De l’antisémitisme

1 août 2011 par valerie | Classé dans Crêpage de chignon.

Je suis toujours frappée, lorsque l’on fait une recherche sur google, du nombre de personnages associées au mot « juif ».

Cherchez n’importe quel nom, google vous proposera quelques occurrences qui lui sont communément associées dont « juif ».

Etre juif ne se voit pas, contrairement au fait d’être une femme ou un noir par exemple, qui sont d’autres types de discriminations.

C’est bien ce qui autant inspire autant les antisémites ; cette crainte de voir les juifs pénétrer chaque lieu de pouvoir sans qu’on puisse le savoir, tout en servant leurs propres intérêts (forcément contraires aux nôtres). « Ils sont partout » disait-on.

Voilà pourquoi au passage il reste pertinent de dissocier l’antisémitisme du racisme, du sexisme ou de l’homophobie. Il ne s’agit pas de les hiérarchiser mais de montrer combien ils s’expriment de façon différente. L’on craint du juif qu’il importe tantôt le marxisme, tantôt le capitalisme,  mais de manière insidieuse, en se cachant. Historiquement le juif est bien vu comme un être humain, mais dégénéré, un avatar.

Quel esprit particulier peut être amené à vouloir savoir si tel ou tel est juif ? Pour se prouver qu’ils sont bien partout ? Nul besoin de preuves ; il en est déjà convaincu. Je me souviens d’un copain, même pas antisémite, qui me déclara qu’il « y avait des juifs à la tête de toutes les banques ». c’était pour lui une évidence même pas gênante, mais aussi évidente que la pluie mouille.

L’antisémite n’a pas besoin de preuves puisque, de toutes façons les media sont tenus par les juifs qui truquent tout.

Le complot va si loin qu’on soupçonne les pires antisémites d’être juifs ; Hitler ou Ahmadinejad (juif 1ere occurrence sur google, illuminati, 5eme).

Et, évidemment, on ne peut ignorer une certaine rhétorique antisioniste. Je ne suis pas sioniste – ce qui m’a déjà valu quelques insultes ignobles – pourtant je n’ignore pas, il serait difficile de le nier, qu’un bon paquet d’antisémites se cachent sous l’habit d’antisionistes. Il suffit de voir d’ailleurs leur vocabulaire, couramment empruntés à l’antienne antisémite : « les sionistes sont partout, ils gouvernent le monde ».

On ne peut au passage s’empêcher de penser que certains sont bien prompts à se jeter sur les crimes – bien réels – d’Israël mais ignorent superbement le génocide musulman commis au Gujarat par exemple  ou les crimes russes ou soudanais. Si la communauté internationale est en effet souvent prompte à ratiociner devant Israël, je ne suis pas sûre que la compassion à l’égard des palestiniens soit si pure que cela… ou alors on jugerait un peu plus sévèrement l’attitude de l’Egypte à leur encontre.

nota ; le sujet de mon billet est l’antisémitisme. Merci de ne pas partir sur le sionisme ou l’antisionisme.

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32 commentaire to “De l’antisémitisme”

  1. Bôôh | 1/08/11 | 10 h 36 min

    Rha m’en fout j’en parlerai quand-même
    Et, évidemment, on ne peut ignorer une certaine rhétorique antisioniste. Je ne suis pas sioniste – ce qui m’a déjà valu quelques insultes ignobles – pourtant je n’ignore pas, il serait difficile de le nier, qu’un bon paquet d’antisémites se cachent sous l’habit d’antisionistes. Il suffit de voir d’ailleurs leur vocabulaire, couramment empruntés à l’antienne antisémite : « les sionistes sont partout, ils gouvernent le monde ».

    Logique, tous les antisémites sont antisionistes, alors que tous les antisionistes ne le sont pas…

    A part ça, j’ai cru qu’on allait avoir une vague de muslin et musulman en mots clés associés après l’élection d’Obama en 2008, et finalement non. Il y a vraiment un problème particulier avec les juifs. Et forcément, puisqu’ils sont les seuls concernés ils doivent y être un peu pour quelque-chose quand-même… (je ne doute pas de Valérie, mais des fois qu’un lecteur premier degré passe, je plaisante).
    Et pour finir, j’ai lu un article il y a quelques mois sur le sujet, qui expliquait que c’était une particularité française, qu’on ne trouvait pas la même chose dans d’autres langues. Je trouve plus l’article… Ah si ! Télérama : http://tinyurl.com/33ezakl guidé par France Inter : http://tinyurl.com/5tapwcw. Notons qu’homosexuel est aussi concerné, dans une moindre mesure. Heu aussi veulent s’infiltre partout (j’arrête là)

  2. Bôôh | 1/08/11 | 10 h 37 min

    erratum : « tous les antisionistes ne sont pas antisémites » voulais-je écrire.

  3. Bôôh | 1/08/11 | 10 h 38 min

    Re-erratum (promis j’arrête) « Eux aussi », pas « Heu aussi ».

  4. Clirstrim | 1/08/11 | 10 h 42 min

    On se rejoint sur ce truc qui me perturbe dès que je tape un nom dans Google. Et l’affaire DSK a aussi révélé pas mal de propos antisémites dans mon entourage, prononcés par des personnes pourtant intelligentes, cultivées etc… Le « Ils sont partout », la fameuse « solidarité ashkénaze » ou ce genre de délire sur les lieux de pouvoirs squattés par les juifs. Ce qu’il y a de marrant, c’est que la France n’a pas eue, à ma connaissance, un seul Président de la République juif. La plupart était chrétiens ou catholiques, il me semble, et on n’a pourtant jamais évoqué de complot lié à cette religion.
    Je ne sais pas si je suis très claire, mais ce genre de propos sur les juifs balancés encore aujourd’hui sur le ton de l’évidence, malgré la seconde guerre mondiale, les crimes du nazisme etc (à moi le point Godwin) me désespèrent, je me dis que l’humain a la mémoire courte et n’apprendra jamais.

  5. Bôôh | 1/08/11 | 10 h 48 min

    Pas de président de la République juif. Normal, ils agissent dans l’ombre, là où est le vrai pouvoir. Et puis les présidents de la républiques ils sont plutôt francs maçons, mais ça fait parti de la même tambouille tout ça…

  6. Flashou | 1/08/11 | 10 h 51 min

    Ca ne t’interpelle pas que le mot même d’antisémite soit construit de façon radicalement différente que raciste ou sexiste ?

    Raciste, sexiste : ces deux termes emploient le suffixe iste qui fait d’un nom une idéologie. L’individu affublé de ce sobriquet est donc une personne avec une échelle de valeurs où certains groupes selon certains critères prédomine sur les autres (je fais simple car c’est plus subtile mais je suppose que tu vois ou je veux en venir).

    le terme antisémite lui par contre défini une opposition totale (oserais je dire une négation ?) a une entité. C’est une formulation très forte qui ne défini l’individu QUE par ce qu’il rejette. le mot antisémite ne définit pas l’individu concerné, ni ses valeurs (celle qu’il s’applique) mais juste ce contre quoi il s’oppose.

    Pourquoi ne dit on pas antinoir ? antifemme ? antigay ?

  7. valerie | 1/08/11 | 11 h 44 min

    Bôôh : rien compris à tes com

    flashou : bien vu en effet. on dira en revanche antiraciste, antisexiste..

  8. Bôôh | 1/08/11 | 11 h 51 min

    (Ca m’apprendra à ne pas me relire)

    La première partie je te cite sur l’antisionisme servant de planque aux antisémites, en rajoutant que si tous les antisionistes ne sont pas antisémites, tous les antisémites sont antisionistes.

    La seconde partie, c’est sur l’association « nom de personne » « musulman », qui est un peu apparu lors de la campagne présidentielle américaine durant laquelle certains ont tenté de faire croire qu’Obama était musulman. Mais finalement ça s’est rapidement éteint et on n’a pas trouvé de mot clé associant automatiquement « musulman » à toute une série de personnages politiques ou médiatiques comme c’est le cas pour « juif ».

    La dernière partie, c’est pour citer un article sur le même sujet paru dans télérama et repris par divers médias.

    Forcément avec des coquilles partout c’était moins lisible. Tu peux tout nettoyer si tu veux.

  9. valerie | 1/08/11 | 12 h 08 min

    mais euh. tu n’a pas oublié un com ?
    je lis des corrections mais pas le com que les coms de correction sont censés corriger :)

  10. Tiresias | 1/08/11 | 12 h 48 min

    Je me pose des questions à ce sujet depuis peu. J’ai été élevé dans un milieu plutôt philosémite (du genre « les juifs sont plus intelligents car ils remportent beaucoup de prix Nobel »); de moi même, je ne me préoccupe pas de l’éventuelle judéité des gens (avant de l’avoir lu dans les journaux, je n’avais pas percuté que DSK était juif, par exemple).
    Je fais une recherche actuellement sur le freudisme et le freudo-marxisme, et je suis étonné de voir le nombre de juifs (ou personnes issues de familles juives) qu’il y a pu avoir dans ces milieux intellectuels (à commencer par Marx et Freud).
    Je ne sais pas combien de juifs il y a dans le milieu financier, mais leur (prétendue?) forte présence dans le domaine a souvent été expliquée par l’interdiction de l’usure par l’église au moyen-âge. J’ai entendu la même chose récemment au sujet des médias ; là encore, pas de chiffres mais beaucoup de noms ont été cités. Pour les prix Nobel, on a les chiffres : >20% alors qu’ils représentent 0,2% de la population mondiale.

    Il existe donc des données réelles à la base de certains clichés ; ces données restent taboues même si, en elles-mêmes, elles ne plaident en faveur d’aucune idéologie. Pour l’antisémite de droite, le juif est marxiste, pour l’antisémite de gauche, le juif est capitaliste (inversez les clichés pour les philosémites).

    Une question, cependant : comment définit-on un juif? Est-ce une simple question de religion (dans ce cas, Marx et Freud n’étaient pas juifs car athées), une question de naissance par la mère (donc si on remonte notre arbre généalogique côté femmes, une ancêtre juive suffirait), une question de culture, etc.? J’imagine que les rabbins ont une réponse à apporter, mais fait-elle l’unanimité?

    Sinon, d’accord avec toi pour dire que l’antisémitisme diffère du racisme. Le mot est malheureusement mal choisi, car « sémite » se réfère à une ethnie.

  11. Bôôh | 1/08/11 | 13 h 47 min

    Ca m’affiche ça en tête de commentaire : « Bôôh | 1/08/11 | 10 h 36 min Votre commentaire est en attente de modération. »

    @Tiresias : Concernant les prix Nobel, une part d’explication vient peut-être du fait qu’une grande frange de la population mondiale est ou était exclue de fait. Lorsque les pays pauvres (incluant la Chine jusqu’à il y a peu) n’avait pas ou quasiment pas de chercheurs de niveau international, ces pays n’avaient aucune chance d’avoir des Nobel de Physique, de Chimie ou de Médecine (les Nobel « scientifiques » par opposition aux Nobel de la paix et de littérature). Vous ne vous êtes pas demandé pourquoi les européens et américains du nord étaient sur-représentés, les asiatiques sous représentés (2/3 de la population mondiale, quelque-chose comme 5% des prix), les océaniens, américains du sud et africains sont presque totalement absents ?
    De plus, on est sur des nombres (inférieur à un millier pour les lauréats, quelques milliards pour la population) sur lesquels les statistiques croisées se biaisent.

  12. Resh | 1/08/11 | 13 h 48 min

    Souvent les antisionnistes sont mêmes des antisémites qui s’ignorent… La rhétorique, les mécanismes, les cibles, et les sources restent les mêmes, mais ils vont dire que « Oui mais là ca n’a rien à voir avec la religion »… comme si l’antisémitisme lui était basé là dessus…
    On en trouve en quantité tellement effroyable sur le web qu’un de mes trolls préféré maintenant c’est de prendre la défense d’Israël.
    Au moins je suis sur d’être seul contre tous mais face à une bande d’incultes où ceux qui parlent le plus sont ceux qui connaissent le moins l’histoire du pays.
    C’en serait amusant si ce n’était pas terrifiant.
    Tout comme du côté des fafs, les voir s’entredéchirer pour savoir si les juifs/Israël sont les ennemis ou les alliés de l’invasion islamiste…
    C’est d’un pitoyable…
    Au moins ca met bien en évidence que quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise et quoi qu’il pense, un juif a toujours des plans machiavélique et a toujours tort…
    Une petite phrase pertinente entendue récemment pour conclure :
    « Les 647 dernières fois que j’ai entendu parler de la Shoah, c’était pour dire qu’on entendait trop parler de la Shoah »

  13. Resh | 1/08/11 | 14 h 08 min

    Et pour les prix nobels, les médias, les banques etc, ca s’explique aussi par le fait que les communautés juives se sont implantées dans les grandes villes, là où les choses se passent.
    En France par exemple, les 2/3 des juifs sont à Paris, or je sais pas si vous avez remarqué mais y’a aussi comme une sur-représentation des parisiens dans les médias les finances et la politique.
    Mais bizarrement ca ca choque personne.

  14. valerie | 1/08/11 | 14 h 48 min

    « Une petite phrase pertinente entendue récemment pour conclure :
    « Les 647 dernières fois que j’ai entendu parler de la Shoah, c’était pour dire qu’on entendait trop parler de la Shoah » » –> très bien vu ! (enfin de rapporter cette phrase, pas sa véracité :) )

    bôôh : validé. (désolée je ne l’avais pas vu)

    tiresias ; je dirais que c’est antérieur au MA. les marchands du temple sont supposément juifs et attirés par l’argent… l’idée du juif rapace me semble venir de là. (sinon pourquoi aurait on confié aux juifs cette histoire d’usure ?).

    quant à définir un juif, je ne crois pas qu’il y ait consensus. a noter cependant qu’on différencie judeophobie (haïr la religion juive) et l’antisémitisme (juif en tant qu’ethnies). ta question est pertinente car j’emploie le mot « thnie » mais je ne sais même pas s’il est pertinent pour définir les juifs. un juif du Maroc a t il un quelconque lien avec un juif polonais ? a t on fait une géographie de la diaspora ? (je suppose). en tout cas, ceux qui se disent juifs le sont au delà d’une simple religion.

    « Et pour les prix nobels, les médias, les banques etc, ca s’explique aussi par le fait que les communautés juives se sont implantées dans les grandes villes, là où les choses se passent. »
    oui mais toutes les vagues migratoire l’ont fait aussi. donc je ne suis pas sûre que cela vienne de là. si on suit les mvts migratoires des italiens ; ca a été Paris, Marseille, Lyon. pas Pompon les trouillettes.

    Bôôh ; tu as raison mais tu expliques là, l’absence de certains et la surepresentation des « occidentaux ». mais pas des juifs.

  15. Bôôh | 1/08/11 | 16 h 24 min

    Justement, mon propos est que les questions de surreprésentations sont biaisées. Tiresias parle des juifs constituant « 0,2% de la population mondiale », mais oublie qu’ils sont absents (à quelques milliers près) des 20 pays les plus peuplés hormis l’Allemagne, la Russie et les Etats-Unis, alors que ces 20 pays représentent à eux seuls 2/3 de la population mondiale et quasiment aucun Nobel. Bref, si elle tient absolument à compter les Nobel juifs (ce qui n’a pas l’air d’être son obsession), il faudrait qu’elle calcule leur part parmi les Nobel des pays où ils sont présents. Sinon on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres : 0,000% des Nobel chinois, indiens, pakistanais et japonais sont juifs, alors que ces pays représentent 60% de la population mondiale. Ca n’a pas de sens comme statistiques, vu qu’il y a moins de 10000 juifs dans ces pays. Et si par hasard un des 5000 juifs indien obtenait un Nobel, d’un seul coup les juifs seraient sur-représentés vu que l’Inde compte 3 Nobel en tout…

  16. Lledelwin | 1/08/11 | 16 h 38 min

    …Et quoi d’étonnant à ce qu’on retrouve les juifs dans le milieu de la finance ; c’était quasi le seul métier qu’ils pouvaient pratiquer en contact avec les « gentils » ; quasi tout le reste leur était interdit. A coté de cela, il y a tout ceux qui constituaient des petits mafia et roulaient pas sur l’or, en Argentine par exemple, mais ceux-là intéressent beaucoup moins le lambda, mis à part peut-être les lecteurs de Hugo Pratt.

    Pour revenir au propos de base, je m’étais également posé la question en tombant par hasard sur un site recensant les juifs parmi les acteurs, personnalités, etc. J’avais été pas mal choquée du principe même (ça intéresse quelqu’un de savoir que Nathalie Portman est juive, par exemple ?)… Et j’étais encore plus abasourdie de découvrir sur le même site une publicité pour un test ADN permettant de vérifier la judéïté (?) ou le sémitisme de son éventuel conjoint. C’est ce dernier élément qui m’a permis de classer le site comme non-antisémite mais « pro-sémite » : pas du « ils sont partout, ils infiltrent tous les milieu » mais « nous sommes partout, nous comptons les plus talentueux, les plus belles ».

  17. Mak | 1/08/11 | 21 h 49 min

    Juste un petit truc qui me chiffonne : le terme « antisémite » ne veut pas dire « anti-juif-en-tant-qu’ethnie ». En effet, le dico nous dit, pour le mot « Sémite » <> C’est donc simplement un « type » de racisme.

    Arrêtez donc de parler d’antisémitisme à tout bout de chant sans même en connaître la définition.

  18. Flashou | 1/08/11 | 21 h 51 min

    Semblerait il que l’importante présence des juifs dans les métiers de la finance ou la magistrature viendrait du fait qu’ils ne pouvaient pas pratiquer de métier artisanaux (menuisier, tisserand etc) car ils ne pouvaient posséder d’atelier. Du coup ils se retournaient sur des métiers où ils n’avaient besoin que d’un savoir faire.

    Cette version ne manque pas de logique, maintenant je ne saurais dire si c’est ZE raison. Vous en pensez quoi ?

  19. valerie | 1/08/11 | 21 h 53 min

    (c’est marrant je l’attendais).
    il se trouve que le sens commun désigne l’antisémitisme comme le fait de haïr les juifs.
    je sais c’est injuste ils ont un mot pour eux tous seuls.

  20. valerie | 1/08/11 | 22 h 22 min

    voici un lien intéressant : http://www.denistouret.fr/ideologues/Attali.html

    en gros. Attali dit que l’argent n’est pas tabou chez les juifs, il l’est chez les chrétiens (du moins en apparence bien sûr…). leur religion ne condamne pas la richesse.
    les musulmans et les cathos ne peuvent faire du prêt (interdit) ; pas les juifs.
    tout au long du MA, ce sont les seuls à pouvoir le faire.

    là ou il n’explique pas c’est que pour moi, le rôle de l’usure est passée aux mains des templiers par exemple (donc des catholiques). y – a t il quand même eu persistance d’un rapport particulier juifs/argent après le 15eme siècle ?

    pour en revenir à ta question flashou, je pense que ce que tu dis a été vrai mais ne l’est plus depuis longtemps. réellement je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de juifs dans la finance.
    je pense simplement qu’on les note (avant on disait bien « riche comme Rothschild »…)

  21. Mak | 1/08/11 | 22 h 28 min

    (J’étais étonné de pas l’avoir lu avant, d’ailleurs.)
    Il ne s’agit pas ici de « justice »… Simplement, ça n’est pas parce que tout le monde l’utilise et le comprend dans ce sens que c’est correct pour autant.

    (Désolé, j’arrête de faire mon… grammar nazi…)

  22. valerie | 1/08/11 | 22 h 29 min

    OHOHO qu’il est drôle.

    bref. pour tiresias :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205

  23. Resh | 2/08/11 | 0 h 32 min

    Oui c’est le Larousse et le petit Robert se plantent en fait

  24. Tiresias | 2/08/11 | 0 h 36 min

    Bôôh : Justement, ces chiffres existent
    « De 1901 à 2005:
    1) 32 % des prix Nobel américains sont obtenus par des juifs.
    2) 19 % des prix Nobel français sont obtenus par des juifs.
    3) 17 % des prix Nobel allemands sont obtenus par des juifs.
    4) 16 % des prix Nobel suisses et autrichiens sont obtenus par des juifs.
    4) 12 % des prix Nobel britanniques sont obtenus par des juifs.
    5) 11 % des prix Nobel canadiens sont obtenus par des juifs.
    6) 7 % des prix Nobel italiens sont obtenus par des juifs.
    Il n’y a pourtant que 0,1 % de juifs en Italie et moins de 1 % de juifs dans tous les autres pays sauf les USA. » (Selon Wiki, 1,7% aux USA mais concentrés dans les grandes villes)

    Il est aussi dit que les Juifs perdent du terrain depuis les 5 dernières années (ils sont passés à 15%). Notamment au profit des Japonais.

    Je lis aussi que :
    « 27 % des médailles Fields (l’équivalent du Nobel pour les mathématiques) ont été remportées par des juifs. » et que « plus de 50 % des championnats du monde d’échecs ont été remportés par des Juifs »

    Source : http://jssnews.com/2011/04/09/nobel-juif/

    Alors, je suis tout à fait d’accord que cela dépend du développement du pays dans lequel on vit, et sans doute du fait d’être citadin, mais dans le cas des juifs, on ne peut pas nier la sur-représentativité.

    Valérie: Merci pour le lien! :-)

    « les marchands du temple sont supposément juifs et attirés par l’argent… l’idée du juif rapace me semble venir de là. (sinon pourquoi aurait on confié aux juifs cette histoire d’usure ?). »

    Je me méfie un peu des explications de ce type. C’est un peu comme « les juifs ont été persécutés parce qu’ils ont tué Jésus » ou « les femmes sont discriminées parce qu’Eve a tenté Adam ». Je crois qu’une explication basée sur un mythe (la Bible en est un) vient se greffer a posteriori.

    Je ne pense pas que l’usure ait été « confiée » aux Juifs, mais que cela s’est fait par la force des choses. Ce qui a pu donner lieu à une spécialisation du groupe dans ce domaine, qui a sans doute en grande partie disparu de nos jours.

    En ce qui concerne le prêt à intérêt, s’il y a pu avoir un assouplissement de la part de l’église, la pratique n’est acceptée que par les Protestants. Le Vatican ne l’a rendue licite qu’en 1917.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Int%C3%A9r%C3%AAt_%28finance%29#Points_de_vue_religieux

  25. Resh | 2/08/11 | 2 h 04 min

    Je crois que l’antisémitisme commence quand on s’imagine que c’est un peuple tellement soudé qu’il formerait une monstrueuse entité planétaire dont toutes les ramifications seraient contrôlées par une conscience collective… J’exagère à peine.
    C’est peut-être justement à force d’entretenir ce mythe que même certains juifs finissent par y croire.

    Intéressant article sinon, sauf que j’ai l’impression que l’auteur, Israëlien, a réussi à tomber dans le même genre de délires complotiste que les antisémites.

    Il nous ressort le coup de « les sionistes » ou « Israël » (pas de noms, et tous dans la même case comme d’hab), qui complotent (comme d’hab) même contre leurs propres citoyens pour leur faire croire qu’ils sont tous de la même ascendance…
    Sauf que ca reste à prouver.
    Avec ce genre de théories j’aurais attendu des détails, des noms et des faits précis autres que 3 félés qui font des tests ADN.
    Surtout que le fait est que les historiens défendant l’existence d’une « race juive » comme groupe ethnique ou biologique, sont très marginaux, et ce depuis toujours, même voire surtout en Israël.
    En fait son histoire du peuple juif n’a rien d’une thèse novatrice, c’est même au contraire le consensus.

    Et il rappelle pourtant de lui même qu’Israël n’a pas été fondé pour des motifs religieux, et que ses immigrants ne sont pas partis là bas pour rejoindre une terre promise, mais pour fuir l’antisémitisme. Russe puis européen puis arabe.
    Alors le prétendu retournement de veste du pouvoir qui depuis voudrait exalter le mythe du peuple élu… Qui ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? C’est fumeux quand même.

    Bien sur j’imagine qu’il y’a des identitaires là bas, qui utilisent la religion comme le font aussi les nôtres, pour s’aider à se mettre dans une case confortable. Mais est-ce une raison pour accuser de complicité et mettre dans le même sac tous les gouvernements et médias d’Israël des 50 dernière années ?
    C’est un positionnement clairement extrémiste, sans nuance, et j’espère que c’est du à la longueur de l’article, parce que vu d’ici ca ressemble pour moi à un « La France est raciste » bien bas du front.

  26. valerie | 2/08/11 | 8 h 35 min

     » Je crois qu’une explication basée sur un mythe (la Bible en est un) vient se greffer a posteriori. »
    oui mais a posteriori, quand ? :)
    si cette histoire a été écrite, mettons en 200, cela suffirait ? (mais oui en général un mythe se greffe a posteriori on est ok).

  27. Lledelwin | 2/08/11 | 10 h 10 min

    Il me semble que l’explication d’Attali est un peu bancale : l’usure est interdite dans l’Ancien Testament, soit la partie que Juifs et Chrétiens ont en commun. Pour ce qui est de l’enrichissement personnel, chrétien comme musulman peuvent être riches, mais ils doivent redistribuer ces richesses en pratiquant l’aumône, j’avoue que j’ignore s’il y a aussi cet impératif au sein de la communauté juive. Cependant, l’histoire de Job, riche de bétail, de terre et d’enfant que Dieu met à l’épreuve en détruisant ses richesses et tuant ses mômes pour voir s’il sera toujours aussi pieux laisse deviner une légère défiance envers les trop riches dont la piété est peut-être forte en apparence mais faible et fausse en réalité.

    Et comme dans les sociétés médiévales occidentales, les juifs étaient effectivement maintenu dans un circuit économique à part (j’ignore s’ils pouvaient ou pas posséder des ateliers, il me semble qu’ils étaient bien obligés d’avoir leurs propres tisserands, leurs propres bouchers, donc leurs propres ateliers, ce qui est sur c’est qu’ils étaient interdit des guildes – lesquelles réglementaient le commerce, l’accès à la profession, l’assurance vieillesse et l’assurance-messe pour le repos de ton âme des affiliés), ben reste le prêt d’argent aux « gentils ».

    Mais effectivement, ils ne vont pas garder le monopole du prêt d’argent à intérêt : d’une part les templiers, d’autre part les Lombards vont s’emparer du marché, avec cet avantage sur les Juifs que leurs banques fonctionnent en réseau, qu’ils peuvent envoyer des billets à ordre à travers l’Europe et sont devenu financièrement plus important que le réseau de prêteurs juifs, fonctionnant plutôt au niveau local et plus modeste : quand il est possible de tout perdre au prochain enfant tombé dans un puits ou de voir ses créances effacées d’un coup d’accusation de blasphème, on est mal placé pour affirmer en toute confiance « meuh oui mon bon mestre Jacques, confiez-moi vos sous et mon cousin Moïse à Anvers vous payera la somme en argent sonnant et trébuchant en échange de ce papier ! » parce qu’entre-temps, le cousin Moïse il est peut-être en prison pour cannibalisme rituel et profanation d’hostie. Tandis que les Lombards et les Templiers, c’était un poil plus difficile – le procès des Templiers, il a pas été bouclé en trois semaines avec Suzon, Paul et Pierre en témoins.

    @Resh : intéressant comme point de vue. Ca me rappelle un article intéressant écrit par un type de l’union juive de Belgique cherchant à définir ce qu’on entend par « juif ». Une religion ? La moitié des juifs se définissant comme juif est aussi pratiquante que vous ou moi et entre religieux il y a des différences aussi importantes qu’entres chrétiens protestant, orthodoxe, catholique, intégristes ou progressistes. Un peuple ? Depuis la diaspora, les juifs se sont installé dans tellement de pays différents, ils se sont intégrés à tellement de milieu différent qu’on ne peut parler de « peuple » ni du point de vue génétique ni du point de vue culturel : quels points communs entre un Séfarade, un Ashkenaze ou un Falashi ? Ceux-ci sont limite plus proche des Magrébins, Russes, Ethiopiens qu’entre eux. Une histoire commune ? Si certaines communautés ont connus les pogroms, la déportation et les camps de la mort, d’autres étaient très prospères et vivaient tranquillement depuis plusieurs siècles. Si je me souvient bien, il avait fini par conclure que si être juif ne se résumait ni à une appartenance religieuse, ni à une appartenance culturelle, ni à une appartenance à un peuple, ni à une histoire commune, en revanche tous ont en commun un même sentiment d’appartenance à un même groupe défini comme « juif », quelque soit la définition donnée à ce dernier.

  28. Tiresias | 2/08/11 | 11 h 44 min

    En sociologie, on parle d’une « croyance en des ancêtres communs », qu’ils soient « réels ou putatifs ». Je vous cite une définition:
    « L’ethnicité est une forme d’organisation sociale, basée sur une attribution catégorielle qui classe les personnes en fonction de leur origine supposée, et qui se trouve validée dans l’interaction sociale par la mise en œuvre de signes culturels socialement différenciateurs » (Poutignat et Streiff-Fenart, 1995)
    Si vous avez le courage, « Les catégories ethniques selon F. Barth » :
    http://traces.revues.org/155

    Valérie:
    Difficile à dire, « quand ». On ne peut que supposer, si on part d’une approche interactionniste des groupes, qu’à un moment, les chrétiens se sont construit une identité à partir de l’image repoussoir du Juif (les païens ayant à peu près disparu de leur environnement). C’est juste une hypothèse.

  29. valerie | 2/08/11 | 11 h 57 min

    « C’est juste une hypothèse. » en faisant une rapide recherche, on constate qu’en effet l’image des juifs a évolué au fil du temps et en fonction des intérêts du moment (comme souvent).
    Paul de Tarse les a tour à tour traités de déicides et aussi chers à dieu dans un autre texte.
    notons aussi que l’antisémitisme est antérieur au catholicisme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Antis%C3%A9mitisme ; pas mal foutu).

    sur ton lien
    « Barth a maintenant le champ libre pour proposer une théorie concurrente dans lesquelles les « groupes ethniques sont des catégories d’attribution9 et d’identification opérées par les acteurs eux-mêmes et ont donc la caractéristique d’organiser les interactions entres les individus »
    intéressant à noter.

  30. bertfromsang | 2/08/11 | 18 h 30 min

    « On ne peut au passage s’empêcher de penser que certains sont bien prompts à se jeter sur les crimes – bien réels – d’Israël mais ignorent superbement le génocide musulman commis au Gujarat par exemple ou les crimes russes ou soudanais. Si la communauté internationale est en effet souvent prompte à ratiociner devant Israël, je ne suis pas sûre que la compassion à l’égard des palestiniens soit si pure que cela… ou alors on jugerait un peu plus sévèrement l’attitude de l’Egypte à leur encontre. »

    exact: on pourrait également parler, entre autres, de la répression sévère que subissent les ouïghours en chine, ou du comportement abject – qu’on m’explique la différence avec l’attitude d’israël à l’égard des palestiniens – du maroc à l’endroit du sahara occidental, dans l’indifférence générale…

  31. what | 9/08/11 | 19 h 32 min

    Ratiociner? http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_United_Nations_resolutions_concerning_Israel

    Les Musulmans et les Arabes subissent énormément de xénophobie de la part des médias tout comme de la population en général (+60% d’actes islamophobes dans les six derniers mois). L’islamophobie est un problème réel et ACTUEL, sauf qu’il n’émeut personne apparemment.

    Au fait, la plupart des Arabes sont Sémites aussi.

  32. valerie | 9/08/11 | 20 h 01 min

    même commentaire que précédemment.
    lire mon blog avant de te précipiter pour poster peut être opportun.
    je trouve par ailleurs assez gênant qu’on parle d’islamophobie sur un post sur l’antisémitisme.
    c’est un peu comme ces gens qui viennent parler sxisme quand on parle racisme ou vice versa. comme s’il y avait concurrence. « certes les femmes souffrent mais alors les noirs ouhlala » (evidemment on peut inverser cette phrase).
    personne ne nie l’islamophobie. sauf que ce n’est pas le sujet. tu serais allé-ee me parler d’islamophobie sur le sujet sur les sexes que ca aurait été la même chose.

    je connais la liste des résolutions. je te rappelle avoir « je ne suis pas sioniste ». ca n’est pas le sujet ici.