oct 152013
 

(traduction et résumé de cet article ; si vous  voyez des erreurs de traduction factuelles flagrantes, merci de m'en faire part).

Le 08 janvier 2012, Daisy Coleman âgée de 14 ans a été violée par un lycéen ainsi qu'une de ses amies. Les scènes de viol ont été filmées.

La famille était arrivée 3 ans plus tôt à Maryville une ville du comté d'Albany, après le décès accidentel du père de Daisy.

Les enfants Coleman commençaient à bien s'intégrer et Daisy avait entamé une amourette avec Matthew Barnett, un populaire lycée joueur de football.

Pendant la soirée du 07 janvier, Daisy et sa meilleure amie ont fait une soirée pyjama pendant laquelle elles ont bu. Daisy a échangé des textos avec Barnett. Le frère aîné de Daisy avait essayé de la mettre en garde contre ce garçon à la mauvaise réputation mais une adolescente écoute rarement son frère aîné.
A 1  heure du matin les deux ados ont fait le mur et ont rejoint Barnett qui les a conduit à une fête. Barnett a incité les deux jeunes filles à boire. Ensuite, Daisy Coleman ne se souvient plus de rien.

Le lendemain Mme Melinda Coleman est réveillée par ses chiens qui grattent à la porte pour sortir ; elle trouve sa fille dehors sur le perron. La jeune fille y est depuis 3 heures, inconsciente, à demi nue en plein mois de janvier.  Ses cheveux ont commencé à geler. La mère, devant l'état de sa fille et les lésions observables, comprend ce qui s'est passé et l'emmène à l'hôpital où elle est rejointe par son amie de 13 ans, qui, elle, se souvient de la soirée. L'examen gynécologique a bien révélé qu'il y avait eu actes sexuels.
La jeune fille a été incitée à boire, est allée dans une chambre avec un jeune homme de 15 ans, qui, malgré ses refus répétés, l'a violée.
Quand elle est ressortie de la chambre, elle a vu Barnett qui a demandé si elles étaient prêtes à rentrer. Daisy Colemn était à demi inconsciente et a du être portée. Elles ont été ramenées devant la maison de Daisy et les garçons ont dit à la jeune fille de rentrer pendant qu'ils attendaient que Daisy dessaoule. Daisy était en train de pleurer.

Barnett a été arrêté, mis en examen pour violet mise en danger de la vie d'un enfant. Il a admis avoir eu des relations sexuelle avec elle mais que tout était consenti ; il savait qu'elle avait bu. Barnett n'a pas été mis en examen pour viol sur mineur (statutory rape) car il faut que la victime ait moins de 14 ans ou l'auteur plus de 21 ans.

Un autre étudiant très populaire Jordan Zech a été mis en examen pour avoir filmé le viol.

Un mandat de perquisition obtenu très rapidement a permis de mettre la main sur de l'alcool, le téléphone, des culottes.
Le shérif était très confiant puisqu'il y avait des preuves et des aveux audio et  video.

Sur twitter et facebook certains ont pris faits et cause pour les violeurs et des menaces ont été proférées contre la famille Coleman. Daisy a été renvoyée de son équipe de cheerlader. Son frère a été insulté pendant sa soirée de fin d'études ; on a devant lui traité sa mère et sa sœur de "crazy bitches".

Lors d'une autre soirée, une jeune fille est arrivée portant un tee shirt "Matt 1, Daisy 0".

Deux semaines après le viol, Melinda Coleman a  été renvoyée de son emploi. Elle est revenu voir son ancien employeur avec un enregistreur ; il lui a clairement dit que c'était lié à l'affaire. Elle a ensuite dit à un journal qu'elle avait des liens avec la famille d'un des accusés.

Début mars, les accusations contre Barnett et Zech ont été abandonnées par le procureur Rice.

Lorsqu'un journaliste a tenté de voir les documents autour de l'enquête, l'employée en charge des archives était la mère d'un des 5 garçons présents à la soirée où les deux jeunes filles ont été violées.

Le grand-père de Barnett, Rex, a été élu à la chambre des représentants de 1994 à 2002. Il a des liens politiques forts avec le procureur local Rice, celui là même qui a abandonné les charges contre Barnett et Zech.

Contacté par un journaliste, Rice déclara que les charges ont été abandonnées pour manque de preuves. Il parla d'un cas d'incorrigibles adolescents qui boivent de l'alcool et ont des relations sexuelles.

Depuis la fin de l'affaire, la famille Coleman est traînée dans la boue. Daisy et un de ses frères ont d'abord du changer d'école. En août, la dernière charge qui restait (mise en danger de la vie d'un enfant, pour avoir laissé Daisy ivre dans le froid) ont été abandonnées. Les sheriff dit que c'est la faute des mères des victimes ; elles ont refusé de s'impliquer dit-il.

En août, la famille a déménagé à Albany. leur maison de Maryville a été incendiée par la suite.

Depuis le viol, Daisy est en thérapie. Elle a été admise 4 fois à l’hôpital et a fait un séjour de 90 jours au Missouri girls Town, un établissement pour jeunes filles en difficulté. Elle a fait deux tentatives de suicide.

La jeune fille de 13 ans a des cauchemars, des flash back et du mal à dormir seule.

Les deux violeurs sont désormais inscrits à l'université du Missouri.
Il y a peu barnett a retwité le propos suivant "If her name begins with A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z, she wants the D." (quelle que soit la lettre par laquelle commence son prénom, tout ce qu'elle veut c'est la B - la bite).

Hier donc Anonymous s'est mis en chasse. J'ai beaucoup de mal avec leurs méthodes. Comme on me l'a dit sur twitter "who watched the watchmen ?". J'ai du mal à les voir diffuser des photos des violeurs, des adresses de leur famille. Je sais ce que peut faire une foule en colère et nul ne mérite un lynchage, pas même un violeur. Mais.. que faire ? Que faire face à un tel déni de justice ? Anonymous demande la réouverture de l'enquête ; comment une video et les preuves médicales peuvent-elles entraîner l'abandon des charges ?  Comment peut-on voir cette affaire de répéter encore et encore après Steubenville, Amanda Todd  et Rehtaeh Parsons ?
Vous pouvez suivre les actions de Anonymous avec les hashtags #OpMaryville et #Justice4Daisy.(je trouve très curieux et désespérant que la justice se rende via des hashtags..).

Pour celles et ceux qui penseraient que tout cela est bien loin... 10% des victimes portent plainte après leur viol en France ; demandez-vous pourquoi.

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  23 réponses sur “Maryville, un nouveau Steubenville, un nouveau cas de culture du viol.”

  1. Ce récit me rappelle une éprouvante conversation que je ne pensais jamais avoir. Je ne vais pas trop m'étaler sur mon interlocuteur car ça n'est pas le propos, mais simplement pour situer le contexte, il faut savoir que c'est un homme d'environ 20 ans et qui est étudiant.

    Nous parlions du système pénale et des difficultés qui peuvent intervenir dans la constitution d'un dossier (suite à un épisode de "Law and Order" si vous voulez tout savoir) et j'ai évoqué le cas d'une connaissance qui s'est vu envoyer sur les roses par les flics le jour ou elle est venue porté plainte suite à l'agression de sa fille lors d'une soirée arrosée (pas tout à fait le même scénario que dans le cas présenté ici, mais on s'en approche). A ce moment là tombe l'argument qui de la bouche de cette personne m'a sidéré : "elle l'avait bien cherché".

    Nous avons argumenté jusqu'à l'engueulade sur ce thème. J'étais halluciné de voir quelqu'un de largement plus jeune que moi, issu de la "génération internet", avoir un esprit aussi obtus concernant une réalité dramatique et surtout faire preuve d'aussi peu d'empathie.

    Même après des dizaines d'exemples et d'explication, mon interlocuteur ne lâchait pas l'affaire et ne voyais pas du tout ce qui déconnait dans son résonnement. Il me prit le fameux exemple "quant tu vas dans un coin qui craint, tu te balade pas en tenue chic". Et c'est là ou je pense avoir compris ce qui ne va pas dans l'esprit des gens qui cautionnent ces faits : ils ont intégré le model à tel point qu'il en va presque d'une réalité physique que les choses arrivent ainsi. A coté de ça il avait une rationnalité froide et presque cruelle : "Est ce qu'elle à dit non ?" "Elle avait trop peur" "et pourquoi elle est pas appeler à l'aide" "Parce qu'elle était terrorisée" "pourquoi il avait un couteau sur elle ?" "Non, mais elle avait quand même peur" "c'est débile ! si elle réagit pas aussi c'est quand même un peu sa faute !"....

    Mon jeune interlocuteur est totalement inconscient de ce que représente ce genre d'agression pour une jeune fille, pas plus qu'il ne réalise que son propre conditionnement le pousse dans des modèles de pensés susceptibles de créer ce genre de situation.

    Malgré tout, j'ai obtenue une petite victoire ce jour là, en le coinçant sur ces propres mots. "Tu me dis que c'est un peu ça faute ? donc ça veut dire que c'est beaucoup celle du mec ?" "euh ouais" "donc tu admettras que meme si on va réduire la peine du gars pour circonstance atténuante toussa toussa, mais que malgré tout il est normal qu"on le juger et qu'on lui donne une peine ? car selon TES propos et TA logique, il a une grande part de responsabilité que rien n'excuse" "Ouais mais quant t'es bourré tu sais pas ce que tu fais" "Tu es responsable de te mettre dans cet état, c'est pareil que si tu te baladais avec une grenade dans la rue, si ça explose par accident, c'est toi qui à fait le con en trimbalant un truc aussi dangereux" "ah mais t'exagères, un mec bourré c'est juste un crétin qui sait pas ce qu'il fait" "c'est juste un mec qui sait pas ce qu'il fait en effet, et donc il est potentiellement dangereux, et quand bien même il serait dans un état second, sauf si c'est une maladie, il vit dans une société ou chacun assume ces actes".

    Au final (je vous passe des détails car je me rend compte qu'a ce rythme là j'aurais plus vite fait d'écrire un article) cette personne à accepté l'idée que effectivement, une victime de ce genre d'agression est légitime a porté plainte.

    Je me bagarre encore pour lui faire comprendre que c'est dégueulasse de la culpabiliser avec des "elle l'a bien cherché" ou des "t'avais qu'a...".

    Mais j'y arriverai...

  2. C'est tout le problème de la culture du viol que j'ai tant de mal à expliquer aux gens.
    Tout le monde est bien persuadé d'être "contre le viol". et puis en creusant plein de gens t'expliquent qu'elle l'a cherché, qu'elle était habillée comme si ou ca, qu'elle n'avait pas qu'à boire etc. et au final trouvent plein d'excuses aux violeurs. ce qui entraine que les victimes ne portent pas plainte (vu qu'elles on aussi intégré que c'est leur faute) donc une impunité des violeurs donc des viols donc etc etc etc.
    tu as, dieu merci, une grande capacité argumentative donc je sais que tu ne lacheras pas l'affaire mais dieu que c'est lassant de voir encore de tels comportements..

    • Comme je le disais ce qui m'a le plus choqué c'est d'entendre ça de la part de quelqu'un de jeune et qui gravite dans les mêmes cercles que moi. Il faut sensibiliser au maximum les gens de tous ages et de tous milieux; car cette pensé est si fortement implanté dans la société qu'il est extremement difficile de se rendre compte a quelle point elle est incohérente. Je constate parfois que moi même (qui suis pourtant très sensibilisé) il m'arrive d'avoir des schémas de pensés jouant sur ces clichés.

      J'invite donc tous les lecteurs (et aussi les lectrices à un autre niveau) a réfléchir sérieusement sur ce que vous pensez de ces histoires, et a vous remettre en question, que vous soyez de ceux qui disent que les gamines qui boivent et qui couchent sans vraiment le vouloir n'ont que ce qu'elle mérite, ou bien que vous soyez de ceux qui pensent qu'il faudrait brûler vif ceux qui abusent de la naiveté et du manque de maturité d'ados (fille ou garçon d'ailleurs).

      Soyez contre les crimes, et pas les criminels. Fustigez le système qui laisse des jeunes croire que "non" ça veut dire "oui", gueulez contre la rape culture et l’esthétisation de la violence. Ceux qui commettent ce genre de crime sont quelque part aussi victime. Alors oui il faut qu'ils payent, mais il faut aussi que ceux qui entretiennent de tels idéaux en toute conscience soient montré du doigt. Et avant tout soyons certains de notre propre valeur morale avant d'exiger celle des autres.

      • Toujours dans la logique de ton interlocuteur, on peut opposer l'argument suivant : si une jeune fille par sa tenue et son alcoolémie est "responsable" d'avoir été violée, le violeur, par son alcoolémie est de la même façon responsable des crimes qu'il commet sous l'emprise de l'alcool (en buvant, il a cherché à faire des conneries).

        C'est vrai qu'en allant au fond des choses, on voit le manque de symétrie de la logique de nos interlocuteurs et cela souligne à quel point le conditionnement amène à des raisonnements tordus.

  3. Merci pour ce résumé, du coup je suis allée lire l'article entier en anglais.

    D'après ce que je comprends de la législation américaine "sexual assault", que tu as traduis par "agression sexuelle" inclus bien la notion de viol. Je pense que "statutory rape" est plus proche du concept de "détournement de mineur" (dont il n'a pas été inculpé, donc)

    Sinon, c'est en effet un cas dramatique et hélas pas isolé. :/ Comme toi, je m'inquiète du fait que la justice doivent être "faite" par les Anonymous, mais si ça peut aider à rouvrir l'enquête...

  4. "Daisy Coleman âgée de 13 ans a été violée par un lycéen ainsi qu'une de ses amies." --> le "ainsi qu'une de ses amies" gagnerait à être placé avant "par un lycéen", ça pourrait laisser supposer qu'elle a été violée par (un lycéen + son amie) au lieu de (elle + une amie) violée par des lycéens.
    Ça m'a un peu perturbé mais c'est bien mineur.

    "Daisy Colemn" -> Coleman

    "Cheerlader" -> cheerleader (§10)

    Sur le fond, ça me parait juste fou. Le déroulé des faits, l'abandon des poursuites, mais quel monde de merde !

    ...En fait non, ça me parait pas fou, l'impunité, l'alcool... Quand je repense à des soirées auxquelles j'ai participé, je me dis que ça aurait pu déraper.

    Ok, on avait pas de téléphone portable pour filmer, mais l'effet de groupe, la désinhibition due à l'alcool, la frustration adolescente générée par la pression de groupe et l'injonction à baiser pour être un mec, un vrai... Si un bonhomme avait emmenée une fille dans le but de la saouler pour baiser, je me dis que ça aurait pu arriver.
    Les ingrédients étaient là ; ils le sont pour ces adolescentes.
    J'essaie de me persuader que personne dans mon entourage de l'époque n'aurait pu faire une chose pareille, mais j'ai peur que non en fait.

    Quelque part je me dis que le fait qu'un journal ait publié un article aussi long et factuel là dessus est assez positif : ces cas là ne tombent pas dans l'oubli...

    • Quand j'étais adolescent, on m'avait pointé une jeune fille en expliquant que celle-ci, ivre dans une soirée, avait eu des rapports avec plusieurs garçons, rapports non consentis vu son état. Les gens ne disaient pas "viol" car cela n'avait pas eu lieu sous la force...

  5. C'est curieux, je n'ai pas du tout la même lecture que vous de cet événement. Pour moi, c'est "un nouveau cas de corruption politique", pas "un nouveau cas de culture de viol". Il est très probable que si l'agresseur n'avait eu aucun appui, et que la jeune fille avait eu un grand-père au Congrès, il aurait été puni de façon exemplaire.

    En règle générale, les gens ont tendance à considérer le viol comme extrêmement grave quand il arrive à leur fille, et comme très excusable, ou plutôt comme inexistant, quand il est commis par leur fils.

    Plus précisément, le viol est perçu comme un crime si abominable dans notre société que la seule stratégie face à lui est le déni. "Non, il n'a pas pu faire ça. Elle a dû le chercher, c'est pas possible". Avec le viol, c'est tout ou rien. C'est ce qui me gène avec le concept de "culture de viol": il ne décrit qu'un côté de la représentation, sans s'interroger sur la perception paradoxale de ce crime dans la société - une perception qui puise sa source dans une sacralisation inassumée du sexe.

    • Passons sur le "En règle générale, les gens ont tendance à considérer".

      Comment pouvez vous dire d'une part

      1/ "le viol comme extrêmement grave quand il arrive à leur fille, et comme très excusable, ou plutôt comme inexistant, quand il est commis par leur fils"

      Puis :

      2/ "le viol est perçu comme un crime si abominable dans notre société que la seule stratégie face à lui est le déni"

      ?

      Le fait que, d'après vous, on banalise le viol quand il est commis par un garçon (""""son fils"""") n'aurait il pas comme vaguement à voir avec la culture du viol, justement ?

      Et qu'est ce que c'est que cette façon que de ne considérer le viol qu'au travers de ses propres enfants ??

      • Beuh... Je ne comprends pas vos questions, vous voyez des contradictions là où la logique me paraît évidente... J'ai dû mal m'exprimer.

        • A la limite, l'abandon des charges, c'est de la corruption (on va dire que l'un n'empêche pas l'autre). Mais la maison de la victime brûlée, la mère virée et l'acharnement dans les moqueries, ça c'est la culture du viol.

      • Bonjour,

        J'ai moi-même subi une agression sexuelle à l'âge de 13 ans, paralysée, je n'ai pas osé en parler. Le jour où j'ai enfin pu en parler à mon père et ma belle-mère à l'âge de 16 ans, personne ne m'a cru, pas même mon père. Il a fallut que je fasse une grosse dépression vers 20 ans, pour qu'un ami m'accompagne au commissariat pour porter plainte. Et évidemment, comme ils n'ont pu retrouver la personne, il y a eu un non-lieu.

        Voilà un bel exemple de la culture du viol, c'est tellement horrible que ça ne peut-être qu'un mensonge.
        Pourtant, je peux vous assurer que c'est arrivé et que je ne suis pas une menteuse. Personne ne peut imaginer, à quel point c'est dur de se relever de ça.
        J'en ai 26 aujourd'hui, et j'ai encore des séquelles de cet évènement, dans mes relations aux hommes.

        Alors, je vous en prie, si une personne vous confie s'être fait violée, CROYEZ-LA !

        • Mon avis n'avait nullement pour objet de nier votre situation, dont je n'ignore pas qu'elle est dramatiquement courante.

  6. Ça me met mal à l'aise, moi aussi, ces histoires d'anonymous. Il me semble bien que, par exemple, des gens de cette mouvance avaient publiquement dénoncé une personne comme étant le gestionnaire de "Freedom Hosting" (un hébergeur de sites "darknet", dont des sites pédophiles)... apparemment à tort, puisque le gestionnaire a été arrêté récemment en Irlande (bien entendu, attention, affaire non jugée).

    C'est exactement le genre d'accusation qui fait mal: improuvable, mais archivée à vie dans Google etc., avec des gens qui pensent qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

    @Gloups: Je vais prendre un exemple parallèle. Quand je travaillais en Californie, un homme CSP+ (ingénieur, il me semble) s'est fait tuer en plein centre-ville yuppie par des jeunes pauvres (noirs ou mexicains?). On m'a dit que ceux-ci risquaient la peine capitale car le jury s'identifierait à la victime (chaque membre du jury peut s'imaginer marcher dans la nuit le soir à cet endroit); par opposition à un crime "privé", dans le cercle familial.

    Revenons au viol. L'individu moyen va dire, dans l'abstrait, que c'est quelque chose d'horrible sous une forme qui le menace, ou du moins qui menace son entourage (disons, dont on peut imaginer sa petite copine / sa fille / etc. comme victime). En revanche, une histoire où le violeur connaissait la victime apparaîtra comme une affaire privée; il est facile alors de prendre un petit air hautain et dire "ma fille n'irait certainement pas boire chez un jeune homme, la victime l'avait bien cherché".

  7. Sur la traduction :
    - Daisy avait 14 ans au moment des faits, c'est son amie également été violée ce soir-là qui avait 13 ans.

    - un seul des viols a été filmé (celui de Daisy)

    - parler "d'amourette" entre Barnett et Daisy, je ne sais pas trop... Il est dit dans l'article qu'ils avaient échangé des textos.

    - ce n'était pas les chiens qui grattaient à la porte (ce qu'elle croyait au début), mais bien sa fille.

    - l'amie de 13 ans était endormie dans la chambre de Daisy (elle avait été raccompagnée à la maison par les garçons, et avait dû rentrer comme elle était sortie), et ne les a donc pas "rejointes à l'hôpital".

    - c'est l'amie de 13 ans qui a rejoint le garçon de 15 ans dans une chambre. ("La jeune fille" prête à confusion.) Daisy se souvient juste d'avoir bu 2 verre d'un "truc transparent".

    - L'employeur de Coleman était une femme.

    - La maison a brûlé - on ne peut pas dire qu'elle a été incendié car rien ne permet de l'affirmer (même si on peut avoir d'énoooooormes doutes).

    • En effet, j'ai compris la même chose de l'article original (mais je n'ai pas eu le temps ni le courage de relever ces détails point par point). La 2ème victime n'ayant pas souhaité être nomée, il y ai fait référence pendant tout l'article comme à la "jeune fille de 13 ans".

      Cette amie, qui se souvient de la soirée donc, n'a pas assisté au viol de Daisy (qui a eu lieu pendant qu'elle même était violée par le garçon de 15 ans) mais elle a vu Barnett sortir d'une chambre et proposer de les raccompagner. Elle témoigne (de même que les autres garçons présents cette soirée là) que Daisy pleurait pendant qu'on la portait à la voiture.

  8. Lisant l'article en anglais, bien sûr, on doit mettre en cause une culture du viol--présente partout de toute façon.
    Mais il y a d'autres facteurs très importants à l'oeuvre que l'on voit mieux dans la VO du texte.

    D'abord, le fait que la famille de Barnett, le violeur, était une famille importante dans cette petite ville, une des 5 ou 6 familles qui y font à peu près la pluie et le beau temps: hautes fonctions politiques (du côté Républicain, ce qui est tout un programme, on sait qu'une majorité de Républicains pensent encore qu'une jeune fille doit arriver vierge au mariage), clientélisme et liens familiaux et professionnels avec plusieurs personnes impliquées dans l'enquête, qui se sont évidemment empressées de faire un max pour étouffer l'affaire, étant donné que leur job dépend de cette famille).
    Et le fait que la famille Coleman venait de s'installer dans cette localité, qu'ils étaient toujours vus comme des étrangers qui n'appartiennent pas vraiment au groupe et qui comptent pour rien.

    Il y a là une situation type, presque stéréotypique , vue X fois dans des films US: la famille qui fait la loi dans une petite ville, tient tout le monde d'une façon ou d'une autre, et qui peut commettre des crimes qui restent impunis à cause de ce vaste réseau de complicités. Et bien sûr, l'hostilité de cette communauté envers les gens du dehors.

    Dernière chose : le fait d'être violée sous l'emprise de l'alcool, alors que le violeur l'est aussi. c'est vraiment aux EU un des types de viol les moins défendables en justice .
    Il y a eu des débats interminables là dessus, sur ce que le Cosmo US, qui a abordé la question, nommait 'grey rape", le viol gris, le viol qui n'en est pas vraiment un (selon eux): quand les deux personnes impliquées étaient toutes les deux ivres, on les renvoie dos à dos: la fille n'avait qu'à pas se mettre dans un tel état; le garçon, par contre, il ne savait plus vraiment ce qu'il faisait,ou vu son cerveau embrumé, il pensait vraiment qu'elle était consentante, etc.

    Cette situation d'ivresse des deux côtés, deux personnes "qui ne savent plus ce qu'ils font" est vue comme indécidable: comment savoir ce qui s'est vraiment passé, eux mêmes ne le savent pas.

    Je trouve qu'Anonymous a fait la seule chose à faire: quand ce genre d'omerta règne dans une petite ville, il n'y a qu'une intervention extérieure, de gens qui ne sont pas partie prenante dans le réseau de clientèle , qui peut faire que la justice soit rendue.

  9. En lisant (en anglais), les commentaires du site de CNN qui a donné une interview à la jeune fille, mes doutes sur le bienfondés des actions des anonymous s'amenuisent... je suis contre le principe des "vigilantes" (donc, l'anonymité des cas me parait mieux), mais il y a quand même un mérite à voir combattus publiquement cette idée de la "bonne victime": Elle avait bu, elle était ivre morte et avait rejoint le mec de son plein gré, c’est qu'elle aime ça.
    Bref, ça me file la nausée.

  10. Brrr, je trouve la justice étatsunienne totalement froide et inhumaine. Elle semble plus se préoccuper de l'âge des protagonistes que de leur consentement et de leur ressenti. Le respect de l'intégrité d'autrui s'efface devant le respect de l'impersonnelle Loi.
    Ces gens ne sont pas des juges, ce sont des comptables.

    "Bizarrement", les médias mainstream semblent plus prompts à dénoncer les cas flagrants de culture du viol quand ils viennent d'un pays identifié comme d'une culture différente ( on a beaucoup parlé de l'Inde), et très silencieux quand des faits similaires sont commis par des individus de culture occidentale. Ce qui s'est passé à Maryville aurait pu se passer en France, et des viols similaires se passent en France.
    Avec la même "excuse de minorité" quand les agresseurs sont mineurs. Avec la même culpabilisation de la victime. Avec le même consensus social de MERDE dans lequel toute la classe, tout le voisinage, toutes les personnes informées font l'unanimité CONTRE la victime. Avec la même pression contre la famille de la victime, qui se voit sommée de s'en désolidariser, sous peine de subir le même ostracisme.
    :(

    • Pour avoir porté plainte pour "abus sexuels" en France, je trouves la "justice" française dégueulasse. J'ai mis des années à être terrorisée à la simple vue d'un policier après. Je suis convaincue qu'une bonne victime de viol est une victime morte, et que comme cela qu'elle aura, peut-être, une chance d'être écoutée.

      Je suis convaincue que violer en France est largement toléré, voire normal. Pas grave, "elle" l'a bien cherché, portait une jupe, n'aimait pas Debussy ou que-sais-je. Je suis aussi convaincue que se faire violer vous met au banc de la société, surtout si, en plus, vous avez l'audace de vous en plaindre.

      Et encore, là, la victime a eu de la "chance" : elle aura au moins été soutenue par sa mère. Ce n'est pas mon cas, ni celui de ma meilleure amie, ni celui d'aucune fille victime de viol que je connaisse. Il est vrai que nous n'avons pas été trouvées à demi-mortes.

      Le violeur fait se taire la victime (on s'y attend). La culture du viol aussi. L'entourage préfèrerai qu'elle la ferme, ça salit leur réputation. En France, même la "justice" culpabilise la victime, propage les préjugés sur le viol, la traumatise, pousse à l'abandon de la plainte et protège les violeurs. Voilà ce que j'ai appris en portant plainte : en France, en théorie, le viol est un crime. Juste en théorie.

  11. @ anne, c'est clair en france il faut six mois pour un test adn pour un viol SIX mois! Pour un vol d'un certain scooter cela a mis une semaine.

  12. http://www.girlsandgeeks.com/2013/10/17/des-anonymous-et-des-filles/

    Un lien intéressant pour ceux qui, comme moi, s’interrogent sur les pratiques de vigilances citoyennes et son rôle dans la lutte contre la culture du viol. Je trouve le contrepoint de la surveillance globale par la NSA assez pertinente.

  13. [...] Maryville, un nouveau Steubenville, un nouveau cas de culture du viol. » Crêpe Georgette [...]

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