nov 182015
 

Beaucoup ont tendance à voir les féministes comme un groupe monolithique, dont les membres seraient interchangeables. Le féminisme est, plus que jamais, riche de personnalités très diverses.
J'ai donc décidé d'interviewer des femmes féministes ; j'en connais certaines, beaucoup me sont inconnues. Je suis parfois d'accord avec elles, parfois non. Mon féminisme ressemble parfois au leur, parfois non.
Toutes sont féministes et toutes connaissent des parcours féministes très différents. Ces interviews sont simplement là pour montrer la richesse et la variété des féminismes.

Interview de  Claire-Lise.
Son twitter : @Sayaelle

Bonjour, peux-tu te présenter ? Depuis quand es-tu féministe et quel a été le déclic s'il y en a eu un ?

Pour répondre à ta première question, j'ai 36 ans, je travaille donc dans un HEPAD auprès de personnes très dépendantes, et suis actuellement en congé parental.

J'ai été élevée dans une famille croyante, évangélique, et j'allais donc à l'école du dimanche avec ma sœur et mes cousins, et ça reste de très bons souvenirs de discussions, avec un enseignement des textes bibliques et une fraternité que l'on ne retrouve pas partout.
Puis la foi pouvant être fluctuante, la famille s'est mise un peu à distance de l'église, sans pour autant perdre ses valeurs. Moi j'ai grandi la dedans, ça m a construite, et je me posais pas beaucoup de questions. Il y avait une réponse divine pour tout. Il fallait prendre patience. Voir venir. S'en remettre à Dieu. Aimer les gens, l'humanité comme une création imparfaite mais tellement aimée de Dieu qu'il lui a donné son fils unique pour que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Tout était à sa place, il y avait un ordre des choses, c'était tout blanc ou tout noir. En gros, ça se battait pas dans ma tête.
Et puis...
Donc je suis tombée amoureuse a 18 ans, je l'ai embrassé, demandé en mariage ( j'attendais mais comme ça venait pas j'ai pris les devants, en lui en voulant un peu de ne pas suivre l'ordre des choses.) Bref j'ai réfléchi depuis et je suis fière de ce geste là, je n ai plus l'impression d avoir transgressé une règle mais d'avoir juste agi selon moi.
Pour parler du déclic, c'est venu plutôt progressivement. J'ai eu un garçon. Il a été à la maternelle. J'étais pas du tout sensibilisée sur les question du genre. Je savais tout juste qu'on pouvait changer de sexe. Je trouvais ça sale, triste, et honteux. Mon fils adorait Dora. Une semaine. Il voulait un cartable Dora, rose. Et je lui ai refusé. Parce qu'on se serait moqué. Et j'ai commencé à me dire que c'était con de réagir comme ça, de quoi j'avais peur, quel mal y avait-il etc... Et lui il a retenu la leçon, y a des trucs de filles, et d'autres de garçons. Ca aurait pu en rester là mais le sort en a décidé autrement ( chez moi on dit Dieu avait prévu).
C'est mon fils qui m'a fait réagir. J'ai commencé à chercher pourquoi du bleu pour les garçons, pourquoi des dînettes pour les filles, mon mari ne s occupe-t- il pas aussi bien du petit que moi ? N'a-t-il pas changé ses couches (lavables) et fait la cuisine tandis que je crépissais (enceinte) les murs de la cuisine ?
En même temps j ai vu beaucoup de critiques sur le net sur les croyants, qui véhiculent des stéréotypes, et j'ai dû me questionner sur ce que je croyais sans remettre en cause ma foi, sans renier Dieu. J'ai relu ma Bible. Il y a un commandement qui justifie tout : aime ton prochain comme toi même.
Je me suis dit que c'était ça, la clé. La domination, c'est une invention d'hommes, de créatures. Aime ton prochain ça veut aussi dire fais les courses en sortant du boulot pour que ton conjoint qui bosse comme un dingue trouve lui aussi un peu de temps libre. Et ça marche dans les deux sens. Ça veut dire égalité respect et tout ce qu'on peut mettre de positif et de grand dans ce mot.
En résumé pour moi ce verset de la Bible il est féministe.
Il y a eu un autre événement qui m'a amenée à réagir plus fortement, c'est quand je suis tombée enceinte de ma fille. A 4 mois de grossesse, pour une fois sans le papa, l'écho me dit que c'est une fille. Tellement voulue, désirée, au point d'en pleurer. Je la voulais parce que une fille, hein, c'est toujours mieux qu'un garçon, plus intelligente et sage et avec de jolis habits. Oui, c'était moi, ça ( il y a 18 mois, donc). Et puis là, je la vois cette fille, à l'écran. Je sais qu'elle sera Noelie, et que je l aime à un point !!! Et ça fait bang dans ma tête. Je comprends qu'elle est une personne et qu'elle fera tout ce qu'elle voudra. Qu'il me faut tout déconstruire. Que tout ce que je croyais sur les attributions de genre sont fausses, et qu'il me faut faire table rase.
Ca va crescendo, avec cette grossesse. Je voulais accoucher à la maison depuis que j'avais quinze ans, mais je croyais que si on m'en empêchait, c'était pour mon bien. J'ai déconstruit. J'ai convaincu mon mari, et c'était pas un petit défi, mais j'ai déconstruit. J'ai trouvé une sage-femme libérale, bienveillante douce et féministe, qui a sourit quand j'ai dit que je ne l'étais pas. Elle a été radiée de l'ordre depuis. J'ai accouché, mon mari a appelé la clinique pour leur dire que bébé était née a la maison, qu'ils pouvaient nous rayer de la liste. Lui qui venait de vivre la plus belle aventure de notre vie s'est fait pourrir par le personnel de la clinique. On a mis le temps à réagir. Je cherchais presque des excuses au gynéco.
Puis je suis tombée sur le tumblr Je nai pas consenti et je commence à mesurer l'étendue des degats, et à me dire qu'il faut que ça change. Qu'on doit se battre.
Donc je dois être féministe, même si je sais pas trop me situer, je dois déconstruire mes reflexes de pensée. Ma prise de conscience est très récente et je tâtonne dans mes questionnements.

Tu as écrit un roman Le faire ou mourir ; peux-tu nous en parler ?

Concernant mon roman, il a servi de terreau. En tombant sur un fait divers, un peu comme celui de ces jours ci dans l'Oregon, d'ailleurs, et les commentaires virulents qu'il a suscité (le gosse avait quinze ans tout juste) j ai voulu remonter en arrière dans son histoire et inventer un parcours difficile qui mènerait a la tuerie. C'était pour moi, pour comprendre, pour avoir de l'empathie, comprendre quel rôle moi j avais joué, en tant que citoyenne lambda, dans l'accomplissement de ces meurtres. C'était pour déconstruire. J ai pas lu l'histoire du vrai criminel. Je voulais pas en savoir trop et que ca m'influence. C'était juste pour moi. J'ai inventé Dam, et le plus extraordinaire c'est qu'il s'est construit tout seul. Il raconte sa propre histoire d'ado frêle et brimé, dans une famille sans dialogue,  et qui trouve l'amour. Mais cet amour est réprimé, et les paroles des autres plus que les gestes le conduisent au pire. Bref, sa publication est un hasard et une magnifique aventure qui dure depuis 2011, et qui m a permis de rencontrer plein de gens qui militent pour les droits des personnes LGBT, des gens que j'aurais jamais eu l'occasion de rencontrer à l'école du dimanche!
Je participais tout a l heure a des rencontres a Lille, avec des jeunes, dans le cadre d'un festival littéraire, et j avais l'impression de déconstruire pour que d'autres puissent reconstruire derrière. C'est l'effet que ça m'a fait.

Qu'est ce que l'évangélisme ? En, quoi se différencie-t-il d'une religion comme le catholicisme ?

Les chrétiens évangéliques sont assez proches des protestants.
Ils se différencient des catholiques par une liberté de se convertir, et donc de se faire baptiser par immersion complète. Ce n'est pas imposé a la naissance par la famille, c'est une expérience personnelle du croyant, adulte, qui fait une vraie rencontre spirituelle, qui rend témoignage de cette rencontre et qui symbolise sa renaissance par le baptême, comme l'a fait Jésus dans les évangiles en se faisant baptiser par Jean Baptiste dans le Jourdain. (À ce propos, j ai envie de préciser que beaucoup de personnes refusent d assister à un baptême de ce genre, alors que l'on refuse rarement d assister à un baptême catholique...)
L'Eglise n est pas le lieu mais l'ensemble des croyants, qui se rassemblent dans des locaux neutres ; pas d'icônes, encore moins de statues. Il n y a pas de saints que l'on peut prier, car il n y a que Dieu, père fils et saint Esprit. Les saints sont seulement les chrétiens, et on ne les prie pas, même morts.
Les pasteurs peuvent se marier, et avoir des enfants. Les femmes peuvent être pasteurs, mais ça se voit plus aux États-Unis.
La Bible est le seul livre de référence. Il sert de ligne de conduite. Voilà en gros. Les chrétiens apportent la parole de Dieu, en laissant l autre libre d être touché par cette parole ou pas.

Beaucoup de religions sont contre des actes féministes tels que l'IVG par exemple ; comment arrives-tu à concilier ta religion et ton féminisme ?

Concernant l avortement, je n'ai pas trouvé de référence claire. Les chrétiens n'avortent pas car ils comptent sur Dieu en toute circonstance et si Dieu le veut, alors ils sont capables de faire face, avec amour, patience, humilité. Je n'ai pas lu qu'ils devaient obliger les autres à la même confiance, ni qu'ils devaient les juger, les tourmenter, les punir. Dieu est juge. Nous, on doit juste aimer notre prochain. Et la Bible cite les fruits de l amour : la patience, la bonté, etc...
Pour ma part, j'ai eu du mal avec l'IVG. Cest dur à déconstruire parce que je reporte sans arrêt sur les autres mon amour de la maternité, que j'ai du mal à imaginer d autres ressentis. C'est récent. Je réfléchis, faut voir comment ça mouline là-dedans ! Je m'efforce d aimer avant tout, et même si l'ivg est un droit dont je n'userai pas pour mon cas, (comme tout un tas d'autres droits qu'on ne remet pas en questions pour autant, d'ailleurs) je crois profondément que je ne dois pas en priver les autres. Quand je vois des masses, des statistiques, c'est difficile de déconstruire. C'est toujours plus facile de voir des gens, des personnes, et au lieu de vouloir trancher et me poser en juge et de dicter les propres lois, je vais lire des témoignages et ça me recentre.
C'est pas facile de concilier les deux, foi et féminisme. Ça demande de s interroger, de revoir sous un autre angle, et souvent ça culpabilise, parce qu'on ne sait pas si on ne renie pas un peu des deux parfois.

Qu'est ce que l'école du dimanche ?

L'école du dimanche, c'est un peu le catéchisme des catholiques ; c'est pour les enfants, c'est le dimanche car le dimanche est consacré à Dieu, et on enseigne les évangiles.
C'est facile parce que dans les évangiles, Jésus enseigne à ses disciples en utilisant des paraboles, qui sont des petites histoires.
Je me souviens très bien de la première fois où j'y ai entendu celle du bon samaritain ; où un voyageur est détroussé, laissé pour mort, et pleins de gens (très biens nés, respectés), passent devant sans lui porter secours car il n'est pas de leur catégorie sociale... et  c'est celui duquel on en attend le moins socialement qui l'aide, le relève, le loge, paye ses soins... Jésus termine en disant de nous aimer les uns les autres. Je trouve que ce texte a une résonnance particulière dans l'actualité en ce qui concerne les migrants et j ai souvent envie de le marteler a ceux qui se disent chrétiens et oublient leur prochain...mais je m éloigne !

Beaucoup de féministes dans le catholicisme, l'islam ou le judaïsme, relisent leur livre saint au prisme du féminisme et en font une lecture féministe ; est-ce ce que tu as commencé à faire ? Penses-tu que Jésus était féministe  ?

J'ai commencé à relire certains textes. Il parait qu'on en apprend toujours, et Dieu dit à chacun ce qu'il a besoin d'entendre, s'il ne ferme pas son cœur. Je dois juste bien écouter. Je pense aller farfouiller sur le net pour trouver des expériences similaires, mais souvent j'ai ressenti du rejet, du jugement, surtout si tu évolues dans un milieu ouvertement athée. Les gens pensent souvent qu'on est bêtes de croire à la création en 6 jours par exemple, quand toute la science parle d'évolution sur plusieurs milliards d années. Ils pensent sans doute que la foi ne s'accomode pas de la science, et pourtant, moi, la science m'explique comment Dieu s'y est pris pour faire le monde, et je trouve ça magnifique. Tout ça pour dire qu'on est jugées en tant que femme, mais aussi en tant que croyante, et c'est parfois la double peine il me semble. Pas facile dans ce contexte de faire évoluer sa pensée. Certaines fois je me suis fait démonter sur des discussions par certaines qui se disaient féministes parce que je me questionnais sur ces sujets de foi qu'elles trouvaient incompatible avec un mouvement ou même une simple notion de féminisme. Il faut que je cherche mieux, et souvent je lis longtemps avant de questionner maladroitement, je n'aime pas prendre des coups sur internet.

Concernant Jésus, il a fait dans la Bible des choses envers les femmes que les hommes de son époque reprouvaient. Il avait un amour des gens, des faibles, des petits, des malades, et il a cité plusieurs femmes en exemple. Mais je ne crois pas, à la lecture des textes, qu'il était féministe comme on l'entendrait nous. Je ne sais pas encore comment je vais concilier ça.
J'aurais aimé que le fils de Dieu soit une femme. Ça m'aurait facilité les choses, et sans doute pas qu'à moi !

Je suis heureuse que tu aies posé ce thème...en t'écrivant j'ai l impression que ça met de l'ordre dans mes idées.

Tu dis que tu te questionnais sur des sujets de foi que des féministes trouvaient incompatibles avec le féminisme ; peux tu en donner quelques exemples ?

C'était plutôt global, comme sujet de foi. Je n'étais pas rentrée dans des détails de dogme ou autre, mais j avais réagi par rapport à des commentaires qui fustigeaient violemment ma "religion" ( j'aime pas trop ce mot auquel je préfère foi, d'où les guillemets) et les croyants en général.
Je m'étais sentie blessée, insultée, bafouée, prise pour une ignorante, une arriérée, que sais-je ? Parce que j'étais du mauvais côté, qu'on ne pouvait décemment pas à la fois être féministe et sous le joug d'un livre qui condamne la femme à la souffrance dès les premières pages...

Tu travailles dans un HEPAD auprès de personnes très dépendantes ; peux tu nous décrire ton travail ?

Mon travail en HEPAD consiste à accompagner des personnes âgées dans les gestes  du quotidien. Je travaille en secteur fermé qui encadre ces personnes, pour la plupart avec des troubles de la mémoire tels qu'elles ne pensent plus à se laver ou à s alimenter. Ça demande beaucoup de respect et de patience, et je me rends de plus en plus compte à quel point. On est dans l'intimité de personnes vulnérables, qui n'ont souvent plus les mots pour dire leurs douleurs, leurs peurs, leur gênes. On est très vite maltraitant, dès qu'on n'est plus bien-traitant en fait. Il n y a pas d'intermédiaire. Ça commence par le regard qu'on pose sur la personne vieillissante. Il s'agit de beaucoup de femmes, avec des histoires et des parcours propres. Je crois que je vais écouter leur cheminement avec un autre point de vue quand je reprendrai le boulot. En cela, le tumblr Je n'ai pas consenti m a grandement ouvert les yeux sur ma pratique de soignant.

Que pense ton mari de ton féminisme ?

Quant a mon mari...
Et bien bonne question, je n en sais rien. Je ne sais même pas si j ai dit le mot féministe pour ne pas l effrayer. Je le ménage, ce qui en dit long sur le chemin qu'il me reste à faire ^^
Mais je lui raconte beaucoup mes lectures, mes idées (ou plutôt celles des autres) et je donne mon avis. Nous avançons ensemble. Il s'indigne avec moi.
J'ai l'impression que je lui mettais beaucoup de pression en attendant inconsciemment qu'il se comporte comme un meneur, un chef de famille fort, qui prend les décisions et protège sa petite tribu. Je crois que cette réflexion nous a libérés des clichés en légitimant notre façon de vivre.
Je vais arrêter de dire que j'ai de la chance d'avoir un mari comme lui, qui sait tenir une maison en mon absence, qui n'est pas jaloux et qui s excuse lorsqu'il n'a pas eu le temps de passer l'aspirateur.
Je dirai juste que c'est normal.

Beaucoup de féministes pensent qu'il n'est pas possible d'être pratiquante, d'adhérer à une religion et d'être féministe : que peux tu dire là dessus ?

Hmm. Certaines féministes et les cases bien carrées... tout l’un ou tout l’autre mais pas des deux.

En réalité je n’en sais rien. Je crois que ça va être un parcours difficile.

Comment réinterpréter les textes sans les modifier ? Car de la Bible, on ne doit rien y ajouter, rien en retrancher. Si je considère qu’elle est la parole de Dieu, que les hommes (et oui... pas de femmes...) qui l’ont écrite, transmise, ont été inspirés par Dieu, ai-je le droit de la remettre en question ? Et si j’admets que les textes ont subi l’influence de leurs auteurs, où est-ce que je place Dieu dans tout ça ? Jusqu’à quel point je m’écarte, jusqu’à quel point je suis dans le vrai ? Je vais surement devoir faire des compromis, et dans ce cas, est-ce que je vais garder la tranquillité d’esprit que la foi m’apporte, et en même temps le sentiment d’humanité que m’apporte ma démarche pas tout à fait encore militante ? Bref, j’ai pas encore choisi ma case. Ce qui domine, c’est l’envie de ne rien perdre, et au contraire, de tout gagner.
Est-ce que ton entourage et ta famille ont constaté de ton féminisme - sans forcément mettre un mot dessus - qu'en disent ils ?

Je crois que ma famille se rend compte de ce changement.

J’y vais doucement, en amenant une idée après l’autre, fréquenter quelques blogs m’aide à mettre ma pensée en mots, et à faire rebondir certaines discussions. Je n’y vais jamais de front, mais je m’efforce de poser les bonnes questions... ça marche bien pour le moment. Je parle de féministes qui disent ceci ou cela, et je vois jusqu’où je peux aller. Au début je ne disais pas le mot qui fâche. Maintenant j’arrive à rapporter des références, des études, et si j’avais meilleure mémoire je serais plus crédible.

Parfois ma famille n’est pas d’accord avec moi. Ca n’entache pas nos relations pour autant. Je pense que ma famille prie pour que j’entende raison, et moi pareil pour eux.

 

 

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