Instinctif.
18 mars 2009 par valerie | Classé dans Crêpage de chignon.
Spike m’a soufflée un sujet intéressant à la suite d’un titre du journal Parents « Ces nouveaux père qui en font trop ». Qu’on résumera par « le beurre, l’argent du beurre, plus le cul de la crémière c’est pas possible » (ou du crémier hein).
Sans lire le magazine, on peut s’attendre à quelque chose du genre « il prend la place de la mère, il veut changer les couches etc QUELLE HORREUR ».
Traditionnellement, les femmes étaient cantonnées à l’espace privé (les gamins et le ménage) et les hommes à l’espace public (travail rémunéré et politique). Le féminisme est passé par là et les femmes ont accédé à l’espace public.
Mais collectivement, on n’a pas beaucoup bossé sur la place des hommes dans la société. Les femmes ont donc un peu conquis l’espace public et gardé le gestion de l’espace privé ; il n’y a eu que peu de changements pour les hommes.
La conclusion ?
- les femmes ont double tâche
- un homme désirant bosser dans une profession consacrée à la petite enfance ne le peut que difficilement. Regardez le nombre d’annonces ou on cherche unE baby sitter
- un homme au foyer sera quand même fort mal vu.
Il reste beaucoup à faire, au sein même du mouvement féministe d’ailleurs, sur la relation des femmes aux enfants. Une majorité de gens pense que, parce que tu as porté le gamin, parce que des générations des femmes avant toi en ont élevé, alors naturellement ou culturellement, tu sais le faire. Et pas un homme.
D’où le fameux titre de notre magazine. Et les reproches justifiés de certains hommes (sauf qu’ils sont un peu idiots, ca n’est pas le féminisme qui a entrainé cet état de fait, juste que le patriarcat est encore bien prégnant).
Une majorité de femmes, consciemment ou non, continue à vouloir assurer la gestion de l’intérieur et des gamins (et ne nous leurrons pas, un bon paquet d’hommes en profitent).
Combien de femmes se sont plaintes que leur mec ne passe jamais le balai, et le jour où il a tenté, ont hurlé qu’ils ne savaient pas le faire (cela nécessite un doctorat faut dire).
Combien de femmes tiennent absolument à donner le biberon au môme car elles savent si bien le faire (là il faut une agrégation) ?
C’est compréhensible ; il y a plusieurs milliers d’années qu’on gonfle les femmes avec cette idiotie d’instinct maternel, ce lien quasi viscéral aux enfants ; elles ont fini par y croire.
Sauf qu’il faut s’ôter ca de la tête assez rapidement. Etre mère ca s’apprend. Ou plutôt être parent cela s’apprend, pour un homme comme pour une femme.
Il n’y a aucune raison de priver un homme de s’occuper d’un gamin , (et que des avantages quand il s’agit de changer une couche sauf si vous avez des tendances qui m’intéressent peu).
On ne peut pas se plaindre du non investissement des hommes dans la maison (et c’est souvent assez justifié) et gueuler quand ils le font. C’est incohérent et c’est surtout donner le bâton pour se faire battre : à moins que vous ayez vocation à bosser puis à enchaîner gamin et ménage (donc en clair vous êtes Shiva).

Moi je t’avouerai que dans mon couple, mon mec assume toutes les tâches ménagères et l’éducation de mon fils en l’amenant avec moi le matin et en le récupérant l’aprem à l’école etc … etc …
Cela ne m’a jamais perturbée outre mesure de laisser place au « père » dans l’éducation du gamin et je ne culpabilise absolument pas de lui laisser le ménage et de passer mes journées au bureau.
On forme une famille et un couple équilibrés et les gens qui veulent nous enfermer dans des stéréotypes, on s’en fiche à mort quoi !! Désolé pour ce témoignage décousu
Le mien quand je l’ai eu (l’homme hein, pas de bébé), il était déjà programmé sur le mode « ménage » (C’est sa mère que je dois bénir?). Tfaçon c’est celui qui à le temps qui fait.
(Sauf la cage de pimpim (c’est un peu comme les couches ça), jepeuxpas, jytouche pas) (il le fait si bien)
Pour le mode « enfant », on verra quand ça sera programmé pour moi, on est pas pressé hein.
Tu vois comme j’ai bien dressé mon mec : depuis que j’ai mon nouveau taf, il reste à la maison à s’occuper des enfants, faire à manger, le ménage, les papiers, les emmerdes avec les administrations… j’ai juste à ramener le fric et à faire les courses !
Si c’est pas formidable la vie de couple de la femme moderne !!!
Objection, ma capitaine!
Objection qui s’appuie sur les commentaires précédents.
Qu’est-ce qui m’a frappé dans votre article ?
Les illustrations, d’abord. Années 50, 60 ? Eh bien , je trouve que le texte les accompagne. Il y a déjà trente ans qu’on parle des nouveaux-pères.
Dans un couple dont les deux membres travaillent, c’est encore la mère, le plus souvent, qui s’acquittera de la plus grande partie des tâches ménagères quand les moyens ne permettent pas d’avoir recours à une femme de ménage. (héhé, FEMME de ménage).
Mais il y a longue lurette que les pères changent les couches. Pas tous les pères, pas tout le temps, toujours pas autant que la mère, mais c’est entré dans les mœurs au fil du temps.
Êtes-vous certaine de ce que vous avancez, pour les crêches ? Il me semble que vu le peu d’hommes intéressés par la profession de puériculteur, ils jouiront d’une embauche préférentielle s’ils postulent. Je n’en sais rien, je peux me tromper. Je sais par contre que les assistantes sociales hommes sont très demandés, et qu’un garçon qui se présente au concours de ces écoles a plus de chances, à qualités égales, d’être sélectionné.
Suzanne > je rebondi un peu sur ce que tu dis mais c’est pas forcement pour être contradictoire ^^
Homme de ménage ça existe : là ou je bosse par ex, le matin il m’arrive de croiser l’homme de ménage qui s’occupe de nettoyer les saloperie que je fais avec ma canette de coca zero (et même que j’ai honte alors je baisse les yeux en lui disant bonjour…)
Sinon pour ce qui est de la préférence des hommes dans le milieu de la puériculture, j’ai il y’a une dizaine d’années fait quelques mois de stage dans une école maternelle a titre de « maitresse » (poste que j’ai repris des années plus tard dans un salon SM… non je déconne bien sur). Autant te dire que même si je sucitait plus de curiosité que de méfiance, les personnes qui m’encadraient me prennaient pour un vrai débile incapable de s’occuper d’un gamin, de lui parler etc… résultat en fin de stage, j’ai eut droit sur mon dossier à un drolatique « se débrouille vraiment bien pour un garçon… »
Flashou: oui, tu as raison (je suis bébête) concernant les techniciens de surfaces et employés de nettoyage en collectivité(je ne sais pas comment on dit). Je ne pensais qu’aux particuliers qui font appel à des « femmes de ménage » lambda.
Pour ton appréciation de fin de stage, tu ne crois pas que c’était une note d’humour ?
Il n’y a pas beaucoup d’instituteurs en maternelle, mais ce n’est pas exceptionnel, sans parler de ceux qui travaillent dans une classe unique ou dans une école à deux classes (il y en a beaucoup en zone rurale en France)
Je veux juste dire que les choses changent, et qu’il n’y a plus besoin, souvent, de lutter contre des préjugés. Ou alors lutter tout doucement, enfoncer un peu le clou, dire quelques mots aux hésitants. Hurler contre des « discriminations » qui s’effacent, employer des grands mots ou des termes guerriers, ça fait plus de mal que de bien. Ce n’est pas du tout le cas de ce qu’on peut lire sur ce blog ou ailleurs sous la plume de Valérie, je précise au cas où. Je pinaille juste pour le plaisir.
On avance… mais pas très vite, quand même. Le salariat féminin se concentre sur quelques métiers bien typés : institutrice, infirmière, assistante maternelle, aide aux particuliers, secrétaire. On note, peut-être, un progrès dans l’espace privé. Et encore : les travaux domestiques autour du linge (laver, repasser, ranger) sont majoritairement accomplis par les femmes. Et dans l’espace professionnel, les femmes ont du mal à diversifier leur qualification.
Certains pères sont de bien meilleurs parents que certaines mère, je déteste entendre parler d’ »instinct maternel », ça n’existe pas: d’où ça sort que les femmes seraient mieux pré disposées à s’occuper d’un enfant sous le prétexte idiot qu’elle l’aura porté?
Et les enfants adoptés dans ce cas????
Je n’ai jamais eu d’instinct maternel, j’ai juste appris à être mère « sur le tas » quand j’en ai eu un, et c’est une tâche que je fais plus ou moins bien ça dépend des jours!
Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui motive certains articles comme celui de « Parents »: c’est très contradictoire avec un discours de femme qui se veut libérée…
Je doit être débile mais j’y crois à cet instinct maternel sauf que…Il n’est pas lié à mon sens au fait de porter un enfant mais à la capacité « naturelle » (de notre situation d’ex animaux^^) à s’occuper de petits issus de notre race (humaine)de façon instinctives…
Si tu prends le cas des loups, un seul couple se reproduit mais le reste est capable de s’occuper des petits…
Après être parent, ça s’apprend, je suis bien d’accord et je dirai même que ça se réapprend suivant tes divers enfants…Par exemple, on ne gère pas nos filles de la même façon, tout simplement parce qu’elles ont des caractères complètement opposés et ce qui est vrai avec l’une ne l’est pas forcément avec l’autre…
Pour le reste, tout vient de l’éducation…Deux garçons à la maison et mes parents avaient décidé que nous devrions être capables de tout faire…Donc, je fais les repas (de façon quasi-exclusive), le ménage, le repassage et de s’occuper des filles de façon partagée…Pour la machine, elle préfère pour éviter certains désagréments… ^^
Suzanne : pas de souci pour la pinaile je fais pareil ^^
Madame Kevin : ce genre de chose sera terminer quand la technologie nous aura débarrasser de ses deux fléaux du couple que sont la lessive et la vaisselle. J’y crois à mort, j’ai vu qu’en espagne ils vendaient des armoires à linge repassante…
Pascal : Je plussoie ! l’instinct de meute qui fait que l’homme n’est pas une créature solitaire prouve qu’on peut éduquer des enfants qu’on soit papa maman ou même simplement parent. Par exemple, les enfants qui aident les parents a s’occupé de leurs cadets, c’est la preuve que ça n’a rien a voir avec le coté mère / père. Nous pour la plupart programmé pour nous soucier du bien être de notre « cercle tribal »
« Les illustrations, d’abord. Années 50, 60 ? » toujours ! elles m’amusent.
« Eh bien , je trouve que le texte les accompagne. Il y a déjà trente ans qu’on parle des nouveaux-pères. »
on est d’accord mais cela a peu évolué dans la mesure ou Parents en 2009 continue à nous parler des pères qui en font « trop ». fais une recherche google sur ses termes, tu verras qu’il y a encore cette idée qu’un père impliqué ca n’est pas « normal ». Souviens toi de ce que je disais chez Olympe. Sur les forums de mamans que je modère, j’en ai un bon paquet qui passenet leur temps à dire qu’un homme ca n’est pas naturellement fait pour s’occuper des mômes.
« Êtes-vous certaine de ce que vous avancez, pour les crêches ? »
non. mais teste le jardin public parisien à 16 h. 99% de nounous femmes. Un prof des écoles peut être un homme, oui… mais peu dans en écoles maternelles; ca reste mal vu. c’est une impression ; mais il me semble que la majorité de profs consacrés à l’enfance sont féminisés (par tradition hein on est d’accord).
« Je pinaille juste pour le plaisir. » et t’as raison
.
L’expression qu’a entendu flashou sur son dossier c’est typique (et ca m’exaspère). Mon copain qui a beaucoup bossé en école primaire et maternelle pour faire de l’initiation à l’histoire de l’art a eu aussi ce genre de reflexions.
Madame Kévin ; faut que je vous sorte l’enquete sur les travaux ménagers c’est à pleurer. Notons, pour flashou, que oui la profession d’aide ménagère en collectivité s’est masculinisé, pas pour un particulier.
ben pascal ; tu te contredis tout seul. tu dis que tu y crois… mais tu dis que ca concerne les deux parents. Moi je n’ai eu ni frere, ni soeur et je n’ai pas d’enfant. franchement, entre toi qui a des mômes et moi, qui sait le mieux s’en occuper ?
). c’est un apprentissage comme le dit spike. et un homme est tout autant à même de le faire (et heureusement ! ).
« Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui motive certains articles comme celui de “Parents”: c’est très contradictoire avec un discours de femme qui se veut libérée… »
déjà t’as tout une génération de psys type Naouri ou Antier qui veulent revenir à des schemas très datés. En plus chez les féministes – je vous ai pas fait un gros topo dessus – tu as un gros courant qui a entretenu ce lien mère/enfant. Sous la plume de féministes, j’ai lu qu’un bébé est mieux avec sa mère que son père ! (pkoi on sait pas hein). Y’a a bosser là dessus je pense.
Gallïane ; et as tu l’impression que c’est mal percu autour de vous un mec qui reste à la maison ? Ou tu penses que ca a évolué ? Et comment lui le vit il ?
Un des mes amis est divorcé en garde alternée pour sa gamine et il a subi qq reflexions d’être pere au foyer (il est peintre donc on suppose qu’il s’amuse), de venir chercher sa fille à l’école ou d’être très impliqué dans la vie scolaire de sa fille. Pour bcq de gens, ca n’était pas normal.
« J’y crois à mort, j’ai vu qu’en espagne ils vendaient des armoires à linge repassante… »
tss. tu ne vas pas nous ressortir le discours du pape sur la machine à laver qui libère les femmes. qui continuera a ramasser le linge, le foutre dans la machine, le sortir, le plier ?
c’est décidé on va se faire un article sur les tâches ménagères !
Ma propre mère a tendance a dénigré la position de mon homme. Tu vois le tableau ?
Non, les mentalités n’évoluent pas. Ou faiblement.
Pour tout ce qui concerne l’emploi féminin, on peut mobiliser les travaux de Margaret Maruani. Les chiffres et constats sont édifiants. Un lien parmi d’autres :
http://citoyen.eu.org/doc/Maruani.php
Valérie > « c’est décidé on va se faire un article sur les tâches ménagères ! »
Super ! il faudra aborder la question des machines qui font tout le boulot de ses feign… euh… il faudra aborder la question !
Témoignage d’une pauvre survivante issue d’un famille sicilienne intégriste (moi) : mon père tentait de me changer les couches, il ne se débrouillait pas très bien, disons qu’il avait tendance à confondre le devant et le derrière. Pour le bib, il me le donnait volontiers mais tout en surveillant l’écran de son ordinateur (un des touts premiers, qui pesait plus de 25 kg, mais on peut être rustique chez soi tout en étant over nerd). Le bain, pareil, il aimait bien, mais on foutait de l’eau partout tous les deux en rigolant.
Du coup, ma mère a tout monopolisé.
Les couches, les bibs, le bain. Et papa a repris sa relation exclusive avec son ordinateur.
Avis du bébé qui a grandi aujourd’hui : dommage. Juste dommage.
Dommage d’avoir une mère qui en fait trop et ne veut surtout pas qu’on l’allège de ses taches (sinon elle ne pourrait pas se plaindre, n’oublions pas de l’importance du sens du sacrifice dans la culture judéo-chrétienne).
ben pascal ; tu te contredis tout seul. tu dis que tu y crois… mais tu dis que ca concerne les deux parents.
Oui j’y crois à l’instinct maternel mais c’est vrai et je croyais qu’il était facile de le comprendre qu’il s’agissait d’un intinct (maternel/paternel/féminin tous les mots que tu veux )…Toi tu considéres que l’instinct, à la lecture, n’existe pas …
Moi je n’ai eu ni frere, ni soeur et je n’ai pas d’enfant. franchement, entre toi qui a des mômes et moi, qui sait le mieux s’en occuper ?
).
J’en sais rien; je sais que tu considères que les parents et les non-parents ont les mêmes aptitudes….La seule chose que je sais c’est que mes enfants sont encore vivants; qu’ils sont en bonne santé et qu’ils sont considérés en général comme tranquille et pas chiant…
c’est un apprentissage comme le dit spike. et un homme est tout autant à même de le faire (et heureusement ! ).
Je n’ai pas dit le contraire mais pas seulement qu’un apprentissage ne se fait pas sans un maître à la base mais plus par un inné »=instinct qui sert de fil conducteur…C’est sûr que quand tu en auras marre de ramasser parce que tu sais pas mettre la couche tu vas t’intéresser, que tu lui files du coca à la place du lait ou que tu lui files pas à manger comme il faut; je pense que tu vas le comprendre…
Voilà mais c’est pas grave on pourra pas se comprendre…
« Un homme est tout autant à même de le faire » (Pascal)
Charlie Chaplin disait même plus, dans Le Kid: on ne nait pas père, on le devient.