Du parler vrai de la liberté d’expression

27 mars 2010 par valerie | Classé dans Crêpage de chignon.

Les femmes sont plus contrôlées que les hommes parce que la plupart des prostituées sont des femmes… C’est un fait.

Les hommes sont plus contrôlés que les femmes parce que la plupart des pédocriminels sont des hommes… C’est un fait.

Les hommes sont plus contrôlés que les femmes parce que la plupart des violeurs sont des hommes… C’est un fait.
Les hommes sont plus contrôlés que les femmes parce que la plupart des criminels sont des hommes… C’est un fait.

Liberté d’expression.
Cette expression qui fleure bon la crainte des dictatures n’a jamais été autant employée ces derniers temps.

Depuis l’apparition du RSS, de l’idée de commenter en temps réel – donc à chaud – articles et billets, je n’ai jamais eu autant droit à cet appel à mon sens soit disant démocratique, à respecter toutes les opinions.

La moindre info non vérifiée sur les finances de tel ou tel, la vie privée de tel autre doit être dite.

La moindre rumeur sur les amours adultérins de tel autre doit être énoncée, pas parce qu’elle est vraie et vérifiée, mais parce que l’énoncer est juste une opinion, l’expression de ma liberté d’expression.

Le voisin du cousin du beau-frère sait de source sûre que tel candidat de télé réalité tue des bébés labradors ? Il doit le dire.

Les lois bornant notre liberté d’expression et qui la garantissent justement ne sont plus comprises ; elles sont vécues comme une intolérable atteinte à nos droits fondamentaux.

Les sciences humaines si conspuées, matières d’imbéciles inutiles tout juste bons à pointer au chômage, sont devenues matière de prédilection du vulgus pecum, qui a « des chiffres » et en tire « des conclusions ». C’est oublier que des chiffres ne suffisent jamais hors contexte, hors analyse.

Votre amour de la liberté d’expression, du parler vrai, n’a jamais autant servi à exprimer votre haine et à contrevenir à toutes les lois sur le racisme, l’antisémitisme, le sexisme, l’homophobie et la diffamation.
Vous vous sentez brimé ? Allez donc dans certains pays que vous conspuez à longueur de journée. Là bas, votre droit à affirmer qu’un homosexuel mérite le bûcher sera totalement respecté.
Vous pleurnichez qu’on nie « l’évidence » ? J’emmerde l’évidence. L’évidence m’a déjà dit que les immigrés italiens étaient des catholiques intégristes volant le pain des français. L’évidence m’a déjà dit les noirs étaient proches de l’animalité. L’évidence m’a déjà dit qu’un juif valait autant qu’une femme, c’est-à-dire pas grand-chose. L’évidence m’a déjà dit qu’un homosexuel valait moins qu’un chien ou un cochon. L’évidence m’a déjà dit qu’on ne voyait jamais, dans les commissariats, que des immigrés espagnols.
Vous conspuez à longueur de temps ces peuples si peu civilisés, si sauvages ; vous vous sentez tellement féministe lorsqu’une femme est condamnée au fouet pour avoir porté un pantalon.
Il faut vous voir, pourtant, asséner avec force qu’une prostituée violée par des policiers l’a bien cherché et ne peut être violée. Mais c’est votre liberté d’expression n’est ce pas.

Vos martyrs ne font qu’attiser la haine sociale et raciale, consciemment ou non. Ils n’y sont pour rien, nous disent ils, si certains extrémistes récupèrent leurs paroles à des fins racialistes. Pensez donc, si on doit commencer à se taire parce que cela pourrait attiser des tensions dans une société déjà tellement équilibrée, tellement stable.

37 commentaire to “Du parler vrai de la liberté d’expression”

  1. GouineMum | 27/03/10 | 14 h 36 min

    +1

    (j’allais écrire « Amen », mais ç’aurait été de la provoc’ :-) )

  2. cultive ton jardin | 27/03/10 | 18 h 26 min

    Il est évident, et tout le monde peut le voir chaque jour (enfin quand il fait beau) que le soleil tourne d’est en ouest, tandis que la terre (non seulement on le voit mais on le sent, sans aucun doute possible), reste parfaitement immobile.

    Puisqu’on parle de liberté d’expression, n’oublions pas que ce sont ceux qui ont eu le front de NIER les évidences ou simplement de prendre quelque distance avec elles qui ont eu le plus d’ennuis, graves parfois (Galilée, tu nous entends?).

    Je suis d’avis qu’il faut laisser parler les salopards, ce sont d’utiles quoique involontaires lanceurs d’alerte. Simplement, c’est trop farce de les entendre glapir à la censure, eux qui ont inventé l’expression « droits-de-l’hommiste » pour faire taire les défenseurs des libertés.

  3. cultive ton jardin | 27/03/10 | 18 h 31 min

    Sans compter que ça se mord la queue, le raisonnement selon lequel la police contrôle au faciès parce que les délinquants sont basanés, la preuve c’est qu’on retrouve que des basanés devant les tribunaux et dans les prisons. Du coup, c’est normal qu’on contrôle préférentiellement les basanés (7 fois plus?).

  4. Resh | 28/03/10 | 15 h 23 min

    Ce qui n’est pas dis, c’est que si c’est un fait qu’une majorité des petits délinquants sont noirs ou arabes, c’est parce que c’est un fait qu’une majorité des plus défavorisés sont noirs ou arabes (ou « issus de l’immigration » ou qu’importe votre expression toute faite préférée du moment)
    Ce qui n’est pas dis, c’est que les violeurs, les grands criminels, les gros trafiquants, les gros mafieux, sont eux majoritairement blancs.
    Ce qui n’est pas dis c’est que eux ce n’est pas avec des contrôle d’identité et des fouilles au corps qu’on peux les attraper.
    Ce qui n’est pas dis, c’est que les flics cherchent avec les contrôles, ce sont des sans-papiers, et des petits dealers (les gros ne se baladent pas dans la rue avec des kilos sur eux)
    Ce qui n’est pas dis, c’est que si les flics cherchent avant tout à choper des petits dealers et des sans-papiers, c’est pour faire du chiffre. Petits et gros poissons, aucune différence tant que le nombre d’arrestations ne baisse pas.

    Mais pourquoi ce n’est pas dis ? Parce qu’à la place, dès que quelqu’un de droite met un pied sur ce terrain là, l’opposition y voit une occasion trop belle de lui sauter à la gorge, en hurlant au racisme, au fascisme, à la provocation.
    On préfère attaquer la novlangue, le parler vrai, même la liberté d’expression. On préfère discréditer l’adversaire politique en l’attaquant sur la forme et non sur le fond. En somme, on préfère fuir et verrouiller le débat, une fois de plus, comme avec l’identité nationale.
    Sauf celui qui fuit c’est celui qui n’est pas à la hauteur, ca ne trompe personne. Alors entre la droite qui déballe sa merde, et la gauche qui ne sait répondre que par l’insulte ou le silence, il ne faut pas s’étonner du taux d’abstention.

  5. Flashou | 28/03/10 | 17 h 50 min

    « On préfère attaquer la novlangue, le parler vrai, même la liberté d’expression »

    pourrais-tu développé ce que tu vois comme point communs entre les 3 éléments que tu cite ? non parce que de prime abord, j’avoue ne pas trop saisir le sens. A mes yeux tu aurais écrit « On préfère attaquer L’épicentre, la paléontologie et Gardfunkel » que ça aurait été aussi obscure a mes yeux.

    Bref… c’est quoi le rapport ?

  6. Flashou | 28/03/10 | 17 h 52 min

    Flashou > Je m’auto-insurge contre la formulation pitoyable de mon message précèdent, et notamment à l’usage de « a mes yeux » deux fois en une phrase.

  7. Resh | 28/03/10 | 18 h 13 min

    Le rapport ce sont les articles de ce blog

  8. Flashou | 28/03/10 | 19 h 27 min

    Resh > ok donc ça veut dire que tu associe sous une même bannière la liberté d’expression et la langue de bois ?

  9. Resh | 28/03/10 | 19 h 35 min

    Pas de liberté d’expression sans liberté de dire des conneries

  10. valerie | 28/03/10 | 20 h 30 min

    resh, je comprends bien que tu ne viens ici que pour m’ouvrir les yeux sur l’indigence de mes articles, ramassis d’insultes témoignant de ma lâcheté et de ma fuite et je t’en remercie.

    Si tu savais lire, tu aurais lu ceci « C’est oublier que des chiffres ne suffisent jamais hors contexte, hors analyse. » Ce passage résume donc les 3 premiers paragraphes de ton post. J’expliquais donc que balancer des chiffres sans analyse (chose que tu as faite même rapidement) est dangereux. Ni plus, ni moins. Dire « la plupart des violeurs sont de hommes » n’a aucun sens sans une analyse. Par exemple.

    De 2, tu peux me dire où dans cet article j’ai dit que Zemmour était fasciste. Ne me parle pas de sous-entendu j’attends la phrase précise.

    « On préfère attaquer la novlangue, le parler vrai, même la liberté d’expression. »
    - la novlangue n’est pas le langage des droitistes mais des gens d’extrême droite. Enfin si tu connais beaucoup de gens de droite employant les expressions de type HH, BBR présente les moi.
    Au passage tu ferais beaucoup rire un certain blogueur de droite qui a repris cet article sur les nouveaux dangers de l’extrême droite sans se sentir aucunement visé, puisqu’il ne l’était évidemment pas.
    - j’ai tenté de vous montrer via l’article sur la novlangue, l’évolution du langage raciste, qui prend des pincettes, tente de rallier l’innocent qui n’en voit pas les tenants et aboutissants.
    Si tu ne comprends pas l’importance du langage, c’est dommage. J’ai la ‘chance’ de voir l’extrême droite à l’œuvre, sa façon d’infiltrer les espaces communautaires, son langage.
    En l’occurrence, seul toi et toi seul assimile Zemmour aux novlanguiens.

    - « même la liberté d’expression ». Il va falloir te mettre en tête, qu’il y a des lois et ca n’est pas moi qui les ai faites voter.
    et donc, o scandale démocratique il y a des lois limitant la liberté d’expression. et ca ne date pas d’hier ; j’ai l’impression de vous voir débarquer chaque fois que je dis ca.

  11. Resh | 28/03/10 | 20 h 48 min

    Mais je suis aussi contre les lois empiétant sur la liberté d’expression.

    Tu parles de la novlangue comme des celles des petits fachos qui trainent sur le net, je connais aussi, mais ce mot provient de 1984, tu connais aussi, ne leur est pas résérvé, en général elle désigne plutôt les nouvelles expressions politiciennes.
    Et je n’ai pas dis que tu avais dis que Zemmour était fasciste, je parlais de son opposition en général, dont tu fais partie mais dont tu n’es pas le centre.

  12. valerie | 28/03/10 | 23 h 11 min

    « Et je n’ai pas dis que tu avais dis que Zemmour était fasciste, je parlais de son opposition en général, dont tu fais partie mais dont tu n’es pas le centre. »
    ah. et donc tu viens pleurnicher ici que d’autres traitent Zemmour de fasciste. c’est gênant.
    je peux te reprocher d’être de ceux qui traitent les gens de « mon camp » de staliniens ?
    je comprends mieux en fait tes anneries répétées sur le féminisme ; tu viens me reprocher à moi les conneries que d’autres féministes ont dites. Donc je le répète au cas où, je ne suis pas responsable ni dépositaire ni tributaire des conneries proférées par les gens ayant les mêmes idées que moi.

    « mais ce mot provient de 1984, tu connais aussi, ne leur est pas résérvé, en général elle désigne plutôt les nouvelles expressions politiciennes. »
    ah.
    donc quand je commence mon billet par définir ceux dont je vais parler – et il me semble que les termes sont clairs – tu penses qu’au fond je parle d’autres personnes. Si tu as un jour entendu un de nos politiciens employer le quart des expressions que j’ai citées, encore une fois fais moi signe. Même Le Pen ne s’y amuse pas.
    lorsque je dis par exemple, « UMPS : émanation politique stalinienne tendant à distribuer l’argent du contribuable, à libérer des CPF, à ne pas respecter les droits des FDS, tout en appliquant des mesures sociales politiquement correctes. Exemple : “Sarkozy c’est vraiment un communiste“.
    je ne pense sincèrement pas, mais je peux me tromper, que bcq de gens hormis les tarés d’extrême droite voient vraiment NS comme un communiste. ET je ne pense pas non plus que bcq d’UMP voient leur parti comme une officine du PS.

    Ca n’est pas la première fois que tu tentes à toute force de me faire dire des choses que je n’ai jamais dites, cela devient passablement gonflant.

    « Mais je suis aussi contre les lois empiétant sur la liberté d’expression. »
    soit.
    Donc imaginons. Un brave gars arrive pour nous dire « tiens je voudrais bien qu’on rouvre les camps pour y mettre les .. et puis les .. et enfin les … « . Certes il exprime une opinion. Un peu tranchée peut être.
    Est ce que tu penses vraiment que la démocratie y perdra si on empêche ce brave garçon de s’exprimer ?
    Imaginons qu’on le laisse faire.
    Notre garçon piaille donc dans la rue ses pensées philosophiques. S’il a du pot, il se prend juste un gnon de la part d’un vilain opposant à la liberté d’expression. Là il ira chercher ses potes, le frappeur les siens, et on aura une jolie bataille rangée. Avec sans doute deux, trois morts. C’est peut être un peu cher payé pour que notre ami ait pu exprimer ses idées.
    Tu ne cesses de parler du communautarisme.
    Une base ; les lois sont faites pour que le groupe puisse vivre indépendamment des désirs de chaque individu (je caricature un peu).
    En clair, il serait peut être tout à fait dans mon intérêt d’aller tuer mon voisin mais l’intérêt commun fait que le meurtre est interdit afin de préserver le groupe (au dépens donc de mes intérêts personnels qui ne lui seront jamais supérieurs).
    la liberté d’expression procède du même principe. Il peut être dans mon intérêt personnel de considérer et de dire que je veux tuer telle personne, ou que tel sous-groupe m’est inférieur. mais je nuierai à l’intérêt collectif. donc on limite ma liberté d’expression.

    Ce n’est pas la première fois que je constate – alors que tu ne cesses de revenir à la toute puissance de la liberté d’expression – le pauvre cas que tu fais du langage. penses tu vraiment qu’aucune parole ne peut tuer ?
    Penses tu vraiment que le génocide rwandais s’est juste créé sur la volonté subite et commune de milliers de personnes décidant d’en assassiner d’autres milliers, sans aucun discours préalable, aucune parole haineuse, aucun formatage de pensée ?
    Lorsque des discours sont dits et répétés, sous couvert de liberté d’expression, discours n’allant tjs que dans un sens, reprenant les vielles antiennes, ils ont une portée bien au delà des mots qu’ils véhiculent.

  13. max | 29/03/10 | 1 h 32 min

    Resh, tu as tout à fait raison, concernant le mot novlangue qui a été inventé par orwell dans 1984.
    Ce terme ne concernait pas la dissimulation de propos impurs, mais était l’invention par le pouvoir totalitaire d’une langue nouvelle qui avait pour but de circonscrire la pensée des « citoyens » dans le sens souhaité par le pouvoir, d’éradiquer des sentiments jugés dangereux par le pouvoir, sachant que, comme chacun sait, ce sont les mots qui structurent la pensée et que l’on ne peut pas penser une chose s’ il n’existe pas de mot pour la définir.

  14. valerie | 29/03/10 | 9 h 01 min

    et ben dis donc heureusement que tu es là. moi qui n’avais jamais lu Orwell.

  15. Flashou | 29/03/10 | 9 h 07 min

    max > « on ne peut pas penser une chose s’il n’existe pas de mot pour la définir »

    Ca ne t’es jamais arrivé d’avoir une idée très claire dans ta tête et de ne pas arrivé à l’exprimer parce que les mots ne sortaient pas ? pourtant l’idée tu l’avais en tête, mais tu as dut associer ton idée et l’image mentale qu’elle représentaient a des mots.

    Les mots servent à poser les choses, mais c’est parfois plus un carcan qu’une aide. Avec quoi les gens se font avoir d’habitude : de belles paroles ou des actes ?

  16. Max | 29/03/10 | 12 h 37 min

    Valérie, je ne doute pas que tu ais lu Orwell et parfaitement intégré,mais il me semblait que Resh avait besoin d’encouragements..
    Flashou:eh bien non.j’avais un prof de philo qui disait toujours, si vous ne pouvez pas exprimer une idée, la formuler clairement, c’est que vous ne pensez pas clairement et que vous ne maîtrisez pas la compréhension de ce que vous souhaitez exprimer.Ce sont les mots qui permettent de penser, plus un vocabulaire est pauvre, plus la pensée sera pauvre!

  17. Flashou | 29/03/10 | 13 h 22 min

    Max > tu le dis toi même, les mots servent à exprimer, pas à penser. Tu peux constater que quelque chose est bien ou mal sans forcement pouvoir mettre un nom dessus. Le souci sera donc d’échanger avec autruit correctement.

    De nos jours les mots ont l’effet inverse : on les vides de leur substances et on leur colle des notions totalement differentes de leurs origines

  18. Max | 29/03/10 | 13 h 45 min

    Non flashou, ce que tu évoques,c’est le sentiment et pas la pensée.Le sentiment est différent de la pensée ,du raisonnement qui est un processus cognitif, une construction mentale différente du ressenti.Exple: un animal ressent la douleur,il ne la pense pas, ne l’intellectualise pas, bon je sais qu’il y aura toujours des illuminés pour dire le contraire s’agissant de la capacité des animaux à raisonner mais ça c’est sans espoir.Et donc cette construction mentale avec l’élaboration de causes et d’effets , d’articulation de concepts ne peut se faire que si mentalement tu sais nommer les idées que tu utilises.

  19. Fredo | 29/03/10 | 14 h 30 min

    Pendant que je faisais la queue pour acheter mes clopes aujourd’hui, dans mon petit patelin, un habitué est entré en lançant une vanne sur les « arabes » qui truandent les alloc’. La douzaine de clients présents a souri et aquiescé. J’ai juste fermé ma gueule, presque habitué à ce genre de saloperie et aussi et surtout parce que je suis le facteur de ces gros cons et que je ne peux me permettre de m’en faire des ennemis. Pour eux c’était certainement du « parler vrai » ou simplement de la « liberté d’expression », ça n’en reste pas moins des propos susceptibles d’envoyer son auteur devant un tribunal pour incitation à la haine raciale.
    La plupart de ceux qui ont réagi aux propos de Zemmour n’ont pas employé l’insulte, ils ont essayé de démonter sa « démonstration » qui n’est qu’une autre manifestation du « bon sens » du FN et une illustration de ce que peut être la « droite décomplexée ». Seulement, la tendance étant à la paresse intellectuelle, la petite phrase de Zemmour a bien plus d’impact qu’une remise en contexte (voir, par exemple : http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/03/25/On-ne-voit-que-ce-qu-on-regarde).
    Je suis un Français moyen (beaucoup de billets et de commentaires ici me passent au dessus de la tête, parce que je n’ai pas le bagage pour comprendre) et je confirme que mes semblables, même s’ils ne s’avouent ou ne se considèrent pas comme racistes, trouvent très normal de baver sur « les arabes » ou dire que (tous) les chômeurs et RMIstes sont très contents de leur sort.
    J’ai beau être (très) de gauche, je sais que le salut ne viendra pas du « peuple », de la « base » qui se complaît dans son ignorance que les fumiers de tout poil confortent. J’abhorre tout autant les « élites » déconnectés de toute réalité (la vraie vie, putain ! celle de ceux qui n’ont pas un DEA de socio et qui gagnent juste un peu plus que le SMIC). Je sais bien que c’est très humain de préférer taper sur les autres (chômeurs, étrangers) plutôt que de chercher à améliorer sa situation et celle de tout ceux qui en chient (belle utopie) mais le fait que des gens aussi intelligents que Zemmour et beaucoup de politiciens de droite et d’extrême droite basent leur politique là-dessus me fait gerber. Oui, je sais, je n’ai pas inventé la roue, je viens de découvrir la démagogie et le populisme, ce qui me désespère c’est que ça marche aussi bien.
    Ce qui me désespère encore plus c’est l’impossibilité que ça change un jour, les « gens » sont heureux et confortables dans leurs certitudes. Réfléchir et accepter de remettre en cause ses certitudes est tout simplement inconcevable pour la plupart des gens. Le combat est perdu d’avance. Ce « parler vrai » a énormément d’avenir devant lui. Et merde.

  20. valerie | 29/03/10 | 14 h 44 min

    « Réfléchir et accepter de remettre en cause ses certitudes est tout simplement inconcevable pour la plupart des gens. »
    parce qu’il est angoissant de changer et je peux le comprendre.
    C’est ce que j’explique souvent sur le féminisme ; les femmes aussi doivent faire des efforts. Il est parfaitement confortable de se voir ouvrir la porte par exemple ou d’être trop fragile pour planter un clou.
    le mieux vivre ensemble oblige à des changements, angoissants, parfois désavantageux pour certains. Il faut que certains l’admettent.

  21. GouineMum | 29/03/10 | 16 h 59 min

    Juste une note en passant au sujet du « bon sens » dont vous parlez ici : ça me rappelle infailliblement le « gesundes Volksempfinden » (le « sain ressenti du Peuple ») des nationaux-socialistes. A bons entendeurs.

  22. cultive ton jardin | 29/03/10 | 22 h 53 min

    Resh, 15h23:

    « Ce qui n’est pas dit, c’est que les flics cherchent avec les contrôles, ce sont des sans-papiers, et des petits dealers (les gros ne se baladent pas dans la rue avec des kilos sur eux)
    Ce qui n’est pas dit, c’est que si les flics cherchent avant tout à choper des petits dealers et des sans-papiers, c’est pour faire du chiffre. Petits et gros poissons, aucune différence tant que le nombre d’arrestations ne baisse pas. »

    Ah ben si, je l’ai écrit chez Suzanne, et en plus je l’ai pas inventé, je l’avais déjà lu plusieurs fois ailleurs. Et entendu à la radio, sur France Info! Même les flics protestent contre « la politique du chiffre ». Ya que EZ pour l’ignorer. Ou faire semblant.

  23. max | 30/03/10 | 11 h 52 min

    Fredo, le billet d’éolas est d’une faiblesse intellectuelle sans nom, comme souvent lorsqu’il s’aventure en dehors de son domaine de prédilection, le droit privé, pour discourir sur les phénomènes sociaux.Même en droit public, c’est une bille et n’importe lequel des étudiants de licence peut s’en rendre compte.En revanche, il fait autorité(de par sa qualité d’avocat) auprès d’un public de profanes qui gravite sur le net et c’est bien dommage tant chacun prend comme parole d’évangile ses pensées profondes.Il faut dire que son engagement partisan n’y est pas étranger et suscite une vaste audience.

  24. Patrick | 30/03/10 | 13 h 26 min

    Pour défendre « lalibertedexpressiondescons.net », c’est vrai que c’est bien pratique, remarque, ces petites cases en bas des billets, avec le bouton « submit ». On peut dire tout plein de conneries sans pour autant se prendre un coup de matraque sur la tête, se faire gazer au lacrymo où s’exploser un flash ball dans l’œil.

  25. max | 30/03/10 | 14 h 54 min

    V: »J’emmerde l’évidence »: tu n’es donc pas de ceux qui disent qu’il y a une discrimination à l’embauche des personnes issues de l’immigration des pays de l’Afrique du nord.. et dénoncent ce phénomène. Ben oui, les statistiques ethniques étant interdites, cette réalité n’est donc pas mesurable, on ne peut donc pas dire qu’il y a une discrimination de cette nature sauf à évoquer une « évidence observable » mais toi tu ne mange pas de ce pain là, tu ne reconnais que les vérités scientifiquement établies. Arghhh dilemme;))

  26. valerie | 30/03/10 | 15 h 07 min

    max ; tu ne me lis pas cher ami. j’ai déjà souligné ce paradoxe :p

  27. max | 30/03/10 | 15 h 34 min

    plouf alors!!, cependant le dilemme reste entier

  28. max | 30/03/10 | 15 h 50 min

    et ton argumentation perd de son efficacité.

  29. Resh | 31/03/10 | 3 h 40 min

    « Donc je le répète au cas où, je ne suis pas responsable ni dépositaire ni tributaire des conneries proférées par les gens ayant les mêmes idées que moi. »
    Je crois qu’il y a un malentendu dès le départ. Je critique la réaction des gens sur le plateau face à Zemmour, puis dans la presse par la suite, une réaction proche du néant argumentatif qui, pour le dire gentillement, ne met pas la gauche en valeur.

    Pour ce qui est de la liberté d’expression, telle que je la conçois, la république doit protéger la liberté de tous avant de protéger la vie des individus.
    Ce ne sont pas les mots qui tuent, ni les armes, ce sont les gens qui les tiennent.
    Les idées et les mots peuvent mener à des drames oui, mais l’alcool, les voitures, la bouffe trop grasse aussi. Soit on condamne toute la société en la privant de libertés, soit on condamne seulement les coupables une fois que le mal est fait.

  30. valerie | 31/03/10 | 8 h 04 min

    donc je repose ma question.
    tu es pour le droit à s’exprimer d’un homme disant, par exemple qu’il souhaite rouvrir les camps de concentration pour y mettre tous ceux qui ne lui plaisent pas ?
    question simple, réponse simple ; oui ou non.

  31. Resh | 31/03/10 | 8 h 56 min

    Oui.

  32. valerie | 31/03/10 | 9 h 06 min

    et quel intérêt trouves tu à le laisser s’exprimer ?
    est ce que c’est mieux pour le collectif que le faire taire ?

  33. Flashou | 31/03/10 | 18 h 18 min

    Valérie > si tu permets, je voudrais bien répondre à tes questions (pas à la place de Resh évidement).

    Oui il faut laisser parler les crétins, les haineux et les porteurs de ragots, parce que lorsqu’ils parlent, ces gens laissent voir au grand jour que quelque chose ne vas pas. Est ce que parce qu’ils ne le disent pas ils n’en pensent pas moins ?

    Quant tu parles de « mieux pour le collectif » je suppose que tu parles à la fois du mal que peuvent générer ces propos (c’est jamais agréable d’entendre parler de « négros » quant on est Antillais, ni de « salope » quant on est une femme seule dans un bar…) ainsi que de la contamination que ça peut entrainer (« je trouve que les arabes foutent le bordel, tout le monde le dit donc finalement ça doit être vrai ») ?

    Effectivement c’est une part du problème qui a sa place dans la balance, mais à qui j’opposerai un problème tout aussi délicat, a savoir ou est la limite de ce contrôle ? cette frontière n’est pas si claire qu’on ne le dit. Autant je comprend le rôle d’une censure quant elle agit pour controler un canal particulier de communication (ex, toi sur ton blog, car tu es libre de définir la limite) autant je n’admet pas que de façon absolue et toute puissante, il existe un droit de silence envers des individus.

    Car a ce moment là, si ces individus sont privés d’expression, pourquoi ne le sont ils pas du droit de vote ? une carte d’électeur est bien plus dangereuse qu’un flyers de propagande.

    Soyons clairs : aucune des deux options n’est parfaite, dans la mesure ou chacune entraine sont lot de contrainte. J’ai juste fait mon choix entre Charybde et Scylla.

  34. Noum | 1/04/10 | 9 h 33 min

    Bon j’avoue je n’ai lu que le billet et les derniers coms qui m’ont juste fait penser ceci :

    Laisser parler les cons permet de les repérer. Les faire taire en fait des martyrs…Ce n’est pas en empêchant l’expression d’une pensée, aussi nocive fut-elle qu’on empêche la pensée elle-même.
    Mais si ça se trouve vu que j’ai pas tout lu je suis à coté de la plaque.

  35. valerie | 1/04/10 | 10 h 18 min

    flashou ; ils ne sont pas privés du droit de vote parce qu’ils ne peuvent exercer dans les urnes leur pouvoir de nuisance. Un néo nazi – puisque c’était le cas que j’évoquais – votera sans doute le Pen mais ce dernier ne prévoit pas dans son programme des actions criminelles ou illégales (à part à la limite le retour à la peine de mort qui est désormais anti constitutionnel ; menfin on peut revenir sur la constit)).

    Sur le fait que les « cons » doivent s’exprimer. On ne parle pas ici des « cons » (je ne sais pas ce que cela veut dire d’ailleurs).
    Quand vous avez une personne qui est dans la croyance ; croyance que le noir est inférieur, que le juif est richissime vous ne pouvez rien faire. Vos arguments, aussi rationnels soient-il ne convaincront jamais.

    face à un homme comme David Duke par exemple (cherchez son site web), ex membre du KKK, qui n’a aucun argument mais juste la croyance que le blanc est supérieur, aucun discours contraire ne peut être exprimé.

    Quand des gens disent que les homosexuels finiront en enfer parce que leur religion le leur dit, aucun argument ne peut non plus être exprimé.

    Ce genre de poison se diffuse. C’est ainsi et jamais autrement que se sont fondés les génocides. Tout le 19eme et le début 20eme ont vu des propos antisémites, des théorisations qui ont mené à la shoah qui n’a jamais été le seul fait des nais. pour arriver à cette extermination de masse, il faut que la population soit conditionnée à accepter ou du moins à tolérer.
    Même chose au Rwanda ou de années de discoures haineux et violents ont rendu possible le génocide.

    On emploie un mot clair face à une injure « cela m’a blessée » ; cela n’est pas anodin parce que l’on sait parfaitement qu’un mot n’est jamais qu’un mot d’où cette métaphore autour d’une blessure quasi physique.

    laissez s’exprimer ces gens c’est aussi craindre pour la paix civile. Si un blanc énonce qu’il faut bruler les noirs, vous aurez, logiquement le même discours en face. On passera ensuite d’un affrontement verbal à un affrontement physique.

    « quelque chose ne vas pas. Est ce que parce qu’ils ne le disent pas ils n’en pensent pas moins ? »
    l’argument ne tient pas. m’autoriserais tu à tuer mon voisin parce que cela ne m’empêche pas de le penser ? Vous accordez au langage une importance moindre ce qui me semble très dangereux.
    Dieu sait si pourtant la politique actuelle nous montre l’importance du langage.

    quant à constater que quelque chose ne va pas.. je ne crois pas qu’un homme qui veut tuer, violer, torturer d’autres personnes a quoi que ce soi à m’apprendre sur l’état d’une société.
    sa pensée est irrationnelle donc à mettre, par définition, à la poubelle.

    si vous pensez que les mots sont juste des mots, cela me semble une erreur.

  36. Flashou | 6/04/10 | 10 h 06 min

    Valérie > pas de méprise : bien évident que les mots sont terriblement puissant et il ne s’agit pas de renier l’importance et la gravité des propos de ces personnes.

    Des propos blessants j’en ai entendu toute ma vie (et je penses que ça risque de continuer) mais même si ça me blesse je préfère ça au politiquement correcte hypocrite.

    Tu as raison lorsque tu dis que le langage est très important, mais il cesse de l’être lorsqu’il est formaté par une sorte d’épée de Damocles. Pourquoi plus personne ne croit les politiques ? parce qu’ils sont opportuniste au dernier degrée et qu’ils s’entredéchirent sur les mots plutôt que sur les faits. Ils gaspillent cette valeur des mots en les vidants de toute substance. Tout n’est que formule et expression codifié. Les discours deviennent « mathématique », on calcul tout et on ne fait que du paraitre.

    Nous devrions être moins frileux, et ne pas hesiter a blesser, voir a choquer, si ça permet que les mots gardent vraiment leurs sens.

    et puis si on doit censurer qui aura ce pouvoir ? et que feront nous s’il y’a abus ?

  37. Resh | 9/04/10 | 13 h 29 min

    Plus de connexion donc pas de réponse, mais la mienne aurait beaucoup ressemblées à celles de Flashou.

    Pour moi la cible ce ne sont pas les paroles, mais les idées. Donc pour lutter contre les dangers de certains propos, il ne faut pas les censurer, mais les contrer par l’argumentation et l’éducation.
    Ça peux paraitre utopique, mais ca ne l’est pas, apprendre aux gens à réfléchir, et donner les bases culturelles pour ca, c’est censé être le rôle de l’éducation nationale.
    En somme, je regrette la faiblesse du nombre d’heures de cours d’éducation civique, et la frilosité des programmes d’histoire ou de philo sur tout ce qui touche au religieux ou au politique.