Les textes du concours

7 mai 2008 par valerie | Classé dans Bons plans Crêpes.

Voici donc les textes des participantes (et participant !) qui n’ont pas de blog et qui souhaitaient participer au concours.

Il fallait écrire un texte à partir de l’image visualisable ici.

Le concours est sponsorisé par The Beauty Lounge.

Sophie « La faim justifie les moyens »

J’y suis depuis ce matin, 6 heures. C’est le 15eme repas de Noël que je prépare depuis que je suis mariée.
J’ai passé la journée à préparer les entrées. Il y en a quatre différentes.
Il y a ensuite une dinde avec des marrons et un gratin dauphinois. Vient ensuite le poisson, de la lotte.
En dessert, deux bûches, l’une au chocolat, l’un à la vanille.
La table est mise, les bouteilles sont au frais. J’ai passé une heure à laver et essuyer les verres en cristal.
Cette année, j’ai privilégié un thème rouge et blanc.

Cela fait 15 ans que je fais cela et que tous les Noëls 25 personnes viennent chez moi, que je dois préparer le repas, ranger la maison, la décorer.

Je déteste faire cuire de la volaille. Il a fallu préparer une farce, farcir la bête, surveiller la cuisson en fermant bien toutes les portes et malheureusement je suis imprégnée de l’odeur.
Toute la maison est décorée du sol au plafond. J’y ai passé 5 heures il y a une semaine : deux sapins, des couronnes de partout.

Nous recevons toute la famille de mon mari, ainsi que mes sœurs et leur conjoint et mes parents. Il y aura une dizaine d’enfants. Ils ont leur propre table, décorée spécialement pour eux.

Ils arrivent dans deux heures. Là j’ai enfin fini de m’habiller. J’ai revêtu la robe que mon mari m’a offerte pour mon anniversaire. Elle me serre trop à la talle et j’ai trop chaud. Mes chaussures me font mal au pied. Il a absolument tenu à acheter pour la soirée, une chaine hi-fi dernier modèle qu’on aura fini de payer dans 10 ans. Ai-je envie de danser ? Pas vraiment, plutôt de dormir.

D’ailleurs je vais dormir ce soir.

Ce soir je vais avoir la paix.

Ce soir, j’ai arrosé de mort aux rats chaque plat que j’ai préparé.


Vientiane « La dinde de Proust »

Quand j’étais enfant et ce jusqu’à mes 17 ans environ, vers le 20 décembre, nous allions fêter Noël chez des amis de mes parents. Nous le célébrions un peu à l’avance, le 25 étant réservé à la famille.
En fait, c’était une année chez mes parents, une année chez leurs amis. On était environ une quinzaine dont plusieurs enfants.
je préférais évidemment aller chez ces amis ; ainsi la surprise était plus grande.
Cette époque est évidemment associée aux odeurs de dinde en train de cuire, au feu de cheminée qui crépite et au parfum « L’air du temps » que la maîtresse de maison adorait. Toute la maison en était embaumée. Vingt ans après c’est encore un parfum qui me rappelle mon enfance.
La maîtresse de maison était une vraie femme d’intérieur au contraire de ma mère ; elle avait un peu l’attitude de la femme de la photo. Elle était tout simplement comme sortie de sa boîte, avec pas un cheveu qui ne dépasse et un maquillage qui ne coule jamais.
je me souviens de repas qui duraient des heures mais où les enfants pouvaient heureusement sortir de table rapidement.
Des cadeaux étaient prévus pour nous. Chaque année j’étais un peu déçue. Une des enfants présentes était la filleule des gens qui nous recevaient et elle avait évidemment davantage de cadeaux, chose que je ne comprenais pas. Je me souviens d’une année ou j’avais eu un affreux « Dessinons la mode » alors qu’elle avait eu la maison de barbie complète. Oh que j’avais été jalouse !
Même si je n’ai plus eu l’occasion depuis cette époque de revivre semblable « expérience » j’en conserve un souvenir attendri et nostalgique.


Texte de Petite Annie
:

Dés que j’ai vu cette image j’ai pensé à Bree van de Kamp dans Desperate housewives. Un cadre apparemment parfait, avec une femme apparemment heureuse, qui a une maison nickel, une cuisine parfaite et qui est parfaitement féminine.
J’aime pas les images d’Epinal et j’ai envie de chercher la faille.
Le rouge de la robe ne va pas du tout avec l’orange du pull ; elle est daltonienne ou quoi ? Et je ne vous dis pas les auréoles sous les bras à cuisiner en pull !
Vous ne lui trouvez pas un petit air vicieux à cette femme ? Moi je suis sure que ce qu’on prend pour une scène de famille n’en est pas une. En fait elle attend son amant. Sous sa robe moche, elle est en latex ou en cuir. Et a un gode ceinture. Et la chaine hifi passe du métal en boucle au lieu d’une soupe insipide.

En fait c’est comme Bree. On n’en peut plus de la voir stresser pour une tâche sur la moquette. La voir avec un tel potentiel de rétention anale, ca énerve. Le jour ou on la voit alcoolique, perdre les pédales avec son fils, on commence un peu à l’apprécier. Je dois avoir un coté sadique en fait.
Alos c’est qui la femme de la photo ? Une femme aux multiples amants qui s’enfile son litre de whisky en cachette ? Elle fume des joints le soir en douce ?
Au moins son maquillage est parfait et pour cela elle va sur The Beauty Lounge.


Texte de Néfertiti
:

FEMME DE DEMAIN – n°364 – Décembre 1957 –
Rubrique « Des idées pour les Fêtes »,par Néfertiti Villamer, pages 59-60 :

MAIS OU HELENE VA-T-ELLE POSER SA DINDE FARCIE ?

…Vous demandez-vous.

Nulle part.
En ce soir de réveillon, la déserte est destinée à un tout autre usage. Hélène y a disposé les cadeaux de Noël pour sa famille. On peut dire que son mari & ses deux fils vont être gâtés ! Autant que leur épouse & mère, qui jouit toute l’année des auxiliaires les plus performants de la femme au foyer moderne. Tout ce qu’une maîtresse de maison peut souhaiter pour l’aider dans ses tâches quotidiennes, tous ces équipements qui rendent la vie des femmes tellement plus facile !

Dans sa cuisine Formica saine & immaculée (1), au sol recouvert d’un Linoléum marbré qui apporte une touche de fantaisie sophistiquée, & aux murs judicieusement protégés par un carrelage couleur terre cuite, Hélène est une épouse comblée. Et pour cause. Que ce soit son inusable batterie de casseroles en fonte émaillée Le Cavet & son assortiment d’authentiques moules en cuivre Villedieux-lez-Poêlons (savoir-faire français) offerts à son mariage ; ou la déserte baroque en fer forgée & plateaux de verre incassable Pirox présent de son attentionnée belle-mère ; ou bien encore le batteur électrique Cuisinex ainsi que tous les ustensiles ménagers dernier cri (2), cadeaux de son époux & des ses enfants, rien ne lui fait défaut.

Aussi, Hélène en femme avisée & reconnaissante, va-t-elle à son tour remercier ses proches en offrant a son conjoint cette TSF nouvelle génération Philipson, qui sera du plus bel effet sur le buffet du salon avec son entourage de bois précieux. Sans oublier leurs deux adorables garçons qui se verront chacun récompensés pour leur assiduité à l’école. L’un par ce tourne-disque TeutonPhone, grâce auquel les tubes d’Elvis Presley ne tarderont pas à retentir dans toute la maisonnée, l’autre par cet étrange appareil expérimental Le Petit Savant, réservé aux touche-à-tout & physiciens en herbe !

Vraiment, Hélène, en maîtresse de maison modèle, n’a rien laissé au hasard. L’atmosphère de Noël rejaillit jusque dans sa cuisine. Elle n’a pas manqué de mettre à profit ses balades familiales en forêt, pour confectionner, enguirlander & décorer elle-même couronnes, chandelles & petit sapin.

Mais que serait cette perfection matérielle sans l’éclat de celle qui l’orchestre ?

Oui, car efficacement secondée par tous ces objets performants qui sont les plus sûrs alliés de toute femme moderne qui se respecte, Hélène trouve le temps de se consacrer pleinement à sa beauté. Pour le plus grand plaisir de ses proches, mais d’abord pour le sien…
Son secret ?
Elle a entièrement confié le soin de sa personne aux cosmétiques vendus en exclusivité chez « The BeautyLounge« , la bien nommée. Des produits de beauté aussi performants que les objets dont Hélène sait s’entourer. Des produits chics à l’usage agréable, qui n’oublient pas d’être pratiques pour répondre aux exigences des femmes d’aujourd’hui & de demain.

Faites comme Hélène, fiez-vous à « The BeautyLounge » !

Et parce que « The BeautyLounge » est à la pointe de la technologie,
retrouvez ici toutes leurs gammes de cosmétiques :
http://www.thebeautylounge.com/

1. Pour un devis gratuit, renseignements par téléphone au : 8160. 2. Pour toutes ces références, plus d’informations chez votre quincaillier habituel, l’intermédiaire idéal !


Evo Langorio « Desperate househusband »

Oui, l’indistinction sociale des sexes a parfois des conséquences néfastes pour nous les mâââles… Comme l’ont noté toutes les journalistes de Elle, Marie-Claire et Esprit femme, l’homme moderne est de plus en plus en proie à l’incertitude. Il lui arrive parfois de devoir recevoir (quoi de plus humiliant pour un mâle que de recevoir). Seule solution, il s’agit donc d’offrir, de donner avec une grande mansuétude plus que de recevoir. Question de nature comme diraient… pas mal d’abrutis; les citer serait trop long, et citer leurs contradicteurs réclamerait un nombre de caractères bien trop inférieur à celui que cette phrase, quelque peu étirée, peut contenir, pour que cela puisse devenir rentable. Nous disions donc, il nous arrive, à nous, hommes, en de rares occasions de daigner accueillir une proie un être du sexe opposé en notre humble demeure. Là, l’homme moderne (putain, vous avez déjà vu un catalogue de L’homme moderne ? Une massue, une hache, une lampe de poche et une bouteille d’after-chèvre ; pour le côté légionnaire baroudeur), tgvsexuel, ne recule devant rien. On met donc les petits plats dans les grands, fleurs, marmiton.org ou Fauchon traiteur, mais l’air de rien. On a l’habitude, on cuisine tous les jours. Ceux où les livreurs de rapid’pizza sont en grève. Le tout face à une femme étant de sembler assurer les 5 premières minutes, après… on verra.
Jusque là, on est dans la partie galère et super stressante : est-ce que mes sushis sont trop cuits, si je fais un gigot est-ce que je passe pour un viandard ? Eviter les aliments aux vertus diurétiques ou facilitant un peu trop le transit. Exclure les flageolets, épices en trop large quantité. Prévoir un repas léger pour faire l’homme qui prend soin de lui, ne pas faire trop léger pour qu’elle n’y voie pas une réflexion cachée sur son poids….. Tout ceci, avec la plus grande subtilité et dans un unique but, prévoir, s’assurer, de l’éventuelle nécessaire suite des évènements.
On entre ensuite dans nos domaines de prédilection, à nous, les hommes. Non je ne veux pas dire qu’il suffit de se gratter les … en attendant le traiteur après s’être pris pour Lenôtre quelques secondes, mais j’entends, par là, les deux points essentiels que sont l’alcool et la musique.
Niveau picole, comme on le sait tous (et toutes?), il s’agit, encore une fois de la jouer dans le moëlleux, voire dans le perfide. Un champagne en apéro (= preuve de porte-monnaie garni grande attention), pour enchaîner sur un rouge léger et fruité (un truc, couleur passionnelle, parfum sucré, très léger pour ne pas éveiller l’attention et parce qu’on rêve toujours que la princesse charmante ne tienne pas trop la route…. gaffe aux mauvaises surprises tout de même). Dernier détail, il est essentiel de ne jamais perdre de vue que, quel que soit le déroulement de la soirée, les bouteilles ne doivent faire que de courts séjours sur la table et repartir à moitié vide et seulement à moitié ! Maintenir délicatement les cheveux d’une demoiselle dont le regard se perd dans le fond de la cuvette, tout en chantant à tue tête Dirty old town, ne manque pas forcément de glamour, mais ce serait ici nous détourner d’un objectif, qui se veut bien plus conventionnel. Pas trop tout de même, si possible.
Reste la partie sonore et c’est là que le bât blesse. Car quoi de mieux, pour que le bas se baisse et ne se blesse, qu’un bon vieux vynil. Personne ne saurait résister à un bon Nat King Cole crachotant, un Saint-Amour dans une main, les effluves d’un Osso Bucco dans les narines. Si, toutefois, le cas se présentait, il deviendrait inutile d’attendre le lendemain pour désigner, toujours avec tact et délicatesse, l’issue d’un doigt assuré à l’infâme.
Toutefois, et là on entre dans l’intimité du vécu, ce bon vieux vynil peut avoir quelques désavantages qu’il est bon de prendre en compte. C’est au moment stratégique d’après souper, celui ou l’on troque Nat King Cole contre un Muddy Waters original, session acoustique (essayez, vous comprendrez), que le vynil montre ses faiblesses. Le bon vieux vynil a tous les charmes, il est cependant à déplorer qu’en règle générale il ne sache se dispenser d’une intervention toutes les 20 à 25 minutes. Je ne prétends pas, ici, justifier les performances de générations post-numériques, ni même conclure à une évidente corrélation entre émancipation féminine, liberté sexuelle, et numérisation musicale. Je me permettrais, par contre, quelques interrogations sur les performances de quelques acharnés de l’anti P2P……

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Un commentaire to “Les textes du concours”

  1. 1, 2, 3 votez ! | Crêpe Georgette | 7/05/08 | 14 h 59 min

    [...] de Paulette…” – Petite Fee : “Noël d’une dinde” – Sophie : “La faim justifie les moyens” – Vientiane “La dinde de Proust” – Texte de Petite Annie – Texte de Néfertiti – [...]

Sois brillant, voire pertinent !