juin 202012
 

Ces deux campagnes politiques auront été le théâtre d'une immense violence verbale, sans doute inévitable en politique mais également d'un sexisme effarant.

Ainsi Patrick Besson qualifia le nouveau gouvernement paritaire de "partouze straight" alors qu'il n'avait jamais, ne serait que noté, que tous les assemblées nationales, sénats et autres compositions ministérielles étaient quasi exclusivement masculines et ressemblaient, si l'on suit sa comparaison, à un gigantesque backroom.

Rappelons que, pendant plusieurs centaines d'années - et je suis gentille - tous les organismes politiques ont été, soit légalement, soit de fait, dirigés par des hommes et que cela n'a JAMAIS suscité le moindre questionnement, la moindre interrogation sur leurs compétences. Dieu a créé l'homme avec une bite, puis il a créé l'assemblée nationale et la pensée magique a fait que les deux s'emboitaient naturellement. C'est à partir du moment où les femmes ont commencé à vouloir investir ces lieux que s'est posée la question de la compétence en politique. L'homme est naturellement compétent ; la femme naturellement incompétente.

On peut être critiqué en tant qu'homme parce qu'on veut imposer les riches à 75%. Ou supprimer l'ISF. Ou aller sur Mars. Ou donner le droit de vote aux étrangers. Avec une femme, pas besoin. il suffit juste d'être une femme pour qu'on se questionne déjà sur votre compétence. Lorsqu'on critique Jacques Cheminade, exemple caricatural s'il en est, personne ne le renvoie à un autre rôle. Personne ne le renvoie à ses marteaux et clous comme on renverrait une femme à sa cuisine. Personne ne lui dit qu'il est trop joli ou trop laid pour dire de telles bêtises. Personne ne lui parle de ses hormones. On critique ce qu'il dit et pas ce qu'il est.

A ce titre, je ne sais qui de Eva Joly,Marine Le Pen et Ségolène Royal ont été les plus insultées et trainées dans la boue de façon sexiste ces dernières années.  Je ne doute pas que chacun trouvera une excellente raison pour justifier leur traitement.

Je ne suis pas en train de dire qu'il faut ménager les femmes politiques. Lorsque MLP est insultée dans les mêmes termes où son père l'a été, je peux questionner l'insulte en politique mais je ne la trouve pas a-normale.
Que les militants socialistes et umpistes s'échangent des noms d'oiseaux, ne me gêne pas davantage. C'est lorsqu'on réduit une femme à ce qu'elle est, que j'en suis profondément génée.

Ainsi un twitto souligna qu'il aimerait bien que le gynéco de telle femme politique soit Edward aux mains d'argent. Rigolo ? Sauf que jamais et on va arrêter de se mentir à ce sujet, la blague n'aurait été fait à à un homme politique avec son proctologue. jamais, ne cherchez pas. Quand on veut humilier un homme, on ne le ramène pas au plan sexuel sauf s'il est homosexuel.

Au lendemain des législatives, c'était la foire à la saucisse pour se moquer qui de Nadine Morano,  de Marion Maréchal-Le Pen ou de Ségolène Royal. Les deux premières ont subi des photomontages où on les voyait comme en position de faire une fellation.
Je sais bien que quelque bonnes âmes tenteront de m'expliquer que la fellation n'a rien d'humiliant ; sauf que sa représentation, dans le porno par exemple, est montrée depuis 30 ans comme humiliante ET DONC excitante. Donc oui quand on représente une femme politique pratiquant une fellation c'est pour faire rire, certes, mais parce qu'une femme qui fait une fellation, au fond, cela reste quand même un peu humiliant. Encore une fois, un homme n'aurait pas été représenté dans la même position car l'humiliation sexuelle n'est que très rarement employé pour les hommes.
("a genoux salope", 1 190 000 occurrences sur google, "à genoux salaud" 274 000 qui n'ont rien à voir avec le sexe).

Cela me rappelle en 1999, ce chef d'entreprise qui disait de Martine Aubry ""Le problème, c’est Martine Aubry. Cette dame est dogmatique. C’est une frustrée. Comme dirait Bigeard, il faudrait lui envoyer un parachutiste !".

Chaque fois qu'une femme ne conviendra pas, serait trop jolie, ou trop laide, aura des idées qui ne plaira pas, sera un sniper, on lui renverra à la figure le sexe masculion comme arme pour faire taire. On la représentera dans des postures sexuelles humiliantes, on lui collera des bites dans le plus d'orifices possibles avec l'idée sous-jacente, extrêmement violente, que le sexe est là pour faire taire les femmes. Ce ne sont pas les féministes qui haïssent le sexe, ce sont les machos, hommes comme femmes.

Le sketch de Bigard sur "Les salopes" n'était pas choquant parce que vulgaire ; il était violent parce qu'il assimilait l'homme qui a envie de sexe à un chasseur, donc à celui qui veut tuer. En faisant cela il assimilait forcément, les femmes à des proies qui seront tuées.
Tout le vocabulaire sexuel est d'ailleurs infiniment violent et axé sur l'idée de douleur.
Mon dard.
Je vais te casser les jambes.
Empale toi sur moi.
Je l'ai tirée.
Les exemples sont légion.

Bien évidemment quand nous nous sommes insurgées sur twitter de certaines images, c'est que nous - roulements de tambour - manquions d'humour. Et mieux nous manquerions d'humour en tant que femmes, parce que femmes.
Ceci me fait toujours penser à ces fameuses discussions sur le "Mademoiselle". D'un coup le langage, qui est possédé par très peu d'espèces vivantes, sans qui l'homme dépérit, qui lui sert quotidiennement dans des échanges qui lui sont vitaux, ne serait RIEN. On pourrait tout dire parce qu'au fond le langage serait un truc à part sur lequel il n'y a rien à penser, rien à réfléchir.

Dans l'humour c'est pareil. L'humour est caractéristique de la société dans laquelle il naît. Si la majeure partie des blagues portent sur les femmes, les homosexuels, les arabes et les noirs, non cela n'est pas un hasard. Cela n'est pas plus un hasard que le sexe masculin soit utilisé comme instrument symbolique pour faire taire les femmes. Pas dans une société où les violences sexuelles sont légion (non je ne traite personne de violeur, si vous avez compris cela, il faut consulter).

Donc non je n'ai pas ri. Probablement parce que je suis une femme, m'a t on fait remarquer. Il est connu que la présence d'un vagin empêche le rire. Peut-être aussi parce que les blagues sexistes, qui visent juste au fond à faire taire les femmes, toutes les femmes (car chacun sur l'échiquier politique a bizarrement une femme sur qui il adore faire les blagues les plus fines) sont une violence.

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  41 réponses sur “Je n’ai pas ri”

  1. >> Quand on veut humilier un homme, on ne le ramène pas au plan sexuel

    On peut humilier un homme en le qualifiant de "petite bite" de "bande mou", de "cocu"..., mais ça revient au même, ça sous entend qu'il est incapable d'exercer son rôle dominant convenablement. 2 facettes de la même chose, donc.

  2. Oui sauf que ces insultes là sont l'équivalent de frustrée, mal baisée etc.
    Il n'y a pas d'équivalent pour les hommes aux violences sexuelles verbales. (et tant mieux évitons de niveler par le bas).

  3. "Probablement parce que je suis une femme, m’a t on fait remarquer. Il est connu que la présence d’un vagin empêche le rire."
    Je cherche depuis tout à l'heure un moyen de formuler ces deux phrases sans le lien logique qui semble s'en dégager pas de vagin --> pas une femme. Ces deux phrases m'embêtent, le reste est brillant.

  4. Amen. Merci Valérie (comme d'habitude)

  5. magnifique, brillant, tranchant, précis.
    J'aime, j'adore, je partage.

  6. "Je vais t'enculer" avec toutes les variantes possibles sont des classiques des menaces face à face entre hommes.
    "sucer" c'est suivre, se soumettre et "la pédale" c'est devenu banalement le trouillard.

    Mais un "con" et "aller se faire foutre" qui paraissent aujourd'hui plus consensuels ont la même origine.

  7. Amen

  8. glacq. on ne présentera pas un photomontage d'un homme hétérosexuel avec un pénis pur lui dire "d'aller se faire enculer".
    On ne souhaitera pas lui envoyer un ou une parachutiste pour qu'il se calme.
    ensuite ce n'est pas "je vais t'enculer" mais "va te faire enculer". cela n'est pas équivalent.
    c'est une insulte qui désigne hommes comme femmes.
    On peut parfois renvoyer un homme à une homosexualité réelle ou supposée - dans le but de l'humilier - mais c'est rare.
    c'est la sexualité hétéro qui, dans le patriarcat a pour but - pas unique heureusement - de faire taire et d'humilier les femmes.

    scolastik ; oui j'avoue je suis allée à la facilité et c'est la phrase qui est bcq retwittée. mais il n'y avait pas la place ici pour dire qu'être femme ce n'est pas avoir un vagin (et encore moins pour dire que êter femme on ne sait pas trop ce que c'est ! ).

  9. Que pensez-vous des femmes politiques qui prétendent que leur sexe/genre les rendrait, ipso facto, plus réceptives, plus sensibles aux vrais problèmes —sous-entendu : les hommes ne s'occupent que de relations de pouvoir, moi je suis une femme donc je m'occuperai des vrais problèmes que rencontrent les français(e)s ?

    Il me semble que Mme Royal avait naguère joué sur cette corde...

  10. Etre une femme n'exonère pas de l'accusation de sexisme. Beaucoup de femmes jouent en effet sur les stéréotypes liés au sexe en se prétendant plus compréhensives, plus humaines, etc.
    Royal a en effet beaucoup joué là dessus.

  11. Sans oublier les propos insultants sur l'homosexualité, Christian Vanneste en tête.

    On se permet de ramener les homosexuel-les (hommes ou femmes) à leur sexualité pour les mêmes raisons que l'on ramène les femmes à leur genre : ce sont des sous citoyen-nes, des anormales, que l'on tolère alors ils.elles seraient bien gentil-les de se taire et de rester à leur place.

    Quand on se moque d'un homosexuel, on rigole de son manque de virilité. Quand c'est une homosexuelle, c'est soit un bonhomme, soit une misandre (ou alors elle a été déçue par un homme, attend montrons lui ce que c'est un homme un vrai).

    Mais finalement, ça découle toujours de la même logique sexiste : les hommes et les femmes doivent remplir des rôles différents, et déroger à la règle est condamnable, et ouvre le droit aux moqueries les plus basses.

    Merci pour ce billet :) (et pour les autres)

  12. Oui!

  13. Ceci nous ramène aux attaques, très courantes à gauche, contre Nicolas Sarkozy au motif de sa petite taille.

    Un homme, c'est censé être grand, athlétique, viril. Un homme petit, c'est ridicule, et on se moque de lui...

  14. @valerie: "ensuite ce n’est pas « je vais t’enculer » mais « va te faire enculer ». cela n’est pas équivalent."

    Il n'en était pas de même dans l'antiquité, cf Catulle 16...

  15. @DM
    Sarkozy n'est pas le 1er homme politique petit, Mitterand devait mesurer 2 cm de + que lui, mais Sarkozy est le seul à s'être montré compléxé et s'est ridiculisé lui-même : port de talonnettes, sur la pointe des pieds systémtiquement avec le couple Obama, petit tabouret apporté par un préposé lors des tribunes de l'ONU, alors que Hun Jintao encore + petit que l'ui n'en a rien à foutre, casting spéciaux dans les usines, contorisions de Carla...

    Alors que Mitterand face à Khol qui le dominait de 2 têtes s'en fichait.

    Bref, s'il n'avait pas focalisé sur sa petite taille, pesonne ne l'aurait fait. Sans compter que le mise en scène du corps présidentiel (joggins, vélo...) n'a rien fait pour améliorer els choses.

  16. sauf que bien d'autres hommes politiques "petits" n'ont pas subi les mêmes moqueries que Sarkozy , eu égard au grand complexe qu'affiche l'ex président sur sa taille lui-même et le mépris dans lequel il a tenu le peuple...Là il a plutôt récolté ce qu'il a semé : quand on méprise les autres à ce point, on ne peut pas demander de gratitude ou de reconnaissance.
    Pour le reste, merci de ce billet, franc, clair et réaliste.

  17. Tout est horriblement vrais. Ça me fais grincer les dents. Et ça m’énerve mais là, autre problème quand tu réagi fortement, sur le coup pour décrédibiliser tes propos, il n'y a qu'à piocher dans l’arsenal : hystérique, folle, castratrice, chiante…

    Ce qu’il faut noter c’est que cet arsenal n’utilise aucun argument, seulement des réactions sur le comportement!

    Puis y'a aussi le "t'as surement tes règles"...
    Bref on s'en sort pas.

  18. Un billet d'une grande justesse ! Bravo

  19. Ca valait la peine d'attendre un nouveau billet depuis si longtemps. ;) Il est excellent.

  20. À la décharge de la comparaison "à genoux salaud", faire un cunni à genoux c'est vraiment pas très pratique, ni pour l'un(e) ni pour l'autre.

  21. anatomiquement, en se mettant à genoux ou sur les talons, vous êtes pile poil à hauteur de clitoris. donc en fait si.
    il me semble simplement que les positions sexuelles n'ont rien de neutre.

  22. et ce serait pas mal d'en venir au constat d'un déséquilibre de l'écologie libidinale garante d'une démographie saine , produit d'une immigration 90% male , il y aurait donc un certain forcing à faire concernant la parité aussi ! à soumettre aussi à une reflexion sur le racisme ....

  23. Moi non plus je n'ai pas ri, parce que ce n'est pas très drôle. Ca ne veut pas dire qu'on ne puisse pas rire de cette parité mathématique qui est quand même grotesque.

    La métaphore de la chasse est un cliché, et ça n'implique pas forcément l'idée de "tuer".

    Chasseur d'autographe (les groupies qui sont à l'affût des stars)
    chasseur d'image (titre d'une revue)
    chasseur de tête (les têtes en question sont des haut cadres ou des dirigeants)

    Rien de sexuel ou de menaçant là dedans.

    C'est un exemple typique de paranoïa féministe. Des viols partout!

    "Donc non je n’ai pas ri. Probablement parce que je suis une femme, m’a t on fait remarquer."

    La plupart des femmes ont de l'humour. Pas forcément dans la création d'humour (un exercice plutôt masculin) mais dans la réception de cet humour.

    Par contre, chez les féministes militantes, on ne trouve jamais d'humour. Je ne sais pas à quoi c'est dû, mais elles partagent manifestement certains traits psychologiques. C'est triste, parce que l'humour met de l'huile dans les relations sociales. Une personne sans humour, ça fait un peu penser aux autistes. Il manque une patitude relationnelle cruciale.

    Sinon pour les photomontages sexuels: il y aura toujours des potaches pour se divertir de la sorte.

    Mais les hommes politiques ne s'amusent pas à faire ce que font régulièrement les militantes féministes:

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10150983720674510&set=a.10150983720514510.451840.104412054509&type=1&theater

  24. " Je ne sais pas à quoi c’est dû, mais elles partagent manifestement certains traits psychologiques."
    le manque de bite non ?

  25. Qu'attendre d'autre de la part de Besson.

    Cela dit, cette parité est ridicule et criticable du fait que ces ministres sont à des postes de bonnes femmes (justice = mère castratrice (cliché maintes fois entendu sur Eva Joly), enseignement = la maîtresse, etc.) Finalement, Sarko en plaçant une femme aux finances avait été plus audacieux. Quand on aura une gonzesse à l'intérieur ou au MAE, on en reparlera, du "changement".

    Je suis sciée de voir sur l'image postée par Eric Z (dont la signature me fait penser que c'est un troll, salut à toi, Zemmour !) que Barbier n'a que 45 ans et qu'on va donc se le farcir encore 30 ans. Misère !

  26. Ups, critiquable, pardon !

  27. Je confirme, à genoux devant une table, ça marche très bien.

    Sinon je ne sais pas si c'est mon utérus ou mon féminisme, mais je ne vois pas le côté hilarant de la parité.

  28. Encore une frustrée à qui on ...
    À non mince, pardon !
    Quelqu'un l'a déjà faite :D

  29. Ok, nous sommes bien d'accord. Mais c'est fou, tout de même, le nombre de femmes qui s'accoquinent avec les cons, les machos, les salauds, les blaireaux et autre violents raz du plafond.

    Y' a cas regarder autour de soi.C'est assez effrayant.

    Oui, sans doute une aliénation individuelle à chaque fois, nous sommes bien d'accord, qui ne fait ni nombre, ni essence, bien évidemment.

    " La Femme " c'est un peu comme le
    " genre humain " , des fantasmes accommodants pour toute sorte de discours... Après y 'a l'observation , la propagande, l’acculturation, la médiatisation forcée, l'héritage culturel, le qu’en-dira-t-on, le conformisme, la réaction, la mode, le système économique, etc...

    Etc.

  30. @ michel v| 20/06/12 | 13 h 58 min

    Tu manques cruellement, soit de souplesse, soit d'imagination (soit des deux)... Et tu n'imagines pas ce que tu rates.

    @ Eric Z. | 20/06/12 | 18 h 50 min

    "Par contre, chez les féministes militantes, on ne trouve jamais d’humour"

    Alors t'as pas du en rencontrer assez, parce que la plupart de celles que je connais "en vrai" sont des filles avec qui les journées sont tout sauf tristes. Mais ça doit être des mecs, vu qu'elles n'attendent pas que les mecs fassent des blagues pour en rire, mais en font elles mêmes (quelle inconvenance, quand on y pense !!!). Cela étant dit, rassure-toi, il y a aussi de sisnistres connes, même chez les féministes... à y réfléchir, à peu près autant que dans le reste de la population. Curieux, non ?

    Ceci étant dit, le sexisme en politique, c'est pas vraiment un fait nouveau, et malheureusement, j'ai peur que ça reste un bastion dudit sexisme pendant un moment encore. Donc rien à critiquer de ton post, tu as malheureusement raison sur quasiment toute la ligne. Cependant, je trouve que tes exemples ne sont pas idéalement choisis. Franchement, relever une pensée profonde de Besson... Mais ce type n'est pas sexiste, il est juste con comme ses pieds (pardon, mes pieds, c'est pas gentil pour vous). Si il était seulement sexiste, alors il aurait déjà fait d'énormes progrès.
    Pareil en ce qui concerne les moqueries. Désolé, mais sse moquer de Nadine Morano, c'est pas faire preuve de sexisme, bien au contraire. C'est un des rares exemples de la baisse du sexisme en politique. Une femme totalement incompétente a été nommée à un poste de pouvoir ! C'est fréquent chez les hommes, plutôt rare quand il s'agit des femmes, mais là, il faut reconnaitre que c'est le cas. MM Le Pen : Vous savez à qui elle me fait penser ? Au fils de notre ex président, qui, avec sa première année de bts commerce international se pensait apte à diriger l'EPAD. Ben là c'est pareil. Elle s'appelle Le Pen, donc elle connait la politique. Tu l'as entendu s'exprimer ? Désolé, mais femme ou pas, elle a pas vraiment sa place à l'assemblée.
    Quant à Ségolène, malgré toute l'amitié que j'ai pour elle, elle a manqué cruellement, sur ce coup, et de courage et de clairvoyance, ce qui explique probablement une bonne partie des moqueries dont elle est l'objet (je ne parle ici que de sa campagne législative, entendons nous bien. Ca ne me fait pas oublier toutes celles, extrêmement choquantes, violentes et dégueulasses qu'elle a subi lors de sa campagne présidentielle, ou les circonstances étaient toutes autres).

  31. Rigel ; mais je ne dis pas que se moquer de Morano est sexiste, pas plus que de Royal ou MMLP !
    Je dis que parler de leur "hystérie", de "leurs hormones" ou de faire des photomontages avec leur photo et des bites l'est. c'est totalement différent.
    Se priver de se moquer de Morano serait dommage tout de même :)

  32. Autre particularité dans le traitement des femmes politiques : elles sont souvent désignées par leur prénom là ou leurs homologues ont droit au patronyme complet ou au nom de famille. Est ce que parce qu'ils sont tellement nombreux à porter le même prénom qu'ils en deviennent indiscernable, ou bien est ce par condescendance ? mystere et boule de gomme.

    Autrement je suis content de voir un nouvel article : depuis le temps je me m'inquiétais presque :)

  33. Plop Valerie ca fait plaisir de retrouver un billet de toi après cette longue absence ... Enfin, j'ai trouvé le temps long sans tes billets.

    Même avis que toi sur cette campagne, mais ce que je me dis c'est que bah, quelque part, c'est LE moment, le lieu pour que s'expriment le maximum de troll, se défouler dans l'humour, et expurger nos angoisses, nos colères et frustrations.
    Cette campagne a été vraiment la première "2.0" en 2007 c'était les débuts.

    Alors je ne peux que imaginer le boulot que tu as eu et tu as bien fait d'aller prendre l'air :)

    Pour ce qui concerne le sexe, il ne faut pas tirer sur celui qui crie "au feu" hein !
    Attention avec Bigard ou d'autres humoristes qui sont là pour justement mettre en perspective et faire réfléchir. Bien sur, Bigard le fait dans un style qui ne s'adresse pas à nous. Mais il a fait réfléchir des millions d'hommes et de femmes sur leur vocabulaire, leur comportement. Il tourne en ridicule ce personnage immonde.

    Bien entendu je ne partage pas toutes les idées sous entendues mais pas plus que je partage toutes les idées de Desproges, Coluche, Devos etc ...
    Il ne faut pas plus tirer sur les clowns que sur l'ambulance mais bon si ca défoule hein :)

    Etre un homme politique c'est s'en prendre plein la gueule dans des attaques les plus basses.
    Etre une femme politique aussi. Ça ne changera jamais. C'est la beauté aussi de leur "métier" et qui font d'eux des personnes respectables qu'on adorera toujours détester :)

    Cela dit il ne faut pas que les femmes soient contenu dans le rôle justement de "cible favorite". Royal tient ce rôle pour le PS mais ça n'est pas quelque chose qui est très bien vécu à gauche.

    La presse a des journaux à vendre, donc oui, on va en manger du Royal. Comme avant on avait du Carla et du Cécilia. C'est ça l'alternance :)

  34. "À genoux salaud", "à genoux salope", c'est pas comparable. Le premier peut être encore frais et joli, tandis que le second est complètement discrédité.

    De mon point de vue de suceuse bien sûr.

  35. Surtout que le féminin de "Salaud" est "Salaude", il n'y a pas de masculin à "Salope" (enfin, il existerait "Salop" mais je ne l'ai jamais rencontré, le dico me dit qu'il y a une occurrence dans "Bel-ami" de Maupassant).

    "Salope" est formé de sale + hoppe, houppe ou huppe. La huppe en vieux français était un oiseau réputé très sale. Un proverbe disait "sale comme une huppe". Donc dans "Salope" la saleté est répété plusieurs fois une salope est un "sale oiseau sale".

    Le "Salaud" est une personne sale, elle n'est sale qu'une fois, en plus c'est une personne pas un sale piaf. On peu dire aussi "Salope" à une homme, mais c'est aggravé l'insulte par le féminin, pratique courante en français que je trouve particulièrement abjecte et révélatrice de la misogynie caractéristique de cette langue.

    Je connait bien "Salope" on me l'a dit tellement de fois, parce que j'ai une sexualité libre et assumée ou que je ne ferme pas ma gueule quant on me l'ordonne ou même parce que je me promène simplement dans la rue.

    Pour finir dans la joie, une petite devinette ; quel est le féminin de "gars" ?

  36. Eric Z. :
    "La plupart des femmes ont de l’humour. Pas forcément dans la création d’humour (un exercice plutôt masculin) mais dans la réception de cet humour."

    Bravo, excellente illustration d'un sexisme ignorant et grossier. Vous oubliez une chose : les femmes sont plus sensibles à l'humour des hommes parce que c'est bien souvent un critère pour elles dans la recherche d'un partenaire. Les hommes non (ils seront plus sensibles à un beau cul et des gros nibards). De ce fait, l'humour des hommes est souvent mis en valeur (par les femmes), même si ces derniers ne sont pas plus doués dans cet exercice que leures compagnes.

  37. Merestone > "Les hommes non (ils seront plus sensibles à un beau cul et des gros nibards)"

    ouais ça c'est pas du tout une remarque sexiste et grossière...

    Je ne suis pas pour autant d'accord avec EricZ mais contre argumenter de cette façon c'est se tirer une balle dans le pied.

  38. valerie| 22/06/12 | 13 h 22 min

    Je n'ai pas tout suivi des moqueries dont ont pu faire l'objet Morano ou Royal. J'ai notamment loupé les photomontages (quel dommage, je suis certain que ce sont des chefs d'oeuvres). J'avoue que pour ma part quand j'entend parler des hormones féminines, ma réaction est souvent "injecte toi un antagoniste à la testostérone, tu sera peut-être moins con", ce qui, en général, clot assez rapidement la discussion sur le sujet... pour la ramener immanquablement sur le foot et les bagnoles (eh oui, la testostérone, c'est puissant, comme hormone. Normal, c'est une hormome "de mec"). Bon, des fois, ca clot la conversation par un coup de poing aussi... Ce qui au final, me prouve que j'avais raison.
    Le gros problème, en fait, c'est que les gens, en plus d'être sexistes, sont souvent simplement... des cons.

    Dans un autre ordre d'idée, concernant Bigard, je me fais peut-être des idées, mais quand j'écoute ce sketche, j'ai la curieuse impression qu'il utilise le même ressort pour parler du sexisme que celui qu'avait pu utiliser en son temps bedos dans son sketche "marrakech" (http://www.youtube.com/watch?v=jfX8eE0zXRU), pour parler du racisme. Mais ce n'est que mon impression.

    meg | 23/06/12 | 15 h 20 min

    Garce ! C'est tout un programme.

    Flashou| 24/06/12 | 10 h 35 min

    +1. Là, il faut bien avouer que Merestone a fait très fort. Faudra lui expliquer un jour que pour certains hommes, très rares, j'en conviens, l'intérêt d'une femme ne se résume pas exclusivement à "un beau cul et des gros nibards". Il y en a même pour qui ça ne constitue qu'une option. "Mais bon, ceux-là, on n'en parle pas, c'est tous des tapettes !".

  39. "presse a des journaux à vendre, donc oui, on va en manger du Royal. Comme avant on avait du Carla et du Cécilia. C’est ça l’alternance"
    si tu ne fais pas la différence entre une femme politique et des femmes de politique, c'est inquiétant.

    Merestone ; merci d'éviter les propos sexistes.

    rigel ; oui enfin je doute que revenir aux hormones qui, rappelons l'on le, y sont pour très peu dans le comportement (très peu de recepteurs hormonaux dans le cortex) soit pertinent.

  40. "si tu ne fais pas la différence entre une femme politique et des femmes de politique, c’est inquiétant."

    Quand Elle fait un spécial femmes de pouvoir avec S Royal, d'autres leaders politiques et Michelle Obama + Carla Bruni dans le même article et mises au même plan de pouvoir, et bine on est pas rendues.
    D'un autre côté c'est Elle, donc on sait ce que ca vaut : rien du tout

  41. valerie| 25/06/12 | 14 h 19 min

    Ma réflexion sur les hormones était une blague, valérie, juste une blague. Genre un truc énorme qui ne peut en aucun cas être pris au sérieux par quiconque faisant montre d'un minimum d'humour, et qui ne sera mal pris que par un gros beauf. c'est tout le but de la réflexion.

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