mai 312013
 

Je reviens ici sur cet article de Libération Peillon: «pas de débat sur la théorie du genre» à l’école.

Le genre n'est pas une théorie. Dire que cela en est une, c'est comme de dire que Les 3 ordres au Moyen-âge sont une théorie. Dire cela pour un ministre de l’éducation est faire preuve d'une ignorance crasse. Je voudrais au passage souligner à Peillon que cela n'est pas la sexualité qui est difficile à vivre chez les homosexuel-les. C'est l'homophobie. Vous retournez ici la faute contre eux et dites, clairement, que s'ils n'avaient pas cette sexualité, alors il n'y aurait pas de problème.

On confond ici un concept - le genre - qui existe - et je vais démontrer pourquoi une nouvelle fois - et les idéologies à propos du genre, qui, elles , en effet diffèrent.

1. Le genre c'est quoi.

Le genre est le sexe social. Un enfant naît en France, on constate qu'il a un pénis ou un vagin (faisons simples), on l'élève différemment. On attend d'une femme certaines choses, on attend d'un homme d'autres choses.
Pourquoi parler de genre ? Parce que la féminité et la masculinité ont évolué au cours des siècles, des lieux et continuent à le faire.

Dans cet article, on nous parle de la littérature jeunesse qui se genre de plus en plus. Vous avez ici une évolution patente comparée à mon enfance (fin 70's) où les livres pour enfants étaient encore assez peu genrés. Vous constatez que la féminité s'envisage de plus en plus tôt et est de plus en plus axée sur l'apparence, la beauté. Et bien cela c'est le genre. Vous avez tous constaté (et dénoncé d'ailleurs) la sexualisation précoce des gamines ; et bien cela découle d'une évolution du genre. On tend à considérer que la féminisation (le devenir femme de Beauvoir) doit passer par cette sexualisation précoce. On tend de plus en plus à dissocier femmes et hommes le plus tôt possible.

Prenons un autre exemple. Mme B.
Mme B. a les cheveux courts.
Mme B. a été journaliste.
Mme B. est femme politique.
Mme B. a été députée.
Mme B. s'exprime publiquement sur beaucoup de sujets.

En 1900, Mme B. n'aurait pas pu faire tout cela. On l'aurait renvoyée dans ses pénates en la traitant de suffragette. On lui aurait collé un chapeau sur la tête. De toutes façons Mme B. n'aurait pas eu le droit de vote donc être députée aurait été impossible.
Il y a eu des lois bien sûr qui ont donné des droits à Mme B. Mais ces lois sont passées par une évolution des esprits, de la société qui ont pensé différemment la féminité. A partir du moment où l'on intégrait qu'une femme pouvait voter, pouvait s'exprimer sur des sujets politiques, alors les lois pouvaient être votées. Et cela est simplement du à une évolution du genre féminin. Si le genre n'avait pas évolué, si la façon d'être socialement une femme n'avait pas changé, alors Mme B. serait toujours chez elle (oui je sais, je sais...).

2. l'idéologie.

Evidemment autour de tout concept, il y a des idées différentes. L'on sait tous que le capitalisme existe (même si l'on en a des définitions différentes) et on n'est pas tous d'accord sur son devenir.
C'est strictement la même chose autour du genre.

Pour ceux qui parlent de "théorie du genre", femmes et hommes devraient rester sur des chemins strictement parallèles. Je tiens à leur rappeler que les choses ne sont jamais figées donc féminité et masculinité évolueront de toutes façons. Il y a 100 ans vous auriez sans doute considéré que le droit de vote des femmes conduirait à l'extinction de la civilisation. Je vous rassure, on dira autre chose dans 100 ans et la civilisation, pour ce que cela veut dire, sera toujours là.
Pour vous, mes semblables et moi briguons de débouler dans toutes les crèches de France pour arracher des mains des bambins mâles leur camion fétiche pour leur coller une barbie.

Je vous rassure cela ne sera pas le cas.

Je vous inquiète, on a pour projet de laisser les garçons jouer à la barbie s'ils le souhaitent. Car c'est cela le grand projet du grand complot LGBTQHDGRJ. Permettre aux gens de faire ce qu'ils veulent. Tu es un homme, tu veux jouer au football, porter un costard et une cravate ? MAIS TANT MIEUX. Mais en revanche, on ne veut plus, jamais, qu'un mec qui a des souhaits tout différents, soit insulté pour cela.
Nous ne voulons plus lire qu'une femme n'a pas toute sa place dans le jeu video.
Je ne veux plus qu'une femme me dise que son gamin ne peut mettre des baskets roses qu'il adore parce qu'on le frappe quand il en met. Ca n'est pas grave, il s'en remettra de ne pas les mettre ? Mais si cela n'est pas grave comme vous dites, alors laissez le les mettre.

Est ce que le choix d'être ce qu'on désire, vous semble si perturbant ? Que craignez vous très exactement ? En quoi cela va-t-il influer sur vos choix personnels ? Ne plus harceler un gamin ou une gamine qui ne rentrent pas dans toutes les cases vous semble atroce ?

Et oui l'homosexualité fait partie de tout cela.
L'homophobie est constituée, pour part, de sexisme. Les homophobes ont le plus grand mal à assimiler qu'un homme puisse être pénétré (la majorité des commentaires homophobes portent sur ce sujet), qu'il ne respecte pas son "rôle d'homme". Les homophobes ne se remettent pas du fait qu'une lesbienne puisse se passer de la sacro sainte bite.

Mais QUI vous demande de penser à ce que les gens font dans leur lit (ou ailleurs oui) ? Qui vous demande de suivre des choix ou des modes de vie qui ne sont pas les vôtres ?
On vous demande simplement de nous foutre la paix. Et si la perspective d'un garçon jouant à la dinette ou d'une jeune femme jouant à un jeu video, demandez vous ce qui vous gêne au lieu de priver les gens de choix multiples, variés, divers.

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  41 réponses sur “Mme B. est de genre féminin”

  1. Pour la plupart des anti, la crainte est une remise en question de leurs valeurs. J'ai souvent parler du sujet avec ma famille ces derniers temps, et ce que j'entendais toujours c'était "mais ce n'est pas normal, naturel : un homme c'est fait biologiquement pour aller avec une femme".

    Sauf que quant tu expliques à ces gens qu'a ce moment là c'est tout aussi peu naturel de manger des aliments cuits, de porter des vêtements ou bien de prendre des médicaments, ils se braquent.

    Je cherches encore comment éveiller les consciences vers cette remise en question : qu'est ce que la normalité ? Pourquoi je refuse l'autre et sa différence ? Et si c'était pas moi qui était different ?

    Tant que les gens ne sauront pas prendre un peu de doute sur leurs certitudes, la plupart des combats seront vains.

    http://topfive.fr/la-certitude-de-lignorance/

  2. Ce que je vais dire est en partie hors contexte, mais tout de même utile par rapport au commentaire précédent. Dans mon labo, certains étudient l'argumentation, pour faire simple. Et dans les théories de l'argumentation, il est prouvé que si les arguments ne sont pas en partie partagés, impossible de débattre. Je fais le lien maintenant avec ce que Flashou disait :

    Argument anti : c'est la biologie sexuelle
    Argument pro dans le cas ci-dessus : biologie aussi, mais dans d'autres domaines

    Je suis sûr que l'anti reepondra SYSTEMATIQUEMENT "ça n'a rien à voir". Vous, vous voyez le lien, pas eux. Alors de deux choses l'une. Certains ne sont pas ouverts à débattre, ça c'est pas une nouveauté, beaucoup de gens sont comme ça. Certains le sont par contre et sont en général ouverts, auquel cas le seul conseil que je peux donner serait l'exemple d'animaux ou l'homosexualité existe. En somme, reprendre l'argument en montrant que si, ça existe.

    Si la personne est intelligente, elle y réfléchira et reportera le débat ailleurs, voire acceptera l'argument. Si elle ne l'est pas, alors elle se braquera une énième fois, et là il est inutile d'insister : ces gens ne veulent pas entendre.

  3. @flashou

    Par rapport au "normal, naturel", mon argument est de dire que justement, ce qui est vraiment naturel n'entraîne aucun débat et aucune loi.

    Déféquer est naturel. Aucune loi n'oblige les gens à déféquer. Personne ne remet en question l'idée de déféquer. Respirer est naturel. Aucune loi oblige les gens à respirer.

    Les lois encadrent justement ce qui ne relève pas du naturel, mais du sociétal. Le mariage, la filiation, les règles d'héritage, n'ont rien de naturel. Ce n'est qu'une organisation de la société, qui varie selon les époques et les pays.

  4. @Mwana Muke

    J'aime cette façon de penser. Le problème, c'est que les antis vont se jeter sur le cas de la pédophilie dès que cet argument sera avancé... Qu'en pensez-vous ?

  5. Je pense avoir bien compris (en partie).
    Le genre, c'est la définition de la masculinité et de la féminité (qui change avec le lieu et l'époque... bref le contexte social) à travers un corpus de caractéristique.
    Être d'un genre, c'est être homme ou être femme, indépendamment de notre sexe.

    Je ne nie pas le fait que le genre existe (en tant que construction sociale, transmise, intégrée, souvent inconsciemment etc...).

    Cela dit je me pose la question de l'utilité de vouloir conserver cette notion de genre. Je n'ai pas compris toutes les problématiques transidentitaires (et je suis d'ailleurs très disposé à recevoir un maximum d'informations sur le sujet) et je confond genre et sexe quand je ne fais pas attention, mais ne serions tous pas agenre ?

    Si le genre est un construction de la société (et du patriarcat), cette notion n'a pas de sensen elle-même.

    En fait, je ne voit pas comment on peut se sentir une femme, simplement si se sentir une femme veut dire correspondre à des critères arbitraires de genre.

    Voilà, je ne sais pas si je suis clair, mais voici mon incompréhension.

  6. @johy,

    La pédophilie n'est pas naturelle. Ce que j'entends pas "naturel", ce sont des fonctions biologiques indispensables à la vie, qui échappent à tout contrôle de l'individu-e. Manger, dormir, respirer, etc. Quand c'est 100% naturel, il ne faut pas faire de loi qui oblige à dormir et à manger parce que justement 100% de la population le fait sans discuter.

    La pédophilie et le meurtre (pour prendre ces exemples-là) ne sont pas indispensables à la vie et ne touchent pas 100% de la population. Interdire la pédophilie et le meurtre est un choix de société. Il y a des sociétés qui acceptent la pédophilie et d'autres pas. Idem pour le meurtre.

  7. Oups, "anonyme ci-dessus, c'est moi (oublié de me connecter)

  8. @Mwana Muke

    Merci pour ces précisions. Je pense cependant que c'est trop subtil pour convaincre. Enfin, il suffit de voir certains des arguments avancés pour voir qu'ils ont tendance à extrapoler très rapidement malheureusement.

    En tout cas, personnellement, je comprends mieux cet argument, merci.

  9. Parenthèse sur la littérature jeunesse, je pense qu'une frange de littérature pour adolescents (plus vraiment pour enfants, du coup) très populaire, était, depuis toujours, extrêmement genrée.
    Je pense surtout à la collection Signe de Piste, qui figurait principalement des héros scouts, en mode Club des Cinq, on trouve les contrebandiers, on passe notre deuxième classe et hop on est rentré à temps pour manger des gauffres.
    Si on prend l'exemple de Foncine, le plus emblématique et sans doute un des plus connus, à plus gros tirages, c'est très révélateur : tous les héros sont des garçons, qui revendiquent d'être des vrais de vrais garçons («Pour le moment, ce que j’aime ce sont les petites bêtes sauvages… Qui peuvent devenir des hommes, des vrais, pas des lopettes » dans Les Forts et les Purs, oui, le titre est pas mal non plus, la couverture le vaut d'ailleurs http://www.sdp-livres.com/livres/im_sig/sig_048.jpg ), il n'y a pas une seule fille (pas même en tant qu'intérêt amoureux, pensez-vous, les scouts se doivent d'être purs).
    Foncine dit vouloir remédier à l'image traditio-catholique de la série et écrit La Forêt qui n'en finit pas où, miracle, les héroïnes sont des filles pour une fois, la patrouille des Hermines. Dans sa préface, il dit que c'est les multiples lettres de lectrices qui l'ont convaincu et il ajoute : "Il existe une forme d'aventure qui reste et qui restera longtemps l'apanage de la virilité. Les filles sont les premières à admirer les performances physiques et intellectuelles des garçons, certaines qu'elles sont de leur supériorité fréquente dans les domaines de la psychologie, de la sensibilité sans parler de l'adresse et de l'agilité."
    Carrément.
    Ça participe des illustrations de Joubert qui présente les filles en maillot de bain, luisantes, se fouettant, taquines, à coup de branches.
    Et, oui, la Forêt qui n'en Finit pas est un peu sexiste , mais vu la préface et les illustrations on s'attendrait à bien pire : c'est surtout cet emballage qui montre à quel point dans cette littérature, le genre importait.
    Il existe des "collections fille" SDP (Prince Eric, Joyeuse, Ruban Noir) mais je les connais mal, et j'imagine que si on a séparé la collection des vrais mecs vrais et des filles, ça n'augure rien de bon.
    Sur le Signe de Piste : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/xxs_0294-1759_1993_num_40_1_2999

    Sinon, bon article, simple, concis, droit.

  10. Tout le problème est donc (pour moi) de comprendre les plans d'actions qui sont censés montrer aux ignares-méchants-réacs qu'ils se trompent.
    Une avant-garde éclairée va rayonner sur la société et lui faire comprendre qu'elle pense mal ?

    Tout le problème est une question d'échelle et d'institution qui en découlent. En faisant en sorte de cibler particulièrement les moralistes-fascistes-intégristes qui sont gênés par ce que les gens font de leur cul parce que c'est PARTOUT AFFICHÉ COMMENTÉ. De fait, il y a cristallisation des uns et des autres dans les postures de base.

    Et le dialogue ne se fait pas, tout se joue à la course à l'attention du plus grand nombre. C'est triste, mais je pense que ce progressisme ne gêne personne, sauf des petites gens.

    Bref, tout cela n'aide pas la cause. Bonne vague militante à vous, éclairez les de votre savoir, c'est tellement hiéra.. égalitaire.

  11. nicolas ; peux tu me dire où je traite qui que ce soir de moraliste, fasciste, intégriste ?
    où as tu vu des scènes homosexuelles a la vue de tous et toutes ?
    quel passage de mon texte te semble méprisant ?

    Zir : "Cela dit je me pose la question de l’utilité de vouloir conserver cette notion de genre".
    on ne veut pas la conserver elle sert à définir quelque chose qui existe. Après beaucoup sortent des limites de leur genre et pratiquent des choses qui, normalement, ne sont pas réservées à leur genre.
    "je confond genre et sexe quand je ne fais pas attention, mais ne serions tous pas agenre ?"
    ah ? il n'y a plus de prénoms masculins ou féminins, plus d'activités masculines ou féminines ?

    "En fait, je ne voit pas comment on peut se sentir une femme, simplement si se sentir une femme veut dire correspondre à des critères arbitraires de genre."
    pourquoi cela ? bien sûr que c'est arbitraire et ?

  12. Merlin ; j'ai fait court sur la littérature mais je ne dis pas que cela n'était pas genré. la majorité des personnages étaient des garçons par ex dans les livres pour enfants. Mais il y a eu une évolution. Il n'y avait tout simplement pas de "contes pour fille" "contes pour garcon".
    Les jouets etaient evidemment très genrés mais moins sexualisés (il y en avait mais peu).

  13. "on ne veut pas la conserver elle sert à définir quelque chose qui existe."
Oui quand on parle de la construction sociale. Le genre en tant qu'élément sociologique. Bien sûr qu'il faut toujours avoir conscience de cette notion.
    Mais dans ma (peut-être erronée, mais je base tout mon raisonnement là-dessus) conception de ce qu'est le genre, il y a d'un côté le genre en tant que construction sociale, qui définit que les femmes sont comme ci et les hommes comme ça, et de l'autre le genre identitaire, par lequel on se définit comme étant un homme ou une femme.

    Quand une personne dit "je suis de genre féminin", elle ne dit pas (j'espère) qu'elle correspond à la définition du genre-construction-sociale de l'époque. Elle dit qu'elle se sent être une femme. Et son genre identitaire peut correspondre en partie, et différencier en partie ou totalement du genre-construction-sociale.

    Donc si chacun a une définition du genre qui lui est propre, alors nous sommes tous agenre. Et finalement il n'y a pas de genre identitaire.

    "ah ? il n’y a plus de prénoms masculins ou féminins, plus d’activités masculines ou féminines ?"

    Pour les prénoms, c'est délicat. Ce sont les parents qui donnent un prénom cisgenre à leur enfant.
    Pour les activités, bien entendu dans notre société il y en a qui sont définies comme masculines et féminines, mais je pense (et je pense que vous pensez aussi) que dans l'idéal, il ne faudrait pas que les activités aient un genre de référence.

    "pourquoi cela ? bien sûr que c’est arbitraire et ?"

    Mon raisonnement, c'est surtout que le genre-construction-social est ridicule, et que le genre identitaire ne doit pas se coller dessus.
    Mais si il n'y a plus de genre construction sociale (si on vit dans une société qui laisse aux femmes et aux hommes faire ce qu'elles et ils veulent), est-ce vraiment pertinent de garder le genre identitaire (de se définir comme homme ou femme indépendamment de son sexe) ?

    Cette problématique concerne avant tout l'identité de l'individu. Et c'est surement parce que je suis cisgenre que je ne comprend pas facilement.
    C'est comme la couleur de peau (je pense que l'analogie est pertinente). Je ne vois pas comment on peut se sentir noir alors que notre peau est de couleur blanche. Je ne vois pas comment on peut se sentir femme en ayant un sexe masculin.

  14. Article brillant et les deux commentaires au-dessus (flashou et Johy) sont très intéressant. Ca reflète tout à fait ce que je peux vivre avec des gens de ma famille soit-disant tolérant (vous comprenez, on est arabes alors en tant que minorité on peut pas être intolérant...) et les arguments, aussi sensés et tangibles soient-il sont réfutés.

    Dans ce cas (cercle familial) comme dans les débat qui ont beaucoup occupés nos médias ces derniers temps, clairement le truc qui revient chez les anti c'est une peur violente et irrationnelle de remettre en question leur "valeurs" et argumentant (et je pense en s'auto-persuadant, sinon ça revient à partiellement affronter la réalité de son étroitesse d'esprit) plein de valeur nobles (enfants) ou de pseudo bon sens (cé pa naturel ><).
    Pour revenir à mon exemple perso, j'ai grandi en ayant pas mal d'ami homos dans l'entourage (malgré une famille sévèrement homophobe en privé, allez comprendre) sans que ça ait d'impact, il me semble, sur mon équilibre et pourtant j'entends des proches me soutenir "non mais tu comprends, on peut pas expliquer l'homosexualité à [enfant], tu te rends compte le traumatisme, non faut le protéger".

  15. On en revient toujours là. Mes parents ont divorcé quand j'avais 5 ans. J'ai été élevé par ma mère principalement, et il en résulte que j'ai quelques comportements féminins. J'adore prendre cet exemple parce que je trouve ça complètement paradoxal : j'ai des parents normaux (comme ils aiment dire), et leur choix a eu des conséquences visibles sur moi.

    Alors oui, avoir des parents homos, ça peut orienter l'enfant, mais pas plus ni moins qu'avec deux parents hétéros. C'est l'éducation qui forge un enfant, pas la sexualité des parents. Et au fait, moi je suis hétéro, et mes attitudes efféminées plaisent depuis 8 ans à ma compagne, c'est même ce qui l'a faite tomber sous le charme.

    Donc là pour moi c'est le comble du comble : d'une mes parents sont censés être normaux mais je me suis retrouvé anormal (oui, je sais, j'utilise ces termes mais vous me comprenez), de deux cette anormalité a séduit quelqu'un.

    Alors au final : normalité/anormalité... Il y a des couples normaux qui ont des enfants anormaux, des couples anormaux qui ont des enfants normaux, des couples normaux qui ont des enfants normaux et des couples anormaux qui ont des enfants anormaux. Et au final, des normaux aiment des normaux, des anormaux aiment des anormaux, des normaux aiment des anormaux et des anormaux aiment des normaux. Du coup, est-ce vraiment utile de débattre la normalité d'un couple ? :)

  16. [...] Mme B. est de genre féminin Je reviens ici sur cet article de Libération Peillon: «pas de débat sur la théorie du genre» à l’école . Le genre n’est pas une théorie. Le genre étudié par le prisme historique : la virilité Des mouvements d’opposants au mariage pour tous, naissent de curieuses théories à propos du genre, surnommé « theorie du gender ». Gender Equality [...]

  17. [...] que le genre ? < Le gender expliqué aux catholiques Mme B. est de genre féminin Je reviens ici sur cet article de Libération Peillon: «pas de débat sur la théorie du genre» [...]

  18. [...] Mme B. est de genre féminin Je reviens ici sur cet article de Libération Peillon: «pas de débat sur la théorie du genre» à l’école . Le genre n’est pas une théorie. Dire que cela en est une, c’est comme de dire que Les 3 ordres au Moyen-âge sont une théorie. Dire cela pour un ministre de l’éducation est faire preuve d’une ignorance crasse. Je voudrais au passage souligner à Peillon que cela n’est pas la sexualité qui est difficile à vivre chez les homosexuel-les. et moi, c'est une vieille histoire qui doit remonter à... probablement 2005 et les temps glorieux de l'agrégation, quand j'étais jeune et que le monde était pur. Toujours abonné depuis cette date, c'est non seulement une lecture mensuelle pour moi, mais aussi pour mes élèves qui doivent en avoir parfois marre que je leur en donne à lire toutes les cinq minutes, et que je les y renvoie plus souvent qu'à mon tour. Et puis, paf, pour une raison pas si mystérieuse que ça, il y a des choses qui ont commencé à m'énerver dans le magazine. [...]

  19. (la majorité des commentaires homophobes portent sur ce sujet) oui, ça les perturbe. D'un autre coté beaucoup d'homos sont plus fellation que sodomie, voire exclusivement pour certains.

    C'est quoi le « rôle d’homme » ? Regarder le foot devant la TV sa bière à la main ? :)

    Je caricature, bien entendu. Comme je n'aime ni l'un, ni l'autre, ça m'amuse particulièrement.

    J'ai aussi été élevé principalement par ma mère et je ne suis ni efféminé, ni homo. Je me considère comme bi, dans le principe. Parce que dans la pratique je n'ai jamais eu de sentiments pour un autre homme.

    Un truc qui m'a longtemps intrigué à propos de l'homosexualité humaine est le fait qu'elle puisse être si tranchée. Pour les autres espèces animales ce sont plus des pratiques homosexuelles parmi d'autres, d'après ce que j'ai constaté. Maintenant, il parait qu'il y a des boucs exclusivement PDs. Mais, bon, ça ne m'empêche pas de dormir, non plus. Ça fait longtemps que j'ai remplacé "normal" par "ordinaire" et "anormal" par "extraordinaire" dans mon vocabulaire.

    Toujours d'après mon expérience, rien n'a jamais empêché une petite fille garçon-manqué de devenir une femme réussie, si je puis dire. Ce n'est pas ça qui en font des "goudous camionneurs". Je trouve ça sexy une nana très "féminine" capable de tremper les mains dans le cambouis à l'occasion. J'imagine que de la même façon les petits gars qui jouent à la poupée dans leur enfance ne deviennent pas forcément des "folles tordues" à l'âge adulte. Et puis, quand bien même, quel serait le problème ? Je crois que j'aurais aimé mon fils tout autant s'il avait joué à être Lara Croft ou Xena plutôt que Indiana Jones ou Hercule.

    Si je n'ai été ni pertinent, ni brillant, je vous prie par avance de m'en excuser.

  20. Il ne faut pas confondre la dénonciation de l’homophobie, et la question posée par la diffusion de l’idéologie du genre. Si on lit quelqu’un comme Judith Butler, on voit bien qu’on est très loin de Simone de Beauvoir et l’idée, peu contestée aujourd’hui, selon laquelle « on ne nait pas femme, on le devient » c’est-à-dire que la féminité est modelée, construite et travaillée par la société (comme la masculinité d’ailleurs).

    Non, ce qui est en cause avec la théorie du genre, c’est bien autre chose, c’est une opération idéologique dont on peut avoir un aperçu avec le concept nouveau « d’orientation sexuelle ».

    On nous parle « d’orientation sexuelle ». Que recouvre ce vocabulaire nouveau ? La réponse est : il s’agit d’un renversement dans la façon de caractériser un individu. Ce renversement est une opération idéologique.

    En effet, on peut caractériser un individu à la fois par son sexe et sur la base d’un comportement sexuel plus ou moins exclusif. La question est alors celle de la stabilité de ces classifications. C’est celle des fondements de l’une et de l’autre et delà c’est la question de ce qu’on peut fonder sur l’une et sur l’autre. Si la classification par la différence de sexe a été jusqu’à présent le fondement exclusif de la structure familiale c’est qu’elle est stable et qu’elle permet à la famille de jouer son rôle dans le renouvellement de la société. On voudrait considérer que la seconde classification (celle sur le comportement) permet un fondement aussi stable. Mais il n’en est rien car, non seulement l’orientation sexuelle peut varier mais plus encore elle n’a de sens que par la différence sexuelle. Elle ne peut que venir après. C’est dans la négation de cette évidence que commence l’opération idéologique de la théorie du genre. Cette opération consiste à vouloir substituer à l’identité sexuelle fondamentale (celle qui différencie les hommes et les femmes), une identité fondée sur la sexualité qui oppose les hétérosexuels aux homosexuels. On opère un glissement d’une classification des sujets selon leur sexe à une classification selon le « genre ».

    Cette substitution du sexe par le genre n’est pas légitime : elle est illogique car elle se fonde sur ce qu’elle nie. En effet, ni l’hétérosexualité ni l’homosexualité – qui sont la structuration du désir -- n’ont de sens sans référence à la différence sexuelle. La substitution de l’une par l’autre ou même l’affirmation d’une équivalence entre ces deux formes « d’identité » s’appuie sur l’un des faits constatés pour récuser l’autre (sur la variété des comportements pour occulter la pertinence de la différence des sexes). Une des conséquences du glissement opéré ainsi par l’idéologie du « genre » est de construire une classification sexuelle des individus, qui ne concerne plus leur sexe, mais leurs goûts et qui vise à les enfermer dans une détermination fixe et définitive, à doter chaque « communauté » d’une culture propre exclusive de l’autre.

    Pour achever le travail de renversement, on ajoute à cela que la différence des sexes est une « construction sociale ». On part d’une évidence et d’un constat simple : attribuer un sens à la différence des sexes est l’un des traits fondamentaux, peut-être même fondateur, de l’espèce humaine ; le statut des hommes et des femmes dans une société est largement déterminé socialement (avec le concours des autres rapports sociaux). L’avenir de l’enfant, garçon ou fille, est marqué par la structure sociale. L’opération de l’idéologie du genre consiste à partir de cela pour en faire une opération « performative » c’est-à-dire qui crée elle-même son objet. L’idéologie du genre dit donc que la différence des sexes est une construction sociale et sur ce plan elle voudrait la mettre au même niveau que le choix (supposé) de « l’orientation sexuelle ». Ce que cette opération idéologique veut faire oublier c’est que les constructions sociales ne s’édifient pas de façon absolument arbitraire et autonome, à partir de rien. La forme historique que prend la différence des sexes ne peut pas être le prétexte à occulter cette différence. On omet de voir qu’il n’y a ici ni matière à performativité ni à un choix parce qu’il n’y a pas de base sur laquelle se viendrait se greffer les objets du choix. Il n’y a pas sous les formes sociales des statuts masculins ou féminins, un sujet neutre ou asexué. La philosophe Michèle Le Doeuff fait d’ailleurs remarquer que la « perspective dite de gender » conduit sa propre négation. Elle écrit : « on ne croit plus à des natures sexuées, tout çà c’est du culturellement construit, mais construit par qui ? Ah par les hommes et du coup, comme ils sont constructeurs de la culture plus que construits par elle, c’est bien une masculinité en soi, pour soi et réelle qui détermine les productions culturelles ». On butte toujours sur cette évidence : la différence des sexes est un fait de nature, la différence des comportements n’en est qu’une suite. Il n’y a pas égalité entre sexe et orientation sexuelle. L’un et l’autre n’ont pas le même titre à être le fondement de l’institution de la famille et c’est là qu’est le problème.

  21. je crois que la difference de point de vue tourne autour des notions de communautarismes ou d'individualismes ( dans un sens strictement neutre). "Ils" ne veulent pas laisser aux petits garcons jouer aux barbies parce qu'ils considerent que les petits garcons ne sont pas libres de choisir ils font partie d'une societe dans lesquelles ils ont un role bien precis a tenir pour repondre aux besoins de la communaute de la "societe". Les laisser faire c'est donc effectivement mettre en danger la societe telle qui la concoivent. D'ou les delires sur la fin de la civilisation. Au contraire dans un esprit induvidualiste, les gens font ce qu'ils veulent du moment qu'ils n'empietent pas sur la liberte des autres et "on" ne considere pas que les indivudus sont aux services de la societe mais que c'est cette derniere qui doit offrir le plus d'opportunites aux individus, que ceux-ci peuvent choisir la societe de leur choix.
    On peut lier cette conception de la societe avec la notion de nationalisme depuis deux siecles, avant les personnes etaient dans une categorie sociale, tu etais un paysan italien ou francais, peu importait que la terre que tu cultivais passait a un seigneur espagnol ou autrichien par le jeu des guerres, des mariages, des heritages. Il n'y avait pas de notion de nation politique, de destin commun, de societe. Avec l'apparition de la notion de nation est apparue l'austerisation des habits masculins, la glorification du soldat non professionnel donc des apeles, la glotification de la maternite (alors qu'on faisait bien peu de cas des enfants auparavant) dans le but de faire le plus de chair a canon et de faire adherer la population a l'idee de se faire tuer au nom de la nation pour se defendre contre une autre nation. La culture guerriere, les lois homophobes sont lies a des moments particuliers de l'histoire ou la fecondite etair la cle pour aller casser la geule du voisin. Le mariage fecond est en cela une institution pourvoyeuse au service de la nation et non pas une simple affinite entre deux personnes ( avant les annees 1800 led mariages etaient beaucoup plus tardifs vers 25 ans une façon de reguler la population alors qu'ensuite les mariages etaient plutot vers 20 ans). C'est assez paradoxale que la prise en compte des droits de l'enfant et le developpement de la culture de la survie de ses enfants ("instinct maternel") etait surtout du a une volonte guerriere....

  22. contradicteur. donc vous avez lu Butler. fort bien.
    donc
    "Cette opération consiste à vouloir substituer à l’identité sexuelle fondamentale (celle qui différencie les hommes et les femmes), une identité fondée sur la sexualité qui oppose les hétérosexuels aux homosexuels. "
    quel livre quelle page.

    "Une des conséquences du glissement opéré ainsi par l’idéologie du « genre » est de construire une classification sexuelle des individus, qui ne concerne plus leur sexe, mais leurs goûts et qui vise à les enfermer dans une détermination fixe et définitive, à doter chaque « communauté » d’une culture propre exclusive de l’autre."
    idem.

    merci d'avance.

  23. arsène :
    "Toujours d’après mon expérience, rien n’a jamais empêché une petite fille garçon-manqué de devenir une femme réussie, si je puis dire."
    en fait non tu ne puis pas dire. reli ta phrase.

    "Ce n’est pas ça qui en font des « goudous camionneurs »."
    ta condition de bi putatif ne t'autorise pas ici non plus à employer ce vocabulaire.

    "Je trouve ça sexy une nana très « féminine » capable de tremper les mains dans le cambouis à l’occasion. "
    puis je t'avouer que la fille qui change une roue a autre chose à foutre que tu la trouves sexy et que cela n'est as le but ?

    serieusement merde. tu parais plein de bonne volonté mais alors c'est clicheton sur clicheton. on ne demande pas aux femmes de faire des activités masculines pour que vous puissiez fantasmer sur une meuf en salopette qui change une roue. encore une fois tu déclares que si une femme accomplit une activité c'est sous ton regarde bienveillant d'homme.
    ON S'EN BRANLE.

  24. "Je crois que j’aurais aimé mon fils tout autant s’il avait joué à être Lara Croft ou Xena plutôt que Indiana Jones ou Hercule."

    Dooonc, sans vouloir enfoncer le clou Arsène, tu cites en héroïnes potentielles pour ton fils deux personnages féminins modelés par des fantasmes masculins, accomplissant des activités réputées du domaine masculin (du genre casser la trombine des méchants).

    Même si ces deux personnages ont le mérite d'exister, ce n'est pas très représentatif, dans l'idée de sortir du genre sociétal masculin. Tu n'es pas loin de la bonne voie mais... essaie encore.

  25. Big UP. Simple, efficace. Sans compter qu'évidemment en plus d'assigner a des rôles on hiérarchise....

    Et ce qui est intéressant sur l'homosexualité c'est que ça a été prouvé que ça existait dans plus de 450 espèces animales // si par naturel on entend "de ce qu'il nous reste d'animal" en gros, cet "ordre naturel dicté par la biologie que t'as vu on est des animaux a la base", ben c'est raté. Sans compter qu'en matière de reproduction on fonctionne même pas sur des cycles de reproduction comme pas mal d'animaux, va donc bien chercher le naturel dans tout ça... Bon courage.

    Ça a même été assez étudié et démontré apparemment que la notion de famille et de parenté étaient pas "naturelles" 1. Déjà, chez la plupart des espèces animales c'est pas toujours très clair cette affaire et 2. Visiblement au cours des siècles les notions ont évolué pas mal, donc si par naturel on entendait un truc du genre absolu universel et constant depuis la nuit des temps, c'est encore un peu raté :)

  26. Réponse à Valérie :

    Judith Butler va beaucoup plus loin qu'une substitution. Elle est en guerre contre l'idée même d'identité.
    Voir la série des fiches de lecture que j'ai consacré à la théorie du genre sur ma page facebook.
    https://www.facebook.com/michel.lemoine.90?ref=tn_tnmn
    Le 4/11 sur la question du mariage
    puis du 15/01 au 19/03
    Bonne lecture si vous avez du temps !!!

  27. Super article, synthétique et équilibré (et drôle, pour autant que l'on puisse rire avec Mme B).
    Une remarque quand même : il est clair que le terme "théorie du genre" a été repris largement par les réactionnaires pour décrédibiliser un certain nombre d'avancées scientifiques tout autant qu'un certain nombre d'assertions politiques progressistes qui en découlent. Il n'en reste pas moins que la terminologie adéquate n'a pas toujours été employée à bon escient non plus par ceux qui utilisaient les avancées dans les études sur le genre pour promouvoir plus d'égalité. Exemple, Mme Vallaud-Belkacem : "La théorie du genre, qui explique «l'identité sexuelle» des individus autant par le contexte socio-culturel que par la biologie [...]". Exemple trouvé en 30 secondes avec Google.
    D'où l'intérêt d'articles pédagogiques comme celui ci-dessus.

  28. Contradicteur : la théorie du genre n'existe pas, Valérie et bien d'autres avant vient de te l'expliquer. C'est comme si vous parliez de "théorie de la physique" ou "théorie de la sociologie"... C'est un non sens. Les études de genre sont un champ de recherche varié, avec des approches et des hypothèses diverses. Réduire les études de genre à Butler, qui est effectivement celle qui fait le plus peur aux conservateurs et à l'Eglise, c'est comme réduire n'importe quelle discipline à un seul auteur. Intellectuellement, c'est une imposture totale, sur la base de laquelle on ne peut tirer aucune conclusion. Bulter doit rendre les conservateurs dingue en effet, car en plus du sexe, du genre, elle valorise aussi l'orientation sexuelle comme marqueur. Sexe, genre, orientation, hop hop on mélange et le monde soit disant parfait des conservateurs s'écroule... mouais.

  29. Réponse à xenomorf

    Je ne réduis pas la théorie du genre à Judith Butler.Comme le montre les quelques notes que j'ai consacrées au sujet sur ma page facebook : 4/11 - du 15/01 au 19/03
    https://www.facebook.com/michel.lemoine.90?ref=tn_tnmn
    Ceci dit, je remarque qu'on évite de me répondre sur le fond. C'est dommage car il me semblait avoir un peu argumenté ce que je disais.

  30. @ celina, je vois souvent l'argument de nature pour l'homosexualite, de non-choix, mais finalement on s'en fout un peu non? Qu'est que ca peut faire si les gens choisissent d'etre homosexuel ou de faire cuire leurs aliments? On est bien sur l'acceptation d'un choix personnel par les autres qui n'empietent sur la liberte de personne d'autres. Je pense qu'il faut plutot argumenter sur le choix plutot que sur la pulsion naturelle parce que sinon ca donne des contre-arguments aux homophobes qui disent qu'a ce moment la on peut accepter la pedophilie qui serait aussi des pulsions. C'est debile on est bien d'accord mais comme on se place d'un point de vue physique et non pas sur la notion de choix libre qui n'empiete pas sur le choix des autres, cet argument est regulierement utilise (mais c'est marant ils acceptent les arguments 'naturels' quand leurs etudes montrent une difference homme-femme en oubliant completement que c'est le social qui developpe plus ou moins les capacites qui se constatent sur des irm)

  31. @lyly : yep, je ne sais pas si on choisit sa sexualité. Et en effet, de toutes façons, qu'on choisisse ou pas, au fond qu'est ce que ça pourrait foutre, suis bien d'accord.

    Mais j'ai pas choisi d'être hétero, je m'en suis juste rendue compte. Et je me dis que choisir d'être homo dans une société homophobe est sacrément téméraire voire masochiste. Comment choisir d'être discriminé? J'ai un peu du mal à me figurer le truc. Et puis, précisément pas mal dhomophobes pensent encore que c'est un choix et/ou une déviance qui peuvent être "soigné-e-s". Donc j'aurais tendance à penser que leur dire que c'est pas un choix est au contraire plus pertinent.

    Sur la question des pulsions : j'ai pas compris le rapport entre l'orientation sexuelle et la pulsion (?) ce n'est pas sur le même plan sémantique. Il y a un "état" si je puis dire, et une "réaction". Et d'ailleurs est ce que la pédophilie est un truc pulsionnel structurellement? Franchement je sais pas. Je connais mal.

    On peut imaginer que les gens qui "parallélisent" homosexualité et pédophilie essaieraient sûrement par le jeu de la rhétorique et du sophisme de nous rappeler cela : "Regardez, il y a 60 ans l'homosexualité était considérée comme une tare au sens pshychiatrique, c'est le cas de la pédophilie aujourd'hui, comment pouvez vous affirmer que dans un cas c'était faux et dans l'autre vrai?" (Je cite un prêtre mexicain que j'ai entendu je sais plus où, qui interrogeait plus ou moins dans ces termes... #ambiance)

    Bref bref. Sur le terme "théorie du genre" j'aime beaucoup la démonstration avec "théorie de la sociologie" hahahhahah d'un coup tu réalises bien l'ineptie du bidule !

  32. @ celina, d'accord avec toi mais ce que je voulais souligner c'est qu'on debat des heures sur l'origine de l'homosexualite alors qu'on devrait repliquer " je suis libre je ne fais de mal a personne point a la ligne il n'y a pas a debattre vous n'avez pas a vous poser la question d'accepter ou non mon orientation sexuelle parce que ca ne vous regarde pas". Les homophobes n'ont pas a comprendre l'homosexualité, ils n'ont pas un droit superieur a demander des justifications a d'autres personnes, ils ont juste a accepter le fait que les individus sont libres.

  33. Contradicteur ; je vous pose une question pourtant simple. Vous affirmez que Butler a dit telle et telle chose que vous affirmez ici. Je vous demande dans quel livre et à quelles pages du dit livre elle les a dites. Si l'on affirme que telle personne a dit telle chose alors on est en mesure de les prouver par des citations.
    Parce que si pour comprendre Butler vous lisez la préface d'un bouquin d'elle, comme vous le dites sur FB, comment vous dire..
    bref j'attends donc vos références précises.

    vous citez Troubles dans le genre, à quelles pages donc de ce livre trouve t on ce que vous affirmez qu'elle dit.

    j'ai bien lu votre texte FB sur le mariage. Pas une citation de Butler là encore. j'attends donc.

  34. J’ai écrit que l’idéologie du genre telle qu’on la trouve développée par quelqu’un comme Judith Butler est très éloignée de l’idée de sexe social, idée largement reçues et qui a été théorisée par Simone de Beauvoir. L’expression de « construction sociale » ne recouvre pas la même chose, surtout quand s’y ajoute l’idée de performativité. J’ai écrit, et il me semble que c’était clair : « avec la théorie du genre, c’est bien autre chose, c’est une opération idéologique dont on peut avoir un aperçu avec le concept nouveau « d’orientation sexuelle ». »

    J’ai ensuite expliqué en quoi ce concept d’orientation sexuelle instituait une nouvelle forme d’identification des individus, non plus par leur sexe mais par leur « genre ». Je me suis efforcé de démontrer la chose suivante : « Il n’y a pas égalité entre sexe et orientation sexuelle. L’un et l’autre n’ont pas le même titre à être le fondement de l’institution de la famille et c’est là qu’est le problème». Ce n’est pas Judith Butler, c’est moi qui dis cela et l’argumente.

    Geneviève Fraisse dans « à côté du genre » dit des choses assez semblables au sujet de l’idée de genre. Je reprends ici un passage de ma note de lecture du 28 février qui me semble parfaitement explicite :

    Citation de mon texte (lequel comprend des citations : « Geneviève Fraisse voit que l’idée de genre introduit l’historicité dans la compréhension de la réalité sociale de chaque sexe. Elle permet de distinguer le fait biologique naturel de la construction sociale culturelle, comme le faisait déjà Simone de Beauvoir. Mais une autre opération a lieu : « Dans un second temps, il fut possible de dissocier complétement les deux réalités et d’affirmer que le genre n’avait plus rien à voir avec le sexe, que l’un et l’autre étaient produits et non pas donnés et que maintenir le lien, même contradictoire, entre le biologique et social impliquait encore un essentialisme préjudiciable. L’objectif était de libérer les identités individuelles et collectives de toute norme ». On trouve ici parfaitement résumées les thèses et l’opération initiée par Judith Butler et son mouvement.

    Il y a bien derrière le choix du vocabulaire un problème que Geneviève Fraisse pose en ces termes : « cette décision officiellement méthodologique s’accompagne en fait de choix philosophiques : la négation de la différence sexuelle (voire de la sexualité ?) et le choix d’une analyse purement sociale ». On remet en question, l’opposition nature/culture par l’annulation d’un des termes. Ce qui se voudrait un acquis est une perte : « la perte de la représentation de la relation sexuelle, et du conflit inhérent au profit d’une abstraction volontariste ». » Fin de citation.

    Notez bien ce que j’ai écrit à la suite de la citation de Geneviève Fraisse qui commence par « Dans un second temps…. » j’ai écrit « On trouve ici parfaitement résumées les thèses et l’opération initiée par Judith Butler et son mouvement ». Je vois que dans a préface à « trouble dans le genre », Eric Fassin fait comme moi et comme Geneviève Fraisse le constat de l’effacement du biologique derrière le genre. Il fait la même lecture. Il écrit (page 14) : « le genre n’est pas notre essence, qui se révèlerait dans nos pratiques ; ce sont les pratiques du corps dont la répétition institue le genre. L’identité sexuelle ne préexiste pas à nos actions ».

    Il y a plus clair encore. Judith Butler écrit, en commentant Monique Witting : « Bien qu’il semble que les individus aient une « perception directe » du sexe, telle une donnée objective de l’expérience, Witting soutient qu’un tel objet a été violemment façonné comme tel et que l’histoire ainsi que le mécanisme de façonnement violent ne sont plus visibles dans cet objet ». On a ici la thèse (effectivement assez difficilement intelligible) d’une absence de réalité du sexe en dépit du fait qu’on en ait « une perception directe »

    On lit aussi page 272 : « Le réel et les faits sexuels dont des constructions fantasmatiques – des illusions de substance – que les corps sont forcés d’approcher, mais sans jamais y parvenir ». La seule chose donc qui ait une réalité c’est le genre.

    D’autres auteurs vont beaucoup plus loin encore pour noyer l’idée d’un dualisme des sexes. Je lis par exemple « Other people, such as Martine Tothblatt, tried to figure out other way to enlarge our definition of sex and gender categories. She created a chromatic system of gender that would differentiate individuals amoung hundreds of different personality types (343 shades of gender)”

    Quant à la question du mariage, elle n’a rien à voir avec Judith Butler. J’ai lu Judith Butler et quelques autres mais permettez-moi aussi de penser par moi-même !

  35. Même si je suis long, je veux juste préciser ce que j’ai dit. J’espère que cela sera cette fois suffisamment clair et permettra de clore la polémique :

    Pour contester l’expression « théorie du genre » vous dites : « le genre est le sexe social ». Cela recouvre dans votre esprit, l’idée que la masculinité et la féminité ont une histoire (ce qu’aucune personne un peu sérieuse ne conteste vraiment). Là-dessus vous passez à une critique du contenu des livres pour la jeunesse et de la sexualisation précoce des petites filles (dans l’habillement et dans les sollicitations).

    Vous revenez ensuite à votre sujet pour dire « évidemment autour de tout concept, il y a des idées différentes ». Ces idées ou plutôt la conception globale qui les sous-tend, sont ce qu’on appelle habituellement des « théories ». Mais au lieu d’examiner ces théories en lutte, vous passez aux critiques qui leur sont adressées. Selon vous «Pour ceux qui parlent de théorie du genre, femmes et hommes devraient rester sur des chemins strictement parallèles ». On comprend qu’il s’agit de gens qui s’alarment d’un éventuel effacement des codes sociaux qui différencient le masculin du féminin qu’ils attribueraient à « la théorie du genre ». Ces gens-là craindraient de voir apparaitre une génération d’homosexuels. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’ils ne connaissent pas ce qu’ils agitent comme un épouvantail.

    Ces gens-là existent, sans aucun doute, mais suffit-il de les dénoncer pour valider tout ce qui se réclame du concept de « genre » ? Ils en font un épouvantail, mais cela doit-il dispenser de l’examiner posément et rationnellement ?

    Quand quelqu’un comme Geneviève Fraisse discute le concept de « genre », peut-on la ramener à ce que vous critiquez ? Non, évidemment. On peut donc légitimement discuter le concept de genre et les théories du genre sans tomber dans la caricature. Geneviève Fraisse les discute à partir des catégories d’égalité et de politique. Sa thèse, telle qu’elle la synthétise à l’extrême, est : « La solution, ce n’est pas l’utopie de l’arc-en-ciel des sexes et des sexualités : elle ne fabriquera pas de l’égalité hommes / femmes ». Pour elle, la solution est politique.

    Je partage tout à fait cette idée. Elle oblige à s’investir sur deux fronts : contre les adversaires de l’égalité du type « droite populaire » mais aussi et surtout contre les théories qui divisent. Celles invitent à: « « se couper de toute forme de solidarité avec les femmes hétérosexuelles et admettre implicitement que le lesbianisme est la conséquence nécessaire, logiquement et politiquement, du féminisme ». La première lutte est la plus facile. C’est la seconde qui demande de la lucidité et un esprit critique véritable. Elle demande de ne pas laisser effacer la question du féminisme et de l’égalité derrière celle de l’homosexualité. A mon sens, mais je ne suis pas en position de donner des leçons, cette deuxième lutte devrait conduire à refuser de laisser éclipser la différence et surtout la complémentarité des sexes sous une variété des « genres » ou des « orientations sexuelles » travaillée idéologiquement pour être irréductible. Le concept de « genre » ne doit ni être opposé à celui de sexe ni se substituer à lui.

    Il faut dire tout simplement : Mme B est une femme. Cela inclut qu’elle est de sexe féminin (que se pose à elle la question de la maternité, par exemple), mais aussi qu’elle est partie d’un rapport social : le rapport social de sexe entre hommes et femmes dans le lequel se joue la question de l’égalité. Etre femme c’est aussi réaliser au moins partiellement la forme historique d’individualité qui est celle des femmes aujourd’hui, en ce début du 21ème siècle. Aucune de ces dimensions ne peut, ni ne doit, effacer l’autre ; aucune n’est exclusive de l’autre. Tout cela est valable tout autant pour la masculinité. L’identité a des dimensions plurielles.

  36. "A mon sens, mais je ne suis pas en position de donner des leçons"
    Ce que vous vous empressez de faire et dont on se passe. Je vous rappelle au passage que squatter tel que vous le faites, les commentaires est malvenu.

    Vous n'êtes visiblement toujours que difficilement en mesure de citer Butler. Vous ne l'avez pas lue, vous avez lu des gens, qui ont lu des gens qui ont lu des gens qui ont lu Butler.
    Je suis au passage désolée de vous le dire, quand vous recopiez quelque chose de quelqu'un, efforcez vous de vérifier ce qu'il dit. Cela n'est pas "Tothblatt" mais "Rothblatt". Si vous faisiez autre chose que de recopier des citations que vous ne comprenez pas, vous auriez compris qu'on parle ici de ce qu'a dit Fausto Sterling (et vous auriez foncé tête baissée sur elle tant ce qu'elle dit va vous horrifier).
    Je vous rappelle plusieurs choses :
    - Butler a écrit Troubles dans le genre, il y a 23 ans. j'ai beau chercher, partout, un début de mouvement butlérien, je peine à le voir.
    - c'est une philosophe, pas une sociologue, je crois que vous peinez à le comprendre
    - En 23 ans, les réflexions ont considérablement évolué (ca ne devrait pas vous rassurer).
    Ensuite une question, pourquoi êtes vous obsédé par Butler plutôt que par Preciado, Fausto-Sterling, Bourcier ou Wittig ? c'est une vraie question, ca me fascine.
    Il n'y a guère plus imbitable que Butler à lire, elle représente 3 personnes à tout casser dans le monde et des gens sont arrivés à le ressortir pour en conclure à un "mouvement" ? allez y expliquez moi.

    Désolée de vous apprendre que Butler a abondamment parlé du mariage.. chose qu'on sait quand on l'a lue.

    "Il faut dire tout simplement : Mme B est une femme. Cela inclut qu’elle est de sexe féminin (que se pose à elle la question de la maternité, par exemple)"
    Il n'y a pas de "il faut". Vous n'avez strictement rien à m'ordonner.

    "De sexe féminin" ne veut RIEN dire. Il y a le sexe anatomique, le sexe gonadique, le sexe chromosomique (entre autres). On peut avoir un vagin et pas d'uterus ; pas de question de la maternité. On peut être XY, avoir une mutation de SRY et avoir un sexe génital féminin, pas de maternité non plus.
    La maternité n'est pas liée au sexe féminin car elle implique toute une convergence de critères que toutes les personnes considérées comme femmes ne possèdent pas.

    "« se couper de toute forme de solidarité avec les femmes hétérosexuelles et admettre implicitement que le lesbianisme est la conséquence nécessaire, logiquement et politiquement, du féminisme »"
    .. vous croyez sérieusement à cela ? je veux dire, vraiment ? c'est cela votre peur ?
    Mais alors tentez 5 secondes de défocaliser sur Butler et focalisez vous sur Wittig , c'est elle votre grande ennemie.

    " Sa thèse, telle qu’elle la synthétise à l’extrême, est : « La solution, ce n’est pas l’utopie de l’arc-en-ciel des sexes et des sexualités : elle ne fabriquera pas de l’égalité hommes / femmes ». Pour elle, la solution est politique."
    Vous êtes bien gentil mais on est au courant de thèses de Fraisse et je ne suis pas d'accord justement parce que je pars du principe que la valence différentielle des sexes est du au genre et pas à autre chose. Si on met fin au dualisme sexuel, alors on mettre sans doute fin au sexisme. Ce sont là deux théories féministes qui s'affrontent, on ne vous a pas attendu pour en parler et on continuera également sans vous. (et non je n'ai aucune envie d'avoir votre avis sur le sujet si vous ne l'avez pas compris).

  37. Bon on arrête. Vous êtes incapable de comprendre ce que vous lisez. J'ai lu Butler mais peu importe. Votre arrogance et vos a priori rendent toute discussion impossible.

    Continuez à diffuser vos niaiseries. Ce n'est pas grave. çà amuse. Tant mieux.

  38. ce que j'adore c'est quand on vient dire quand commence un débat, dire où il doit se situer et quand il se finit.
    = splaining dans toute sa splendeur.

  39. [...] sur le « gender ». Au risque de vous décevoir, sachez qu’il n’a pas choisi celui de Crêpe Georgette  mais celui ci [...]

  40. [...] Mme B. est de genre féminin [...]

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