Megaupload et nous
25 janvier 2012 par valerie | Classé dans Crêpage de chignon.La récente fermeture des sites de téléchargement et streaming nous oblige à repnser notre mode de consommation. Sans nullement remettre en cause mon usage du streaming, je me suis demandé si cette offre pléthorique ne nous poussait pas à une consommation sans rime ni raison.
Il y a déjà quelques années, lorsqu’on souhaitait voir un film, on attendait sa sortie en video puis en dvd. Avec Naspter, puis Emule, puis le torrent, puis megaupload ou le streaming, on a commencé à pouvoir en voir de manière illimitée. (je rapprocherais cela d’ailleurs au niveau du mode de consommation de la carte de cinéma illimitée).
On tente telle ou telle série, puisqu’au final cela nous est permis.
On regarde tel ou tel film de série B à base de crocodile géant – oui je parle poiur moi – car il ne nous coûte rien.
On termine une série qu n’a plus grand intérêt – desperate, dexter – car de toutes façons autant la consommer ?
Le streaming ou le téléchargement massif pose une véritable question sur notre manière d’appréhender la culture. La consomme-t-on comme n’importe quel autre produit ?
Est-elle et doit-elle être un produit comme un autre, dont on surconsomme sans bien savoir pourquoi juste parce qu’il est à notre disposition ?
Tags : magaupload, streaming, videobb
Personnellement, malgré toute l’offre de séries télé ou films en libre service, ce que je n’aime pas, je ne l’aime pas. Les films qui n’ont pas « grand intérêt », je ne les regarde donc pas. Même si regarder ces vidéos est (était) gratuit, je ne persiste pas à regarder une série qui ne me plaît pas. Justement, puisque c’est gratuit, je ne perd rien, donc je peux arrêter immédiatement.
Du coup, je ne me reconnais pas dans ce portrait.
Ouh attention, tu galvaudes le terme de culture: Megaupload est beaucoup plus « divertissement » que « culture ».
Tien ? On a ça les crocodiles géants en commun, on dirait…
Pour être sérieux, je t’avouerai que je suis très partagé sur le truc de téléchargement illimité.
ça fait tirette gratos. Je ne sais trop quoi en penser, si je trouve non seulement le partage normal et même nécessaire, la gratuité totale vis à vis des créateurs me chiffonne quand même grandement.
Un auteur (quelqu’il soit) ne créé pas pour l’argent mais parce qu’il est passionné, qu’il aime ce qu’il fait et qu’il a besoin que ce soit vu, lu, entendu.
Mais de là à ce qu’ils doivent se bouffer du RSA à vie (soumis aux impératifs de l’obligation de « travailler » et de se soumettre à n’importe quel emploi…) alors que des gros pleins de soupe se gaufrent, peut-être pas, non…
jid : alors le divertissement n’est pas de la culture ?
(vraie question ! )
amé ; tu as su ne pas tomber dans le piège. je ne sais pas si vous êtes nombreux (mon copain est comme toi).
MHPA ; en effet.
Excellent! tu oses la vraie question, celle du sens. Qui n’est pas seulement d’ailleurs liées à Megaupload mais à celle de l’industrie culturelle, tant du point de vue des marchands que des clients. Accumuler, accumuler des fichiers, est-ce prendre le temps de choisir, de regarder ou écouter sereinement, d’être critique? Le rapport à l’art, n’est ce que de la consommation quantitative?
Quand tu payes, tu te renseignes tu essaies, tu lis les critiques…
À part ça je suis à fond contre Hadopi et pour la gratuité de tout ce qui est amorti (le droit d’auteur devrait se terminer au décès de l’auteur, et on pourrait imaginer un plafond au delà duquel une oeuvre est dans le domaine public quand elle a amorti ses coûts et permis à l’artiste d’en créer une nouvelle).
Mais l’accès gratuit et illimité n’est pas en soi une garantie de culture. Sinon, avec les bibliothèques publiques, tout le monde serait érudit!
Valdo,
Ton commentaire est excellent et résume parfaitement ce que je ne suis plus capable d’exprimer du fait d’un gros ramollissement intellectuel dû à la consommation excessive de Megaupload.
Je crois que ça rejoint les Gloutons de MegaUpload de ton billet !
http://www.pensezbibi.com/categories/textes/lecteurs-gloutons-lecteurs-d%E2%80%99elite-1978
Ce n’est pas comme ça que j’envisageais l’utilisation de Megauplaud et autre plate forme de direct download. Il ne s’agit pas que de consommer.
Pour ma part, c’était un peu ma caverne d’ Ali baba des film introuvable ou hors de prix. Je ne suis pas le genre de cinéphile qui s’éclate à voir des block buster sur grand ou petit écrans. Mon truc, ce sont les films de l’âge d’or hollywoodien, la nouvelle vague, le cinéma résliste italien, les trucs improbables de séries B ou Z.. Et autant quand j’étais chez mes parents, dans les années 80 on avait des tonnes de K7 vidéos à dispo (merci René Chateau Vidéo), pour pas trop cher, autant, maintenant c’est différent.
La consommation et la vénalité elle est du côté des exploitants je trouve : soit il y a des films introuvables, qui en sont plus édités parce que pas rentables, soit ils sortent en DVD à prix d’or. Et je l’avoue je ne fais pas partie de ces personnes capable de mettre 30€ plusieurs fois de suite dans un dvd.
alors que devais-je faire ? Me priver de souvenirs d’un cinéma qui n’intéresse même plus les exploitants de toute façon ? Me limiter ? Quelles sont les limites de notre droit à la culture et au patrimoine, quand on empêche même des gens qui abandonnent leur copyright de mettre à dispo des copies en ligne, par principe, pour « lutter contre le piratage ».
Ce que je constate, c’est qu’on est plus prompte à défendre le droit la rente, le droit pour un benet de vivre ad vitam grâce à une chanson pourrie écrite sur un coin de table, d’en faire un principe général sans se poser les questions d la modulation d ce principe.
Il s’agit juste de protéger l’argent, le profit, pas la culture.
la culture c’est offrir une solution alternative à ceux qui ne sont pas forcément fan des produits de divertissement offert, et qui veulent juste avoir une liberté de choix.
Bref, MU et d’autres ont fermé, je n’irais pas plus au cinéma, vu la programmation…, je n’allumerai pas plus ma télé… On ne me forcera pas à consommer ce que je méprise.
Oceane ; attention je ne parle pas du tout de MU. je parle de nous face à MU
.
et en effet je me souviens que, sur emule, certains s’etaient enquiquinés à encoder qui tout Gabin, qui tout de Sica etc. Rien que pour faire connaitre aux autres !
Pour tout t’avouer, la fermeture de Megaupload ne change absolument rien à ma vie.
Ca a beau être gratuit, ça fait beaucoup de temps perdu à ne rien faire, et ça, je n’y arrive pas.
J’ai regardé quelques séries il fut un temps. Non seulement c’en est resté à juste quelques-unes ici ou là, mais en plus, j’ai complètement arrêté depuis.
Je ne dois pas avoir l’âme d’un consommateur.
Je suis d’une génération qui a connu à la fois l’age d’or des ventes de produit culturel (avec les CD et les DVD comme apogée) et celui de l’émergence des médias dématérialisés.
Ces nouveaux outils apportent plus que la gratuité, ils apportent la facilité : un clic et tu écoutes le dernier album d’untel, un clic et tu matte la nouvelle série a la mode, un clic et l’univers est dans ton PMP, prêt pour des heures de transport qui n’ont plus rien en commun.
ces outils font du bien a certaines oeuvres, car elles nous donne la possibilité d’être aventurier, de regarder des films slovaques dont la couverture nous auraient fait fuir en temps normal que finalement ont va bien aimer. Le produit culturel est maintenant totalement détaché des canaux médiatiques qui décidaient pour nous ce qui était grand plublic ou pas, ce qui était tendance ou pas…
Mais voila, en tuant ces filtres que représentaient les majors, ont se retrouve face à un tsunami surpuissant d’information en tout genre : si les petits groupes on la même puissance de distribution que les grands, qu’est ce qui differencie les uns des autres ? si un petit film amateur peut faire un buzz plus fort que le dernier spielberg, quel indicateur avons nous ?
L’offre de téléchargement légale étant inexistante, c’est une forme sauvage qui est en place, mais si elle parvenait à une régulation, serions nous satisfait ?
Si je prends l’exemple de Deezer, c’est pour moi une toute nouvelle façon d’appréhender la consommation de musique. Via ce portail j’ai la possibilité d’écouter « consommer » de la musique sans restriction aucune pour une somme modique (sans dec : y’a quelques années nous aurions tuer pour avoir un systeme comme ça). Ce n’est pas parfait ni completement exaustif, mais avec ça je n’ai pas la sensation d’être en train de totalement parasiter le systeme. Au début, le coté illimité fait qu’on prend tout gouluement, mais ce qui est interressant c’est que au dela de sa super panzer méga playlist, on se rend compte que parfois on écoute certaines choses 3, 4 fois et puis après plus rien. Et bien du coup avec Deezer je me sens plus « détaché » matériellement de la musique (alors que je pleurerais toutes les larmes de mon p’tit corps si je perdais un jour ma faramineuse collection de MP3).
Cet espece de communisme médiatique nous pousse à être dépossédé de l’objet, et de ne payer que son usage. LEs jeux vidéo suivent la même voie, les films idem. Est ce un bien ? ça se pourrait, en tout cas c’est un changement de paradigme qui va réellement se sentir avec la génération prochaine.
ET puis finalement, c’est assez logique que les contenus dématérialisé nous rendent moins matérialiste non ?
Consommation sans rime ni raison? Pas forcément et ça dépend pour qui.
Je vois ça comme un moyen de cibler notre propre consommation: si ça nous plait pas on arrête, on ne regarde que des trucs qu’on veut vraiment voir.
Avant, on posait ses fesses dans la télé et on s’endormait en regardant « une merde » parce que « y’a rien d’autre ». Maintenant, il n’y a plus de télé à la maison mais le streaming. Je vois ça comme un mieux, on perd moins son temps.
Après, je suis d’accord sur le fait qu’il y ai surconsommation. Tellement de choses à voir, même à lire, qu’au final on ne fait que les survoler. Et c’est dommage.
Mais je ne vois pas le retour à l’ancien système comme une solution. Plutôt à chacun de faire ses propres choix.
Ce problème de consommation, de « tout prendre sans profiter de chaque chose » va pour tout. Payants ou pas, tout ce qui est accessible facilement. (vêtements, nourriture aussi)
Mais comment gérer cette crise culturelle? Car, par exemple, pour le marché de la bd, qui est en crise actuellement: il y a tellement de sorties que les auteurs ont à peine de quoi se nourrir. Si je profite longtemps de ma bd avant d’en acheter une autre, ça n’arrangera pas la crise. Que faire? Demander aux auteurs de changer de métier? Si je change ma consommation eux en pâtiront. C’est un problème qui n’a pas de solution,à moins de changer les principes du système.
Valdo: « Sinon, avec les bibliothèques publiques, tout le monde serait érudit! »
C’est toujours vachement valorisant socialement de lire des livres.
Tel dira « ah je me suis remis à lire » on lui répondra « oh c’est bien », mais au final toutes ces lectures sont surtout des romans plus ou moins intelligents, et pas des livres de science/de sociologie/d’histoire….. donc.
Ces livres auront beaux avoir été écrits par « de grands auteurs », lire Stendhal ne m’a pas rendue plus intelligente. J’aurais juste un « bagage culturel ». -alors qu’un film comme « tomboy » peut faire réfléchir les gens.-
Je ne pense pense pas que l’érudition, le fait de connaître pour connaître, soit un ticket vers l’intelligence quand on ne sait pas réfléchir. On sera juste un chien savant.
Au final, quelque soit l’œuvre, c’est l’esprit avec lequel on l’appréhende qui compte. On peut apprendre de tout.
« »jid : alors le divertissement n’est pas de la culture ?
(vraie question ! ) »"
Le divertissement ça sert à échapper à soi (parfois bien utile), la culture à se construire, c’est pas pareil et ce qui fait pour moi la différence entre la consommation de masse, qui ressemble souvent à une addiction, et la démarche qui consiste à aller puiser ce qui est utile à la construction de soi.
Et c’est bien ca qui me fait peur.
Avant je voyais les gens passer leurs soirées à s’abrutir devant la télé, ca m’attristais, mais je me disais qu’ils n’avaient simplement pas tant le choix pour s’occuper, et que c’était la faute aux médias qui diffusait délibérément de la merde pour vendre du « temps de cerveau disponible » etc.
Et puis avec le téléchargement illégal les gens ont enfin pu s’affranchir de l’ « industrie de la culture », et qu’est-ce qu’ils font ?
Au lieu de s’abrutir devant les experts ils s’abrutissent devant Dexter, au lieu de chercher et soutenir des groupes indépendants ils ne téléchargent plus que des singles à la mode (l’album finira par disparaitre).
En bref, au final même si on donne toute la culture du monde aux gens sur un plateau, ils préfèrent continuer à regarder de la télé américaine et à écouter de la radio française. Mais sans les pubs.
Et c’est désespérant de voir que nous sommes autant à ne pas trouver quoi faire de mieux de notre vie.
REsh > je ne suis pas convaincu que nous soyons affranchi des médias. Pour le public mainstream la télé a toujours la même affluence. Les programme de real TV notamment on donné un nouveau focus au petit écran car c’est le genre de programme qui se regarde au fil de l’eau.
Paradoxe : dans les années 80 et même 90, la littérature se fichait royalement des médias (a quelques rares exception) et vivait sa vie de son coté. De nos jours les succès d’édition sont des produits mis en avant par des médias qui visent a développer des produits dérivé (film, jeux vidéo, goodies etc). Les livres mainstream sont ceux qui sont porté par les médias, les films vu ou téléchargé idem.
L’un des intervenants (désolé la flemme de relire) au débat disait très justement que ce n’était pas tant l’outil qui comptait, mais ce qu’on allait chercher avec. Pour forger son gout, aller vers des choses plus subtiles et moins mainstream, il faut être guider, il faut avoir un état d’esprit, et il faut en avoir envie. C’est là ou les communautés du web prenent tous leur sens, car elles se dégagent du tout venant et se « spécialisent ».
Oui, j’aime bien certaines réflexion d’Océane (sur les chansons pourries écrites sur un coin de table).
Globalement je pense que le téléchargement qui tue la création est un faux débat. Ca tue surtout les marges des majors, et puis au final que des pseudos « créateurs » comme Christophe Maé ou Hélène Segara gagnent 100.000 au lieu de 500.000, désolé mais je m’en tape ! Les « vrais créateurs » n’attendent pas après Sony ou Universal Music pour créer, partager et diffuser. Le talent amène la scène, diffusion sur myspace, puis petit à petit éventuellement le succès.
J’ai toujours téléchargé, mais relativement peu. C’est surtout pour découvrir, connaître AVANT d’acheter pour ce qui me plaisait le plus. Ca me fait iech d’acheter un cd avec 2 chansons valables sur 12, je préfère les télécharger. Par contre si on en a 6/8 de valable, on peut faire le choix d’acheter. Idem pour les séries, ou films, quand elles/ils me plaisent, je les revoie, elles/ils occupent les dimanches pluvieux… ou alors les regarder tranquillement 2 ans après tout le monde. Pour moi ca concourt donc aussi à des « achats raisonnés » et pas des achats conditionnés.
Oups, je recommence (tu peux enlever le commentaire validé malgré moi, Valérie):
Personnellement, que l’entreprise commerciale d’un déinquant notoire (Kim Schmitz, le patron de Megaupload, lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Kim_Schmitz ) disparaisse me réjouit. Que crèvent les vampires capitalistes comme lui, qui ne se sont jamais engagés que pour leur propre porte-feuille. Et pendant ce temps-là les réseaux peer-to-peer continuent de fonctionner tranquillement et égalitairement depuis une dizaine d’années…
j’avoue avoir une consommation dingue de série :/ Autant je suis plutot calme pour le reste (oui j’ai bcp de shoes mais en soldes et puis je recycle et customize bcp) en comparaison aux parisiennes j’entends.
Je suis une vraie droguée et comme tu le dis même si une série devient moins bien dans le temps on continue juste pour voir.
Bon je me rassures en me disant que c’est un de mes derniers vices ^^
Il fut un temps ou les DVD n’existaient pas, et les CD non plus. A l’époque, pour écouter de la musique, il fallait aller au concert, ou se rendre dans une drôle de petite boutique tenue par un fou furieux, un peu impressionnante, alors on y allait à plusieurs. On parlait alors pendant des heures avec le fou furieux évoqué, qui placait sur une machine étrange de non moins étrange disques de couleur noire (le plus souvent). De cela sortiaient des sons magnifiques (ou pas). Au final, nous ressortions avec un de ces disques, nous allions immédiatement chez celui qui possédait la chaine hifi (ou plutôt dont les parents possédaient la chaine hi fi) de la meilleure qualité, et nous passions ce disque en boucle toute la journée, non sans avoir pris soin avant chaque écoute, de placer un petit cube de plastique, appelé cassette, dans une autre machine de la chaine hi fi, appelée magnétophone.
Ben oui, c’est de la préhistoire. Cela dit, si on y réfléchit bien, à l’époque, nous étions déjà des pirates qui mettions en danger l’industrie du disque, non ? Ben si.
D’un autre côté, on devait se mettre à 3 ou 4 pour acheter un vinyl, tellement c’était hors d’atteinte de notre argent de poche, donc on n’avait pas trop le choix.
Bref, revenons dans le présent. Actuellement, les petites boutiques étranges sont devenues tellement rares qu’il est inutile d’en parler. Elles ont été remplacées par des usines immenses contenant des CD, en quantité inconcevable par rapport au choix des petites boutiques. Mais le fou furieux, capable de nous faire écouter de la musique pendant des heures, de nous faire découvrir « un truc qu’il a trouvé génial, et celui là aussi, et ça, c’est complètement nouveau comme son », etc… Ben le fou furieux, il a disparu. A la place, on a un jeune type en uniforme qui tape sur un ordinateur si on lui demande si il a tel ou tel artiste, pour te répondre la plupart du temps « non, on ne l’a pas, mais on peut vous le commander, il sera là dans 15 jours ». Mais surtout, surtout, ne lui demandez jamais de vous suggérer quelque chose d’intéressant, parce que dans l’immense majorité des cas, leur culture musicale est à la hauteur de leur paie… au ras des paquerettes.
A côté de ça, on a un outil qui s’appelle internet. Sur internet, vous avez des fous furieux du monde entier qui se retrouvent au hasard d’un forum, d’un irc ou d’un MSN, qui discutent, qui se disent « j’ai trouvé ça génial, et celui là aussi, et ça, c’est complètement nouveau comme son » (ca vous rappelle quelque chose ?). Alors, on va sur un peer to peer, un megaupload, un canal irc, on télécharge un fichier et on écoute « le truc génial ». La qualité est pas toujours géniale, elle, mais au final, toujours meilleure que sur une cassette audio. On aime un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout. Quand on aime un peu beaucoup, on garde le fichier, quand on aime passionnément – {option personnelle : on vérifie que c’est édité par un label indépendant, sinon, on pirate, par principe et on devient vraiment hors la loi, mais on sait pourquoi}, on va à la fnac, et on demande au ptit jeune de taper sur son ordinateur pour nous commander « le truc génial ». Forcément, il faut lui épeler « le truc génial », parce que c’est pas passé à la star ac le mois dernier, donc il ne sait même pas que ça existe. et 15 jours plus tard, on retourne cherche le CD contenant la musique qu’on écoute en boucle depuis 15 jours, vu qu’on l’a quand même téléchargée. Rentré à la maison, on enlève le plastique du CD, on s’empresse de le mettre dans l’ordinateur, histoire d’en faire une copie de meilleure qualité que celle qu’on a chargée sur le net, et qui permettra de ranger soigneusement le CD pour qu’il ne s’abime pas… Et on s’aperçoit qu’il est protégé contre la copie, et qu’on ne peut rien en faire (non, là, je déconne, les labels indépendants, ils ne font pas ça).
Ca, c’était pour la musique, et encore, seulement la musique éditée sur CD (parce qu’on peut aussi écouter de la musique pas éditée par une maison de disque, et on peut même envoyer directement de l’argent par le net aux artistes. Si si, c’est possible). Si vous voulez, je vous raconte une autre histoire concernant les films et les séries, mais ca risque de faire un post vraiment long, et la morale sera la même. D’ailleurs, en parlant de morale…
Morale : Le « piratage » a toujours existé, même avant que le net n’existe. Il y a toujours eu 3 copies « non rémunérées » d’oeuvre musicales pour une achetée, et ça n’a jamais empêché les artistes de vivre de leur art, du moins, pour les plus talentueux il y a quelques années, ou les mieux markettés actuellement. L’industrie du disque a réussi à survivre, et même à prospérer pendant des années alors même que leurs investissements étaient piratés.
Quelle est donc la différence fondamentale avec la situation actuelle ?
La différence, c’est celle-ci.
Autrefois, lorsqu’une société d’édition éditait un artiste, son but était de vendre assez d’albums pour rembourser son investissement, payer son personnel, l’artiste, l’amortissement des machines, et éventuellement, prendre un peu de bénéfices histoire de se donner les moyens d’aller découvrir de nouveaux talents, éventuellement, de sponsoriser de jeunes talents.
Actuellement, il faut dégager un minimum de 10% de capital en bénéfice tous les ans pour contenter les fonds d’investissements qui ont pris le contrôle du capital, et si possible un peu plus, histoire de sponsoriser des émissions de télé qui vont permettre de fabriquer des produits marketting vendeurs. Plus le temps de dénicher de réels talents, c’est beaucoup trop long et incertain. Et puis les vrais talents, ils ne sont pas forcément assez vendeurs pour être rentables, faut mieux attendre que quelqu’un fasse le buzz sur le net (vous savez, le truc horrible qu’utilisent les pirates) pour aller le signer.
Alors au final, ma question est la suivante, et elle est extrêmement simple :
Qui met en danger la culture, dans cette histoire ?