juin 232011
 

Quelques jours de vacances et un ouragan clitoridien se répand sur nos têtes.

En préambule (suite à quelques mésentendus sur twitter). Je ne reproche à personne d'être contre Osez le féminisme ou cette campagne. Je ne me suis jamais cachée de ma méfiance envers cette assoc comme celles et ceux qui me pratiquent depuis un moment connaissent mes engueulades homériques avec les chiennes de garde.

En revanche, je déplore que les journaux, selon leurs habitudes bistrotières, persistent à ne s'intéresser au féminisme qu'en cas de discussions – je n'ose parler d'engueulades – et jamais lorsqu'il y a actu plus consensuelle.

Il y a quelques années, la tendance était de n'inviter sur les plateaux télés que des féministes de courants opposés en espérant les voir s'écharper ; pensez donc c'est qu'on se marre avec les bonnes femmes ! Je me méfie donc de ce phénomène là en plein backlash ; car je persiste et signe nous sommes en plein retour de bâton tant au niveau du féminisme que de la lutte contre les autres inégalités (racisme, antisémitisme, homophobie etc). Je ne parle même pas du fait que le féminisme sert surtout aujourd'hui à mener et tenir des combats racistes, je l'ai assez exprimé.
Le féminisme – comme le combat anti raciste – est en train de perdre du terrain et il conviendrait de s'en rendre compte.

Bref.
Revenons en à cette fameuse campagne autour du clitoris.

Je trouve l'affiche graphiquement maladroite comme le souligne Sophie. D'un autre côté je suis assez surprise des adjectifs que j'ai vus employer comme "sanguinolent". Je suis désolée de vous l'apprendre mais un sexe féminin est rouge (ou noir). Pas blanc, pas rose, rouge. Et un organe aussi innervé que le clitoris est forcément très rouge. Personnellement cela m'interroge davantage sur vos représentations mentales du corps féminin que sur le clitoris.

Des personnes m'ont clairement dit avoir découvert commment était vraiment un clitoris et sa taille après s'être interrogées sur l'affiche. Rien que pour cela, l'affiche était donc nécessaire.

Beaucoup ont été géné-e-s de voir exposé un sexe en ces temps où on en voit partout.
On n'a JAMAIS vu un clitoris entier, nulle part. Jamais. (de toutes façons ca fait à peine dix ans qu'on sait la tête que ca a donc...).
Ensuite il ne me semble pas y avoir de problème à montrer l'anatomie féminine ; ce qui gêne c'est le contexte. Balancer des seins pour vendre des yaourts. Ici on nous conseille de tester le clito ; il est donc logique de le montrer. Je reste quand même surprise qu'il n'y est jamais eu ce foin quand des femmes ont montré leurs seins – des vrais pas un dessin – pour une campagne du cancer du sein. Et là la banale représentation d'un clitoris devrait nous émouvoir ?

Certaines ont parlé d'un féminisme victimaire au sujet de certaines phrases du site.

Je ne vous cache pas que le jour où Badinter a décidé de faire son buzz perso à coup de « féminisme victimaire » elle aurait mieux fait de continuer à compter ses actions Publicis (oui c'est gratuit). Tout le passage de son livre sur le sujet est fait de citations tronquées, de propos mal traduits et infondés.
On a des chiffres, des faits sur le viol, la violence conjugale, le harcelèment, les inégalités salariales. Je ne parle pas de ressenti, d'impressions, d'idées. Etre victime de discriminations ne veut pas dire que vous êtes et serez victime à vie juste que vous l'êtes à un moment donné.
Aucune féministe – et si vous pensez le contraire je vous invite à me sortir le nom, la citation et le livre dont elle est extraite – n'a jamais dit ou pensé que tout homme est individuellement un prédateur. On parle de système patriarcal , de système où un sexe est assujetti à l'autre. Encore une fois cela ne veut pas dire que toto a la main sur le clito de madame et l'empêche de s'en servir.

En revanche que constate-t-on ?
Le nouveau rapport Hite publié en 2002 témoignait d'une sexualité féminine guère réjouissante (95% des femmes jouissent en se masturbant contre 44% avec leur partenaire). Il ne s'agit pas – encore une fois – de culpabiliser les hommes. Il s'agit de comprendre ce qui bloque pour que si peu de femmes disent éprouver du plaisir dans leur couple.
Combien a t on entendu dire « ah je suis trop longue, je vais l'ennuyer, alors je simule ».
« dans les films elle jouit à peine pénétrée, je ne dois pas être normale »
et bien sûr de l'autre côté les mêmes remarques surgiront du côté masculin.

Pensons qu'il a fallu attendre les années 2000 pour étudier médicalement un clitoris. Rappelons que Freud a parlé de sexualité infantile au sujet des « orgames clitoridiens ». Souvenons nous que tout film X se termine par une jouissance magistrale dés qu'on est pénétrée par un pénis.
S'il est considéré comme parfaitement normal -et heureusement – qu'un garçon se masturbe, cela ne va pas encore de soi pour une fille. Certes, il y a un marché du stimulant sexuel.. très souvent ludique, des « jouets » comme si la sexualité féminine ne s'accommodait que de « toys » en forme de canards et autres bistouquettes violettes et roses.

Evidemment cette campagne n'est pas parfaite. Il était compliqué de ne pas parler d'excision en parlant clitoris mais l'angle est mal amené. Certaines phrases sont trop rapides, peu précises. Pour autant, parler de clitoris et pas de « la bite de 20 cm que si tu jouis pas avec tu es rien qu'une anormale » me semblait plus que nécessaire.

ps : avant de me parler des "féministes extrémistes qui font rien qu'à" pense que je vais te demander leur nom et ce qu'elles ont dit. Donc évite. Tu perdrais.

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  39 réponses sur “La campagne Osez le clito de Osez le féminisme”

  1. Pour être une grande branleuse ;-) , je ne trouve guère étonnant que les femmes jouissent plus en se masturbant qu'avec un partenaire. Ça semble même plutôt logique en fait. Il est quand même plus simple de se faire plaisir à soi-même non?
    Je pense aussi que ce qu'on ressent n'a rien à voir: je jouis et ai un orgasme quand je me branle.
    j'ai du plaisir en faisant l'amour avec quelqu'un, plaisir qui est parfois orgasmique mais vraiment pas toujours.
    La démarche n'est pas la même... et en fait, je trouve ça pas plus mal comme ça ... dissocier les deux... ne pas chercher la même chose la masturbation et dans l'acte sexuel avec partenaire. Dissocier ça permettrait aussi peut-être d'arrêter de se mettre la pression au niveau de ce satané orgasme...
    Par contre, à force de se branler, c'est sur qu'on devient aussi plus exigeante... ;-)

  2. non ce qui est génant c'est la différence énorme entre les deux pourcentages, pas qu'il y ait une différence !

  3. En effet, mais je dirais que, d'expérience, je jouis 95% du temps quand je me branle, moins de 50% quand je fais l'amour avec un partenaire... ce qui confirmerait les chiffres. De là à dire qu'on nous a bien eues et que faire l'amour n'a pas du tout pour objectif d'avoir un orgasme, ni pour l'homme ni pour la femme, il n'y a qu'un pas... :-)
    Mais c'est un tout grand débat...

  4. je parle bien d'orgasme hein, pas de plaisir...

  5. J'ai fait un petit "pff" devant l'affiche. "Osez le clitoris". Une petite injonction décomplexée à la masturbation ? Une invitation pour les hommes à découvrir une zone chez leur partenaire ? Est-ce bien nécessaire ?
    Un clitoris façon "Origine du monde" mais représenté par un manchot, ça reste maladroit. Bon la vidéo finalement, mouis pourquoi pas.
    Et sur Twitter, je me suis amusée de la gêne - sous couvert d'humour - de pas mal de gens. Parler du clitoris, de son clitoris reste tabou.
    Cette affiche a le mérite de parler d'un organe féminin et en filigrane du plaisir féminin. Et rien que pour ça, c'est déjà pas mal.
    Alors finalement oui j'aime bien cette affiche !

  6. Moi non plus je ne suis pas fan d'OLF, pourtant, j'ai été très étonnée par les réactions de certaines féministes face à l'affiche.. bref, je suis contente que tu sois rentrée de week-end, parce que j'avais comme un sentiment de solitude.

  7. Ah bah merci d'être rentrée, moi aussi je me sentais seule.

    Car si je trouve l'affiche pas très heureuse graphiquement parlant, et sans être non plus une énorme fan d'OSL, j'ai été encore plus dérangée par toutes les moqueries sur Twitter '"Osez + n'importe quoi", tout ça parce qu'on parle d'un sujet "intime" et qu'on obtient donc des réactions dignes d'une séance d'information sur l'éducation sexuelle au collège quand un mec un peu plus hardi que les autres ose prononcer le mot "sodomie" ou "cunni" et que cela déclenche l'hilarité générale. C'était navrant, vraiment.

    Donc quand on parle de plaisir féminin, ça fait réagir, et débattre les féministes, certes, mais ça offusque aussi pas mal de gens sous couvert d'humour ou de trolling gratuit, preuve qu'il y a bien un peu de chemin à faire là dessus... Le clitoris, cet inconnu.

  8. J'ai raté les réactions sur twitter à ce sujet mais suzanne et marion vous montrez donc bien qu'il y a encore pas mal de gêne à ce sujet.
    je suis donc plus que convaincue que cette affiche est nécessaire.

  9. ah, toi t'es cool. (si t'es cool)
    (ben désolée, j'suis pas brillante ni méga pertinente, m'enfin hein, crotte)

  10. Je pense que si on avait fait une affiche avec un dessin de pénis et la mention "Osez la bite !", on aurait obtenu des réactions du même accabit.

  11. sauf que je ne sais pas si tu l'as constaté mais la bite on l'ose beaucoup.

  12. Je pense que ça dépend ce qu'on entend par "oser".

  13. Ma réaction instinctive en voyant cette affiche dans la rue a été le recul, parce que c'est un sexe affiché publiquement. Mais tout de suite après, je me suis dit qu'il était pas mal fait, j'aime ce trait. Puis j'ai adoré le slogan "Osez le clito", provoquant et drôle.
    Et puis, POUR UNE FOIS qu'on voit un sexe de femme sur un mur !!! J'ai bien dû voir 28 762 pénis dessinés sur tout support, tout au long de ma vie, et j'aurai vu UN sexe de femme. Il était temps !
    Les mecs passent leur vie à dessiner des pénis ; ouf, on aura eu un dessin d'un clito :)

  14. Je trouve ca quand même plus que simpliste de croire que tant d'hommes ne donnent pas de plaisir aux femmes simplement parce qu'ils ne sauraient pas où se trouve leur clito...

  15. @resh: détrompe-toi justement. Non seulement ils ne le trouvent pas, mais ne le connaissent pas, ne le regardent pas, ne savent tout simplement pas quoi en faire, ni comment ça fonctionne. Et bien que croyant le savoir.
    Aux femmes aussi d'apprendre à communiquer là-dessus. Je pense que la campagne ne s'adresse pas qu'aux hommes.

    Suzanne

  16. Si ils ne savent pas c'est parce qu'ils ne veulent pas savoir parce qu'ils n'ont pas besoin de savoir, le problème est bien plus profond.
    (Oh, tiens, mauvais jeu de mot involontaire.)

    Pour moi c'est un peu comme si on était en train de dire à des femmes très enfermées dans leur couple, parce que soumises, mariées, agées, avec des enfants, ou simplement moches (si si ca existe) ;
    "mais je comprends pas ! Si ton homme est un mauvais coup pourquoi tu le largues pas pour un bel étalon attentionné et amoureux transi ?! C'est facile moi je le fait tous les week-ends !"

  17. resh ; je ne vois pas qui a dit cela en même temps. comme je le signale dans mon article, le pb est des deux côtés. nombre de femmes, par exemple, se jugent anormales de mettre plus de 20 mn à atteindre un orgasme car "c pas comme ca dans les films". nombre de femmes ne sont pas aptes à dire ce qui leur plait ou non (ou n'osent pas).
    comme le souligne suzanne, la campagne est à destination de tout le monde.
    les femmes aussi doivent "oser le clito".

  18. Resh > ça c'est de la liste de critère ! tu as ommis d'ajouter que cette femme très enfermée dans son couple boit et fait des achats compulsif sur internet.

    au passage, l'obligation quasi systématique de satisfaire une femme jusqu'a ce qu'elle en démonte les lustres est en soit un cliché TRES fortement implanter dans nos esprits.

  19. Mouais moi j'ai du mal à croire à ca, après c'est peut-être générationnel mais en tout cas autour de moi les filles n'ont jamais hésité à parler de sexe et d'orgasme, même à des mecs comme moi sans qu'on sorte pour autant ensemble, alors j'imagine qu'entre filles où sur internet elles se posent encore moins de barrières. Je ne m'inquiète pas, elles ont toutes bien conscience que ca ne se passe pas comme dans les films et qu'elles ont toutes leurs spécificités.

    Par contre oui, paradoxalement, à leur mec elles peuvent ne rien oser dire, mais c'est ce que j'essaie d'expliquer, si jusqu'ici elles ne le font pas, c'est qu'il y'a des raisons profondes, et ce n'est pas un slogan et une affiche qui vont les aider.

  20. resh ; combien de fois faudra t il t'expliquer que tes expériences personnelles ne constituent pas une généralité. encore une fois les chiffres sont là.
    "alors j’imagine qu’entre filles où sur internet elles se posent encore moins de barrières. "
    tu imagines mal. parce que peu de femmes vont se dire, même entre elles, qu'elles n'y arrivent pas. ou qu'elles sont "longues".

    " si jusqu’ici elles ne le font pas, c’est qu’il y’a des raisons profondes, et ce n’est pas un slogan et une affiche qui vont les aider."
    non mais ni une affiche, ni un slogan n'ont jamais changé le monde. en revanche ca fait discuter comme nous en ce moment.

  21. Quels chiffres ? Y'en a dans le rapport Hite qui indiquent que les femmes pensent que la vie c'est comme le ciné ou le porno ?
    Des chiffres de 2002 ou de 76 ? Quoi qu'il en soit ca ne reste que des sondages réalisés auprès d'américaines, donc c'est biaisé, tout comme mon point de vue, sauf que moi je n'ai pas prétendu que ca représentait une généralité, au contraire.

  22. faisons un peu de rhétorique.

    "Autour de moi les filles n’ont jamais hésité à parler de sexe et d’orgasme..."

    si elles hésitent, elles n'en parlent pas, si elles n'en parlent pas, tu ne peux pas savoir qu'elles hésitent. De plus la notion d’hésitation peut glisser dans le temps : il leur a fallut sans doute un moment pour passer de l’hésitation à l'action.

    "j’imagine qu’entre filles où sur internet elles se posent encore moins de barrières"

    Si tu imagines, c'est que tu spécules. or en l’occurrence on pourrait tout à fait imaginer le contraire : entre fille (entre "semblables") la réaction typique de quelqu'un d'anxieux serait d'essayer de ressembler a tout prix aux critères de normalité du groupe. Sur internet je suis d'accord avec le fait qu'on livre plus facilement ce genre de chose, mais uniquement grâce aux sentiments d'anonymat (c'est à dire sur des forums ou des blogs et pas sur sa page facebook).

  23. Non mais je suis d'accord, encore une fois je ne donne que mon point de vue pour expliquer pourquoi j'ai de la peine à croire à un autre point de vue.
    Chiffres ou non, la sociologie non plus ne donne jamais que des points de vue et pas des vérités scientifiques incontestables. Le "ta gueule j'ai des sondages" heureusement que ca ne fait pas autorité. Donc soit tout le monde peux donner son avis soit tout le monde la ferme.

  24. resh > "je ne donne que mon point de vue pour expliquer pourquoi j’ai de la peine à croire à un autre point de vue."

    Cette phrase à elle seule résume ton probleme a t'exprimer.

    Tu ne fais que poser un élément (ton point de vue) sans l'argumenter ni exprimer ce qu'il sucite chez toi. C'est du simple constat de faits. Sauf que derrière tu as un processus de reflexion que tu n'exprime pas, or c'est ça qui ferait avancer le débat. Tu n'as que le postula "j'ai constaté que des filles m'en parlent" mais où est la partie "ça me laisse à penser que si elles sont toutes comme ça elles sont moins réserver qu'on ne le dit".

    Ca ne rendrait pas tout le monde systématiquement d'accord avec toi, mais tes propos auraient moins l'air d'être simplement des constats, mais de véritable réflexion (car je ne doute pas un instant que tu en ais).

  25. "Chiffres ou non, la sociologie non plus ne donne jamais que des points de vue"
    ah oui.
    je crois que tu confonds avec le café du commerce.
    mais je peux me tromper.

  26. Elle est implicite puisque évidente :D

    J'ai mis du "moi j'ai du mal à croire que", du "j'imagine", et du "en tout cas autour de moi". J'aurais eu du mal à plus relativiser.

    Je n'ai pas 36 amies non plus mais elles se confient vraiment toutes à quelqu'un ou quelques uns, moi compris (et c'est pas forcement enviable).
    Alors je suis peut-être abonné au rôle de confident, en tout cas à mon âge et dans mon entourage ce tabou n'existe pas.
    Par contre, même si les filles en parlent toutes à leurs amis... reste toutes celles qui n'ont pas d'amis, et elles sont nombreuses.
    Mais à mon avis celles ci vont plutôt chercher à étudier la question via les forums féminins que via les sites pornos...

  27. ce que dit le rapport Hite c'est que seulement 44% des femmes jouissent avec leur partenaire. (95% seule).
    même en admettant que ce sont des pays anglo-saxons on ne va pas supposer, tout de même que c'est très différent en France.
    il faut bien trouver une explication à cela.

    et quand on lit ce genre de conneries : http://teemix.aufeminin.com/fiche/love/f14615-tout-savoir-sur-l-orgasme-feminin.html
    on prend peur.

    avec l'injonction typique " si tu connais bien ton corps et ses zones érogènes, tu peux atteindre en deux temps trois mouvements le septième ciel! "
    celles qui n'y arrivent pas apprécieront.

    http://www.aufeminin.com/fiche/couple/f8317-l-orgasme-feminin.html
    ici
    "L’orgasme clitoridien est dit superficiel."

    en parler oui pourquoi pas... mais est ce que toutes les femmes osent dire par exemple que le mec ne fait pas bien ? la réponse est clairement non. (faisons un sondage du nb de femmes ayant deja simulé on obtient un 99%).
    et encore une fois je ne dis pas que c'est la faute des mecs. rien à voir. beaucoup de filles n'osent simplement pas parler.

  28. Les ravages du freudisme...

  29. resh > "Les ravages du freudisme…"

    Encore un bel exemple de propos a l'emporte piece... (et au passage une magnifique mise en abyme)

    "J’aurais eu du mal à plus relativiser"

    pas de bol, ce n'est pas ce dont je parlais, mais plutôt du fait que ton point de vue (relatif, personne n'a jamais remis ça en question) n'es basé que sur ce que tu constate f actuellement et que tu ne l'étaye pas avec les axes de ta réflexion : tu énonce ça comme un axiome ce suffisant à lui même.

    En plus tu es contradictoire quelque part : tu dis que les filles parlent librement, et ensuite tu parles de confidence... je sais pas pour toi, mais en générale les amis qui se confient à moi le font parce qu'auprès des autres (familles, amis moins proche, la Société) ils ont plus de mal, voir n'y arrivent pas du tout.

    "reste toutes celles qui n’ont pas d’amis, et elles sont nombreuses."

    Sans faire de psychologie de comptoirs, il me semble qu'une femme socialisera plus facilement qu'un homme (t'as déjà entendu parler d'une femme hermite dans les forêts du Wyoming ?).

    Admettons...

    Mais une chose m'épate dans ce cas : comment peut tu déterminer qu'une personne n'a pas d'amis ? ça sous entendrait que dans ton entourage il y'a de nombreuses personnes avec qui tu entretient des interactions minimale (vu que ce ne sont pas tes amis non plus par définition) mais que cela te suffit pour les connaitre au point de savoir qu'elle n'ont pas d'amis ?

    Sans aller jusqu'à fournir une étude démographique chaque fois que tu énonce un truc, un petit peu d'analyse couplé a du contexte c'est déjà pas mal tu sais ?

  30. J'attends ton analyse et ton contexte au sujet du freudisme alors.
    On a pas toujours le temps, et je ne vais pas te pondre 14 pages de hors sujet sur chaque thématique pour te faire plaisir.

  31. C'était une mise en abyme, a savoir que j'ai fait un constat radical sans un seul argument de la même manière que je te le reprochais, et cela afin d'illustrer mon propos par l'exemple plutôt que par les mots. Je te remercie donc d'avoir valider ma démonstration par ta réponse qui confirme que balancer des propos sans les creuser ça ne fait pas avancer le schmilblick.

    Il y'à un équilibre entre 50 pages de commentaires (ce qui, tu as totalement raison, serait rasoir et chronophage) et lancer des lieux communs. Si ton avis est pertinent (voire brillant) ne mérite t'il pas d'être un peu étoffé afin d'être apprécié à sa juste valeur ?

    Au sujet du "Freudisme", mon analyse est la suivante : le sujet (contexte) parlant de sexe et de frustration, tu as associé le tout a ce bon vieux Sigmund car il avait la réputation de tout ramener à la bagatelle. Tu emploie aussi le terme "ravage" sous entendant que la lubie du Dr Freud de tout ramener a la sexualité (ou bien d'avoir cataloguer la sexualité de façon clinique...j'ai un peu plus de mal a cerner) à créer chez nos contemporain(e)s des tabous a ce sujet.

    Ton avis étant réduit au minimum (sujet / verbe / complément... attend non y'a même pas de verbe) j'ai déduit que tu avais formuler ta phrase pour qu'elle soit avant tout impactante en choisissant ce style minimaliste qui mise sur le sous entendu (comme les slogans de pub qui travaillent sur l'inconscient ou le sous entendu).

    C'est par l'addition de mon analyse et des mes déductions que je me suis fait le constat que tes propos allaient vite en besognes vu que tu donnais la doctrine de Freud comme responsable (de tout ou partie, ce n'est pas précisé) de cet état de fait ce que je conteste car ces tabous existaient bien avant Sigmund et sa barbiche en folie.

    Comme énoncé, c'est mon analyse de ce que tu as dis en 4 mots, je me trompe peut être, mais au moins j'ai donner les clés de compréhension qui permettent de savoir pourquoi j'ai pensé de tel manière. C'est ce qui te permettra de contre argumenter, offrant ainsi au débat une évolution constructive.

  32. Non je l'ai ramené à Freud parce qu'il affirmait qu'un orgasme clitoridien était un truc d'ado ou de névrosées, et que la découverte de l'orgasme vaginal marquait le passage à la maturité.
    Mais bon, je pensais que c'était évident pour tout le monde dans ces colonnes.

    "Sans faire de psychologie de comptoirs, il me semble qu’une femme socialisera plus facilement qu’un homme."
    PROUVE LE !
    Quand j'avais 10 ans, je répétais ca en boucle jusqu'à ce que l'autre se lasse et abandonne. L'intérêt c'est que ca marche à tout les coups.
    Ca me rappelle curieusement ta rhétorique.

  33. et ben voila ! la tu développe quelque chose d'intéressant en détaillant ton point de vue ! du coup même si je ne suis pas d'accord avec toi, je ne peut que respecter ton opinion.

    Je n'attend pas de toi des preuves factuelle, mais des opinions argumentées (nous sommes dans un domaine ou il n'y à pas UNE SEULE vérité). je ne suis pas dans le "prouve le" mais plutôt dans le "explique le". La différence ? je n'attend pas que tu m'apporte une vérité absolue, mais ton cheminement intellectuel. Si je sais ce qui t'as amené là, sois je me rendrais compte que c'est juste, sois je comprendrais ce qui t’amène a un tel constat et je pourrais éventuellement pousser le débat en argumentant et en te montrant mon raisonnement sur la même question et comment j'en arrive à un autre résultat.

    Sinon pour le "prouve le", c'est effectivement une méthode très efficace quant on veut bloquer la situation. Comme dans le film "Thank you for smoking" (excellent je vous le recommande) tu parasite l'échange en mettant une condition impossible a atteindre à ton interlocuteur (au passage, prouve le que c'est ma méthode :p) de cette façon tu n'as pas a prouver que tu as raison, car tu peux ainsi systématiquement donner tord a l'autre locuteur (victoire par forfait dirons nous).

    Mais au fait... ma citation est incomplète il me semble : j'avais ajouté un exemple pour prouver mon propos. Ta rhétorique à toi c'est de ne citer que ce qui t'arrange ? (alors là tu vois, poser une question aussi tendancieuse, c'est une technique rhétorique pour balancer une pique en ayant hypocritement l'air de faire l'innocent. Desprogres l'avait formidablement bien décrite dans un de ses réquisitoires d'ailleurs).

    il me semble avoir reconnu plus d'une fois la véracité de tes affirmations lorsqu'elles étaient étayées, je me considère donc comme "réglo" dans nos échanges. Si tu te fixe sur une telle position défensive, c'est bien dommage.

    Schopenhauer dans son livre "l'art d'avoir toujours raison" conseillait, si on avait rien a répondre, de critiquer l'interlocuteur plutôt que ces propos, ce qui permettait de s'en tirer la plupart du temps. Évidement, ce bon Arthur n'oubliait pas de mentionner que c'était une manœuvre pas forcement glorieuse...

  34. C'est vraiment dommage de voir "resh" monopoliser les échanges en ramenant tout à ses arguments-bidon. Cessons de faire son jeu svp.

  35. Martin, tu serais bien aimable de ne dicter la conduite de personne ici.
    si flashou souhaite parler avec resh c'est son droit le plus strict et je suis seule juge de qui je laisse parler ici ou pas.

  36. Je crois que c'est le fait d'avoir les jambes écartées qui gêne sur l'affiche. On n'a pas besoin d'avoir les jambes grandes ouvertes pour profiter de son clitoris, par contre c'est un appel à la pénétration, et une réminiscence de tant d'images porno vues ça et là ...
    La comparaison avec le tableau de Courbet est d'ailleurs révélatrice : c'est le même point de vue. Sauf qu'on oublie de dire que le tableau de Courbet est super misogyne : femme sans tête ni bras ni jambe, corps tronqué.
    Finalement sur leur affiche c'est pareil : un clitoris avec des jambes ouvertes, une femme sans tête. C'est d'ailleurs le même point de vue porno qui existe dans la vidéo d'OLF où l'on voit des filles se masturber ...

  37. Sans savoir clairement pourquoi, j'ai été énervée par cette campagne. Peut être à cause du fait qu'elle nous impose encore et tjs des images sexuelles en pleine rue. En plus le tout se donne un petit côté subversif, alors que je pense qu'aucune femme n'a attendu que cette association leur ouvre les yeux pour découvrir qu'elles ont un clitoris et du plaisir qu'on peut en tirer, même celles qui n'osent pas répondre positivement aux sondages. Bref j'ai l'impression que cette campagne nous prend pour des connes, se permet de nous libérer d'autorité en nous imposant finalement toujours le même idéal d'une sexualité hyperépanouie et forcée. Une simple petite variation "osons le clitoris" au lieu de "osez" aurait changé beaucoup de choses à l'impression qui se dégage de la campagne...

  38. Bonsoir,

    n'ayant jamais posté aucune missive, je profite de ce message pour te dire que j'adore ton blog: je le consulte très régulièrement depuis que je l'ai découvert, il y a quelques mois. Tes réflexions toujours bien argumentées me font cogiter sur des sujets qui me tiennent à cœur et ton style, aussi vif que percutant, ne gâche rien.

    Je découvre ce billet avec plusieurs mois de retard mais je souhaiterais tout de même y réagir dans la mesure où les thèmes qu'il aborde sont toujours d'actualité. Il y a deux points qui ont, à la lecture de cet édito très enlevé, suscité mon étonnement.

    Tout d'abord, je me demande pourquoi il est important que le quidam, homme ou femme, se renseigne sur la taille ou la position exact du clitoris? Ou, plus exactement, en quoi le fait de s'intéresser précisément à l'anatomie du sexe féminin - hors contexte, j'entends - ferait progresser l'émancipation des femmes? (Si c'est bien là le sujet de la campagne lancée par *Osez le féminisme » et dont les tenants et les aboutissants m'échappent un peu.)

    Ensuite, je ne vois pas pour quelle raison l'apparence ludique des sex-toys réservés aux femmes constituerait un avilissement de la sexualité féminine? Un peu d'humour, de fraîcheur et, Dieu me pardonne, de kitscherie ne change rien à l'affaire qui, avouons-le, quels que soient ses armes, demeure toujours la même.

    Non?

    Au plaisir de te lire,

    Dérinoé

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