sept 202009
 

S’il est une idée en vogue, c’est bien de penser que les anciennes vagues d’immigration (italiennes, polonaises, espagnoles, belges …) se sont parfaitement intégrées au contraire des vagues, plus récentes, maghrébines et africaines.
Les anciennes vagues d’immigrés étaient travailleuses, ne posaient aucun problème et les français les ont d’ailleurs parfaitement acceptées, entend-on souvent.
Constatons donc que les propos actuels sur les immigrés les plus récents ne sont qu’une répétition d’idées reçues anciennes et qui se sont exercées à l’encontre de toutes les communautés migrantes (qu’elles viennent de province ou de pays étrangers).


Historiques des vagues d’immigrations :
- Première moitié du 19eme : anglais, allemands, autrichiens
- Avec la révolution industrielle : belges. Au début de la 3eme république, les belges représentent la majorité absolue de la population à Roubaix. En 1886, ils représentent 40% de la population immigrée.
- A partir de 1850 : italiens. En 1911, ils deviennent le premier groupe d'immigrants en France.
- A partir de 1880 : juifs de l’Europe de l’est fuyant les pogroms.
- début 20eme : la baisse de la natalité entraine la venue d’immigrés essentiellement belge, suisse et italienne.
- entre-deux guerres : polonais et tchécoslovaques, réfugiés politiques (russes, arméniens, allemands, italiens, espagnols), maghrébins.
- 1960 : portugais, maghrébins, africains.

1. "Et pourquoi vos parents ne vous ont pas donné un prénom français ?" Eric Zemmour

Un décret de 1888 insiste sur la francisation des noms étrangers.
En 1927, un article du Figaro combat cette francisation au prétexte qu’ un "nombre infini de métèques se cachent sous des noms français". D’autres soulignent en revanche qu’autant de noms étrangers nuisent au prestige de la France à l’étranger : en 1945, un auteur de la revue Population s’inquiète déjà du nombre de joueurs au patronyme étranger dans l’équipe de France de football.
Erwin Goffman souligne combien le changement de nom introduit une rupture entre l’individu et son pays d’origine ; c’est une souffrance comme en témoignent Henri Troyat, Henri Verneuil et Madeleine Robinson (propos rapportés par Gérard Noiriel dans Le creuset français).

Dans l’article "D’abord nettoyer l’arrière", publié dans "Je suis partout", Pierre Gaxotte s’en prend aux "messieurs en ski, en vitch, en o, en of, et en ez".

Les critiques fusent de la même façon aujourd'hui à une époque où la francisation n'est plus de mise ; l'on s'affole du nombre de Mohamed et Mamadou et d'autres s'inquiètent encore du nombre de français "de souche" dans l'équipe de France.

moules

2. "Et quand on pense au bruit et l’odeur" Jacques Chirac.

Dans L’étoile de l’est, le 24 juillet 1905 "Toute cette cuisine diabolique passe encore sous le ciel bleu de l’Italie, et fait d’ailleurs partie de "la couleur locale" des quartiers pauvres de Rome ou de Naples. Mais il en est tout autrement en Lorraine où la saleté chronique et la façon de vivre déplorable des italiens font courir des sérieux dangers de contamination à la population indigène".

L. Naudeau en 1931 "Là le blanc, et plus particulièrement l’espagnol misérable rétrograde jusqu’au sauvage ; la bicoque devient la hutte, la hutte tombe dans l’immondice, l’immondice prend vie, se manifeste en pullulations pédiculaires".

Jacques Bertillon dans "La dépopulation de la France : ses conséquences, ses causes, mesures à prendre pour la combattre" en 1911 s’inquiète déjà qu'"il n’y avait qu’à monter dans le haut de la ville, où ils ont constitué une véritable ville italienne avec quantité de nippes multicolores flottant au vent et d’innombrables enfants courant partout. "

Toutes les populations d’immigrés – mais aussi les populations pauvres de manière générale – sont vues au cours des siècles comme sales, non intégrées, se vautrant dans la luxure et des coutumes exotiques. Ce qu’on entend à l’heure actuelle sur les quartiers "islamisés", "envahis" de femmes en burqa avec 10 enfants n’est que la répétition, comme vous le constatez, de propos tenus sur toutes les vagues d’immigration précédentes. L’italien lui aussi fait une cuisine infâme, trop d’enfants et se vêt d’oripeaux. Le polonais se ridiculise avec son catholicisme particulier et à se tenir debout pendant la messe alors que le bon français est assis. Le juif d’Europe de l’est est moqué de ses coreligionnaires français qui le voient empreint de fanatisme.

envahisseurs

3. "Les envahisseurs sont là" David Vincent

Le même Jacques Bertillon nous dit «" Le français dans ce quartier de la Cette n’est qu’une langue étrangère" et "les étrangers en France pourront devenir non plus seulement un embarras mais un danger ; car avec le temps il acquièrent des droits civils dont ils voudront peut être abuser un jour."

L. Naudeau dans "La France se regarde" : "Aujourd'hui que des hordes compactes d'étrangers s'établisse sur notre territoire et qu'en certains districts, les éléments jeunes de ces aubains dépassent en nombre les éléments jeunes d'autochtones, le problème prend un tout autre caractère et nous exposerait à voir se constituer chez nous des minorités ethniques".

Le docteur Eugilvic, en 1887 dans "A bas la Naturalisation, ou la Naturalisation en face du patriotisme" déclare "Ceux qui oseraient me soutenir que les allemands, parce qu’ils ont du sang aussi rouge qu'est le nôtre, peuvent devenir français, je leur répondrai ; que les crapauds ont également le sang rouge : est ce une raison suffisante pour se flatter d’être leur frère ? (...) Parlons maintenant de la naturalisation en masse. Exemple : l’assemblée nationale décrète que tous les juifs sont citoyens français. C’est là, une des plus profondes erreurs qu’elle ait commises. Comment, voici des gens, qui ne sont même pas d’origine européenne, qui n’ont de parenté qu’avec les arabes et les syriens, et vous en faites des français !"

Là encore, on retrouve l'idée que l'étranger finira forcément par trop en réclamer, modifier nos coutumes alors qu'il est, par essence, différent.

4. " Il n’y a qu’à regarder les faits divers : 90 % des faits divers ont à leur origine soit un immigré, soit une personne d’origine immigrée. C’est un fait dont il faut tenir compte." Jean-Marie Le Pen, août 2009

Henri Joly dans "La France criminelle" en 1889 écrit "En France, il résulte de la statistique et des casiers judiciaires, que, parmi les étrangers immigrés, la criminalité est quatre fois plus forte que chez nos nationaux". (…) A nombre égal de résidents, les colonies belge et suisse ont environ trois fois plus d’arrestations que la colonie anglaise, que la colonie austro-hongroise et que la colonie américaine. (...) les étrangers qui commettent le plus de crimes sur notre sol sont les espagnols."

Avant 1914 L’est républicain tient une rubrique sur "les crimes du bassin de Briey" où les italiens tiennent la vedette.

En 1924 Gabriel Tarde dans "La criminalité comparée" explique que les peuples du sud, vivant sous un climat chaud ont plus tendance à commettre des homicides. En étudiant le nombre d’homicides entre l’Italie et l’Angleterre, il montre ainsi qu’en Italie, pays "plus barbare", moins "civilisé" et plus chaud, il y a beaucoup plus d’homicides.

A la fin du 19eme siècle Cesare Lombroso différencie lui aussi l’italien du nord, face à celui du sud, à l’atavisme suspect.

Il serait fastidieux de relever les milliers de citations parlant des crimes et délits commis par toutes les populations d'immigrés. Aucune n 'y a échappé, et toute, tour à tour ont été accusées d'être plus criminogènes que les françaises où celles les ayant précédés dans l'immigration.

5. "En stoppant l'immigration, le Front National fera donc cesser la pression à la baisse sur les salaires." Programme du Front National

Maurice Barrès, "Étude pour la protection des ouvriers français : contre les étrangers" en 1893 "Pour accepter que des armées d’étrangers envahissent notre territoire, oppriment nos nationaux, possèdent la fortune et le pouvoir, enlèvent plus d’un milliard de salaires par an, nous suffit il que ces conquérants ne portent point d’uniformes ?"
(le même Barrès vanté par Sarkozy dans son discours à Metz du 17 avril 2007)

Les agressions envers les travailleurs immigrés ont été monnaie courante au cours du 19eme et du 20eme siècle. Avant la fin du 19eme on en retrouve peu traces dans la presse et ce sont vers les archives policières qu’il faut se tourner souligne Gérard Noiriel.

Le géographe Firmin Lentacker qui a travaillé sur l’immigration belge dans le nord nous dit "D’avril à juin 1948, les manifestations hostiles aux ouvriers belges devinrent quotidiennes dans le Nord ; il s’agissait tantôt d’agressions contre des groupes regagnant la Belgique, tantôt d’expéditions en bandes pour se saisir des " flamands" répartis entre Tourcoing et Halluin et les reconduire à la frontière, et toujours de coalitions obtenant l’expulsion de travailleurs belges, comme le 18 mai sur le chantier de chemin de fer à Armentières ou le 20 mai à Lille".

En 1892 à Drocourt (Pas de calais) où les belges représentent 75% de la main d’œuvre dans les mines, les ouvriers français se mobilisent pour les expulser, détruisent leur maison et leur mobilier. Des rixes mortelles ont lieu en 1901 à Liévin et Lens.

Ce racisme anti-belge disparaît peu à peu pour mieux s’en prendre à une nouvelle catégorie d’immigrés ; les italiens. Michelle Perrot déclare aux sujet des manifestations anti-italiens "on est frappé du pouvoir mobilisateur de ces manifestations ; elles se transforment aisément en mouvements populaires de plusieurs milliers de personnes".

A Marseille en 1881, on assiste à des émeutes où des italiens sont insultés et frappés (3 morts et 21 blessés).

En 1894 après l’assassinat de Sadi Carnot par un italien, l’on voit les mêmes scènes à Lyon.

En 1893, à Aigues-Mortes, 300 ouvriers français des salines attaquent les ouvriers italiens. Le procureur de la république en dira " Des pierres énormes sont lancés de tous cotés ; à chaque pas on est forcé de laisser sur le sol des victimes sans défense que des forcenés viendront avec une sauvagerie sans nom achever à coups de bâton". Selon la police française, il y aurait eu 8 morts et 50 blessés. Le Times comptera 50 morts et 150 blessés. Le maire de la ville dut démissionner suite aux protestations internationales ; les coupables furent, pour autant, acquittés.
En 1891, à Toulouse, 400 manifestants vont au quartier Saint Cyprien piller et brûler les maisons des tziganes. Deux brigades de gendarmerie furent nécessaires pour empêcher un massacre.
Vous avez ici une partie des archives collectées par Laurent Dornel qui a travaillé sur la xénophobie envers les immigrants.

Comme aujourd'hui, le travailleur immigré est tantôt vu comme paresseux, d'autres fois comme volant le pain des français, à la solde du patronat ou de l'internationale socialiste.

Mon article est, bien évidemment incomplet. Il aurait fallu montrer que les mêmes idées reçues s'appliquaient aux migrants d'une région française à l'autre (comme les auvergnats par exemple) , elles s'appliquaient également, souvent, aux ouvriers. Beaucoup de textes de l'administration coloniale, des médecins ont aussi étudié les africains et maghrébins, car, en plus de préjugés xénophobes se sont associés des préjugés racistes. Les uns ne sont pas si différents des autres et l'on n'hésite pas à parler de "race belge" "race italienne" forcément inférieures à la "race française".

Pour combattre les craintes face aux immigrés maghrébins et africains, on gagnerait à lire les textes du 19eme et du début du 20eme pour comprendre comment se fondent ces peurs et comment l'on ne fait que répéter les mêmes idées ayant cours dans les siècles précédents.

Conseils de lecture :

- Conseillé par Melle S. : A. SAYAD "L’immigration ou les paradoxes de l’altérité" (1. L’illusion du provisoire et 2. Les enfants illégitimes).
- Gérard Noiriel, "Le creuset français".
- Laurent Dornel, "La France hostile. Histoire de la xénophobie en France au XIXe siècle"

  77 réponses sur “Ca s’en va et ca revient”

  1. Comme quoi la xénophobie et le racisme ne sont en général qu'un déguisement de la lutte des classes contre les "salauds de pauvres".

    Il serai d'ailleurs intéressant de voir comment étaient considéréEs à ces mêmes époques les, rares, immigréEs riches : on parie que leur fric rachetait déjà, comme aujourd'hui, du moins en apparance leur origine ?

    • Je n'en dirais pas tant. Ce qui est bien avec les lectures marxistes (tout comme les lectures freudiennes et hégéliennes) c'est qu'elles sont des motifs qui glissent un peu entre les erreurs de rigueur qui peuvent les conditionner, ce qui fait que même à une erreur ou deux près, on les considère toujours valable, alors que ça devrait invalider cette lecture.
      Ici en l'occurrence y'a pas juste "les riches" qui en veulent, n'en témoignent les nombreux actes de violence à l'égard de ces derniers qui sont plus généralement le fait des branches populaires que des classes riches.

      D'ailleurs la rhétorique du FN est explicitement populiste et l'est revendiquée et assumée comme telle. J'aimerais aussi ajouter que les pires clichés culturels sont peut-être plus fortement transmis au sein du peuple que dans les classes sociales plus "éduquées" (ce n'est pas quelque chose que j'avance en l'ayant vérifié mais c'est une intuition que j'ai et elle me semble faire sens).

  2. Un article et une analyse vraiment très intéressants. Je n'avais d'ailleurs jamais entendu parler de problème avec l'immigration belge. Je me coucherai moins bête. :)

    On se donne rendez-vous dans un demi-siècle pour un bilan ? ;)

    PS : Il y a une petite incohérence.
    "En 1892 à Drocourt (Pas de calais) où les belges représentent 75% de la main d’œuvre dans les mines, les ouvriers français se mobilisent pour les expulser, détruisent leur maison et leur mobilier. Des rixes mortelles ont lieu en 1901 à Liévin et Lens.

    Ce racisme anti-belge disparaît vers 1880 pour mieux s’en prendre à une nouvelle catégorie d’immigrés ; les italiens."
    Une erreur dans l'année peut être ?

  3. ArYo Diary : non quand je dis qu'il disparait, c'est qu'il est beaucoup moins répandu ; pour autant il y a encore des émeutes sporadiques.
    je vais corriger que ce soit plus clair.

    GM : oui cela reste évidemment le pauvre qui est attaqué.

  4. Excellent article qui remet les pendules à l'heure.
    En parlant d'islamisation, il faut se souvenir d'une cover du Fig mag de 1984 qui titrait, en parlant des musulmans : dans 30 ans serons nous encore français. Force est de constater que nous ne sommes pas bien loin de l'échéance fatale de l'islamisation de la France.... et qu'à part dans 3 ou 4 microquartiers où il doit être difficile de trouver du bacon dans les boucheries, et bien rien n'a changé, nous ne sommes pas envahis par des hordes de barbus.

  5. merci beaucoup Maxine :o )

  6. Merci!!
    C'est affligeant comme on se répète mais je m'autorise une petite note d'optimisme en me disant qu'on a fait des progrès depuis les massacres d'ouvriers italiens.
    tout à fait d'accord quand à l'utilité de jeter un
    coup d'oeil sur notre passé que tu résumes très bien ici.

    Je sais pas ce que vous en pensez mais j'ai le sentiment que l'émoi susciter par la baisse de la natalité procède un peu des même peurs. Ce sont les même personne qui s'effrayent du déclin de la natalité et qui sortent que non il n'y a pas de place pour les immigrés.

    Peur que la belle fraâance deviennent trop basanée?

  7. nananimp : Il y a tout de même eu le 17 octobre 1961. Et novembre 2005. Et regulièrement d'autres "bavures" au quotidien à ce jour.

    Pour ce qui est de natalité : la France est de loin le pays le plus nataliste de toute l'Europe.

  8. Merci pour ce billet Valérie. J'ajouterais juste une lecture, celle de A. SAYAD avec "L'immigration ou les paradoxes de l'altérité" (1. L'illusion du provisoire et 2. Les enfants illégitimes).
    Lien avec table des matières et extraits : http://www.homme-moderne.org/societe/socio/sayad/immT.html

  9. Article très interessant et bien documenté qui a l'avantage de mettre en perspective les préjugés qui ont été de tout temps attachés aux immigrés.
    J'ai apprécié ta mention des phénomènes d'exclusion entre "nationaux" d'une région à l'autre car à mon sens on touche là à l'essence même du pb.Il suffit de voir dans les espaces ruraux, encore aujourd'hui,comment on considère comme étrangers les habitants d'un village distant de 3kms et les phénomènes de rejet qui en résultent. De la même manière, il suffit de voir, dans les banlieues, le sentiment d'identité lié à l'appartenance territoriale et le rejet des habitants des banlieues voisines(affrontements de bandes et haine du territorialement autre).Alors certes, ton propos va au delà et concerne les préjugés liés à une ethnie ou une culture autre, mais je pense que le phénomène de rejet repose sur les m^mes bases et est intimement lié à la notion d'identité.Enfin, ce retour vers le passé est éclairant mais lorsque tu dis que c'est une idée reçue de considérer que les immigrants italiens ou polonais se sont mieux intégrés que les musulmans, tu oublies qu'il y a une difference fondamentale entre ces périodes.Les populations immigrées italienne ou polonaise sont arrivées dans une france ou le modèle de l'intégration républicaine qui prédominait était l'assimilation et ou elles ont d'emblée accepté et trouvé légitime de son fondre dans la culture et la société française en gommant tout particularisme.En revanche, les populations immigrées ultérieures sont arrivées dans un modèle, de nature individualiste à l'anglo-saxonne,ou domine le multiculturalisme et ou les particularisme culturels sont revendiqués et exacerbés comme élément constitutif de l'identité de la personne ou du groupe.Dans ces conditions, il me paraît logique que les tensions soient plus vives et que l'intégration semble moins évidente avec des phénomènes de replis communautaires et identitaires.Pour faire court, avant les populations immigrées étaient stigmatisées de l'exterieur, maintenant c'est toujours le cas mais en plus elles se stigmatisent elles-même dans un mouvement d'affirmation et de revendication de soi.
    Pour finir, j'aimerais savoir ce que t'inspire le fait que collomb, le maire de lyon, ait organisé une cérémonie pour la fin du ramadan à l'Hotel de ville de lyon.

  10. Même si je comprends une partie de ton analyse, max, j’apporterai quelques bémols. Tu dis « elles ont d’emblée accepté et trouvé légitime ». Déjà l’on constate via quelques citations que j’ai données que beaucoup ont continué à vivre comme dans leur pays d’origine et que cela leur a été reproché. Gérard Noiriel qui a travaillé sur des populations italiennes émigrées depuis 30 ans en France ont constaté, que, chez les personnes de la première génération, l’assimilation du français n’était pas acquise pour plus de 8 personnes sur 10.
    Ensuite il faut comprendre que l’histoire de l’immigration n’existe que depuis 20 ans en France. Auparavant cela n’a pas été étudié à tel point que Noiriel a parlé d’un « lieu de non mémoire ». L’immigré était donc un être venu de nulle part à qui l’on devait imposer un passé et un nom. C’est ainsi que prend corps la francisation des noms ; soit elle a été imposée soit elle s’est parfois imposée d’elle-même comme après l’assassinat de Sadi Carnot où un nom italien pouvait vous causer pas mal d’ennuis. Donc comment parler d’acceptation de la part des immigrés ? Acceptation, oui mais y-avait-il le choix ?
    Noiriel montre ainsi la souffrance de certains comme Henri Verneuil ou henri Troyat à qui on a imposé cette francisation.
    Ensuite il faut se rappeler que les vagues d’immigration les plus récentes partagent avec la France un passé récent ; la colonisation. Il était donc difficile d’un côté de leur dire de s’assimiler et de l’autre, gommer à toutes forces ce passé commun. C’est ce qu’on a fait dans les colonies ; enseigner « nos ancêtres les gaulois » et cela, ne pouvait, à terme, continuer à fonctionner. On ne peut pas, sur le long terme, gommer le passé des populations, comme si le processus de migration voulait dire que l’individu renonce à son passé.
    Pour autant «ou domine le multiculturalisme et ou les particularismes culturels sont revendiqués et exacerbés comme élément constitutif de l’identité de la personne ou du groupe. » Oui absolument. Mais tu le constates dans toutes les populations qu’elles soient immigrées ou non. On le voit en Bretagne avec les noms en français et breton par exemple. Tout le monde fonctionne sur un monde très individualiste, il serait donc absurde de demander autre chose aux immigrés.
    « elles se stigmatisent elles-même dans un mouvement d’affirmation et de revendication de soi. »
    Comme dit au dessus, je pense que chacun est dans cette optique, pourquoi les immigrés ne le seraient ils pas ?
    Ensuite on a voulu pratiquer l’assimilation à toute force, en ignorant le passé des immigrés, en le considérant comme des OVNI qui ne prenaient existence qu’en reniant tout passé ; comment cela serait il possible ? Noiriel montre par exemple combien, aux USA on a travaillé sur l’histoire de l’immigration. Ellis Island est conservé et visitable. Il y a beaucoup de musées sur le sujet. En France, très peu de choses. Connaitre son passé c’est s’en affranchir ; l’ignorer c’est le voir ressurgir n’importe comment.

    Sur Collomb. Je dirais déjà que je n’ai aucun souci à voir un maire souhaiter un bon ramadan aux musulmans (ou pessah, ou pâques). J’ai plus de mal lorsque cela prend un caractère très officiel avec une cérémonie. C’est ouvrir la porte aux multiples demandes tout aussi légitimes ; des juifs, des catholiques, des protestants. Maintenant on constate que Noël reste célébré dans toutes les mairies ; certes c’est une fête qui a perdu son caractère religieux mais cela reste quand même une fête catholique. Donc je ne sais pas trop ; d’un côté cela me gêne (surtout parce qu’il y a plus important à faire, comme cesser l’urbanisation de luxe de Lyon où l’on « nettoie » les quartiers populaires comme la Guillotière et Croix rousse en mettant en banlieue les populations pauvres), me semble maladroit ; de l’autre on célèbre Noël. Peut on mettre cela sur le même plan, je ne sais.

    Enfin, j’aurais en effet du prendre le temps de parler des migrations franco-françaises où l’on retrouve les mêmes préjugés. Vous le retrouvez également à l’égard de toutes les populations pauvres. Je crois qu’il y a un bouquin de Chatelain qui s’appelle « classes laborieuses, classes dangereuses » sur le sujet. A Lyon, par exemple, il y a énormément d’études sur les canuts où il est expliqué combien ils sont sales et se vautrent dans la luxure. Rappelons que le 19eme est un siècle marqué par l’hygiénisme.

    nananimp : «l ’émoi susciter par la baisse de la natalité procède un peu des même peurs ». Comme le précise GM, la natalité française est forte. Pour autant il y a en efet une grande peur que les enfants qui naissent ne soient pas vraiment français (aka clairs de peau catholiques).

    Mlle S. ; je rajoute dans le billet ! merci !

  11. En passant j'ajouterai qu'on peut très bien se retrouver "immigréE" par annexion, sans avoir bougé d'un millimètre et en vivant sur place depuis des générations: les AlsacienNES et MosellanEs p.ex. ont connu ça quatre fois rien qu'entre 1871 et 1944. Et les préjugés, discriminations et persécutions exercéEs et subiEs n'avaient dans tous ces cas strictement rien à envier à ce qu'on évoque ci-dessus. D'autres régions de France ont connu des phénomènes comparables (la Riviera, la Flandre, le Pays Basque, la Catalogne, si mes souvenirs sont bons).

  12. La famille de mon grand-père venait d'Alsace. quand il a débarqué dans la Drôme ; il était surnommé "le boche". Une partie de la famille a été des "malgré nous".

  13. "beaucoup ont continué à vivre comme dans leur pays d’origine"je ne suis pas d'accord, pas de repli identitaire.
    "elles ont d’emblée accepté et trouvé légitime"le fruit de nombreux témoignages d'immigrés italiens.
    "l’assimilation du français n’était pas acquise pour plus de 8 personnes sur 10"le pb venait-il réellement d'un refus d'assimilation? j'en doute.
    Sur les régions à fort particularisme identitaire, ça confirme ce que je dis.A partir du moment où l'idée même de nation se dilue, est disqualifiée( devient un "gros mot" pour copier la rhétorique de votre président adoré), l'identitaire se reconstitue ailleurs;la NATURE(terme honnit en ces lieux)ayant horreur du vide.Est-ce que ça favorise le vivre ensemble?j'en suis pas certain.
    Après on peut considérer un Etat comme une table rase, sans Historicité, sans culture dominante et surtout acceptée comme légitime,simplement incarné de façon temporelle et temporaire par des agrégats d'individus, des communautés aussi diverses qu'hermétiques.Simplement, je ne pense pas que ça tende, pour reprendre l'expression de Renan, vers "le plébiscite de tout les jours"Alors bien sûr rien n'est figé, tout est en mouvement(d'où les tensions)mais un excès de droit au particularisme culturel et au relativisme culturel me paraît mortifère. L'impossibilité de constituer une europe politique et un sentiment d'appartenance à une communauté européenne me semble à cet égard éloquent.Comme tu le vois, nous sommes très éloignés l'un de l'autre.

  14. "je ne suis pas d’accord, pas de repli identitaire." bah d'accord ou pas c'est ce qu'en disent beaucoup de témoignages. et cela ne me semble pas choquant d'ailleurs. Les migrants ont tjs été logés dans des quartiers à eux, il est donc logique qu'il y ait préservation de coutumes et échanges.

    "le pb venait-il réellement d’un refus d’assimilation? j’en doute." mais personne ne refuse de s'assimiler. quand tu débarques d'Italie, de Pologne, d'Algérie a 40 ans, il n'est pas simple d'apprendre la langue.

    "Après on peut considérer un Etat comme une table rase, sans Historicité, sans culture dominante et surtout acceptée comme légitime,simplement incarné de façon temporelle et temporaire par des agrégats d’individus, des communautés aussi diverses qu’hermétiques."
    non pas du tout. je pose une question simple ; est il possible d'assimiler les gens de force ? en leur niant tout passé, toute histoire ? est ce que Emile Zola aurait été différent si son nom n'avait pas été francisé ? on en doute.
    ce qui me semble important c'est de pointer qu'il y a une histoire de l'immigration. Enseigner par exemple qu'il y a eu une paupérisation importance en Italie du sud, qui a entrainé une venue massive d'italiens. Ne pas laisser tomber en ruines les bidonvilles et les camps qui ont abrité des milliers d'espagnols était aussi important. Pas pour entretenir une haine de l France, pas du tout ; mais parce que c'est aussi notre histoire commune.
    ca n'inclue pas l'enseignement de l'italien, de l'arabe ou je ne sais quoi comme langue nationale.

    Tu dis "Après on peut considérer un Etat comme une table rase" et moi je te renvoie "mais un immigré est il une table rase sans histoire" ?
    est ce que le ait qu'il conserve des coutumes l'empêche de s'intégrer ?
    ca a toujours été le cas rappelons le...
    L'histoire de l'état est aussi fait de ses particularismes, de ses spécificités.

    "Est-ce que ça favorise le vivre ensemble?j’en suis pas certain."
    non peut être pas. mais ce que je dis c'est que la méthode d'assimilation à l'ancienne a été mauvaise. je ne dis pas qu'elle est bonne à l'heure actuelle. ne pas favoriser la mixité sociale crée par exemple des replis communautaires forts.

    j'aurais aussi tendance à penser que l'idée d'un pays, un peuple n'a jamais existé. la France a tjs été le theatre de particularisme régionaux, de spécificités (voir Corse, voir alsace lorraine etc) donc rêver de ce qui n'a jamais existé me semble un peu utopique.

    après oui il y a un renforcement des communautarismes que je condamne et n'apprécie pas plus que toi.

  15. "bah d’accord ou pas c’est ce qu’en disent beaucoup de témoignages"non c'est ce que dit ton auteur.
    "personne ne refuse de s’assimiler"verifie la définition de assimiler:rendre semblable.
    Ne te focalise pas sur la francisation des noms qui était effectivement une connerie mais je ne pense pas qu'on puisse réduire l'assimilation à cette mesure.
    "est ce que le ait qu’il conserve des coutumes l’empêche de s’intégrer ?"j'ai envie de dire que ça dépend des coutumes et de l'espace où elles se déploient.Si ce sont des pratiques culturelles qui isolent des autres, ma réponse est oui.On peut pas dire que le port d'une burqa dont le signifiant est: je refuse tout contact et échange visuel avec toi soit synonyme d'ouverture à l'autre et d'intégration.On peut pas dire que refuser des piscines mixtes ou de se faire soigner par un homme soit synonyme d'intégration.
    "Après on peut considérer un Etat comme une table rase” et moi je te renvoie “mais un immigré est il une table rase sans histoire” ? en l'occurence une pratique culturelle n'est pas constitutive de son être, il ne l'a pas reçu en lui à la naissance, elle provient d'une société, de règles définies collectivement et à partir du moment où ça inter-agit avec un autre contexte social, ces dernières ne doivent pas primer(seulement si on considère que l'individu est un être social).
    "j’aurais aussi tendance à penser que l’idée d’un pays, un peuple n’a jamais existé"si tu considère que la nation est une fiction et c'est ton droit alors la nationalité n'a pas lieu d'être, ni la citoyenneté, ni le droit, ni les institutions, ni le vote...Bien sûr que c'est un principe politique(donc construit)qui fait que des individus, par choix se reconnaissent une communauté de valeurs au delà de leurs particularités.Je sais que ça peut paraître aujourd'hui inconcevable, mais il paraît même qu'il y en a qui sont morts pour donner corps à cette fiction

  16. Pour avoir vécu (seulement un an) à Hanoi, et malgré les excellentes conditions dont je bénéficiais, et surtout, la très grande gentillesse de la population, je peux te dire, Max, que tes élucubrations sur garder ou abandonner sa culture d'origine, sur apprendre ou pas la langue du pays, s'intégrer à marche forcée ou rester un exclu sont complètement dépourvues de sens.

    J'ai fréquenté des vietnamiens, refusé d'habiter un quartier français, mon conjoint a appris la langue (moi je n'ai pas réussi), nous nous sommes fait beaucoup d'amis. Pourtant, je n'aurais certes pas abandonné une miette de ma culture, et les vietnamiens, loin de me le demander, étaient curieux de la connaître et très amicaux sur ce point.

    Par contre, j'ai essayé de comprendre et de connaître la leur, je ne vois pas en quoi c'est contradictoire, une culture n'est pas un bloc, exclusif d'un autre bloc et incompatible avec lui.

    Si j'avais été en âge de faire des enfants, je ne leur aurais probablement pas donné des noms vietnamiens, ou peut être que si, mais de quel droit l'aurait on exigé de moi?

    Ce que je trouve odieux, c'est d'obliger quelqu'un à brutaliser son propre rythme, à couper avec ce qui fut sa vie, son enfance, son histoire, surtout pour une intégration qui, vu le racisme ambiant, est largement fictive. C'est payer très cher et ne rien avoir en échange ou très peu. Un genre de racket, quoi.

  17. je me suis très certainement exprimé de manière maladroite et pas assez nuancée.Je ne prône pas que les immigrés renient leur histoire, et leur culture d'origine en bloc.Néanmoins entre le tout ou rien, il me semble qu'il y a un espace pour adapter certaines pratiques sans que ça constitue un effondrement intérieur .Et puis l'individu est ainsi fait qu'il est en constante évolution, notamment par rapport à son environnement.

  18. Au sortir de cet article, je me demande si l'intégration des dernières vagues d'immigrés se fera comme pour les autres au bout d'un certains temps (je ne compte pas les micro foyer de racisme qui germent de ci de là : les gens ont AUSSI le droit d'être très con) ou bien est ce qu'une nouvelle vague prendra la place des autres au titre de "vilain immigré crado" ?

    Au passage, et je ne sais pas si c'est par manque de matière ou par oubli, il n'est pas fait mention des communautés asiatiques dans l'article. Pourtant, ils sont bien présent et sont réputé comme "facile a vivre" (je met des guillemets parce que j'ai l'impression de parler d'animaux de compagnie...) par contre je ne sais pas trop replacer historiquement leur venue en France. Au pif je verai ça durant la période de la décolonisation de l'indochine, mais c'est très vague.

    Z'auriez pas plus d'info m'sieur dame ?

    Autrement concernant leur intégration "modele", j'ai quand même une théorie. Qu'est ce qui fait l'intégration ? et bien c'est la capacité d'exister dans une société en ayant tout ce que la dite société requière pour qu'il n'y ait aucune gene a vivre avec les autres. Classons un peu :

    - Un logement individuel (oui vivre chez les cousins c'est pas bien vu par la société). Un propriétaire et évidement mieux vu qu'un locataire.
    - Un travail. C'est encore mieux si on est son propre patron (prestige social) et qu'on est maitre de son outil de travail / production.
    - la maitrise de la langue. Même s'il est parfois ponctué d'une pointe d'accent (ça donne du charme) la maitrise de la langue permet aux étranger de ne pas passé pour des débiles quand il ne savent pas traduire un mot usuel.
    - Une famille. Attention, là le sens famille c'est pas papa maman et les enfants, non c'est aussi des anciens, des oncles etc... bref des racines.

    Et bien la plupart du temps les asiatiques qui arrivent en France sont aidé par leur communauté qui à eut l'intelligence de rester très soudé. Ceux qui habitent Paris et sa région connaissent sans doute les fameux Frères Tang ? ces entrepreneurs chinois sont connu pour être les piliers de la communauté asiatique, par l'aide économique qu'ils apportent (et sans doute d'autre façon, mais ça serait pure spéculation de ma part).

    Cette intégration communautaire visiblement réussi fait quand même peur, justement par sa réussite irréprochable. Nombre de commerçant se plaignent de voir toute les boutiques du quartier être rachetées par des asiatiques. C'est donc un racisme qui vise l'autre pôle de l'echelle sociale "ces salauds de chinois qui s'enrichissent sur le dos des francais".

    Au moins ça prouve que l'immigré peut être autre chose qu'un pauvre... (bon par contre désolé ça reste toujours un salaud pour le moment).

  19. Flashou : Les critères d'intégration que tu proposes n'ont néanmoins jamais empêché les pogroms : ils ne doivent donc pas suffire.

  20. GM : tout à fait, mon propos était surtout de dire que même si des critères objectifs étaient fixés (et atteint), la peur de l'inconnu poussera toujours des gens à avoir des idées xénophobes (ce terme n'est pas plus approprié que raciste a votre avis ?)

  21. "...il y a un espace pour adapter certaines pratiques sans que ça constitue un effondrement intérieur", Max:

    C'est précisément ce que je dis. Sauf que TU prétends que c'est au pays d'accueil d'en juger. Et que moi je pense que seul le migrant sait ce qu'il doit absolument garder pour ne pas s'automutiler, ce qu'il doit adopter pour ne pas blesser l'accueillant (et là, l'accueillant peut avoir son mot à dire, genre "ne fais pas ça chez moi"), et ce qu'il souhaite adopter parce que ça lui convient ou pour d'autres raisons.

    Pour en revenir au Vietnam, par exemple, je n'ai jamais senti cette pression normative, mais j'ai très vite compris que je ne devais pas perdre mon sang froid ni hausser le ton, parce que ça révoltait et paniquait mes interlocuteurs, et me faisait très mal juger.

  22. Flashou:

    Cette intégration est déjà en marche. Il suffit de voir, dans chaque famille "franco-française" le nombre de couples mixtes dans la génération des 25/35 ans.

    J'ai moi-même une petite fille dont l'autre grand mère se trouve en Algérie. Un détail, cette dame n'a pas encore, un an après sa naissance, pu voir le bébé autrement qu'en photo, ma fille et son mari n'ont ni assez de ressources, ni un logement assez grand pour l'inviter. Nous allons le faire nous même, mais rien qu'à voir le dossier à remplir, les papiers à fournir et les gages à donner le cafard nous prend!

    Idem pour nos amis vietnamiens qui nous ont accueillis si chaleureusement et à qui nous ne pouvons pas rendre facilement la pareille.

  23. CTJ: je t'en prie, appelle moi antoine!Pour ce qui est du reste, ça me semble confus.

  24. oups:appele

  25. eh oui, je suis entouré de comiques:)

  26. non, c'est pas vrai

  27. comique et puéril, désolé.

  28. max tu t'es donc mis aux drogues.

  29. A sujet de cette fameuse intégration et de ce fameux communautarisme qui se développerait et menacerait jusqu'au ciment de notre nation..

    J'aimerais bien que max m'explique concrètement :

    D'une part sur l'intégration, ce qu'elle représente concrètement, quelle pratiques doit abandonner l'immigré : cuisine, vêtement, langue, religion....

    Et d'autre prt sur la communautarisme : on en parle beaucoup mais une fois de plus qu'est-ce qui le caractérise concrètement, quelles en sont ses pratiques sociales, amicales, familiales...

    Parce au moins on saura de quoi on cause vraiment.

    Sinon, perso je ne vois pas ce qu'on peut demander de plus à un habitant d'un pays que d'en respecter les lois.

  30. Les asiatiques ont trouvés un moyen de se regrouper dans les villes, là où la plupart des autres communautés immigrées restent exclues en banlieue, c'est ce qui fait à mon avis toute la différence.
    Le problème n'a jamais été la culture du pays d'origine, le problème c'est bien la culture des cités française...

  31. non j'chuis pas schizophrène, en dépit des apparences!

  32. Resh, peut-être mais quelle est la différence en terme d'intégration/communautarisme entre les asiats et les autres ? Sont-ils mieux intégrès, moins communautaristes comme tu sembles le dire ou juste moins stigmatisés ?

  33. Oui ils sont moins stigmatisés pour beaucoup d'autres raisons. Dans l'esprit des gens, ils sont moins associés à la colonisation, mais surtout moins associés à la banlieue, au chômage et à la délinquance, la différence principale est là.

    C'est plus facile pour eux parce que ca a été une vague d'immigration plus diffuse, tardive, et de moins grande ampleur.
    A Paris par exemples les premiers immigrés asiatiques vers 1975, ont pu s'installer dans les nouvelles tours du 13e arrondissement, les immigrés africains arrivés plus tôt eux ont étés parqués dans les grands ensembles.
    Donc d'emblée, d'un point de vue géographiques, les asiatiques étaient déjà intégrés, et je pense que ca joue beaucoup.

    Mais je n'ai pas dis pour autant qu'ils étaient moins communautaristes, au contraire ils s'entraident beaucoup, je pense aux frères Tang à Paris, à tout les commerçants de Montgallet et du 13e qui créent des emplois pour leur famille, dans un sens plus ou moins large.
    Mais c'est ca aussi qui explique que le français de base les regarde moins de travers, ils sont catalogués comme des travailleurs parisiens, pas comme des délinquants de banlieue.

  34. Donc (resh) si je comprend bien ce que tu écris les asiatiques vivent dans le 13 ème AR de paris ( tour/paradis ?) et les africains sont "parqué" en banlieu (tour/enfer ?) ???
    Et ceux qui vivent dans le 18 AR [ (Blancs/Arabes/Noirs(antillais/africains)/asiatiques/turcs/indo-pakistais...) ] ils sont intégrés ???

  35. Bien mieux intégrés que ceux de banlieue oui

  36. Du moins des grands ensembles, là où le taux de chômage et de délinquance n'a rien à voir avec le 18e

  37. Resh ta vision de la société est étrange, tu mets les gens dans des cases selon des critères géo, tout en affirmant que les préjugés post-coloniaux conditionnent la perception que les "français" ont des immigrés, mais pas tous les immigrés, juste ceux de banlieu cela-même qui ne sont pas intégrés d'office par le fait de ne pas vivre à paris etc...
    Si on élargit cette "vision" de la société je crois que ça débouche sur l'idée d'un de nos cher etre-suprême quant-il affirmait qu'a perpignan la banlieu était au centre ville (st jaques/ st martin) .
    PS: Tu peus pointer du doigt ma syntaxe si tu le souhaites .

  38. (En passant : je suis pour qu'on enlève le préfixe du terme "post-colonial" : la France a bel et bien toujours des colonies, euphémiquement nommées "DOM-TOM", et les traite aussi en tant que telles.)

  39. Même si il y a aussi du racisme, le préjugé principal reste sur "les jeunes de banlieue", et les deux s'auto-alimentent.

  40. Resh > Les communautés asiatiques sont montré du doigt JUSTEMENT parce qu'elle fonctionne en autoracie. Les gens s'en plaignent mais sur un autre registre ("ils rachetent paris" "ils font venir des clandestins avec les papiers des morts" etc). La différence avec d'autres ethnies, c'est que les asiatiques ont cette culture de l'immigration organisé (que ça soit aux Etats Unis, en France ou ailleurs, c'est le même schéma) et que c'est une force pour eux.

    GM > les colonies sont des territoires étrangers soumis à une puissance occupante. Depuis le temps que ça fonctionne ainsi, je ne pense pas qu'il y'ait de problème identitaire dans les DOM TOM : que ce soit Guadeloupe ou en Martinique, il n'existe pas de mouvements indépendantistes ? Même si je suis d'accord sur le fait que ces départements sont traité de façon "particulière" (pour rester objectif vu que je ne connais pas assez le sujet) j'aurai plutôt tendance a voir ça comme des ex colonies qu'on a fini par intégrer. Bien ou mal, ça c'est un autre débat, mais l'intégration est faite et je pense donc que le terme post colonial, en tout cas pour les dom tom, n'est pas galvaudé.

  41. Mais je n'ai jamais renié le fait qu'ils soient communautaristes et montrés du doigt par certains.
    Seulement dans l'esprit des gens, ils ne sont pas assimilés aux "jeunes de banlieue", donc ils ne font pas peur, donc ils ne sont pas rejetés donc ils s'intègrent donc ils ne font pas peur...

    Même schéma pour les plombiers polonais, d'autant plus facile que leur origine n'est pas marquée sur leur visage. Pour des arguments économiques (avec souvent un bon fond raciste), certains grognent, mais au fond ils s'en foutent, vu qu'en fait c'est juste les auvergnats qu'ils veulent renvoyer dans leur pays.

  42. Flashou : "les colonies sont des territoires étrangers soumis à une puissance occupante" Et, surtout, exploités économiquement par un pouvoir étranger, exacerbant la lutte des classes. Ce qui correspond tout à fait à la situation des DOM-TOM.

    Quant à l'"intégration", je ne vois pas comment la définir, vu qu'elle ne peut pas se faire librement en présence d'un tel rapport de force défavorable aux autochthones. Du reste, le fait qu'on déclare "intégrée" une colonie ne change rien au fait qu'elle soit une colonie... surtout si en plus il y a des facteurs racistes qui s'en mêlent (une différence de couleur de peau : en tante que FrançaisE noirE, p.ex., tu es toujours noirE avant d'être FrançaisE).

    Bref, pour moi on pourra parler de "post-colonial" quand la France aura libéré tous ces territoires. (et aussi retiré ses billes de la "Françafrique", qui n'est indépendante qu'en théorie)

  43. "Les jeunes de banlieue" c'est un cliché ! Une sorte de cache-sex parisianiste (idéologie) qui compense une angoisse paranoïde de voir débarquer les barbares (ceux, tout-ceux qui on un grand couteau entre les dents) !
    Le plus étonnant dans le cheminement de cette idée c'est que même les gens qui prétendre la combattre alimentent sa construction et sa diffusion et tu n'y échappes pas Resh !
    GM : De nos jours, tu crois qu'il y a grand-chose a exploiter aux antilles ?

  44. su4axw : Manifestement oui, vu les mouvements sociaux récents.

  45. Et pourquoi crois tu que je met des guillemets à "jeunes de banlieue" ?
    Je parle du cliché/concept sur lequel se base les préjugés

  46. Dit donc GM tu ne serais pas en phase avec l'idée imposée a coup de marteau "informatifs" selon la quelle une des communauté (tout aussi autochtone ) serait la cause de tout les problèmes à commencé par le niveau des prix ? Sans sous-estimation de ma part de leur responsabilités historiques .
    Resh : OK tu conçois le caractère conceptuel du "jeune de banlieue" mais il me semble que tu en attribus la construction aux "français" ? Est-ce le cas ?
    Quant j'ai écris sur perpignan à-propos du centre ville/banlieue, je voulais pointer du doigt l'impossibilité caractérisé qu'a notre élite de constater, "sans tabou et sans complexe", que le mini-conflit qui c'est joué à st jaques était ethnique . Les ritournelles qu'ils utilisent pour les travestir en conflit sociaux quasi-exclusif sont du domaine du *caché ce sein que... paradoxalement si la recette/acteurs de ce conflit "social" avait-eu une autre composition nul-doutes que la ritournelle stéréotypée aurait prit un tout-autre sens...

  47. ...les tabous et les complexes sont l'alfa/oméga des préjugés et des stéréotypes, je ne crois pas que l'hostilité soit issue directement des préjugés et des stéréotypes !

  48. su4wx : Trop gros le troll, marchera pas avec moi.

  49. Suffisance ou lacheté GM ?
    Mépris ou insolence GM ?
    Préjugé ou stéréotype GM ?
    PS : J'ai toujours aimé etre un trolllll !

  50. su4axw : Je t'ai dit te fatigue pas, marchera pas.

  51. su4axw > "Si la recette/acteurs de ce conflit “social” avait-eu une autre composition nul-doutes que la ritournelle stéréotypée aurait prit un tout-autre sens…"

    Euh... est ce que c'est pas un tout petit peu logique ? tu changes de référenciel donc tu changes très probablement le résultat.

    Quant à l'Alpha et l'Omega, avant même les tabous et les préjugés, c'est surtout solidement basé sur notre ignorance.

    C'est d'ailleurs tout à fait typique des humains de frémir devant l'inconnu : lorsqu'on ne sait pas à quoi on à a faire, on complète soit même.

    Certes vous me direz "Ouais mais on peut imaginer des trucs positifs !" sauf que l'Evolution à toujours punit d'une façon radicale le type qui n'était pas sceptique : entre le Cro-magnon qui essayait de faire copain copain avec le tigre a dent de sabre, et celui qui préférait le zigouiller avec une lance a pointe de silex, qui à survécu pour devenir notre ancêtre (et accessoirement nous léguer cette culture de la méfiance ?)

    On a encore pas mal de chemin a faire...

  52. flashou c'est à la fois drôle et logique (cro-magnon VS tigre a dents de sabre) mais pour moi le sujet était plutot de dénoncer une racialisation différencié, qui prétend dénoncer le racisme lié aux différences.
    C'est pour cela que j'ai mis des guillemets à français. (notamment)

  53. "La juridiction administrative a également été amenée à prendre en compte le fait religieux en matière de nationalité. Il a ainsi été jugé, à propos d’une demande de naturalisation d’une ressortissante étrangère demeurant en France, que si la requérante possédait une bonne maîtrise de la langue française, elle avait cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et notamment avec le principe d’égalité des sexes. Le Conseil d’État en a déduit que l’intéressée ne remplissait pas la condition d’assimilation posée par l’article 21-4 du code civil et que le gouvernement avait pu légalement s’opposer pour ce motif à ce qu’elle acquière la nationalité française (CE, 27 juin 2008, Mme M., n° 286798).Voilà ce que peut-être, selon la justice française, des impératifs pour l'intégration en réponse aux interrogations de maxine

  54. il semble que la "pratique radicale...incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française" soit en l'espèce d'ordre vestimentaire.

  55. su4 axw > "une racialisation différencié, qui prétend dénoncer le racisme lié aux différences"

    Très sincèrement je ne pige pas un kopec a ce que tu veux dire.

    Racialisation différencié > si tu ne fais pas de difference, ta racialisation concerne quoi alors ?

    Racisme lié aux différences > Là c'est pareil, le racisme c'est la différence entre l'autre et toi / ton groupe ethnique. C'est pas un peu une Lapalissade ?

    Donc soit tu lances des termes un peu à la va vite, soit il y'a une partie de ton propos qui m'échappe (et dans ce cas là désolé de te relancer)

  56. [...] un billet précédent, je vous ai parlé des idées reçues au sujet des immigrés au 19eme siècle. Toutes les classes sociales pauvres étaient en fait considérées comme suspectes et sujettes à [...]

  57. Juste pour info, il y a une chanson de La Talvera en particulier qui évoque cela ("Vèni, Vèni"... dans l'album Pampaligòssa). Bon, elle est en Occitan, mais la transcription en français courant est trouvable.

  58. [...] comme un voleur, à l’hygiène douteuse, et aux moeurs barbares.  Ceci ? Un fantasme. Cela ? Des [...]

  59. LES SCÉNARIOS POSSIBLES

    Voici trois scénarios qui risquent d'être l'aboutissement de la situation actuelle ; le scénario américain, le scénario républicain et le scénario catastrophe :

    1°) Le pourrissement de la situation, une guerre civile rampante avec partitions territoriales et création de pouvoirs politiques islamiques de plus en plus forts. C'est l'hypothèse du recul civilisationnel global, celle au fond de la colonisation réussie de l'Europe.
    Nous retournons à une sorte de nouveau Moyen-Age. Une mosaïque territoriale s'instaure, une “peau de léopard”. L'Europe s'effondre comme civilisation et devient une sorte de kaléidoscope ethnique, avec une Union européenne sans pouvoir et des tireurs de ficelles américains et islamiques. Cosmopolis s'endort dans une douce lumière. La société se communautarise, se ghettoise, devient multiconfessionnelle, multiraciale, multiculturelle et parvient à gérer ses tensions, à absorber une criminalité endémique. C'est le scénario américain. Et finalement, malgré des tensions, tout se passe à peu près bien.
    Mais attention : la société américaine est une société policière dans laquelle le nombre de prisonniers est proportionnellement presque dix fois plus élevé qu'en France, où règne de fait l'apartheid racial, où le système pénal est très dur. Or une société multiraciale, pour subsister, est toujours fondée sur une répression pénale forte. La culture américaine, pionnière et pragmatique, sans états d'âmes idéologiques, y est parfaitement préparée. Est-ce le cas ici ? D'autre part, ce qu'on oublie toujours, surtout en France où les intellectuels sont brouillés avec la géographie, c'est un pays-continent, aux distances énormes. Dans la ville où j'habitais - exclusivement blanche - les communautés d'autres ethnies étaient distantes de 500 km, sans aucune liaison de transport collectif. Imaginons que le centre de Lyon soit distant de 500 km des cités de Villeurbanne... Eh bien, c'est ce qui se passe. Une politique communautariste y est possible sans frictions. Un habitant de Palm Springs a à peu près autant de chance de rencontrer un Noir qu'un Nantais de croiser un Tchétchène dans la rue. La solution américaine est-elle vraiment exportable à la France et à l'Europe ?

    2°) Le melting-pot fonctionne. La société se métisse, les tensions ethniques s'apaisent, les jeunes issus de l'immigration se calment, la démographie immigrée se résorbe, un islam à l'européenne, tolérant et libéral, se fond dans les institutions laïques. C'est le scénario républicain, la position officielle actuelle de l'État, qui tente de concilier assimilation et communautarisme. Cette solution relève de la croyance aux miracles. Pourquoi un modèle qui fonctionne de moins en moins bien se mettrait-il miraculeusement à donner de bons résultats ? Ce modèle repose aussi sur une méconnaissance profonde de la nature de l'islam et sur la croyance qu'un jour, une société multiraciale harmonieuse sera possible. Qu'on en cite un seul exemple historique.

    3°) Ça se passe très mal. Une guerre civile dure dégénère. Tout bascule. L'avenir est ouvert. La brèche dans le barrage laisse enfin passer les eaux furieuses. C'est le scénario-catastrophe, autrement dit le scénario historique, le seul intéressant parce que le seul tragique et le seul capable de susciter une reconquête et une renaissance.
    Une solution ne pourra être trouvée qu'après de très graves affrontements ; et que si, pour parler clairement, une guerre ethnique déstabilise la France (et éventuellement plusieurs pays européens) au point de rendre la situation insupportable.
    J'ai toujours pratiqué les mathématiques. Pour résoudre une équation insoluble, il faut y introduire un élément X à la puissance. Les mathématiques sont assez proches des sciences sociales et de la politique, sauf qu'elles excluent l'élément affectif comme négatron perturbateur (- X). Bref, une catastrophe est toujours positive parce qu'elle permet d'éliminer le sous-ensemble perturbateur. En histoire comme en mathématiques, l'élément affectif doit être considéré comme négligeable.

    LE SCÉNARIO DE LA RECONQUISTA

    Helmut Kohl avait tracé une ligne utopique dans ses dix points pour l'unité allemande en 1989. Ça s'est réalisé. Les utopies ne sont pas des fantasmes. Elles restent dans les têtes.

    1°) Mesures conformes au droit constitutionnel actuel, à la Charte de l'ONU et à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.
    Certaines de ces mesures, touchant notamment la préférence nationale et européenne, avaient été instituées par la municipalité de Vitrolles. Elles avaient été invalidées par la Préfecture (et donc par l'État) pour des raisons strictement idéologiques et au mépris du droit public. Notamment la prime de 5000 F à la naissance d'un enfant de nationalité européenne.

    Les dispositions suivantes seraient en accord juridique total avec le droit international public, donc insusceptibles de recours devant aucun tribunal.
    * Suppression du droit du sol au profit du droit du sang renforcé. La nationalité ne peut s'acquérir que si le père et la mère sont des nationaux. Exception faite des enfants de ressortissants d'autres pays de l'Union européenne.
    * Aucun permis de travail ne peut être octroyé à quiconque n'est pas citoyen d'un pays de l’UE, exception faite - avec quotas - de cadres d'entreprises extra-européennes. Aucune entreprise ne peut employer un étranger.
    * Les étrangers extra-européens légalement installés non seulement ne peuvent pas travailler, mais ne bénéficient d'aucune prestation sociale ou médicale. Ce qui ne concerne évidemment pas les ressortissants de l’UE.
    * Le permis de séjour est limité à un an, non renouvelable automatiquement.
    * La moindre condamnation entraîne l'expulsion immédiate et une interdiction de séjour définitive. Notamment les condamnations.
    * Tout étranger clandestin est immédiatement expulsé, comme tout étranger ayant fait l'objet d'une condamnation pénale, au terme de sa peine. Le délai de détention administrative avant expulsion est illimité et la décision d'expulsion est administrative et insusceptible de recours.
    * Suppression de tous les privilèges publics actuels (logements, allocations, emplois, aides diverses, subventions) fondés sur des critères ethniques ou de nationalité.
    * Restriction drastique de l'attribution de visas de séjour aux pays afro-asiatiques, exception faite du Japon, de Taïwan et de la Corée du Sud.
    Ces mesures provoqueraient évidemment un arrêt immédiat du flux migratoire puisque la pompe aspirante ne fonctionnerait plus. Elles permettraient de réduire d'environ un tiers le nombre d'allogènes présents en France. Mais elles seraient évidemment insuffisantes puisque la majorité des allogènes sont maintenant de nationalité française.

    2°) Mesures en infraction avec le droit international et la Déclaration universelle des droits de l'homme.
    Quand passe l'histoire, les cadres juridiques s'effondrent. Car le droit n'est pas une divinité qui surplombe les événements humains, mais le produit même des événements humains et des rapports de force qu'ils engendrent. A la formule barbare “la force prime le droit” - qui correspond d'ailleurs à la pratique de l'islam -, préférons celle de Carl Schmitt (que Charles De Gaulle dut partager) : la légitimité prime la légalité.
    La thèse qui sous-tend cet essai, et je m'efforce ici de la répéter avec le moins de passion et le plus de modération possible, est que pour arrêter et inverser l'entreprise de colonisation de l'Europe, les véritables mesures efficaces ne pourront être prises que dans l'urgence, à chaud, le dos au mur, à l'issue d'une crise grave aux termes de laquelle les cadres juridiques et les préjugés moraux perdront brutalement de leur importance.
    Comme le pensait Proud'hon, la guerre est l'accoucheuse de l'histoire. Un peuple envahi a le droit au regard de la légitimité historique de se défendre par tous les moyens. “La fin justifie les moyens” : les islamistes et les communistes ont utilisé ce précepte pour leur expansion. Les Européens en seraient-ils interdits pour leur simple défense ?

    Quelles pourraient donc être les mesures prises par un imaginaire gouvernement révolutionnaire, à l'issue d'une guerre civile ethnique ? On peut imaginer qu'elles seraient les suivantes
    * Abrogation rétroactive de la nationalité pour certaines catégories de la population préalablement définies.
    * Politique globale de retour obligatoire et forcé au pays d'origine des personnes concernées, ainsi déchues de leur nationalité d'un pays européen, et recouvrant de plein droit leur nationalité ancestrale, selon un plan quinquennal. Ce plan de retour impératif serait assorti d'aides financières très importantes aux pays concernés. Ces aides à la réinsertion locale ne seraient pas plus élevées que les 4000 milliards de Francs que coûta la réunification allemande ou les 800 milliards que coûte chaque année l'entretien en France des allogènes.
    * Application à l'islam en Europe des mêmes règles que celles que les États musulmans imposent aux cultes exogènes chez eux (voir l'annexe à ce livre). Selon le principe de la réciprocité.
    * Nouvelles législations systématisant la préférence européenne en matières matrimoniales, maritales, testamentaires, sociales, etc. Ce qui implique d'envisager la discrimination négative comme devant succéder à la discrimination positive actuellement pratiquée à l'égard des envahisseurs.
    * * *
    On peut - vous pouvez - imaginer d'autres mesures du même type, j'allais dire du troisième type... Elles correspondent en fait, à l'échelle de l'Europe, à ce que les pays arabo-musulmans pratiquent dès aujourd'hui sans que la “communauté internationale” et les savants gardiens du droit international et des droits de l'homme n'y trouvent rien à redire. Deux poids, deux mesures.
    Nous devrons imiter l'islam pour nous en tirer, et enfreindre les propres lois que nous avons édictées. On a souvent des leçons à prendre chez son ennemi, notamment des leçons d'audace.
    Les scénarios ci-dessus proposés transforment évidemment l'actuelle notion moderne de nationalité, totalement inadaptée à notre époque archéofuturiste. Étant donné que cette notion de “nationalité” ne correspond plus à l'idée (à la fois nouvelle et ancestrale, disons “resurgissante”) d'homogénéité ethnique, mais se fonde sur les anciennes catégories du droit “moderne” abstrait et universaliste, elle devra être bouleversée de fond en combe. Il conviendra d'innover et d'asseoir le concept de nationalité comme celui de droit public européen sur des critères ethno-culturels rigoureux et non plus sur les vieux critères du contrat social universaliste et individualiste désincarné, qui néglige les dimensions biologiques, religieuses et culturelles de notre espèce.
    Tout cela s'accorde à la fois aux défis du présent et du futur, mais répond aussi aux plus anciennes traditions juridiques européennes, helléniques, archéo-romaines ou germaniques. Ce serait la renaissance d'un authentique humanisme européen fondé, comme les conceptions actuelles des Arabes, des Chinois, des Indiens, etc., sur le double impératif d'homogénéité ethnique et de droit territorial exclusif et discriminant (voir à cet égard l'intéressante catégorie de “Terre d'Islam”, qui pourra trouver son pendant réciproque dans la notion de “Terre européenne exclusive”).
    Bien entendu, ces propos ne sont que des pistes. Je peux tromper et tout peut se passer autrement, les esquisses que je propose se révéler impossibles. Je crois en tout cas que la mondialisation (conséquence d'une planète pleine) appelle en retour l'isolationnisme ethnique. Les deux sont paradoxalement conciliables.
    Je crois aussi que l'Europe, entendue en terme dernier comme Eurosibérie, ne pourra développer ces principes incorrects - plus exactement intempestifs au sens nietzschéen -, principes de libération et de reconquista, qu'au final d'une épreuve très grave. Appelons-la de nos voeux. Elle seule pourra réveiller la jeunesse et mettre l'imagination au pouvoir.
    Les rêves sont comme des virus et les idées préparent les armes. Le cauchemar des uns est l'idéal des autres. Faisons confiance à l'histoire, à ses voies impénétrables, ses méandres trop lents, et ses surprises brutales. Faisons confiance aussi à la Providence - le fatum romain, la moira grecque qui ceint du laurier des vainqueurs celui qui espère que l'inimaginable est possible. Levez-vous, orages désirés !
    (…)
    Guillaume Faye - http://www.uomo-libero.com/index.php?url=%2Farticolo.php%3Fid%3D312&hash

  60. Tu as très sérieusement linké un texte de Guillaume Faye ici.
    Explique moi.
    Tu n'as rien compris à mon texte ?
    Tu t'es dit "soyons politiquement incorrect sur ce blog de gauchos" ?
    Tu as eu une diarrhée soudaine qui t'a conduit à prendre mon blog pour des chiottes ?
    va vite retrouver tes copains identitaires, va.

  61. [...] assez drôle puisque les mêmes souhaiteraient en faire des « tabula rasa ». On l’a toujours fait ; soit c’était quasi physiologique, soit culturel. Et maintenant cela serait religieux (si [...]

  62. et pendant ce temps-là, ma famille française subissait à Bruxelles le racisme des "Belges de souche", pour qui les Français étaient sales et responsables de tous les maux de la

  63. suite : ...de la Belgique, dont la seconde guerre mondiale (désolée, le submit est parti je ne sais comment)

  64. Il serait aussi intéressant d'étudier la faculté d'intégration de toutes ces nationalités. Certaine s’intègre aussitôt alors que d'autres après plusieurs générations .......

  65. @Paprika | 10/05/12 | 9 h 33 min
    "Il serait aussi intéressant d’étudier la faculté d’intégration de toutes ces nationalités. Certaine s’intègre aussitôt alors que d’autres après plusieurs générations …….
    "

    Vieux discours classique qui consiste à dire : "bon ok, j'admets, de loin qu'ils sont humains et qu'on peut pas bouffer leurs enfants. Ok ok, j'admets qu'on a toujours haïs les autres groupes de connard dont j'aurais aimé baiser les femelles et que c'est une énième répétition, ok ok j'admets, vous avez des faits. mais... est ce que les nouveaux sont pas pire que les vieux tout moches ? hmm ? hmm ? allez, ceux là on se les faits ? "

    j'aime beaucoup vos "......" , la prochaine fois, mettez les mots qui brulent votre langue. allez, ça commence par Bou.. bou... ?

    La réalité : c'est que les gens s'intègrent au rythme que la société et l'économie leur permet (devenir classe moyenne). Et y a pas grande différence entre maintenant et hier. C'est de la banalité. Une banalité coupable de souffrance.

    -
    Personnellement, je descends de belges et corses (qui furent non français y a longtemps) depuis 150 ans. et bien je ne suis toujours pas intégré. Par exemple : votre "question" pleine de mauvaise foi me débecte. j'ai comme une envie de pas être intégré à coté de vous là.

    Quand on me place dans un groupe de religieux, jsuis pas intégré, je fais tâche. En plein milieu d'un rassemblement FN, j'suis une anomalie, un furoncle, je grogne, je me gratte, c'est un vrai scandale. Pas intégré quoi.

    Méfiez vous du zimmigré qui dort sous le français moyen, ptet qu'il est pas intégré à VOS valeurs.

  66. paprika : en fait tu n'as pas lu mon texte. je te prouve par a + b que justement personne ne s'est intégré immédiatement, qu'on a reproché à TOUS les immigrés (et encore je n'ai traité que des immigrés étrangers pas entre régions) de ne pas s'intégrer et tu déboules pour nous expliquer que les arabes et les africains (faut un minimum assumer sa pensée pourrie et surtout bête) ne s'assimilent pas.

    enfin la consolation c'est que dans 20 ans tu diras "putains d'afghans, incapables de s'intégrer alors que les arabes eux.."

  67. [...] cyclical pattern for centuries. Valérie, on her blog 'Crêpe Georgette', recounted the chronology of perceptions on immigration in France [fr] from the first half of the 19th century until today: S’il est une idée en vogue, c’est [...]

  68. [...] cyclical pattern for centuries. Valérie, on her blog 'Crêpe Georgette', recounted the chronology of perceptions on immigration in France [fr] from the first half of the 19th century until today: S’il est une idée en vogue, c’est [...]

  69. [...] bloğu ‘Crêpe Georgette'te, 19. Yüzyıl'ın ilk yarısından bugüne kadar Fransa'da göçmenlik algısının tarihçesinden [fr] sözediyor: S’il est une idée en vogue, c’est bien de penser que les anciennes vagues [...]

  70. [...] на развитието му. В блога си “Crêpe Georgette”, Валери описва хронологично начина, по който имиграцията е била [...]

  71. @ Flashou,
    La xénophobie n'est pas la peur de l'inconnu, mais se sentir supérieur à ces "gens là".

  72. A la lecture de cet article, je me retrouve à penser que ça n'avance pas à grand chose en fait : ceux qui ont quelque chose à reprocher à l'immigration s'en retrouveront confortés ("ha, vous voyez que l'immigration ça n'apporte que des emmerdes") ; quant aux autres, ils resteront convaincus que la vague actuelle n'est pas plus dangereuse que les précédentes et qu'il faut juste laisser le temps au temps.

    Cela dit c'est toujours délicat de comparer des mouvements de population à des époques différentes, où les raisons qui ont poussées à l'immigration sont différentes, où la culture des populations est différente, la géo-politique est différente, etc.

    • on est bien d'accord que la comparaison est délicate. j'ai écrit ce texte pour une raison ; beaucoup de gens disent "les espagnols, italiens ne posaient aucun souci". on me l'a encore sorti hier.
      donc même si méthologiquement mon texte tient moyen la route, je me dis (avec naiveté ;) ) que certains vont peut-être réfléchir un peu.

      • J'avoue que j'ai du mal à comprendre comment on peut encore sortir que "les immigrés d'avant ne posaient pas problème". C'est pas comme si il y avait encore des blagues sur les portugais ou les polonais qui témoignent bien de l'amour qu'on devait leur porter...

        Comme ceux qui glorifient actuellement l'intégration des Chinois, alors qu'il y a quelques années "tout le monde" flippait à propos des commerces qu'ils rachetaient. D'ailleurs pas plus tard qu'hier je lisais un truc sur la "Kebabisation" de la France qui témoignait de l'inquiétude à propos de la fermeture des petits commerces "traditionnels", remplacés par des Kebab (qui puent le graillon, qui attirent des gens louches et bruyants etc.)

        • je le lis extrêmement souvent "et ils se sont super bien intégrés, et leur religion a pas posé de soucis et bla bla bla". (et puis les blagues sont vues comme.. des blagues...)
          et il ne viendrait à l'idée de personne de penser que les bretons, les auvergnats ont eux aussi souffert de préjugés atroces.

  73. [...] Ca s’en va et ca revient [...]

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