Parler de Brasillach

27 février 2012 par valerie | Classé dans Crêpage de chignon.

J’ai eu une migro algarade sur twitter à propos de Brasillach. Je soulignais qu’il me semblait vain, de la part de Mélenchon, d’attaquer Marine Le Pen sur ce sujet, la majorité des français ne sachant pas, ou se foutant complètement, de qui était Brasillach.

J’ai évidemment été accusée de « mépriser le petit peuple ». En l’occurrence, je voulais surtout souligner que l’infinie saloperie qu’a été Brasillach ne concerne plus personne. Ou si peu. Je lis, quasi quotidiennement, des gens qui  balaient à peu près toute évocation du sujet d’un vigoureux « et alors ? » comme si on parlait d’un temps fort lointain où il s’est passé des choses certes ennuyeuses mais au fond, pas si graves.
La récente sortie de Guéant sur le FN (national ET socialiste) m’a d’ailleurs poussée à remarquer qu’il tombait dans une sorte de relativisme culturel bien mal venu.

Je ne sais pourquoi – et non ne venez pas me parler d’Israël – nous sommes las de la seconde guerre mondiale ; pire nous la révisons.
Le Coran ? L’équivalent de Mein Kampf.
Des rappeurs ? Des nazis.
Le FN ? Le NSDAP.
Sarkozy ? Hitler.
Guéant ? Hitler.
Israël ? Hitler.

(c’est là que je me dis que je mécontente à peu près tout le monde avec ce texte. Attendons nous à la citation des exactions d’Israël et la récitation de sourates  et j’en passe).

A force de comparer tout et n’importe quoi avec le nazisme, on finit par oublier
1. ce qu’a été réellement le nazisme
2. on décrédibilise notre propos
3. on ne convainct personne
4. si on tentait de convaincre qui que ce soit de changer, on les a juste confortés dans leurs opinions.

Mais revenons à Brasillach, objet de ma conversation du soir avec dieu.

Peut-on citer des poèmes de Brasillach ?
Excluons Le Pen qui se contente de rassembler son électorat original – qui trouve sa fille un peu light – tout en concentrant l’attention sur de micro scandales pour que sa fille puisse plus facilement se présenter en martyre ensuite. Inutile donc de tomber dans le piège grossier.

Rien que le nom de Brasillach me donne envie de sortir un lance-flammes mais je n’ai jamais prétendu à une totale objectivité sur ce sujet.
J’ai été élevée avec la seconde guerre mondiale en toile de fond donc, forcément, des Brasillach, des Drieu la Rochelle, des « Je suis partout« , cela me parle un minimum.

Mais ai-je raison ? doit-on bannir – en excluant le cas Le Pen – la moindre évocation de Brasillach ? Ou de Drumont ? ou de tant d’autres ?

Je serais bien incapable de le dire. (de grâce évitez moi la comparaison avec un Voltaire, la vie de Brasillach n’a été faite QUE d’antisémitisme).

Je n’ai pas trouvé chez Gallica un numéro de Je suis partout ; je vous mets donc un lien vers un texte écrit pour un concours lancé par La libre parole, un journal antisémite français de la fin du 19eme (quand je vous dis que Hitler est juste allé chercher outre-Rhin ses théories).

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39 commentaire to “Parler de Brasillach”

  1. Flashou | 27/02/12 | 23 h 36 min

    Valérie > « Peut-on citer des poèmes de Brasillach ? »

    Perso je ne connaissais pas ce monsieur avant ton article, et du coup j’aurai tendance à juger ce qu’il fait de façon totalement pragmatique : le poème est il bon ? bien écrit ?

    C’est un peu comme lorsque j’écoute une chanson de « noir désir » : je me contrefiche de l’histoire de Cantat (bon ok pas forcement un bon exemple mais tu vois l’idée) et j’apprécie le « produit fini ». Ce qui gène c’est la remise en perspective de l’individu par rapport à ce qu’il dit.

    Un petit exemple :

    « La seule réalisation impérissable du travail et de l’énergie humaine, c’est l’art. »

    En soit cette citation est plutôt bonne. Sauf qu’on la doit à Hitler, un artiste frustré qui à fait de la culture un outil politique au service de sa main mise. Si cette citation venait de Leonard de Vinci, génie universel de la renaissance, elle aurait une tout autre couleur.

    Plutôt que de bannir ces citations, je pense qu’il faut remettre les auteurs dans leur contexte, avec des éléments factuels, pour ainsi mieux peser leur propos. Bannir ne fait que susciter de l’intérêt (ah ! le gout de l’interdit) sans fournir la bonne grille de lecture.

  2. catnatt | 28/02/12 | 8 h 00 min

    Le magazine littéraire a sorti un numéro sur les écrivains et l’occupation. Ils parlent évidemment de Brasillach.

    On peut citer Céline sans se faire taper dessus en France. Le truc étant que Celine, bien qu’antisémite, a assez peu frayé avec les allemands parce que d’après ce que j’en sais, ceux ci le trouvaient un chouia trop hystérique. Notre rapport à Celine n’est pas politique (je fais des généralités hein), il est littéraire.

    Brasillach lui c’était un énervé du fascisme. Il a été à la tête d’un journal. Il est clairement collabo. Alors quand un président de parti d’extrême droite le lit à une séance, on manque de s’étrangler.

    Vu le contexte et vu la personne, c’est politique. On n’est pas dans la littérature. Et ce n’est pas parce que « le peuple » ne se rappelle plus de Brasillach qu’il faut laisser passer. Melenchon a eu raison de lui rentrer dedans.

    Ya l’internet mondial maintenant et le référencement est tel que wikipedia arrive quasiment en premier. Les gens vont voir et la bio est très claire. Après s’ils ont envie de voir si Brasillach a été injustement traité, ils trouveront toujours.

  3. ElDesdichado | 28/02/12 | 8 h 09 min

    @flashou

    JM Le Pen ne cite pas Brasillach au cours du dîner annuel de la confrérie des poètes bretons, il le fait lors d’une réunion politique.

    De plus, comparer ce qu’a fait Cantat et ce qu’a écrit Brasillach, ce n’est pas juste « pas un bon exemple ».

  4. Flashou | 28/02/12 | 8 h 42 min

    ElDesdichado > je ne compare pas ce qu’ils ont fait, je compare mon « rapport » à eux et à ce qu’ils font artistiquement.

  5. Océane | 28/02/12 | 8 h 55 min

    C’est toujours délicat… Et en général c’est le genre de sujet que j’évite en public, en soirée etc.. Mais j’aime lire Céline, Drieu La Rochelle, Brasillach, Léon Bloy, qui provoquent toujours des ahhh de dégout sans que les personnes en questions les aient lu, et putain que ça me gave… Les « gens » (même si je sais que les généralités c’est de la merde, il faut parfois se risquer à en faire…) Les « gens » donc, s’attachent uniquement à ce qu’ils croient connaitre d’un homme pour en déduire la qualité de son œuvre. S’ils savaient que Cioran avait été un chouïa fasciné par le fascisme, serait-il autant pompeusement cité ? (Et j’adore Cioran…) Quant à Montherlant, on lui passe quelques défauts pour aller voir ses pièces… Je déteste l’idée même de pédophilie par exemple, mais je suis une inconditionnelle de Gabriel Matzneff, pour qui une gamine de 13 ans est quasi trop vieille (j’exagère à peine..)
    Tout ça pour dire que je lis ce qui me plait, et j’en parle quand je veux. je n’aime pas l’idée non plus de scinder l’ Homme et l’ Œuvre, et je pense que qui a commis un crime doit être punit selon les justes lois en vigueur, mais pas plus pas moins. Or je trouve qu’on surajoute une punition à ces auteurs en honnissant leurs créations.
    Alors lisons et citons qui on veut, le tri est déjà fait par le temps et l’histoire.. (Et si on va par là, quand on sait quelle petite ordure criminelle a été François Villon au Moyen Âge, faut-il bruler son œuvre poétique (fabuleuse)?)

  6. RiGeL | 28/02/12 | 9 h 12 min

    « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ».

    Voilà ce que m’inspire toute cette histoire.

    Marine Le Pen a totalement raison, lorsqu’elle dit qu’il faut être capable de différencier l’oeuvre de son auteur. Sauf que… Quand JMLP, qui est loin d’être un imbécile, cite brasillach dans un meeting électoral, il ne le fait pas DU TOUT par hasard, et il cite l’auteur, plus que l’oeuvre, et sa citation n’a rien de littéraire, elle est éminement politique. C’est toute la malhonnêteté du front national qui ressort dans cette polémique idiote.

  7. Resh | 28/02/12 | 9 h 52 min

    Exactement, elle a réussi une esquive contorsionniste en rappelant que Sarkozy est admirateur de Céline. Alors quelle différence ?
    Et bien le contexte pardi, ce contexte que le FN a pour habitude d’ « oublier »; Jean-Marie Le Pen a déjà condamné pour propos antisémite.
    A partir de là le simple fait qu’il choisisse de telles références, et qu’il renchérisse même en citant un slogan mussolinien, relève de la pure provocation assumée.
    Mais comme à l’accoutumée ses partisans s’empressent de jouer les faux idiots innocents, pour pouvoir se poser en victime d’une polémique prétendument injuste.
    D’autres moins hypocrites mais réellement idiots s’amusent de ces provocations comme ils s’amusent de celles de Dieudonné, considérant sans doute que ce petit jeu n’est qu’une forme de dérision du fascisme.
    Mais ce n’est pas de la dérision, c’est de l’AUTOdérision. Le meilleur moyen aujourd’hui de donner un visage sympathique aux pires idées.

  8. Maxine | 28/02/12 | 10 h 20 min

    Alors là, perso je vais avoir une positin radicale, pas forcément très finaude, mais sur l’idée de séparer l’auteur de son oeuvre : la littérature mondiale est suffisamment riche pour pouvoir se passer de Céline, Brasillach & Co et trouver son bonheur ailleurs. Et les écrit de Céline ont beau être magnifiques, perso dès que j’en lis, se superposent dans mon esprit les phrases délirantes sur les juifs, et alors là impossible. En plus au delà de leur abjection, c’est d’un telle stupidité, d’un bétise si crasse que ca m’enlève l’estime intelectuelle que l’onpourrait avoir pour lui.

    Et en parlant de François Villon je fais la différence entre un criminel et un individu qui systématise la haine d’autrui. mais je peux me tromper

  9. Arrakis | 28/02/12 | 12 h 01 min

    Pour ce qui est de lire Brasillach durant un meeting FN, pas la peine de faire un dessin, évidemment.

    Ceci dit, comme Océane, je lis Brasillach, Drieu, Bloy et d’autres (ce dernier étant moins « mis à l’index » que les deux autres j’ai l’impression). Et lire Brasillach m’a été particulièrement utile pour comprendre qu’on peut écrire des textes « sensibles », beaux, voire presque sirupeux, et être une abomination. Et pour prendre garde aux idéologies qui transparaissent sous les textes bien tournés (même si ses positions politiques n’apparaissent que par intermittences chez Brasillach, et laissent très rarement deviner le personnage « réél »).
    Bref, au delà du fait que je serais très contrariée de m’interdire quelque auteur que ce soit, je pense que lire ces auteurs « ignobles » permet d’éviter de constituer une image d’Epinal où le nazi, le monstre, ne peut être qu’un Autre froid et non-humain, et de s’aveugler face à tel ou tel, parce qu’on le connait et/ou qu’on le sait capable de ressentir.

    Accessoirement, sans vouloir relativiser le nazisme, je me vois malgré tout mal faire l’impasse sur l’un et accepter l’autre qui a toujours les faveurs du beau monde, même s’il expliquait que les races sont naturellement inégales, les femmes destinées à servir dans l’ignorance et à subir jusqu’à la mort les volontés du chef de famille…

    Pour exemple, Ernest Renan, dont je n’ai jamais entendu condamner la lecture, et que Guéant citait il y a peu : « La nature a fait une race d’ouvriers. C’est la race chinoise d’une dextérité de main merveilleuse, sans presque aucun sentiment d’honneur ; gouvernez-la avec justice en prélevant d’elle pour le bienfait d’un tel gouvernement un ample douaire au profit de la race conquérante, elle sera satisfaite ; une race de travailleurs de la terre, c’est le nègre : soyez pour lui bon et humain, et tout sera dans l’ordre ; une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait et tout ira bien. »

  10. Arrakis | 28/02/12 | 12 h 12 min

    Je me permets un double post (désolée, honte à moi) pour préciser ce qui n’est peut-être pas très clair : il est certes différent d’appeler à la déportation et l’extermination d’un groupe, et de juger que des différences naturelles justifient l’exploitation d’un groupe, qui serait « fait pour ça ».
    Mais les textes connus et publiés de Brasillach ne sont pas ses appels à l’extermination, d’une part.
    D’autre part, souhaiter que chaque « race » « reste à sa place », avec toutes les bonnes intentions du monde, conduit à des horreurs et à leur justification.
    Toujours sans mettre Renan sur le même plan qu’un nazi, à partir du moment où l’on s’interdit un auteur, difficile de déterminer la frontière de l’acceptable. Je parle bien de l’auteur, pas du texte lu, ce qui est encore une autre question.

    Enfin, le plus important à mon avis reste ce que j’ai écrit plus haut : difficile de reconnaitre le monstre sous la peau d’agneau si on brûle la peau…

  11. valerie | 28/02/12 | 14 h 08 min

    Rappelons que NS a cité Barrès (discours écrit par Guéant ?) auteur du fameux « Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race. »

    Je t’avoue qu’il y a un paquet d’auteurs – la plupart des saloperies de la fin du 19eme debut 20 eme – que je me passe amplement de lire. Leurs théorisations racialistes qui ont pour moi, ouvert un boulevard aux théories d’Hitler sont, comme tu le montres, atroces à lire.

    Mais ton argument sur l’humanité du nazi, de celui qui n’est pas un monstre, est tout à fait juste et vrai.

  12. ali | 28/02/12 | 19 h 56 min

    Mélanchon à juste eu l’idée indispensable d’essayer de dire ce qu’est vraiment le front national, à une majorité de sympathisants qui ne semblent pas le savoir. Ils ne savent peut-être pas plus qui est Brasillach (moi non plus hein, j’avais juste ce nom dans ma liste de gens d’extrème droite), mais plus savent ce qu’a été « je suis partout », et de toute manière il a cité une phrase suffisamment explicite et dégueu pour faire comprendre le rôle de collabo de ce type. Il a raison Mélanchon, on devrait tous les jours mettre le débat de l’antisémitisme sur la table à propos du FN. Trop de gens, surtout parmi les politiques de droite dite « républicaine », font comme si Marine avait réellement mis le FN sur la voie d’un parti respectable. Dans ma région, une élue UMP, tout ce qu’il y a de plus respectable, salue le courage et la combativité de Marine face au voyou Mélanchon…ça craint.

    Js suis d’accord aussi pour dire qu’on ne peut pas mettre sur le même plan Céline et Brasillach, car ce dernier avait un véritable rôle politique à la pire époque.
    Pour ce qui est de différencier l’oeuvre de l’homme, de la part de Le Pen à un meeting politique, on ne peut pas y croire une seconde.
    Et puis je suis d’accord avec ce que dis quelqu’un plus haut…il y a tellement de poètes dans ce monde qu’on peut se passer d’aller puiser chez les nuisibles.

  13. ali | 28/02/12 | 20 h 50 min

    L’être humain et la vie sont plein de paradoxes, le meilleur côtoie le pire, et il faut en avoir conscience… il n’y a pas de bonheur de vivre sans savoir conscience d’être mortels, pas d’humanisme sans savoir quelle abime menace l’homme.
    Le pire à sans doute été le nazisme, pour le côté industriel et froid de l’horreur. Il ne faut jamais l’oublier, ne pas se lasser de la raconter. C’est aussi important que de vivre en ayant conscience de la mort.

    Sinon, Valérie, je n’ai jamais vu quelqu’un traiter Sarkozy ou Guéant ou Israel d’Hitler. Ca doit être très très très minoritaire. Mais je vois souvent que dès qu’on évoque le nazisme, comme l’a fait le député martiniquais dont j’ai oublié le nom, à propos de Guéant, on prend tout de suite des racourcis pour évoquer le point goldwin en guise de défense. La Shoah est notre référence absolue pour ce qui est de la mauvaise direction, comme il y a un pôle sud ou un pôle nord. Chaque fois qu’on l’évoque, ce n’est pas pour prétendre que quelqu’un est l’équivalent d’Hitler, mais qu’il prend la mauvaise direction.

  14. valerie | 28/02/12 | 21 h 51 min

    ah non non ca n’est pas minoritaire et je te conseille de faire une petite recherche sur Israel pour te donner une idée.

  15. RiGeL | 29/02/12 | 10 h 18 min

    Dans ma région, une élue UMP, tout ce qu’il y a de plus respectable, salue le courage et la combativité de Marine face au voyou Mélanchon…ça craint.

    Malheureusement, j’ai peur que cette élue ne soit pas seule à penser ce genre de chose. Je suis intimement persuadé qu’en cas (peu probable, je vous l’accorde) de second tour Le Pen / Mélenchon, l’UMP n’appellerai certainement pas à voter Mélenchon, et certains ne se gêneraient pas pour appeller carrément à voter Le Pen. Le virage pris par la’UMP ces dernières années les rapprochent dangereusement de l’idéologie de cette totalement démente (Mélenchon a été trop gentil, lorsqu’il s’est contenté de la traiter de semi démente).

  16. Hoppipolla | 29/02/12 | 19 h 58 min

    La qualité littéraire de Brasillach n’est plus à démontrer. Et Mélenchon de demander à tout le monde de s’indigner, de quitter la salle dès qu’on le cite. Vraiment stupide. Aux oubliettes les Céline, les Maurras, les Bloy… C’est une méconnaissance totale de la littérature. Vous vous rappelez de notre dernier petit débat, où je vous montrais que les Victor Hugo, Voltaire ou Lévi-Strauss avaient des écrits tout autant détestables selon les critères d’un Mélenchon… J’attends que ce Mélenchon s’indigne et sorte d’une pièce où un quidam aurait l’outrecuidance de citer du Voltaire. Ou il perd toute crédibilité (ce qu’il a après tout déjà perdu depuis longtemps).

    @ Maxine: je vous déconseille de lire l’antisémite Voltaire ou le colonialiste Hugo. Entre autres. Et j’aimerais que vous m’expliquassiez en quoi un criminel est préférable à un type exprimant ses idées (aussi nauséabondes soient-elles).

    @ Océane: vous avez d’excellents goûts. Si Cioran est pompeusement cité, c’est qu’il écrit avec beaucoup de brièveté. Et les gens sont fainéants. Et pis je pense également qu’il est souvent mal compris.

  17. Patrick | 29/02/12 | 22 h 07 min

    L’imparfait du subjonctif, y’a pas : c’est classe !

  18. Hoppipolla | 1/03/12 | 0 h 39 min

    Merci Patrick. La prochaine fois je tenterai un subjonctif plus-que-parfait. Je m’épate moi-même.

  19. GouineMum | 1/03/12 | 0 h 40 min

    (sauf que là c’est un subjonctif au présent que la grammaire exige)

    A part ça, tout art est politique, l’art pour l’art n’existe pas. Le plus grand artiste raciste ou nazi reste en fin de compte un raciste ou nazi.

  20. Arrakis | 1/03/12 | 6 h 44 min

    @H > Citer un poème/auteur lors d’un discours politique renvoie à autre chose que la qualité littéraire, et revêt, justement, un sens politique (c’est même quasi tautologique de le préciser…). Il ne s’agit pas d’une réunion entre proches ou amateurs de littérature.
    (Quant à l’ignominie comparée, cf mon post précédent, histoire que je ne radote pas).

  21. valerie | 1/03/12 | 11 h 52 min

    Hoppipolla : comme dit au dessus Voltaire n’a pas été QUE antisémite.
    Brasillach y a consacré sa vie. Brasillach a été collaborateur d’un régime génocidaire. le mettre sur le même plan que Voltaire est donc une annerie. (ce qui ne sous-entend pas qu’il faut ou non l’interdire simplement ca pose question).

    Enfin tu conviendras – mais si tu vas y arriver – que Brasillach cité par JMLP n’est pas exactement la même chose que Brasillach cité par un autre. On rappelle qu’il a été condamné 18 fois pour ses propos.

  22. Hoppipolla | 1/03/12 | 12 h 45 min

    @ GouineMum: Je m’insurge: le subjonctif imparfait est tout à fait correct avec une principale au conditionnel. Encore eût-il fallu que vous le sussiez.

    @ Arrakis: Citer un poème renvoie au sens du poème, et pas à son auteur. Voilà la tautologie. Les vers de Brasillach incriminés: « Au berceau de l’enfant d’honneur… on a vu deux fées apporter deux présents… le courage avec la gaieté ». Trouvez-en un sens politique si bon vous semble.

    @ Valérie: « comme dit au dessus Voltaire n’a pas été QUE antisémite ». Exact. Il était également négrophobe et homophobe. Et aussi un très bon écrivain, comme Brasillach.

    « Brasillach cité par JMLP n’est pas exactement la même chose que Brasillach cité par un autre »: c’est justement de là que vient notre discorde. Je refuse tout procès d’intention. JMLP a le droit de dire les mêmes choses qu’un autre. Même si c’est un méchant.

    Si Frédéric Mitterand cite Montherlant ou Oscar Wilde, je ne vais pas supputer que c’est par pédophilie. Ça s’appelle un amalgame, et vous savez très bien que c’est vilain.

  23. valerie | 1/03/12 | 13 h 11 min

    H : il se trouve qu’en plus du reste, JMLP est incapable de citer un poème correctement.
    et c’est « Au berceau de l’enfant Honneur », poème écrit qq jours avant son execution donc oui je vois un sens politique CLAIR à ce poème.

    je suis contente d’apprendre que Fm a été condamné pur pédophilie (oui en démocratie il y a une différence entre être condamné et ne pas être condamné ; peut-être finiras tu par le voir) ; au passage j’ose espérer que tu ne verras aucun inconvénient à ce que je donne ton ip si, par hasard, on me contactait pour ce genre de propos diffamatoires. ne caricature pas, je te prie, ce que je dis, je ne dis pas que JMLP est méchant ou pas; je dis qu’il a déjà eu des propos faisant l’apologie de rimes de guerre, relativisant ou niant la shoah. il s’est encore, récemment, fendu d’une grande plaisanterie sur le nez des juifs. on s’étonnera donc de le voir citer ce genre de personnes. C’est à peu près comme quand dieudonné recoit faurisson, ca pue.

    et donc je me répète, Voltaire n’a pas passé sa vie entière à tenir des propos racistes/antiésmites. Brasillach, si.

  24. Hoppipolla | 1/03/12 | 14 h 06 min

    Le ton monte?

    Oui JMLP a été condamné. Mais comme je suis Degauche, je suis pour la réinsertion et tout le tintouin. Et donc je ne ne m’attarde que sur les propos, et non pas sur les gens qui les portent. Ça, c’est de l’ad hominem. JMLP a autant le droit de citer du Céline que Mélenchon. Vous êtes attachée au droit, alors tenez vous-en.

    « Voltaire n’a pas passé sa vie entière à tenir des propos racistes/antisémites. Brasillach, si. »
    Bien. A partir de quand est-on potentiellement citable? Céline, on peut? J’ai du mal à quantifier sa dose d’antisémitisme. Voltaire aussi j’ai du mal.’Faut faire la proportion d’écrits condamnables comparée au reste de leur oeuvre intégrale? Expliquez votre mètre-étalon.

    M’accuser de propos diffamatoires est fort de café. Comme j’ose espérer que sous vos dehors austères vous êtes quelqu’un de sympa, je ne prendrai pas ça pour une menace. Mais je répondrai sérieusement:
    1. Lisez correctement. J’attaque au contraire toute forme d’amalgame. Si vous suivez correctement la démonstration, cela donne: JMLP ne peut être accusé de collabo en citant Brasillach de la même manière que FM ne peut être accusé de pédophilie en citant Montherlant.
    2. Vous comprenez donc, évidemment, qu’il n’y a aucune diffamation de ma part. J’aimerais cependant voir le même zèle lorsque certains de vos commentateurs affichent certains raccourcis faciles, avec du nazi partout. Là on pourrait éventuellement parler de diffamation. Il y en a.

    Alors: la discussion peut-elle être courtoise? Ou bien est-il interdit de prouver qu’on ne peut combattre le FN sur ce motif: « JMLP a parlé de Brasillach », que ce soit juridiquement ou rhétoriquement. On a beau se débattre en disant « ça pue », « c’est nauséabond », ou « ça rappelle les heures les plus sombres de notre histoire », juridiquement, il n’y a rien à y redire, et stratégiquement, le FN continuera à dire qu’il est diabolisé, qu’on le traite différemment des autres. Ce qui lui réussit toujours bien.

  25. Hoppipolla | 1/03/12 | 14 h 09 min

    Et qui plus est, je boude. Je voulais écrire un commentaire pour dire que vous avez bon goût avec Tom Sharpe, eh ben je le ferai même pas. Et vous z’aurez pas mes conseils avisés en littérature américaine marrante. Na.

  26. RiGeL | 1/03/12 | 14 h 21 min

    @ Hoppipolla | 29/02/12 | 19 h 58 min
    @ Patrick| 29/02/12 | 22 h 07 min

    L’imparfait du subjonctif, y’a pas : c’est classe !

    ouaip, c’est bien vrai. Et c’est encore plus classe quand on respecte la concordance des temps. Parce que dsans le cas contraire, on a juste l’air d’un pompeux cornichon.

  27. valerie | 1/03/12 | 15 h 05 min

    h ; je ne t’accuse pas de propos diffamatoires. je te dis juste que tu en tiens sur FM ; fais en ce que tu veux, moi je te préviens.
    « J’aimerais cependant voir le même zèle »
    et tu sais très bien qu’ils se font chaque fois houspiller car tu sais très bien que je déteste ce genre d’amalgame et l’ai assez dénoncé.
    je me re-explique.
    JMLP a été condamné pour propos antisémites. il cite un antisémite.
    FM n’a été condamné de rien. la différence est LA.

    « Bien. A partir de quand est-on potentiellement citable? Céline, on peut? J’ai du mal à quantifier sa dose d’antisémitisme. Voltaire aussi j’ai du mal.’Faut faire la proportion d’écrits condamnables comparée au reste de leur oeuvre intégrale? Expliquez votre mètre-étalon. »
    tu poses la bonne question à laquelle je n’ai pour une fois pas de réponse (ayant un avis sur à peu près tout).
    déjà oui clairement il me gêne que JMLP cite ce genre d’auteurs ; oui il a été condamné mais considérer que c’est le passé, n’oblige pas à considérer que cela n’existe plus. c’est peut-être totalement antidémocratique de ma part.
    sur le « maitre étalon », d’une manière sans doute irrationnelle – que je reconnais totalement – j’ai mon petit « panthéon » d’antisémites et Céline est en dessous de Brasillach. (un panthéon d’antisémites j’aurais décidément tout écrit moi).

    « Et vous z’aurez pas mes conseils avisés en littérature américaine marrante.  »
    médiocre que tu es :) depêche toi de poster tes bouquins.

  28. Hoppipolla | 1/03/12 | 15 h 49 min

    J’insiste: strictement aucune diffamation, puisque mon propos défend à la fois JMLP et FM par une analogie rondement menée. Je répète que le fait que JMLP ait été condamné et non pas FM ne change strictement rien à la comparaison: ayant étant condamné, JMLP garde les mêmes droits que FM. Ils ont tous les deux le droit de citer de l’Oscar Wilde ou du Brasillach sans qu’on les identifie aux turpitudes de ces auteurs.

    (Je confirme cependant que vous rouspétez ceux qui accumulent les points Godwin)

    Il y a un sujet bien plus grave: la remise en cause du subjonctif imparfait par RiGel, qui devrait relire la grammaire de Riegel.
    Petit topo: verbe de la principale au conditionnel présent => verbe subordonné à l’imparfait du subjonctif.

    Pompeux, peut-être; cornichon, sûrement pas!

  29. RiGeL | 1/03/12 | 17 h 06 min

    Bien fait pour moi, je ne conserve donc que le « pompeux », et me voit donc contraint de retirer le « cornichon »… du moins en ce qui concerne la conjugaison.

  30. Patrick | 2/03/12 | 20 h 26 min

    Le subjonctif est un marqueur social.
    (voui, je sais : je sème un peu ma zone en hors sujet. Quoi que…).

  31. xenomorf | 3/03/12 | 14 h 16 min

    Ouais ben moi aussi je pense que la littérature mondiale est assez fournie pour éviter de lire Céline, Maurras, Bloy et Brasillach, même si parait il ce dernier était tellement « bon » en littérature que des écrivains non collabos l’ont défendu. Je suis comme Maxine, je ne peux séparer l’oeuvre de l’auteur, et ce genre de chose m’a conduit à ne plus « pouvoir » lire MG Dantec depuis qu’il s’est rapproché du Bloc Identitaire (et pourtant j’aimais beaucoup ses livres). Je m’accroche souvent avec des « littéraires » à ce sujet, certains semblant penser que produire de la littérature fait de vous un icône intouchable.
    Je voudrais revenir sur la « contextualisation »… je ne crois pas qu’on puisse comparer le « racisme » et l’époque de Voltaire et l’époque « moderne », celle de l’Occupation, où les atrocités des nazis et de la milice, leur projet ethnique étaient théorisés, connus et assumés.

  32. Patrick | 3/03/12 | 16 h 05 min

    La littérature aussi est un marqueur social. Plus justement : l’accès aux bénéfices sociaux que l’on tire de la littérature.

    Dans le contexte purement idéologique d’une campagne électorale, l’instrumentalisation de la littérature est un piège dialectique dont l’une des mâchoires implique jusqu’au cou les « pompeux » cultivés se précipitant comme un seul homme pour la défense de tel « grand » écrivain (argument d’autorité), écrivain qu’on ne saurait donc réduire à ceci-cela…blabla.

    Et ça marche tellement bien que c’en est beau à voir…

  33. jeanmarc | 4/03/12 | 21 h 19 min

    Ali: Mélenchon , comme tous les gauchards pratique l’indignation sélective; il serait intéressant de se pencher avec attention sur certains écrivains de gauche, notamment Aragon dont les noms de rue fleurissent ici et là et qui a soutenu, bénit les égorgeurs et violeurs de religieuses ainsi que les incendiaires des couvents en Espagne pendant le front populaire, sans compter sur les crimes avérés d’Hemmingway pendant la guerre d’Espagne. « Cachez ce sein que je ne saurai voir » Les tartufes de gauche; que je sache aucune chasse aux sorcières ne s’est exercée sur ces deux là; et ceux-ci sont les plus connus; je ne parle pas de Sartre et autres soutenant les pires des répressions communistes alors si vous voulez on peut discuter encore longtemps; mais faut-il pour autan s’interdire de citer ces auteurs…Non et désolé mais R Brasillach n’a pas qu’écrit des choses antisémites ; le livre qui pour moi est une perle du romantisme moderne « Comme le temps passe » il fait d’ailleurs allusion dans ce livre au monde merveilleux du rêve quand René dans le chapitre intitulé: « La tentation »;rejoint sa fiancée Florence pendant son sommeil et réitère cette expérience à loisir, cette exploration onirique est une des plus belle que j’ai lue il y a aussi cette scène d’un érotisme brûlant, ce corps à corps de deux amants tellement bien décrite dans « La nuit de Tolède » et j’oubliais de citer « Notre avant guerre » décrivant un passé étudiant au travers le vieux Paris.

  34. ali | 4/03/12 | 22 h 22 min

    Je n’ai rien à te dire Jean Marc

  35. valerie | 4/03/12 | 22 h 26 min

    Jeanmarc : une petite question.
    Tu viens, chez moi, avec comme premier commentaire, des insultes envers les gens de gauche : gauchards », « tartuffes » qui ont « l’indignation sélective ».
    Voici ma question ; cela t’arrive souvent de débarquer chez les gens, dans un lieu virtuel ou non, pour les insulter ?

    ps : ceux que Aragon a défendu luttaient contre le franquisme ; les réduire à des violeurs et des égorgeurs est amusant.
    J’attends avec la plus grande impatience la liste des crimes que Hemingway a commis. Avec je le suppose une vribrante défense du franquisme qui nous mettra la larme à l’oeil.
    (ah oui au fait je me contrefous de ta réponse. en plus d’avoir l’indignation sélective, je pratique la dictature, régime cher aux gauchards comme chacun le sait).

    bisous à toi.

  36. Flashou | 5/03/12 | 2 h 03 min

    A Madrid, alors qu’il était journaliste, Hemingway à fait de la paella en remplaçant le riz par des coquillettes, se rendant coupable d’un crime sordide envers la culture espagnol. En plus, le saligaud roulait très mal les R, ce qui combiné à son accent de yankee donnait un résultat atroce lorsqu’il chantait « El Porompompero ».

    (oui je sais… mais ça faisait un bon moment que je n’avais pas grand chose à dire :p)

  37. valerie | 5/03/12 | 11 h 33 min

    haha t’es con :) me faire rire sur Brasillach ca n’était pas gagné.

  38. Arrakis | 6/03/12 | 2 h 15 min

    @H > Les deux présents « le courage et la gaité / Le courage pour en donner aux autres », ça évoque tout de même beaucoup l’image du soldat qui fait sans flancher (ni trop réfléchir) ce qu’on lui demande, et entraine ses compagnons d’armes sur la même voie. Le contexte n’arrange rien, et encouragerait l’idée de l’Honneur comme motivation dédouanant des conséquences de ses actes : le poème est écrit peu avant l’exécution de Brasillach, et celui-ci ne semblait pas foncièrement regretter les horreurs qu’il avait commises (« J’ai pu me tromper sur des hommes, sur des faits et des circonstances, mais je n’ai rien à regretter de l’intention qui m’a fait agir »

    Bref, ce n’est pas l’enfant Tartempion, et dénier un sens politique à des propos sur l’Honneur, au berceau ou pas, me semble douteux. Tout comme dénier un sens politique à une citation faite lors d’une réunion politique (la citation peut être là non pour son sens même, mais comme marqueur culturel, allusion à quelque chose… mais elle n’est pas là sans raison).
    ).
    Bref, je crois que je nourris le troll en continuant cette discussion, de toute façon.

    jeanmarc > j’ignorerai les insultes et le ton en général, mais en bref, je pense que Valérie parlait de positionnements politiques quand elle disait que Brasillach n’était qu’antisémite, au contraire des autres personnages qu’elle citait (qu’elle m’arrête si je me trompe).
    Comme le Temps passe est par beaucoup d’aspects un très beau roman, qui ne parle pas d’antisémitisme, mais ce n’est pas le sujet.

  39. Cardaillan | 31/07/12 | 23 h 57 min

    Vous avez tt à fait tort de prétendre (pour parer d’avance une éventuelle comparaison avec Voltaire) que l’existence de Brasillach se réduirait à l’antisémitisme. En réalité, l’œuvre de Brasillach n’est nullement celle d’un pamphlétaire antisémite. Il est, entre autres, un merveilleux traducteur de la poésie grecque (son anthologie a accompagné des générations d’hellénistes, cf la notice que lui consacrait J. Lacarrière dans son « Dictionnaire amoureux de la Grèce »), le biographe de Corneille, l’auteur de « Notre avant-guerre », chronique de ses années normaliennes et du Paris intellectuel et littéraire des années 20-30 (la politique est loin d’y occuper le devant), le romancier (qu’appréciait Mitterrand) de « Comme le temps passe » et des « Sept couleurs », etc. Jusqu’aux années 70 ses principaux titres étaient disponibles en ed. de poche et constamment réédités.
    La transformation de son image au cours des dernières années, alors même que la 2nde Guerre s’éloigne, est un phénomène assez curieux.