Allo papa bobo
27 janvier 2011 par valerie | Classé dans Crêpage de chignon.Connaissez vous le syndrôme de l’étudiant en première année de médecine ?
Pendant un an, au fur et à mesure qu’il apprend, il se découvre à peu près toutes les maladies du monde.
Quand vous êtes fille de médecin, c’est la même chose à une légère différence près ; chez vous cela dure toute la vie.
Notons tout de même que, depuis l’apparition de séries médicales type Urgences ou Docteur House, ce syndrome touche une bonne partie de la population.

En clair. Vous ne connaissez rien à la médecine, n’y connaîtrez jamais rien MAIS vous vous hasardez dans des diagnostics. Diagnostics qui ont tous le mérite d’avoir un point commun ; vous mourrez à la fin, de préférence dans d’atroces souffrances.
J’ai ainsi eu un cancer très rare de l’ongle qui ne se guérissait que par amputation (s’il était pris tôt) sinon on en mourrait (en souffrant beaucoup).
Si dieu a un mal de tête quelconque, je pense AVC, je pense hémiplégie – oui c’est l’avantage du syndrome vous connaissez trois mots que vous employez à tort et à travers – je pense futur héritage .
Je vous passe les nombreuses fois où j’ai tenté de décrypter des analyses sanguines, la lettre d’un médecin à un autre, en lisant des thèses de médecine de 1934 en serbo-croate (curieusement la fin était toujours la même j’allais mourir dans d’atroce souffrances une nouvelle fois).
Je vous conseille de suivre sur twitter et de lire Jaddo, médecin généraliste (non, je ne me reconnais jamais dans ses patients, je ne suis pas du tout du genre à arriver avec un diagnostic tout fait).
Tags : docteur house, hypocondrie, medecine, urgences docteur
La vérité peut être aussi un peu au milieu. Je m’explique. (et non je serai pas brillante ni pertinente, t’as toujours pas viré cette phrase merde)
donc
Tu as aussi le cas des personnes qui ont été beaucoup, souvent, vraiment souvent malades, ou qui ont été par la force des choses, obligés de vivre dans des milieux médicalement pauvres.
Tu as aussi des médecins qui n’écoutent pas leurs patients, qui ne prêtent pas une oreille à ces signes que eux connaissent, c’est leur corps.
D’un côté, les patients ne sont pas les médecins, mais de l’autre, le médecin qui ne prend pas le temps d’écouter celui qui se plaint et décrit ce qu’il ressent, ce qui soupçonne est aussi un crétin.
Parfois, le patient connait bien mieux son corps que le docteur, et si les deux s’écoutent, se parlent et se respectent, le diagnostic n’en sera que meilleur.
Bon, je suis pas très claire, encore moins brillante ou pertinente, mais je me comprends
Ah et pour revenir à ce docteur sur twitter, j’ai regardé, et ben, justement, j’ai le sentiment que paf ! On est juste dans ce que je déteste le plus chez un toubib, cette moquerie condescendante à l’égard de la panique, ou simple peur, ou ignorance de ses patients.
Moi savoir, toi crétin.
C’est facile, c’est rigolo, mais moi ça me fait pas rire.
« Patiente au tel qui panique parce que sa fille a vomit deux fois et pas mangé depuis cette nuit. « Elle a quel âge ? » > »3 semaines. » > »Ah ok »"
Oui et ?
Moi ca me fait rire dans la mesure ou c’est du cynisme de médecin.
En réalité, elle comprend sans pb l’angoisse de la jeune mère qui panique ; juste elle en rigole. Si les médecins n’étaient pas capables de cela, ils pèteraient, rapidement, un cable devant la misère, la souffrance (et des patients supra chiants parfois).
pour ton premier post, tout à fait d’accord avec toi ; nombre médecins ne font aucun effort pour expliquer. J’en parlais avec mon géné qui me disait qu’on n’arrivait pas à trouve l’entre deux.
avant on ne disait rien, maintenant il trouve qu’on dit parfois trop. Bien sûr qu’il faut parler au patient – encore que certains ne le souhaitent pas, mon médecin me signalait que des vieux patients viennent pour faire renouveller leur traitement mais veulent parler de tout sauf de maladie – mais trop nous en dire peut nous affoler, nous perdre. certains souhaiteront savoir, d’autres non, d’autres sont trop angoissés etc.
Ah mais c’est pas le fait de communiquer (ou de ne pas communiquer) que je leur reproche aux toubibs
c’est celui de ne pas écouter ou de ne pas prendre en compte la parole du patient.
Le patient est ignorant, donc ce qu’il dit n’a aucune valeur, aucun poids.
Pourtant, qui se connait le mieux ?
(et pour le cynisme ou l’ironie du médecin, oui, mais en salle de garde, pas sur twitter, sérieux, je suis psycho rigide là dessus)
À propos de Jaddo : j’aime beaucoup son blog, et ses tweets me faisaient rire au début, mais maintenant je rejoins Dom pour la partie Twitter. Si je ne connaissais pas son blog, je croirais vraiment qu’elle est condescendante et méprisante et que ses patients l’emmerdent vraiment à être aussi cons (alors que son blog montre tout l’inverse, c’est pour ça que c’est dommage cette image qu’elle donne sur Twitter). Je comprends le rôle de catharsis et tout, mais elle est quand même suivie sur Twitter par énormément de gens, qui risquent de finir par se sentir très très cons en tant que patients qui « n’y connaissent rien ».
Je dirais que ca dépend du patient. Prenons un patient complètement hypocondriaque (de qui je parle ?), il faut
1. faire gaffe à ce qu’il crie pour la 50eme fois « au loup » et que ce coup là ca soit vrai
2. dissocier ses symptômes « imaginaires » des vrais ».
Mais oui pour certains médecins, ce que dit la patient est peanuts.
araignée : ah toi aussi ?
c’est peut être parce que je suis fille de médecin que ca ne me gêne pas ? (dans le sens où j’ai entendu 500 fois pire je veux dire).
Je ne crois pas que cela soit qu’une catharsis ; au 50eme patient qui déboule « bonjour docteur je suis malade » (ah bon c’est pas pour un tennis ?) bah tu en rigoles (sans méchanceté).
Oui je vois ce que tu veux dire, on peut se moquer gentiment, avec tendresse, mais avec l’accumulation je trouve qu’on n’a plus l’impression que ce soit ça. (Un certain changement de ton aussi je trouve.)
Issue d’une famille où si tu travailles pas dans la médecine/santé tu as raté ta vie (oui, j’ai donc raté ma vie), j’ai développé le même symptôme…
A l’adolescence j’ai même eu des maladies dont on avait plus entendu parler depuis des siècles! et c’est là qu’ils ont décidé de m’enlever l’accès au Larousse médical et autre Vidal.
Aujourd’hui encore, quand j’ai un bobo, Chris se moque gentiment en me disant : « ça doit être un lupus » (Dr House inside)
Variante : avoir quelqu’un travaillant a proximité du milieu médicale dans votre famille. Cette personne se découvre des dons spontanné pour la médecine télépathique et / ou a distance. Elle aura notamment la formidable capacité de vous refiler des tas d’échantillons gratuits que les labos lui apportent en vous conseillant de vous en servir alors que vous ne savez même pas ce que c’est (« mais si, c’est une sorte de vitamine qu’on donne au anémique, ça te fera du bien quant t’es fatigué apres le boulot »).
C’est comme les magasine santé grand public… je ne comprend même pas comment la démarche qui pousse quelqu’un a lire ce genre de revue. Cette santé là c’est du marketing, une variation sur le thème de l’eternel jeunesse qui s’accole a ravir avec des pubs dior.
Heureusement les medecins de la télé sont là pour tous nous sauver !
Ha mais montons un club de celles qui ont eu des ruptures d’anévrisme des genoux !
Récemment j’ai eu la SLA, je crois qu’il n’y a pas pire.
Mais je me soigne
J’adore le blog de jaddo depuis son arrivée sur twitter, et c’est marrant, ça fait 2 ou 3 fois qu’on en parle avec ma moitié. A l’origine ses tweets m’amusaient, mais je change doucement d’avis face aux arguments de la moitié sus-citée ou des coms de dom que je lis ici. Même si ce n’est pas son but, ça fleure la condescendance et effectivement, le ton change, encore une fois volontairement ou non, je ne sais pas. De là à y voir une corrélation avec son succès et son intronisation dans la baronnie twitterienne (boulet, eolas, etc), ce n’est certainement que ma jalousie de ne pas faire 1500 followers en 2 semaines qui parle
Bref, concrètement, je détesterais que mon médecin balance mes #PPCS sur twitter, même sous couvert d’anonymat, parce que si moi je me reconnais, anonyme ou pas, je me sentirais certainement trahi (et cela ne soulève-t-il pas une question de déontologie ?). What happens in ze cabinet stays in ze cabinet.
et éventuellement désacraliser la médecine, on y pense?
nan parce que ce côté curé du village c’est un peu pénible je trouve.
le toubib a été un étudiant comme les autres (voire un peu plus alcoolo que les autres, même, si j’en crois les soirées médecine que j’ai eu l’insigne honneur de partager quelquefois -pff), qui a appris, plus ou moins bien, une science, comme les autres.
ça choque personne qu’un loi permette à tout un chacun du moment que le projet est pas trop gros de devenir architecte…ça choque presque tout le monde que tout un chacun (le même) se prenne à ouvrir le vidal et consulte les cours de médecine sur internet pour prendre sa santé en main (comme sa maison).
je suis perplexe moi.
je me sens tout aussi cap de me rencarder sur les plans de ma baraque que sur le taf de chacun de mes organes internes. pas plus conne qu’une autre. c’est juste une question de temps (et encore parce qu’en matière d’études de médecine y’a long à dire sur le temps accordé à certains enseignements spécifiques…c’est pas trois heures sur l’allaitement, pour ne citer que ça, en dix ans d’études, qui font de toi une référence, hein.) et de volonté (et là aussi tous les toubibs n’ont pas eu le feu sacré au départ, loin s’en faut. ici comme ailleurs le métier n’est pas toujours un choix libre et éclairé.
enfin bref quoi.
Je rejoins Dom sur ce qu’elle dit, car c’est ce que je reproche à mon médecin. Bon, faut dire aussi que le dernier coup où la dépression a commencé à se repointer, il ne connaissait pas bien mon passé médical. Il ne m’a pas écoutée. Soit, il a mis du Stresam, me voyant stressée, angoissée, mais un mois plus tard, ma neurologue (avec qui j’avais heureusement réussi à avoir un rendez-vous assez rapide) rigolait jaune et me mettait sous antidép’.
L’autre jour, suite à une demande de ma part, ma neuro m’a envoyée des photocopies souvenirs de mon passé médical, depuis 1999, date de mon opération au cerveau (tumeur de la taille d’une balle de ping-pong qui était à l’origine de mon épilepsie partielle complexe). Dedans, les résumés des divers examens que j’avais passés.
Lorsque j’ai lu tout ça bin j’ai appris des trucs sur ma propre maladie que je ne savais pas en fait. Enfin ça, passons…
J’ai bien entendu fait copie de tout ça pour mon doc. Quelques temps plus tard, j’avais rendez-vous avec lui suite à des résultats d’autres examens médicaux (toujours liés aux restes de la maladie).
C’est enfin là qu’il a reconnu : « Bin… en effet, je comprends mieux pourquoi vous étiez si mal lorsque vous étiez dans les assurances… »
S’il m’avait écoutée depuis le départ, il ne se serait pas trouvé aussi con, pas vrai ?
Ah, j’oubliais aussi que grâce à un site écrit clairement et décrivant l’épilepsie pour le grand public (site canadien : http://www.epilepsy.ca), j’ai appris par moi-même qu’en fait j’étais toujours épileptique. Car là ils expliquent ce que sont ces fameuses « auras » que j’ai toujours depuis l’opération : c’est des crises partielles simples ! Ah bin ça aurait bien plus simple de me le dire, plutôt que je tombe sur le cul 11 ans après l’opération… et que je comprenne seule face à l’écran pourquoi je gobe toujours autant de médocs.
(sorry pour le http://www.mavie.com
, ça fait du bien de vider le sac
)
Pupuce, je suis très perplexe devant ton com, et j’ai du mal à faire le lien entre le curé du village (qui ne me caractérise pas des masses, par exemple), le démecin (à qui tu confies des secrets très personnels) et l’architecte (à qui tu ne confies pas de secrets très personnels).
Tu veux « désacraliser » la médecine, c’est à dire ? (sachant que la médecine fonctionne justement parce qu’elle a ce côté « sacré », cf justement le rituel de la prise de tension chez jaddo)
(trop de bière tue la syntaxe)
Bonjour à tous,
Deux mots (allez, peut-être trois)
- Pour le coup de la gamine qui a vomi, le tweet n’est sans doute pas clair, mais c’est moi la conne de l’histoire.
Jme dis « e une mère qui panique pour rien », et en fait, la gamine a trois semaines. C’est une excellente raison de paniquer. « Ah ok », c’était « Ah ok je ferme ma grande gueule, c’est toi qui as raison ».
-
Zut mauvais manip, désolée pour le brouillon de comm précédent. Je reprends :
Bonjour à tous,
Deux mots (allez, peut-être trois)
- Pour le coup de la gamine qui a vomi, le tweet n’est sans doute pas clair, mais c’est moi la conne de l’histoire.
Jme dis “Rah encore une mère qui panique pour rien”, et en fait, la gamine a trois semaines. Une gamine de 3 semaines qui a vomi et rien mangé en 12h, une excellente raison de paniquer. “Ah ok”, c’était “Ah ok je ferme ma grande gueule, c’est toi qui as raison”.
- Je suis désolée de voir le sentiment que vous avez de mes derniers tweets. Je ne pense pas que le ton ait changé, dans ma tête, du moins.
Il faut comprendre que je ne fais pas un « bêtisier de la honte ». C’est vraiment, en vrai, les phrases de tous mes premiers patients, quasiment sans tri.
J’enlève de temps en temps des « C’est pour mon renouvellement », parce que 8 fois de suite ce serait quand même lassant.
Et je ne tweete pas quand je n’ai pas le temps.
Mais sinon, c’est juste du boulot de secrétariat, je ne choisis pas « les phrases qui se tapent la honte ».
Après bien sûr, il peut m’arriver d’en rajouter une couche de #Simone, et c’est vrai que ça permet de libérer quelque chose qui rend plus disponible pour le patient suivant.
Bien à tous,
Jaddo.
pupuce ; je ne sais pas trop ce que tu entends par « travaux dans la maison ». Entre poser du placo et creuser une ouverture dans des murs porteurs, il y a une marge.
Personne ne t’empêche de te renseigner sur tes problèmes médicaux mais si pour percer un mur, il y a 4, 5 façons de faire selon le dit mur, un symptôme médical correspond à des milliers de maladies.
Ensuite, comme le soulignait mon généraliste, le net fait aussi fonction d’archives. en dix ans, certaines maladies se guérissent infiniment mieux (evidemment il m’en a cité mais j’ai oublié lesquels), le malade qui va regarder et tombe sur une thèse d’il y a quelques années se croira condamné. Nous n’avons pas – parce que nous ne sommes pas qualifiés pour – la capacité de faire le tri. Et quasi tout le monde – au moment ou il se croit malade – regardera LE site ou on le condamne sous 3 mois.
peu de gens vont autant s’affoler à la pensée de poser du placo ou percer un mur.
jaddo : au temps pour moi, donc j’avais mal interprété le tweet
.
« Il faut comprendre que je ne fais pas un “bêtisier de la honte”. »
quand bien même… je travaille dans la modération de sites internet. je ne vais pas tweeter les phrases intelligentes lues ; je tweete les crétins. Parce que c’est ca qui est drôle.
- Pas vraiment au temps pour vous, il était un peu incompréhensible ce tweet.
- C’est vrai que les trucs crétins, c’est facile et « payant ». Facilement rigolo.
Je tweete aussi mes crétineries à moi.
Et puis surtout, ça se prête bien au format. Quand je suis épatée par le courage d’un patient, ou par sa pertinence, ou (etc.), ce n’est souvent pas résumable en 140 caractères.
Après, si je prenais pour des cons tous les gens qui disent des conneries médicales, faudrait changer de métier, hein.
C’est normal, de dire des conneries médicales quand on est pas médecin. Je dis des trucs qui feraient mourir de rire un historien ou un informaticien. (Je croyais que Gaza était un méchant terroriste qui avait à sa solde tout une bande de méchants terroristes, c’est vous dire…)
Quand je balance une phrase crétine, c’est la phrase qui me fait rire, pas le patient qui la dit.
« C’est normal, de dire des conneries médicales quand on est pas médecin. »
oh oui