos avis n'ont pas e valeur", ca vous vaut d'être exclu de ces commentaires.

      • Tu as raison et je suis désolé. Ca m'a heurté alors que c'est effectivement une de mes premières visites et j'aurais du me dire que je n'avais pas à la ramener au moment d'entrer. En me mettant à la place des contributrices et surtout à la tienne, je réalise que c'était très impoli.

        Je ne partage pas le point de vue que les avis n'ont pas de valeur. Ni les vôtres, ni aucun d'ailleurs.

        Je peux rester quand même ? C'est-à-dire que ce que tu écris m'intéresse et les contributions aussi.

        Maintenant, je veux pas insister. Si ma présence est emmerdante, je me retirerai.

    • Mais mon gars, c'est toit qui dit que les raisonnements froids volent en éclat, perso je suis restée toujours aussi froide et sans aucun état d'âme quand j'ai été enceinte et ai avorté. Et mes principes restent les mêmes : mon cops, ma vie, mon autonomie, ma décision. Et ma vie c'est sans enfants, doc avortement dans la foulée.

      Et dis toi que tu n'a pas choisi, ta femme t'a laissé prendre part à son choix, car quoi qui se passe c'est son corps.

  12. J'ai lu la TL de la twitteuse en question et je suis désolée, je n'ai pas trouvé ça drôle du tout, mais alors du tout. Et pourtant il m'en faut vraiment peu pour être choquée hein.
    Je ne suis pas une pro-life non plus, là n'est pas la question, je suis bien évidemment pour le droit à l'avortement. Je suis pour le droit à être trash et libre.
    Mais j'ai été vraiment choquée de ses twits et vidéos, j'ai cru à un fake mais non c'est visiblement vrai. Qu'on le vive bien, évidemment je n'ai rien à dire, mais de le mettre en scène de la sorte m'a vraiment ébranlée.
    Et je vois que sous couvert de "droit de bien le vivre" ce type de comportement est donc porté aux nues forcément (avec ou sans discernement en fait ?), ça me dépasse, le no limit ça me dépasse...vraiment.

    et ce qui me gène c'est que visiblement de ce que je comprends, on n'a pas le droit d'être choqué par cette TL sans être une moraliste pro-life et j'en passe...je répète ce n'est pas mon cas, mais comme la madame elle revendique le droit d'être trash sur son avortement en direct, je revendique le droit d'avoir été choquée.

  13. Pour la partie technique, il absolument possible de réduire la douleur physique d'une IVG : avec un protocole adapté, la majorité des femmes n'ont pas de douleurs du tout, ou alors pendant moins d'une heure. Et ce qui est désespérant à observer, c'est que la nécessité de la douleur est si bien ancrée dans l'inconscient collectif que dans un certain nombre de cas, c'est la femme qui refuse de prendre les antalgiques prescrits... De la même façon, la douleur psychologique éventuelle est spectaculairement réduite quand tout le personnel est respectueux. Et là aussi, c'est bien ancré dans la tête de tout le monde que c'est mal de se sentir bien après une IVG. "Est-ce que vous pensez que je suis un monstre ?", "c'est horrible à dire, mais je me sens soulagée", "je sais bien que je ne suis pas normale", ce sont des grands classiques de la consultation pré ou post IVG. Alors qu'avoir un problème, rencontrer les bons interlocuteurs pour résoudre ce problème, et se sentir soulagé d'être débarrassé de ce problème, c'est juste l'évidence pour tout le monde, à part quand le problème s'avère être une grossesse. Mais à part ça, personne n'a de souci avec l'IVG, bien entendu...

    Quant au mythe de "l'avortement dangereux et c'est pour ça que je suis contre" qui est ressorti un peu plus haut, ça n'est basé sur rien de concret... le curetage n'est plus à l'ordre du jour depuis plusieurs années, l'IVG chirurgicale se pratique par aspiration qui ne comporte qu'un risque mineur d'infection, bien moindre que celui d'un accouchement, par exemple (sans compter tous les autres risques d'un accouchement).
    Et quand bien même il y aurait des risques... quelle activité de la vie n'en comporte pas ? Les anti-IVG ont inventé de toute pièce un "syndrome post-avortement" qui serait une forme de dépression, et justifierait de s'abstenir. Rappelons que 10 à 15 % des femmes qui accouchent font une dépression du post-partum (un syndrome qui existe pour de vrai, lui). Qui a déjà entendu en annonçant son désir d'enfant ou sa grossesse "mais t'es sûre, t'as pensé au risque de dépression ?"

  14. Ma petite soeur a fait une tentative de suicide peu après la naissance d'un bébé non désiré qu'une copine l'avait convaincue de garder, elle se retrouve maintenant avec 2 gamins élevés en dépit du bon sens (et à 75% par la grand mère), qu'elle se déculpabilise de supporter difficilement en leur achetant "des trucs" (plein de trucs, en plastique, qui ne servent à rien, de préférence).
    J'ai avorté une fois sans autre sentiment qu'un immense soulagement (ouf, j'ai sauvé ma vie), je n'ai pu que me féliciter de ce choix depuis, tout comme de ma stérilisation à 32 ans, nullipare.

    Bouh la vilaine caricature, preuve anecdotique, etc - c'est juste une illustration marrante pour alléger l'athmosphère.

    Sinon, tu soulèves un point que je m'évertue de mettre en avant à chaque fois que je parle d'avortement (ça faisait longtemps d'ailleurs) : on ne peut pas couper la poire en deux, il n'y a pas de "oui mais". Soit on décide que l'avortement est moralement répréhensible, et on l'interdit. Soit on décide que l'avortement est autorisé et accessible à toutes, auquel cas, il n'y a pas de "tu es sure ?", il n'y a pas d'entretien psy obligatoire avant, il n'y a pas de "c'est la troisième fois, ça va suffire maintenant !". Si on décide que ce n'est pas un acte moralement répréhensible, il n'y a aucune raison de revenir sur les modalités de mise en oeuvre, pas davantage que pour réduire une fracture (tibia péroné, encore !! Mais vous allez arrêter le skateboard hein, y'en a marre de payer pour vos conneries !). Il ne peut pas y avoir de demi mesure, de "on le fait mais c'est pas bien". il faut arrêter de nous prendre pour des cons.

    • *atmosphère
      *m'évertue à

    • "Soit on décide que l'avortement est moralement répréhensible, et on l'interdit. "

      Est-il moralement répréhensible de quitter une épouse dévouée pour sa meilleure amie?

      Est-il moralement répréhensible de contester en justice l'héritage d'un orphelin?

      Est-il moralement répréhensible de dire "je t'aime" à quelqu'un pour se le/la taper et le/la laisser en plan ensuite?

      Est-il moralement répréhensible d'envoyer balader quelqu'un qui vous a toujours soutenu au moment où il a besoin de vous?

      Pensez-vous qu'il faille voter des lois pour interdire toutes ces pratiques?

      La morale et le droit ne sont pas totalement sans rapport; mais elles ne se recouvrent pas.

      L'avortement doit être autorisé: l'Etat n'a pas à dicter aux femmes leur décision en la matière, dans un sens ou dans l'autre. C'est la solution la plus pragmatique.

      Le problème éthique, inextricable, que soulève l'avortement reste cependant entier. Pas moyen de l'évacuer d'une pirouette rhétorique: le réel reviendra par la fenêtre.

      Après, comme je disais plus haut, il est de fort mauvais goût d'aller culpabiliser des gens qui ne culpabilisent pas et qui vont très bien, et on ne m'y prendra pas. On ne m'entendra pas dire non plus "ah tu crois que tu vas bien mais en vrai tu souffres dans ton inconscient". Pour la bonne et simple raison que je n'en sais rien du tout.

      Mais ne me demandez pas de croire qu'un foetus n'est rien que de la matière, comme n'importe quel autre organe. Je vois bien que ça arrangerait tout, y compris pour moi. Mais mon esprit s'y refuse, parce que ça me paraît faux, tout simplement.

      • La plupart du temps il ne s'agit pas d'un foetus mais d'un embryon. Tant qu'il n'y a pas de système nerveux je ne vois pas pourquoi on se poserait la question de sa souffrance - cela ne gène pas grand monde d'écraser un moustique, qui est incomparablement mieux pourvu de ce côté là qu'un embryon humain. Pas de système nerveux, pas de souffrance = pas de problème.

        Sinon OK autant pour moi j'ai dit morale au lieu d'éthique, vous avez bien compris ce que je veux dire : soit l'avortement est autorisé, soit il ne l'est pas. On ne peut pas décider que ce n'est pas grave les 3 premières fois, puis après d'un coup ça devient un problème.

      • Les animaux tués chaque jour pour l'industrie alimentaire sont conscients, souffrent, ressentent de la peur, de la panique même à l'idée de se faire zigouiller comme tous leurs petits potes dans des conditions catastrophiques. Et pourtant, personne se soucie de ce "problème éthique". On évacue un amas de quelques milliers de cellules, sans conscience, sans souffrance puisque sans système nerveux, avec des ébauches d'organes, incapables de vivre sans le soutien d'un hôte, ce qui revient grosso modo à évacuer une tumeur, et là "c'est un problème éthique et vous vous aveuglez si vous ne le voyez pas" ?
        Bah j'aimerais pas être à ta place...! Commence par t'occuper des problèmes d'éthique concernant les gens vivants avant de parler d'embryons, ptet. Ca me perturbe beaucoup plus de savoir que des gens dorment dans la rue que de savoir qu'un embryon a été avorté.

  15. Ceci n'est pas sans rappeler la dépénalisation de l'homosexualité masculine en Angleterre en 1967 : même pour certains des promoteurs de cette réforme, il était clair que les homosexuels ne devaient pas en conclure qu'ils pourraient se montrer ouvertement. Bref, il s'agissait certes de légaliser (en évitant les procès, les scandales, le chantage, etc.) tout en faisant comprendre aux hommes concernés que leurs actes étaient répugnants et qu'ils devraient en avoir honte.

  16. Personnellement, je ne considère pas l'avortement comme un acte neutre. Parce que cela élimine un potentiel d'être humain. Donc, pour moi, c'est un acte à éviter dans la mesure du possible.

    Cela ne m'empêche pas d'être favorable au droit d'avorter, ni d'être choquée à l'idée que certains s'érigent en juges et fasse souffrir les femmes qui y ont recours moralement ou physiquement. Si des femmes avortent sans regret et sans traumatisme, tant mieux pour elles.

    Je ne juge pas ni celles qui sont contraintes à le faire par nécessite ou par volonté de garder le contrôle sur leur vie, mais je trouve normal que notre société ne considère pas l'avortement comme une contraception comme une autre.

  17. maxine: " ben oui, vu que je ne veux pas d'enfants, toute grossesse est non désirée"
    oui mais dans ce cas pourquoi se priver de la ligature? tellement définitivement confortable
    quand à l'aspiration, Fluffy, c'est pratiqué depuis avant 1975, d'abord on faisait ça en off, vu que c'était interdit l'avortement et ensuite ça s'est fait en milieu médical. du retard à l'allumage ?

    • Il aurait fallu trouver un gynéco qui veuille bien le faire, et dejà que l'on m'a refusé le stérilet des années durant au prétexte que cela risquait de rendre infertile la nullipare que j'étais, et ça malgré le fait que j'étais prête à prendre ce risque.

      De plus je ne l'aurais pas fait à 20 ans ou 30 ans, c'était sous anesthésie, pas aussi facile qu'essure qui passe par les voies naturelles, et puis c'était trop définif alors que j'étais encore jeune et que j'aurais pu changer d'avis. Et il eut été idiot re recourir à une chose aussi radicale tout ça pour éviter un possible avortement.
      Maitenant à 44 ans je suis sure de mon non désir d'enfant, et j'y pense, mais la seule idée de devoir retrouver et reconsulter un gynécologue, ca me déprime

      • A 32 ans en tant que nullipare j'ai eu mon essure sous AG - la gynéco n'était pas sûre de ne pas me faire mal sinon. AG au propofol, franchement, c'était une lettre à la poste.
        Je ne parlerai pas de l'anesthésiste qui a refusé de continuer quand elle a su que c'était pour une stérilisation de nullipare ... mais ils ont trouvé quelqu'un de décent pour continuer la procédure, heureusement.

  18. Premier passage sur ton blog, j'espère que tu ne m'en voudra pas (quoi que au pire ça changera pas grand chose ^_^)

    Je me demande si on essaie pas de trop généraliser. Je pense que c'est ennuyeux pour tout le monde d'avorter (c'est plus sympa de se matter un bon film). D'où le fait qu' il y a (en parallèle du travail sur l'amoindrissemenr de la douleur/amélioration des conditions de l'ivg, en parallèle j'ai dit hein ce n'est pas plus ou moins important) encore du travail à faire sur l'information et l'accès vis à vis des contraceptifs. Je cherche un alternative à la pilule et vranchement les praticiens ne t'expliquent pas tout. Le stérilet, on a même pas voulu m'en parler quand j'ai demandé(sans me dire pourquoi...). Cependant, il y a 2 aspects principaux à mes yeux sur l'ivg (dont un qui est très personnel) :

    * Le côté psychologique: celui qui est très personnel. Certaines personnes peuvent avorter l'esprit tranquille. Et pour d'autres qui le font par choix mais qui veulent des enfants ça peut en effet être compliqué (c'est pas le bon moment pour moi d'avoir un enfant mais de la à avorter, je ne sais pas si j'en aurais la force). Dans ce cas, il y a un impact psychologique mais ce dernier n'est pas systématique (et donc pour ces cas là l'avortement n'est pas banalisable -attention, je parle toujours d'un point de vue psychologique-) .

    *physique : là on est toutes dans le même bateau, et franchement celle qui le vive bien d'un point de vue psychologique, pourquoi les torturer c'est leur choix et elles sont en paix avec (et c'est cool) ! Quant à celles moins "sereines" (catégorie dont je pense faire plus partie) pourquoi les torturer alors que justement elles ne le font parfois à semi regret (pas le bon moment , pas assez d'argent pour assumer l'enfant potentiel -bah oui, l'est pas encore né-). Ca sert à rien cette douleur.

    Sur ce, bonne journée.
    Hannao.

  19. Ai final pendant que j'écrivais je n'ai pas vu les posts de Gloups et Alixe que je rejoint.

  20. Bonjour,
    Je ne sais pas si je vais être hs, mais il me paraît important de signaler que quand on tape "avortement" dans Google, sur la première page on tombe sur des sites anti-avortements, expliquant que l'avortement, c'est très douloureux, on souffre psychologiquement, etc.
    Je le dis au cas où des femmes réfléchiraient à l'avortement et qu'elles feraient des recherches. les personnes qui écrivent sur ces sites ne veulent absolument pas le bonheur des femmes dont elles parlent, quoiqu'elles en disent, mais sont au service de leur idéologie.
    Encore une fois, désolée si je suis hors sujet. Parce ce que je suis entièrement de votre avis, on ne doit pas culpabiliser une femme qui avorte.

  21. On pense toujours qu'avorter aux USA est la croix et la bannière. Je ne dis pas que c'est facile, par contre, eux considèrent le cytocec utilisé ici comme une mauvaise méthode (pas genre oulala vilaines filles qui avortez mais "il existe de meilleures méthodes"). Je suis tombée sur le cul en lisant ça (voir http://drjengunter.wordpress.com/2013/07/27/what-is-the-mexican-abortion-pill-and-how-safe-is-it/ (Jennifer Gunter est gynécologue et totalement pro-ivg). Et chez eux l'échographie n'est obligatoire qu'au Texas (quand j'ai regardé la dernière fois, ça a peut-être changé depuis). Finalement il est peut-être moins culpabilisant d'avorter là bas, quand on arrive à trouver une clinique qui le pratique...
    A noter que sur son blog le Dr Gunter raconte aussi les suites d'avortements clandestins qu'elle a pu voir et que pour elle éviter que des femmes ne meurent au bloc suite à ça, c'est être pour la vie.

  22. Bonjour
    Je suis généraliste engagée dans la pratique de l avortement médicament (on n'y est pas obligés et ce n'est pas rémunéré vu le temps qu 'on y passe ) et au moment de notre formation on nous a un peu bassinée mes collègues et moi, sur le côté "oulala, c'est achement difficile comme décision , et puis après il faut accompagner, risque de déprime etc "
    Au final, non . J'étais presque déçue et par contre totalement soulagée par le peu de conséquences psychologiques de 90% des IVg que j'ai accompagnées .
    En dix ans, une seule patiente est revenue trois ans de suite pour une grossesse accidentelle, donc clairement pas d'excès (ça reste tout de même une fausse couche , donc hemorragie +++ sur une population déjà anémiée à l'endroit où j'exerce)
    et oui elles partent avec une bonne ordonnance d'antalgiques , que je leur conseille dès la première consultation !!
    Ca devient moins difficile je trouve , depuis un an ou deux , de faire poser des sterilets à des nullipares, on avance !!
    PS chouette blog !!

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