Le juif, un humain ?
14 mai 2009 par valerie | Classé dans Crêpage de chignon.Après avoir abordé les idées reçues sur les noirs, les homosexuels, nous allons parler d’une autre catégorie d’êtres, les juifs.
1. Le juif, un gaffeur impénitent
(source l’historien Mel Gibson). An 33 ou à peu près. Le juif, niais comme pas un, décide de dénoncer un gars (comme quoi la roue tourne) et de le faire crucifier. Manque de pot, c’est dieu. Ou son fils.
Imaginez. Il y avait à peu près 500 personnes à dénoncer, des putes à faire transformer en sel, des sodomites à faire bruler et voilà qu’ils choisissent Jésus. Ne nous étonnons donc pas trop de la suite. (ils ont toujours pas demandé pardon hein. Et je dis ca, je dis rien).
NB ; il semble que le premier à avoir parlé des juifs, comme peuple déicide est Jean-Chrysostome dont j’avais déjà parlé ici ; un type à rapidement intégrer dans le Lagarde et Michard donc.
2. Le juif, inventeur du communisme.
Dans sa vie, le juif n’a qu’une ambition ; gouverner le monde. Dans ces cas là, il se réunit entre juifs dans des caves, boit du sang d’enfants (oui il est cannibale comme le noir) et invente des trucs ; Comme le marxisme. Je lisais il y a peu le chouette livre d’un sympathique académicien français vers 1933. Un homme de bon sens d’ailleurs. Clairvoyant comme pas un, il nous expliquait que certes Hitler était antisémite mais qu’à partir du moment où c’était pour lutter contre le marxisme, invention juive pour gouverner le monde, et ben on pouvait que comprendre. Opinons.
3. Le juif, inventeur du capitalisme
Le juif n’est pas très malin donc sa tentative de gouverner le monde par le marxisme rata c’est là en général que je pleure, je faisais partie du complot). Il inventa donc le capitalisme pour s’en mettre plein les poches. Jusqu’à présent, ca n’a pas trop mal marché. Il inventa aussi les illuminati, la franc-maçonnerie et le foie de veau. (oui et le sida, la grippe porcine en colloboration avec les musulmans et les végétariens).
NB : Il est assez étonnant de constater que certains opposants à des idéologies contraires utilisent les mêmes arguments, les mêmes procédés. L’idée centrale est selon moi que les juifs veulent dominer le monde – c’est ce qui revient dans tous les textes antisémites – il est donc confortable de leur coller sur le dos à peu près tout ce qu’on peut imaginer afin de « justifier » ces théories.
4. Comment reconnaitre un juif.
Le juif a un nez crochu. Pour mieux sentir l’argent disent certains (voir point 5).
Sinon un obscur politique a déclaré vers 1930 « les juifs c’est comme les femmes ». Cette intéressant et pertinente observation aurait quand même du nous mettre la puce à l’oreille. Quand on sait ce qu’on sait sur les femmes, il était tout de même logique de comprendre ce qu’est le juif. Et c’est pas joli.
5. Le juif est riche
Révisons ainsi nos sophismes.
Rothschild est riche
Rothschild est juif.
Tous les juifs sont riches.
Comme le dit un humoriste que j’aime pas trop mais qui a quelques trouvailles « j’aime mieux fréquenter les antisémites ; avec eux, au moins je gouverne le monde et suis milliardaire ».
NB ; il semble que cette idée-là vient toujours de l’idée du peuple déicide et de Judas qui aurait vendu Jésus pour de l’argent.
6. Le juif, un peu comme le noir en pas pareil mais pas en mieux.
le noir c’est un peu comme une bête de somme ; gentil, utile mais pas bien malin quoi.
Le juif est super intelligent, un peu trop *. Il s’infiltre dans nos sociétés, tu ne le vois pas venir (il a poussé le vice à nous ressembler) et à peine le temps de te retourner qu’il t’a déjà volé ton commerce de gaines.
* Notez que ca s’oppose à l’idée reçue 3, c’est la joie des idées reçues, dire tout et son contraire.
7. Le juif, un mythomane de première.
Certains s’inventent une carrière comme par exemple croire qu’avoir fait une école de commerce te rend cultivé. Les juifs s’inventent des morts. Avec ses faux morts, le juif peut se faire plaindre et avoir plein d’avantages comme la carte vermeil, des tickets restau et la mutuelle. D’ailleurs quand y’a mort, y’a cadavre (j’ai vu les experts). Si y’a pas cadavre y’a pas mort. Point barre.
8. Le juif fait des vêtements.
Comme le juif ne trouvait pas de vêtements dignes d’envelopper son corps cacochyme et souffreteux, il s’est lancé dans la confection. Après, les chinois encore plus sournois et avides d’argent que lui, lui ont piqué le marché.
9. Le juif est haineux.
Prenons un gars somme toute sympathique qui se pose des questions tout de même légitimes sur la gestion des douches à Auschwitz. Après tout c’est une opinion et toutes les opinions sont respectables et pi la liberté d’expression merdalors.
Et ben en général le juif l’aime pas ; ca témoigne quand même d’un esprit vicieux (le juif est vicieux).
Et surtout le juif est juif. Et ca je suis pas sûre que ca soit pardonnable.



NB (plus je relis, plus je me dis que ce genre d’exercice est périlleux ; entre la provoc pour provoc et la provoc pour dénonciation, ya une frontière trop mince).
Oui c’est périlleux.
DOnc je ne laisserai aucun commentaire.
Bien sûr que cet exercice est (rendu) périlleux. Mais je crois qu’il est utile, voire nécessaire.
Pour moi, le juif riche vient que leur métier « réservé » a été le métier du prêt d’argent interdit aux chrétiens.
Les rois ont organisé bien des expropriations pour renflouer leurs caisses sur leurs dos.
Ce que tu évoques concernant Judas,montre,pour moi, qu’il fallait faire comprendre aux chrétiens que l’on ne pouvait faire confiance aux juifs. Comme dans le Coran, où Mahomet explique qu’on peut se fier à eux car ils ne sont pas venus malgré leurs promesses à son aide.
Et je pense Valérie que tu as raison car ceux qui viennent ici et qui lisent cela peuvent se poser des questions…
Tiens je reviens sur les illuminatis…tu as oublié les rose-croix, skulls and bones…Bildeberg et autres…^^
pascal : « le juif riche vient que leur métier “réservé” a été le métier du prêt d’argent interdit aux chrétiens. »
c’est aussi ce que je pensais au départ (métiers d’usurier etc). Mais pourquoi leur aurait on confié ces métiers là si on n’avait pas pensé qu’ils avaient un gout de l’argent ? et on en revient à Judas etc.
peut être ceci est intéressant : http://www.natmark.qc.ca/gold/livres/attali/index.shtml
notons aussi ceci :
http://www.laviedesidees.fr/Le-juif-profanateur-enquete-sur-l.html
notez l’histoire de la prédelle que je trouve éloquent.
On a d’ailleurs une explication sur cette histoire de juifs buvant du sang humain ; c’est encore et tjs à propos du déicide.
ce qui est, je crois, complètement fascinant dans les idées reçues, c’est la manière dont elles s’ancrent dans l’histoire, se rejustifient de mille manières. leur déconstruction est complexe car elles sont gravées dans l’inconscient collectif et fort anciennes.
Au fait, cet édtieur a une chouette collection de bouquins nommée « idées reçues » : http://lecavalierbleu.com/ . Et il en manque toujours…
Mouais pour le premier lien…
Pour le deuxième c’est intéressant surtout la phrase parlant d’un antijudaïsme lié à la religion à un antisémitisme qui s’apparente plus à de la xénophobie…Puis être antisémite c’est un peu vague…Les populations musulmanes pour une part réclame une ascendance sémite puisque liées à Ismaël, fils d’Abraham…
Le juif est un m’as-tu-vu. Tous des John Wayne de shérif.
Ils font rien qu’à arborer leur grosse étoile jaune pour prendre à eux seuls toutes les places dans les wagons s’en allant vers le pays le plus riche des années trente, et ce afin d’acheter du matériel dernier cri de salle de bain, des douches où il n’y a pas d’eau dans le gaz. Aucune défaillance. Ca leur évite des frais de plombier. Ils n’en reviennent pas.
De ce que j’ai put en lire de ci de là, si les juifs exercaient plutot des métiers de col blanc (medecin, juriste etc) c’est que ce type de profession ne reposaient pas sur une structure lourde (atelier d’artisan) or, les juifs ayant été rejeter et persécuté depuis des siècles, ceux qui s’en sortait étaient ceux qui pouvait « déménager » leur métier.
Cette théorie est quelque peu Darwinienne sur les bords mais ne me semble pas dénué de bon sens.
Autrement pour ce qui est de l’instrumentalisation par les catho de Judas contre le judaisme, ce qui est très très con c’est qu’ils oublient toujours que Jésus était juif aussi à la base.
tu as oublié: souvent le juif est sioniste, le juif est dominateur, le juif est arabophobe,le juif est territorialement impérialiste.le juif fait de la pornographie mémorielle….il tue des petits nenfants palestiniens…Ces idées là(reçues??) ne sont elles pas plus en phase avec la societé actuelle et l’antisémitisme actuel que les vieilles lunes antisémites que tu relates(a raison).
Maitenant tu peux développer.
Au fait, il me semble que ce sont les protestants qui ont inventé le capitalisme.
@max
en lisant un autre max (weber), tu découvriras que les protestants n’ont pas, à proprement parler, inventé le capitalisme. Dans un ouvrage publié en 1905, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, constatant que le capitalisme (occidental) est apparu dans des zones sous influence protestante, démontre l’existence d’une homologie de structure entre une certaine ascèse puritaine du protestantisme et le fondement idéologique nécessaire à l’essor du capitalisme. Cette ascèse, discipline de vie et plus largement, conception du monde (ethos, éthique), constitue en quelque sorte un terreau favorable au développement économique de type capitaliste, notamment en justifiant moralement les activités temporelles comme le travail utile, l’accumulation du capital (le profit apparaissant comme la réussite, voire le signe de l’élection divine).
Weber explique ainsi que l’ascétisme protestant s’est opposé avec efficacité à la jouissance immédiate, spontanée des richesses. Cette ascèse freine la consommation, notamment de luxe. Parallèlement, elle ne dénigre pas l’accumulation, le désir d’acquisition, soulignant comme je le disais plus haut, que le profit apparaît comme directement voulu par Dieu. On voit bien l’homologie entre cette éthique protestante et ce que l’on peut retrouver dans l’esprit capitaliste.
certes johnny, disons que les protestants n’ont pas inventé le capitalisme mais qu’ils ont accompagné son essor.Etant donné que le salut par les oeuvres n’existe pas chez les protestants mais au contraire la prédestination, ils étaient flippés de ne pas avoir de prise sur le fait d’être ou pas élus(puisque c’est prédéterminés)et surtout de ne pas savoir s’ils iraient ou pas au paradis, ils recherchaient donc des preuves de leur élection et la réussite économique était perçue comme un signe de dieu, d’ou l’accumulation et le fait de faire de l’argent pour l’argent(le fondement du capitalisme), ce qui bien entendu s’accordait parfaitement avec l’ascetisme protestant(absence de consommation).
pas de pb, tu as raison de mettre de la rigueur quant elle fait défaut.
il y a une histoire juive que j’affectionne(je rapporte de manière approximative)qui retrace au travers de juifs célèbres l’histoire de l’humanité:
Le 1er Jésus a déclaré »tout est amour »
le 2nd Marx a déclaré »tout est dans le capital »
le 3eme Freud a déclaré »tout est dans le sexe »
le 4eme Einsten a déclaré »tout est relatif »
max : « Au fait, il me semble que ce sont les protestants qui ont inventé le capitalisme. »
et je n’ai pas dit que les juifs ont inventé le capitalisme ! on est dans les idées recues là.
Au sujet de l’antisémitisme en général. Il me semble – nous en avions parlé en com du concert de RAC – que l’erreur majeure a été au 20eme siècle de focaliser sur le nazisme. C’est bien evidemment logique mais ca n’est que la partie immergée de l’iceberg. Hitler n’est pas arrivé un jour en créant ex nihilo une doctrine antisémite. Il s’est nourri de textes écrits, lus, connus au 19eme. L’antisémitisme du 19eme en Europe est puissant et mal connu, je pense ( à part Dreyfuss) car on a surtout fait étudier le nazisme (ce que je comprends hein).
exemples ceci : http://www.histoiredesjuifs.com/articles.php?lng=fr&pg=584
Et rappelons les pogroms en Russie au 19eme et la création du protocole à cette époque.
On peut remonter beaucoup plus loin dans l’histoire, p.ex. : http://judaisme.sdv.fr/histoire/historiq/stval/stval.htm . Suite à ce pogrom, les Juifs étaient interdits de séjour dans la ville de Strasbourg pendant quatre siècles (ce qui explique entre autres pourquoi le judaïsme alsacien est encore très rural).
Je recommande aussi le documentaire « Une autre histoire juive » : http://www.ereprod.fr/2009/01/la-journee-dere-prod-sur-arte.html (2e partie du post)
« Hitler n’est pas arrivé un jour en créant ex nihilo une doctrine antisémite. Il s’est nourri de textes écrits, lus, connus au 19eme. »
A l’évidence, tel le « racisme scientifique » du français Gobineau ou de « La France juive » du député Drumont. Mais la haine antisémite s’est surtout appuyée sur la hiérarchisation raciale inhérente au colonialisme, et la définition de sous-hommes, donc impropres à bénéficier des statut du « citoyen ». Tels les codes de l’indigénat successifs qui ont remplacé le code noir au lendemain de l’abolition de l’esclavage en France.
Ce qu’exprimait parfaitement Césaire dans son Discours sur le colonialisme (1953) :
« […] Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé – et qu’en France on accepte –, une fillette violée – et qu’en France on accepte –, un Malgache supplicié – et qu’en France on accepte –, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et «interrogés», de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour: les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit: «Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera !» Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.
Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’un Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. […] »
L’antisémitisme en France du début du siècle dernier est concomitant et lié à l’antirépublicanisme et l’anti parlementarisme.C’est d’ailleurs la république qui a émancipé les juifs.Par ailleurs, le caractère apatride, avant 1949, et la diaspora ont sans doute participé à la théorie et au fantasme du complot juif pour spolier les pays de résidence.Le juif, avant même la seconde GM et le nazisme, a toujours incarné l’altérité dans les consciences collectives.Mais encore une fois, je pense qu’il serai plus interessant de s’interroger sur les formes modernes de l’antisémitisme.Il y a quand même une liste antisionisme aux élections européennes.
Evitons de confondre systématiquement anti sémitisme et antisionisme.
C’est faux de dire que l’antisémitisme d’il y a un siècle était lié à l’antirépublicanisme, la meilleure preuve en est Drumont, député républicain d’Alger.
pescade ; Juifs et noirs n’ont jamais été vus comme similaires et la haine à leur encontre ne s’exprime pas de la même manière.
le noir c’est la bête de somme, qui a autant de valeur qu’un cheval de trait ou un boeuf. Il n’est pas capable de complots – bien trop bête – quand il s’enerve et se rebelle c’est à la manière d’un animal rétif et qu’on traite comme tel.
Le juif c’est différent. c’est un homme. Vicié, déicide, un sous-homme, mais bien un homme quand même. Lui c’est un parasite, rusé, malin. Il veut notre perte en s’infiltrant partout.
Racisme et antisémitisme ne procèdent pas des mêmes idées ; ce qui ne signifie évidemment pas, au cas ou un imbécile passe par là, que je minore l’un ou l’autre.
césaire parle de nazisme dans la doctrine coloniale. Je pense qu’il se trompe. le colonialisme n’implique pas l’élimination des colonisés – on en besoin quand même ; irais tu tuer ton bétail ? – le nazisme implique, forcément, l’élimination des juifs dont il n’y rien à attendre.
max et johnnyfrenchman ; si je n’ai pas parlé d’israël ou du sionisme, ca n’est pas sans raison.
; je les lis chaque jour (o joli métier que j’ai là).
Pour en lire à longueur de temps, ce genre de discussion finira forcément en « salaud d’antisémite/salaud de sioniste ». Vous allez donc m’epargner et de la modération et un ulcère.
Et de la même façon, je ne souhaite pas que certains personnages soient évoqués ici donc on s’abstient merci.
oui vous pouvez appeler ca de la censure.
max ; les vieilles lunes sont encore récentes
ps ; si l’un de vous ne comprend pas le pkoi de cette censure, il me maile.
non ce n’est pas faux, reprend l’action française et la litterature de charles Maurras, qui ont incarné l’antisémitisme en France, ils étaient antisémites et anti républicains et si tu parles d’Edouard drumont, il était au moins dans un 1er temps royaliste.
L’antisémitisme a sans doute été l’une des choses les mieux partagées en France, indépendamment des camps politiques. C’est ce qu’a révélé l’affaire Dreyfus. Certes les maurrassiens et la plupart des monarchistes étaient antisémites. Mais le très républicain Barrès n’a pas été le moindre des ténors antidreyfusards, et lorsque Drumont publie « La France juive » il est à l’époque l’une des voix majeures du parti républicain (et colonial). Non, le républicanisme ne vaut pas garantie d’immunité à l’égard de l’antisémitisme. L’affaire Dreyfus a divisé tout autant les républicains que les socialistes de l’époque. De même que la résistance à Vichy a été autant le fait des communistes que d’ardents patriotes parfois antisémites.
Pas d’accord avec toi Valérie sur la distinction racisme/antisémitisme. Le second n’est qu’un avatar du premier. Par ailleurs, il est frappant aujourd’hui de voir à quel point l’islamophobie contemporaine reprend à la virgule près les mêmes stéréotypes que ceux de la haine antisémite de l’Entre-Deux-Guerres. Racialisation d’une religion, main de l’étranger, cinquième colonne, dissimulation, omnipotence dans l’ombre, stigmatisation du mouvement ouvrier (judéobolchevique, islamogauchiste, même combat, mêmes fantasmes, mêmes obsessions)… et, bien sûr, bouc-émissaire idéal pour une classe politique sclérosée, impotente à assurer autre chose que la préservation des intérêts dominants (des banquiers juifs. Non, j’déconne).
Enfin, ce que dit Césaire, et auquel j’adhère totalement, c’est que la solution finale n’est pas apparue ex nihilo mais qu’elle tire toute sa logique dans la déshumanisation de l’autre inhérente au système colonial. Ce que dit Césaire c’est que la logique interne du nazisme, et son aboutissement génocidaires, étaient inscrites dans la judiciarisation du système colonial. Mais tant que cette déshumanisation de l’autre ne s’appliquait qu’à des non-blancs, cela ne révoltait guère le bon européen d’il y a un siècle, éduqué dans la hiérarchie raciale.
Pas d’accord non plus sur l’Africain incapable de complots ou le « bétail » que l’on ne tue pas. Au passage, je te signale que l’argument du « bétail » provient en droite ligne de l’argumentaire colonial de l’époque. Il n’est, hélas, que de lire les « Lettre d’Algérie » écrites par Tocqueville pour justifier la colonisation. Il y décrit ainsi les complots des arabes fourbes contre l’ordre républicain en marche (« qu’un sang impur ») et leur refus congénital d’accepter « les Lumières » en raison… je te le donne en mille… de leur fanatisme religieux ! la conquète de l’Algérie c’est aussi la grande époque des « enfumades » : des villages et des tribus entières enfermées dans grottes que l’on murait de branchages que l’on enfumait jusqu’à ce que mort s’ensuive. Les nazis n’ont fait que perfectionner et industrialiser le système. Enfumades qui furent également pratiquées par l’armée de la république française pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie.
Il faut aussi lire les pages d’Albert Londres sur les travaux du Congo-Ocean, où le journaliste en vient à se demander si l’effroyable mortalité des indigènes réduits à l’esclavage dans ces chantiers n’est pas, au bout du compte, la véritable finalité du « civilisateur » occidental soucieux de faire place nette pour son nouvel ordre.
Enfin, le souci du « bétail » n’est pas vraiment ce qui a marqué le plus les négriers. On estime que près d’un quart à un tiers des esclaves raflés en Afrique mourraient durant le transport vers l’Amérique.
Bref, s’il peut être intéressant de lister les préjugés propre à chaque racisme, je ne crois pas qu’il soit juste de les distinguer véritablement, voire de les mettre en concurrence. Quel qu’il soit, antisémite, mélanophobe, islamophobe ou sexuel, la racialisation de l’autre vise avant tout à sa déshumanisation. Et dès lors que cet autre est un sous-homme, les « républicains » ou les « démocrates » ne sont – évidemment – nullement tenus de lui appliquer les droits de l’Homme (de même que la République-des-Lumières ne considéra la femme que comme un demi-homme jusqu’en 1946).
Je persiste donc : le génocide nazi à l’égard des juifs, des gitans, des pédés, des asociaux et l’extermination de tous ceux qui dérangeaient n’a été possible « dans la patrie de Goethe » que parce que les élites européennes se sont préalablement « ensauvagées » avec l’apogée de quatre siècle de colonialisme impitoyable.
Je ne vois pas où tu vois une mise en concurrence. Analyser, dire que c’est différent, n’est pas hiérarchiser.
Tu m’expliques ensuite d’où vient le mot bétail. Au cas ou tu ne l’aurais pas compris, j’employais, en fait, le mot à dessein. De la même façon quand je dis « le juif est un homme vicié, déicide, un sous-homme », je reprends les termes de la propagande antisémite, pas ce que je pense. (pareil quand je dis que le juif a un nez crochu, je ne le pense pas ; non je préfère préciser hein mais tu peux quand même me dire que c’est un cliché antisémite).
Tu dis ensuite « Enfin, le souci du “bétail” n’est pas vraiment ce qui a marqué le plus les négriers. » et ou ai-je dit cela ? (parce que c’est limite une accusation de négationnisme quand même). Je me répète donc en termes plus clairs. Il n’y avait aucun intérêt à pratiquer un génocide sur les noirs car on en avait besoin. Comme main d’œuvre, gratuite. Ca ne sous-entend pas qu’ils étaient bien traités, ca ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu des millions de morts. Ca veut juste dire que dans un système esclavagiste, il faut un esclave ; si on le tue, on n’en a plus (ouh logique quand tu nous tiens). Alors que dans le nazisme, il ne faut plus de juifs. Et donc je réécris – parce que je sens l’accusation poindre – que ca ne sous-entend pas que l’esclavagisme est moins grave, c’est juste différent (comme pas pareil).
Ensuite c’est bien de me lire. Quand je dis « le noir » je ne dis pas « l’africain » ou « le maghrébin ». Là, encore, d’où l’importance de sérier les idées reçues et pas d’en faire un gloubi boulga, les noirs n’ont jamais été vus comme l’ont été les maghrébins ; toute la propagande colonialiste et raciste présente en effet « l’arabe » comme sournois, pas le noir.
« Quel qu’il soit, antisémite, mélanophobe, islamophobe ou sexuel, la racialisation de l’autre vise avant tout à sa déshumanisation. »
Du tout. L’homosexuel mâle est surtout vu comme quelqu’un enfreignant une règle majeure ; il se comporte comme une femme, il remet en cause l’ordre sexuel et la différentiation ; ca mène donc au chaos etc etc (bref la littérature du 19eme regorge de machins sur la peur de l’indifférentiation). Ce qu’on lui reproche n’est pas de n’être plus humain, mais d’être « comme une femme ».
L’homophobie n’est pas née non plus dans les années 30 hein.
« (de même que la République-des-Lumières ne considéra la femme que comme un demi-homme jusqu’en 1946) » et pas comme un demi-humain.
« racisme/antisémitisme. Le second n’est qu’un avatar du premier. » Pour qu’il y ait avatar, il faudrait qu’il y en ait un qui ait commencé avant l’autre. Ca va être difficile de savoir qui est né en premier hein.
Y’a un truc qui me déplait souverainement en fait dans tout ton propos. Déjà tu insinues à plusieurs reprises que mes propos minimisent le colonialisme. Ne pas être d’accord avec césaire ca n’est pas trouver la colonisation positive.
deuxièmement, catégoriquement, tu empêches toutes déconstruction des idées reçues « et ben paf c’est de la déshumanisation et picétout ».
sauf que non. Les idées reçues sur les homosexuels, les noirs, les juifs, les noirs, les maghrébins, les gitans ne sont pas les mêmes. Les traitements réservés aux uns et aux autres sont différents. Différents ne veut pas dire mieux ou pires (je reprécise, 5eme fois).
je sais que les gens aiment à perdre du temps mais si les gender studies existent, si les combats se sérient ; lutte contre le racisme, contre l’antisémitisme, le sexisme, c’est qu’ils ne procèdent pas des mêmes choses.
On a déjà commis cette erreur dans le féminisme ; considérer que tout procédait de la même chose, ce qui a mis de côté les combats des lesbiennes, des noirs, des chicanas (puisque la controverse a surtout émergé aux USA). Ca serait bien de ne pas le commettre à nouveau.
je note d’ailleurs – GM doit déjà le savoir d’ailleurs – que la plupart des préjugés envers les noirs, les juifs et les maghrébins se retrouvent au 19eme lorsqu’on étudie les prostituées.
On étudiera d’ailleurs bcq les organes sexuels des prostituées voir si’ls sont normaux, on craint qu’en les réintégrant dans la société dite normale, elles la corrompent, on dresse d’elles des portraits comme « coléreuses, aimant l’argent, paresseuses etc ». Ca a duré peu de temps, les préjugés ont pris d’autres formes ensuite mais c’est assez frappant a constater (pour qui ca intéresse lire entre autres Parent-duchatelet sur le sujet).
Ne faudrait il pas parler dans ce cas de xénophobie pour la généralisation de la détestation de l’étranger et on pourra dire qu’il précède de l’antisémitisme.
En effet, tout peuple déteste son voisin.
Après, le peuple juif a eu aussi à subir le racisme dans façon radicale de le placer en sous-peuple.
Je crains qu’ils aient à subir et xénophobie (théorie du complot…) et le racisme (nazisme…) non?
Tiens, en ce moment je relis un auteur juif-allemand un peu chiant… mais passionnant. Nan, ce n’est pas Danny Cohn-Bendit mais Karl Marx.
Et ailleurs, sur un bleug, on a parlé récemment de cette « tradition » française qui est l’antisémitisme dans la littérature, la discussion est partie de la mort de Druon qui était allé défendre Papon à son procès et… Bref, on a fini avec Hergé dans la liste, le papa de Tintin et de l’île Mystérieuse, là on a pu se défouler, il était belge et mort, ça tombait bien.
(en passant, les insultes de Haddock inspirées des jurons de Céline dans ses pamphlets, c’est très instructif comme lecture).
Je suis désolé, je n’ai pas lu tous les commentaires, mais critiquer la politique de l’état d’Israel c’est antisémite ? antisionniste ? (cet état est absolument criticable à mon avis)
C’est surtout que j’ai demandé à ce qu’on n’en parle pas
Philippe Val est-il un homme ?
Les lieux communs sont toujours difficiles à décortiquer.
Par nature ils sont proteiformes.
Toutefois, en histoire du droit j’ai appris la thèse probable selon laquelle le concile de Nicée, qui a interdit le prêt à intérêts dans l’ensemble du monde catholique a suscité des vocations chez les juifs aisés. http://bit.ly/2xGKb
Tous les juifs ne sont pas devenus banquiers du jour au lendemain. Mais il semble que ceux qui en avaient les moyens se soient tournés en masse vers le métier.
Ah au fait, valerie : le Lagarde et Michard n’existe plus, si je suis bien informée. (et je trouve ça bien dommage)
Il n’existe vraiment plus ? Je croyais qu’il avait juste été retiré de la liste des bouquins utilisés à l’école !
Si t’as raison, c’est effeectivement très dommage. Ces bouquins étaient vraiment sympas.
Vérification faite, il vient apparemment d’être réédité : http://www.evene.fr/livres/actualite/lagarde-michard-bordas-1726.php
Moi aussi je trouve ce bouquin bien, même s’il est forcément imparfait, et surtout beaucoup trop cocorico. (Je dois d’ailleurs être une des rares à l’avoir bossé de A à Z dans un lycée étranger, au point d’avoir un niveau Maîtrise voire plus en littérature française quand j’ai débarqué en première année de Lettres Modernes en France…)
Oui, cet exercice est délicat… Pour ma part, j’ai failli dénoncer ce site au BVCA. Je me suis rendu compte in extremis que c’était de la dérision !
Faites attention, quand même…
Jipe: « critiquer la politique de l’état d’Israel c’est antisémite ? »
Tout dépend du contexte de la critique et de sa pertinence.
- Le contexte: si le contexte ne concerne pas spécifiquement Israël et si la critique ne vise qu’Israël, sans que d’autres pays soient critiqués selon les mêmes critères, alors oui, critiquer Israël c’est de l’antisémitisme.
- La pertinence: si la critique n’est pas fondée, si elle est outrancière ou mensongère et si son auteur n’adopte pas la même attitude et les mêmes excès pour critiquer d’autres peuples, d’autres pays ou d’autres Etats, alors il y a des chances pour que la critique en question soit de l’antisémitisme.
Selon Alan Dershowitz, il y a antisémitisme lorsqu’on emploie deux poids et deux mesures selon qu’il s’agisse des Juifs ou des autres; et donc, de la même manière, il y a antisémitisme lorsqu’on emploie deux poids et deux mesures selon qu’il s’agisse de l’Etat juif ou des autres Etats.
C’est un peu facile de faire d’Israël le bouc émissaire, le coupable de tous les maux, et de se retrancher derrière le droit de critiquer un pays ou sa politique. C’est devenu le sport le plus répandu dans le monde.
Longtemps que je ne suis pas passer te lire et découvre cet exercice hautement risqué. Tu t’en tires plutôt bien. Même très bien…
Jésus était un très mauvais client pour les tailleurs locaux et il encouragait la clientèle en ce sens, il a bien fallu l’éliminer. Les affaires sont les affaires…
)
[C'était osé de jouer avec les limites et c'est juste suffisamment dosé pour qu'on mesure l'ironie. Bravo !]
Bien pire que du Dieudo…regarde ses sketchs.
antoine de chez Pingoo.
Moi, si je peux me permettre, loin d’avoir tout lu de tout les commentaire – puisque je n’aime pas lire, et encore moins si c’est pour trouver dans ces lectures des points de vu différents du miens – je me permettrais de soulever une autre question puisque j’ai été attéré par ce que j’ai lu. Oui… vous autres, bien trop soucieux de donner votre avis n’avez même pas remarqué que cette article au début fort intéressant nous leur tous: Il n’a pas répondu à la question !!! Le juif oui ou non est-il un être humain…
Par ailleurs, pour répondre à marcoroz qui dit « Selon Alan Dershowitz, il y a antisémitisme lorsqu’on emploie deux poids et deux mesures selon qu’il s’agisse des Juifs ou des autres », j’ai envie de demander: si on critique également et avec la même rigueur le juif, le noir et le jaune, j’ai donc le droit de me vexer quand on me traite d’antisémite…?
Bien sûr! Sauf que se vexer ne me semble pas être une réaction naturelle quand on est l’objet d’une accusation absurde…
Soit rassuré marcoroz… je plaisantais du tout au tout…
C’est juste que l’article de Crêpe Georgette m’a beaucoup amusé…
Pour revenir sur rapport à l’argent, ou plutôt au prêt d’argent avec intérêts attribué au Juifs.
Cela ne vient pas du tout des 30 deniers de Judas (après tout, à part quelques païens romains, autour de Jésus ils étaient tous Juifs).
Cela vient d’un rapport à l’argent intra-communautaire courant avant JC, chez les Grecs, les Romains (et les Hébreux dans une certaine mesure), après JC, chez les musulmans par exemple. Et bien sur chez les chrétiens.
A cause, entre autres, de la faible masse monétaire, de la relative autarcie des communautés et de l’importance de la préservation familiale de la propriété foncière, immobilière et professionnelle. A l’époque, se faire piquer ses terres, sa baraque ou son boulot à cause d’un grand-père ou d’un oncle dispendieux, c’était la rétrogradation d’un cran dans l’échelle sociale ou la mort de la lignée. Ce qui revenait à peu près au même.
Le prêt d’argent avec intérêts était donc interdit entre personnes d’une même communauté pour éviter les dépossessions abusives pour cause de dettes. Par contre il était permis aux membres de communautés étrangères car il leur était interdit d’autres possessions, foncières par exemple. Pas de risques alors de se faire « piquer » le sol ou autre avantage par les estrangers.
Ce schéma s’est donc appliqué chez les Romains avec des bases légales (les prêteurs ne devaient pas être citoyens de l’empire), puis chez les chrétiens, avec des bases religieuses (« tu ne voleras point » sinon t’es excommunié, donc si t’es pas baptisé no problem) et enfin chez les musulmans (un mélange des deux, religieux et légal, le Coran qui interdit et la Charia qui autorise si c’est mesuré et proportionnel aux risques encourus par le prêteur).
En conclusion, si les Juifs (et d’autres) ont été en « Terre de Chrétienté » usuriers, c’est parce que ce sont les seuls qui pouvaient l’être, et que des prêteurs, pour financer les dépenses extraordinaires comme les guerres, ben il en fallait. Pas de sous, pas de soldats, pas de baston…
Voilà, c’est déjà long, si vous voulez des sources, je les donnerais volontiers dans un autre commentaire.
Tu oublies que le Juif est fourbe: il ne fait que chouiner et avance de biais. Il a provoqué les nazis puis est venu se plaindre dans les jupes des Américains à mâchoires carrées. Tout en mettant la main sur leur industrie bancaire: Goldman-Sach, Salomon Brothers, si c’est pas juif, je mange un gefilte fisch .
Cela confirme mes convictions qui se basaient sur des faits et états de mon expérience.