Les mots sont importants
16 août 2011 par valerie | Classé dans Crêpage de chignon.Ce matin, je suis tombée sur un article au titre assez peu évocateur.
Vous vous doutez du nombre incalculable de plaisanteries de bon goût auxquelles nous avons eu droit sur twitter.
Le titre m’a surprise car il ne dit pas ce qui est à savoir qu’un homme a violé une femme pendant son sommeil.
Femme avec qui il était marié.
Femme qui était sous l’emprise de somnifères pendant son viol.
On imagine le sordide de la situation (et on se demande qui a bien pu aller raconter cette histoire à un journaliste). Ne revenons même pas sur la tendance actuelle à multiplier les articles sur des fait-divers. Un article de fond sur le viol conjugal aurait été plus pertinent.
Notez, au passage, que le viol a été déqualifié en agression sexuelle. A mon avis car il y avait peu de « chances » qu’il soit condamné aux assises.
Je reste donc dubitative sur ce titre. On croit à un vocabulaire d’enfant qui ne revêt pas la réalité.
Je suis également surprise de la première phrase : « Elle ne voulait pas offrir cette partie de son anatomie à son mari. » Personnellement j’ai assez peu tendance à offrir des parties de mon anatomie à qui que ce soit. Je les prête pour un moment.
Je trouve assez surprenant qu’on évoque en tout premier lieu le refus de cette femme qui semble minorer l’acte du mari (un viol c’est 20 ans de prison).
Il y a quelques temps un autre fait-divers avait levé le même argument : « Il avait décapité sa femme qui se refusait à lui ». bah oui mais comment-t-on.
Tu refuses la sodomie ? Un viol.
Tu refuses tout court ? La mort.
Notons là aussi le vocabulaire employé ; la femme n’est pas considérée comme participant pleinement à l’acte sexuel. Elle « se refuse » ou « accepte » comme si elle n’était pas partie prenante de ce qui se passe, comme si seul l’homme est demandeur.
juste pour en remettre une couche, l’histoire des somnifères, c’est elle qui en prenait ou lui qui en rajoutait histoire d’être péinard ? (parce que dans ce cas, on peut ajouter un bon tas de facteur aggravant non ?)
Dis comme ça, je dirais que c’est elle qui en prenait.
Comme très souvent, le viol, un acte grave et traumatisant, est tourné en une petite blague de potache, une chose sans importance.
Et encore une fois, on parle de « pulsions incontrôlables », bref on prend le parti de l’agresseur.
Honteux ! Et les commentaires ne volent pas haut (enfin, ça, c’est habituel)…
Effectivement, le titre est lamentable. Mais l’article me semble assez objectif et sans parti pris.
Après, les commentateurs resteront des commentateurs, hein.
D’accord pour dire que les mots sont importants, et que le traitement journalistique de certains faits est au minimum maladroit (la presse régionale est un bon vivier de gags en tous genres), et au pire qu’il minimise et/ou banalise les actes.
Cependant, je trouve votre raisonnement sur « l’argument du refus » assez singulier : vous avez une autre façon d’exprimer l’absence de consentement? Quand quelqu’un propose quelque-chose, soit on accepte soit on refuse, non? Et c’est bien pour cette raison que la notion de viol existe : le demandeur passe outre le refus de la personne qu’elle sollicite (ce qui ne veut pas dire que cette dernière soit incapable d’avoir ses envies et de les proposer).
Sur ce point j’ai l’impression que vous voyez une intention de minimiser les actes que je ne saisis pas, mais si vous avez la patience je veux bien un deuxième tour d’explications…
merci
Je critique le mot « offrir ». On n’offre pas ses fesses, on accepte ensemble d’avoir une pratique sexuelle. Offrir laisse entendre qu’on perd le contrôle et que l’autre en fait ce qu’il veut.
un doigt dans les fesses reste un doigt dans les fesses. On peut le juger comme on veut, mais à tout désigner par viol ça ne veut plus rien dire.
Qui êtes vous pour décréter qu’une idiotie d’un mari lubrique soit appelée de la même manière qu’un acte de torture, de violence parfois suivi de meurtre ?
Qui êtes vous pour sous-entendre que c’est homme est un meurtrier en puissance ?
Les mots sont trop importants pour être galvaudés et dénaturés par les idéologues dans votre genre (les féministes ne représentent qu’elles mêmes, elles le savent très bien, sinon elles se seraient pas aussi agressives, manipulatrices et intransigeantes).
Vous n’aidez personne.
@ Anita
Et vous, chère Anita, qui êtes-vous pour dire qu’une pénétration digitale n’est qu’une « idiotie » ? (Et où avez-vous lu que quelqu’un disait que c’était un meurtrier en puissance ?)
J’avais une copine qui avait subi des attouchements sexuels et qui en était complètement traumatisée, bien que cela datât d’il y a des années. Au début, j’avais été étonnée de voir comment une petite « idiotie » de la part d’un de ses proches avaient pu tant la détruire. En rencontrant d’autres personnes victimes de violences sexuelles, je me suis rendue compte à quel point c’était traumatisant, même si ça ne semble « qu »‘un doigt dans les fesses ou une main sur un sein.
Je pense que c’est le genre de situation qu’il est difficile de comprendre si on n’y a jamais été confronté.
Et ici, il me semble que c’est vous la plus aggressive…
De plus, un doigt dans les fesses non consenti, d’après la loi, ça s’appelle bien un viol. Ce n’est pas nous qui le décrétons.
Exact. Tout comme une fellation forcée.
anita ; merci de lire la loi sur le viol.
et de vous acheter un cerveau.
merci.
clirstim ; si je me souviens bien, (pour info). il me semble qu’il y a eu jurisprudence pour la fellation faite à la victime qui serait un viol également.
Si on prend la loi au pied de la lettre, c’est la personne qui pratique la fellation qui est violée.
La fellation forcée consisterait donc à forcer quelqu’un à nous violer.
Mais il va sans dire que les magistrats ne sont pas assez cons pour interpréter la loi au sens propre dans ces cas-là.
Quoi que… : http://maitremo.fr/2009/02/19/mieux-vaut-parfois-ne-piper-mo/
« tout acte de fellation constitue un viol au sens des articles précités, dès lors qu’il est imposé par violence, contrainte, menace ou surprise, à celui qui le subit ou à celui qui le pratique»
— Crim. 16 décembre 1997, pourvoi no 97-8545532
Ah ? Une erreur de la part de Maître Mô ou moi qui n’ait rien capté ?
Probablement la deuxième…
bah en effet il dit le contraire de ce que j’ai lu. et comme je ne suis pas juriste, j’aurais tendance à penser qu’une nuance a du m’échapper.
toujours aussi pertinents tes billets
Bon, on était pas dans la chambre … le mec est peut-être un grand malade, la femme veut peut-être se débarasser de son mari en l’accusnat de viol et. etc. c’est aussi alambiqué que DSK et sa femme de chambre ! la pénétration est qualifié comme viol même avec un doigt ou un sexoty, le reste c’est de l’abus sexuel ou de l’attouchement, çà c’est la loi. Maintenant des grands malades, çà court les rues … et ce sont à 99% des hommes
« et ce sont à 99% des hommes »
ah que j’aime les phrases avec des « 99% » dedans ! Parce que voyez vous, les 99% c’est un peu le seuil psychologique(comme le 9,99€ avec les prix).
Vous avez des propos absolu et sans aucune modération à tenir mais vous hésitez à cause des gauchistes en tout genre ? alors utilisez (que dis-je : abusez !) de la formule « 99% des XXX sont des YYY » qui pour le même prix vous permet de dire a demi mot ce que vous ne voulez pas dire franchement.
Et si jamais vous avez des réclamations des gens, n’oubliez pas d’utiliser le complément indispensable « Ah mais j’ai dit 99% ! ça veut pas dire tout le monde ! »
Effet garanti