juil 302012
 

Quand javais 22 ans, j'ai été quelques mois auxiliaire de vie pour personnes âgées/malades dans une association de margoulins.
Le premier patient qu'ils ont voulu me confier était un jeune homme de 25 ans, sidéen en phase terminale, couvert d'escarres. Sachant que je n'avais - et n'ai toujours pas - l'ombre d'une formation médicale et psychologique, on constatera de suite le sérieux de l'association.

On m'a donc confié 3 missions.
De 8 heures à 10 h : ménage chez un couple. (40 mn de transport pour y aller).
de 11 h à 13 h : ménage chez une femme (15 mn pour y aller).
de 17 h à 19 h :  ménage chez un homme (50 mn pour y aller).
Je partait donc de 7 h de chez moi pour rentrer une heure le midi, et revenir le soir à 20h. Au smic horaire. sans transport payés.

Je rappelle que je n'avais aucune expérience en matière de maladie, de déchéance physique ou mentale. S'il n'y avait rien de spécial à mentionner chez la femme de 11 h , celle de 8 h du matin souffrait de démence due à une tumeur au cerveau. Elle se déshabillait donc toutes les 5 mn (ça encore passons) mais elle était surtout très agressive physiquement et verbalement. L'assistante que je remplaçais partait car elle ne supportait plus ses insultes racistes permanentes. J'ai battu de records à éviter des assiettes, des coups de balai. J'ai eu plus de mal à gérer les insultes physiques et j'avoue sans honte que je l'ai également insultée.  le plus dur était de voir la détresse de son mari qui n'en pouvait vraiment plus mais ne pouvait la mettre en maison.

Le troisième cas est plus particulier. Lorsque je suis arrivée et que j'ai été accueillie par celle que j'allais remplacer - une femme d'environ 55 ans - elle m'a détaillée de haut en bas en soupirant "mon dieu c'est pas possible qu'ils vous aient envoyé vous". Devant mes demandes d'explication, elle m'a avoué le problème. M. X, 85 ans, avait complètement perdu la tête et était devenu obsédé sexuel. L'affaire l'a pas trainé ; quand j'ai changé sa poche urinaire (c'est à dire une poche qui recueille l'urine qui est extraite de la vessie via un tuyau ; que les professions médicales m'excusent de la définition maladroite), il m'a collé ses mains sur les seins. Chaque fois que je passais  côté de lui, aucune hésitation, une main aux fesses.

Je ne compte plus le nombre de fois où je suis arrivée et où il m'a accueillie - pensait il que cela allait me motiver ? - la bite à l'air.

A mon énième refus de l'accompagner aux toilettes pour "la lui tenir" (je cite), la vengeance ne s'est pas fait attendre. Poche urinaire vidée dans le lit et merde étalée sur tous les murs des toilettes.

L'agression sexuelle est une agression assez particulière ; j'ai envie de dire qu'on a souvent peur de mourir lorsqu'on en subit une. Despentes le dit très bien ; elle avait un couteau lors de son viol ; elle est persuadée qu'elle l'aurait sortie si on avait tenté de lui taper son blouson mais là elle a été tétanisée.

Dans mon cas, tout en sachant qu'il s'agissait d'agressions sexuelles claires, je ne les ai pas vécues comme telles parce qu'il n'y avait pas de danger lié. Une pichenaude et il tombait par terre. Je ne veux pour autant pas employer un autre terme ; il s'agissait bien d'agressions sexuelles et même s'il était dément, le geste était bien là. Mais que faire ?

Néanmoins je me pose la question. On sait que des malades développent ce genre de pathologies. Qu'est-il envisagé dans ce cas là pour les soignants ? Encore une fois on sait que la majorité des soignants sont des femmes et ce sont elles qui ont à se coltiner la violence physique, verbale et sexuelle. On ne va pas porter plainte contre un typer de 85 ans pour agression sexuelle. Qu'est il envisagé dans ces cas là ? Peut-on donner des médicaments qui calment la libido ? Les soignants devraient-ils porter plainte systématiquement, non pas pour que leurs patients soient condamnés mais pour tenter d'obtenir des actions précises ?

Je précise, evidemment, que mon cas sert simplement d'illustration. Je pense aux personnes qui font ce métier depuis de longues années.

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  41 réponses sur “Porter plainte ?”

  1. Une amie faisait des heures en tant que femme de ménage dans une maison de retraite pour financer ses études. Outre le fait qu'on lui a vite assigné des tâches qui relevaient plutôt du personnel soignant, elle a été très souvent confronté à ce genre de comportements de la part d'hommes âgés plus ou moins déments. Elle me disait qu'elle leur mettait une tape sur la main, comme à des gosses, ne sachant pas quoi faire d'autre... La question est vraiment délicate.

  2. Oui c'est ce que je faisais aussi en fait. (et oui on te confie souvent des tâches que tu ne sais pas faire. moi par ex j'avais à changer une poche urinaire et je ne savais pas qu'il y avait un protocole d'hygiène strict ! je suis allée demandée en pharmacie et on m'a expliqué.

  3. Je croyais que toi la Pétain des putains adorait le sexe. Tu aurais du la lui sucer la queue voire même lui lécher le cul tellement tu es habituée à le faire avec les ma&chos.

  4. valérie, tu vas te laisser insulter? ça devient limite :s
    sinon, je trouve aussi que le moment entre maladie et agression est très très dur à percevoir
    ces personnes là ne devraient pas être maintenues, coute que coute, à leur domicile.

  5. "Tu aurais du".

    Quitte à écrire des conneries agressives, certaine ferait bien de

    1) Modifier quelque peu son vocabulaire
    (macho tous les trois mots c'est signé)
    et 2) réviser sa conjugaison avec le Bescherelle, 3,76 € sur le site de la FNAC : "Tu aurais dû".

    En la remerciant.
    Pfuuh.
    Faut tout faire ici, même le ménage.

  6. Il semble que mon blog buggue (??). si par hasard vous postez et que le pseudo qui apparaît ne semble pas être le votre, merci de me le dire !

  7. Passons sur l'irresponsabilité totale de balancer quelqu'un sans formation aucune dans le milieu des soins.

    Je n'ai pas une grande expérience de ces situations (en chirurgie c'est plutôt rare), mais quand elles se présentent en service, IDE et AS en parlent à l'interne ou au médecin. En général, on met en route une "contention chimique" : des traitements pour diminuer l'agressivité, comme les neuroleptiques. Et après, c'est rare qu'on mette en place des contentions physiques (poignets surtout) tant qu'il n'y a pas de risque de chute ou d'agitation incoercible.

    A l'hôpital non plus il n'y a pas de ressenti d'agression sexuelle dans ce contexte, en raison de la condition médicale de la personne. Dans le contexte, la démarche vis-à-vis de l'agresseur ne peut être que médicale et pas légale. Il ne réaliserait même pas qu'une plainte a été déposée... ni pourquoi.

    A mon sens, porter plainte contre le patient est doublement contre-productif : d'un part, il est irresponsable, et d'autre part je ne vois pas cette démarche s'inscrire dans un objectif de soin (ni pour le patient ni pour sa famille). Porter plainte contre l'association pour mise en danger ? Éventuellement.

    • pardon Stockholm je n'avais pas vu ta réponse. en fait mon "porter plainte" était plus pour le symbole. que peut on proposer aux aides aux soignants face à des gens aussi agressifs ?
      sur les deux, c'est la femme avec la tumeur au cerveau qui m'a vraiment marquée car elle était très très très agressive, qu'en faire ? un légume ?

      "Il ne réaliserait même pas qu’une plainte a été déposée… ni pourquoi."
      dans le cas de mon vieux type je ne sais pas. je n'ai jamais réussi à comprendre s'il battait la campagne ou pas ou si simplement il avait les hormones en folie. par ailleurs il était complet cohérent avec un peu de radotage mais rien de grave.

  8. Je ne sais pas ce qui peut être fait pour empêcher ces comportements, mais je crois qu'il faut systématiquement les signaler, par écrit bien entendu, à son employeur pour l'obliger à réagir.

    En effet, il a une obligation de sécurité vis-a-vis de ses salariés qui est une "obligation de résultat". Il est donc systématiquement responsable de ce qui arrive à son salarié dans le cadre de ses fonctions, y compris dans ce cas. On peut donc le poursuivre pour manquement à cette obligation en cas de harcèlement moral (y compris à caractère sexiste) ou de harcèlement sexuel par un tiers. Il a donc tout intérêt à prendre des mesures pour éviter ce genre de choses.
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idArticle=LEGIARTI000023032086&idSectionTA=LEGISCTA000006178066&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20111102

    Le salarié peut aussi faire jouer son droit de retrait ou exercer un droit d'alerte.
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idArticle=LEGIARTI000006903155&idSectionTA=LEGISCTA000006178068&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20111102

    Si l'employeur est la personne démente elle-même, il doit bien y avoir un tuteur à alerter.

    • si l'employeur est la personne elle même par définition elle n'a pas de tuteur.
      si c'est un tiers l'employeur que diantre veux tu qu'il fasse ? on ne peut administrer sauf erreur de ma part des medicaments calmant la libido sans consentement. il faut donc qu'il soit apte à fournir un consentement. sinon il faut le placer sous tutelle ou curatelle (long, compliqué) et je ne sais même pas si en ce cas on peut donner le medicament qui convient.
      je rappelle qu'il ne s'agit ici pas de harcelement mais d'agression sexuelle ; une main sur les fesses ou les seins est une agression sexuelle.
      enfin le droit de retrait est compliqué. disons le tout net personne ne bosserait en maison de retraite avec ces lois là.

  9. Il me semble aussi que c'est à l'employeur qu'incombe la responsabilité de garantir à son personnel de travailler en toute sécurité. Si tu bossais dans la construction, ton employeur devrait mettre à ta disposition des équipements pour te protéger et mettre en place des mesures de sécurité élémentaire. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent dans ce secteur-ci. C'est donc à l'employeur de trouver un mode d'organisation et de trvail pour permettre à ses employés d'apporter des soins aux déments tout en étant protégés (formation adéquate, personnel en suffisance, etc).

    • MM ; parce qu'il est très compliqué, même avec personnel, même avec formation d'éviter les insultes, les coups ou les agressions de personnes qui n'ont pas toute leur tête. on vient de me dire sur twitter que sans consentement de la personne, on ne peut donner de calmants qui castrent chimiquement. On aurait bien pu être douze et j'aurais bien pu être qualifiée cela ne l'aurait pas empêché de me mettre la main aux fesses.
      dans le cas de la femme ayant une tumeur qui altérait son comportement, je ne sais pas bien ce qu'ils peuvent faire en fait à part l'assommer de médicaments.

      xenomorf ; bah... dans le cas des patients schizophrènes qui ont assassiné des infirmières quel terme veux tu employer ? ils n'ont pas été jugés, c'est normal mais on ne peut parler d'autre chose que d'un homicide.
      dans mon cas il ne s'agit pas d'un ressenti mais des termes exacts de la loi. et tu vois toi même tu emploies les termes insultes et coups dans le cas de ton grand père car il n'y a pas d'autres termes. ca ne veut pas dire qu'on le juge mal on énonce juste des faits. en l’occurrence ce vieil homme m'a agressée même s'il n'avait pas tout à fait son discernement.
      (dans son cas c'est particulier et j'aurais aimé qu'un médecin m'éclaire sur le coup. il avait toute sa tête, il radotait un peu mais rien d'exceptionnel. simplement il était devenu complètement obsédé par le sexe. je ne sais si c'est courant. il n'avait pas alzheimer en tout cas).

  10. J'ai un peu de mal avec l'expression 'agression sexuelle' appliquée à un type qui n'a pas toute sa tête.. Si on emploie le même terme pour les actes d'un petit macho de merde tout à fait conscient, et ceux d'un petit vieux dévasté par Alzheimer, je crains fort qu'on ne s'y retrouve plus... Après je veux bien admettre qu'en terme de "ressenti", les deux sont des agressions.
    Un ex copine travaille en maison de retraite... ce que tu racontes c'est une grande partie de son quotidien.
    Mon grand père a été une personne adorable, très gentille, très policée et correcte toute sa vie. A la fin, il a eu une Alzheimer... il a fini en insultant et en frappant ma mère quotidiennement, avec à peine 5 mn quotidiennes de lucidité. L'Alzheimer peut aussi se manifester par une tendance très marquée aux insultes... (tiens, ca ne vous rappelle personne ? ^^ )

  11. Oho ! Tu postes des faux trolls maintenant pour faire croire que je te trolle ?
    C'est beau comme de la crêpe Georgette : "doux, léger, fin et déchire. Bref, tout comme (t)oi. Il est légèrement transparent...". En effet, très transparent..es tes petites magouilles !

    signé : Euterpe (la seule, l'unique).

    PS : au fait, j'ai changé d'avis sur Olympe. Elle ne ferait pas ce genre de truc, il me semble (quoi que je peux me tromper).

  12. "elle m’a détaillée de haut en bas en soupirant « mon dieu c’est pas possible qu’ils vous aient envoyé vous »"

    Douce, légère, fine, qui déchire, légèrement transparente et lourdement vantarde.

    A part ça, oui le harcèlement sexuel c'est en effet que dalle. On se demande pourquoi on légifère sur cette question, finalement. Bien vu. (C'est de l'ironie).

  13. La preuve de l'indigence (d'une loi sur le harcèlement sexuel) par l'existence des octogénaires séniles-déments, il fallait (au moins)une crêpe pour y penser.

    Tu serais priée (à part cet infime détail) de confirmer à Dom que le com' de "crevesalope" n'émane pas de moi.

    Merci.

  14. Pour ce qui est de la tutelle je sais pas trop mais je pense que le tuteur signe le contrat de travail "pour le compte" de la personne sous tutelle. Mais à vérifier.

    Je ne dis pas que l'employeur peut administrer des médicaments mais il faut qu'il prenne ses responsabilités, entreprenne des démarches... et pour ça il faut le "mouiller". Il a des ressources que le salarié n'a pas, et peut se permettre de prendre contact avec certaines personnes : famille du patient... alors que ça pourrait être reproché au salarié. Et il est souvent beaucoup mieux informé sur ce qui peut être envisagé légalement.

    Ma compétence ne va pas au delà du droit du travail donc j'aurais du mal à te donner des réponses sur la partie administration forcée de médocs.

    Concernant ton exemple, tu as raison, c'était une agression sexuelle. La responsabilité est la même cependant, donc le raisonnement tient.

    (@xenomorf : c'est une agression sexuelle, quelle qu'en soit l'auteur. Ensuite, la question sera de savoir s'il est reconnu responsable pénalement, et s'il l'est, la peine devra être modulée en fonction de son état de santé...)

    Enfin, je ne dis pas que c'est facile de faire jouer son droit de retrait mais il faut au moins savoir que ça existe. On peut se contenter de menacer d'en faire usage. Et le droit d'alerte est aussi un outil à envisager. Il faut faire pression sur l'employeur pour qu'il prenne ses responsabilités. Sinon on peut aussi dire qu'il est difficile de porter plainte, qu'en plus ça débouchera souvent sur un non lieu, et que donc ça ne sert à rien de porter plainte... Or on est bien d'accord, il important de porter plainte en cas d'agression sexuelle, malgré tout cela.

    Faire usage de ses droits c'est toujours difficile mais ça peut donner des résultats. Et le civil est souvent beaucoup plus efficace que le pénal quand il s'agit de faire cesser rapidement une situation. Par exemple, si on déclenche un droit d'alerte et que l'employeur ne fait pas son boulot, on est en droit de saisir le juge en référé, ça peut être intéressant.

    • mc chouffe ; je voulais simplement dire que mon pervers pépere n'etait pas sous tutelle.
      pour le reste, le pb du droit de retrait est le suivant. si on décide d'arrêter de s'occuper d'un vieux de ce genre là, ok. qui va le faire ? par exemple moi j'avais à changer sa poche urinaire chaque soir. si je décidais de me retirer il faisait quoi ? si l'infirmière du matin (qu'il tripotait aussi) ne venait plus pour le laver, il se passait quoi ? on le laissait crever dans ses fèces ?
      j'entends bien tes arguments ils sont valables mais...

  15. S'il est l'employeur et qu'il n'est pas sous tutelle ça se complique...
    Bien entendu il n'y a pas de bonne réponse à ta question, mais s'il a l'air responsable de ses actes, il faut que l'association fasse pression sur lui pour qu'il se calme ou se fasse soigner. Et pour ça, il faut faire pression sur l'assoc. Par exemple en menaçant d'un retrait, d'une saisine du CHSCT s'il y en a un, d'un procès... Bref, mouiller l'employeur.
    Je ne vois pas vraiment d'alternative.
    Mais la difficulté est toujours plus grande dans une petite strcture,, sans RP, avec un turn-over important... C'est certain.

  16. Porter plainte dans ce genre de cas n'a à mon avis de sens que si c'est une décision collective de toutes les employées (ou au moins la majorité) : elles portent plainte systématiquement après chaque agression.

    Avec l'espoir que ça foute suffisamment de pagaille et de surcharge de travail (pour les flics, la justice, l'association en question, etc.) que ça pousse les pouvoirs publics à mettre en place un service publique de la dépendance, toussa toussa.

    Le but n'est évidemment pas de faire condamner les auteurs des gestes. Il faut plutôt le voir comme une grève du zèle.

    • célia ; malheureusement comme je l'indiquais sur d'autres sujets bcq de femmes dans ces métiers sont très précaires très peu au courant de leurs droits. (je ne dis pas que tu as tort evidemment ; je dis aussi que c'est confortable pour tout le monde au final). En Italie, pas si con ils mettent pour les vieux des sans papier ; ca limite les plaintes hein.

  17. Valérie, j'aimerais savoir pourquoi tu ne prends pas des mesures vis à vis de l'énergumène qui se vautre dans sa fiente depuis quelques posts. Il me semble pourtant que tu avais déjà su traiter avec d'autres vilains avec une belle énergie.
    Il est particulièrement déplaisant de devoir lire des commentaires - au demeurant la plupart du temps fort instructifs - émaillés d'insanités.

    Mais ton post est intéressant. Tu m'as d'ailleurs laissé face à mes interrogations : as tu poursuivi ce travail par la suite , sachant à quels risques psycho-sociaux il t'exposait, ou as-tu démissionné ?
    En effet il me semble, au cours des maigres articles que j'ai pu lire sur le sujet, que les métiers du service à la personne tendent à être occupés par une majorité de publics éloignés de l'emploi, principalement féminins et issus de l'immigration. Plus encore, les temps partiels y sont légion, ce qui est la voie la plus directe, si on y ajoute le manque de formation que tu décriais, vers la paupérisation et la maltraitance des personnes visées.
    Il est ainsi particulièrement significatif que l'on situe effectivement souvent le problème du côté des patients et si peu du côté des soignants. Non qu'il n'y aie rien à dire du côté des patients - des personnels travaillant dans des structures dédiées m'avaient relaté quelques pratiques douteuses - mais les conditions de travail des soignants, dans des professions touchant à des domaines aussi sensibles que la fin de vie, me semblent peu évoquées.

    • Hubert ; j'ai pour principe de ne pas censurer si les insultes me sont réservées. De plus comme je suis accusée ailleurs de "faire taire", "insulter" etc, je montre que la réalité est un peu différente.
      pour te répondre. L'immense différence entre ces salariées et moi était que c'était un job d'été qui avait un fin et face auquel j'ai eu le luxe de pouvoir dire à l'association tout le mal que je pensais d'elle (pour l'anecdote et sans m'étaler, l'assoc a fermé rapidement).
      Comme me le soulignait Dom par ailleurs, il y avait deux victimes ici ; les soignés et les soignants. et enfin oui quand on est isolé, quand on n'est pas formé, quand on n'a aucune aide psycho, on peut péter les plombs. je me suis "contentée" d'insulter cette femme folle mais c'était déjà beaucoup trop.

      pour te répondre dandan,
      http://www.dw.de/dw/article/0,,4485931,00.html
      http://www.cafebabel.fr/article/26070/roumains-italie-sans-papiers.html
      Mais oui je pense qu'on se retrouve avec des gens de plus en plus âgés, donc avec des pathologies lourdes qui durent de plus en plus longtemps et dont on ne sait que faire.

      Celles et ceux qui ont un parent, un grand-parent dans un état de dépendance lourde le savent ; soit ils le gardent et adieu la vie. soit ils le placent et dans ce cas ils contractent un emprunt sans même la certitude que la personne sera bien traitée.

  18. Un article très intéressant dans le monde diplo sur les conditions de travail des travailleurs à domicile, dues entre autre à leur isolement (pas de collègues à proprement parler) et au manque de syndicalisation qui en découle (avec l'impossibilité de négocier les conditions de travail)

    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/09/SOUCHON/20961

    tout le dossier vaut la peine d'être lu.

    PS : Euterpe, j'admire sincèrement ton blog, que je suis depuis plusieurs années, comme celui-ci. Je reste sidérée par le ton de tes interventions ici. Pourquoi ne pas simplement passer ton chemin ?

  19. ça pose tout le problème du travail à domicile "réservé" souvent à des populations non formées et non informées.
    Je crois que ça s'inscrit dans le problème plus vaste du vieillissement de la population qui a été mal ou pas anticipé, ce qui fait qu'on se trouve face à des "bricolages" qui posent de gros problèmes, notamment de maltraitance, la première étant le manque de formation .
    ps : pour Euterpe, même message que Malicia : incompréhensible, ce grand écart entre ton blog remarquable et ce que je lis ici, et que je préfère ne pas qualifier !!

  20. Merci Malicia, ça faisait un bout de temps que je cherchais des articles de fond sur le sujet.
    En complément, une synthèse réalisée par la DARES :
    http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/T1Z-Employes_de_maison.pdf
    Plus juridique, on peut aussi lire ça : http://halde.defenseurdesdroits.fr/Deliberation-relative-a-la%2c14483.html
    Il y a une vraie volonté d'exclure les "employés de maison" (c'est le terme juridique pour les travailleurs à domicile employés directement par des particuliers) de la protection offerte par le code du travail.
    Heureusement, la Cour de cassation a rendu, l'an dernier, deux arrêts plutôt courageux qui devraient mettre fin à cette régression de la protection des employés de maison.

  21. Valérie, pour celles et ceux qui placent (ou pas) leurs parents ou grands-parents, il y a aussi l'importance de la culpabilité... A noter que pour les solutions de garde, les conseils généraux apportent des aides appréciables en terme d'aide qualifiée à domicile.

  22. Même si il est dément cela me pose un problème. Si au fin fond de sa démence, il fait quand même la différence entre un homme et une femme à qui il peut faire des allusions sexuelles et toucher des parties sexuelles, c'est bien parce que la société dans laquelle il a vécu est machiste. C'est un révélateur. Je vois difficilement comment le contraindre effectivement dans un cas particulier, mais déjà dire aux personnes qui s'occupent de ce genre de personnes que ce n'est pas normal, qu'elles peuvent ne pas apprécier, qu'on reconnait leurs souffrances, c'est déjà un grand pas pour l'évolution de la société, de sorte que dans 60 ans, le tabou du racisme et du harcèlement sexuel ne tombera pas même au fin fond de la démence d'un homme de 80 ans. Un raciste ou un harceleur sexuel de 80 ans ne l'est pas devenu subitement, c'est qu'il l'était déjà même si il avait plus de conscience pour le contrôler.
    Une amie kinésithérapeute dans une maison de retraite est très souvent confronté à ce genre de problème. Et prendre les choses en rigolant n'aide pas à maintenir le tabou pour les 95% des hommes qui sont assez conscient pour ne pas le faire mais qui se permettent de le faire en se protégeant de leur statut de "vieux un peu excentrique".

  23. "si on décide d’arrêter de s’occuper d’un vieux de ce genre là, ok. qui va le faire ? par exemple moi j’avais à changer sa poche urinaire chaque soir. si je décidais de me retirer il faisait quoi ? si l’infirmière du matin (qu’il tripotait aussi) ne venait plus pour le laver, il se passait quoi ? on le laissait crever dans ses fèces ?"

    UN HOMME peut le faire, ma grande ! Cela ne t'ai pas venu à l'idée ???? Bonjour le féminisme !

    A part cela, si ton employeur te livre à un malade mental en toute connaissance de cause, c'est lui le responsable des agressions sexuels. Il y a donc largement de quoi porter plainte. S'il sait que les malades tripotent les femmes, alors il expose sciemment des femmes à des conditions de travail irrecevables qu'elles ne peuvent refuser étant en situation de dépendance. Or elles n'ont pas à être contrainte de subir cela. Pas plus qu'à se prostituer.

    Quand on "m'accuse de faire taire" les gens...tu n'as pas compris ou tu fais semblant. Ce n'est pas de ta petite personne qu'il s'agissait. Lorsqu'on s'en prend à l'un de tes chers machos intervenant dans les commentaires, c'est là que tu viens aboyer ausi sec aux mollets de la "méchante".
    Ne déforme pas mes propos, stp.

  24. [Korrektur: cela ne t'EST pas venu à l'idée]

  25. Hé bien si la seule solution c'est de mettre des baffes au petit vieux qui a perdu sa tête... on a fait avancer le débat. Pour info, il y aussi des petites vieilles qui "agressent" : elles se mettent à poil, elle tripotent...

    « si on décide d’arrêter de s’occuper d’un vieux de ce genre là, ok. qui va le faire ? par exemple moi j’avais à changer sa poche urinaire chaque soir. si je décidais de me retirer il faisait quoi ? si l’infirmière du matin (qu’il tripotait aussi) ne venait plus pour le laver, il se passait quoi ? on le laissait crever dans ses fèces ?"
    Pour info, il y en a déjà plein qui crèvent étouffés par leur propre merde, sans même de mauvais traitements. Ca fait partie de la vie courante dans les maisons de retraite. Et il y a certainement eu des cas de vengeance dans le lot.
    Peut être effectivement améliorer le suivi d'équipe, et envoyer les rares mecs s'occuper des "pervers".

    • xenomorf ; Dom qui a posté plus haut m'a conseillé de lire de William Rejault sur le sujet.
      Et oui ce que tu décris est hélas bien réel...

  26. MR T. non ce n'est pas un homme qui a été ainsi toute sa vie. Ce genre de gestes était survenu depuis deux ou trois ans ; cela arrive dans certains cas de "gâtisme" (le terme n'est pas médical). Ainsi il n'est pas rare de voir des personnes âges adopter des mots très orduriers et exhiber leur anatomie. Le personnel soignant en maison de retraite, gériatrie regorge malheureusement d'histoires de ce genre. Tu peux chercher "désinhibition sexuelle personnes âgées" ; tu y trouveras pas mal d'études.
    J'en ai discuté avec quelqu'un qui a été longtemps auxiliaire de vie ; et il a été agressé souvent sexuellement par des femmes et des hommes. quant à mettre une baffe, je pense que tu ne visualises pas dans quel état il était. il tenait à peine debout, pesait 45 kilos (pour environ 1.70) et était tout de même pas bien loin de la fin. donc non une baffe ne s'administre pas à un homme dans cet état là. je rappelle d'ailleurs que ce qui m'a le plus traumatisée ce sont les coups et insultes de la femme à la tumeur. et là que voulez vous faire ? c'est la maladie qui la rend ainsi. elle n'y est pour rien, il faut bien la gérer.

    Sinon il n'y avait pas d'hommes dans l'association ; c'est vrai qu'on est bête on aurait du attendre qu'un homme se décide à postuler et en attendant ben... ah ben rien.

    Je montrais simplement qu'il y a des cas où des agressions sont quotidiennes, parfois sexuelles et qu'il est très difficile de porter plainte. Parce que c'est la maladie qui rend les gens violents et que, pour autant, il faut bien les soigner.

  27. """ Lorsqu’on s’en prend à l’un de tes chers machos intervenant dans les commentaires, c’est là que tu viens aboyer ausi sec aux mollets de la « méchante ».
    Ne déforme pas mes propos, stp."""

    C'est risible Euterpe tellement tu te met en situation d'infériorité.
    Je me permet de répondre parce que je me sent le dernier "macho" défendu.
    Ce que ne comprend pas Euterpe, c'est que Valérie s'écrase beaucoup moins devant les machos que celles qui sont dans l'attitude "CDG".
    C'est bizarre, mais je me sent dans un sentiment d'infériorité sur le blog de Crepegeorgette. Elle à tout les atouts pour ça (cultivée et plus intelligente que moi... et tout et tout...). Même chose sur ce que j'ai vu aujourd'hui sur le blog d'Euterpe... je n'ai pas le niveau culturel.
    Mais quand on aborde un discours du type "CDG"... vous me propulsez dans un endroit où je me sent bien plus intelligent.... parce que vous vous rabaissez. C'est ce que j'essayait de dire sur le forum des CDGs, mais les gens comme vous n'ont pas cessé de vouloir me mettre dans une situation de supériorité.
    Alors on se demande qui sert la soupe aux machos hein....

  28. Porter plainte ?

    Non porter sur la place publique.

    C'est le silence, l'hypocrisie et tout le rapport des français avec le psychique qui est franchement à revoir.
    Pour ça rien de tel que des videos, des photos.
    Et des relais pour les buzz, les diffuser.
    De la merde en HD et la souffrance du personnel et des malades en dolby 5.1

  29. On lit des trucs un peu hallucinants, des fois, quand même...

    Ayant moi-même été auxiliaire de vie pour différentes associations et ce pendant plusieurs années, j'ai été également placé dans les mêmes situations que Val - changer une poche urinaire sans AUCUNE qualification ni formation, entre tellement d'autres - et confronté à des personnes parfois voire souvent dans des états de dégénérescences très avancés.

    Et moi aussi, même en tant qu'homme, j'ai subi des agressions sexuelles. Eh oui. De la part de femmes et de la part d'hommes. C'est comme tout le monde en fait : la main au cul ou au paquet, c'est uniquement dans certains contextes avec des personnes qu'on a choisi. Dans d'autres situations, c'est de l'intrusion et de l'agression sexuelle caractérisée. Partant ne mettre "que" des hommes ne réglera rien. Du tout.

    Quant à "coller une baffe", de mieux en mieux. Pourquoi pas des coups de cravache pour leur apprendre les bonnes manières, lâchons nous une bonne fois je veux dire. Ensuite, si vous vous sentez de baffer une personne malade, n'oubliez pas que ça relève de la maltraitance. Eh oui.

    Se faire tripoter, insulter, traiter plus bas que tout n'est jamais "agréable", qu'on soit homme ou femme. Mais dans ce boulot particulier avec ces personnes, il faut aussi faire la part des choses : souvent, dans les gestes et les mots, c'est la maladie qui "parle". Pas la personne. Le sachant, il faut placer les limites tout de suite, corporelles, verbales, morales etc. Et signaler à ses employeurs, enfin : quand les employeurs en ont quelque chose à carrer, ce qui est loin d'être toujours le cas...

    Quant à porter plainte contre son employeur chaque fois que ce genre de chose arrive, CAD tous les jours ou peu s'en faut, on y passerait littéralement sa vie. Et quand on sait que la grande majorité des personnels d'aide à domicile sont des femmes, le plus souvent sans diplômes, issues de quartiers, et évidemment sans aucune et j'insiste : *aucune* connaissance même basique de leurs droits dans le cadre du travail...

    Bon, sujet vaste et je crains que ce com ne soit déjà trop long^^

  30. CSP et le porter sur la place publique ? Tu en penses quoi ?
    Ça peut être tout aussi illusoire que la voie judiciaire.
    Mais j'ai le sentiment (comme certaines réflexions dans les commentaires que tu dénonces) que les gens refusent de regarder la vie et la société en face. Et que la façon dont on traite les personnes en situation d'handicap psychique est à revoir.

    Bien sur ça ne changera pas le problème de notre société qui produit de l'exclusion à grande échelle et ça forcement cela se paie, et se paiera.

    La violence il y en a partout, mais j'ai le sentiment que c'est aussi une escalade par une accumulation d'attitudes stupides, de brimades, de harcèlements.

    Un de mes premiers contacts indirect avec la violence c'est lorsque mon médecin a été égorgée par un chômeur pour les quelques francs qu'elle avait sur elle. A cette l'époque, les femmes médecins se déplaçait encore à domicile.
    J'avais le même age que son fils et elle a manqué à tous ses patients ...

    J'ai appris ensuite que son assassin a été déclaré pénalement responsable et il a fait un peu de prison mais ... et alors ? Son acte était vide de sens et le restera.

    La solution d'une protection/répression ça me parait une illusion. Il faut accepter la violence et vivre avec.
    Tous les métiers en contact avec le public sont confrontés directement à des malades, à des gens dans des états lamentables qui finissent par devenir violent.
    Que ça soit dans les transports, la sécurité, le commerce, l'éducation et la santé.
    Et dans le secteur "porteur" des "services à la personne" comme la droite nous l'a vendu depuis 10 ans (ça devrait s'appeler les "sévices à la personne"), il y a énormément de situation à dénoncer.
    Je vois que ça.

  31. -je suis assez d'accord avec Lily, c'est un peu comme si les gens se lâchaient un peu plus,peut-être parce qu'ils n'ont plus rien à perdre et avec la protection du statut de malade. soit ils ont toujours été comme ça (obsédés et harceleurs) soit ils ont vachement refoulé. chez bcp de personnes âgées, le fond du caractère s'exacerbe!
    il y a aussi que lorsque vous êtes vieux- malade- handicapé on ne s'occupe de votre corps que pour le laver-soigner. sans parler forcément de sexe, le corps n'est pas qu'une mécanique à entretenir.c'est peut-être un autre débat..
    je ne dis pas là non plus que c'est le rôle de l'auxiliaire de vie hein! c'est juste elle qui en fait les frais dans le contexte général qui a été décrit largement.
    -le témoignage de CSP est bien intéressant
    -@ali: CDG? c'est quoi?

  32. J'ai travaillé 4 ans comme auxiliaire de vie, auprès de handicapés dits "lourds". Je n'éprouvais aucune difficulté particulière à effectuer ce travail, il me semblait même avoir un sens assez évident. Après tout, ces personnes dépendantes avaient réellement besoin d'une aide pour tous les gestes du quotidien.
    J'étais une exception: un homme, jeune, parmi une écrasante majorité de femmes jeunes. L'employée typique autour de moi: une mère isolée (conjoint/concubin parti, conflits pour obtenir une pension alimentaire), sans aucune connaissance du droit du travail, bien obligée de faire face financièrement en trimant au smic horaire pour garder son gosse et payer le loyer.
    Heureusement, les gonzesses, le "Care" leur va si bien!
    Si j'ai échappé au harcèlement sexuel (Les personnes chez qui nous intervenions étaient jeunes aussi, cela nous épargnait donc les cas de démence sénile, mais je ne garantirai pas que mes collègues femmes n'aient jamais été harcelées), j'ai par contre comme vous pu constater, quatre années durant... l'incurie crasse des employeurs dans ce secteur, et le mépris social pour des salarié(e)s plus où moins livrés à elleux-mêmes, car c'est de cela qu'il s'agit ici (après tout, pour une femme, faire le ménage et laver, habiller, nourrir et torcher des handicapés, c'est pas vraiment du travail, hein. Il y a le vrai travail - et puis le travail d'arabe, et le travail de gonzesse): plannings violant la convention collective, changements de dernières minutes, banalité des situations où la personne et l'auxiliaire se mettent en danger (sous effectif: se retrouver seul là où deux personnes, dont un(e) infirmier(e) seraient requises - mais c'est pas grave, t'as l'expérience! -, gestes d'infirmier(e)s ou d'aides soignant(e)s - pose de pénilex, soins pour trachéotomisé, etc. - accomplis par du personnel auxiliaire de vie, "formation" en "doublure" sur le tas assurée par un(e) collègue sans formation spécifique, ni reconnaissance pour ce surcroît de travail et de responsabilité qui lui est imposé, heures supplémentaires non comptabilisées, amplitudes horaires illégales et épuisantes, etc. et j'en passe).
    Après quelques mois de tentatives infructueuses pour faire prendre conscience de l'ampleur des problèmes, de l'illégalité manifeste des pratiques, de leurs conséquences immédiates sur les employés et potentielles (mise en danger des personnes handicapées elles-mêmes), et à tenter d'obtenir de façon négociée l'amélioration de nos conditions de travail, puis un an de conflit ouvert avec l'association qui m'employait(que j'ai dû mener seul: contactés, les syndicats locaux se sont courageusement défilés, quant à mes collègues, elles m'ont traité en chien crevé puisque j'étais la cause d'un surcroît de désorganisation des plannings, et donc d'amplitudes, changements de dernière minute, etc. -), cela s'est terminé aux prud'hommes.
    J'ai gagné mon procès contre mon employeur, qui a dû me licencier, et je suis allé perdre ma vie à la gagner autrement.
    J'ai la maigre satisfaction de penser que mes collègues ont pu bénéficier de quelques menues améliorations par ce fait - amplitudes mieux respectées, heures sup' payées depuis le procès - mais cela n'a évidemment rien résolu, et je sais que pour l'essentiel rien n'a changé pour elles, ni pour celles qui leur ont succédé.
    Au vu de mon expérience, la vôtre n'a donc rien de surprenant.
    Pour ma part, de votre expérience comme de la mienne, et de leur contexte, je tire une conclusion, simple mais politique:
    Si l'exploitation économique et la hiérarchie des sexes - autrement dit, le travail et le sexisme, le travail et le patriarcat - puent déjà quand on les aborde séparément, le cocktail des deux est détonnant.
    Ce qui n'empêche pas des sociologues qui n'iraient certainement pas elleux-mêmes faire les ménages ni l'auxiliaire de vie au smic de nous vanter depuis quelques temps les mérites de ce cocktail sous le nom tellement plus moderne, féminin et valorisant de "Care". Ellils entendent d'ailleurs, en bonne logique sexiste et pleine-employeuse, inclure dans ce même "Care" ces postes généreusement fournis par le système prostitueur masculiniste à tant de jeunes femmes et de mineures dans le besoin - ainsi qu'à quelques hommes et garçons.
    C'est vous dire si le libéralisme et la dépolitisation des questions sociales, façon post-moderne, se portent bien.

  33. Difficile de répondre aux questions bien réelles que tu soulèves...

    Cela me rappelle un article qu'Agnès Giard avait écrit il y a déjà un certain temps, sur la sexualité des grands vieillards :

    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2012/02/les-droits-sexuels-des-vieillards-jusquau-bout-de-la-nuit-.html

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