oct 102012
 

Professionnellement je ne pouvais pas quitter Internet à moins de donner ma démission. C'était le moment où je me traînais une maladie - pas grave juste chiante - qui te fait te demander  ce qui est bon ou pas pour toi.

J'ai une rare faculté à aller immédiatement vers les mauvaises personnes, les mauvais lieux, les mauvaises situations et à y patauger ; notre so-called libre-arbitre étant façonné souvent pour de bon. Ou pour de mal c'est selon.

Il n'y a pas si longtemps un journaliste m'a parlé de mon pessimisme face aux réseaux sociaux. Quels réseaux ? Quels sociaux ai je envie de dire.

Il a longtemps été de bon ton - ou plutôt normal - de ne pas dézinguer le web tant ce qu'on appelaient les NTIC étaient sources d'à peu près tous les maux du viol au porno en passant par la pédopornographie et les neonazis. Son immense démocratisation - tout au moins dans les pays industrialisés me permet, je pense de faire quelques constats.

L'internaute a été placé comme prescripteur tant au niveau économique que politique ou journalistique. Nous avons désormais en France des internautes intervenant à peu près partout, avec le sentiment que cela est un droit et surtout un du. Ils se répandent, à qui mieux, mieux, parfois pompeusement intitulés experts, persuadés de leur importance et de leur intérêt. Je le lis chaque jour, par paquet de mille, sans pouvoir y échapper car c'est ce qui me fait bouffer. Est ce que cela me touche ? Bien malin est celui ou celle qui pourrait dire qu'après dix ans à patauger dans les pensées les plus nauséabondes, on n'en ressent aucune amertume, aucune frustration, aucun dégoût.

Cela, je ne peux y échapper.

En revanche je peux vous échapper. "Mes loisirs". Un blog sur le féminisme où les insultes cotoient les banalités. Twitter. Un jour je trouverais l'utilité de ce médium. A part s'échanger des millions des liens que personne n'a le temps de lire, faire du smalltalk qui se faisait aussi bien sur IRC, être le plus cynique possible et RT des abrutis pour les livrer à la meute, je me demande bien ce que valent mes 30 000 twits.

Formidable source d'informations ? Qui lit le quart des qu'ils twitte ou retwite ?

Lieu d'échange ? Je ne vois que des insultes entre les uns et les autres. Copé dit de la merde ? Insultons Copé.  Sauf que Copé ne nous lira jamais l'insulter. C'est donc nous mêmes qui avons une TM remplie d'insultes destinées à Copé mais que nous sommes seuls à lire.

J'ai toujours été, du plus longtemps que je me souvienne, quelqu'un d'agressif. Avant physiquement, maintenant surtout verbalement. Le conflit, je le cherche, le provoque, réveillant des mécanismes que je ne veux pas chercher à comprendre.

Là, juste je comprends que je peux arrêter des les alimenter. Et que cette culture de l'instantanéité, de la rapidité, de la réaction de l'opposition ne peut qu'engendrer des gens haineux, revanchards, agressifs. Des gens comme moi.

Alors j'arrête. Un jour, un mois, deux ans. On s'en fout un peu ; tout cela n'a vraiment pas d'importance si.

ps. je ferme les commentaires. par lâcheté, peut être. surtout, parce que je n'ai pas envie de lire ou de répondre. J'ai des carottes à regarder pousser.

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