mar 232014
 

Voici le résumé du livre d'Anne Fausto-Sterling Les cinq sexes Pourquoi mâle et femelle ne sont pas suffisants

Dans la préface, Pascale Molinier explique que cet essai date de 1993 et n'a été traduit en français que très tardivement. C'est un ouvrage majeur qui est accompagné d'un autre essai "Les cinq sexes revisités" où Fausto-Sterling s'explique a posteriori sur sa démarche lors de la rédaction des cinq sexes.
Il s'agit dans cet essai, selon l'expression de Lowy, de séparer les sexes de "l'emprise du genre" et de comprendre qu'aucun corps n'échappe, à la cruauté de la bicatégorisation des sexes.
Dans les cinq sexes, l'auteure "refuse de séparer les savoirs de la question de qui produit ces savoirs et de comment ils sont produits".
Par l'exemple des personnes intersexuées, on comprendre que la biologie et la psychologie ne sont pas des savoirs neutres et objectifs ; ces savoirs sont marqués par le genre et sont fondés sur la dualité des sexes ; ainsi ces sciences "corrigent" ce qu'elles estiment non conformes à cette dualité.

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fév 172014
 

La première est ici. Comme la question m'a été sérieusement posée, je préfère préciser à celles et ceux qui l'ignoreraient, que je n'ai pas le pouvoir ni l'envie de censurer un journal, je me contente donc de pointer ce que je trouve problématique, entre autres en matière de sexisme, dans Charlie-Hebdo.

La critique porte aujourd'hui sur le n° 1130.

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fév 112014
 

Cher Charlie hebdo,

Je sais que tu n'es pas raciste car tu me l'as dit. Et je sais que tu n'es pas sexiste non plus car tu me l'as dit. De plus tu es de gauche et je crois qu'il est impossible d'être de gauche et raciste. Tu me le répétais encore il y a peu "Nous avons presque honte de rappeler que l'antiracisme et la passion de l'égalité entre tous les humains sont et resteront le pacte fondateur de Charlie Hebdo." à moi que tu qualifiais comme d'autres d'"esprit faible".

Alors j'ai fait ce que tu m'as dit ; j'ai ouvert ton journal. Mieux, je vais l'ouvrir chaque semaine et je vais y noter ce qui me dérange.

Je t'invite à néanmoins lire ces textes du sociologue Denis Colombi. Je la fais en bref ; l'humour n'est pas exempt des idéologies qui traversent une société ; il est donc forcément empreint de logiques sexistes, homophobes, racistes, tout comme le langage.

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jan 142014
 

Je vais donc résumer le livre Les féministes blanches et l'empire de Félix Boggio Ewanjé-Epée et Stella Magliani-Belkacem.

Les auteurs constatent la crise du féminisme qu'ils datent aux débats autour de la loi du 15 mars 2004 sur le voile à l'école qui a été soutenue, fait sans précédent, par d'importantes franges de la gauche institutionnelle et radicale. Ils reviennent sur Ni putes ni soumise (NPNS), qui, dés sa fondation, bénéficia d'une aura médiatique d'importance, alors qu'elle n'avait pourtant pas une base réelle dans les quartiers populaires. NPNS se focalisa sur les violences commises au sein des communautés noires et arabes ce qui impliquait de condamner quasi exclusivement le sexisme dit indigène ; voile, mariage forcé, excision, polygamie. Un appareil sémantique fut même créé afin de différencier le sexisme de banlieue ; on parla ainsi de tournante pour parler de viol collectif, de crime d'honneur pour parler d'homicide conjugal.
NPNS a servi de caution dite "de terrain" à la loi sur le voile à l'école et a soutenu le politique ainsi que quelques féministes historiques comme Fouque ou Roudy.
Face à ce ralliement sans faille à la position gouvernementale, il y avait une position d'entre deux soutenue entre autres par le Collectif national pour les droits des femmes qui dénonçait à la fois la loi et le voile en tant que symbole d'oppression. Cette position "ni loi ni voile" revenait à dire que les enseignants pouvaient se passer de la loi pour interdire le voile, par la menace de sanctions par exemple.
Un troisième courant, représenté par les Collectif des féministe pour l'Egalité, Les panthères roses et Une école pour tou-te-s se mobilisa contre la loi et dénonça l'instrumentalisation du féminisme à des fins racistes.
Cette loi s'est vue rapidement étendue, par décret aux mères de familles accompagnant des sorties scolaires ou par la loi imposant aux assistantes maternelles le devoir de neutralité religieuse.

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jan 112014
 

Je vais donc résumer, comme promis à certain-es, la conférence sur l'islamophobie qui s'est tenue le 09 janvier à l'Institut du monde arabe.
Les intervenants étaient les suivants :
- Marwan Mohammed, sociologue, chargé de recherche au CNRS. Co-auteur de  Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le "problème musulman".
- Claude Askolovitch, journaliste et essayiste. Auteur de Nos mal-aimés : ces musulmans dont la France ne veut pas.
- Abdellali Hajjat, sociologue et politiste, maître de conférences à l’université Paris-Ouest Nanterre. Co-auteur de  Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le "problème musulman".
- Kamel Meziti, historien des religions. Auteur du Dictionnaire de l’islamophobie.
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jan 032014
 

J'ai reçu en cadeau le livre La fabrique des garçons. Sanctions et genre au collège dont je vais  vous proposer le résumé.

Sylvie Ayral a étudié le nombre de sanctions dans 5 collèges très différents et a constaté que 75.7% à 84.2% des élèves punis ou sanctionnés étaient des garçons. 84.2% à 97.6% des élèves punis pour violences sur autrui étaient des garçons. Plein d'éléments ont déjà été étudiés afin d'estimer pourquoi des élèves sont punis et sanctionnés mais la sanction ne l'a jamais été par le prisme du genre.

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oct 092013
 

Je vais donc vous résumer le livre Refuser d'être un homme : Pour en finir avec la virilité de John Stoltenberg.

Je tiens à souligner que Martin Dufresne n'a, comme d'habitude pas réussi à taire sa transphobie dans l'introduction avec la phrase "confisquer les rares ressources encore concédées aux femmes quitte à se prétendre vaguement transgenre". Que vous ne soyez pas d'accord avec le queer est un choix idéologique. Que vous en profitiez pour étaler votre transphobie n'est pas un choix, ni une opinion. On ne se prétend pas transgenre. je croyais que les tenants du "on saute d'une identité de genre à l'autre au gré de ses envies" étaient les tarés affiliés à la manif pour tous. Je constate une fois de plus qu'il y en a au sein même des mouvements féministes. Dufresne, votre féminisme réel ne vous donne pas un blanc-seing pour dégueuler des saloperies en permanence.

Plusieurs préalables à cet article :
- Si vous n'êtes pas familiarisé-e avec les concepts féministes, si vous ne pensez pas que le viol est un crime sexospécifique, si vous pensez qu'il vaut mieux parler d'humanisme que de féminisme, si vous pensez que la construction de la virilité n'a rien à voir avec le viol ou les violences conjugales, épargnez votre temps et le mien et ne lisez pas ce texte. Si malgré tout vous voulez le lire, essayez une bonne fois pour toutes, de ne pas projeter vos angoisses dans cette lecture et de vous sentir mis en accusation à toutes les lignes.
- je n'ai pas écrit ce livre, je le résume. Je suis d'accord avec certaines idées, pas avec d 'autres. Si c'est pour m'expliquer combien ce qui est développé ici est atroce, je vous en prie, contactez l'auteur.
- avant de lire Stoltenberg il convient de comprendre ce qu'est le féminisme radical et plus particulièrement la branche à laquelle il appartient qui est anti porn (encore que je pense avoir compris qu'il nuance ce point) et abolitionniste. L'article de wikipedia n'est pas mal foutu. Il serait idiot ET faux de penser que le féminisme radical est puritain ; en témoignent d'ailleurs les très nombreuses pages que Stoltenberg consacre à la sexualité.  Pour mieux comprendre les débats qui ont eu lieu dans les années 70-80 autour du porno, vous pouvez lire l'hommage de Susie Bright, une féministe sex positive, à Andrea Dworkin qui explique combien le travail de Dworkin autour de la pornographie a été nécessaire.
Je rappelle enfin que ces textes ont été écrits entre 1975 et 1987. Certaines choses ont désormais évolué, tant au niveau des concepts féministes (le genre par exemple) que de la pornographie.

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sept 172013
 

Comme je vous l'avais précisé dans un article précédent, je me suis affiliée à amazon. Les liens mènent donc vers ce sites marchand et je perçois une rémunération si vous achetez un des livres dont je parle ici.

Voici quelques bouquins que j'ai lus ces derniers mois, du bien et du moins bien.

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août 062013
 

Lorsqu'on m'a parlé du magazine féministe Bridget (quel nom à la con sérieusement), j'étais très dubitative, d'autant plus quand j'ai découvert que son directeur de publication est Frédéric Truskolaski.

Tentons donc de mettre de côté ce point là ce qui va être remarquablement compliqué. Il ne me gêne pas forcément qu'on traite le féminisme comme un produit bankable ce que va faire sans nul doute Truskolaski, pas plus qu'il ne me gêne d'adopter des codes féminins pour parler de féminisme (c'est ce que je faisais au début de ce blog d'ailleurs mais je ne suis pas douée en la matière).

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avr 272013
 

Le livre La femme des origines : Images de la femme dans la préhistoire occidentale s'imposait pour Claudine Cohen puisque les femmes, dans la Préhistoire, en tant que discipline historique,  n'existent pas. Comme les vestiges ne permettent pas de savoir qui faisait quoi, les femmes préhistoriques ont davantage été l'objet de fantasmes que d'études.

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